L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Ry Cooder

Election Special

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Agé de 62 ans, ce Californien affiche déjà une bien longue carrière, derrière lui. Co-fondateur des Risins Sons, en 1964, en compagnie du mythique Taj Mahal, cet adepte du folk/blues était devenu un coopérateur inspiré des Rolling Stones, à la charnière des années 70. Depuis, il a mené une carrière exemplaire ponctuée d’une quinzaine d’albums personnels ainsi qu’opéré une multitude de collaborations, notamment auprès d’Ali Farka Touré, des Chieftains, du Buena Vista Social Club ou plus simplement est apparu auprès de Neil Young ou Eric Clapton, comme invité…

Sa dernière galette, “Pull up some dust and sit down”, est parue en 2011. A cette époque, on le présentait déjà comme un artiste engagé, n’hésitant à afficher un regard critique sur le monde politique. Et aujourd’hui, il a pris pour cible, la prochaine élection présidentielle qui se déroulera aux State, en novembre prochain. Le titre de son elpee, “Election special”, est d’ailleurs significatif. Cooder n’est ni conservateur ni traditionnel. Le parti républicain et son candidat, ce n’est pas sa tasse de thé! Il a déclaré qu’Omney était un home cruel, dangereux ; un rapace capitaliste. Pour concocter ce nouvel opus, Ry s’est replongé dans l’univers de son influence majeure folk : Mr Woodie Guthrie. Cet opus est néanmoins une affaire exclusivement familiale. Cooder signe toutes les compositions. Il se réserve le chant, assure la production et joue de tous les instruments, sauf la batterie et les percussions dévolues à son fils Joachim.

Ry démarre en force par “Mutt Romney blues”. Tout au long de cette ballade roots, il se met dans la peau du chien qui appartient au candidat républicain, désespéré de se voir transporté dans une cage sur le toit de la voiture. Ce grief mordant a fait l’objet d’une vidéo ‘cartoonesque’ ; elle met en scène un canidé qui chante et gratte les cordes. Introduit par une mandoline, “Brother is gone” est une réplique au “Crossroads” de 1936. Pour la circonstance, ce n’est plus le bluesman légendaire qui vend son âme au diable, en échange de la maîtrise de l’instrument, mais deux frères qui vendent la leur pour obtenir la toute puissance. En fait, il évoque ici les frères Koch, héritiers de l’une des plus grandes fortunes industrielles des USA, notoires pour leur comportement très conservateur. Les parties instrumentales sont excellentes. Blues bien rythmé, “The Wann street Part of town” est une autre réflexion –et elle est implacable– sur la part accordée au monde des finances. Et dans le style, les critiques pleuvent. A l’instar de “Guantanamo”. De “Going to Tampa”, plage au cours de laquelle il règle ses compte avec les féministes de droite comme Sarah Palin. De “Kool-Aid”, un superbe blues, traversé par une excellente intervention à la slide. Et enfin “The 90 and the 9”, un titre qui condamne l’action des agents recruteurs de l’armée dans les lycées. Jim Crow en prend aussi pour son grade. Très anciennes, les lois baptisées “John Craw” entretenaient la ségrégation sociale et raciale dans la plus grande démocratie de ce monde! “Cold cold feeling” constitue certainement la plus belle plage du long playing. Un blues lent majestueux  au cours duquel Ry prend publiquement la défense de l’actuel président Obama. Et la présence de la slide est un vrai bonheur. Avant de se retirer, Mr Cooder pousse un dernier cri de colère pour le respect des droits civiques, contre le viol de la Constitution: “Take you hands off it”. Martin Luther King proclamait ‘Do something if you can’ (Trad : ‘Faites quelque chose si vous le pouvez’. C’est chose faite pour Ry Cooder!

 

Various Artists

We are Bxhell

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« We Are  BxHell » est une compile réunissant seize formations issues des scènes punk (Trouble Kidz, The Ratzingers, Speedcorpse, Sport Doen, …), hardcore et noise-rock (Siamese Queens) bruxelloises. Tout ce qui fait un bon boucan donc ! Ces groupes, outre la musique qu’ils pratiquent, ont la particularité d’être passés sur les planches du DNA (café bruxellois notoire pour ses concerts du style). 

Ce recueil est destiné à nous révéler l’existence d’un mouvement musical underground, au sein de la capitale belge. Et puis surtout d’inviter le public branché à s’intéresser à leur musique. L’objectif de cette entreprise est donc plus que louable ! Malheureusement, il faut reconnaître que certains combos ont retenu, pour ce projet collectif, des titres sommairement produits. Ou même pas produits du tout. Si bien que vu le nombre d’ensembles représentés sur cette compilation, on éprouve énormément de difficultés à les distinguer.

“We are Bxhell” est disponible au prix de 5 euros à l’Elektrocution Records Shop ou au Ride All Day. C’est à Bruxelles !

 

Pat Travers

Blues on fire

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Pat Travers est un vétéran du hard rockin 'blues. Depuis 40 longues années, ce Canadien poursuit inexorablement son chemin sur les planches du monde entier. Non seulement il a fidélisé un public, mais au fil des décennies, il est parvenu à le renouveler. Agé de 58 balais, Pat s’est plongé au plus profond des archives du blues, pour concocter ce nouvel opus. Et pour cause, "Blues en Feu" se réfère à des noms mythiques, pour la plupart oubliés ; en l’occurrence, les aventuriers aveugles des années 20 : Blind Willie Johnson, Blind Blake, Blind Lemon Jefferson, Blind Boy Fuller et bien d'autres gloires d'un passé qui remonte à l'avant grande guerre. Travers a mis tout son cœur et toute son âme pour réaliser ce disque. Il se réserve le chant, la guitare, la basse ainsi que la production, et n'a toléré à ses côtés que le claviériste Carl Cleaver et le drummer Sean Shannon.

Particulièrement bien mis en forme, “Black dog” ouvre le long playing. Les cordes sont largement amplifiées, la voix est volontairement grave, dure et agressive. Effet garanti ! Pat est un pro. Il est impressionnant en matière de production. N’empêche, ce bon vieux Blind Blake a dû se réveiller dans sa tombe! Pat sait comment se servir d’un bottleneck. Et sa technique a de quoi surprendre sur “Nobody’s fault but mine”, un traditionnel signé Blind Willie Johnson, repris par une multitude d’artistes depuis 1927 ! (NDR : Led Zeppelin en a probablement réalisé la cover la plus populaire). Issu du répertoire de Bessie Smith, “Backwater blues” opère cette savante conjugaison entre cordes électriques et acoustiques ; mais la version de ce canon du blues est très contemporaine. Via sa production, Pat cherche constamment à mettre une claque au mélomane. Mais aussi en plaçant l’instrumentation bien en avant et en prenant soin de réserver à sa voix une férocité permanente. Le “Meat shakin’ woman” de Blind Boy Fuller et l’“Easy rider blues” de Blind Lemon Jefferson, véritable coup de bélier enfoncé par l’orgue en sont de belles illustrations. “Nobody knows when you’re down and out” est un autre classique du prewar blues, une compo adaptée en son temps par le chanteur de variétés françaises, Joe Dassin. “Bulldozer blues”, Travers ne pouvait l’éviter. Un titre de circonstance ; et pourtant ce morceau est celui qui avait inspiré le Canned Heat pour composer son “Going up the country”. Chanté à l’époque (1969) par Al Wilson, il était devenu un des hymnes du festival et du film consacrés au festival de Woodstock. L’intensité et la densité des pistes confèrent à cet opus une belle homogénéité. Le “Dark night” de Blind Willie Johnson manifeste un sens évident du drame et de la tragédie. Superbe ! Sur “Jailhouse blues”, la slide vient une dernière fois tout fracasser sur son passage. Moment d’émotion pur la finale, lorsque Travers a recours aux mêmes armes que les bluesmen originels, pour exécuter le “Death letter” de Son House. Ce long playing est une véritable référence dans l’univers du hard rockin’ blues! 

 

Arno

Future Vintage

Arno a presque l’âge de la retraite. Il est d’ailleurs né le 21 mai 1949, à Ostende. Et depuis plus de 30 ans, il intrigue et interpelle. Notamment à cause de son plaidoyer pour la société multiculturelle. Bourgmestre nocturne de Bruxelles et parrain non reconnu de la pop belge, soutenu par son fidèle bras droit, Serge Feys, depuis 1979, il semble pourtant hanté par une éternelle jeunesse. Et ses prestations ‘live’ en sont les plus belles illustrations. Car s’il a publié 5 elpees studio, au cours des 10 dernières années, ce sont ses disques immortalisés en public qui se sont révélés les plus intéressants. Pas que ses derniers essais soient de mauvaise facture, mais parce qu’ils soufflent à la fois le chaud et le froid.

N’empêche, on identifie immédiatement une chanson d’Arno. Contagieuse, rafraîchissante, dynamique, croustillante, intimiste ou humble, elle est reconnaissable entre mille. A cause de sa voix. Défraîchie, profonde et qui sent le vécu. 

« Future Vintage » fait suite à « Brusseld », paru en 2010. Une œuvre sur laquelle il chante tour à tour en anglais, en français ou dans un dialecte ‘brusselostendais’. Arno en est revenu à son rock à la TC Matic sur « Show of life », « Die en lie » et « I don’t believe ». Enfin, du rock teinté de blues et de funk. Qui groove si vous préférez. Les rythmes sont percutants, puissants et excitants. Arno nous réserve même un énième remix de son classique, « Olalala ». Ce qui ne l’empêche pas de se replonger dans le vaudeville, à l’instar de « Quand les bonbons parlent », « Chanson d’amour » et « Dis ça à ma femme ».

Peasant

Shady Retreat

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Damien DeRose, alias Peasant, creuse un sillon semblable à celui tracé par feu Elliott Smith voire Conor Oberst. Et sa carrière, il l’a entamée en 2003, alors qu’il venait seulement de fêter ses 18 ans.

Paru en 2010, « Shady Retreat » constitue son troisième opus. Damien nous y propose un folk empreint de délicatesse, au cours duquel il nous relate de brèves comptines, dépassant rarement les 3 minutes. Des blessures éprouvées par son âme, qu’il épanche de sa voix douce et la soutient par l’instrumentation acoustique. Si l’œuvre ne manque pas charme, les compos souffrent cruellement d’un sens mélodique qu’on pourrait qualifier d’inoffensif. On est loin du travail d’orfèvre opéré par notre Texan maudit préféré. « Bound For Glory », son nouvel essai, vient de paraître…

 

La Goutte

Drôle de monde

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Il y a quatre ans, dans le cadre de la fête de la musique à Lille, une bande de copains (ils sont six et font de la musique juste pour s’amuser) décide de se produire ensemble sous le patronyme de La Goutte.

Coup d’essai, coup dans le mille ! Accueil au-delà de leur espérance, ils vendent même leur premier CD aux 300 personnes présentes ce soir-là au prix… que chacun voudra bien donner… Ce premier ouvrage n’a jamais été officiellement distribué.

Quatre années ont passé et les six potes sortent ‘pour de bon’ leur second opus « Drôle de monde ».

Mélange légèrement pop sur fond de folk acoustique, l’inspiration vient des grands de la chanson française, de Brassens à Mano Solo. Perso, c’est plus à Brel ou à Ange que les textes me font penser. Chanter les émotions et les réalités était plus l’apanage de Jacques que de Georges, davantage porté sur d’autres sujets…

 l est vrai cependant que le jeu des cordes se rapproche plus de l’homme à la pipe que du comédien.

Bref, La Goutte nous emmène dans son second projet discographique, mélange de modernité et de réalité urbaine. Articulé autour de Hugo Lagorsse, guitariste-chanteur, le groupe, complété par une contrebassiste, une accordéoniste, un autre guitaristes, un guitariste/trompettiste et un batteur, nous sert un mélange musical un peu indéfinissable.

Tantôt folk, tantôt, pop, les instruments sont là pour souligner et porter ces textes remarquables d’authenticité. Le résultat de cette alchimie nous donne un album ‘populaire’ dans tout ce qu’il a de positif, rien de bien compliqué, amusant et plein d’humanité.

Dans la mouvance des Ogres de Barback ou Debout sur le zinc, La Goutte doit pousser un peu à gauche, un peu à droite afin de se forger un nom et de prendre sa place parmi ces adeptes du genre.

Belle découverte même si le style n’a rien de nouveau.

 

Allah-Las

Allah-Las

Allas-Las nous vient de Los Angeles, en Californie. Son rock/garage, il le puise du côté de la côte ouest américaine de la fin des années 60. Pensez au groupes cultes comme The Seeds, 13th Floor Elevators et Count Five. Un peu comme si le temps s’était arrêté depuis plus de 4 décennies. A la limite, on pourrait les insérer au sein d’une compile ‘Nuggets’ voire ‘Pebbles’. Mais malgré cette coloration rétro, leur musique est vivifiante et rafraîchissante. Légèrement trempée dans le psychédélisme, aussi. Pétillantes, les compos sont soulignées de mélodies délicieuses et stimulées par les guitares chatoyantes voire surf (The Gun Club, The Nomads, The Cramps). 

Avant de devenir une machine à hits, REM baignait dans les mêmes eaux. Rain Parade également, une formation issue du mouvement Paisley Underground qui n’a jamais rencontré qu’un succès d’estime. Allah-Las pratique donc du garage rock, mais sans les dérives ‘fuzzy’. Légères, leurs plages baignent davantage sous le soleil de la Californie. D’ailleurs en écoutant des titres comme « Don’t forget it », « Vis-à-Vis », « Long Journey » et les judicieusement intitulés « Sacred Sands » et « Ela Navega », un surfeur remonterait spontanément sur sa planche…

 

Aube Lalvée

Stars in your scars

Écrit par

Ses chansons, Aube L les a (e)ancrées dans la peau, à l’in(star) de ses bribes de vies tatouées à la surface de son épiderme.

Son chant serpente et s’enroule tout autour du mélomane prêt à lui ouvrir les portes de ses perceptions. L’étranglant dans une douce caresse, relâchant son étreinte charnelle pour mieux se glisser et onduler au gré de ces mots tantôt susurrés, tantôt criés, pleurés ou pouffés, par un organe vocal à la tessiture troublante.

Choisissant l’‘Amour’ comme fil conducteur au milieu des dédales de nos tourments d’humains. Un ‘Amour’ immense, généreux, VRAI. Offert avec tant de simplicité qu’il en devient bouleversant.

Aucune chanson au monde n’aura jamais le pouvoir de guérir les blessures de la vie. Mais combien d’entre elles ont contribué à colmater les brèches dans les cœurs meurtris ?

Il est de ces albums qui aident à traverser les tourments, de ces artistes qui vous prennent par la main et vous emmènent au-delà de la souffrance et vous guident l’espace d’un instant là où la douleur s’estompe jusqu’à se muer en apaisement.

Jeux de miroirs qui reflètent nos vies, pans entiers de nos joies et peines ainsi dévoilés par la grâce de chansons intemporelles. Comme un recueil secret de nos cicatrices enfouies où l’on revient souvent pour se faire du bien. Ne pas oublier que nous ne sommes pas seuls (« We Never Walk Alone »). Combien nous sommes tous fragiles, malgré nos carapaces (« I Promise To Myself »). Et qu’au-delà du voile sombre de toute tristesse, la lueur de l’espoir éclaire les plus sombres ténèbres (« Stars In Your Scars »).

Aube est une artiste magnifique, rare, précieuse, et une personne d’exception.

Libre de toutes contraintes commerciales, sa musique est à l’image de cette fille brillante. Un astre dans nos nuits chagrines.

Et quand bien même tout semble fini, il reste encore la traînée lumineuse d’une étoile filante (morceau caché).

En filigrane, résonnent ces mots : ‘Rien n’est grave’.

 

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