Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Chroniques

Get Well Soon

The Scarlet Beast O'Seven Heads

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Konstantin Gropper est auteur/compositeur/interprète et multi-instrumentiste. De nationalité allemande, il a suivi une formation classique ; puis au cours de son adolescence a sévi au sein d’un groupe punk. Aujourd’hui, c’est le leader de Get Well Soon, une  formation de pop symphonique aux références littéraires marquées et assumées. Si le premier opus avait été encensé par la critique, le deuxième n’était pas parvenu à confirmer ces bonnes dispositions.

Pour son troisième opus, l’Allemand a décidé de creuser son propre sillon, en proposant une collection de morceaux qui reflète l’esprit énigmatique et baroque de son auteur. Et rien que le titre de l’elpee corrobore ce point de vue : « The Scarlet Beast O’Seven Heads ». Un album qui rend hommage à des artistes aussi différents que le réalisateur allemand de blockbuster Roland Emmerich ou la compositrice électro Wendy Carlos. Gropper prend cependant le soin de plonger l’ensemble dans un climat à la fois moderne, classique et romantique. Gropper n’hésite pas à sampler Alfred Hitchcock sur « You Cannot Cast Out The Demons (You Might As Well Dance) ». Les sonorités électro, les chœurs et les cordes entrent bien évidemment toujours dans la texture de ses compos. Tout comme la structure en crescendo. Entre plages cinématographiques (« Let Me Check My Maya Calendar », « Roland, I Feel You ») et pistes grandiloquentes, à la limite du kitsch (« Kids Today »), le long playing est une totale réussite. Totalement libéré, Gropper concrétise tout ce qui lui passe par la tête. De quoi ravir celles et ceux qui avaient succombé aux charmes de son premier long playing. Une œuvre hyper référencée, mais unique en son genre !

 

Bill Fay

Life is people

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Chanteur, pianiste et auteur-compositeur, Bill Fay avait publié deux albums entre 1967 et 1971. Un single également. Mais faute de succès, l’Anglais avait disparu de la circulation. A l’époque on l’avait même comparé à John Lennon.

Si le Londonien ne donnait plus le moindre signe de vie, la  nouvelle génération s’est intéressée à ce phénomène. Tout d’abord le label Wooden Hill, responsable de la sortie d’une compilation réunissant d’anciennes démos. Puis de véritables amoureux de la musique, comme Jeff Tweedy (Uncle Tuppelo, Wilco) et David Tibet (Current 93), qui ont repris certains de ses morceaux et en sont devenus de véritables fans. De quoi faire revivre celui qu’ils considéraient comme le chaînon manquant entre Nick Drake et Léonard Cohen. Et puis, Tweedy est parvenue à le convaincre d’enregistrer un nouvel elpee.

Quarante années après avoir publié son dernier opus solo, Bill Fay nous propose son nouveau long playing. Il a 69 balais et pourtant, on ne peut pas dire que ce vétéran soit rouillé. On se rend compte même que les éloges reçus n’étaient pas usurpées. Et puis ses nouvelles compos sont terriblement actuelles. Tout au long des douze morceaux de cette œuvre, il y peint une large palette d’émotions. Mais si la mélancolie est bien palpable, elle ne sombre jamais dans la déprime. L’orgue et la guitare alimentent « There is a Valley » un morceau particulièrement dense, entraînant même voire allègre. Canalisé par les interventions au piano, « Big Painter » se révèle cependant plus solennel, plus sombre. Jeff Tweedy assure les backing vocaux sur « This World », une plage qui lorgne inévitablement vers le pop-folk américain. Bouleversant, « Be at Peace with Yourself » est enrobé de chœurs gospel. C’est également le sommet de cet elpee. Et le reste des compos est peuplé de petites perles. Je vous laisse d’ailleurs le soin de les découvrir. 

Bill Fay est un songwriter d’exception. Il n’a cependant pas l’intention de sortir de l’ombre. Alors ne boudez pas votre plaisir, car une écoute vaut mieux qu’un long discours.

 

Extra Life

Dream Seeds

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Extra Life est une formation difficile à cerner. Tout d’abord parce que leurs influences sont très difficiles à discerner. Et que le résultat de leurs expérimentations est, à chaque album, spécifique. En résumé, il appartient à la catégorie de groupes ou d’artistes en perpétuelle recherche. Etonnant dès lors, de lire dans la biographie, que ce band entretienne des liens divers avec Xiu Xiu et Parentheticals Girls. Pour Dirty Projectors, on peut comprendre plus facilement, puisque le leader y a sévi quelque temps.

Extra Life nous vient de Brooklyn. Drivé par Charlie Looker (chant, synthé), son line up implique également Caley Monahon-Ward (violon, guitare) et de Nick Podgurski (drums). Mais au sein du trio, chaque membre apporte sa pierre à l’édifice.

« Dream Seeds » constitue leur troisième album. Première constatation, les rythmiques sont moins mises en avant qu’auparavant. On y retrouve cependant toujours ces références au Moyen-âge. Dans la voix de Looker, par exemple ; mais également sur « No Dreams Tonight », traversé par des interventions surprenantes au flûteau. Longues plages ténébreuses et lyriques, « Blindest Beast » (14’09) et « Ten Year Teardrop » (12’27) sont construites suivant un crescendo que ne renierait pas Swans. Le band n’hésite d’ailleurs pas à alterner climats indus et transitions acoustiques…

 

Cheek Mountain Thief

Cheek Mountain Thief

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Sam Genders s’est donc barré de chez Tunng, pour embrasser une carrière en solitaire. Mike Lindsay, cofondateur du groupe, a aussi décidé de tenter une aventure en solitaire, mais apparemment il n’a pas (encore ?) quitté le navire. Toujours est-il que si le premier essai du premier cité avait été largement surestimé, quoique de bonne facture, celui de son comparse a visé dans le mille.

Pour cette escapade individuelle, Mike a choisi le patronyme de Cheek Mountain Thief. Pas le nom d’un chef indien, mais de la montagne Kinnafjoll, sise en face du village islandais au sein duquel il a décidé de s’installer. Et pour enregistrer cet opus, il a reçu le concours de musiciens locaux.

Tout au long de cet opus éponyme, Mike Lindsay s’amuse et nous invite à partager cette récréation. Une œuvre au cours de laquelle, il aligne de mini-symphonies de psyché folk, à l’aide d’une instrumentation à la fois riche et insolite : glockenspiels, cordes, marimba, xylophone, samples et autres cors de chasse. Sans oublier les chœurs euphorisants. Les morceaux sont longs. La structure des compos est improbable. Mais surtout la forme est ouverte aux expérimentations les plus aventureuses. Depuis « Attack », suspendu aux murmures à « Showdown », hanté par le Beta Band, en passant par « Nothing », contaminé par le folk intimiste, l’Anglais a l’esprit en ébullition, un peu comme les multiples sources qui peuplent l’Islande. Finalement assez proche de celui de Tunng, son univers acid folk est plutôt ludique, un monde au sein duquel Lindsay semble s’épanouir. 

Et dire que je viens d’établir mon top 20 pour 2012 sans y insérer ce très bel album !

 

Tas Cru

Tired of bluesmen cryin'

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De son véritable nom Rick Bates, Tas Cru, est d'origine canadienne. Québécoise pour être plus précis. Ce jeune artiste a chopé le virus du country blues après avoir quitté la US Navy. Il s'est ensuite fixé à Albany, capitale de l’Etat de New York. Il se produit aussi bien en solitaire qu’en compagnie d’un groupe. Sur les planches, il est même parfois flanqué d’un sextuor. Son pseudo Tas Cru signifie ‘Patate crue’ en québécois (‘Raw potato’, en anglais)! Il compte déjà quatre elpees à son actif : "Biscuit" en 2006, "Gravi-Tas" en 2008, "Grizzle 'n bone" en 2009 et "Jus ' dessert" en 2010. Il est considéré comme un poète du blues. Son écriture est pleine de verve. Il aime dépeindre les aventures banales de la vie, mais de manière très personnelle. Il construit ses propres guitares à l’aide de boîtes de tabac, des instruments baptisés ‘cigarbox guitar’. Pour enregistrer cet elpee, il a reçu le concours d’une section rythmique et de deux claviéristes qui se relaient. Il signe toutes les compos et, sans surprise, assure la production.

Le disque s’ouvre par le titre maître. Et son intro semble émaner du cœur du Delta avant que la compo n’adopte un tempo soutenu. Tous les musiciens se partagent les tâches, Tas Cru s’illustrant par les sonorités métalliques de ses cordes et Tony Perrino se chargeant de l’orgue Hammond. La voix du leader est particulièrement éraillée, mais elle domine l'ensemble. Un souffle d’harmonica fragile, proche d’un John Mayall, introduit "Changin' my ways", avant que l'orgue et la guitare Resonator n’entament un long flirt. Blues lent, "One more time" ne manque pas de charme. Cru chante de sa voix de fausset. Sa passion y est bien contenue. L'orgue de Chip Lamson communique à la plage sa chaleur naturelle, alors que les cordes acoustiques poussent de légers gémissements. "Road to my obsession" est sculpté dans du R&B bien saignant. A moins que ce ne soit du funk. Profondes, les grappes de notes dispensées par la guitare sont manifestement inspirées par Albert King. Et leur flux est inextinguible. "Try, oh I try!" est le fruit d’une rencontre entre blues lent, décontracté, obsessionnel et funk léger, au cours duquel un harmo tente de pointer le bout de son nez. Imprimé sur un mid tempo, "That lovin' thang" est un blues/rock hydraté par l’orgue de Perrino et dynamisé par une slide pétillante. "Every word you say" adopte un rythme plus enlevé. La guitare Resonator amorce "Sure do", une ballade blues roots très cool ; et climat nonchalant envahit également "Story time", une piste illuminée par de très jolies lignes de slide dessinées par un pote vivant également à Albany, Jeremy Walz. Talonnés par les cordes de Jeremy, les accords produits par la cigar box guitar de Cru empruntent le rythme du chemin de fer sur "Heal my misery", une plage lancée à toute vapeur. Morceau final indolent, "Dark side of the mountain" baigne au sein d’un climat sombre, ténébreux, empreint de tristesse, un climat entretenu par l’orgue Hammond et les interventions de gratte dignes de Mark Knopfler. Au cours de cette compo, Cru dialogue à la manière d’un Tom Waits. Et le résultat est à la fois envoûtant et remarquable… 

 

Joy As A Toy

Dead As A Dodo

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Pour rappel l’apocalypse est annoncée prochainement (et perpétuellement).

Vous ne disposez plus de beaucoup d’opportunités de vous lancer à corps et cœur perdus dans cet excellent album de surréalisme effroyable.

Bande-son incontournable de série B, mais truffée de vraies bonnes chansons, « Dead As A Dodo » revisite l’univers décalé et sensuel d’une approche cinématographique très seventies, époque dorée du genre érotico-gore.

On pense plus d’une fois au Vampyros Lesbos de Jésus Franco, et ces images en filigrane collent parfaitement à l’univers de Joy As A Toy.

Plus subtil qu’il n’y paraît sous ses allures parfois grotesques (la frénésie de « Successful Failure » par exemple), cet album est gorgé de bonnes idées. De titres jouissifs aussi.

Zombie Safari », « Better Lock Your Door » ou « Only Mother Shot In The Head » sont suffisamment évocateurs…

Mais le côté excitant de l’objet, c’est qu’il ne sombre jamais dans le potache et reste avant tout un album décomplexé et enthousiasmant.

Fun comme un épisode d’un bon vieux Scooby Doo !

 

Mystery Jets

Radlands

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Petites célébrités locales, les lads de Mystery Jets comptent déjà 3 albums à leur actif. Si le pop/rock de ces Insulaires véhicule des accents psyché, il faut reconnaître que leur expression sonore lorgne de plus en plus vers les States. Leur précédent elpee, « Serotonin », en était une belle illustration. 

Et pour concocter « Radlands », les Anglais son allés au Texas ! En regardant l’illustration de la pochette, les intentions de Mystery Jets sont claires. Et puis il y a le titre de cet opus. Fruit d’une contraction entre celui du premier film de Terence Malick (Badlands) et le nom de la maison de Keith Richards (Redlands). En enregistrant ce disque dans l’Etat pétrolier cher aux Bush(s), le quatuor allait-il carburer à la super yankee ? Pas vraiment ! En fait, si on décèle des interventions à la slide, un zeste de country et un chouia de chœurs gospel dans leur musique, l’ensemble de l’œuvre nous renvoie carrément aux Kinks. Et en début de parcours, la formule fonctionne à merveille. Depuis le titre maître qui ouvre l’album (NDR : très réussi, par ailleurs), jusqu’au très référencé single « Greatest Hits ». Mais, progressivement, la formation s’essouffle, sans pour autant jamais démériter, lorgnant même en chemin, vers Erland & the Carnival (« The Nothing ») ou Blur (« The Ballad of Emmerson Lonestar  »).

 

Dylan Leblanc

Cast the same old shadow

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« Cast the same old shadow » constitue le second opus de ce chanteur/compositeur louisianais. Il fait suite à « Paupers Field », publié en 2010, un disque pour lequel il avait reçu le concours d’Emmylou Harris. Le nouvel elpee a été enregistré aux célèbres studios Muscle Shoals (Wilson Pickett, Aretha Franklin, Otis Redding) et coproduit par Trina Shoemaker, déjà détentrice de 3 Grammy Awards.

Reconnaissant pour influences majeures, Townes Van Zandt et Neil Young, ce jeune artiste possède une superbe voix. Fragile, torturée, elle emprunte tantôt les inflexions de Chris Isaak, parfois à Thom Yorke. En fait, il utilise sa voix comme un instrument. Et c’est elle qui guide l’expression sonore. Ce qui donne une coloration particulière à sa musique qui trempe pourtant dans de l’americana aux arrangements particulièrement luxuriants. Outre son backing band, il bénéficie circonstanciellement, de préposés à la steel guitar plutôt talentueux (Melvin Duffy, Wayne Bridge ou Pete Finney).

Malheureusement, la plupart des compos marinent un peu trop dans la mélancolie. Une mélancolie opiacée, presque maladive qui finit par plomber l’atmosphère de l’œuvre. On épinglera quand même le titre maître du long playing, une superbe plage que Dylan illumine d’accords de sèche en picking, dispensés un peu à la manière de Mark Kozelek (Red House Painters, Sun Kil Moon).

 

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