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Claud et la musique

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Regina Spektor

What We Saw From The Cheap Seats

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Pour son sixième LP studio, Regina Spektor reste fidèle à elle-même. Pas la peine de chercher une quelconque imprévisibilité ou fausse note, la New-Yorkaise privilégie sa formule piano-voix impeccable habituelle. Armée de son inusable instrument à touches, Spektor fredonne des ritournelles qui font chaud au cœur et aux oreilles. Même lorsqu’elle tente de nous arnaquer en récupérant l’un de ses vieux morceaux. En l’occurrence « Ne Me Quitte Pas » –aucun lien avec le classique– déjà présent sur son deuxième labeur « Songs » auto-publié en 2002. Sans compter qu’une bonne moitié de ce « What We Saw From The Cheap Seats » réunit d’anciens titres interprétés lors de ses pérégrinations ‘live’, mais jamais enregistrés en studio.

Le talent de conteuse de la brunette vise toujours dans le mille, d’autant plus lorsqu’elle s’adonne à quelques cabrioles vocales ou que le ton se fait grave (« Oh Marcello », « All the Rowboats »). Plutôt maligne, Spektor emballe ses mélopées en 37 minutes, une durée raisonnable quand on ressert plus ou moins le même plat pour la sixième fois. Mais « What We Saw From the Cheap Seats » est tellement bon qu’on tombe dans le panneau sans demander son reste.

 

P!nk

The Truth About Love

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Alecia Moore, alias P!nk, la ‘Badass Chick’ de la Pop revient pour un sixième LP égal à ce que l’on peut attendre d’elle. Et c’est bien malheureux. Car niveau personnalité, Pink, ou P!nk pour les intimes, est une véritable grande gueule, une rentre-dedans, en plus d’être une show-woman impressionnante. Essayez un peu de chanter la tête à l’envers, haut perchée sur un trapèze ou de répéter en direct à l’antenne chacun des pas de danse de son vidéoclip pour « Try ». Rien que pour cette raison, la demoiselle mérite le respect. Mais lorsqu’on en vient à la musique, on ne peut pas dire qu’elle prenne autant de risques.

« The Truth About Love », ce sont treize morceaux standards, forcément taillés pour la radio, et comportant leur (petit) lot de guests de bon aloi. Les deux principaux ? Eminem et l’artiste anciennement connue sous le nom de Lily Allen (et qu’il faut désormais appeler Lily Rose Cooper). P!nk reste forte en matière de plaisirs coupables (« Are We All We Are », « Try », « Slut Like You », “Where Did The Beat Go?”), mais sa témérité s’arrête là. A moins d’adhérer à 100% à l’univers de la demoiselle, “The Truth About Love” est une petite friandise à consommer avec beaucoup de modération.

 

Piano Club

Ain't no mountain high (Ep)

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Depuis la sortie de son premier album, « Andormedia », en 2010, le groupe liégeois est parvenu à se forger une certaine notoriété en Belgique et même en France. Faut dire qu’il a participé, depuis, à de nombreux festivals populaires (Dour, Eurosonic, Les Ardentes, Les Francofolies, …) Chez Piano Club, on retrouve Anthony Sinatra, qui milite également chez Hollywood Porn Stars.

Sucrée, la musique de Piano Club est d’abord influencée par la synth pop d’outre-Atlantique (MGMT, Yeasayer, etc.). Et il faut reconnaître que cet Ep constitue une belle éclaircie dans l’univers stérile de la pop wallonne. Il précède leur second album, dont la sortie est prévue pour le mois de février.

« Ain’t no Mountain  High » est découpé en 5 plages. Trois s’inscrivent parfaitement dans la lignée du premier elpee. Efficaces, elles sont caractérisées par l’omniprésence des claviers qui prennent le pas sur les guitares. Deux adoptent un profil différent : « Accross the Streets » et « Wake me Up ». Le climat y est plus atmosphérique, et l’instrumentation davantage classieuse. On pense même à Destroyer, lorsque le saxophone montre le bout du nez. Une agréable surprise qu’on espère voir confirmer sur l’album.  

 

One Little Plane

Into the Trees

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One Little Plane est projet qui plane au dessus de scène pop-folk US… Un projet mené par la chicagolaise Kathryn Bint. « Into the Trees » constitue son second essai. Il fait suite à « Until », paru il y a déjà 4 ans. Il a reçu le concours de son mari, Kieran Hebden, à  la production. Kieran, c’est la tête pensante de Four Tet, faut-il vous le rappeler.

Si à premier abord, les compos semblent propres sur elles, au fil de l’écoute, elles se révèlent finalement bien plus profondes. Colin Greenwood (Radiohead) apporte de discrètes mais efficaces interventions à la basse sur l’entraînant « She Was Out in the Water » et le plus laidback « Hold You Down ». Un contraste subtil se dessine entre la voix chaude et innocente de Kathryn et l’instrumentation. Que ce soit les légères touches psyché, les six cordes acoustiques, l’électro mélancolique (« Bloom ») ou les guitares légèrement fuzzy (« Hold You Down »). Si certains morceaux se révèlent inoffensifs et finissent par ennuyer (« It’s Alright »), d’autres charment par leurs constructions cycliques (« Synthesizer »). Une œuvre en équilibre fragile, entre folk empreint de délicatesse et étranges expérimentations, qui se laisse apprivoiser un peu à la fois…

 

The Fresh & Onlys

Long slow dance

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The Fresh & Onlys est de retour, deux ans après voir publié « Play it Strange ». A l’époque, le groupe San Franciscain nous avait réservé un album fort intéressant, influencé par le psychédélisme des 60’s, certains morceaux lorgnant même vers le garage-punk.

Tim Cohen (NDR : également impliqué dans un projet solo baptisé Magic Trick) et sa troupe semblent quelque peu s’être égarés en route. Et pour cause, dès le premier titre, « 20 Days & 20 Nights », une compo inondée de claviers, on replonge dans le pop/rock mélancolique, insulaire, des 80’s. Pensez à The Cure. Et « Presence of Mind » nous renvoie carrément aux Smiths. Une forme de revivalisme, voire de pastiche, qui ne manque pourtant pas d’allure. Malheureusement, la suite dérape dans l’insipidité et une compo kitsch comme « Fire Alarm » flirte même avec le mauvais goût. En fin de parcours, « Euphoria » et « Foolish Person » en reviennent au garage/punk de leurs débuts. Probablement des pistes issues des sessions de « Play it strange ». Elles sont nettement plus convaincantes, c’est une certitude ! 

En concoctant « Long slow dance », The Fresh & Onlys a sans doute tenté de s’ouvrir de nouveaux horizons. Il a au moins le mérite d’avoir essayé, même si on ne pas dire que le résultat soit une réussite

 

Claire Diterzi

Le salon des refusées

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Le « Salon des refusés », c’est une expo qui s’est déroulée à Paris, au Palais de l'Industrie en 1863, sur décision de Napoléon III, pour accueillir les 3 000 œuvres qui n'avaient pas été retenues par l'Académie pour le Salon de peinture et de sculpture.

Pour son cinquième album solo, Claire Diterzi repêche l’idée et s’en va préparer son nouvel opus à la villa Médicis de Rome dans la section ‘musique actuelle’, choix qui entraîne de vives critiques de la part de certaines personnes issues du milieu de la musique classique contemporaine. Ces chansons sont quelque part ‘refusées’ tout comme les œuvres choisies par l’empereur, d’où le titre de sa nouvelle plaque.

Refusées est un euphémisme. C’est carrément à une levée de boucliers que l’on assiste. Les vieilles huiles bien pensantes ne digèrent pas que l’on puisse ‘souiller’ ces lieux pour enregistrer une œuvre de ‘bêtes chansons’, alors que résonnent encore sonates, opéras, concerti et autres symphonies des plus grands. Quel outrage !

Et pourtant, Claire nous propose douze plages qui ne nuiront en rien à la sacralité des lieux ; tout est opéré en douceur, chaque chanson évoquant davantage une peinture qu’une chanson pop française.

En effet, une fois passée la plage inaugurale, « Le roi des forêts », seul titre aux relents électriques et bien en chair, le reste de l’album se veut gentil, calme et bien respectueux.

Pour y parvenir, Claire troque sa guitare électrique pour un instrument des plus baroques : la viole de gambe qui restera fréquemment présente. Pour le reste,  chaque titre s’écoute comme on regarde un tableau, avec patience et curiosité. Au creux de chaque plage, on retrouve de la poésie, de la nostalgie, de l’humour, un délicat tissage des genres et des instruments pour un voyage particulièrement dépaysant.

Claire Diterzi est une des rares chanteuses françaises qui soit une véritable musicienne. Elle partage avec nos oreilles reconnaissantes des petites perles de littérature musicales.

Pour l’anecdote, on épinglera une reprise tout en finesse de « Riders of the Storm » des Doors qui vaut le déplacement.

 

Tout est joli / All is pretty

Point d’issue

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‘Alles mooi’, le combo belge aurait pu être ainsi baptisé… dans notre seconde langue nationale. Las, le trio drivé par Thierry Devillers, véritable éminence grise, n’a choisi comme nom que Tout est joli et y a accolé la traduction… anglaise. Il est vrai que quasi toutes les formations issues du nord de notre jolie contrée portent pour la plupart un patronyme anglophone… Et certainement pas français. C’est pour la petite leçon communautaire !

Thierry qui fait quasi tout seul (compo et lyrics) a quand-même dû s’adjoindre Benoist Eil aux guitares et Michel Debrulle aux drums afin de donner du corps à son projet. S’invitent également à la fête mais plus parcimonieusement, Marc Frankinet et Adrien Lambinet aux cuivres. Mais ce groupe issu des terrils liégeois n’est pas vraiment né de la dernière pluie, puisque Thierry et Michel collaborent et partagent des projets communs depuis plus de vingt ans. Et pourtant… « Point d’issue » ne constitue que leur troisième elpee.

Mélange des genres par excellence, « Point d’issue » puise ses inspirations tous azimuts. On pourrait presque parler de feu d’artifice musical. Jonglant aussi bien avec le rock, le blues, la pop que les rythmes électro, la formation évite soigneusement de puiser ses sources chez les autres artistes. Chaque nouvelle compo de Thierry Devillers parvient à accrocher l’oreille. La richesse de sa musique tient en un mot : diversité. Inclassable, ce disque est pourtant susceptible d’évoquer, tour à tour, John Cale, Randy Newman, Talking Heads ou Bob Dylan. Belle prouesse !

Autre curiosité qui interpelle, les paroles concoctées par la tête pensante du band. Issues pour la plupart de sa plume, Thierry glisse de temps à autre, à intervalle régulier, une citation d’un auteur connu. C’est ainsi que se voient crédités des personnages aussi hétéroclites tels que Chamfort, Freud, Hobbes, O’Connor, Sophocle, Lucrèce, Homère, Aristophane et même Benoît XVI. Preuve s’il en est de l’éclectisme de ce combo à géométrie et à musicalité variables.

Un album curieux, interpelant mais néanmoins très réussi.

 

Jónsi

From the motion picture we bought a zoo

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Ne vous y trompez pas, « We Bought A Zoo » n’est pas le deuxième album solo de Jónsi (leader du groupe Sigur Rós). Il serait plutôt l’œuvre issue du caprice du réalisateur américain Cameron Crowe (Jerry Maguire, Almoust Famous, Vanilla Sky…) de collaborer en compagnie du talentueux musicien islandais. D’ailleurs, le morceau « Svefn-g-Englar » de Sigur Rós avait déjà été utilisé par le réalisateur comme l’un des acteurs majeurs de la bande originale de ‘Vanilla Sky’. Crowe a toujours aimé la douce folie de l’univers magique de Jón Þór Birgisson et a, dit-il, toujours rêvé de collaborer avec ce petit génie venu du Nord (un morceau est signé Jónsi/Crowe). D’ailleurs, le cinéaste suggère que le soundtrack du film serait l’âme, le fil conducteur de « We Bought A Zoo ». Il aurait d’ailleurs exigé des acteurs et de toute l’équipe technique de visionner le film documentaire de Sigur Rós, ‘Heima’ pour s’imprégner de l’atmosphère de la musique avant le tournage.   

Maintenant, une double interrogation nous traverse l’esprit : quel est l’intérêt de cette collaboration inédite et pour quelle raison au juste Jónsi serait allé se fourvoyer dans ce film de vacances à gros budget ? La réponse semble évidente. Pour l’un, le simple désir d’exaucer son rêve d’enfant gâté du cinéma ; pour l’autre, le souhait, plus prosaïque, de vendre des produits bancaires post-« Agaetis Byrjun ». 

Que se cache-t-il alors derrière ces microsillons en vinylite ? Un quinze titres offrant quelques saynètes siguriennes, des extraits remaniés de l’album « Go » (projet solo de Jónsi en 2010), un morceau de Sigur Rós (« Hoppipolla »), une nouvelle chanson (« AEvin Endar ») et un titre coécrit avec Cameron Crowe (« Gathering Stories »). Rien de bien affolant.

Malgré une B.O. sans grand intérêt, Jonsí et son partenaire Alex Somers (Riceboy Sleeps), soutenus par les arrangements chœurs et orchestre du prodige Nico Muhly, parviennent tout de même à tisser une toile de fond musicale qui évoque subtilement une innocente empathie. Ils donnent corps au film et lui offrent un supplément d’âme.  Deux titres viennent particulièrement souligner les valeurs véhiculées par le scénario. C’est alors que « Go Do » raconte un idéal universel et que « Boy Lilikoi » caresse le doux rêve du retour à l’enfance et aux amitiés innocentes. 

Vous l’aurez compris d’emblée, cet album est particulièrement destiné aux fans du film et n’apporte absolument rien au monde musical du musicien islandais. Une réalisation qui ressemblerait tout au plus à un mauvais Sigur Rós.      

 

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