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Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Chroniques

The Shuffletones

Chicago Sessions

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Cet album n'est pas sorti sur le label Blue Bella, mais il aurait pu. Il a été concocté au sein des studios ‘Rancho de Rhythm’, en mars 2007. Les Shuffletones sont un duo partagé entre le chanteur/guitariste Jeremy Vasquez et l’harmoniciste Ronnie Shellist. Lors des sessions d’enregistrement, ils ont reçu le concours du bassiste/guitariste/claviériste Nick Moss, du guitariste rythmique/bassiste/claviériste Gerry Hundt, du drummer Bob Carter et du pianiste Willie Oshawny. Jeremy signe les 11 plages de l'elpee. La production a été assurée par Moss et Hundt. Jeremy et Ronnie sont établis à Denver, dans le Colorado et ils ont voulu ici satisfaire leur rêve d'enregistrer un album de Chicago blues. Ce qui explique leur périple vers la cité des vents pour réaliser ces Chicago Sessions.

L’opus démarre en force par "That's alright". L'esprit de Chicago est bien présent. Shellist est un musicien talentueux. Il vit son instrument. Le timbre vocal de Jeremy est correct. Appliqué à la six cordes, il joue sur base d'accords rythmiques. Vasquez chante, en forçant un peu la voix, "Go back home", un boogie bien inspiré. Hundt siège derrière l'orgue. Ronnie démontre à nouveau son solide tempérament. Nick Moss empoigne la guitare pour introduire "Can't stop think'n about my baby", un slow blues intense, marqué par l'intervention inspirée et percutante aux cordes de maître Moss. Nous ne sommes ici pas tellement loin de Guitar Slim. "Ghetto song" porte bien les accents des Caraïbes. Ses rythmes exotiques sont chargés de percussions et lorgnent manifestement vers Santana. "Blues keeps me strong" est une plage rythmée, au tempo funky, illuminée une fois encore par le jeu très en verve de l'harmoniciste. Et lorsque ce dernier cède le témoin, c’est au gratteur qu’il le confie pour une intervention tout aussi créative. Une excellente plage! Jeremy chante passionnément "11 mile blues", une ballade douce, en s’accompagnant à la guitare acoustique. "Here I am Part 2" (on ignore où se trouve la partie, d'ailleurs) est un Chicago blues assez classique. Shellist introduit cette compo éclatante en soufflant rageusement dans sa musique à bouche. Manifestement, il la fait souffrir. Pendant ce temps tous les musiciens se mettent à son service pour assurer le rythme alors que Jeremy concède de petites phrases très incisives, dans un style rappelant un Buddy Guy rigoureux! "I like my coffee" trempe dans un climat plutôt R&B. Reminiscent de Memphis. Très vivifiants, les motifs de guitares lorgnent vers Albert King. On y décèle également un changement de tempo judicieux, opéré dans l’esprit du "All your love" d'Otis Rush. "Walk around the block" produit une accélération manifeste du tempo. La section rythmique est empreinte de légèreté et libère pas mal de swing. Moss est passé à l'orgue. Les deux solistes ont tout le loisir pour se mettre en évidence. "Married to the blues" est un bon Chicago shuffle. Ronnie souffle toujours aussi vigoureusement et avec une puissance constante. Jeremy ne manque ni de doigté ni de créativité face aux accords de piano déchaînés d'Oshawny. La finale est encore instrumentale. Vasquez nous y soumet une énigme. Mais on devine rapidement la solution, car ce "Freddy's grits" s’adresse de toute évidence au géant texan, Freddie King. Un bon album pour ce duo issu du Colorado.    

 

The Dø

A Mouthful

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On ne les présente déjà plus. The Dø, premier phénomène incontournable de 2008, nous offre un ouvrage d’introduction à la hauteur du buzz qui l’entoure. « A Mouthful » est un condensé exemplaire de pop à la fois euphorisante et délassante. Juste assez gentillet pour ne pas paraître trop candide et juste assez candide pour ne pas paraître trop niais. Le duo franco-finlandais joue habilement la carte de la diversité, valsant de rythmiques simples à des sonorités légèrement plus audacieuses.

La voix haut perchée d’Olivia Merilahti, qu’elle se fasse délicate (les jolis « When Was I Last Home ? », « Song For Lovers », « Searching Gold »), hargneuse (« The Bridge Is Broken », « In My Box ») ou joueuse (le M.I.A.-esque « Queen Dot Kong »), sert merveilleusement bien les compositions du couple. «  A Mouthful » est donc une œuvre si enivrante que l’on en pardonne le manque de cohérence. Quant à se lancer dans un immense bordel organisé, autant s'arranger pour que ce soit bandant…

Beehoover

The Sun Behind The Dustbin

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Beehoover nous arrive du fin fond de l’Allemagne, en envoi prioritaire depuis la très exotique Esslingen Am Neckar. Ce n’est pas une nouvelle marque d’aspirateurs ni du slang de salon mais une filiale de Voodooshock, un club de doom germanique. Miam. Tenue par Claus-Peter Hamisch et Ingmar Petersen, l’agence propose de multiples options (heavy metal, folk psyché, doom) pour une palette d’exils instantanés. Une bonne pêche pour Southern, fana de bestioles ‘dysthymiques’ et de réfugiés prolifiques. Mais c’est aussi la saison des duos et du retour aux sources (basse/batterie) dans laquelle s’époumonent nos cousins germains et expatriés de Voodooshock pour un premier emménagement en terre anglaise chez le sous label Exile On Mainstream. Les humeurs changeantes, progressives ou étriquées, raclent des cloisons caustiques pour un cours d’anatomie pathologique. Indubitablement accessible aussi bien pour des pré-pubères crasseux que pour des centenaires moulés dans la résistance, la galette vous fait cracher les glaires, cultiver les toms et déchirer les phalanges. Une belle ossature pour un squelette.



Gomm

4

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Que les médiators s’échauffent ! Voici : comprenez Guillaume, Olivier, Marie et Mathieu. GOMM 4 pour être plus précis. Le chiffre 4 constituant certainement une équation du nombre d’acolytes sévissant, pour leur troisième opus, au sein du line up du groupe. Super punky et tendance à souhait, les boucles répétitives de l’album tentent d’effriter les murs décrépis de nos vies en y jetant un seau d’acide et de vitriole. Oui mais… derrière cette jeunesse bien en forme (mais avançant malgré tout) se profile le revers de l’âge. Le ton est un peu trop répétitif à mon goût et la rage d’expression peu cadrée. Ca hurle, ça pète, ça sature, ça ressemble un peu à une caisse de brocante où plein de chouettes trucs sont à découvrir. Malheureusement, ils sont cachés sous la crasse d’autres objets inutiles. Quoiqu’il en soit, il vous en coûtera après recherche : les doigts sales et un temps de patience non négligeable. De plus, pourquoi chanter en anglais avec cet accent ? Ont-ils l’impression d’avoir plus de crédit en hurlant dans la langue de Shakespeare ? Mi-français, mi-anglais le mélange est assez étonnant à entendre, surtout que les voix se calent mieux dans l’ensemble sans cette pointe de parodie british. Un album bourré d’énergie (et le mot est faible !), pas vraiment nouveau dans le genre et un tantinet lassant de par les voix. A n’écouter qu’un seul morceau, choisissez « Why Can’t I Relieve You », un bon condensé de l’ambiance générale rencontrée sur cet opus. Et de préférence, à écouter à fond… la gomme.

Public Enemy

How You Sell Soul to a Soulless People Who Sold Their Soul ? ? ?

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Public Enemy roule sa bosse depuis 20 ans. Une éternité dans le monde du hip hop. Le clan de Chuck D est d’une intégrité qui force l’admiration. Presque dix ans après avoir tourné le dos aux grandes corporations du disque, la formation de New York est toujours férocement underground et indépendante. Pour fêter cet événement, ils sortent ce brûlot funky et abrasif qui fait mordre la poussière à la plupart des albums de rap entendus cette année. Un mélange entre l’humour corrosif et déjanté de Flavor Flav et le flow vengeur de Chuck D, le tout soutenu par les beats archi efficaces de Gary G Wiz. Côté invités, Krs-One vient lâcher quelques rimes sur « Sex, Drugs and Violence » et Redman produit le beat ultra funky de « Can You Hear Now ? »

Un dvd accompagne l’album. Il contient un documentaire intéressant sur une tournée de Public Enemy accomplie en 1998. Le groupe opère son retour sur scène après 3 ans d’absence. Il croise des artistes comme Busta Rhymes et des tous jeunes Black Eyed Peas pas encore méga stars. Un autre docu témoigne des prestations scéniques actuelles de PE entrecoupé d’intermèdes au cours desquels les danseurs du crew préparent leurs chorégraphies guerrières. Quelques clips sont aussi inclus (dont le très bon « Unga Bunga Bunga » de Flavor Flav). On peut y voir quelques poulains du label Slamjamz (fondé par Chuck D) parmi lesquels on épinglera le métal jazz furieux de The Banned. Bring the noise, baby !!

Colleen

Colleen et les Boîtes à Musique

Il ne s’agit pas du troisième album de la Française, mais d’une commande de l’Atelier de Création Radiophonique de France Culture. Une carte blanche, en fait, qui regroupe 14 titres composés sur base d’un leitmotiv simple : celui, tintinnabulant et mécanique, de la boîte à musique. Après le glockenspiel, la viole de gambe et le sampling à tire-larigot de tout ce qui sonne acoustique, Cécile Schott s’est donc lancé dans ce projet original, sans aucun doute délicat. Quatorze ritournelles au parfum lancinant de l’enfance, qui donnent envie d’aller chasser le Snark. En superposant et mixant plusieurs couches de mélodies jouées par ces appareils miniatures, Colleen bâtit sans emphase une authentique cathédrale sonore : sous ses voûtes accueillantes le touriste que nous sommes se tait, et admire le travail. Mieux que les fonts baptismaux en marbre de Villefranche, cet EP se visite avec la déférence qu’on réserve d’habitude aux plus grands bâtisseurs. Pourtant, seule et sans aucune vanité ni boulimie instrumentale, Cécile Schott parvient à chacun de ses disques à nous émerveiller. Le sampler, il est vrai, s’avère un compagnon de (bonne) fortune… Mais derrière la machine on retrouve Colleen ; et son âme est si belle qu’on la rêverait en Belle au Bois Dormant… (…) Ne nous emballons pas dans d’éternelles jérémiades sur la mélancolie et l’affreuse solitude qui tenaillent nos pitoyables existences, ce n’est point le moment. Il n’empêche que des boîtes à musique ne suffiront sans doute pas à réveiller l’enfant qui est en nous, et de là l’innocence perdue. Ca se discute, certes, jour après jour, mais là c’est une toute autre histoire, à suivre tous les midis sur TV5.

 

 



The Dynamics

Version Excursions

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Un peu comme le jazz, le reggae est un genre musical qui s’est beaucoup frotté aux reprises. Entre opportunisme pop et versions plus personnelles, l’exercice a souvent généré de la musique anecdotique, mais plus rarement engendré de grands moments. Fidèles à la tradition, les Lyonnais de « The Dynamics » prennent un malin plaisir à passer des classiques du rock, de la soul et du funk dans une moulinette dub, rocksteady ou ska. Le disque est remarquablement produit et joué (synthés et reverbs ‘vintage’ à profusion) ; et on sent que les titres ont été repris pour rendre hommage aux brillants compositeurs qui les ont écrits. Parmi les plages les plus réussies, on décernera une mention spéciale à la version ultra funky de « Miss You », le « Music » de Madonna transformé en disco reggae infectieux et une adaptation rêveuse du « Move On Up » de Curtis Mayfield. Le reste est tout bonnement agréable. Néanmoins, il faut quand même avouer qu’il est difficile de transformer en catastrophes des titres comme « 7 Nation Army », « Lay Lady Lay », « 90% Of Me is You » ou « Feel Like Making Love »…

Arca

On ne distinguait plus les têtes

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Le poète portugais Fernando Pessoa n’a presque rien publié de son vivant. Il rangeait ses écrits dans un coffre qu’il conservait jalousement. Et ceux-ci n’ont d’ailleurs été découverts qu’après sa mort. Ce type de coffre se dit ‘arca’ en portugais. A l’instar du coffre de Pessoa, ce disque risque de rester le secret de quelques mélomanes qui seront bien inspirés d’ouvrir la boîte de Pandore.

Projet initié en 2000 par le prolifique compositeur français Sylvain Chauveau et son ingénieur du son Joan Cambon, Arca propose tout au long de ce troisième album une expérience sonore digne d’intérêt, naviguant sur des eaux plutôt calmes. De paysages engourdis, voire neurasthéniques, émerge la voix de Sylvain Chauveau, douce et posée (le très beau « Sunday Negative »). Une tension bienvenue finit, au terme du voyage, par nous arracher à notre torpeur, le temps d’un « 1957 » hypnotique et furieux et d’un « Nyodene » d’apocalypse.

Chaque piste de ce court album (5 plages) se déploie ici comme un long et lent travelling sur un paysage, qu’on imagine volontiers d’hiver. Chauveau et Cambon ont d’ailleurs travaillé ensemble sur plusieurs films et confessent volontiers leur amour du Septième Art. Ainsi, la neige fige les gestes et les cœurs sur un titre tel que « Laced by the Night », pourtant tapissé d’une couche électronique évoquant le crépitement d’un feu dans la nuit.

Ce projet, le plus ‘rock’ de Sylvain Chauveau, ravira tant les amateurs de Talk Talk et de Sigur Ros que ceux du compositeur Arvo Pärt, adepte lui aussi d’une ligne claire, minimale, ponctuée de silences et de bienveillantes sonorités électroniques.