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Farfouiller dans la Pure Carrière…

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Stereolab
Kreator - 25/03/2026
Chroniques

Foo Fighters

Medecine at midnight

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Dixième album au compteur pour Foo Fighters, un disque produit par Greg Kurstin (Sia, P!nk, Beyoncé, Paul McCartney, etc.), tout comme le précédent, paru en 2017, « Concrete and Gold ». Et manifestement, la mise en forme est impeccable. Peut-être un peu trop !

Ballade un peu molle du genou, « Chasing birds », compo qui traite de la fuite inexorable du temps qui passe, aurait ainsi pu figurer au répertorie des Wings. On retrouve également des arrangements de cordes sur « Waiting for a war », une ballade acoustique qui se mue, heureusement, progressivement en rock très 90’s. Une compo qui relate les mêmes angoisses rencontrées par Dave Grohl et sa fille, à quarante ans d’intervalle ; celles relatives aux craintes de vivre un nouveau conflit mondial. Enrobé de chœurs, le titre maître nous gratifie d’un solo de guitare gémissant à la Roger Waters. Des chœurs bien plus intéressants, spectraux même, soulignent l’antimilitariste « No son of mine », une compo qui rend probablement hommage à feu Lenny Kilmister (Motörhead) tout en empruntant un riff au « I’m a man » du Spencer Davies Group. Percutante, cette piste libère un fameux groove… digne de Lenny Kravitz. Son fantôme rôde d’ailleurs sur d’autres morceaux. A l’instar du croustillant « Making a fire », une plage parée de chœurs allègres. Ou encore du légèrement funkysant « Cloudspotter ». Rampant, le premier single, « Shame shame », se distingue par l’efficacité de son riff de gratte lors du couplet. Et si « Holding poison » s’autorise des harmonies vocales réminiscentes de Status Quo », avant un envol de cordes en solo, malgré son titre final morbide, l’enlevé « Love dies young » s’intensifie judicieusement au fil du morceau.

Il est quand même loin le temps où la bande à Dave Grohl ravivait les cendres de Nirvana, en nous bombardant de décibels…

Calexico

Seasonal Shift

Écrit par

Cet album est paru dans le cadre de la fête de Noël 2020. Réunissant quelques reprises et surtout des titres originaux, il reflète le sentiment vécu par la famille en fin d’année, pose une de réflexion sur ce qui s’est produit au cours des douze derniers mois et immortalise ce moment à travers une célébration. 

La plupart des morceaux sont discrètement cuivrés et interprétés en anglais ou en espagnol.

Parmi les reprises, figurent deux versions du « My Burrito Sabanero » de Hugo Blanco. Chaloupée, bien latino, la première est chantée par la Guatémaltèque Gaby Moreno, déjà croisée lors des tournées de la formation. La seconde sert de vœux émis par la galaxie Calexico pour les fêtes de fin d’année. Puis le « Happy Xmas (War over) » du couple Lennon/Ono. Et enfin, la troisième, tout à fait dispensable, s’attaque au « Christmas all over again » de Tom Petty.

Outre, Gaby, le duo Burns/Convertino a également invité d’autres vocalistes féminines. A l’instar de la chanteuse de fado, Gisele Joâo, pour le tango aux accents jazzyfiants, « Tanta Tristeza ». Le guitariste touareg Omara ‘Bombino’ Moctar participe aux vocaux (en duo avec John Burns) et à la guitare tout au long de l’excellent « Heart of downtown ». Cumulant trois langues, cette plage même habilement world et cuivres mexicains. Une rencontre de styles très intéressante. A creuser, dans le futur ! Valse, « Hear the bells » est balayée par les interventions d’une pedal steel. Et on n’en oubliera pas l’essentiellement acoustique « Peace of mind » ainsi que le titre maître, une piste élégante, latino, caractérisée par une gratte jouée en picking…

This Is The Kit

Off Off On

Écrit par

Fondé en 2003, This Is The Kit est apparemment une formation appréciée par ses pairs. Ce qui lui a notamment permis de tourner en supporting act de The National, Sharon Van Etten, d’Iron & Wine ou encore Herman Dune. Mais aussi de bénéficier du concours de producteurs émérites. John Parrish (PJ Harvey) sur le premier et quatrième opus. Aaron Dessner, guitariste au sein de The National, lors du quatrième. En retour, Kate Stables avait, de son côté, participé aux sessions d’enregistrement de l’album « I Am Easy to Find » de The National. Et de nouveau, Aaron est venu apporter sa collaboration –au piano– sur « Shin bone soap », une chanson délicate qui traite des thèmes de l’amour et de la solitude. Une compo magnifiée par la voix versatile, très british de Kate, souvent comparée à celle de feu Sandy Denny. D’ailleurs à l’instar du Fairport Convention de l’époque, soit entre 1969 et 1978, This is The Kit pratique une forme de folk/rock. Mais un folk rock bien contemporain, pétillant, plus riche qu’on ne pourrait l’imaginer. Cette ligne de basse discrète mais efficace, le drumming souple ainsi que les incursions judicieuses, mais ponctuelles des claviers (piano, synthés) y contribuent inévitablement. Mais surtout ces arrangements, parfois de cordes, souvent de cuivres (NDR : vu la présence d’un quatuor dévolu pour ce rôle) laissant parfois le saxophoniste ténor se réserver des interventions jazzyfiantes. Joués en picking, le banjo et la sèche raffinent l’expression sonore. Ainsi que les interventions de gratte électrique, aussi parcimonieuses qu’élégantes. Et en final, toutes ces cordes (acoustiques, semi-acoustiques, électriques) s’enchevêtrent, un morceau de plus de 6’, dont le climat pourrait rappeler The National (« Keep going »), mais en moins rock...

Hormis deux plages lancinantes un peu trop tendres et indolentes au goût de votre serviteur, dans le style, « Off Off On » est un bien bel album.

Et pour que votre info soit complète sachez que c’est Josh Kaufman, le parangon de l’alt folk, qui s’est chargé de la mise en forme.

Girl Friday

Androgynous Mary

Écrit par

Premier long-playing pour Girl Friday, un quatuor féminin issu de Los Angeles. Un opus qui fait suite aux Eps « Tiny hats », paru en 2017 et « Fashion Conman », en 2019.

Oscillant entre post punk et rock indé, la musique de Girl Friday est à la fois mélodieuse et percutante. D’abord il y a ces harmonies vocales tantôt exquises, allègres, glapissantes et susceptibles de se muer en slogans comme chez Mourn (NDR : le tumultueux « Earthquake ») ou encore lugubres et fiévreuses (NDR : l’énigmatique et menaçant « Eaten thing »), cette ligne de basse cold, profonde, et puis cette électricité dispensée par deux grattes aux sonorités tour à tour discordantes, croquantes, cristallines, caustiques, déchirantes ou même filandreuses, capable de libérer une intensité réminiscente du Paisley Underground (« Favorite friend ») ou dans l’esprit d’un House of Love (l’excellent « What we do it for »). Plus surprenant encore, cette voix particulièrement aigüe qui pimente le gothique « Clotting ».   

Enfin, on épinglera encore les textes qui suscitent la réflexion, abordant des sujets comme la lutte entre l’espoir et le désespoir tout épanchant des émotions telles que le chagrin et la mélancolie…   

Un chouette album !

Last Quokka

Unconscious drivers

Écrit par

« Unconscious drivers » constitue le quatrième elpee de cette formation australienne, issue de Perth très exactement, responsable d’un punk/rock sombre aussi féroce que brutal. Une musique destinée à véhiculer des textes sociopolitiques engagés et notamment antifascistes, non dénués d’humour, proférés d’une voix impérieuse, parfois à travers des slogans, par Trent Rojahn…

Découpé en 10 pistes, cet LP alterne titres bien frénétiques et morceaux qui s’ébrouent lentement ou sur un mid tempo, avant de monter dans les tours. Il y a bien des exceptions qui confirment la règle. A l’instar de « Punks in the Palace » qui varie constamment de rythme. Et puis du superbe titre final, « Pictures of the end », aux nuances plus subtiles. Fiévreuse, l’atmosphère est constamment prête à éclater, mais sans jamais y parvenir, créant une tension permanente. Et puis, il y a ce drumming tribal ainsi que ces interventions du violon spectral qui traversent cette piste nourrie à la cold wave et au jazz. Enfin, imprimés sur un tempo métronomique, « Wake up Geoff » et « People » rappellent le fameux 4/4 des Ramones. Une bonne surprise !

Mourn

Self worth

Écrit par

Victor Álvarez Ridao parti, c’est donc Antonio Postius qui le remplace aux drums. Tout au moins pour cet LP. Les trois autres filles sont cependant, toujours au poste. « Self Worth » constitue le quatrième elpee de ce quatuor barcelonais. Toujours aussi sauvages que sur les trois précédents –pour la plupart– les compos baignent dans le post punk et servent de caisse de résonance à des textes qui reflètent notamment l’angoisse, la frustration et la colère, un peu dans l’esprit des groupes féministes du mouvement Riot Grrrl (Sleater-Kinney, Bikini KIll). Cette colère est très palpable dès le morceau qui ouvre le long playing, « This feeling is disgusting ». Tout comme sur l’implacable « Stay there », une piste qui lorgne vers le hardcore de Fugazi. Si on ne tient pas compte des voix, bien sûr. Des harmonies vocales passionnées, mais bien féminines. Elles claquent comme des slogans hip hop sur l’hymne menaçant et féroce « Apathy », une plage qui démontre que Mourn est une véritable machine à riffs. Tout comme sur l’offensif « Worthy mushroom ». Argentines, elles collent parfaitement au plus shoegaze « It’s a frog’s world » (NDR : faut dire que l’une des deux chanteuses emprunte parfois des inflexions à Björk, époque Sugarcubes). Et véhémentes, elles rappellent les Slits sur « I’m in trouble », un punk old school sombre, à la tension permanente.

Dépassant rarement les 3’, les morceaux sont donc bien électriques ; et soutenues, la plupart s’enflamment à la moindre occasion. Ainsi, des cordes de gratte joyeusement discordantes illuminent le presque new wave « Gather, really ». Elles se révèlent carillonnantes lors du morceau final, « The family’s broke », bien stimulées par la ligne de basse mordante et le drumming remarquablement souple. D’ailleurs, il faut le souligner, derrière ces fûts, Antonio a parfaitement pris le relais…

JARV IS…

Beyond the pale

Écrit par

En 2017, Jarvis Cocker avait monté une formation destinée à se produire en public et l’avait baptisée du curieux patronyme JARV IS… Un sextuor qui, au départ, n’avait nullement l’intention d’entrer en studio. C’est Geoff Barrow, membre fondateur de Portishead, qui a incité le groupe à sortir cet elpee. Et finalement, le combo a réutilisé quelques morceaux immortalisés en ‘live’, après avoir retravaillé la matière première, en y ajoutant, notamment, des overdubs.

Première constatation, même si l’instrumentation organique est bien présente (guitare, basse, batterie, violon, harpe, piano, percus, etc.), l’électronique l’est tout autant. Et puis les compos sont longues ; sur les 7 titres, 3 dépassent les 6 minutes.

L’opus s’ouvre par « Save the whale », une plage tapissée de chœurs féminins que murmure Jarvis, à la manière d’un Leonard Cohen. Des chœurs que l’on retrouve sur le dansant « House music all night long » et le final « Children of the echo », une piste dub qui laisse filtrer des élans psychédéliques. Et ces backing vocaux sont carrément emphatiques sur « Am I missing something ? », un morceau dynamisé par des sonorités de marimba, qui met enfin bien en exergue, la voix haut-perchée de Cocker.

Deux compos s’écartent cependant du climat général de cet LP. Tout d’abord, « Swanky modes ». Une ballade mid tempo qui combine basse dubwise et piano jazzyfiant ; et dont les thèmes abordés (la pitié, le désir, le regret, le sexe, la drogue, la célébrité et le vide, notamment) raniment le souvenir de « This is hardcore » de Pulp…

Jon Lindsay

Cities & Schools

Écrit par

Coleader de The Young Sons, Jon Lindsay mène en parallèle une carrière solo depuis 2009. Paru en 2016, « Cities & Schools » constitue le 3ème chapitre de cette échappée en solitaire. Une œuvre gravée dans le bois power-rock (les Fountains of Wayne ne sont jamais loin) parementé d’americana pur jus. Un mélange galvanisant entre les harmonies **** étoiles chères à Weezer et un esprit de l’Amérique profonde institué par Gram Parsons et bien incarné par le Whiskeytown de Ryan Adams, au cours de la seconde moitié des nineties…

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