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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

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Suede 12-03-26
Chroniques

Arab Strap

As days get dark

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Séparé en 2006, Arab Strap s’est donc reformé en 2016 et nous propose son septième elpee, « As days get dark ». Arab Strap, c’est avant tout Aidan Moffat et Malcolm Middleton. Le premier se charge des vocaux et de la boîte à rythmes, le second du reste de l’instrumentation (synthés, guitare, basse, piano, etc.).

Lors de leur séparation, les deux artistes ont développé des projets personnels. Et à cette époque, ils n’imaginaient certainement pas reprendre l’aventure ensemble. Bien leur en a pris, car cet opus est tout bonnement remarquable.

D’une durée d’un peu moins de 50’, ce long playing est découpé en onze plages. Aidan y chante ou déclame d’un baryton profond, incantatoire, à la manière d’un Michael Gira (Swans) voire d’un Matt Berninger (The National), lorsqu’il n’adopte pas des inflexions moyenâgeuses (« The turning of our bones »), des textes poétiques qui traitent du sexe et de la mort, du désespoir ou encore de la dérive existentielle, mais également se plongent au cœur des problèmes de la société contemporaine gangrénée par la dépendance à Internet, la xénophobie et le machisme. Des compos qui baignent au sein d’un climat désenchanté, sordide, débauché, mais également tragi-comique.

De délicats arpèges de gratte (semi) acoustiques bercent la plupart des plages. Certaines bénéficient d’arrangements de cordes (« Fable of the urban fox », « I was once a weak man »), mais on y rencontre également des accès de saxophone free jazz (« Kebabylon », « Sleeper », une épopée de 6’, dont les cordes de gratte reproduisent celles de mandolines comme chez And Also The Trees). Et l’électronique se fond parfaitement dans cet ensemble, « Tears on tour » épousant même le profil gothique réminiscent des 80’s. Une atmosphère dark qu’on retrouve sur « Here comes Comus ! », la pièce maîtresse de ce long playing. Menaçant, dramatique mais dansant, cet hymne bénéficie d’un refrain littéralement éclatant. 

Un album très réussi produit par le fidèle Paul Savage et paru sur le label de Mogwai.

Sleaford Mods

Spare Ribs

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Quelques siècles après avoir enfanté le célèbre Robin Hood, Nottingham sort enfin du bois, grâce à un OVNI musical baptisé Sleaford Mods, un duo de vétérans réunissant le charismatique MC Jason Williamson et le placide beatmaker Andrew Fearn.

Naviguant quelque part entre post-punk et hip-hop, sa musique jouit d’une considération rare au sein de l’univers musical contemporain. Et elle est légitime. A cause de son style vindicatif et minimaliste qui ne ressemble, en effet, à aucun autre…

Sur « Spare Ribs », le tandem est égal à lui-même. Inimitable, la signature sonore est sauvegardée. En outre, la verve est intacte et symbolise à merveille l’opinion de la working-class anglaise. Et pour cause, le tandem y vilipende copieusement le libéralisme, les élites, le Brexit ou les stars de pacotille. Il s’érige ainsi en dernier ambassadeur du punk originel. L’esprit de Robin des Bois n’est pas très loin…

Will Butler

Generations

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William Butler, c’est le frangin du leader d’Arcade Fire, Win. Etabli aujourd’hui à Broklyn, ce multi-instrumentiste nous propose son second opus solo, cinq ans après avoir gravé « Policy ». Et tout au long de cette œuvre, il démontre qu’il possède également un talent de songwriter.

La plupart des compos de ce « Generations » navigue dans des eaux sonores proche de celles fréquentées par Arcade Fire. Certains titres auraient d’ailleurs pu figurer au sein du répertoire du band montréalais. A l’instar des dernières compos du combo, Will nous réserve même des pistes plus ‘dance’. Cependant, si en général les compos font la part belle aux claviers (« Hard Times », « Hide it Away »), elles embrassent surtout un profil pop/rock (« Close My Eyes ») voire punk (« Bethlehem »), à travers des morceaux énergiques et vindicatifs, mais aux mélodies efficaces.

Quant aux textes, sombres, ils trahissent le pessimisme affiché par Will à l’égard de la société contemporaine. En outre, ils reflètent son état d’esprit critique à l’égard de son pays d’adoption. 

Si vous êtes un inconditionnel d’Arcade Fire, cet album devrait vous permettre d’attendre le prochain essai de la formation, qui selon les déclarations de l’artiste, serait en phase d’écriture. Perso, je ne me lasse pas d’écouter ce « Generations » …

The Notwist

Vertigo days

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Changement de line up chez The Notwist, puisque Cico Beck a remplacé Martin Gretschmann. Ce programmateur avait rejoint le groupe en 1997. Et c’est surtout lui qui a entraîné le groupe à se tourner davantage vers l’électronique. Les frères Acher, Markus Acher (guitare, chant) et Michael (basse) ainsi que le drummer Andi Haberl sont toujours bien au poste, mais pour enregistrer son huitième opus, ils ont reçu le concours de toute une volée d’invités.

Et d’abord Juliana Molina pour « Al sur ». La productrice argentine y pose sa voix sur des spasmes tumultueux de percus et quelques bruitages expérimentaux. Saya (Tenniscoats, Spirit Fest), la sienne sur l’intriguant « Ship ». Une compo paradoxalement imprimée sur un tempo motorik, alors qu’elle y glisse délicatement son timbre suave. Un rythme krautrock qui revient ponctuellement à la surface sur cet elpee, à l’instar d’« Exit strategy to myself ». La clarinette d’Angel Bat Dawid se frotte à des sonorités de trompette sur le jazzyfiant « Into the ice age », une piste qui frémit au gré des oscillations de synthés. Le multi-instrumentiste américain Ben LaMar Gay a composé le sombre « Oh sweet fire » et y partage le micro avec Markus. La voix de ce dernier est douce et fragile alors que celle de Ben, se révèle plus conquérante. Langoureux, légèrement teinté de dub et de jazz, ce morceau frôle l’univers trip hop d’un Massive Attack.

Outre les deux interludes instrumentaux, l’opus nous réserve également l’une ou l’autre composition plus romantique voire mélancolique. Dont « Into love / Stars », qui paradoxalement nous plonge quelques secondes dans le carnaval. D’« Into love again », morceau qui clôt cet LP, auquel participe le groupe japonais Zayaendo (au sein duquel on retrouve Saya). Ou encore du superbe « Loose ends », dont la fin de parcours se charge progressivement d’intensité électrique.

Enfin, on épinglera encore un « Night’s too dark » aux arpèges de sèche et surtout à la jolie mélodie.

Les 14 plages de cet LP se fondent les unes dans les autres, et défilent en suivant pour fil rouge, la voix fragile, vaporeuse et tellement sensible de Markus Acher.

En gravant « Vertigo days », le groupe allemand a de nouveau démontré qu’il était encore à la pointe de l’expérimentation dans sa fusion entre rock indé et électronica, tout en ne négligeant jamais l’aspect mélodique de ses compositions.

Votre serviteur n’est pas un grand fan d’électro/pop, mais à partir du moment où elle est créative et accessible, il ne peut que s’incliner…

The War On Drugs

Live Drugs

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Si votre serviteur n’est pas très emballé par les albums immortalisés ‘live’, il reste attentif à la moindre sortie de War on Drugs. Au fil du temps et de l’évolution de sa discographie, la formation portée (à elle seul) par Adam Granduciel s’est imposée comme une référence sur la scène rock. Remplissant les plus grandes salles, War on Drugs est un de ces groupes que l’on espère un jour, découvrir sur les planches…

Les dix plages de cet elpee sont issues de différents concerts accordés lors de ces deux dernières années (plus de 40 disques durs d’enregistrement !) Aux côtés des principaux titres des deux plus récents long playings (« Lost in the Dream » et « A Deeper Understanding ») du band philadelphien, figurent « Buenos Aires Beach » (il était paru sur « Wagonwheel Blues », son premier LP) et « Accidentally like a Martyr », une reprise de Warren Zevron.

A l’écoute de l’album, ce qui frappe d’emblée, c’est la capacité de War on Drugs à recréer sur scène le son si particulier des albums studio ; technique que maîtrise parfaitement, par exemple, Bob Dylan et Dire Straits. La voix et les guitares aériennes sonnent à l’identique, les claviers et les cuivres sont toujours subtilement dosés.

Mais si on retrouve bien la marque de fabrique déposée par War on Drugs, ce dernier parvient à apporter une dimension supplémentaire aux compos à travers des solos de guitare bien sentis (« Thinking of a Place ») et d’efficaces lignes de saxophone (« Eyes to the Wind », un titre au cours duquel la musique monte en intensité grâce son superbe crescendo).   

Après une heure passée à écouter « Live Drugs », l’envie de retourner dans une salle de concert nous démange. En attendant, il faudra se contenter de la formule des albums ‘live’…

Kings of Leon

When you see yourself

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En vingt années de carrière, Kings of Leon aura donc publié 20 albums studio. Et « When you see yourself » constitue son huitième. Si aux débuts, la musique proposée mêlait rock sudiste et blues, au fil du temps, le groupe issu de Nashville va y intégrer garage, post-punk et country. Mais en même temps, le mélomane va de plus en plus souvent avoir l’impression que les compos s’édulcorent en sortant d’un même moule. En outre, la sophistication de la mise en forme –à l’instar de ce nouvel opus, produit par Markus Dravs (Arcade Fire, Coldplay, Florence + the Machine), un disciple de Brian Eno– va également accentuer le phénomène.

Fondamentalement, cet opus n’est pas mauvais ; il est même agréable à écouter. Il recèle d’ailleurs quelques plages intéressantes et bien électriques, comme « The bandit » et sa ligne de basse ténébreuse, presque post punk. Ou encore « Golden restless age », dont les accords de gratte jacassent dans l’esprit d’un XTC. Des sonorités de cordes qui peuvent également devenir chatoyantes lorsqu’elles sont tirées d’une Rickenbacker, à la manière d’un George Harrison. Surprenant quand même, « A wave » surfe sur la vague d’Archive, lorsque le morceau monte en crescendo.

Là où le bât blesse, c’est lorsque la bande aux frères et au cousin Followill s’abandonnent dans des ballades tendres, romantiques, parfois mid tempo, en laissant les cordes gémir, un peu comme à l’époque dorée du hard FM.

Bref, un elpee sans grande surprise, qui devrait inévitablement satisfaire les nombreux fans du band, mais pas vraiment les mélomanes qui ne jurent que par l’indie rock…

CARM

37d03d

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CARM, c’est le projet de CJ Camerieri. Trompettiste et corniste, il est surtout connu pour son rôle de musicien de studio. Il a ainsi et notamment participé aux sessions d’enregistrement d’albums de Paul Simon, Bon Iver et Sufjan Stevens. Et dans le même esprit, il a également cofondé YMusic, un ensemble de musique de chambre qui a déjà décroché quelques prix. A force de collaborations, il s’est forgé un fameux cercle d’amis. Dont certains sont venus l’épauler pour concocter ce « 37d03d ». Et tout d’abord Sufjan Stevens sur « Song of trouble » une plage d’entrée qui donne le ton à cet elpee : il sera généreusement cuivré ! Que ce soit à travers, les orchestrations ou les interventions de Camerieri à la trompette ou au cor d’harmonie. Mais également et circonstanciellement, le concours d’un tromboniste, d’un saxophoniste, d’un second trompettiste et autres préposés aux instruments à vent, 

Justin Vernon (Bon Iver) contribue à deux pistes. Il se charge des synthés tout au long de « Slantwise », un titre qui vire parfois au free jazz. Puis se réserve le micro sur le gracieux « Land », une compo au sein de laquelle on ressent bien le lyrisme emblématique de Vernon.

Georgia Hubley et Ira Kaplan (Yo la Tengo) murmurent tout au long de l’atmosphérique et cotonneux « Already gone ».

Mouse on Mars est préposé aux beats sur l’expérimental « Scarcely out », une plage issue d’un crossover étrange entre acid house, garage UK, breakbeats instrumentaux, free jazz et bruitages de jeux vidéo. Shara Nova (My Brightest Diamond), pose une voix de plus en plus échantillonnée au fil de « Tapp », un morceau truffé de bruitages et de pulsations.

Le producteur et Dj techno Dustin Zahn sculpte « Nowhere » dans la techno minimale, une piste qui s’ouvre à une bande sonore de western spaghetti, mais s’autorise, une nouvelle fois, une envolée dans le free jazz.

Bref, une œuvre originale au cours de laquelle ce sont les cuivres et non les voix qui mènent la barque…

Lambchop

Trip

Écrit par

On ne présente plus Lambchop, une formation réunissant des vétérans, dont le chanteur et leader, Kurt Wagner, possède une voix si particulière…

Depuis Nashville, elle publie, avec une régularité de métronome, des albums de country alternative délicieusement teintés de soul. « Trip » nous invite à voyager à travers quelques-unes de ses influences via 6 reprises bien senties. Depuis Wilco (les 13 minutes de « Reservations »), à Stevie Wonder (« Golden Lady ») en passant par les Supremes (« Love is Here and Now You’re Gone ») et même Yo La Tengo (l’inédit « Weather Blues »). Ce mélange des genres colle parfaitement à ce grand écart quasi-permanent cher à Lambchop accompli entre la soul ancestrale et l’indie americana contemporaine. Un bien beau « Trip » dont les morceaux sont totalement transformés par le son si particulier du groupe texan...

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