L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Chroniques

Fuzz Orchestra

Comunicato N°2

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C’est toujours avec une certaine appréhension que je vois atterrir dans ma boîte aux lettres, les Cd promos estampillés du logo de Mandaï Distribution. Bien que j’admire le courage commercial de ce distributeur d’enregistrements indépendants, j’avoue à ma grande honte que ses produits, souvent difficiles d’accès, me laissent souvent indifférent. « Communicato N°2 » des Italiens de Fuzz Orchestra pourrait bien changer un peu la donne.

Fuzz Orchestra est né en 2005. Il a été fondé par trois des quatre membres de Bron Y Aur. Objectif ? Créer un groupe différent dont la musique serait basée sur une improvisation construite autour d’une structure rock et de manipulation sonores. En clair : on s’enferme dans un studio, Luca improvise de gros riffs de guitare, Marco y colle la batterie, on s’enregistre et Fiè bidouille les bandes en y ajoutant des sons aussi divers et variés que des discours de Mussolini, des extraits de films (italiens), des sirènes, etc. Plutôt surprenant, surtout que parfois, l’improvisation débouche sur un résultat d’assez bonne facture. Comme par exemple l’excellent « Focu d’Amuri » où un énorme riff doom métal est mixé avec un sample de l’harmonica de la B.O. du ‘Il était une fois dans l’ouest’ d’Enio Morricone et à un chant féminin relativement exotique tiré d’un film italien quelconque. A d’autres moments, par contre, les improvisations et les bidouillages digitaux sont beaucoup moins heureux et débouchent sur une bouillie sonore plutôt imbuvable. Au rayon ‘horripilant’ on notera aussi l’abus d’utilisation d’un saxophone dissonant qui, s’il donne un côté jazz rock à la musique, agresse quand même un peu l’oreille de l’amateur de rock pur et simple. Sur « Luglio 01 », le titre le plus accessible de l’album, le chant (en italien) vient apporter une couleur Black Sabbath ‘vintage’ bienvenue.

Bien loin d’être un disque de mauvaise facture, « Communicato N°2 » nécessite cependant une certaine acclimatation pour être apprécié. La guitare lourde et les rythmes lents pourraient probablement plaire aux amateurs de doom métal les plus ouverts ou aux inconditionnels du rock expérimental.

Expatriate

In The Midst Of This

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Pour qu’un album soit édité en Europe plus de deux ans après sa sortie australienne initiale, c’est qu’il dispose de solides références ! Et en effet, une seule écoute d’« In The Midst Of This », suffit pour affirmer que des qualités, Expatriate en possède assurément. Comme l’avait laissé entrevoir leur Ep 4 titres, « Home », sorti il y a quelques mois en Europe, Expatriate (NDR : en réunissant des ‘expatriés’, le choix de ce patronyme s’imposait naturellement) évolue dans la catégorie des groupes de festival taillant des compositions épiques comme d’autres se brosseraient les dents. « Gotta Get Home », « The Spaces Between », « Get Out, Give In » ou « Crazy » devraient passer en boucle sur toutes les ondes hertziennes. Et récolter un succès fulgurant. Une aubaine, en perspective, pour les programmateurs avisés ! Le premier album des Australiens regorge donc de hits à chanter en chœur ou sous sa douche. L’ambiance est quasiment 80’s. On pense bien entendu au Killers, à U2, à Placebo (dont ils ont d’ailleurs assuré la première partie) ou à Echo & The Bunnymen. Voire à Kasabian pour ne pas remonter si loin dans le temps.

Les Expatriate en font-ils trop dans la grandiloquence ? Probablement ! Mais est-ce réellement un problème lorsqu’on sait que le groupe possède une telle force mélodique ? Il serait en tout cas dommage de passer à côté d’« In The Midst Of This » pour cause de délit hymnique! Et qu’importe si la date de consommation est expirée ou que l’ensemble manque d’originalité. Les compositions des ‘Expatriates’ s’avèrent parfaites pour mettre de bonne humeur. A écouter de préférence puissance maximale en voiture ou en vacances. « In The Midst Of This » est un petit concentré de vitamines rock à tendance new wave en provenance directe de Sidney. Vive l’import-export !

Julie Doiron

I Can Wonder What You Did With Your Day

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Adepte du ‘vite fait, bien fait’, Julie Doiron opère une nouvelle livraison expresse. Toute chaude, la galette privilégie les mélodies ‘upbeat’ qui manquaient cruellement au pourtant très bon « Woke Myself Up », publié en 2007. Si on néglige les collaborations opérées auprès d’Okkervil River et de Wooden Stars, « I Can Wonder What You Did With Your Day » s’installe en septième position de la discographie conséquente de la Canadienne. Entourée ici de Rick White, un autre rescapé d’Eric’s Trip ainsi que de Fred Squire, son nouvel acolyte, Julie Doiron propulse douze ritournelles redoutablement efficaces, aux mélodies plus irrésistibles les unes que les autres. La chanteuse, d’une constance impressionnante, varie cette fois les plaisirs par le biais de « Je le savais », un morceau entièrement interprété dans la langue de Molière.

« I can Wonder What You Did With Your Day » est probablement l’œuvre la plus accomplie de Julie Doiron. Cette dernière s’amuse enfin ; et cette bonne humeur est communiquée avec justesse aux travers d’extraits comme « Borrowed Minivans », « Consolation Prize », « The Life Of Dreams » ou le bien nommé « Glad To Be Alive ». Mais ceux qui préfèrent le côté obscur des compos de la belle ne seront pas en reste ; « Blue », « Spill Yer Lungs », « Heavy Snow » traduisant à merveille ses idées noires. Bref, quelques bons points de plus dans le carnet de notes de cette élève modèle. 

30 Seconds To Mars

This is War

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Menant deux carrières de front, Jared Leto n’a guère de temps libre. Passant d’une caméra à un micro et inversement, notre artiste polyvalent américain arrive tout juste à concilier ses deux passions. Pas facile de délaisser l’une pour l’autre. C’est sans doute la raison pour laquelle depuis 1998, date de sa fondation, le groupe au patronyme (un programme à lui seul !) plus que bizarre n’a publié que trois albums.

En 2002, leur première œuvre éponyme avait ouvert leur discographie en mode mineur. Mais le succès sera déjà au rendez-vous lors de la sortie trois ans plus tard, du très bien surexploité, « A beautiful Lie ». Puis la bande aux frères Leto (Jared au chant et aux guitares, Shannon aux drums) entre en conflit avec leur maison de disques de l’époque (Virgin Records). Ils perdent même leur procès. Si bien qu’il faudra attendre cinq longues années avant de voir paraître ce « This is War ».

La recette est toujours identique : un bon rock ‘fm’, une voix reconnaissable entre mille, des mélodies faciles, plutôt gentilles et des chœurs, des chœurs, des tonnes de chœurs… Bref pas grand-chose d’original à se mettre sous la dent. Mais pas non plus de quoi jeter le bébé avec l’eau du bain…

30 Seconds to Mars reste un bon petit groupe agréable à écouter ; quelques morceaux sont même d’excellente facture (« Kings and Queens », « This is War », « Closer to the Edge ») et les trois ou quatre tendres ballades (« 100Suns », « Hurricane », « Alibi ») feront certainement frémir les jeunes filles de moins de 18 ans (NDR : la majorité des fans du groupe), toutes folles, sans aucun doute, du beau Jared.

Jared s’offre une (très) bonne parenthèse musicale avant d’entamer la promo de son prochain long métrage ‘Mr Nobody’, réalisé par notre compatriote Jaco Van Dormael et dont la sortie est prévue pour ce début d’année.

A noter que le band est en tournée dans nos contrées le 1er mars à Bruxelles et les 4 et 5 mars chez nos voisins d’outre-Quiévrain (Lille et Paris).

Warpath

Damnation

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Un nouveau virus débarque de la Perfide Albion pour contaminer nos contrées. Son nom : Warpath. La presse médicale a beau l’ignorer, petit à petit, il gagne du terrain. Déjà l’Angleterre et le Japon ont succombé. Votre serviteur lui-même vient d’être contaminé. Pour le quadragénaire que je suis, l’effet est dévastateur. Tel un Alzheimer précoce et fulgurant, il s’attaque aux cellules du cerveau et joue des tours à la mémoire. Les vingt-cinq dernières années de mon existence sont balayées et oubliées en quelques secondes. J’ai de nouveau 15 ans, je suis dans ma chambre. Les murs sont recouverts des posters de mes idoles : Metallica, Exodus, Overkill, Slayer et Agent Steel. Le vinyle qui tourne à la vitesse de 33 tours minutes sur ma platine déchaîne l’enfer dans les haut-parleurs de ma chaine stéréo. Ma mère tambourine à s’en rompre le poignet sur la porte de mon antre en hurlant : ‘Il va trop fort ton machin’ ! Je n’en ai rien à battre. Je secoue ma crinière au rythme effréné du thrash métal et je continue à gratouiller ma guitare invisible.

« Damnation » est l’album ‘Thrash’ le plus excitant de ces dernières années. Et je ne fais pas allusion à la succession de riffs gonflés artificiellement et dénués de soli de guitares sur laquelle un hurleur standardisé place des vocaux hardcore que l’on appelle ‘trash moderne’. Non, moi je vous parle de Thrash ‘Old School’. Celui d’Exodus, de Testament, de Nuclear Assault, d’Onslaught et d’Overkill. Celui qui, chez nous, avait enfanté Cyclone.

Warpath est un groupe anglais qui, bien que formé en 2003, a un pied bien ancré dans les années quatre-vingt. Le fait de n’être signé sur aucun label ne l’empêche aucunement de cartonner dans sa patrie. Elu deux années de suite ‘Meilleur Groupe Non-Signé’ par les lecteurs du célèbre magazine Terrorizer, le groupe a eu l’honneur récemment de faire une apparition dans le show hebdomadaire que présente Bruce Dickinson sur la BBC. Le chanteur d’Iron Maiden y a présenté « Damnation » comme : ‘une fine tranche de thrash métal classique’. Et pour cause. Tout sur ce disque évoque les classiques du thrash. Des guitares qui assènent des riffs tranchants déclinés une vitesse ultrasonique et –surtout– délivrent des soli flamboyants. Une section rythmique hallucinante, forte d’un jeu de batterie si inspiré et technique qu’il en est presque inhumain ; sans oublier de superbes lignes de basse qui, pour une fois, ne sont pas noyées dans le mix. Fait plutôt rare de nos jours dans ce style musical, le vocaliste a un timbre qui ne ressemble pas à celui des autres et confère une identité unique au thrash du combo.

Tout comme la dextérité des musiciens, le son de « Damnation » est excellent et bien au dessus de la moyenne. Enregistré aux Etats-Unis, dans les studios de Kevin Talley (Chimaira, DAATH), il a été mastérisé par James Murphy, expert ultime en matière de thrash puisqu’il a été, entre autres, le guitariste de Testament, Death et même d’Agent Steel.

Si vous êtes fan de thrash métal, il ne vous reste qu’une chose à faire : vous connecter à la page MySpace de Warpath pour contracter le virus et éventuellement y acquérir « Damnation » pour la modique somme de onze livres sterling, port compris. Un must, tout simplement.

Maria Timm

The Plan

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Le ‘plan’ de Maria Timm est tout simple : surfer sur la vague electro-pop féminine sans pour autant y susciter un quelconque remous. « The Plan », le premier ouvrage solo de la Danoise, a cependant le mérite de ne pas choir dans la même facilité que certaines de ses contemporaines comme Little Boots, La Roux ou dans une moindre mesure, Annie. La jeune femme aux cheveux ébouriffés parvient à essaimer des morceaux à la structure à la fois complexe et limpide. Ces derniers peuvent aussi bien cogner là où ça fait du bien (« Deco Deco », « Here Comes The Train », « Green, Wet, White Or Blue ») mais également passer tout à fait à côté de leur ambition (les éreintants « Leave It! », « Sarajevo », « Not Enough », « Bread »,…) Ecartelé entre electro-pop et pop-rock, « The Plan » est un disque bien trop hésitant dont on ne retient pas grand-chose…

Suicide Of Demons

Before Our Eyes

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Mieux vaut tard que jamais dit l’adage. Il aura fallu presque deux ans pour qu’un label se décide enfin à éditer et à distribuer cette petite perle du métal belge. Suicide Of Demons est un groupe bien de chez nous ; côté sud. Sa courte carrière (le groupe s’est formé en 2005) est déjà jalonnée de succès. Que ce soit ses prestations scéniques remarquées au Rock Around 2007 (où il remporte le prix du public), à la Fiesta du Rock, au Francofolies de Spa et au Durbuy Rock Festival ou sa magnifique victoire en finale du Concours Circuit de 2008, tout désigne le groupe carolo comme la star montante du métal made in chez nous. Autoproduit en 2007, « Before Our Eyes » est d’une qualité impressionnante ; et il aurait été vraiment fâcheux qu’il ne soit pas distribué à une plus grande échelle. Le label Fakto Records et le Distributeur Sonic RendezVous s’en sont heureusement rendu compte et ont décidé de lui donner une seconde chance avant qu’il ne tombe dans l’oubli. 

On a peine à croire, à l’écoute de la qualité sonore de « Before Our Eyes », qu’il s’agit là d’un album autoproduit. L’intensité et la variété des compositions présentées rivalisent sans conteste avec les meilleures productions européennes.

Même si l’intro très ‘Metallica des beaux jours’ d’« Enter The Suicide Of Demons » et le riff pachydermique de « Hurt To Kill » (aussi lourd que le « Sanitarium » des Four Horsemen) attestent de l’influence importante du trash métal originel sur sa musique, Suicide Of Demons évolue (comme un poisson dans l’eau) dans les sphères du Death Métal Mélodique Européen. Les guitares aussi acérées que des bistouris déclinent tous les tempi imaginables dans ce style musical. Lent, presque doom ou évoluant à la vitesse de la lumière, tout est exécuté avec une précision chirurgicale. La batterie ‘marteau pilon’ de Jo Nunez est plus rigoureuse qu’un métronome (NDR : pas pour rien si le bonhomme a été recruté depuis 2007 par les death métalleux gréco-suédois de Nightrage). Quant aux vocaux, ils alternent la violence de death métal à la mélodie du chant clair. Ajoutez-y quelques lead guitares bien placées et même une guitare hispanisante sur « Reap what you sow », et vous comprendrez qu’on frôle ici, la quasi-perfection ‘mélodico death-métallique’.

« Before Our Eyes » constitue donc une magnifique mise en bouche, en attendant le plat principal que nous réserve le prochain opus déjà annoncé le printemps 2010 et pour lequel on nous promet quelques surprises et des invités renommés ! Vivement la suite.

Sufjan Stevens / Osso

Run Rabbit Run

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« Run Rabbit Run » est, à l’origine, une œuvre électro-instrumentale composée par Sufjan Stevens initialement publiée en 2001. Un recueil que ce dernier a gracieusement cédé au string quartet berlino-new-yorkais, Osso, qui n’en est pas à sa première collaboration avec le prodige. Ceux-ci étaient déjà préposés aux cordes au sein de l’excellentissime « Illinois » mais œuvrent également sur scène en compagnie du bonhomme. Osso a, par ailleurs, également participé à la confection des travaux de My Brightest Diamond, Jay-Z, Anthony & The Johnsons, The National ou encore The Polyphonic Spree ; et la liste est loin d’être exhaustive. Bref, la grande classe.

« Run Rabbit Run » marque la première besogne du quatuor en solitaire. Car même s’il faut effectivement rendre à César ce qui lui appartient, Sufjan Stevens, dont le nom apparaît sur la pochette, n’a pas participé à la confection de cette refonte. Osso s’est donc servi des mélodies extraites de l’œuvre de 2001 comme point de départ, uniquement. En lieu et place des sonorités électroniques originelles, le quartet est parvenu à métamorphoser « Run Rabbit Run » en une œuvre décomplexée de musique de chambre, dépouillée et enivrante. Les fans inconditionnels du singer-songwriter y trouveront leur compte mais ce sont, essentiellement, les amateurs de classique qui seront aux anges.

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