Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Ora Cogan
Chroniques

Richard Walters

The Animal

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Sur la photo de la pochette, un jeune homme dévore des prises jacks. Et son appétit semble vorace. On peut alors facilement extrapoler en imaginant la musique de Richard Walters, très féroce. Et en y associant même une dérive électro-rock. Mais après avoir écouté cet album, l’impression laissée est totalement différente. Il n’y a rien d’animal dans cette solution sonore ; ou alors, on est plus proche de l’agneau que du lion.

Richard nous vient d’Oxford. Il est à peine âgé de 23 ans ; même si sur sa photo on a l’impression qu’il a quelques années de plus. « The Animal » constitue son premier album solo ; cependant, pour un premier essai, le jeune compositeur est parvenu à bien s’entourer. Et pour cause, il a reçu le concours de l’ex-Suede Bernard Butler et du producteur Guy Sigsworth (Sigur Ros, Lamb,…) A premier abord, la musique de Walters évoque Damian Rice en plus posé et moins larmoyant. Pas de mur du son redoutable à franchir sur cet opus, non plus ; mais une solution sonore baignant dans un climat folk typiquement britannique, ma foi fort classique, aux arrangements subtils et extrêmement délicats (piano, cordes, chœurs éthérés et cordes de guitare acoustique), le tout balayé par une voix dont le timbre lorgne manifestement vers Jude. Bien sûr, on ne peut pas dire que ce soit particulièrement original ; mais Richard a le bon goût d’éviter la mièvrerie. Véritable talent à l’état brut, il pose ici ses premiers pas dans le cercle fermé des songwriters respectés, outre-Manche. Il lui restera à polir ses aptitudes. Pour ne pas en rester à concocter du sous-Sufjan Stevens… Et puis également inoculer un peu de folie dans son inspiration. Au sein du tracklisting, j’épinglerai quand même la jolie reprise du « True Love Will Find You In The End » piquée à l’autrement plus détraqué Daniel Johnston et le morceau maître, réellement bouleversant.

tUnE-yArDs

BiRd-BrAiNs

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Insolite ! D’abord, à cause de ce patronyme étrange. Et puis de sa musique à la fois hybride et imprévisible. « BiRd-BrAiNs » réunit 13 comptines folk détraquées, susceptibles de ravir les fans de CocoRosie. Rien d’aussi délicatement tordu ne nous avait été proposé depuis les méfaits perpétrés par les sœurs Cassidy. Signe qui ne trompe pas, le premier essai de cette artiste prometteuse est paru chez 4AD, boîte dont la notoriété est plus qu’établie…

De son véritable nom Merril Garbus, tUnE-yArDs nous vient de Nouvelle-Angleterre (NDR c’est au Nord-est des Etats-Unis), une région dont la chaleur estivale de l’été contraste avec le froid mordant de l’hiver (NDR : nous ne sommes pas loin du Canada).

« BiRd-BrAiNs » (NDR : amis artistes, pensez aux pauvres chroniqueurs qui doivent transcrire votre patronyme ou le fruit de vos élucubrations) réunit 13 morceaux sculptés dans une lo-fi chaleureuse ; des compos enregistrées en solitaire, probablement dans sa chambre (NDR : comme le veut la tradition), pour lesquelles elle s’est servi d’un éventail très large de samples, filtres, effets et boucles. Serions-nous en présence d’une ‘M.I.A. des bois’ ? Le New-York Times n’a pas hésité à comparer ses travaux à une rencontre réussie entre Aretha Franklin et Yoko Ono. Pourquoi pas ? Pourvu qu’elles soient décalées, toutes les définitions me semblent plausibles.

Merril joue essentiellement de l’ukulélé et de la guitare ; mais se sert également d’une belle panoplie d’instruments singuliers, sans jamais se départir de son aisance naturelle à en disposer. Et puis, il y a son timbre vocal de lutin, tantôt masculin, tantôt féminin, qui convient parfaitement à cette musique foutraque et ludique.

Constamment triturés, les rythmes et les sonorités évoluent paradoxalement au cœur d’un univers sonore folk paisible. Une toux sèche enfantine balise « Jamaican » ; et le résultat est aussi étonnant que réussi. « Hatari » s’aventure en terres africaines, et va même au-delà des incursions opérées par un Vampire Weekend. Malgré le format folk, « Lions » et « Fiya » émargent au R’n’B… Le hip hop et le funk sont même visités, sur cette plaque. Un reproche ? Le ton. Un peu trop monocorde à mon goût ; et sur la longueur, il peut même finir par agacer… Sans quoi, si la raison (NDR : ou le business) lui conseillait de canaliser davantage son inspiration, personnellement, je préfère qu’elle continue allègrement son travail d’expérimentation. Au moins, elle a l’audace de se démarquer du ‘mainstream’, en privilégiant la créativité. Et tant pis s’il subsiste quelques déchets ; suffit alors de faire le tri…

 

Tindersticks

Falling Down A Mountain

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En 1993, un véritable OVNI traverse le paysage déjà fort brillant de la pop britannique. Son patronyme ? Tindersticks. Or, à l’époque, les médias belges n’ont d’yeux (NDR : et d’oreilles) que pour dEUS. Et pourtant, le combo belge n’avait pas particulièrement innové. En fait, il avait simplement pris le train en marche, un convoi tracté alors par deux locomotives venues d’outre-Manche : The Auteurs et Tindersticks…

Dix ans plus tard, la carrière du groupe de Nottingham commence cependant à s’essouffler. Et la confection d’un décevant « Waiting for the moon » en est une parfaite illustration. D’ailleurs, Stuart Staples, se lance parallèlement, dans une carrière solo. En 2008, la formation se rappelle à notre bon souvenir, en éditant « The Hungry saw ». Mais le combo a été remanié. Et le plus regrettable, c’est manifestement le départ d’un des membres fondateurs, Dickon Hinchliffe. Depuis, le line up du band a encore changé. Et des débuts, il ne reste plus que le drummer/percussionniste David Boutler ainsi que le chanteur au baryton si caractéristique, Stuart Staples.

L’opus recèle ses inévitables ballades traditionnelles. Celles qu’on écouterait volontiers un dimanche bien pluvieux, histoire de s’enfoncer encore plus dans la déprime. Réminiscente de « Night in », plage issue du premier elpee, « Factory girls » en est la plus belle illustration. Et « Keep you beautiful » n’est pas non plus de nature à révolutionner le paysage sonore des Tindersticks. A l’instar de l’interlude « Hubbards hills » (NDR : un clin d’œil adressé à Ennio Morricone ?) et du morceau final, « Piano music », les instrumentaux –quoique agréables à écouter– s’inscrivent dans la lignée des compos destinées aux B.O. de films comme ‘Nénette et Bonni’ ainsi que ‘White material’, dont la sortie officielle est prévue pour le cours de cette année. Entrons maintenant dans la quintessence de l’œuvre. Amorcée par le surprenant titre éponyme qui ouvre le long playing. Un titre audacieux de 6 minutes 34, dont les cuivres et les percus montent en crescendo pour se muer en cacophonie maîtrisée. En général, les artistes placent ce type de compo en fin de parcours. Voire même en finale. Mais Tindersticks a toujours aimé brouiller les pistes. « Harmony around my table » agrège le profil le plus allègre de Belle & Sebastian et l’instinct flower power de Devandra Banhart. Sur « Peanuts », Stuart échange un duo étonnant en compagnie de la vocaliste canadienne Mary Margaret O'Hara, une plage au cours de laquelle harmonica et cuivres entretiennent tour à tour un climat de douceur ou de surprise. A contrario de son titre, « Black smoke » trace un véritable arc-en-ciel sonore. C’est aussi le morceau-phare de l’elpee. A l’instar de l’image reproduite sur la pochette (on imagine un volcan en éruption au beau milieu des montagnes), cet album est d’ailleurs beaucoup plus coloré que tout ce que Tindersticks a pu nous réserver à ce jour. Et si l’aspect mélancolique est encore bien présent, il n’est plus omniprésent. Même que circonstanciellement, en mêlant pop, jazz et folk déjanté, certaines compos me rappellent un certain Gallon Drunk.

Et pour que votre info soit complète, sachez qu’une partie des sessions d’enregistrement a été opérée au sein des studios ixellois ICP. Enfin, le groupe se produira ce 13 mai 2010 au Cirque Royal, dans le cadre des Nuits Botanique.

 

NOFX

Cokie The Clown (Ep)

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Formé en 1983 à Los Angeles par Michael ‘Fat Mike’ Burkett, Eric Melvin et Erik Sandin, NOFX est l’un des parrains de la scène ‘Skate-Punk Californienne’. Contrairement aux autres ‘punks à roulettes’, NOFX à toujours pris soin de se tenir a l’écart du travail d’aseptisation de la scène californienne par la très puissante MTV. Fat Mike, chanteur et bassiste (NDR : et fondateur de Fat Wreck Chords qui est le plus grand label punk rock américain) n’a jamais mis de gants pour aborder, avec humour, les sujets sérieux qui lui tiennent à cœur comme la liberté d’expression, la politique, la religion, l’interdiction des armes a feu, la légalisation de la drogue et de la prostitution.

Les cinq titres figurant sur l’Ep « Cokie The Clown » ont été mis en boîte durant les sessions d’enregistrement de « Coaster », le dernier album en date, sorti en avril 2009. En dix minutes (la durée du Cd) NOFX fait ce qu’il a toujours fait et donc ce qu’il fait de mieux : du punk aux mélodies entraînantes, riffs de guitares rapides et lyrics acides. Seul « My Orphan Year » (un titre acoustique au cours duquel il épanche sa rancœur envers son père et manifeste l’amour porté à sa mère qui l’a élevé seule, avant de succomber à un cancer, en 2006) sort du schéma habituel proposé par NOFX.

« Cokie The Clown » est un disque sympathique, mais plutôt anecdotique. A réserver aux inconditionnels !

Shudder To Think

Live From Home

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Faute avouée est à moitié pardonnée (NDR : enfin, j’espère !), mais je reconnais ne jamais avoir beaucoup accordé d’attention à Shudder To Think, une formation fondée en 1986 par le chanteur/guitariste Craig Wedren, le second sixcordiste Chris Matthews, le bassiste Stuart Hill et le drummer Mike Russell. Rapidement signé par le célèbre label de Washington D.C, Dischord, écurie hébergeant la formation mythique Fugazi, Shudder To Think publiera trois albums avant de se faire enrôler par les Smashing Pumpkins et… Fugazi pour assurer le supporting act de leurs tournées, en1992. Matthews et Russel seront rapidement remplacés par Adam Wade (Jawbox) et par le guitariste suisse Nathan Larson. Boostés par leur succès, ils passent chez Epic (Sony), en 1994. Leur musique mathématique, qualifiée de ‘post-moderne’ ou de ‘post-hardcore’, leur vaut rapidement un statut de ‘culte’ chez les fans de musique indie. Le groupe publie un dernier elpee en 1997 avant de se séparer en 1998, suite au départ de Larson. Les membres se lancent alors dans diverses carrières solos. Le succès commercial n’a malheureusement (ou pas…) jamais touché le groupe.

Dix ans ont passé, lorsqu’en 2007, Wedren, Larson et March se produisent ensemble au Mercury Lounge à New-York ; puis en 2008 lors de la campagne présidentielle de Barak Obama, pour soutenir sa candidature. Ils enregistrent également ce live sobrement intitulé « Live From Home », lors d’une tournée de reformation, la même année. Vu l’intégrité de ces musiciens, l’aspect lucratif a été relégué au second plan… 

Pour vous donner une petite idée de leur style musical, imaginez un mélange entre celui de Filter (le chant), Don Caballera (les poussées math-rock) et Fugazi (les guitares acérées et métalliques). Les changements de rythme sont constants. Les vocaux perturbent régulièrement, n’hésitant pas à glisser vers le falsetto. Les compos ne cherchent pas à flatter l’oreille ; mais plutôt à impressionner. A l’instar de  morceaux comme « Shake Your Halo » ou « Rag ».

Le groupe a suscité de nombreuses vocations dont Thursday et Incubus (NDR : qui utilise une partie du titre « X-French Tee Shirt » sur « Nowhere Fast »). Jeff Buckley était fan et Pearl Jam les a également invités à tourner avec eux ! Cette formation est incontestablement une légende. Mais personnellement, j’éprouve d’énormes difficultés à accrocher. En cause ? La voix de Craig Wedren ; trop proche de cette du chanteur de Filter, Patrick Richard… que je n’ai jamais aimée ! Après avoir écouté « Live From Home », on se demande toutefois comment un groupe à la musique aussi alternative ait pu jour pu être signée sur une ‘major’… C’est quasi inimaginable de nos jours. Les années dorées de l’industrie musicale semblent définitivement révolues…

 

Get Well Soon

Vexations (2)

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Peu connu de notre côté du Rhin, le projet solo de Konstantin Gropper est discrètement –mais unanimement– salué par la presse européenne depuis la sortie de son 1er album, « Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon », produit par le label berlinois City Slang. Ses premiers Ep prometteurs offraient déjà une orchestration finement articulée digne d’un confirmé (notamment le superbe « Listen! Those lost at sea sing a song on Christmas day »). Et pourtant, l’auteur-interprète déclare ne pas se retrouver dans les étiquettes élogieuses que lui ont rapidement collées les médias: un diplômé brillant et contemplatif de la fameuse Popakademie de Mannheim ; un rédempteur musical. De sa formation classique, il retient la faculté, présente dès ses débuts, à combiner ingénieusement des instruments aux timbres les plus divers (du piano, au vibraphone, en passant par la guitare, les cordes et allant jusqu’aux cuivres manouches et l’accordéon musette).

Si, pour son premier opus, Gropper a enregistré toutes les parties en solo, le multi instrumentiste s’est vu assisté par non moins de sept musiciens de même gabarit –qu’on retrouvera également sur scène– pour concocter son dernier elpee. Cette pluralité profite sûrement à l’opus, qui acquiert en outre sa tonalité ‘spacieuse’ par son enregistrement ‘live’ dans une grande salle d’un vieux studio pour orchestres classiques à Heidelberg, réverbération et harmonisation qui ne seront pas sans rappeler Arcade Fire (« We Are Ghosts ») ou encore la mélancolie ‘BlondeRedheadienne’ (« Aureate »).

Le titre de l’album (NDR : cet opus s’est déjà niché à la 11ème place dans les charts allemands) a été choisi en hommage à Eric Satie, et annonce également le contenu, déclaré comme étant un ‘album sur le stoïcisme’ ou en terme de philosophie de comptoir, l’art de la maîtrise de soi, de ses vexations. Gropper a en effet conçu ce disque au fil de ses recherches et de ses lectures sur le sujet, calquant certaines citations au gré de son inspiration. Il explique que chaque piste dépeint une idée, soit tirée d’un chapitre de la philosophie antique (« Seneca’s Silence », « Angry Young Man » inspiré par l’Iliade), de la pensée moderne (« Nausea »), de questions fondamentales (« We Are Free »), idéologiques (les allusions marxistes dans « We are Ghosts ») ou encore existentielles (« That Love »). Les lyrics sont cependant empreints d’ironie grinçante –et mystique– et se terminent humblement par « We are the Roman Empire » où l’espoir, malheureusement, retombe… Le léger chevrotement de la voix suggère Bowie (« A Burial At Sea ») et certaines intonations lorgnent dangereusement vers les Doves (NDR : dans la lenteur) voire encore John Stargasm (« 5 Steps / 7 Swords »), ainsi qu’un grave Chris Martin de l’époque « Parachutes » (« Red Nose Day »). 

« Vexations » a été écrit, enregistré et mixé en quelques mois, alors que le compositeur avait mis 23 ans à peaufiner son premier volume. L’elpee séduit par moments (« Seneca’s Silence », « We Are Ghosts », « 5 Steps / 7 Swords »), notamment par les grands noms auxquels on le référencie facilement (une touche de Pixies, un fond de Starsailor), mais il déçoit légèrement à certains endroits par son manque de profondeur –réflexion étrangement paradoxale lorsque l’on considère les enjeux qui s’y cachent. Les longues plages lancinantes rappellent la musique de film et l’on ne s’étonnera pas que Grobber a contribué à la BO du dernier Wim Wenders, « Palermo Shooting ». Malheureusement, cet excès de lyrisme vaporeux et les interruptions soudaines dans le discours nuisent parfois à son homogénéité, nous enduisent de lassitude ou nous coupent dans notre élan ; les montées n’aboutissent pas toujours (« A Voice in the Louvre »), telle une blague qui se prend un vent, et sont un peu trop sages pour convaincre. Konstantin Gropper incarne pourtant l’Espoir de l’indie allemand et le succès flambant du concert accordé à la Volksbühne, le vendredi dernier, prouve que le public berlinois l’a déjà intronisé.

Enfin, cet opus est peut-être simplement à déguster dans certaines dispositions (un jeudi soir fatigué devant la table de repassage), mais peut-être est-ce l’impertinente lenteur de la ‘coolitude’ qui constitue la noblesse du futur…

Get Well Soon

Vexations (1)

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Le génial Konstantin Gropper se rappelle à notre bon souvenir (excellent même) en nous livrant son second opus « Vexation ». Mieux connu sous le pseudo de Get Well Soon, ce Berlinois d’origine, diplômé en philosophie, remet son ouvrage sur le métier pour nous emmener planer à nouveau, à ses côtés…

Il y a deux ans, « Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon », son premier album, était pour beaucoup une magnifique découverte, un album magique, très riche. Un de ceux qui laissent des traces. Son second effort ne confirme hélas qu’en partie tous les espoirs qu’avait laissé entrevoir ce surdoué. Mélangeant les genres, l’auteur-compositeur-multi instrumentiste et chanteur (il cumule le bougre) nous sert une musique qualifiée de folk-électro sur un fond lointain de musique classique et/ou baroque avec de légères touches pop ; quelques chœurs d’opéra saupoudrant occasionnellement le tout. Compliqué ? Mais non, pas du tout. Etrange ? Pas plus non plus. Spécial ? Ce n’est pas le mot. Surprenant serait plus approprié.

« Vexations » se décline en deux versions, l’une se présentant sous la forme d’un seul album de 14 titres et l’autre nous proposant en plus de la version originale, un second CD de 8 titres, ce qui porte le total des compos à 22. Nous nous contenterons de la ‘version simple’…

Fort de 14 titres, « Vexations » est une collection de ‘surprises’ qui se suivent lentement, parfois même très (trop) lentement, les ballades ténébreuses jouant à saute-mouton avec quelques compositions plus pop, plus entraînantes. Hélas, 14 titres c’est un peu beaucoup à avaler en une seule fois et de temps à autre, on a l’impression d’avoir déjà entendu le morceau écouté. Redondant ? Inégal ? Certes, mais lorsqu’on s’amuse à mélanger les genres, il est toujours difficile, voire impossible d’être au top à chaque composition. On épinglera cependant « Seneca’s Silence », « Werner Herzog Gets Shot », « Angry Young Man » pour leur belle musicalité et leur côté quasiment ‘festif’ en comparaison du reste… 

Le reste justement, s’il y a un côté sombre chez Konstantin Gropper, c’est en écoutant le triste « Nausea », le très lyrique « Red Nose Day » ou encore « A Voice In The Louvre » (NDR : une compo qui aurait pu être signée Divine Comedy), que l’on imagine mieux l’univers du capitaine teuton Konstantin Gropper, seul maître à bord après Dieu du vaisseau Get Well Soon.

Il faut bien parfois se donner un peu de mal pour trouver le meilleur…

 

Royal Bangs

Let it Beep

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En 2008, Royal Bangs sortait son premier opus : « We Breed Champions ». Sur Audio Eagle. C'est-à-dire le label indépendant fondé par le drummer des Black Keys, Patrick Carney. Un disque qui sera finalement distribué en Europe, l’année suivante, par City Slang. Un elpee sculpté dans une noisy-pop insolite qui laissait entrevoir un énorme potentiel chez ces Américains de Knoxville (Tennessee). Et si une certaine presse spécialisée avait manifesté un enthousiasme légitime à l’égard de cette musique, on ne peut pas dire que le public ait suivi le mouvement. Depuis, leur line up a subi quelques modifications. Henry Gibson et Brandon Biondo remplaçant Danny Sale et Jason Campbell, respectivement à la basse et à la guitare. Mais le combo n’a pas chômé pour autant. Et pour cause, il a accompli une tournée en compagnie de The Black Keys, participé à différents festivals ; sans oublier le périple accompli par leur frontman, Ryan Schaefer, en Europe.

Et le second album de Royal Bangs est une nouvelle véritable bouffée d’air frais. Un peu comme si The Rapture reprenait du Flaming Lips à la sauce post-punk. Les riffs de guitare se croisent et s’entrecroisent, se tordent même, pour libérer parfois des sonorités improbables (« Brainbow »). Elastique, la section rythmique rebondit constamment. Le tout est nappé de claviers et traversé d’effets électroniques judicieux. Les compos remuent, déménagent, s’aventurent en dehors des sentiers battus. Et pourtant, les mélodies de cette pop bordélique finissent par se fixer dans l’inconscient (« Poison Bells », « 1993 » ou encore «  My car is Haunted »). On pourrait peut-être parfois reprocher au combo un péché de gourmandise. Mais ce n’est guère capital. Car l’écoute de « Let It Beep » est un pur moment de défoulement voire même de bonheur. Il transpire la joie de vivre (« Shit Xmas ») et finalement nous rend de bonne humeur. Un souhait ? Que ces joyeux passent par chez nous lors de la prochaine saison festivalière…

 

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