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Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Chroniques

Harriet Lewis

Soulful stew

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Miss Lewis est originaire de Philadelphie. Au cours de sa jeunesse, elle a beaucoup chanté au sein des églises baptistes. Comme choriste. Chanteuse au caractère bien trempé, elle s’est ainsi forgé progressivement un style emprunté au blues et au jazz, mais en le teintant de nuances gospel et soul.

Gregor Hilden est guitariste. De nationalité allemande, il est aujourd’hui établi à Munster. Il fait partie intégrante de la scène blues teutonne, depuis déjà plus de vingt ans. Il compte déjà une dizaine d'albums à son actif. Mais aussi un excellent Dvd live. Intitulé "Live at the Luna Bar", il mettait en exergue un band talentueux, rehaussé par la présence de toute une série d’invités, parmi lesquels figuraient Wilson B, Jimmy Rogers, Keith Dunn et… Harriet Lewis qui chantait avec bonheur "In the heart of the city".

"Wade in the water" est un traditionnel bien familier. Harriet entame doucement les premiers couplets de cette compo, avant de puiser quelque peu dans ses réserves, par ailleurs fort bien alimentées. Pendant qu’Horst Bergmeyer (NDR : un invité) se charge de l'orgue Hammond B3, Gregor Hilden communique de l'effet au son de ses cordes en appuyant sur une pédale de distorsion. Notre chanteuse libère ses cordes vocales pour attaquer "Hard drivin' mama", un blues imprimé sur un tempo bien enlevé. Gregor prend le large lors d’un solo bien calibré, montant progressivement en puissance. Harriet est tout à fait bouleversante lorsqu’elle se fait proche, intime. Elle articule alors parfaitement, lentement, ses mots. Et "Reverend Lee" en est une belle illustration. Un morceau qu’elle interprète face à un accompagnement minimaliste. C’est-à-dire réduit à quelques notes parcimonieuses concédées par Gregor, le piano de Thomas Hufschmidt et l'orgue Hammond. De quoi nous communiquer un fameux frisson. Miss Lewis aime effleurer son micro de ses lèvres pulpeuses, largement colorées. Pas besoin de s'exciter davantage, on est presque dans la confidence. A l’instar de "Love sneaking up on you", imprimé sur un tempo délicatement R&B. Volker Winck en profite pour souffler dans son saxophone ténor tout en rivalisant avec les cordes du virtuose aux cordes, Mr Hilden. "Since I fell for you" est un blues indolent issu de la plume de Buddy Johnson, une plage notoire très appréciée en fin de soirée. Et en particulier par les couples qui s’enlacent tendrement en restant sur le même carreau. Ce que le timbre suave de l'artiste qui se sert de sa voix comme d'un instrument, entretient avec complaisance. Signée Leiber et Stoller, "On Broadway" est une autre cover ayant fait l’objet d’une multitude de versions. Celle-ci est parcourue de subtils changements de rythme et baigne au sein d’un climat subtilement jazz. Les quatre acteurs du GH Band sont au fourneau : Gregor aux cordes, Thomas au piano acoustique, Sascha Oeing à la basse et Jochen Welle aux drums. Harriet interprète ensuite remarquablement le "Dr Feelgood" d’Aretha Franklin. Un excellent blues lent qu’elle chante en y injectant toute sa passion. Gregor s’y réserve un formidable solo, en se servant d’un minimum de notes. Et les silences traduisent manifestement sa sensibilité exacerbée. Une seule plage instrumentale : "Soulful stew". Ecrite par Hilden, cette plage macère dans les sonorités d’un orgue Hammond, joué dans l’esprit de Jimmy Smith. Au sein de cet opus, blues et jazz rivalisent de raffinement ; et pourtant, en fin de parcours, il épingle un superbe blues bien rythmé : "Running and hiding". Enrichi par la présence du très bon harmoniciste allemand Thomas Felmann, ce titre est issu de la plume de Steve Booker ; cependant, il ressemble étrangement au classique de Jimmy Reed, "What you want me to do". D’excellente facture, cet album s’achève par une adaptation chantée, à la fois longue mais particulièrement originale, du traditionnel "Amazing Grace".

 

Norah Jones

The Fall

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Norah Jones est de retour. Pour le plus grand plaisir de nos mirettes et de nos oreilles. Deux ans se sont écoulés depuis la publication de « Not Too Late ». Œuvre qui annonçait en douceur un revirement folk-pop, concrétisé aujourd’hui par un quatrième ouvrage des plus respectables. « The Fall » met en lumière la capacité de la belle à s’adapter à un nouveau genre sans pour autant renier ses influences principales. La touche divinement jazzy de « I Wouldn’t Need You », « Back To Manhattan » et autres « It’s Gonna Be » est d’ailleurs présente pour en témoigner. La fillette de Ravi Shankar s’est entourée de Ryan Adams, Will Sheff (Okkervil River) et de son eternel partenaire Jesse Harris, mais continue de signer seule la majorité des compositions. Tout à son honneur. D’autant plus qu’elle excelle dans un exercice dont le résultat aurait pu s’avérer anecdotique.

Au contraire, Norah Jones signe une plaque dont une Aimee Mann, pour ne citer qu’elle, serait folle de jalousie. La New-Yorkaise se fait plaisir sans intention financière et produit une série de treize morceaux délicats (« December »), légers (« Stuck », « Young Blood », « Chasing Pirates ») et parfois même incisifs (« Man Of The Hour », « Tell Yer Mama » ou « You’ve Ruined Me », qui jouit de la participation de Marc Ribot). Aujourd’hui, Norah Jones n’est plus une excellente chanteuse de Jazz. Tout simplement une merveilleuse artiste folk-pop.

 

Fruit Bats

The Ruminant Band

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« The Ruminant Band » constitue déjà le quatrième recueil des Fruit Bats, un projet mené par un certain Eric Johnson. Le premier élément frappant, à l’écoute de cette œuvre, réside en l’indéniable ressemblance des mélodies de Fruit Bats et du phrasé de Johnson avec ceux d’un ‘petit’ combo nommé The Shins. Après avoir fouillé dans le passé de l’initiateur du projet, il s’avère que cette ressemblance est loin d’être le fruit du hasard. En effet, après la sortie de « Spelled In Bones », son troisième effort discographique, Eric Johnson s’est accordé un petit break de quatre années au cours duquel il a notamment milité au sein de la bande à James Mercer. Période qu’il a manifestement mise à profit pour emprunter quelques secrets de fabrication du quatuor d’Albuquerque.

Après avoir retrouvé ‘son’ inspiration, Johnson s’est acoquiné à quatre nouveaux musiciens, qui lui ont prêté main forte dans le processus d’élaboration de « The Ruminant Band ». En ont découlé onze petites séquences pop-rock printanières mais pas nécessairement très originales. L’ensemble résulte sur un sous-produit de The Shins. Ce qui n’est pas nécessairement fâcheux, car « The Ruminant Band » est une œuvre facilement adaptable en fond sonore, sans prise de tête. Mais le travail reste un peu léger pour un projet qui en est déjà à son quatrième essai…

Seasick Steve

…songs for Elisabeth

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Alias Seasick Steve, Steven Gene Wold est un personnage atypique dans l’univers de la musique roots contemporaine. D’origine californienne, tatoué, la longue barbe grise, ce presque septuagénaire (NDR : il est né en 1941) affiche un look de vieil ermite. Dans la vie, il a accompli une multitude de jobs ; et puis il a bourlingué à travers de nombreux pays. Il chante et joue de la guitare. On ne sait plus trop depuis quand. Il a côtoyé Janis Joplin et Joni Mitchell. Et puis, il a également participé à de multiples sessions d’enregistrement. Tant comme ingénieur du son que producteur. Il s’est établi en Norvège. En 2001. Il y concocte son premier album, "Cheap", en compagnie de musiciens locaux, les Level Devils. Il embrasse ensuite une carrière en solitaire. Et publie son premier opus solo, en 2006, "Dog House Music". Un disque qui rencontre un succès certain, notamment en Angleterre. Ce qui lui permet de se produire au cours de très nombreux festivals. Il signe chez Warner et grave un nouveau long playing, en 2008 : "I started out with nothin' and I still got most of it left", puis un Ep intitulé "It's all good". L'an dernier, il a encore édité un elpee, "Man from another time", une œuvre parue sur Atlantic. « …Songs for Elisabeth" compile ses premières œuvres. Il a choisi ce titre sous la forme d’un présent, qu’il a adressé à son épouse, Elisabeth, lors de la Saint-Valentin.

"8 ball" et "Dr Jekyll & Mr Hyde" sont issus de son premier elpee, "Cheap". Excellent, le premier morceau est imprimé sur un tempo bien carré. La section rythmique est solide. Ce qui n’empêche pas la gratte électrique de se frayer son chemin. La série de notes dispensées par le vieil homme sont récréatives. Elles peuvent rappeler un certain Albert King. Graveleux, son chant passe au second plan. Tout au long de "Dr Jekyll & Mr Hyde", il s’inspire de John Lee Hooker. Il y dispense ses sonorités métalliques, face aux percussions bien marquées. Son chant est répétitif, hypnotique. Un style réminiscent de Howlin' Wolf, au sommet de son art. "My donny" figurait sur "Dog house music". Steve est seul, chante en s’accompagnant d’un dobro acoustique. Il semble possédé par sa musique, dont il accélère le tempo, jusque la rupture finale. "Just like a king" et "Walkin' man" sont extraits d’"I started out with nothin' and I still got most of it left". La voix du loup solitaire est douce et apaisante. Une plage sculptée dans le folk blues, caractérisée par son jeu de cordes envoûtant! "Just like a king" est un titre dont il partage l’écriture avec Nick Cave. Un morceau complexe dont la structure est en progression constante. Lors de ce titre, il est soutenu par son drummer norvégien. Terriblement expressif, son timbre est remarquable. Et ses accords filtrés par le bottleneck lancinants. "My home (blue eyes)" est issu de son dernier cd. La pureté de son jeu y est mise en exergue. Reste "Ready for love", une plage inédite, bien dans le style de l’artiste. Une question me taraude quand même l’esprit : nonobstant le talent de Seasick Steve, difficile de comprendre pourquoi son blues acoustique sans concession a acquis une telle popularité ?  

 

Petula Clarck

Aye-Aye-Aye

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Ne pas confondre Petula Clarck et Petula Clark, actrice et chanteuse britannique de variétés ayant rencontré un énorme succès à travers le monde, mais surtout en France et en Grande Bretagne, entre 1949 et 1970 (NDR : son plus gros tube, « Downtown », avait fait un carton en 1965 !). C’est vrai que la similitude orthographique est flagrante ; mais la différence musicale l’est tout autant. Attention, la surprise pourrait être fatale !

Petula Clarck (avec un ‘c’ donc) est un duo montois pratiquant un post punk particulièrement prisé au sein de cette mouvance. « Aye-Aye-Aye » constitue leur premier elpee. Il est découpé en 20 morceaux étalés en moins de trente minutes ; d’ailleurs, seuls cinq titres dépassent les cent-vingt secondes. La formule est rituelle : une guitare fortement électrisée s’épuise sous les coups de butoir des drums déchaînés. Pas question ici de timbre tout en finesse cher à la cantatrice british. Non, hormis quelques rares bribes de chant, les vocaux sont réduits à des onomatopées vociférées, comme chez le Singe Blanc. Rapidité et puissance sont les deux mots clés pour décrire la musique de Petula Clarck. Une exception qui confirme la règle : « Coyote ». En ralentissant quelque peu le tempo, l’auditeur a ainsi le temps de reprendre son souffle, avant de repartir à l’assaut. Idéal pour se réveiller. Imparable en live. Les deux Montois n’en demandent pas plus et nous non plus, soit dit en passant. Certes l’expression sonore du tandem ne va pas révolutionner le genre. Mais pourquoi changer une formule qui a fait ses preuves ? Les amateurs adopteront Petula Clarck, les autres passeront leur chemin. Et puis soyons franc, un sentiment de satisfaction m’envahit toujours lorsqu’un groupe belge affiche un tel potentiel.

 

My Diet Pill

Beautiful Girls Like Science-Fiction

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My Diet Pill ? Quel drôle d’oiseau ! Vu son emballage tape à l’œil et ses couleurs chatoyantes, on se demande rapidement si le ramage vaut bien le plumage. La galette est livrée avec un book. Assez intriguant. Du style Comics Marvel, où des super héros vont casser les antennes à des cafards géants et les super héroïnes arborent des nibards hyper fermes enserrés dans des bonnets 110 E.

“Beautiful Girls Like Science-Fiction” cumule donc compact-disc et bande dessinée. Comique comme approche ! Mais ce stratagème n’est-il pas destiné à nous en mettre plus dans la vue que dans les oreilles ? Honnêtement, un petit peu quand même. Pas que la formation française soit constituée de bras cassés ; loin de là. Mais si l’originalité procède de l’emballage, elle fait largement défaut dans son contenu.

Les accents rock teenager (« Cockroach Blues »), le rock garage (« Alice ») voire les faux airs de Maxïmo Park ou encore de Bloc Party (« Drowning Man », « ABC on The Bell ») laissent une impression de déjà entendu, plutôt marquante. Cette carence d’identité est en outre accentuée par les 10 remixes des 5 premiers morceaux du disque. De quoi s’emmerder grave ! Ou de zapper sans scrupules, en imaginant une intention de nous mettre en couleur ! C’est un Ep ? Ah, bon !

Pourtant, la formation ne manque ni de bonne volonté, ni de talent. Et elle est manifestement susceptible de construire son propre univers sonore. Sans oublier l’excellent boulot accompli lors des arrangements et de la mise en forme. Etonnant, non ? Alors pourquoi ce mimétisme ?

R.J. Mischo

Knowledge you can't get in College

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RJ Mischo est un excellent harmoniciste. Ce n’est pas encore un vétéran, mais il compte déjà vingt bonnes années de carrière au compteur. En outre, il jouit encore et toujours d’une solide réputation sur la scène contemporaine. Il se considère même comme un monarque de l’harmo. D’ailleurs, lorsqu’il est photographié, il aime poser la tête ceinte d'une couronne. Il a opéré ses débuts à Minneapolis, sous l'œil bienveillant de Mojo Buford, autre souffleur qui avait milité au sein du band de Muddy Waters. Il monte sa première formation en compagnie du guitariste Teddy (alors Kid) Morgan et du chanteur noir Percy Strother. De ce projet naîtra un elpee : "Ready to go". Publié en 92. Au cœur des années 90, il tourne régulièrement en Europe et signe deux opus pour l’écurie allemande Crosscut : le live "Rough 'n' tough" et "Cool disposition". Respectivement en 96 et 97. En 1998, RJ émigre sur la côté Ouest des States. A San Francisco, très exactement, où il ne tarde guère à se faire une solide réputation. Il enregistre régulièrement et participe à deux volumes des "Blues Harp Meltdown", pour le label Mountain Top, et concocte un superbe album en 99, "West wind blowin'". Il participe au projet Downhome Super Trio, en compagnie de Frank ‘Paris Slim’ Goldwasser et du drummer Richard Innes, une aventure immortalisée par le long playing "Live at Lucerne Jazz Festival", un disque à nouveau publié chez Crosscut, en 2003. Il commet encore, toujours pour la même boîte, "Meet me on the coast" la même année et "He came to play" trois ans plus tard. Son dernier cd, "King of a mighty good time" date de 2008. Depuis, il s'est installé à Fayetteville dans l'Arkansas.

“Knowledge you can't get in College” constitue donc déjà son dixième album. Et pour le confectionner, il est retourné en Californie, du côté de San José, dans le studio Greaseland du guitariste Chris ‘Kid’ Andersen. Il a en outre reçu la collaboration de professionnels du style : Kid Andersen et Rusty Zinn aux guitares, Sid Morris aux claviers, June Core aux drums et Kedar Roy à la basse. Rien que du beau monde!

La ‘connaissance’ de Mischo s’ouvre par "Two hours from Tulsa", une compo évoluant sur le rythme d’une rumba. Les deux gratteurs sont à l'affût ; mais c'est le Kid qui décroche le droit de sortie. Toujours aussi inspiré, l'homme du nord ne concède que les notes qui tuent. Il est toujours au sommet de son art. Au sein du décor sonore, Zinn écrase modestement une pédale. RJ souffle judicieusement dans son instrument chromatique. Tout en jazz et swing, "Too cool for school" est un instrumental court, nerveux et rapide. La section rythmique est mise à l'épreuve. Kedar Roy assure pourtant sur sa lourde contrebasse acoustique, tout comme June Core derrière ses fûts, à l’instar de Matthew Dallonge, l'œil rivé sur la silhouette féline de son leader. Le titre maître démarre en puissance. Une compo qui avait forgé la notoriété de Slim Harpo, sur les routes humides qui reliaient la Louisiane au Texas voisin! Mischo chante "Little Joe" d'une voix soul. Une ballade légère et atmosphérique baignant au sein d’un climat empreint d’une grande sérénité. June et Rusty entretiennent de subtiles percus à l’aide de leurs mains, alors que Lisa Lou y pose son timbre féminin. Le sextet est vraiment convaincant tout au long d’"Ain't nothin' new", une plage légèrement R&B, illuminée par la guitare largement amplifiée de Rusty Zinn. Une petite perle dans le style, digne d’un certain Paul Butterfield. Sid Morris s’installe derrière son piano pour introduire "Ruthie Lee", une compo issue d’un autre pianiste légendaire, Roosevelt Sykes. Une bonne tranche de Chicago blues caractérisée par les excellents soli d'Andersen et RJ. "Big plans" et "Rich cat" évoluent dans un même registre, tout en poussant Rusty Zinn à l'avant-plan. Imprimé discrètement sur un tempo boogie, le "Please don't leave" de Big Lucky Carter est certainement un des meilleurs morceaux de l’elpee. Très en verve, Zinn y tire parfaitement son épingle du jeu. Accrocheur et hypnotique, "Don't look twice" emprunte un thème proche de Slim Harpo. Mischo souffle à la manière de Sonny Boy Williamson II, sur un autre instrumental intitulé "Teacher's pet". "Devil's love sin"/The wrong man" est un medley relevant successivement des plumes de Walter Vinson et Mojo Buford. L’immersion dans les profondeurs du Chicago Souhside est totale. Et lors de cette adaptation, Mischo est vraiment dans son élément. Les rythmes syncopés de la Nouvelle Orléans envahissent "Down in the bottom", Sid se chargeant de baliser le tout de ses ivoires. RJ se retire en toute quiétude en interprétant le "Mama don' t tear my clothes" de Snooks Eaglin. Un excellent album!

 

Midlake

The Courage of Others

Écrit par

Si à l’instar de votre serviteur, vous avez pleuré de bonheur en écoutant « The Trials of Van Occupanther », l’annonce de la sortie du dernier opus de Midlake vous aura certainement fait frémir de plaisir. Paru en 2006, ce précédent long playing exhalait un parfum folk 70’s à la fois puissant et cristallin. Il avait presque touché au sublime et une sensation extrême de bien-être vous avait alors envahi. Conservez ces instants de grâce en mémoire avant de passer à l’écoute de « The Courage of Others ». Car il vous sera nécessaire, une nouvelle fois, d’accepter de voyager sans boussole, sur la frégate des Texans ; et ce, sans jamais douter des capacités des explorateurs qui vous guideront. Mais à l’instar du précédent elpee, ces derniers feront tout ce qui est en leur pouvoir pour vous préserver d’une quelconque violence extérieure.

Dès l’ouverture, les alchimistes de Midlake vous servent un subtil cocktail de romantisme, grâce et volupté. Tissant ensuite des mélodies cotonneuses en toute discrétion, mais en y injectant une puissance éblouissante. Simples et délicates, les envolées décrivent sans cesse les mêmes ellipses. Avec ce petit air inexplicable de Malicorne, les Américains se posent en ménestrels, en troubadour de la cour. Sur des rythmes de tambourin, ils emboîtent le pas à des souffleurs de fifre pour une balade dans des sous-bois magiques. Et c’est tout naturellement que nous suivons la troupe, sans se soucier de l’heure ni de la fraîcheur des lieux.

Partagé en onze itinéraires, « The Courage of Others » s’étale sur 40 minutes. Suffisant pour se laisser totalement envoûter par la tessiture de coton noble tramée patiemment par Midlake. Une telle œuvre ne s’écoute pas d’une oreille distraite tout en vaquant à d’autres occupations. Il exige une certaine forme d’intériorisation ; un réel détachement du monde réel qui nous entoure. Il est aussi très susceptible de modifier le fil de votre existence…

 

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