Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Chroniques

Bosque Brown

Baby

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Non, Bosque Brown n’est pas une cantatrice dont la jolie voix domine cet album ; mais un groupe drivé par la très talentueuse chanteuse (of course !), et également compositrice Maria Lee Miller. Encore une Texane ! Mais issue de Denton. Lorsqu’on parle du Texas, inévitablement, vous pensez à son folklore (les cowboys, le rodéo, les westerns) ou alors à ses hydrocarbures. A moins que vous ne songiez à la technologie aérospatiale. Voire à J.R. Ewing (NDR : figure notoire de la saga ‘Dallas’ !) ou encore Georges W. Bush… Musicalement, c’est plutôt du côté de Midlake, de Spoon, des frères Nourallah ainsi que de Shearwater que mes idées se focalisent…

Maria a opté pour le patronyme de Bosque Brown, en référence à une rivière texane coulant dans sa ville natale de Stephenville (NDR : c’est toujours au Texas). « Baby » constitue son second opus. Il fait suite à « Plays Mara Lee » et à « Cerro Verde », deux Eps parus successivement en 2005 et 2006. Peu connue en Europe, cette formation a été découverte aux States par Damian Jurado.

La principale force de Bosque Brown procède donc de la voix de Maria Lee Miller, souvent doublée par celle de sa sœur, Gina. Un timbre que les mauvaises langues estiment trop proche de celui de Cat Power, Alela Diane ou Joanna Newsom. Un reproche qui n’engage que ces détracteurs. Et pour cause, les trois compos interprétées a capella, par Maria, sont tellement bouleversantes. Trois interludes intitulés « On and Off » au cours desquels sa voix, à la fois belle, puissante et fragile, vous retournent littéralement l’âme. Des intermèdes qui permettent en même temps de souffler entre les quatre segments que comporte cette œuvre.

Le reste de l’elpee propose dix comptines sculptées dans un folk sombre, mélancolique, mais non dénué de charme, qu’on imagine facilement issu de la bande-son d’un film réalisé conjointement par Tim Burton et John Ford. Piano, guitare, pedal steel, claviers et percus aussi discrets qu’efficaces colorent parcimonieusement l’instrumentation minimaliste. Une instrumentation qui paradoxalement nous invite à parcourir les grands espaces du Sud des Etats-Unis. Les lyrics traitent d’ailleurs de la vie quotidienne, de l’amour et de l’espoir entretenu au sein d’une petite bourgade texane… quelque part dans l’Ouest américain rural. Du tracklisting, j’épinglerai également « Oh River » et « So Loud ». Deux titres qui m’ont particulièrement fait vibrer.

Après Emily Jane White, cette jeune artiste particulièrement douée vient enrichir la scène made in Midwest. Et Tom Sawyer en serait probablement tombé amoureux…

En concert à la Maison de la Musique à Bruxelles le 10 mars prochain…

Netsayi

Monkey’s Wedding

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Auteur, compositeur et interprète, Netsayi est née il y a une vingtaine d’années au Zimbabwe.  Réfugiée en Angleterre durant les conflits menés contre l’Apartheid, elle retourne à Harare, lorsque les combats sont terminés.

Durant son exil londonien, elle parfait ses connaissances musicales dans son environnement immédiat et touche un peu à tous les courants : la pop, le folk, le reggae, sans oublier les chants traditionnels de son pays. De ce mélange des genres résulteront des compositions originales, fraîches où se mêlent tous les styles qu’elle affectionne et qu’elle maîtrise parfaitement.

Son premier opus « Chimurenga Soul » réalisé en 2006, quoique confidentiel, avait attiré quelques ‘curieux’ qui la comparaient déjà à Sade, Nina Simone voire Ella Fitzgerald. Son second Cd recèle des connotations un peu plus pop. Les 12 plages qui le composent explorent à nouveau différentes directions musicales et avec l’aide de quelques musiciens très bien côtés sur le continent noir (Baby 'Soul' N'Sola, Jeremiah Samuel, Rujeko Dumbutshena, Joe Legwabe ... ), Natsayi lui donne une coloration riche, très africaine. A retenir, quelques titres très réussis ou très surprenants, « Punch Drunk » qui ouvre l’album, le très tribal « Ishe Komborera Afrika » ou le très doux « Jaracandas » qui clôture ce bel ouvrage intimiste mais non dénué d’intérêt.

 

Les Terrils

On est pas tendre

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Fred Deltenre (chant, guitare) et Joffrey Goart (drums) sont bruxellois. Leur musique n’est ni contemporaine, ni revivaliste. Pas question de néo new wave, de pyché folk ou de post rock chez ce duo, mais une forme de roots music fortement inspirée du blues américain sudiste. Les Terrils établissent ainsi un dialogue entre une guitare au son bien gras et une batterie montée sur ressorts. En outre, les lyrics sont exprimés dans la langue de Voltaire. Un pari osé, il faut le souligner.  

Dans ses textes, Fred Deltenre aborde les grandes questions sociétales. Sans jamais déraper dans la contestation révolutionnaire puérile. Privilégiant les exercices de style métaphoriques tout en se nourrissant d’humour noir. « La télé a tué ma femme » stigmatise la médiocrité de la surconsommation médiatique. Sur « J’m’orientalise », Les Terrils osent la différence : ‘J’connais l’histoire, tout nous sépare. Ben pour moi il est trop tard hein ! Car leur culture a fait le mur ; si j’vous l’assure’. Quant au titre maître, il s’attaque tant aux problèmes politiques, écologiques que sociaux. Bref, la prose proposée tout au long de cet elpee est une véritable mine d’or…

Musicalement, on reste cependant parfois sur sa faim. Les morceaux ont parfois tendance à tirer un peu trop en longueur. Quand ils n’adoptent pas un ton trop similaire. Le carcan minimaliste y est sans doute pour quelque chose. Néanmoins, l’originalité de l’ensemble nous préserve de la lassitude. Faut dire que dans leur style, Les Terrils ne doivent pas craindre la concurrence ; car elle n’existe pas… encore.

 

Romain Lateltin

Le râleur made in France

Écrit par

Quel bel album de chanson française ! Tous les ingrédients y sont réunis : originalité, talent, imagination, musicalité et une belle voix ; ce qui ne gâche rien.

Ce Lyonnais de 30 ans jongle avec les mots et les notes depuis qu’il a seize ans. Hélas, complètement inconnu, Romain n’est diffusé que sur les radios indépendantes ; ce qui est bien regrettable. Pourtant très apprécié par ses pairs, Romain Lateltin est invité à jouer en première partie de grosses pointures telles que Raphaël, Diane Tell, Benjamin Biolay, entre autres.

C’est en octobre 2003 que sort son premier album « A l’intérieur de soi-même ». Cet elpee est conceptuel. Il raconte l'histoire d'un personnage qui est prétentieux et libertin. En janvier 2006, il embraie par « Elle veut de l'homme », le récit d'une femme trentenaire rencontrant quelques problèmes avec la gent masculine. Octobre 2007, paraît l’Ep 3 titres « Le misogyne », en attendant l’opus suivant, initialement prévu pour Octobre 2008.

Mais ce n’est qu’en février 2009 qu’il publie « Le râleur made in France » (c’est le 3ème album en 5 ans), un long playing coécrit en compagnie de Fred Gayot, toujours conceptuel qui, à l’instar d’un spectacle de rue, décrit des personnages atypiques, comme le misogyne, le râleur made in France… Ceux-ci, de par leur décalage, tentent de changer le scénario de leur vie, de ne pas être formatés.

D’excellente facture, les 11 plages sont distrayantes, drôles, émouvantes, vraies. Avec son humour décalé, une excellente guitare, des carillons, son ukulélé et ses textes parfois décapants, Romain nous emmène dans son petit théâtre de personnages bien originaux.

Dans cette œuvre, tout est bon, notamment « Chaleur c'est bonheur » à écouter en essayant de ne pas rire ou encore « Je dis oui, je dis non » musicalement très riche. Bref, original et frais, « Le râleur made in France » constitue sûrement l'un des meilleurs albums de chanson française, paru récemment.

A noter également, une pochette complètement ringarde, qui correspond tout à fait à l’humour de son auteur.

 

Andrew Jr Boy Jones

Getting' Real

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Andrew Jones a passé le cap de la soixantaine. Il est né à Dallas, au Texas, où il vit d’ailleurs toujours aujourd’hui. Particulièrement doué, ce musicien accomplit ses premiers pas dans le monde professionnel, alors qu’il n'a que seize ans. Il débute alors chez les Thunderbirds, le backing band du fameux Freddie King. Il passe ensuite chez celui du chanteur soul, Bobby Patterson, les Mustangs. En 1973, il opère son retour auprès de Freddie King. Au fil du temps il se forge une solide notoriété et est de plus en plus sollicité pour apporter sa contribution. Il enregistre en compagnie de Katie Webster. Puis Charlie Musselwhite, notamment pour les elpees parus sur le label Alligator, dans les années 90. C'est chez lui à Dallas qu'il met en boîte son premier album, "I need time". En 1996. Chez JSP. Deux ans plus tard, il signe "Watch what you say" chez Rounder. Puis "Mr Domestic". En 2001. Et en 2005, il immortalise son premier elpee en public, "Jr Boy Live".

Pour enregistrer "Getting' Real", il est soutenu par le bassiste Jamil Byrom et le claviériste John Street. Jr Boy possède une superbe voix, taillée pour chanter le ‘soul blue’, c’est-à-dire un cocktail de soul et de blues. Mais sur "Struggle", la différence est opérée par son jeu de guitare. Ses notes sont concises, harmonieuses, empreintes d’une grande sensibilité. Andrew est dans son élément, lorsque ses cordes répondent à sa voix. A l’instar de "People say I'm crazy". Il dispense subtilement de petites grappes de notes, dans un style de celui qui fut jadis son maître, Freddie King. Derrière son orgue, Street se révèle un partenaire idéal. Il a longtemps été le fidèle collaborateur d'Anson Funderburgh au sein des Rockets. Le tempo s’élève pour aborder "Negative talkin'", une compo plus classique. Urbaine, même, dans l’esprit de Chicago. Sa talentueuse concitoyenne, Miss Cheryl Arena, est venue l'épauler. Son intervention à l’harmo est superbe, alors que Street est passé au piano. Autre slow blues majestueux, "Lonely times" est balisé par une rythmique délicatement funky, une structure qui permet aux cordes de s’évader constamment. Exercice de style instrumental "Don't let the green grass fool you" est le fruit d’un savant dosage entre southern rock et jazz. Brillant ! Et manifestement, Andrew a beaucoup écouté Cornell Dupree. La tension monte encore d’un cran pour "Don't get twisted", une plage imprimée sur un mid tempo. Jr Boy démontre toute sa dextérité sur sa Gibson. Il est inépuisable. Le souffle subtil dispensé par l’harmo de Miss Arena vient rafraîchir l'excellente ballade soul "Just playin' the blues". Street y mêle piano et orgue. Une superbe compo chargée d’intensité et d’authenticité. Le tempo ralentit encore afin de favoriser une immersion totale dans le blues le plus pur. En l’occurrence lors d’un "Hell in my house" que le quatuor nous restitue en nous flanquant le frisson, d’un bout à l’autre du morceau. Et le long playing de s’achever par un exercice de style instrumental intitulé "What's goin' on", une plage issue de la plume de Marvin Gaye. Quelle belle propagande pour le blues!

 

Samuel James

For Rosa, Maeve and Noreen

Écrit par

Samuel James est un bluesman dont le style est exclusivement acoustique. Une démarche très proche des authentiques précurseurs qui sillonnaient les routes poussiéreuses du sud américain. Pensez aux bluesmen originels comme Skip James, Mississippi John Hurt, Son House, Bukka White et Charley Patton. Mais s’il puise son inspiration chez ces légendes, ses compos sont parfaitement adaptées à la scène contemporaine. Tant sa musique que ses lyrics. En outre, c’est un multi-instrumentiste.

Originaire de Portland, non loin de la frontière canadienne (NDR : c’est dans le Maine, face à l’Atlantique), son grand-père était guitariste. Il explorait également différents styles de blues. Ceux qui correspondaient à son époque, bien sûr. Quant à son père, il était pianiste professionnel et tromboniste. Le jeune Samuel apprend la danse à claquettes dès cinq ans, le piano à huit et devient pro à douze. Il n'a pas encore passé la barre des trente balais, lorsqu’il grave sa troisième œuvre, "Songs famed for sorrow and  joy", un elpee déjà édité chez Northern Blues Music. Samuel est un solitaire. Sa musique est intimiste. Il manifeste un profond respect pour les traditions. Ainsi, s’il compose son propre répertoire, sur les planches, il adore reprendre des classiques de ces maîtres du blues, tout en cherchant chaque fois, à se réapproprier ces morceaux. Sur cet opus, il est à l’aise sur tous les modèles de guitares (resonator, flamenco, 6 et 12 cordes) ; mais aussi au banjo, au piano et à l'harmonica. Il tape des pieds et des mains ; et bien entendu il chante. Et le résultat est excellent, puisque James parvient à faire revivre la musique des années 20 et 30, en tirant parti de la technologie moderne.

Dès l’ouverture, il impressionne. Fermez les yeux, et vous aurez la sensation de vous trouver face à l'artiste. Il pince nerveusement ses cordes, tape furieusement du pied et chante en puissance, tout au long de "Bigger blacker Ben", une ouverture royale. Très dépouillé, "I'll break your promise" force le respect. "Cryin' blind" est un régal ! Sa présence, tant aux cordes qu’aux vocaux, est envoûtante. Il démontre son habileté au picking sur "A sugar smallhouse Valentine", rappelant au passage le style Piemond. Tout comme sur la jolie pièce instrumentale, "Trouble on Congress street rag". Chanson d’amour empreinte de douceur, "Rosa 's sweet lil' love song" s’adresse à Rosa Poda (dont la silhouette longiligne est reproduite sur la pochette), une danseuse du ventre locale. Il balance furieusement d'autres cris d'amour en s’armant d'un banjo aux sonorités sémillantes et métalliques à travers "Darlin' Maeve" et "Miss Noreen". En fin de parcours, il tape du pied en récitant a capella "Wooden tombstone". Et en finale, il le prend littéralement lors d’un "Path of ashes", au cours duquel, il assure l’intégralité de l’instrumentation.

 

Dutrey

L’être transparent

Écrit par

D’accord, je critique volontiers les albums de chanson française ; mais là, je ne sais pas comment réagir ! Ce disque m’est parvenu plus de 18 mois après sa sortie. Quelle en est la raison ? Personne n’en voulait ? Etait-il tombé dans un carton et perdu puis soudainement retrouvé lors d’un rangement ou déménagement quelconque ?

Toujours est-il que ce cd ne m’inspire pas vraiment. On est en pleine caricature, en pleine imitation de mauvais goût (Obispo, Souchon, …) Je me demande qui, à part votre serviteur, va écouter ce ramassis de chansonnettes pour ménagères de moins de 50 ans. Bref, je n’ai pas envie de perdre plus de temps avec cette plaque à offrir (si par le plus grand des malheureux hasards vous le possédez) à votre meilleur ennemi.

 

Doom

Unexpected Guests

Écrit par

Non, ce disque n’est pas la bande son du fameux jeu vidéo, pionnier du style fps (First Person Shooter) apparu dans les années 90. Il s’agit ici de la dernière galette de Daniel Dumile, alias MF DOOM, alias King Geedorah, alias Metal Fingers, alias tutti quanti... A force, on finit d’ailleurs par s’y perdre un peu. D’ailleurs, si ce rappeur est né en Angleterre, il a rapidement déménagé aux States, en compagnie de sa famille. Et cet étrange personnage appartient aujourd’hui à la scène rap américaine. Doom est exubérant, prolixe et prolifique (une dizaine d’albums, autant d’Eps et un nombre incalculable d’apparitions comme guests) ; mais surtout, complètement à la masse. Affublé en permanence d’un masque de fer, l’artiste traîne sa carcasse d’écorché vif que la vie n’a pas épargné. Après avoir perdu son frère, il devient alcoolique, pire toxicomane. Sa maison de disque de l’époque (Elektra) le vire. Doom se retrouve à la rue, sans un kopeck et finit SDF. Il aurait pu terminer sa carrière sur un banc si un élan de volonté n’était venu lui traverser l’esprit. Et plutôt de revenir en toute discrétion, Doom choisit la grande porte et commet album sur album à un rythme effréné.

« Unexpected Guests » est le dernier en date. Il s’agit cependant d’une compilation recelant quelques inédits, plutôt que d’un véritable nouvel opus. De sa voix à faire trembler un minet, ses lyrics tranchants et ses beats entraînant Doom, balance comme d’habitude la grosse artillerie. On croise aussi des guests qui méritent le respect, tels que de De La Soul, Talib Kweli, Dilla Ghost et autres pointures de la scène hiphop. Le style de l’Américain est parfaitement maitrisé, avec ses airs old school et ses basses à filer des coups dans le ventre. Doom tend à prouver une nouvelle fois que ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort.

 

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