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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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The Cure
Chroniques

Hugh Laurie

Let them talk

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James Hugh Calum Laurie est surtout connu du grand public comme acteur. Depuis 2004, il incarne Dr House, dans la série télévisée du même nom. Né à Oxford, cet Anglais est aujourd’hui âgé de 52 ans. Ce touche-à-tout assez génial a un emploi du temps plutôt chargé. Jugez plutôt : il est acteur, bien sûr, mais aussi réalisateur, producteur, auteur et musicien. Il a signé un contrat chez Warner en 2010 pour lequel il vient de publier un album de classiques du blues et du jazz, fortement teintés par la musique de la Nouvelle Orléans. Hugh est capable d’écrire ses propres chansons ; mais il souhaitait rendre hommage à un style qu’il affectionne tout particulièrement. En résulte un elpee au cours duquel il reprend une majorité de standards des années 20 et 30. Soutenu par le label major, il a pu mettre les petits plats dans les grands. Il a ainsi reçu le concours de Joe Henry, à la mise en forme. Ce chanteur/compositeur américain est un producteur expérimenté et notoire. Il a ainsi notamment bossé pour Mose Allison, Allen Toussaint, Solomon Burke, Loudon Wainwright et Susan Tedeschi. En outre, Joe a invité d’excellents musiciens pour participer aux sessions d’enregistrement, sessions qui se sont déroulées au studio Ocean Way, à Hollywood. Hugh chante, joue du piano et de la guitare.

L'ouverture est superbe. Hugh nous propose sa lecture personnelle du célèbre "St James infirmary", une compo traduite en succès, par Louis Armstrong, en 1928. Sa longue introduction au piano est totalement bouleversante, et la suite est tout aussi réussie. Le toubib possède bien le feeling du blues! Sa voix de fausset me fait penser à celle de Dr John ; mais elle s’intègre bien à l’ensemble. Les musiciens commencent à swinguer avant que les cuivres, orchestrés par Allen Toussaint, ne fassent leur apparition. Compo allègre, "You don't know my mind" est traitée à la manière d’un jug band. A cause de la mandoline de Kevin Breit, des percus et des chœurs féminins qui soutiennent le lead vocal. La reprise du "Six cold feet" de Leroy Carr est impeccable. Une intensité dramatique envahit le chant. Un accordéon enrichit le décor sonore, pendant que Levon Henry, à peine âgé de 18 ans, épate la galerie au saxophone ténor. Dr John, en personne, débarque de sa ville new orléanaise pour chanter avec passion mais douceur "After you're gone", un succès signé Bessie Smith en 1928. Laurie au piano et Robby Marshall à la clarinette y entretiennent un climat très cabaret. Hugh adopte alors le style boogie et martyrise ses ivoires tout au long de "Swanee river", une plage caractérisée par des interventions de violon qui ne manquent pas de charme. Irma Thomas est déterminé pour chanter "Joe Henry", un traditionnel du folk blues abordé suivant l'arrangement imaginé par Memphis Slim. Moment d’émotion intense lors de la cover du "Tipitina" de Professor Longhair, une plage qui symbolise bien le climat de la grande ville louisianaise. Vous n’avez jamais entendu Tom Jones chanter le blues ? Il s’y colle tout au long de "Baby, please make a change", une chanson au cours de laquelle il est épaulé par l’excellente voix d'Irma Thomas. L’elpee recèle encore deux reprises de Jelly Roll Morton, un artiste majeur qui a marqué de son empreinte la naissance les premiers pas du jazz ; mais également quelques bon vieux blues signés Arthur Phelps, J B Lenoir et un certain Robert Johnson. Le long playing s’achève par "Let them talk", une tendre ballade idéalement taillée pour la voix de Hugh Laurie. Si cette œuvre semble émaner d’une autre époque, elle se révèle d’excellente facture. Elle reflète, en outre, le profond respect que manifeste cet artiste pour cette musique…

 

Fink

Perfect Darkness

Écrit par

La noirceur et l’ombre n’ont jamais été aussi attirants que bercés par les mélodies suaves de Fink. Fin Greenall, de son vrai nom, nous embarque dans un monde empli d’émotions. Dont le sentiment principal est la peur, quelque peu empreinte de nostalgie. Et en quelques minutes, il nous décompose cette crainte dans tous ses états. Commençant par son côté obscur (« Perfect Darkness », également titre maître de l’elpee), le chemin aboutit à un lever de soleil sur Berlin (« Berlin Sunrise »), nous rappelant que même les sensations douloureuses ont des aspects appréciables. On traverse les ténèbres pour atteindre la lumière. Et cette route que construit l’ancien DJ (je sais, c’est à peine croyable), peu d’artistes sont capables ne fût-ce que de l’imaginer. De plus, on est à mille lieues de chansons et de mélodies dépressives, ce qui est souvent le péché mignon des artistes touchant à des sphères négatives. Et le chemin parcouru est entièrement homogène. Pas une seule bosse, pas un seul trou ne vient se dresser tel un piège. Mention toute particulière quand même à « Wheels » ; même si, je le répète, les dix pistes sont extrêmement homogènes. La magie de ce morceau est difficilement explicable. Il allie une certaine oppression et une promesse de grande liberté. Et il n’use d’aucun artifice. Mais il n’est pas ici question de vous dévoiler toutes les surprises de cette grande œuvre, même si on pourrait en parler pendant des heures sans jamais s’en lasser. Comme on peut l’écouter en boucle sans jamais avoir envie d’y mettre fin. « Perfect Darkness » est, pour les amateurs du genre, un incontournable. Il ne s’écoute pas, il se vit.

Alexander Tucker

Dorwytch

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« Dorwytch » est avant tout le fruit d’un savant mélange de musique d’antan et d’outils modernes. La recette pour le déguster à la meilleure sauce est simple : allongez-vous, la pochette du CD ouverte sur le ventre (le dessin représente un ciel bleu troué de deux nuages blancs) et laissez-vous porter par les mélodies. Un incroyable voyage vous attend. Vous y traverserez toute une série d’époques et de lieux. De ceux qui ne vous avez peut-être même jamais effleuré l’esprit. La voix d’Alexander Tucker vous sert de guide. Elle flotte tranquillement à la surface des notes que laissent s’évaporer nonchalamment les instruments. Son timbre vous emmène sur des parcours que vous n’aviez encore jamais explorés. Des surprises vous guettent le long des premières plages de sentier. Mais lorsqu’on voit la fin de la route, ces ébahissements s’estompent. Et là, le périple devient quelque peu monotone. Il manque de salivation à l’idée d’explorer encore. Les notes, tout à l’heure à l’état de vapeur, se transforment en une pluie qui vient assombrir la fin d’une radieuse expédition. Mais on broie rapidement ce nuage noir. On le réduit à une contrariété insignifiante au milieu d’une escapade éclatante. Et là, on se souvient finalement que « Dorwytch » est un voyage qu’il faut tenter.

 

Francis Rossi

Live at St-Luke's London

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Pendant plus de quarante ans, Francis a vécu l'aventure de Status Quo, avec beaucoup de succès, il faut le souligner. Au cours des sixties, le Quo avait entamé sa carrière en publiant de petites plages psyché/pop, baptisées nuggets, dont l’aspect commercial était indéniable. Suffit de penser à "Pictures of Matchstick men", gravé en 1966! Fin de cette même décade, le combo change de formule et emprunte un style davantage orienté vers un cocktail de boogie, de blues et de pop. Et il faut reconnaître que depuis, le band n’a guère changé de fusil d’épaule. Faut dire que ce créneau va leur permettre d’arpenter les plus grandes scènes, à travers le monde.

Si Status Quo est toujours bien vivant en 2011 et continue à tourner, Francis s’offre de temps à autre une petite récréation en solo. Il a ainsi enregistré un opus ‘live’, au sein de l'église St-Luc à Londres, face à un public acquis à sa cause. Et il s’agit déjà de son septième essai en solitaire. Pour la circonstance, il s’est entouré à la fois de musiciens confirmés et de jeunes pousses, dont son fils Nicholas et Freddie Edwards, préposés aux six cordes. Paul Hirsh se réserve les claviers, également la guitare et l’harmonica, Leon Cave les drums et Gary Twigg la basse ; sans oublier la participation de quelques choristes. Ce concert épingle 18 plages, dont 17 sont issues de la plume de Francis ; encore qu’il cosigne la majeure partie du répertoire, en compagnie de son vieux partenaire des jours glorieux, Bob Young.

Rossi avait concocté un elpee studio, l’an dernier. Intitulé "One step at a time", il a servi de socle à la setlist de ce long playing. Comme chez le Quo, Rossi ouvre les hostilités par le tube "Caroline", un hit paru, à l'origine, en 1973. Il est ici traité à la manière d'un boogie shuffle. Moins linéaire et primaire que la version originale, mais plus accrocheur, il est caractérisé par des échanges de gratte entre les trois solistes. Ballade rock mélodique, dont le refrain évoque les Eagles, "Claudie" est une compo qui ne manque pas de charme. "All we really wanna do" est sculpté dans le pur Status Quo! Offensif, "You'll come round" est un rockin' blues de bonne facture soutenu par des chœurs féminins. L’elpee recèle quelques pistes un peu plus légères. Néanmoins, on épinglera encore "My little heartbreaker", "Electric arena", traversé de belles envolées de cordes, le blues enlevé "Diggin' Burt Baccharach" et un "Twenty wild horses" aux accents celtiques. Et le set de s’achever par un ancien hit du Quo, datant de 1991, "Can't give you more".

 

Bruno Rocha

Self shot soul

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A première écoute, cet album plutôt stylé permet à Bruno Rocha, chanteur originaire du Portugal, de présenter une certaine assurance en affichant un coté rebelle qui se lie à merveille au titre de son album, « Self shot soul ». Quant aux premières notes de l’opus introduites par  « Love Queen », très vite on se laisse emporter par ses sonorités rock.

D’ailleurs, en fermant les yeux on pourrait presque s’imaginer en moto sur une route américaine.

Malheureusement, cette impression est éphémère… Le style musical de Bruno Rocha s’essouffle rapidement. On sent que son inspiration ne vient pas de son ressenti profond mais plutôt d’un effet de mode. L’album « Self shot soul » donne l’impression d’être né dans un but commercial. Des refrains répétitifs et dont les mélodies se mémorisent très rapidement, comme « There will always be another time » et « Who’s gonna lead ? » ou encore « That’s all right ». Ce qui donne l’impression d’écouter une seule et même chanson alors que plusieurs pistes sont passées.

Heureusement, quelques titres plus intéressants sortent du lot comme « Never too long » ou encore « Two white angels ».

Un premier essai plutôt décevant. Néanmoins, si Bruno Rocha explore davantage son style et ses idées, il pourrait très vite dévoiler son potentiel et finir même par impressionner !

O!Jerome

Le disque est un manuscrit

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En prenant le risque de choisir pour son album, un titre aussi redondant, Jérôme Orsoni (NDR : il n’en est pas à son coup d’essai, puisque son précédent opus s’intitulait –tout aussi énigmatiquement– « Pourtant nous avons avec soin, cueilli quelques croquis pour votre album vorace », une œuvre dont on retrouve ici quatre titres) expose son travail aux serres et aux griffes acérées du merle moqueur.

Mais au-delà de tout concept intello, reste la musique.

Cartes postales des jours qui passent et ne se ressemblent pas, chaque morceau de ce recueil offre une vision poétique du monde vu depuis un balcon qui surplombe l’amer (…)

Trames rythmiques et mélodies bouclées, sons ambiants et sonorités ‘ambient’, multi-effets et guitares triturées construisent le paysage O!nirique de ce voyage initiatique.

Entre Tortoise et Mogwai (le mélancolique « The Last Time I Saw August »), déroutant et déstabilisant, à mille lieux des sentiers battus et rabattus, ce disque se découvre lentement, comme on prend le temps d'admirer un ciel chargé d'orage.

Ne tournez pas la page trop vite !

Kid Loco

Confessions of a Belladonna Eater

Écrit par

« Confessions of a Belladonna Eater » n’est pas le coup d’essai de Kid Loco, alias Jean-Yves Prieur. « A Grand Love Story » avait, en 1998, marqué le début du succès du musicien et producteur français. D’autres expériences ont suivi : la bande originale du film « The Graffiti Artist » et l’exercice de DJ, entres autres. Mais il n’a plus raflé tous les suffrages, comme à la fin des années 1990.

Pour les amateurs du genre, cet album pourrait bien être une aubaine. Car si on peut émettre quelques réticences à l’égard du clip de « The Morning After », au cours duquel une fille ‘zombifiée’ dévore à pleines dents, un homme, jusqu’aux organes ou même vis-à-vis des paroles de chansons qui loin d’être de grande qualité n’abordent guère de sujets hautement philosophiques (en même temps, serait-ce encore du vrai Kid Loco si tel était le cas ?) « Confessions of a Belladonna Eater » a le mérite de surprendre, de plonger l’auditeur dans le monde psychédélique de son auteur. Et ce dernier sait comment tenir son public en haleine. La preuve en est donnée par le titre maître, « Ballad for A Bella Donna ». La composition musicale de ce morceau est tout simplement un coup de maître. L’accordéon, qui en est l’atout majeur, y est transcendant. La chanson y figure deux fois : la première, en introduction, bercée par une voix féminine ; la seconde, au beau milieu du défilé des titres, quelque peu psalmodiée, par le producteur lui-même. Un reflet sincère de cet album, en fait, marqué par l’intelligence musicale plus que par le talent pur. Mais une compo diablement efficace.

Jeniferever

Silesia

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Jenifererver est un quatuor suédois qui roule sa bosse depuis déjà quelques années. “Silesia” constitue d’ailleurs le troisième né de leur discographie. Peu connu, ce groupe est pourtant doté d’un grand potentiel !

La qualité musicale de cet opus est exceptionnelle. Le morceau qui ouvre l’elpee nous met immédiatement l’eau à la bouche. C’est aussi le titre éponyme. “Silesia” nous invite ainsi à voyager entre nostalgie et romantisme, mais sans excès. Le grand mérite de cette formation, c’est de faire jaillir des mélodies de la new-wave ou du bon rock. Mais c’est cette mélancolie douce qui apporte le relief aux chansons ; et “ Drink to remember” en est certainement la plus belle illustration. Au sein de l’univers Jeniferever, on transite d’une émotion à une autre, de piste en piste. On y vit également chaque moment de la chanson. Alternant passages chantés et instrumentaux, “ Hearth”, morceau qui achève l’opus, est une conclusion parfaite. Une synthèse, en quelque sorte, de leur expression sonore. Savoureux !

 

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