Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Chroniques

Frank Black

Live at Melweg

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Cet enregistrement ‘live’ remonte au 24 mars 2001. Il avait été immortalisé au Melkweg d’Amstedam, dans le cadre de la sortie de l’album « Dog in the sand ». Frank Black & The Catholics est un épisode de la carrière de Charles Thompson, qu’il a vécue entre 1997 et 2003, une aventure concrétisée par la publication de 6 albums. Après la sortie de « Show Me Your Tears », les Pixies vont se reformer. Et en écoutant ce disque, on se rend compte que ce come-back cogite dans la tête de Black ; car si la setlist réunit une majorité de titres issus du répertoire de FB&TC, il épingle également plusieurs morceaux du quatuor mythique bostonien. A l’instar de la plupart de ses concerts accordés sous cette formule, Black est généreux. Il lui arrive de jouer pendant deux heures de suite. Et cet enregistrement en public, dont 17 titres ont été sélectionnés, en est une belle démonstration. Outre l’excellente qualité sonore de cet elpee, on retiendra les interventions fréquentes de Rich Gilbert à la pedal steel, et bien sûr la voix unique de Frank qui propage une frénésie communicative à l’ensemble des compos interprétées lors de ce concert…

 

Band of Horses

Mirage Rock

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Encensé par la critique pour ses deux excellent albums publiés respectivement en 2006 (« Everything All the Time ») et 2007 (« Cease to Begin »), porté aux nues par le public, suite à la sortie de ses deux remarquables singles intitulés « Funeral » et « No One’s Gonna Love You », Band of Horses était devenu une des étoiles montantes. A cette époque, le groupe parvenait à remplir l’AB en quelques heures ; et c’était amplement mérité. Cependant, aujourd’hui, la bande à Ben Bridwell (chanteur et fondateur du groupe) n’est plus que l’ombre d’elle-même. Et le titre de leur quatrième album résume parfaitement le parcours de la formation de Seattle : un ‘mirage rock’ !!! Paru en 2010, le précédent opus affichait déjà de nets signes de faiblesse ; mais le nouvel elpee ne fait malheureusement que confirmer nos sombres pressentiments.

Le timbre de Ben Bridwell rappelait celui de Jim James (My Morning Jacket). Ce n’est plus le cas. De contemplative et agréable, la musique de Band of Horses est devenue mollassonne. Les accents country/folk sont plus prononcés. Les lyrics frisent le puéril. « Heartbreak on the 101 », une complainte sans consistance, en est certainement le meilleur exemple. La production est hyper-léchée. Bref tout ce qui faisait le charme du combo étasunien a disparu. Enfin, presque. Il leur reste quand même le sens mélodique.

N’empêche, lorsqu’on réécoute leurs premiers disques, on a le droit d’être déçu. Et si le combo ne parvient pas à redresser la barre, il risque fort de sombrer dans l’oubli…

 

Teenage Bottlerocket

Freak out!

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Originaire de Laramie, dans le Wyoming, Teenage Bottlerocket est le prototype même du groupe punk. Autrement dit, une formation dont l’originalité n’est pas le principal objectif, mais bien l’efficacité. Onze années déjà que le band étasunien roule sa bosse. Une période au cours de laquelle, il a publié cinq albums, dont le dernier en date s’intitule « Freak Out ! ». Les cinq elpees affichent le même artwork ; c’est-à-dire une tête de mort tapissée sur une toile de fond dont la couleur est chaque fois différente. Une constante visuelle mais également musicale qui est complètement assumée par le combo.

Dynamisé par une section rythmique rapide et découpé dans des riffs de guitares affûtés, le punk de Teenage Bottlerocket évoque instantanément un groupe mythique comme NOFX, en compagnie duquel il a d’ailleurs tourné. Les quatorze morceaux de « Freak Out ! » débordent d’énergie et leurs mélodies font mouche à tous les coups. Une seule écoute suffit pour vous filer un bon coup de fouet.

 

Big Deal

Lights Out (a)

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La musique de Big Deal ressemble assurément à un charmant mix entre la sensualité froide de The XX (« Pi ») et l’animalité suave de The Kills (« Distant Neighbourhood »)… Ce jeune duo américano-anglais, réunissant Alice Costelloe (18 ans) et Kacey Underwoord (29 ans), livrait en septembre dernier « Lights Out », une première œuvre inspirée, minimaliste et enivrante, née de l’alternance entre leurs deux voix limpidement spectrales et douces, juste accompagnées de guitares parfois électriques parfois acoustiques. Petits moyens pour de grands effets ! Essayez les imparables « Chair » et « Talk »… On signe donc des deux mains pour ce « Big Deal » romantique à souhait, en étant persuadé de faire une affaire en or !

 

Flying Lotus

Until the quiet comes

Quand on évoque la musique électronique atypique, on ne peut faire abstraction de Flying Lotus. Steven Ellison, alias Flying Lotus, aka FlyLo, est étasunien. Prénommée Alice, sa grand-tante était pianiste de jazz, mais surtout l’épouse de John Coltrane. Producteur de hip hop et Dj, c’est surtout un fameux bidouilleur en matière d’électronique. Une électro qu’il n’hésite pas à fusionner au classique, au hip hop, au dubstep, au jazz (of course !) et à la dance. On compare d’ailleurs volontiers ses expérimentations underground à celles d’Aphex Twin, de Squarpusher, de Venetian Snares voire de Mouse On Mars. Ce qui est un fameux compliment.

Cinématique, le nouvel elpee ressemble à un trip visionnaire opéré au sein d’un univers angoissant, une bande sonore pour film imaginaire à laquelle ont participé de multiples invités. Aux vocaux. Des featurings tels que Thom Yorke, Niki Randa, Erykah Badu, Thundercat ou Laura Darlington qui se fondent dans l’ensemble. En se contentant uniquement d’alléger le climat, sans jamais le marquer de leur empreinte.  

Un 4ème opus plus accessible, extrêmement bien produit, mais qui manque parfois d’audace. On devrait y voir plus clair lors de la sortie du prochain long playing…

 

Joanne Shaw Taylor

Almost always never

Écrit par

Joanne Shaw Taylor est une jeune Anglaise âgée de 23 ans. Elle chante et joue de la guitare. Son univers ? Le blues. A 16 printemps, Dave Stewart, alors leader des Eurythmics est impressionné par son talent et l’intègre dans son groupe. Elle est également actrice. Et a notamment figuré dans “Deep blues”, un film tourné au Mississippi, en compagnie de légendes vivantes comme RL Burnside et Jessie Mae Hemphill. Lorsqu’elle est signée par Ruf, le label allemand l’invite à se rendre à Memphis pour mettre en boîte son premier opus, “White sugar”, un disque qui bénéficie alors de la production du redoutable Jim Gaines et, de collaborateurs notoires, en l’occurrence Steve Potts et Dave Smith, des anciens musiciens de Luther Allison. Ce disque paraît en 2009. Et l’année suivante, elle grave un second elpee, intitulé “Diamonds in the dirt”.

Pour concocter “Almost always never” Miss Taylor s’est rendue au Texas, à Austin très exactement, une œuvre qu’elle a enregistrée sous la houlette de Mike McCarthy, dont la carte de visite mentionne la mise en forme d’albums de Spoon et Patty Griffin. Pour la circonstance, elle a reçu le concours du claviériste David Garza (ex-Blues Traveler), du bassiste Billy White et du drummer J.J. Johnson. Enfin, elle signe la quasi-totalité de son répertoire.

"Soul station" ouvre le long playing. De la pure dynamite ! Très nerveuse, cette compo permet déjà à Joanne Shaw de s’autoriser des sorties audacieuses, recherchées, sur ses six cordes et puis de libérer ses cordes vocales. Elle passe ainsi du soupir aux larmes pour exploser enfin dans la joie et la jouissance. Sa voix est terriblement expressive tout au long de la ballade mélancolique "Beautifully broken". Son solo de gratte est superbe, simple mais diablement efficace. Les interventions d’orgue sont discrètes mais tout aussi judicieuses. Semi-acoustique, "You should stay, I should go" est une petite perle dont le potentiel commercial est indéniable. Ballade ‘hendrixienne’, "Peace of the sky" nous réserve un solo majestueux en dérapage parfaitement contrôlé. Signée Frankie Miller, "Jealousy" s’ouvre comme une ballade fragile dessinant une jolie mélodie. Mais finement ciselées, les cordes sont rapidement rejointes par l’orgue, avant de monter en puissance. Une puissance parfaitement maîtrisée qui permet à Joanne de susurrer sa jalousie et même de consentir un sanglot. Une même douceur baigne le titre maître. Les notes dispensées par Miss Taylor sont créatives, mais également sensuelles. "Tied & bound" est une compo vibrante. Ce blues rock se met au service de la voix qui oscille constamment entre tendresse discrète et colère contenue. Une situation propice à l’éclosion d’un solo déjanté enrichi par les interventions d’orgue de David. Et l'envol final est tellement dense qu’il finit par embrasser les clichés du heavy rock. Rockin' blues nerveux, "Standing in love" sert de prétexte à une exploration instrumentale réminiscente des 70’s ; et pour cause, suivant l’inspiration, les plages sont généreusement allongées. Imprimé sur un tempo funky et couvert d’accents jazzyfiants déversés par le piano électrique, "Maybe tomorrow" est hanté par des tas de bruitages insolites. La guitare se dédouble et s’autorise une aventure proche de la jam improvisée. Le long playing s’achève par "Love myself to loving you", une plage qui rivalise de charme et de tendresse. Probablement l’œuvre la plus personnelle de Joanne Shaw Taylor

 

Arno Satamaria

1362

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Non non, Arno Santamaria ne nous vient pas de l’autre versant du Mont Blanc, même s’il est vrai que son identité pourrait laisser penser le contraire. Arno est bel et bien français pur jus. Né en 1978, dans le Val d’Oise, c’est à 34 ans qu’il nous propose sa première œuvre majeure.

« 1362 », c’est quoi ? Une date ? Non vous n’y êtes pas… C’est un petit merci aux 1362 personnes qui ont financé la production de son album via le site en vogue du moment ‘My Major Company’ (Grégoire, Joyce Jonathan, Irma, …) Faut dire que le gaillard a quasiment dû affronter le parcours du combattant pour y arriver !

Après quelques années de galère, il entre enfin en possession de la somme nécessaire pour entrer en studio et, sous la houlette de Vic Emerson (Bashung) ou encore Thomas Bloch (Radiohead, Gorillaz), il met en boîte les 12 chansons de ce premier long playing. Nous somme alors en février 2011.

A l’écoute de ce premier ouvrage, on ne peut que rester admiratif. Tout y est, beaux mots, belle voix, partitions et arrangements remarquables. Arno a du talent, c’est une évidence.

Sincère, authentique, émouvant, Arno joue sur la corde sensible, transmet bien dans ses textes ce qu’il vit, voit, ressent. Il parle de lui et c’est un concentré d’émotions qu’il nous dévoile. C’est Léo Ferré qui est à l’origine de son amour des beaux textes. Pas étonnant, dès lors, qu’il développe une même force dans ses mots, est toujours à la recherche de la bonne formule. A l’image d’un Bertrand Cantat (qui aurait pu être l’auteur de quelques titres) et par son tout petit côté violent, ses paroles nous bousculent, nous accrochent et font mouche. Du grand art !

Le tout sur des musiques riches, envoûtantes qui créent une atmosphère sublime, une intensité pleine de charme, de fraîcheur. Arno est visiblement amoureux des guitares car, à l’instar d’un Neil Young, toutes ses compos en sont magnifiquement imprégnées.

Un album sublime pour un magicien des mots et des maux. Quand l'émotion se décline en musique et en chansons, il en résulte un album riche porté à bout de voix et de cœur par un Arno Santamaria troublant de sincérité, d'authenticité et de charisme.

Attention, talent !

 

Noa Moon

River (Ep)

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« I’m on my Way to Paradise », ce titre vous dit quelque chose ? Mais oui, bien sûr…

Euh, c’est Katty Perry, non ? Non ! Alors c’est Adèle ? Non plus ? Ah oui, j’suis con, c’est Birdy bien évidemment ! Ben non, encore raté !

Vous n’y êtes pas du tout. Faut pas chercher si loin, voyons. Restons chez nous, dans notre joli petit pays où tant de talents naissent les uns après les autres. Cette fois, c’est au tour de Noa Moon de prendre place sous les feux des projecteurs. Mais je comprends tout à fait votre (vos) méprise(s). Cette jeune chanteuse-guitariste, bruxelloise bon teint, âgée tout juste de 21 printemps, complètement inconnue au bataillon, débarque un Ep de 5 titres alléchants, sous le bras. Mais comment peut-on se contenter de cinq morceaux quand on a tant de talent ?

« Paradise » a cassé la baraque tout l’été et est suivi de quatre autres compos qui, immédiatement, nous bousculent, nous obsèdent, nous rendent déjà amoureux de la petite Manon (c’est son vrai prénom). « River » est magique de simplicité et délicieux comme un bonbon, un peu acide à l’extérieur et sucré à l’intérieur. « One more Night » ressuscite une Suzanne Vega morte et enterrée depuis des lustres. Quant à « Magic » c’est carrément sous les traits d’une star de la britpop qu’elle déroule son refrain endiablé à souhait. Avant de redonner à « Paradise » une couche ‘radiophonique’ dans une version nettement plus commerciale et non moins intéressante, Noa Moon termine son mini elpee par « It’s OK » ballade folk toute en douceur, démontrant que l’orchestration et l’interprétation acoustique ne font pas peur à notre jeunette.

Un Ep à découvrir absolument et c’est avec une impatience non dissimulée qu’on attend la suite…   

 

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