La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

logo_musiczine

Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

The Cure
Ora Cogan
Chroniques

Uriah Heep

Official Bootleg Live At Sweden Rock 2009

Écrit par

S’il existe un groupe qui mérite autant sa place que Deep Purple, Black Sabbath et Led Zeppelin au panthéon des formations anglaises les plus influentes de la scène heavy rock, c’est bien Uriah Heep. Pourtant, ce patronyme est un peu moins connu du grand public que celui des trois groupes précités. Etonnant, lorsqu’on sait que depuis sa formation, en 1969, la formation britannique a tout de même vendu plus de trente millions d’albums. Et puis, aujourd’hui encore, elle constitue une référence pour de nombreux groupes de métal et de rock progressif.

En octobre de l’année dernière, Uriah Heep célébrait ses quarante années d’existence, en réenregistrant quelques uns de ses plus grands classiques pour un album intitulé « Celebration ». Bien que l’idée soit excellente, elle était loin d’être suffisante pour marquer un tel événement. Edel Music semble avoir décidé de remettre les pendules à l’heure et de permettre à Uriah Heep de remercier un peu plus dignement ses fans les plus fidèles pour leurs quatre décennies de support inconditionnel. C’est pourquoi, le prestigieux label allemand éditera, dans le courant de l’année 2010, une série d’albums ‘live’ en édition limitée. Le premier de ces véritables objets de collection s’intitule « Official Bootleg Live At Sweden Rock 2009 ». Comme son nom l’indique, il s’agit ici d’un ‘bootleg’, autrement dit un enregistrement pirate qui, s’il est d’une qualité acceptable, n’a tout de même pas le son d’un album concocté dans de bonnes conditions. A ce titre, il ne sera probablement apprécié à sa juste valeur que par les inconditionnels du groupe. Ceux qui, d’aventure seraient passé à côté du phénomène et auraient soudain envie de découvrir ce groupe culte feraient probablement mieux de se rabattre sur l’un des nombreux enregistrements live officiels du combo comme, par exemple, le génial « Uriah Heep Live » paru en 1973 ou le plus récent « Electrically Driven », en 2001.

Néanmoins, « Official Bootleg Live At Sweden Rock 2009 » n’est pas du tout dénué d’intérêt, puisqu’il démontre combien le band est encore au top de sa forme malgré le poids des années. Mick Box, le guitariste et unique survivant de la formation originale maîtrise toujours son art à la perfection. Ses soli sont fluides et aussi bourrés de feeling qu’à la grande époque du groupe. Le chant de Bernie Show (intégré au groupe depuis 1986) est toujours aussi superbe. Phil Lanzon, quant à lui, continue d’hydrater de somptueuses nappes d’orgue Hammond, la solution sonore, conférant cette aura si particulière à la musique d’Uriah Heep.

Mais « Official Bootleg » n’est pas seulement intéressant à cause de la présence des classiques du groupe, tels que « Gyspsy », « Sunrise », « Look at Yourself » ou « Easy Livin’ » ; il recèle des versions ‘live’ inédites de « Ghost Of The Ocean » et « Angels Walking With You », deux extraits de « Wake The Sleeper », l’excellent dernier elpee studio du groupe.

Présenté sous la forme d’un digipack, « Official Bootleg Live At Sweden Rock 2009 » est un superbe cadeau pour tous les inconditionnels du groupe. Vivement le prochain épisode de la série.

 

Tunng

…And Then We Saw Land

Écrit par

Cette formation anglaise peut se targuer d’être devenue un des ensembles folk les plus originaux de sa génération. Quatre albums déjà que Tunng nous dispense ce type de folk expérimental, mâtiné d’un zeste d’électronica. Depuis les débuts du groupe, l’alchimie entre les deux membres fondateurs Sam Gender et Mike Lindsay fonctionne à merveille. Mais avant de concocter leur second opus, les deux musiciens ont ressenti la nécessité de s’adjoindre de nouveaux collaborateurs. Quatre d’un coup ! Et à temps plein. Néanmoins, jusqu’alors, les deux membres fondateurs continuaient de se réserver l’écriture des morceaux. C’est après le départ de Sam Gender, soit entre la sortie de « Good Arrows » et ce dernier opus, que la dynamique de groupe s’est véritablement mise en place. Et cela se ressent, car l’aspect expérimental développé sur les précédents elpees, est ici beaucoup moins présent. Hormis, l’excellent « By Dusk They Were In The City », les morceaux instrumentaux ont été écartés. Et les samples sont plus rares. Résultat des courses, ce long playing est plus accessible et même contagieux. On rentre même dans « …And Then We Saw Land » comme dans du beurre. Pas que Tunng se soit converti à la pop banale ou superficielle. Loin de là ! Les mélodies (NDR : un des points forts du combo insulaire) sont toujours du même calibre (NDR : pensez aux excellents « Bullets » ou encore à « Jeny Again »). Aucun titre faible. Entre sonorités électroniques et percus, les arpèges se fraient un passage entre les rythmes allègres. Une formule qui a fait ses preuves. La voix de Mike Lindsay est d’une incroyable douceur. Et celle de Becky Jacobs est ici bien plus charismatique. Elle pose même son timbre sur la plupart des morceaux. Et assure les lead vocals sur l’un ou l’autre titre. A l’instar d’« October » ou encore de « These Winds ». Un bien bel album que Tunng viendra défendre ce 21 avril au Botanique ; et à mon humble avis, leur set vaudra le déplacement… 

Nice Nice

Extra Wow

Écrit par

Pas peur les deux savants fous de Nice Nice. En intitulant leur second elpee « Extra Wow » (le premier sous la houlette de Warp), ils avaient plutôt intérêt à délivrer un contenu irréprochable. Originaires de Portland, le duo propose l’un des premiers ovnis de l’année. Totalement inclassable, « Extra Wow » évoque un dîner en tête-à-tête entre King Crimson et Gang Gang Dance, au cours duquel Tyondai Braxton ferait subitement irruption (« On and On », « Everything Falling Apart »), avant de céder sa place à Konono n°1 (!) (« See Waves »), immédiatement après avoir retourné la vaisselle. Mark Shirazi et Jason Buehler, alias Nice Nice, envoient tout ce qu’ils ont dans le ventre et dans la tête, en vrac et avec conviction. Et la formule magique des deux hommes fonctionne à la perfection.

« Extra Wow » est porté par le single « One Hit », qui en impose dès son ouverture, à coups de grosses caisses et de vocalises retentissantes. Des morceaux tels que le drone psyché « Make It Gold », le féerique « New Cascade » ou le vertigineux « A Little Love » résonnent jusqu’aux moindres recoins du cortex cérébral. La force de Nice Nice réside en sa capacité à engendrer des litanies à la fois expérimentales et accessibles, sans arrogance ou intellectualisme saugrenu. « Extra Wow » est un labeur bien plus poussé et harmonieux que « Chrome », lequel manquait cruellement de consistance. En résumé, comme dirait le poète Borat, les deux pouces en l’air : ‘Naaaaïce !’

 

The Mannish Boys

Shake for me

Écrit par

Les Mannish Boys constituent, en quelque sorte, la genèse du label californien Delta Groove. Et pour cause, il a été fondé par Randy Chortkoff, pour lancer la carrière de cette formation. L’écurie, tout comme le groupe, célèbrent donc au même moment leur cinquième anniversaire, ponctuant cet événement par la sortie du cinquième album du band ; un combo qui a été nominé aux Blues Music Awards en 2007, 2008, 2009 et 2010. Excusez du peu! 

Chortkoff est également l'harmoniciste chez les Mannish Boys. Et bien sûr, pour enregistrer ce nouvel opus, le combo a reçu la collaboration de la crème des musiciens blues de Los Angeles, dont le talentueux pianiste Fred Kaplan (Hollywood Blue Flames), qui apporte son concours à la majorité des titres.

L'ouverture est royale. La guitare de Nick Curran ouvre le feu face aux cuivres. Il pète le feu et affiche une classe pas possible ! Mais le son de sa gratte est vraiment pourri. Ce qui n’empêche pas la voix chaleureuse de Finis Tasby de venir se poser délicatement sur cette cover du "Too tired" de Maxwell Davis. Une performance de choix qui se poursuit tout au long du medley "Mona"/"Willie and the Hand jive" (Bo Diddley/Johnny Otis), un morceau imprimé sur le Diddley beat, bien sûr. La section rythmique libère un fameux groove, alors que le chanteur/guitariste maison, Mike Zito, soutenu par Bobby Jones, se charge des parties vocales. "Reconsider baby" est une compo signée Lowell Fulsom. Finis chante ce west coast blues classique, pendant que Goldwasser y apporte ses touches subtiles à la six cordes (NDR : il faut reconnaître que depuis qu’il s’est exilé en Californie, le Français mène une brillante carrière). "Educated ways" est issu de la plume de Chortkoff. Une excellent compo au cours de laquelle il se réserve la slide, mais aussi démontre toute son adresse et sa vivacité au bottleneck, devant les ivoires de Kaplan. "Half ain't been told" campe un duo émouvant entre la voix puissante de Bobby Jones et le piano de l'invité Rob Rio. Figurant au répertoire d'Otis Spann, cette plage rend hommage à l'inoubliable accompagnateur de Muddy Waters. Chanté par Goldwasser, "Number 9 Train" alimente un autre duo. Primaire, primitive même, la slide est talonnée par les percus de Bott qui empruntent le rythme du chemin de fer. "Last night" est un superbe slow écrit par Little Walter, un Chicago blues auquel participent Tasby, Franck et Fletcher aux guitares, et dans le rôle de souffleur, Rod Piazza en personne. Il s’y révèle impeccable ! Le "Hey now" de Ray Charles est interprété à la manière du Genius, par Bobby Jones devant les cuivres et les cordes de Mr Fletcher. La même équipe remet le couvert lors d’une version saignante du "You can't be beat" de Howlin' Wolf. Les arrangements baignent dans le West Coast jump. Le boss se concentre à l’harmo, alors que Kirk et Randy se déchaînent aux cordes. Et la suite ne faiblit jamais. "Black nights" évolue dans un registre proche de BB King. "The bullet" exhale une grande envolée instrumentale. Toute en swing, elle met en exergue des échanges époustouflants entre Fletcher, Nick Curran et le piano boogie woogie de Kaplan. Chortkoff a certainement composé "Those worries", en hommage à George Smith. Empreint d’une grande sensibilité, et caractérisé par la présence de Lynwood Slim sur l'instrument chromatique, ce blues lent est dominé par la voix puissante et graveleuse de Jones. Et on n’est pas au bout de nos (bonnes) surprises. Arthur Adams chante son "Raunchy", un morceau inévitablement funky. Les sonorités de sa guitare sont très spécifiques, un peu comme si l’artiste et l’instrument ne faisait qu’un. Randy en profite pour souffler dans son harmo diatonique. Johnny Dyer n’a pas perdu ses bonnes habitudes. Il assure les vocaux tout au long de "Champagne & reefer", en rendant hommage à son vieux et regretté compagnon Muddy Waters. Mitch Kashmar le soutient à l'harmonica. Bobby Jones interprète encore "You've got bad intentions", à la manière des grands blues shouter. Fletcher s’autorise une nouvelle sortie impériale. Big Pete Vander Pluijm est également de la partie. Et c’est une surprise. Le Batave rend à son tour un hommage. Mais à Lester Butler. Sur "Way down South". La finale. Il chante et souffle énergiquement auprès de Kid Ramos à la guitare et Andy Kaulkin au piano. Un superbe album qui mérite déjà sa place parmi les meilleurs disques de blues, pour l’année 2010…   

 

Kiss The Anus Of A Black Cat

The Nebulous Dreams

Écrit par

J’avoue avoir rarement entendu un nom de groupe aussi original. Pas vraiment séduisant, mais au moins, ce patronyme a le mérite de nous annoncer l’ambiance au sein de laquelle leur musique macère ; soit une atmosphère malsaine, glauque et inhospitalière. En effet, ce patronyme rappelle un ancien rituel célébré par les sorcières pour invoquer le malin. Tout un programme !

Le troisième opus de KTAOaBC est paru chez Conspiracy. Stef Heeren a donc délaissé le label gantois KRAAK, pour se réfugier auprès d’une écurie jouissant d’une plus grande notoriété. Et pour cause au sein de ce label, militent des groupes comme Red Sparowes, Year Of No Light ou encore Nadja.

« The Nebulous Dreams » propose 3 morceaux en à peine 30 minutes. Une œuvre qui nous entraîne au cœur d’un univers trouble, étrange, et surtout rarement exploré par un groupe bien de chez nous. « Between Skylla And Charybdis » ouvre l’elpee. Une plage de 15 minutes au cours de laquelle des bruits stridents envahissent une solution sonore texturée par des violoncelles en couche, des nappes d’orgue et d’autres instruments indistincts. Progressivement un tempo lent, accablant s’impose. A l’issue d’un crescendo de 8 minutes, on se retrouve aux portes des ténèbres. C’est alors que Stef Heeren pose son timbre grave, tel un prédicateur. Il met alors un terme à cet office dark folk. Une intervention que n’aurait pas reniée David Eugene Edwards (Woven Hand) ou encore Nick Cave. Place au drone ensuite. Un drone hypnotique, sordide, gothique, écrasant, hanté de chœurs macabres, qui enveloppe « Dypthich » de mystère. Il faut attendre le dernier morceau de ce mini-elpee pour s’extraire quelque peu de cet univers tourmenté. Pas au point de faire la fête, néanmoins. Un peu moins glauque, « Miserere » conjugue accords de guitare acoustique et chœurs mystiques. De quoi ramener un peu de sérénité, au moment d’achever ce « Nebulous Dreams »…

La musique de Kiss The Anus Of a Black Cat évolue à la croisée des chemins de Sunn O))), Woven Hand et Nick Cave. Mais si elle est particulièrement sombre, elle est aussi très belle. Pas très accessible au mélomane lambda, je l’avoue. Stef Heeren a plus que probablement un don pour provoquer la nausée chez les âmes sensibles. Quoiqu’il en soit à l’écoute de ce « Nebulous Dreams », impossible de rester indifférent. Vous êtes prévenus !

 

Hayseed Dixie

Killer Grass

Écrit par

Pour comprendre le jeu de mots qui se cache derrière le nom ‘Hayseed Dixie’ il faut savoir qu’au départ, ce groupe se consacrait exclusivement à des reprises d’AC/DC en version country/hillbilly/bluegrass. Paru en 2001, « A Hillbilly Tribute to AC/DC » (NDR : vivement conseillé à tous les fans d’Angus & Co) a permis au monde entier de découvrir le ‘Rockgrass des montagnes Appalaches’. Au cours des neuf dernières années, bien d’autres disques de reprises (mais aussi de titres originaux) ont complété la discographie de ces quatre rigolos. Citons par exemple l’excellent « Kiss My Grass » qui en 2003 revisitait à la sauce bluegrass dix compos issues du répertoire du célèbre quatuor maquillé new-yorkais ou encore « A Hot Piece Of Grass » responsable d’avoir fait rocker le pays des cow-boys, grâce à ses versions country du « War Pigs » de Black Sabbath ou des « Black Dog » et « Whole Lotta Love » de Led Zeppelin.

Pour son huitième opus, « Killer Grass », Hayseed Dixie a vu les choses en grand et propose, en plus du Cd, un Dvd bourré de surprises toutes plus hilarantes les unes que les autres. Parlons de la galette musicale en premier lieu. Comme il en a pris l’habitude depuis quelques années, le gang mélange ses réinterprétations de classiques du rock et du hard rock à ses compositions originales. Celles-ci sont d’ailleurs plutôt désopilantes. Sur « Alien Abduction Probe »,  par exemple, Barley Scotch (chant, guitare et violon) raconte les douleurs récurrentes dont souffre son fondement depuis qu’il s’est fait enlever par des extra-terrestres. Sur « Underneath the Bed », il demande des explications à sa compagne à propos d’un préservatif retrouvé sous le lit dans l’une de ses chaussures. Sur « Tolerance » il explique qu’il aimerait donner un peu de sa ‘tolérance’ à son prochain. Et surtout à ceux qui imaginent qu’elle est insuffisante dans le monde ; car il est devenu si tolérant à l’alcool et aux drogues douces, qu’il n’arrive plus à s’envoyer en l’air.

Si tous ces titres originaux nous font bien rire, c’est surtout sur les reprises que les quatre Yankees parviennent à nous faire prendre notre pied. Autant vous dire que le ‘rockgrass’ 2010 est une excellente cuvée. Une fois de plus, Hayseed Dixie s’est attaqué à du lourd. En premier lieu, une version géniale du « Bohemian Rhapsody » de Queen dont le clip hilarant (qui pastiche la célèbre vidéo originale des Anglais) figure aussi sur le Dvd. Ensuite, les relectures bidonnantes du « Sabbath Bloody Sabbath » de Black Sabbath et du « Won’t Get Fooled Again » des Who ainsi qu’un « Rambling Man » du Allman Brothers Band comme vous ne l’avez jamais entendu. Pour terminer, le combo qui, en général se cantonne aux covers de rock plutôt classique, opère deux incursions jouissives dans des univers musicaux littéralement différents. La première en adaptant à sa sauce « Omen », titre signé par les Anglais industrieux de Prodigy ; l’autre, en opérant une petite incursion dans la musique classique, lors d’un « Eine Kleine Nachtmusik » de Mozart, rebaptisé pour la circonstance en « Eine Kleine Trinkmusik », mieux adapté à la philosophie du groupe.

La rondelle digitale et versatile quant à elle contient six clips vidéos, réalisés il est vrai, avec des moyens limités, mais tellement bourrés d’humour que l’on prend un réel plaisir à les regarder. Hayseed Dixie, nous gratifie aussi de quelques ‘tutoriels’ sympathiques : une époustouflante leçon de banjo accordée par le Reverend Don Wayne Reno et une autre de basse acoustique dispensée par Jake ‘Bakesnake’ Byers. Ce dernier explique d’ailleurs aussi, dans une autre vidéo instructive bourrée (on l’espère en tout cas) d’humour noir, comment se débarrasser d’un cadavre encombrant (NDR : souvenez vous que l’album s’intitule « Killer Grass »). Quelques petites vidéos amusantes ont aussi été ajoutées à l’objet, comme par exemple, une publicité filmée par le groupe pour une grande marque de préservatifs ou une jam sympathique exécutée en compagnie d’un percussionniste africain.

Signalons pour terminer que, si les musiciens aiment se donner des airs de ‘bouseux du sud profond’, leur Dvd est à la pointe de la technologie. En effet, Hayseed Dixie a eu l’excellente initiative de faire plaisir aux ingénieurs du son et aux producteurs en herbe en proposant l’intégralité de son album en fichiers audio multipistes permettant à tout un chacun de remixer les titres à sa guise, pour peu qu’il soit en possession d’un logiciel comme Pro-tools, Garage Band ou Logic.

Que vous soyez cow-boy, camionneur ou fan de rock, « Killer Grass » est l’album indispensable si vous voulez vous payer une bonne tranche de rigolade. Merci Dixie !

 

General Fiasco

Buildings

Écrit par

Qu’est-ce qui pourrait pousser trois jeunes Irlandais à se jeter dans la gueule du loup, heu du rock ? Une tradition ? Un héritage abandonné par leurs aînés des Cranberries voire de U2 ? Alors là, pas vraiment. Le seul point commun entre ces 3 groupes procède de leur origine : une île occupée par leurs meilleurs ennemis british, c’est tout ! Ah si, il y en existe une autre évidemment : ils jouent de la musique ; mais chez General Fiasco, pas vraiment du même tonneau que celle de leurs illustres compatriotes. Mais qui donc se cache derrière ce pseudonyme bizarre ? Fiasco général ! Amusant, révélateur, annonciateur ? Il faut espérer que leurs qualités musicales soient inversement proportionnelles à leur patronyme.

Au sein de la formation, militent les frères Strathern : Owen au chant et à la basse ainsi qu’Enda à la guitare. Un combo complété par un ami de lycée : Stephan Leacock, qui se réserve les drums. Leur carrière débute en 2007 par quelques concerts ‘discrets’ ; cependant, ils sont vite repérés par des formations de plus gros calibre telles que The Wombats ou The Pigeon Detectives, pour n’en citer que deux. Un single sera l’élément déclencheur de leur courte carrière. « Rebel Get By » paraît en novembre 2008 et, jouant au cachet sur les émissions musicales de la BBC, ils sont rapidement considérés comme un des dix meilleurs espoirs à venir du rock britannique.

Deux ans plus tard, nos trois ‘gamins’ nous présentent leur premier album, « Buildings ». Et ici, ça se corse. Il y a deux façons de voir les choses. On aime pour la fraîcheur, le côté gentil rock inoffensif ou alors on jette vite fait ; vu justement un manque d’originalité évident. Personnellement, j’aime assez cette musique facilement accrocheuse, pas trop compliquée et qui entre bien dans l’oreille dès la première écoute. Evidemment, c’est pas réellement original, mais les dix plages ne sont pas non plus désagréables à se déverser dans les oreilles. J’épinglerai même quelques belles réussites telles que « Sinking Ships », vraiment superbe, « Ever so Shy » qui déménage pas mal ou encore « I’m not Made of Eyes » que ne renierait pas Snow Patrol, par exemple.

En conclusion, personnellement, j’aime assez ce style un peu facile mais tellement à la page actuellement ; n’en déplaise aux détracteurs grincheux de General Fiasco. Je dirais même plus, j’en redemande. A quand le prochain Jonas Brothers par exemple ? Le fiasco, c’est peut-être bien les ‘critiques casseurs’ qui se le prendront en pleine poire un de ces quatre…

 

Eric Frasiak

Parlons-nous

Écrit par

« Parlons-nous » constitue le quatrième album d’Eric Frasiak. Originaire des Ardennes françaises, ce chanteur est né il y a déjà plus de 45 ans. Pas vraiment une star, vous en conviendrez ! Pourtant cet auteur/compositeur/interprète gagnerait à être un peu plus connu ou plutôt moins méconnu ! Ses chansons ne manquent pas de style. Les textes tiennent la route et certaines de ses compos lorgnent carrément vers le ‘rock’. Mais en général, elles embrassent un style ‘chanson française traditionnelle’, ce qui n’est en rien une tare, bien au contraire.

Le parcours de cet illustre inconnu (NDR : avant de recevoir ce cd, j’avoue ne jamais avoir entendu parler de cet artiste) est assez particulier. Fan de François Béranger à l’adolescence, admirateur également de Ferré, Lavilliers, Springsteen, Pink Floyd et Genesis, entre autres, il garde de cette époque un goût prononcé pour les textes de ses compatriotes et la qualité musicale des seventies des autres. Agé de 19 ans en 1983, après avoir chanté dans les MJC et autres bals populaires des reprises de son idole, il tente l’expérience de l’enregistrement de ses propres compositions. La réussite lui tourne le dos et son album ne verra pas le jour… Retour donc à la case départ pour Frasiak ; et comme il faut bien vivre, les petits boulots alimentaires (roadie ou figurant, commercial, manœuvre ou soudeur) se succèdent.

Le virus de la chanson le reprend en 1996 (NDR : il compte alors déjà 33 ans au compteur) et la scène le démange. Il remonte sur les planches avec un certain succès, mais uniquement au sein des circuits locaux… Malgré tout, un premier album voit le jour en 2003. Signé par Frasiak et les Passagers, « Repartir à zéro » porte bien son nom. C’est en effet un nouveau départ qu’il prend dans le milieu de la chanson. Connaissant son petit succès, Eric persévère, sort un second opus intitulé « Itinéraires », en 2006 ; et même un live, en 2008. Il est vrai que l’accès à ‘la profession’ est devenu beaucoup moins difficile depuis une dizaine d’années.

Fin 2009, il publie le résultat de son troisième séjour en studio. Quinze titres tous écrits de sa plume, sauf un : « Vingt ans ». Qu’il emprunte magistralement à Léo Ferré. A l’écoute des quinze plages, on constate que Frasiak ne parle pas pour ne rien dire. Chaque texte délivre un message qui lui tient à cœur. On retrouve une certaine sincérité dans ses propos ; sincérité ou authenticité qui ne risquent guère de lui ouvrir, malgré tout, les portes de la reconnaissance… Les ondes n’ont pas pour habitude de ‘pousser’ un espoir de 40 ans bien tassés. Il en parle d’ailleurs très bien dans « Les bonimenteurs », chanson pleine d’humour et de dérision… Autres titres qui feront le bonheur des amateurs du genre : « T’étais pas né » vraiment splendide de musicalité et d’intelligence, « François Béranger » en hommage à son modèle d’il y a une trentaine d’années et « Le tango de la jetset », dont le texte sonne ‘tellement vrai’.

Quinze titres pour une heure de musique plaisante et qui ne suscite jamais l’ennui. Bon nombre de ses contemporains ne peuvent en dire autant !!!

 

Page 505 sur 1252