La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Jon Spencer
Chroniques

MxPx

Plans within Plans

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Au cours de cette année, nous sommes véritablement bombardés de livraisons attribuées à des vétérans de la scène punk. Après avoir succombé au gros son californien d’Offspring, assisté au retour des ex-peroxydés de Blink 182 et avant de farcir la trilogie mégalo annoncée par Green Day, le punk à roulettes des moins notoires MxPx est venu se glisser. En fait, pour fêter dignement leurs 20 ans de carrière ininterrompue, la formation a décidé de publier un 9ème opus

Mike Herrera, Yuri Ruley et Andy Husted ont fréquenté la même ‘high school’ de Bremerton, dans leur état de Washington, et ne se sont plus quittés depuis… Bien que proche de la scène ‘Christian’ (NDR : en gravant « Punk Rawk Christmas », en 2009, le combo s’est quand même quelque peu trahi), leur skate-punk binaire et ensoleillé est surtout influencé par des groupes tels que NOFX (« Access Up », « Lucky Guy ») voire The Descendents (« Screw Loos »). On pourrait aussi y ajouter Lagwagon, No Use for a Name et Pennywise. A cause de leurs riffs à la limite du métal, des doubles pédales et des chœurs presque pop et hyper mélodiques. « Plans Within Plans » recèle en effet quelques excellentes plages bien caractéristiques (« The Times », « Nothing Left »)… mais également d’autres plus qu’anecdotiques. Moins racoleur qu’Offspring et probablement plus intègre que Blink 182, MxPx vient peut-être de signer un des meilleurs albums de skate-punk de l’année ! Les aficionados du genre vont savourer…

MxPx se produira dans le cadre du Kloemprock Festival (Bunsbeek), le 11 octobre, et au Ieper Festival (Ypres), le 11 novembre.

 

Mickey Moonlight

Mickey Moonlight & The Time Axis Manipulation Corporation

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Lorsqu’on est chroniqueur musical, on doit généralement s’attendre à voir atterrir sur son bureau des disques de tous les styles. Même dans l’univers de l’électro. Parfois des perles rares, plus régulièrement des disques plutôt sympathiques, et malencontreusement aussi des essais loupés.

A côté de ces catégories évidentes, apparaît, de temps à autre, un OVNI musical. Un artiste ou groupe sorti de nulle part et qui ne ressemble à aucun autre : Mickey Moonlight appartient à cette espèce. Avant de publier ce premier album, il avait déjà gravé deux Eps, « Interplanetary Music » et « Love Pattern ». Le nouvel opus est partagé en 16 plages, quand même. C’est dire s’il avait besoin de s’exprimer.

Ce disque illustre parfaitement l’univers musical unique et particulier de ce musicien ; un univers qu’il qualifie lui-même de ‘science-fiction teintée d’exotisme’. Et si les termes sont discutables, une chose est sûre, sa musique se différencie clairement de ce qui se produit généralement en électro. Ici, point de ligne de basse puissante ou de mélodie poussée par un synthétiseur survitaminé. L’expression sonore baigne plutôt dans une forme d’électro/pop tropicale, où les sons analogiques et numériques sont traversés de rythmes tribaux et basiques. Un peu comme dans la world. L'artiste impose donc son style déjanté et étrange, mais plutôt fascinant, avouons-le d'emblée.

Parmi les plages qui m’ont le plus fait flasher, j’épinglerai « We'll meet again » et « Come on Humans ! », à la fois complètement frappées et diaboliquement envoûtantes. Surtout à cause de la mélodie et du chant. Evidemment, si ce ‘bazar organisé’ ne manque pas de charme, je me demande quand même si sur la longueur, il ne pourrait pas provoquer une overdose.

Pour l’instant, en tout cas, en marchant exactement sur un fil qui sépare le foutoir et le génie, ce Britannique force le respect. Il doit juste faire attention à ne pas glisser…

 

Johnny Mastro

Luke's dream

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Les Mama’s Boys sont issus de Long Beach. Il y a déjà une bonne vingtaine d’années qu’ils écument les routes, à travers le monde. Si celles du sud de la Californie du Sud n’ont plus de secret pour eux, ils se sont également déjà produits à 22 reprises, outre-Atlantique. A ses débuts, la formation squattait littéralement un des meilleurs clubs de blues de L.A, le ‘Babe's and Ricky's Inn’, dont la propriétaire n’était autre que la regrettée légende locale, Mama Laura Gross. Depuis leur formation, ils sont drivés par le chanteur/harmoniciste Johnny Mastro. Il est épaulé par son fidèle guitariste, Smokehouse Brown. Le reste du backing group est cependant identique que lors de la confection du dernier opus, "Beautiful chaos", paru en 2011. Et leur musique est demeurée directe, primaire, rugueuse, âpre et puissante.

Surprise, le titre d’ouverture est acoustique. Il s’agit, en outre, du titre maître. Une plage qui rend hommage à un grand bluesman issu de Los Angeles, emporté par une overdose en novembre 2008, Robert Lucas. Il vivait le blues. Il avait le blues. Il chantait d’une voix caverneuse, très expressive. Au cours des dernières années de sa vie, il avait milité chez Canned Heat. Johnny chante superbement ce rêve de Luke. Il est épaulé par Brown à la gratte et le percussionniste local, Max Bangwell. Toujours en ‘unplugged’, le même trio est reconduit pour le percutant "Mr J.J's man", un boogie/country/blues, et l'excellente reprise du "Roller Coaster" de Bo Diddley. Des bruitages accablants forment la trame rythmique de "Thunder roll", une plage qui baigne au sein d’un climat de transe d'où se libèrent la slide largement amplifiée et l'harmonica du leader. Ce dernier poursuit même son chemin sans demander son reste flirtant au besoin avec les notes aiguës. Peter Atanassof a collaboré aux sessions d’enregistrement de ce disque. Il y joue de la guitare et injecte dans l’expression sonore de nombreux bruitages. Pas vraiment notoire, ce musicien avait quand même autrefois transité par le Paul Butterfield Band. "Knee high" est un boogie primaire, dur, tortueux, sans concession, bref à la sauce Mastro. On y remarque la participation du ‘sixcordiste’ déjanté Kirk Fletcher. De quoi nous rappeler que les Boys sont proches du boogie band le plus célèbre au monde, Canned Heat ; et bien sûr du regretté Henry Vestine. "Junker's blues" est une compo issue de la plume du pianiste boxeur new orléanais, Champion Jack Dupree. Ce blues est imprimé sur un mid tempo. La rythmique est lourde. Les douze accords sont plaqués. Les interventions à l’harmo sont claires et concises et s’évadent une nouvelle fois. En perpétuel dérapage contrôlé, la slide de Brown est saturée d'écho! Mastro semble toujours au bord de l'agonie lorsqu'il chante au cœur de rythmes hypnotiques. La douleur semble intense tout au long de "Hurt". Jimmy Goodall cogne durement sur ses peaux à l'arrière, alors que Scott Abayta, le patron de Ripcat, apporte sa collaboration à la guitare. La musique est âpre, mais elle passe bien la rampe. Le message du metal blues tient la distance. Après une intro qui prend sa source dans le Delta, "Tonight we ride" vire au Chicago blues. Une plage de bonne facture accommodée à la sauce des Boys. A la slide, Fletcher pousse le riff familier d'Elmore James, renforçant ainsi l'édifice. "The light" est un blues rock sauvage. Le mélomane est pris à la gorge. L'étau se resserre. D’autant que les terriblement efficaces "Francine" et "My rocket" embraient dans le même style. "Temperature" achève l’elpee. Une longue finale qui synthétise toutes les aptitudes de la bande à Mastro. Cette piste avait également été écrite par Little Walter. Un nouveau traitement lui est réservé. La pression est maximale. Atanasoff parsème la piste de bruitages décapants, nous plongeant au sein d’une transe psychédélique. Impressionnant !

 

Hot Sugar

Moon Money

Écrit par

Hot Sugar, alias Nick Koenig à la ville, est un créateur de musique new-yorkais au sens propre du terme, puisqu’il pratique la méthode dite de ‘la musique associative’. Comment ? En collant des sonorités de la vie quotidienne pour les transformer en musique.

Cet original n’hésite ainsi pas à amplifier le rythme cardiaque d’un rat ou le souffle d’un vieillard de 86 ans, pour alimenter son projet. Une expérience insolite dont le résultat ne peut que surprendre. Même un Béotien ne pourrait que partager ce point de vue.

Le résultat est reproduit sur ce « Moon Money ». Un elpee découpé en 9 morceaux. Et dont la pochette est illustrée par une belle et grande tarentule.

Après plusieurs écoutes, je dois avouer que le bilan est mitigé. L’univers sonore est singulier. Ou bizarre si vous préférez. Mais aussi ténébreux voire glauque. Peut-être mélancolique. Les mélodies sont balisées par des accès de basse lourds et des bruitages amplifiés et étranges.

Le mix est particulier ; et perso, je ne suis pas parvenu à accrocher. Ces expérimentations pourraient naître d’un esprit sous acide. Un trip psychédélique (?!?!?) qui au final se révèle indigeste et pénible à supporter.

Si l’idée de base est à la fois amusante et intéressante, le produit fini n’est, par contre, pas à la hauteur des attentes. Un peu comme si l’artiste avait perdu trop vite le fil de ses idées et avait omis d’en revenir aux fondements de l’électro : une bonne mélodie parsemée de césures, de l’énergie à revendre, et une ligne de chant claire pour parachever le travail. « Moon Money » en est totalement sevré.

 

Grapes

Some Kind of Happiness

Écrit par

Little Bob ne sera bientôt plus seul à donner de la voix au sein des quais brumeux du Havre ! Le célèbre rocker français a peut-être un héritier naturel. Son nom ? Grapes. Pour enregistrer son premier elpee, le groupe a bénéficié du concours de l’ex-Supergrass, Mick Quinn. Aux chœurs et aux claviers. Dans ces conditions, on imagine bien que leur musique est fortement influencée par la musique pratiquée outre-Manche.

« Some Kind of Hapiness » s’ouvre par « So fine », un single imparable dont le refrain est digne des plus grands hits du défunt trio issu d’Oxford. Et même de The Auteurs voire du Blur originel ! Encore que l’opus révèle toute une palette d’ambiances différentes. Leur performance est d’ailleurs plus qu’honorable lorsqu’ils ralentissent le tempo. A l’instar de l’élégant « Alarm Cock », du plus instrumenté « Who Cares to Waste ? » ou encore du presque folk « Beautiful » ; même s’ils excellent moins dans ce registre. Comme le signale le titre de cet essai inaugural, une certaine forme de bonheur se dégage de cette première œuvre. En espérant qu’elle soit davantage que chargée de promesses…

 

The Blasters

Fun on Saturday night

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The Blasters incarne probablement le band ‘americana’ par excellence! Le groupe existe depuis 33 ans déjà ; et depuis ses débuts, il propose un savoureux cocktail de rockabilly, rhythm & blues, country, tex-mex et blues! Issu de Downey, le combo s’est installé à Los Angeles, en 1980. A la barre, deux frères : Phil et Dave Alvin. Ils sont alors épaulés par le bassiste John Bazz, le drummer Bill Bateman et le pianiste Gene Taylor.

Le premier cd est simplement et judicieusement sous-titré ‘American Music’. Ce qui correspond parfaitement au style des Blasters. Dave avait quitté le navire en 1986, pour embrasser une carrière personnelle ; mais il est toujours resté très lié à son frère et donc aux Blasters. Aujourd’hui, le band est drivé par le chanteur/guitariste/pianiste/harmoniciste Phil Alvin ; il est entouré par sa fidèle section rythmique réunissant Bill Bateman et John Bazz, Keith Wyatt se chargeant de la seconde gratte. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à L.A., dans le studio Pacifica, sous la houlette de Phil et de Scott Abeyta, patron de ce nouveau et intéressant label, Rip Cat.

L'ouverture est royale. Elle est digne des meilleurs Blasters. Du west coast jump chargé de swing. Il s’agit du "Well Oh well" de Tiny Bradshaw. Wyatt ne tient pas en place à la ‘six cordes’. Ses arpèges sont gouailleurs. De la pure dynamite ! Le "Jackson" de Johnny Cash offre une autre facette du groupe. Evidemment country, jamais très éloigné des ambiances festives rencontrées à la frontière mexicaine. Phil et Miss Exene Cervenka (NDR : c’est la vocaliste du groupe X) se sont respectivement mis dans la peau de Lee Hazlewood et Nancy Sinatra, pour interpréter cette plage. "Breath of my love" voyage au cœur des années 50. Cette compo nous entraîne du côté de Memphis et tout particulièrement des studios Sun. Phil siège derrière le piano. Soutenu par des chœurs en doowop, il chante à la manière d’Elvis Presley. Il est toujours au micro pour attaquer le titre maître. Sa voix est remarquable. Il affiche un ton aussi confidentiel (?!!?) que celui de Little Richard lorsqu’il hurle son rock'n'roll décapant. "No more nights by myself" baigne dans un climat lourd et mélancolique. La basse acoustique qui ouvre cette plage accentue cette sensation accablante. Le ton est cependant minimaliste et se révèle très proche de feu Sonny Boy Williamson II, cet artiste légendaire dont la voix distinctement chevrotante s’appuyait sur de courtes phrases tirées de son harmonica, qu’il ne quittait guère des lèvres! Retour à la guitare jump pour aborder le célèbre "Love me with a feeling", une compo issue du répertoire de Magic Sam qu’il avait écrite au cœur du Chicago Westside. Toute la vitalité du morceau émane de l'attaque des cordes. Phil emmène alors ses musiciens pour un Chicago shuffle plus vrai que nature : "I don't wantcha". Les trois Blasters éprouvent énormément de plaisir à épauler leur leader dans cette démarche rythmique proche de Jimmy Reed, pendant qu’Alvin peut souffler comme… Little Walter. Place ensuite à une cover du "Please please please" de James Brown. Toutes les voix se mettent au service de cette version particulièrement réussie. Mais les Blasters sont au sommet de leur art, lorsqu’ils pratiquent le jump. Bien huilé, il tourne à plein régime sur le célèbre "Rock my blues away" de Gatemouth Brown. "Penny" est une composition issue de la plume des quatre musicos. Très réussie, elle est imprimée sur un rythme lancinant, hypnotique, réminiscent de Howlin' Wolf. Perso, j’estime que le band devrait, à l’avenir, creuser dans cette veine. Par contre, le futile "The yodeling mountaineer" me botte beaucoup moins. Phil se prend pour un vocaliste tyrolien ioulant à l'infini. De bonne facture, cet elpee s’achève la reprise de "Maria Maria", un morceau signé par Dave Alvin. L’ambiance est franchement tex-mex. Les paroles sont chantées dans la langue de Cervantès. Et Kid Ramos s’y réserve le bajo sexto.

 

The 44s

Americana

Écrit par

The 44’s est l'une des formations de blues les plus actives en Californie du Sud. Elle rayonne d’ailleurs autour de la mégapole de Los Angeles. Le Dvd "Live at Biacci", paru en 2009 et l’elpee "Boogie disease", publié l’an dernier, avaient déjà été chroniqués dans Musiczine. Le line up du groupe est identique.

Imaginez un vieux club de L.A. dont le podium est constitué d’un plancher en bois. S’y produisent The 44’s. Tex Nakamura est au milieu de la scène. Les yeux du souffleur japonais sont dissimulés par de sombres lunettes. Un chapeau est éternellement vissé sur son crâne. Il est posté derrière son micro. Chanteur et guitariste, Johnny Main est couvert de tatouages. Mike Turturro l’est tout autant. Il passe régulièrement de sa basse électrique à une contrebasse plutôt encombrante. Ses accords sont lourds. Enfin, derrière ses fûts, siège J.R Lozano. Tout comme pour le dernier opus, c’est la légende locale, Kid Ramos qui s’est chargé de la production. En outre, il a apporté sa contribution personnelle aux sessions d’enregistrement.

Le signal de départ est à peine donné, que les 44’s se lancent dans un boogie bien huilé. Le riff est emprunté à John Lee Hooker. La machine à rythme soutient les deux solistes. Déjà épaulé par Ramos à la guitare, Tex dissémine de courtes phrases incendiaires ; mais c’est Johnny qui dirige admirablement la manœuvre. La mise en forme est impeccable. Imprimé sur un tempo hypnotique, accentué par le saxophone de Ron Dziubla, "Lady luck" est sculpté dans un funk contagieux. Ce morceau qui invite à la danse me rappelle la quintessence du Creedence Clearwater Revival, et en particulier la reprise du classique "Suzie Q". La sortie parcimonieuse aux cordes de John et de Kid est superbe. "Cocaïne" campe un shuffle. Les cordes impriment un rythme cher à Jimmy Reed. Tex souffle dans les aigus et le chant de Main est une nouvelle fois impeccable. Rockabilly blues, "Dixie" évolue sur un tempo très soutenu. Blues incantatoire, "She's poison" évoque les meilleurs moments des Red Devils. La mémoire de Tex est bien hantée par le fantôme de Lester Butler. Et Main démontre qu’il a accompli d’énormes progrès sur son instrument. Le son des 44’s est authentique. Il est vrai que tous les musicos se servent d’instruments ‘vintage’! Remarquable, "Pleading my case" nous plonge au cœur du Chicago Southside. Kid Ramos a saisi son bottleneck et lance le riff de slide d'Elmore James. John vocalise énergiquement. Tex souffle à la manière de Junior Wells voire de Louis Myers. Johnny chante, sanglote même "Mr Operator", le blues lent de circonstance, un titre à l’instrumentation minimaliste. Le sax de Dziubla et la guitare lumineuse de Ramos alimentent "You'll be mine", un R&B imprimé sur un tempo enlevé. Main s’est manifestement amélioré aux vocaux. Il a acquis une telle expérience qu’il se révèle redoutable sur le country blues électrique "You'll be mine", une piste au cours de laquelle il se réserve également la partie de slide. Elle est même ravageuse. Et il remet impeccablement le couvert sur "Slip slidin' thang", pendant que notre Japonais, disciple de Magic Dick, signe sa meilleure sortie. "99 to life" est un authentique exercice de style acoustique. Dernier shuffle, "Mr Highway man" replace tous les acteurs sous les projecteurs. Et pour cette compo, ils ont une pêche pas possible. Des cuivres brûlants irradient "Hold on". "Americana" constitue le meilleurs elpee commis par les 44’s depuis "So Cal"! Et à coup sûr l'un des musts en blues, pour l’année 2012. 

 

1=0

Forteresse (Ep)

Écrit par

A l’origine, 1=0 se limitait à un duo. Et il faut le reconnaître, les Inrocks avait déjà eu le nez creux en repérant le potentiel du projet. Au fil du temps, la paire s’est muée en quatuor. Remplaçant notamment la boîte à rythmes par une batterie. De quoi apporter, on l’imagine, davantage de puissance à leur musique.

Cet Ep est limité à 12 minutes. Un laps de temps au cours duquel, le combo n’a pas voulu perdre de temps. 1=0 y propose un rock minimaliste et abrasif évoquant tour à Fugazi et Shellac. Entre les moments d’accalmie, les riffs de guitares sont saccadés, explosifs, rapides ou hypnotiques. Les changements de tempo sont parfaitement maîtrisés. Faut dire que les interventions à la batterie sont impeccables et judicieusement dispensés. Seul petit hic : la voix du chanteur. Pas le choix de la langue de Molière. Là n’est pas le problème. D’ailleurs, les textes récités sont suffisamment abstraits pour que l’on puisse s’en détacher. Même si inévitablement, ils suscitent la réflexion.

Hormis cette réserve, l’Ep de cette formation hexagonale est irréprochable. Même la production. Faudra voir maintenant, vu ce handicap, si un long playing tiendrait la route…

 

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