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Winter adults only ?

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Kreator - 25/03/2026
Hooverphonic
Chroniques

Half Japanese

Crazy Hearts

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Le temps n’a pas d’emprise sur Jad Fair et son vaisseau Half Japanese ! Après plus de 40 ans d’existence, la bande préserve son stakhanovisme exemplaire et publie déjà un nouvel opus. Intitulé « Crazy Hearts », il succède au magnifique « Invincible », paru en 2019. Bonne nouvelle : cette nouvelle livraison maintient le niveau d’excellence ! Depuis Ann Arbor (dans le Michigan), le groupe dévoile de charmants morceaux qui abordent toujours de cryptiques histoires de monstres (« Late at Night ») lorsqu’elles ne sont pas nées d’hallucinations collectives. Des compos enregistrées avec une approche naïve et résolument lo-fi. Tout au long de ce 19ème elpee, Half Japanese marche sur les traces de Jonathan Richman. Et une piste comme « Undisputed Champions » en est certainement la plus belle démonstration. Le groupe est cité par les plus grands noms du rock US (Nirvana, R.E.M. Pavement, …) comme une référence majeure, et « Crazy Hearts » constitue une nouvelle preuve flagrante de son incontestable talent !

The Lemonheads

Lovey

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Evan Dando et ses Lemonheads célèbrent les 30 ans de leur 4ème album, « Lovey » Le vénérable NME le présentait comme ‘Husker Dü’ à son plus féroce ou R.E.M. dans son versant hypnotique le plus ‘byrdsien’… difficile de mieux décrire le power-rock assez musclé mais diablement mélodique de ce premier opus publié pour le compte d’une major de la part des Lemonheads. Une pincée de punk countrysant (« Ballarat »), un brin de grunge circa Seattle –nous sommes en 1991– (« (The) Door ») ainsi que des salves folk (la repise du « Brass Buttons » de Gram Parsons) figurent au programme. Cette réédition inclut, en outre, une série de 8 prises inédites immortalisées au Triple J à Sidney, en 1991, dont une reprise de Big Star, figure tutélaire du groupe.

Laurent Voulzy

Florilège

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Comme bon nombre d’artistes, Voulzy s’est prêté à la rhétorique du ‘best of’ afin de conclure une année 2020 chargée d’une actualité aussi riche qu’intense, mais qui restera à jamais ancrée dans les esprits tant pour ses désastres économiques que sociaux.

La sphère culturelle en général et celle de la musique en particulier n’ont pas échappé à ces ravages.

Alors que les ventes de disques s’étaient déjà distinguées par une diminution conséquente au profit des majors du streaming ; bon gré, mal gré, le sieur Laurent est parvenu à braver ces courants austères pour le plus grand bonheur des mélomanes…

Figure majeure du paysage musical français, l’artiste s’est ainsi offert le luxe d’une rétrospective d’une trentaine de chansons tirées des neuf albums parus depuis 1979. Faut dire que son dernier opus, « Saisons », remonte quand même à 2003 !

Si le grand-public s’y retrouvera en écoutant les inéluctables « Belle-Ile-en-Mer Marie-Galante », « Le Cœur grenadine », « Rockollection » ou encore « Le Pouvoir des fleurs », le véritable aficionado se réjouira de la présence de titres moins connus du grand public, et que l’auteur-compositeur-interprète affectionne tout particulièrement, comme « Marie Quant », « Bungalow vide », « Flirt » ou encore « Amélie Colbert ».

Bien qu’audacieuse, cette sélection offre de jolis contrastes et des ambiances variées, souvent chaudement sucrées, tout en conservant une structure cohérente propice à l’apaisement….

Un opus qui permet d’avoir une vue d’ensemble d’un répertoire où foisonnent des compositions parfois drôles, intéressantes ou iconoclastes à l’instar de « Les nuits sans Kim Wilde ».

Grâce à ses accords ouatés et sa voix veloutée, Voulzy est parvenu, parfois aidé de son comparse de toujours Alain Souchon, à souffler un vent de fraîcheur sur la chanson française tout en conservant un format populaire mais jamais populacier…

Histoire de marquer le coup, il a glissé sous le sapin un nouveau titre baptisé « Loreley, Loreley ».

La légende de Loreley raconte l’histoire d’une nymphe perchée sur un rocher, qui attirait les navigateurs du Rhin jusqu'à leur perdition par ses chants, comme les sirènes de la mythologie grecque ancienne.

En espérant que le timbre de voix de Laurent ne produise jamais le même effet….

Josephine Foster

No Harm Done

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Si c’est le Colorado qui l’a vu naître, Joséphine Foster est aujourd’hui établie à Nashville. Et non seulement ce berceau de la musique country se prête particulièrement bien à sa musique, mais il l’inspire. Et après plus de vingt années de carrière et plus d’une dizaine d’albums au compteur, la songwritrice semble toujours aussi motivée à plonger dans l’âme américaine et à mettre en valeur le terroir musical du Sud des Etats-Unis.

Soutenue par Matthew Schneider, Josephine Foster propose huit excellents morceaux qui puisent essentiellement leurs racines dans le blues et le folk. On s’imagine écouter cette musique sur le porche d’une maison face aux bayous de la Louisiane. En s’accompagnant simplement au piano ou armée d’une guitare et parfois d’un banjo voire d’une pedal steel, l’Américaine à la voix fluette dessine de belles ballades qui se dévoilent au fil des écoutes.

« No Harm Done » donne envie de parcourir les Etats du Sud du pays de l’Oncle Sam afin d’assister aux concerts de bluegrass dans de vieux troquets, tout en savourant un excellent poulet cajun…

Madame Monsieur

Tandem

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Madame Monsieur, binôme sexué, s’est fait connaître auprès du grand public lors du Concours Eurovision de la chanson en 2018. Il y défendait l’étendard tricolore d’Outre Quiévrain en interprétant le titre fédérateur « Mercy ». Une chanson inspirée de l’histoire vraie d’une enfant née un an plus tôt sur l’Aquarius, un navire qui porte secours aux migrants.

Derrière ce patronyme, on retrouve Emilie Satt et Jean-Karl Lucas. Ils se sont rencontrés en 2008. Une rencontre fructueuse, puisque le succès est immédiatement au rendez-vous. « Human Bear » devient l’hymne qui vantera les mérites de la Ford Mondeo. Et dans la foulée, la demoiselle pose sa voix sur différents spots publicitaires (Materne, Balisto, etc.)

« Tandem », projet sorti de l’imagination fertile de la paire, a bénéficié du concours de la bagatelle de 26 collaborations ; des artistes et groupes aux univers diamétralement différents, parmi lesquels figurent Kyo, Oxmo Puccino, Claudio Capéo et Lili Poe.

Ces coopérations nées au feeling reflètent une volonté de nous plonger au sein d’un univers clairement étiqueté ‘Monsieur Madame’ tout en laissant la créativité musicale des différents acteurs s’exprimer. Avec en filigrane, bien évidemment, ce désir commun de coucher sur papier une ode à la perfection.

Bon gré, mal gré, ce projet à l’origine saugrenu s’est globalement traduit en succès, l’album nous réservant de belles chansons radiophoniques aux mélodies très pop. Quant aux thématiques, elles sont sans doute nombreuses, mais collent parfaitement à la philosophie de ses auteurs et de ses interprètes. A l’instar de « Sa beauté » (sauvegarde de la planète), « Paparazzo » (les paparazzis) ou encore de « On m’a dit » (le harcèlement).

On reprochera peut-être cette œuvre d’être un peu trop longue (NDR : près d’une heure trente d’écoute, quand même). Ce qui, inévitablement, entraîne des moments plus faibles. A ce sujet, on épinglera une prestation peu convaincante de Bandido, mais surtout le concours pas vraiment judicieux de Black M.

Mais qu’importe, puisque l’objectif final est atteint. Et pour cause, ce projet est né pour défendre une cause unique : apporter de la joie et la bonne humeur.

Bref, un « Tandem » qui a le vent en poupe !

The Bats

Foothills

Écrit par

Malgré une longue pause observée entre 1995 et 2005, The Bats affiche le même line up depuis 1982. Soit le bassiste Paul Kean, le batteur Malcolm Grant, la guitariste Kaye Woodward et le chanteur/guitariste Robert Scott. Ce dernier a, outre sa carrière solo, milité chez The Magick Heads, Electric Blood, Gina Rocco & the Rockettes ainsi que Greg Franco & The Wandering Bear, mais il est toujours impliqué dans l’aventure de The Clean, en compagnie des frères Kilgour, cependant comme bassiste, autre formation néo-zélandaise qui appartient à ce que les médias ont baptisé de ‘Dunedin sound’, un mouvement qui a marqué de son empreinte la scène indie, de 1980 à 1995. Des formations comme Pavement, R.E.M. et Mudhoney le reconnaissent même comme une de leurs influences majeures.

Rafraîchissante, caractérisée par ses mélodies limpides, ses harmonies vocales soignées, la ligne de basse raffinée, ses cordes de gratte carillonnantes, chatoyantes, tintinnabulantes et sa rythmique enlevée, la musique de ce quatuor kiwi mêlait astucieusement pop, psychédélisme, folk et post punk, un peu dans l’esprit des Feelies, à leurs débuts. Et près de 40 ans plus tard, la recette n’a guère changé, même si elle est un peu plus mélancolique et un peu moins turbulente. Quoique ! « Foothills » constitue le dixième elpee de The Bats, un disque qui a été enregistré dans une maison de campagne, près de la chaîne de montagne des Alpes du Sud, en Nouvelle-Zélande. 

La plupart des 12 plages de « Foothills » sont tramées sur la conjugaison entre cordes électriques et acoustiques ou semi-acoustiques. Parfois jouées en picking. Ponctuellement, un clavier vient s’immiscer discrètement dans l’ensemble. Du glockenspiel s’invite même sur « Changes all ». Et à l’écoute du propulsif, énergique et enjoué « Warwick » on ne peut s’empêcher de penser à Rolling Blackouts Coastal Fever, digne héritier de ce fameux ‘Dunedin sound’… Superbe !

The Reds Pinks & Purples

You might be happy someday

Écrit par

Issu de San Francisco, Glenn Donaldson a déjà multiplié les projets (Skygreen Leopards, Jewelled Antler, FWY ! et la liste est loin d’être exhaustive). Son dernier, il l’a baptisé The Reds Pinks & Purple ; et cette formation nous propose son deuxième album, un disque qui fait suite à « Anxiety art », paru en 2019. A première écoute, on en déduit que ce combo aurait pu figurer au sein de l’écurie Sarah Records. Issu de Bristol, ce label arty a sévi de 1987 à 1995 et a notamment hébergé des groupes comme sur The Orchids, Field Mice et Sweetest Ache. C’est d’ailleurs d’abord à ces bands que l’on pense en écoutant la musique de The Reds Pinks & Purples. Elle sonne plutôt britannique. Douces-amères, mélancoliques ou ensoleillées, suivant les morceaux, elle s’appuie sur d’élégantes mélodies tissées par des cordes de guitare chatoyantes, tintinnabulantes voire cristallines (Lotus Eaters ?), alors que les inflexions vocales de Glenn rappellent plutôt celles de Paddy McAloon (Prefab Sprout). Enfin, le titre maître qui clôt cet opus, semble même hanté par The Smiths, les accords de gratte semblant même empruntés à Johnny Marr…

Une excellente surprise !

Deftones

Ohm

Écrit par

Responsable de la production de ses quatre premiers elpees, Terry Date est de retour pour mettre en forme le neuvième opus de Deftones. Intitulé « Ohm » il fait suite à « Gore », paru en 2016.

Bien que fondée en 1988, la formation n’a dû changer de line up qu’à une seule reprise, en 2013. Un cas de force majeure. Victime d’un grave accident de voiture en 2008, Chi Cheng, le bassiste, était tombé dans un coma semi-conscient. Et est décédé 5 ans plus tard. Il avait été remplacé par Sergio Vega, qui militait alors chez Quicksand.

Découpé en 10 plages, « Ohm » joue de nouveau sur les contrastes entre les moments empreints de sérénité entretenus par les claviers éthérés et les envolées métalliques percutantes, impétueuses, grinçantes et tranchantes que s’autorise Stephen Carpenter à la guitare, et dont le rôle de dynamiteur lui correspond bien mieux. Et dans ce contexte, la voix de Chino Moreno, entre murmures et hurlements, épouse parfaitement l’expression sonore. Une voix qui évoque parfois celle de Perry Farrell (Jane's Addiction, Porno for Pyros) mais aussi de Billy Corgan (Smashing Pumpkins). De cet LP très homogène, on épinglera quand même deux pistes. Tout d’abord « This link is dead ». A l’issue de son intro atmosphérico-indus, le morceau libère une intensité électrique digne de Killing Joke. Et puis, en final, l’excellent titre maître. Une plage au cours de laquelle Stephen se sert d’une gratte à 9 cordes. Paru en single, il aurait d’ailleurs pu figurer sur l’album « Siamese Dream » de Smashing Pumpkins.

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