L’appel à débrancher des Burning Heads

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Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Chroniques

House of Dolls

Welcome to the department of nuclear medicine

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Chez House of Dolls, le chanteur est également bassiste. Pas courant dans l’univers du pop/rock (McCartney, Sting sont certainement les exceptions les plus notoires). En fait, suivant le formule, la voix doit passer à travers. C’est ce que parvient à faire Stephen White au sein de la formation dublinoise. Un quartet dont le line up implique également deux guitaristes (dont un double aux claviers) et un drummer. Leur style ? Psychédélique. La presse spécialisée leur attribue pour références Chameleons, The Icarus Line, Echo & The Bunnymen, Spiritualized, Can, Neu !, The Verve, Jesus & Marychain, Black Rebel Motocycle Club et Spacemen 3. Les deux derniers cités, plus que probablement. Mais aussi et plutôt les Warlocks et sur quelques titres en fin de parcours, The Electric Prunes (sortez vos encyclopédies).

L’album s’ouvre cependant par une plage au refrain contagieux, digne de la quintessence des Dandy Warhols (« I thought you were my friend »). Hormis l’interlude instrumental ambient, « Nuclear meds », l’intensité électrique domine le sujet. Mais le combo a le bon goût de soigner le sens mélodique. Les guitares sont tour à tour, stridulentes, malsaines, staccato, effilées, chargées feedback, mais leur conjugaison est toujours savoureuse. La basse est motrice et n’hésite pas à cogner. Les drums oscillent entre le tribal et l’hypnotique. Les compos évoluent tantôt sur un mid tempo, tantôt épousent un rythme alerte, sans jamais pour autant écraser le champignon. Le climat peut virer du ténébreux (« Prostitutes ») à l’hymnique (« All I need »). Pas un seul titre faible sur cet opus. Mieux encore, deux pistes remarquables : le stellaire « Into the void » et le très accrocheur « American dream ». L’elpee s’achève par « Lovers & clowns », un morceau plus pop, abordé dans l’esprit d’Ash (NDR : encore que parfois les riffs de guitares semblent lorgner vers les Skids). Bref, pour avoir pris du bon temps à l’écoute de ce « Welcome to the department of nuclear medicine », je lui accorderai cinq baleines… Pas pour rien qu’il figure dans mon Top 20 de l’année 2012 !

 

Nate Hall

A great river

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Nate Hall est le chanteur/guitariste/lyriciste de U.S. Christmas, une formation psyché/rock signée chez Neurot Recordings. Pas étonnant que son premier album sorte dès lors sur le label de la bande à Steve Von Till. Nate reconnaît pour influences majeures Bob Dylan, Neil Young, Bruce Springsteen et Townes Van Zandt. Sur son premier elpee solo, il reprend d’ailleurs son « Kathleen ». Hormis le titre maître et le dylanesque « Chains », au cours desquels il a reçu le concours d’un claviériste, Hall se réserve toute l’instrumentation. Pas de drums, cependant, mais une boîte à rythmes. Et puis des tas de guitares (acoustiques, électriques, slide, à 12 cordes), du banjo et même du theremin (« Electric night theme »). Une des quatre pistes les plus électriques. Les cordes y sont même filandreuses. Dans le même esprit, « Raw chords » est parcouru d’accords de slide gémissants, presque floydiens. Une compo sur laquelle sa voix est chargée de reverb. Tout comme sur les deux premières plages de l’elpee. Il la trafique encore sur « To wake and clean ». On dirait presque qu’elle émane d’un 78tours, un morceau au cours duquel son solo en fingerpicking se révèle à la fois précis, indolent et clair. A contrario, le traditionnel « When the stars begin to fall » est interprété a cappella, sous la forme d’un hymne. Et il nous réserve un instrumental, « Night time ». Sèche et banjo se conjuguent pour nous entraîner sur le chemin des Appalaches. Lorsqu’il n’est pas trituré, le timbre de Nate est graveleux, flemmard, rappelant même un certain Nikki Sudden. Sans quoi, baignant au sein d’une mélancolie douce, parfois angoissée, souvent profonde, ce « Great river » ne manque pas d’allure…

 

Die! Die! Die!

Harmony

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Die ! Die ! Die ! est une formation néo-zélandaise, issue de Dunedin, très exactement, qui a transité par le fameux label Flying Nun. Leur précédent opus, « Form », y était d’ailleurs publié. Flying Nun, avait été acquis par une filiale de Warner en 2006. Mais en 2011, son fondateur, Roger Shepherd, a racheté les parts. Bonne nouvelle, car on ne voyait vraiment pas l’intérêt de groupes aussi indépendants ou d’une major partager les même objectifs. Pour rappel, chez Flying Nun ont milité des groupes ou artistes aussi créatifs que Able Tasmans, Bailter Space, The Bats, The Chills, The Clean, Jean-Paul Sartre Experience, David Kilgour, Chris Knox, Tall Dwarfs, 3Ds ou The Verlaines. Et il y a trop longtemps que cette scène ne donne plus signe de vie. On attend donc de bonnes nouvelles, des Antipodes…

Mais venons-en à Die ! Die ! Die !, un trio qui puise ses principales influences dans le post punk (Alex Sex Fiend, Slits et même le plus contemporain Yeah Yeah Yeahs), le funk blanc (Gang of Four) et le noisy rock (My Bloody Valentine). Paradoxalement, la voix androgyne du chanteur, Andrew Wilson, me fait tantôt penser à Karen O, lorsqu’il chante et à Ann Clark, lorsqu’il scande ou déclame. Mais il est aussi susceptible de hurler toute son arrogance, quand il en ressent l’envie. Quoique d’excellente facture, « Harmony » n’est pas un elpee facile à assimiler. Il y a bien quelques plages moins sauvages, à l’instar de « Seasons revenge », une compo imprimée sur un tempo new wave, caractérisée par une jolie mélodie. Mais en général, les riffs de guitare sont noueux, déchiquetés, tentaculaires ou discordants et déferlent même comme chez Fugazi sur « Changeman ». Les drums féroces, martiaux, très 80’s, évidemment. La ligne de basse est groovy, tranchante. Bref, la musique de Die ! Die ! Die est un condensé d’énergie, de noise et de mélodie à la fois excitant et vivifiant…

« Harmony » constitue le quatrième LP du trio. Il a été produit par Chris Townsend (Portishead, Violent Femmes) au sein des studios Black Box, en France. Et il est excellent !

 

Patrick Bruel

Lequel de nous

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Patriiiiiick est de retour !

L’homme aux multiples casquettes, chanteur, acteur, champion du monde de poker, membre des restos du cœur et j’en passe et des meilleures revient à la chanson. Passant d’une activité à l’autre avec un égal bonheur (surtout le sien), ce ‘gendre idéal’ nous a concocté son sixième album studio depuis l’entame de sa carrière. Gentils, nous passerons sous silence son premier disque « De face », passé quasi inaperçu en 1987. Par contre, « Alors regarde », publié en 1989, marque ses véritables grands débuts ; sans aucun doute ce qu’il a fait de mieux.

« Lequel de nous » débarque 23 ans plus tard. Statistiquement, il grave donc un nouvel opus tous les quatre ans et demi, à peu de chose près. Entre deux films, trois concerts et quatre parties de ‘cartes’, faut malgré tout le faire. Oui, mais faire quoi ? Il ne suffit pas d’être sympa, d’avoir une belle gueule, de mettre les médias dans sa poche, de passer pour le grand défenseur du peuple juif (n’est-ce pas Dieudonné) pour se voir décerner un prix. Encore faut-il qu’il y ait du contenu, des mélodies qui marquent.

Hélas, trois fois hélas, on est loin du compte. A 53 ans, Bruel nous ressasse son histoire, son passé. Tout n’est quasi que nostalgie dans ses nouvelles chansons. Une fois ça peut encore passer ; mais un album entier, ça sent le réchauffé…

Là où « Place des grands hommes », tout en foutant (déjà) le blues, amusait quand-même par une mélodie et un refrain de qualité, rien parmi les 14 nouveaux titres ne donne l’envie d’écouter une seconde fois ce disque une fois arrivé en fin de piste.

Triste constat que de s’apercevoir que Maurice Benguigui, de sa véritable identité, n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été. Trop vite, trop haut, trop beau, trop… un peu de tout ! Dur, dur de se maintenir. Vivre sur ses acquis ne dure qu’un temps. Et à force de tirer sur la corde, elle finit par péter.

Put*** que c’est dur de vieillir. On se répète, on ennuie, on fatigue. Bref, on radote…

Allez, retourne jouer aux cartes, Vieux. Là au moins, personne ne parle !

Mais, aucun doute, « Lequel de nous » va cartonner dans l’Hexagone car, évidemment, on ne touche pas à une icône comme Bruel. Et puis Drucker et compagnie vont à nouveau dérouler le tapis rouge pour l’homme qui sait parler ‘avec son cœur’ aux français.

Pfff, c’est d’une tristesse affligeante !

 

Chris Brokaw

Gambler’s Ecstasy

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On connaît surtout Chris Brokaw pour ses aventures menées chez Come et Codéine. Et pourtant l’artiste américain est responsable d’une multitude de projets. Quand il ne vient pas apporter son concours aux sessions d’enregistrement de ses potes. On ne va pas tous les citer, vous seriez noyés par l’énumération. Steve Wynn, Chris Eckman, Thurston Moore et Hugo Race en font partie. Ou décide de réaliser un elpee en solo. Enfin, pas tout à fait sur celui-ci, puisque pour concocter ce disque, il a reçu le concours du bassiste Doug Maccombs et du drummer John Herndon. Sept longues années que l’Américain n’avait plus posé sa voix sur des chansons. C’était pour « Incredible love », en 2005. Un disque intégralement acoustique. « Gambler’s Ecstasy » célèbre également le retour à la fée électricité. Pas sur toutes les compos, mais en majorité. Il nous propose même de nouvelles versions électrifiées (et chantées) de compos originellement ‘unplugged’.

Apparemment Chris aime proposer des adaptations différentes, car l’elpee s’ouvre par « Criminals », une plage shoegaze puissante, pulsante, abrasée par sa ‘six cordes’ distordue, et caractérisée par ses interventions vocales monocordes, presque sinistres. Il s’achève par une autre version de ce titre, instrumentale, intitulée « Richard And Vanessa in the box », morceau qui sous cette forme, avait servi de bande sonore à la compagnie de danse Daghda Dance. On a aussi droit à une cover plus acoustique du « Crooked » de Wussy, band issu de Cincinnati. Et puis à un compo minimaliste, jouée sur deux cordes (« California). On épinglera également un titre de power pop entraînant et croustillant (« Danny Borracho »), une ballade visionnaire agréable (« Anacordia »), et puis deux pistes plus élaborées. Tout d’abord une de 9 minutes (« The appetites »), fruit d’une rencontre hypothétique entre Slint, Aerial M et Mogwai et puis « Exemption », probablement la meilleure compo du long playing, digne de la quintessence de Sebadoh. Et le reste ne manque pas d’allure. Le seul reproche que l’on puisse adresser à Brokaw, c’est sa voix, ténébreuse sans doute, mais un peu trop limite et uniforme à mon goût.

 

Baden Baden

Coline

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C’est peu dire que le premier album de Baden Baden était attendu depuis la sortie de leur Ep « 78 », paru en 2010… « Coline » ne devrait pas décevoir les espoirs portés en eux, à l’époque ! Les 12 morceaux proposés par ces délicats orfèvres français dévoilent en effet des mélodies alliant douceur, romantisme et respectent surtout une qualité constante. Leurs comptines pop-rock rappellent les Girls in Hawaï lorsqu’elles sont interprétées dans la langue de Shakespeare et Florent Marchet quand elles le sont dans celle de Voltaire. La ressemblance vocale avec le talentueux moustachu est parfois même troublante à travers les intonations de voix d’Eric Javelle (« Evidemment »). Les harmonies du quintet sont soignées et pas un seul morceau n’est à jeter ! Les textes sont soignés (« La Descente ») et l’ambiance est cotonneuse et mélancolique… « Coline » a le bon goût d’enfiler les perles folk avec une aisance déstabilisante. Trop sage pour être honnête ?

 

Archers of Loaf

All the nations airports (réédition)

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Archers of Loaf est une formation étasunienne (Chapell Hill) qui a sévi de 1991 à 1998. Après 4 albums, une poignée de singles et d’Eps, elle a décidé de se séparer, pour se reformer en 2011. Sous le même line up ! Et première conséquence à ce come-back, le label Merge a décidé de ressortir leurs quatre elpees. Dont cet « All the nations aiports », publié à l’origine en 1996, chez Elektra. Après leur split, Eric Bachmann avait participé à différents projets. Tout d’abord au sein de Barry Black, et puis surtout Crooked Fingers.

Archers of Loaf appartient à la scène lo-fi, tout comme Guided By Voices, Build To Spill et Pavement. Mais il n’a jamais eu la reconnaissance escomptée. La voix de Bachmann est aussi écorchée que celle Stephen Malkmus ; et manifestement il existe quelques corrélations entre les deux groupes, notamment dans cette recherche constante de la dissonance mélodique, le plus souvent alimentée par les guitares duales. Chez AoL, elles sont dispensées par les cordes des deux Eric, Bachmann et Johnson.

Le disque est enrichi d’un bonus disc, sur lequel figure 19 pistes, dont 17 démos qui ont servi de base de travail à l’album. Deux d’entre-elles avaient été éliminées à l’époque, et la première mouture du titre maître est imprimée sur une boîte à rythmes. L’intérêt de ce cd permet surtout de constater l’évolution entre le brouillon et le produit fini. Enregistrés à l’aide d’un 4 pistes, ces essais souffrent, vous vous en doutez, d’une qualité de son médiocre. Reste deux titres qui tiennent mieux la route, soit la version 7inches de « Density » et un morceau qui aurait dû figurer sur la flip side d’un single (« Little jets »).

Découpé en 14 plages, « All the nations airports » propose néanmoins quelques compos balisées par le piano. Dont la finale « Bombs away », qui aurait pu servir de B.O. à un film muet romantique. Un instrumental. Le long playing recèle d’ailleurs plusieurs instrumentaux.

Dont le cinématique « Bumps », caractérisé par sa guitare surf. Puis le remarquable « Acromegaly », titre post rock qui aurait pu naître de la rencontre entre Durutti Column et Mogwai ; et enfin l’excellent « Attack of the killer bees », typique de cette discordance mélodique que l’on retrouve sur les autres morceaux de l’elpee. Venons-en maintenant aux pistes chantées. Elles impliquent parfois des changements impromptus voire capricieux de rythmes. Des compos sauvages ou paisibles. Plus ou moins pop. Enlevées, contagieuses ou mimimalistes. Saupoudrées épisodiquement d’un synthé singulier. Mais toujours abrasées par la voix de Bachmann, aussi rauque que celle de Will Johnson (Centro-Matic) voire de Kevin Weatherill (Immaculate Fools).

Excellent lyriciste, mais personnage paranoïaque, Bachmann aborde le thème du complot, de la menace, et même du terrorisme (NDR : ce qui explique aussi le titre de l’album), cinq années avant les événements du 11 septembre 2001. Vous avait dit (mauvais) prophète ?

 

Various Artists

Fetén, Rare Jazz Recordings from Spain 1961-1974

Écrit par

Si découvrir des nouveaux horizons sonores appartient à vos bonnes résolutions pour 2013, une oreille attentive à « Féten », la nouvelle compilation estampillée Vampisoul, s’impose. Un ‘must’, si vous souhaitez commencer l’année dans de bonnes conditions ! Alors que le jazz faisait fureur à travers l’Europe, dans les années 60 et 70, la production espagnole était à l’époque famélique et ne jouissait d’un succès populaire que très limité. Une très bonne raison pour les antiquaires barcelonais de ressortir au grand jour des œuvres injustement négligées. « Féten » collige des enregistrements de jazz (avant-garde, modal ou hard bop) immortalisés entre 1961 et 1974 par des musiciens du cru tels que Mantequilla, Juan Carlos Calderon, Ricardo Roda mais aussi des artistes internationaux comme Tony Bennett ou Tino Contreras. Des années de recherches à s’en user les doigts dans les plus obscurs marchés ou sur les sites les plus improbables ont permis à Javi Bayo de compiler cette improbable collection et ainsi remettre sous les feux des projecteurs des morceaux tombés dans l’oubli. Un disque destiné aux amateurs de jazz, bien entendu, mais aussi aux mélomanes ouverts à tous types de musique…

 

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