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Claud et la musique

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Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

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The Cure
Ora Cogan
Chroniques

Beach Youth

Postcard

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En intitulant son premier album « Postcard », Beach Youth a immédiatement rappelé à votre serviteur qu’un label indépendant écossais du même nom, a marqué l’histoire de la musique pop/rock indie. Fondée en 1979, cette écurie avait notamment hébergé The Pastels, The Go-Betweens, Aztec Camera ou encore Orange Juice. Et paradoxalement, hormis le groupe d’Edwyn Collins, toutes les autres formations citées ci-avant sont très susceptibles de servir de références à la musique de cette formation normande (NDR : elle est issue de Caen). On pourrait également y ajouter Felt, groupe qui a vécu à la même époque, même si ce band avait signé chez Cherry Red avant de rejoindre Creation. Mais si on se limite aux combos contemporains, Real Estate voire The Reds, PInks & Purples peuvent aisément servir de repères. Trêve de comparaisons, entrons maintenant dans le vif du sujet.

A travers la texture nerveuse des accords de cordes semi(acoustiques) éclosent des tonalités électriques subtiles, parfaitement ciselées, parfois tintinnabulantes (Chameleons ?) ou encore savoureusement discordantes. Douze plages tout en élégance et délicatesse que chantent Etienne et Simon de leurs timbres veloutés (NDR : la voix d’un des deux vocalistes rappelle parfois celle de Colin Newman). L’opus nous réserve cependant un morceau dépouillé, folk, limité à la sèche et au murmure confidentiel (« Say something »), une piste chargée de swing (« Around me »), une ballade mid tempo ensoleillée (« Back home ») ainsi que l’endiablé « In my chest », une piste dynamisée par deux batteries.

Rafraîchissant !

The Mountain Goats

Getting into Knives

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John Darnielle possède un talent de songwriter indéniable. En outre, il est particulièrement productif. Son Mountain Goats nous propose ainsi son 19ème album studio.

Intitulé « Getting into Knives », il a été enregistré avant le confinement, à Memphis, ville considérée aujourd’hui comme La Mecque de l‘americana. Mais à l’écoute de cet elpee, on est bien loin des débuts lo-fi de la formation. A travers des histoires diablement bien écrites, John exprime ses ambitions personnelles ou encore imagine les chemins qui mènent à la célébrité (« Get Famous »). Bien léchée (saxos et autres mellotrons au programme), l’instrumentation est mise au service de compos folk, pop/rock ou encore bluesy. Néanmoins, si le son est plus ample, il reste cette voix inimitable…

Quoiqu’il en soit, on n’est jamais déçu par la musique de Mountain Goats !

BirdPen

All function One

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« All function one » constitue le sixième opus de Birdpen, un duo britannique réunissant David Penney et Mike Bird, aka Mike Hurcombe. Également impliqué au sein d’Archive, le premier se réserve le chant alors que les deux compères se consacrent à la guitare et aux claviers. 

Baignant au sein d’un climat cinématographique, la musique de Birdpen puise son inspiration aussi bien dans l’électro expérimentale, l’alt, le post que le kraut rock.

Souvent complexes, les 12 pistes d’« All function one » traitent de thèmes bien contemporains, comme la solitude, les fake news, la paranoïa et la dépendance numérique.

L’elpee s’ouvre par « Function ». Paru en single, il monte progressivement en crescendo et déjà Raphaële Germser, invitée pour la circonstance, se distingue au violon alto. « Life in design » aurait pu figurer au répertoire de The Dodos. Mêmes inflexions vocales, sens mélodique analogue et grattage des cordes savoureusement discordant, y compris. Pas le drumming, quand même !

Dansant, « Modern junk » est imprimé sur un beat électro exotique. Mid tempo, « Seat 35 » évolue sur un drumming sinistrement syncopé (Joy Division ?), alors le violon et le chant flottent dans l’atmosphère. Un climat qu’on retrouve sur « Universe ». Effleuré par les accords satinés d’une sèche, le morceau s’évapore dans un Mercury Rev…

Et la voix est toujours aussi éthérée tout au long de « Blackhole », une plage dont les accents psychédéliques semblent produits par une bande passée à l’envers. Ces harmonies vocales atmosphériques alimentent les deux dernières plages de cet LP. Une gratte acoustique en boucle brode « Invisible », un morceau qui bénéficie d’arrangements de cordes. Des violons qui gémissent en fin de parcours, d’« Undone ».

Enfin, meilleur titre de ce long playing, « Flames » frôle l’univers psyché/mélancolique du « Kiss me, Kiss me, Kiss me » du Cure, alors que paradoxalement, la voix emprunte une tonalité métallique.

Ce n’est pas cet album qui va permettre Birdpen d’augmenter son contingent de fans en Grande-Bretagne ; à contrario du continent européen, où le tandem y est particulièrement apprécié. Ce qui ne devrait pas changer…

Kong (UK)

Snake Magnet (reissue)

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« Snake magnet » ne constitue pas un nouvel essai de Kong, mais la réédition d’un album paru en 2009. Une œuvre à ne mettre qu’entre les oreilles d’un public averti. Et pour cause, rien que les références ont de quoi rebuter le mélomane lambda. Parce qu’en extrapolant, on a l’impression d’y retrouver pêle-mêle les riffs de gratte thrash metal de Prong, les stridulations électriques de Gang of Four voire de Primus, les cris hystériques de Mike Patton poussés, à une certaine époque, au sein de Fantômas ou les grognements gutturaux proférés par David Yow chez Jesus Lizard. Sans oublier les signatures rythmiques de Shellac. Le tout secoué par un drumming tour à tour frénétique, spasmodique, ample, torrentueux ou hypnotique.

Le trio mancunien injecte également des synthés dans l’ensemble, mais en général, hormis pour « Good graphics », une plage au cours de laquelle on a l’impression que R2-D2 (NDR : robot mis en scène dans la saga ‘La guerre des étoiles’) a été invité, ce type d’intervention ne devrait pas contrarier les puristes du genre.

Bref, on est ici en présence d’un opus déstructuré, expérimental, brutal, au cours duquel, Kong prend un malin plaisir à jouer sur les contrastes. Le long playing s’achève par une piste de 8’ imprimée sur un même motif rythmique, mais dont les 5 premières montent sporadiquement en crescendo avant le chaos final…

Kelly Lee Owens

Inner Song

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En 2017, Kelly Lee Owens publiait son premier elpee. Un éponyme. Unanimement salué par la critique, ce premier essai avait permis à la Galloise de se forger un nom sur la scène électro. Après avoir écumé les plus grands festivals, collaboré avec Jon Hopkins et St Vincent ou encore réalisé un ‘remix’ du dernier album de Björk, Kelly Lee Owens nous propose son second long playing.

Bien au-delà de son rôle de Dj, Kelly s’inspire d’une large palette de styles musicaux. Sur « On », titre-phare de cet LP, sa musique oscille entre dream-pop et électro destinée aux clubs. Entre plages contemplatives (« Arpeggi », une adaptation d’un titre de Radiohead) et passages hypnotiques (« Jeanette »), la productrice montre qu’elle est également capable de sortir les crocs, à l’instar de l’excellent « Night ». Elle s’offre également le luxe de partager un duo auprès de John Cale (Velvet Underground) tout au long de « Corner of My Sky », un morceau de plus de 8’. Et lorsqu’elle chante, sa voix rappelle souvent celle de Victoria Legrand (Beach House), comme sur « Re-Wild » ou encore « L.I.N.E ».

En gravant « Inner Song », Kelly Lee Owens confirme tout le bien que l’on pensait d’elle. Baignant au sein d’univers sonore sis à la croisée des chemins de la pop et de l’électro, ses compos s’avèrent d’une efficacité redoutable. Un album ambitieux considéré par la presse spécialisée, comme un des meilleurs parus en 2020…

Elle se produira le 8 décembre 2021 au Botanique de Bruxelles.

Mina Tindle

Sister

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Mieux connue sous le pseudonyme Mina Tindle, Pauline de Lassus Saint-Geniès est (vu son nom de famille, il fallait s’en douter !) française. Parisienne très exactement. Après avoir fait ses premiers pas sur les planches, elle s’exile à New-York, le temps de suivre un stage de fin d'études. A Brooklyn, elle découvre la scène locale et commence à se produire en concert. Elle revient ensuite au bercail ; et en 2017 publie son premier single, « The Kingdom » …

Après avoir gravé un premier elpee en 2012 (« Taranta »), un deuxième en 2014 (Parades), elle nous propose son troisième, « Sister ». Un disque paru sur 37d03d, label fondé par Justin Vernon and Aaron & Bryce Dessner, qui héberge notamment Bonny Light Horseman.

Pour enregistrer cet elpee, elle a d’ailleurs reçu le concours de Bryce, un des deux guitaristes de The National, mais également Thomas Bartlett. Sans oublier Sufjan Stevens, pour un duo qu’il échange en sa compagnie pour « Give a Little Love », un titre qu’il signe, par ailleurs.  

Les neuf pistes de ce long playing baignent au sein d’un univers sonore plutôt proche de celui d’une Cat Power. Classieuse, sa pop se couvre tantôt d’accents folk (« Jessa ») ou r’n’b (« Lions »), un style qu’elle alimente de claviers, d’instruments plus classiques et de chœurs. Et bien sûr de sa voix polyvalente qu’elle pose parfaitement sur des textes interprétés en anglais et en français (« Belle Penitence »). Enfin, superbes, les arrangements amplifient le caractère mélancolique des mélodies.  

Ce troisième essai constitue certainement le plus abouti de sa discographie, et met en exergue son talent incontestable de compositrice…

Inventions

Continuous Portrait

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Derrière le patronyme Inventions se cache un duo réunissant Matthew Robert Cooper, aka Eluvium, et Mark T.Smith, guitariste chez Explosions in the Sky.

Paru sur Temporary Residence, label hébergeant la plupart des pointures de la musique instrumentale (Maserati, Mono, Envy, Mogwai et bien sûr Explosions in the Sky, entre autres), « Continuous Residence » constitue déjà le troisième opus du tandem. Un disque qui s’inscrit dans la droite lignée de ce qu’il propose depuis sa formation, en 2013, soit une fusion subtile des sensibilités musicales manifestées par les deux musicos ; Cooper explorant un univers ambient électronique au sein duquel Mark Smith propage des notes de guitares cristallines et à travers lequel se glissent des bruitages insolites. A l’écoute de cet opus, on ne peut d’ailleurs s’empêcher de penser à l’electronica de Boards of Canada.

Propices à la relaxation, « Continuous Portrait » manque néanmoins d’un certain relief, que Mark T.Smith est pourtant capable de dispenser ; et notamment lors de crescendos dont il est si coutumier au sein d’Explosions in The Sky…  

Guided By Voices

Styles We Paid For

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Encore une livraison de Guided by Voices ! Mais que peut encore apporter de neuf, Robert Pollard, vu sa discographie tellement pléthorique ? « Styles We Paid For » constitue le 32ème album de GBV, sans compter les nombreux elpees solos de Pollard….

Dans le cadre du confinement, GbV a déjà publié trois long playings, en 2020 ! Et suivant une même formule, appliquée depuis un bon bout de temps déjà, les morceaux ont été enregistrés à distance, grâce à l’échange de fichiers par internet.

Mieux produit que d’habitude, les morceaux balancent entre garage, pop (« Electronice Window to Nowhere ») et classic rock (« Mr. Child ») … avec une constante inspiration mélodique. On croirait entendre Eddie Vedder en mode power-rock. Ça sent bon les années 90 et ça revigore… Il est vrai que certaines choses ne changent pas et c’est très bien ainsi…

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