L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Biohazard 8/8/26
Chroniques

Kings Of Convenience

Declaration of Dependence

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« Declaration of Dependence » illustre parfaitement l’histoire qui lie les deux Norvégiens de Kings of Convenience. Deux amis d’enfance nés près des majestueux fjords de Bergen et, surtout, intrinsèquement atteints de connivence et de complémentarité. Binôme où chacun trouve sa place, où nul ne s’empare du territoire musical de l’autre. Issus d’influences singulières, ils parviennent néanmoins à créer un univers sonore commun et cohérent. Alchimie parfaite qui se fait délicieusement sentir sur leur troisième elpee.

« Kings of Convenience », c’est d’abord l’excentrique Erlend Øye (chant/guitare/clavier), artiste atypique à la silhouette d’adolescent dégingandé, au visage flanqué de lunettes époque Brejnev et fan absolu de ‘Data Pop’. Jeune extraverti qui arpente volontiers le monde blasé de l’électronique et de la culture club. Ensuite, l’introverti Eirik Glambek Bøe (chant/guitare) affiche un charme scandinave plus discret. Douce fragilité qui caractérise la remarquable voix douce et chaleureuse du chanteur norvégien.

Une union sacrée qui s’imprime de sensibilité et de suavité naturelles sur les microsillons de la galette. Album aux arrangements musicaux de velours à l’image du titre de leur intemporel premier opus sorti en 2001, « Quiet is the New Loud » : guitares acoustiques et inspiration puisées chez Nick Drake sur un voile transparent derrière lequel on pourrait apercevoir les silhouettes de Simon & Garfunkel. Un folk à la fois classique et contemporain qui marque le renouveau d’un genre éternel. La légèreté des guitares acoustiques, la finesse et la limpidité des mélodies chagrinées s’enlacent sur des voix en surimpression. La voix plus frêle d’Erlend s’imprime naturellement sur le timbre chaleureux d’Eirik qui sublime les textes et, ensemble, construisent un folk harmonieux et cristallin. Pop/folk romantique aux apparences parfois simplistes et mielleuses mais jamais mièvre. Au contraire. On observe une facilité mélodique innée chez ces deux artistes. Antithèse parfaite d’un indietronica contemporain saturé d’electronica ou d’IDM.

« Mrs Cold » incarne joliment l’esprit ‘Kings of Convenience’ 2009. Un morceau qui dessine des fjords majestueux dont les vagues de brume se briseraient mystérieusement sur le sable ensoleillé et chaud de Copacabana. Une sorte de voyage intérieur et intimiste qui partirait de Norvège pour croiser l’Angleterre de Nick Drake et se poser enfin sur le sol brésilien de João Gilberto. 

Treize pistes qui globalement nous transportent au cœur d’un convivial chalet norvégien habité de douceurs mélodiques folk caressant l’âme autour d’un feu de bois qui ne s’embrase jamais.

Incontestablement l’un des meilleurs albums pop-rock de cette année 2009 à l’atmosphère parfaite pour réchauffer vos longues soirées qui frissonnent d’hiver.

 

Jeniferever

Spring tides

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Imaginez le chaînon manquant entre Mogwai et Cure (NDR : circa « Pornography »), et… oui, j’admets, c’est un peu réducteur, mais au moins l’expression sonore dispensée par cette formation suédoise vous sera déjà un peu plus familière. Un quartet fondé en 1996 et dont le « Spring tides » constitue seulement le second elpee, leur parcours recensant quand même quelques singles et Eps. Kristofer Jönson en est le chanteur/guitariste (parfois aussi claviériste). Et son timbre vocal campe un hybride entre Robert Smith et Peter Gabriel. Une voix qui colle à merveille à ce style musical mélancolique, parfois emphatique, souvent luxuriant qui puise aussi probablement ses sources chez Sigur Rós, Mew, The Appleseed Cast voire même Okkervil River (« Sparrow hills »). Mais trêve de références, passons au contenu de cet opus.

Partagé en dix plages, dont certaines sont particulièrement longues, il baigne dans un climat le plus souvent languissant, atmosphérique, propice aux flux et reflux. Des compos régulièrement construites en crescendo. Sur un mid tempo ou alors carrément slowcore. Encore que parfois ce faux rythme peut virer vers le tumulte voire le chaos. Aux guitares bringuebalantes, sinueuses, reverb, shoegaze ou frénétiques, viennent se greffer tour à tour une ligne de basse palpitante, des arrangements symphoniques, des claviers fluides, des chœurs diaphanes ou des accords de piano sonore ainsi que circonstanciellement des cuivres (NDR : et en particulier sur la plage centrale, « Nangilaja », un morceau de plus de neuf minutes, inspiré par le conte pour enfants d’Astrid Lindgren, qui traite paradoxalement de thèmes aussi douloureux que la maladie, la mort, la tyrannie, la trahison et la rébellion). Certaines chansons s’abandonnent néanmoins dans la mélancolie douce, alors que d’autres communiquent un certain sentiment d’angoisse. Bref, une œuvre de toute bonne facture qui aurait mérité une mention particulière, si certains morceaux ne tiraient pas trop en longueur…

 

Snow Patrol

Up To Now

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Fêtes de fin d’années oblige, tous nous balancent leurs ‘Greatest Hits’, ‘Best Of’ et autres compiles servant à renflouer les caisses. Comptant cinq ouvrages à leur actif, les Ecossais de Snow Patrol n’allaient certainement pas se priver de suivre le mouvement. Et ils ont bien raison, les garçons. Après avoir galéré une demi-douzaine d’années sans parvenir à se forger un nom (« Songs For Polar Bears », « When It’s Over We Have To Clear Up », passés relativement inaperçus), le quatuor a trouvé la parade, dès 2004, en signant chez Universal. S’ensuit la publication de « Final Straw » ainsi que de ses singles « Run », « Spitting Games » et « Chocolate », tous devenus des cartons commerciaux en Grande-Bretagne. Les comparaisons évidentes n’ont pas trainées, mais Snow Patrol est parvenu à garder le cap en enchaînant deux ans plus tard un « Eyes Open » qui lui a ouvert tout grand la porte de la reconnaissance internationale. En cause, « Chasing Cars », le hit incontournable diffusé ad nauseum.

« Up To Now » retrace l’histoire de la formation, depuis 1998 à nos jours, en 30 morceaux répartis sur deux disques. Une décennie et des poussières émaillée de véritables réussites (« Chasing Cars », l’énorme « Run » repris récemment par Leona Lewis, « Spitting Games », « Shut Your Eyes », le magnifique « Set The Fire To the Third Bar » enregistré en compagnie de Martha Wainwright) mais également d’instantanés anodins (« Open Your Eyes », « Take Back the City », « You’re All I Have », « Starfighter Pilot »). Plus qu’un ‘Greatest Hits’, « Up To Now » propose également flip sides, raretés, extraits ‘live’ (dont la très dispensable reprise du « Crazy In Love » de Beyoncé) et autres inédits. L’occasion également de (re)découvrir The Reindeer Section, l’espace de deux morceaux (« Cartwheels », « You Are My Joy »). Il s’agit du projet mené par Gary Lightbody, regroupant des membres de, notamment, Teenage Fanclub, Belle & Sebastian, Idlewild et Arab Strap ; et dont la discographie compte déjà deux travaux à écouter de toute urgence.    

« Up To Now » n’est donc pas réservé exclusivement aux fans hardcore de Snow Patrol. Il s’adresse d’ailleurs essentiellement à ceux qui n’ont découvert la formation qu’après la sortie de « Final Straw », voire du single « Chasing Cars ». Un régal ! A condition de ne pas être allergique aux ‘blockbusters’ radiophoniques.

 

Joker’s Daughter

The Last Laugh

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Où et quand s’arrêtera-t-il ? L’infatigable Brian Burton, plus connu sous le nom de Danger Mouse, poursuit tranquillement sa ronde musicale. Après des travaux solos (le fameux « Grey Album ») ou au sein de Gnarls Barkley, des productions pour le compte de Beck, Gorillaz, The Black Keys, et autres collaborations opérées en compagnie de Sparklehorse, Burton s’associe à la musicienne et chanteuse anglo-grecque Helena Costas pour former Joker’s Daughter. « The Last Laugh » est le résultat d’une association entamée en 2003, lorsque Costas avait refilé au producteur quelques démos qui avaient provoqué leur petit effet sur ce dernier. 

Six ans plus tard, le projet a enfin pris forme. Le duo délivre une première série de quatorze ritournelles à la production inévitablement bien léchée. D’ailleurs, c’est essentiellement sur la mise en forme que repose tout l’intérêt de la plaque. La voix de Costas, à priori plutôt banale, prend tout sens lorsque les premiers bidouillages de Danger Mouse font leur apparition. La combinaison de ces deux sources débouche alors dans un univers folk on ne peut plus décalé. Les mélodies sont ultra-fouillées et peuvent parfois emprunter une tournure surprenante (« Chasing Ticking Crocodile », « The Running Goblin », « Jessie the Goat »). En attendant la concrétisation de son projet en compagnie de James Rercer (The Shins), le désespérément talentueux Danger Mouse, dont le Cv s’enrichit d’une réussite de plus, peut dormir sur ses deux oreilles.

 

Mattias Hellberg

Out Of The Frying Pan, Into The Woods

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Mattias Hellberg et son élan blanc font la paire. Juché sur son animal de compagnie, Hellberg procède à une cueillette de champignons au bord d’une mer (!) magnifiée par un joli coucher de soleil et surplombé de nuages aux formes de sirènes. Le Suédois, sosie parfait de Devendra Banhart, joue la carte du psychédélisme et de la dérision au sein d e « Out Of The Frying Pan, Into The Woods », un premier essai délirant. Mattias Hellberg et son backing band, au sein duquel on retrouve Ludwig Dahlberg de The (International) Noise Conspiracy, ne se prennent pas au sérieux et cela s’entend.

L’ensemble bouillonne d’idées exécutées de façon assez décousue. Et malgré ce manque de cohérence, le disque parvient à capter l’attention pour ne pas la relâcher. Le beatnik joue de ses influences sans pour autant tomber dans le piège de l’imitation. Au-delà de la voix plutôt banale de l’interprète, ce sont essentiellement les envolées électriques de morceaux tels que « Foggy Day » ou « Why Is It So ? » et les mélodies hallucinées et hallucinogènes de « Final Call », « Love In Need » et « White Moose XXX-Mas » qui font de ce « Out Of The Frying Pan, Into The Woods » une galette à écouter de toute urgence, sous influence. Ou pas…

 

 

Cobra Killer

Uppers & Downers

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Cobra Killer ou la formation au nom qui fait peur. Gina V. D’Orio et Annika Line Trost, deux anciennes disciples d’Alec Empire, n’en sont pas à leur coup d’essai. Actives depuis 1998, les deux Berlinoises inscrivent « Uppers & Downers » sur la cinquième ligne de leur discographie. Intrigante, parfois surprenante, l’œuvre du duo divague entre metal et pop/rock des sixties. Cobra Killer se paie un délire trois étoiles, rassemblant ‘la haute’ de la scène alternative. J. Mascis (Dinosaur Jr.), Thurston Moore (Sonic Youth) et Jon Spencer donnent un sacré coup de main aux Teutonnes qui, sans l’intervention de ces invités, seraient à nouveau passées sous le radar.

« Uppers & Downers » est un recueil efficace. Il perd cependant un peu de sa superbe, à cause de son côté trop répétitif et donc lassant. Un peu comme si les idées bourgeonnaient dans la tête de Trost et D’Orio mais qu’elles exploitaient celles-ci avant même qu’elles ne parviennent à maturité. Les deux filles se sont manifestement fait plaisir. « Uppers & Downers » aurait eu davantage d’impact si elles n’avaient pas oublié l’auditeur en chemin.

 

Chicks On Speed

Cutting The Edge

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Non contentes d’exécuter l’une des pires prestations ‘live’ lorsqu’elles sont sur les planches, les Chicks On Speed continuent le massacre. Le quatuor, pourtant responsable de quelques pépites electroclash (« We Don’t Play Guitars », « Fashion Rules »,…), déboule armé d’un quatrième ouvrage doublement dispensable.

« Cutting The Edge » est un cortège de 23 morceaux partagé en deux disques submergés d’idées pseudo-expérimentales, brouillonnes, mal exploitées et/ou faussement délirantes. Anat, Kathi, Melissa et Alex tentent désespérément d’allier musique et mode sans parvenir à transposer adéquatement leur intention. « Cutting The Edge » n’est ni élégant, ni excitant. La formation n’est d’ailleurs pas très loin de la vérité lorsqu’elle intitule l’un de ses morceaux « Worst Band In The World ». Les quatre filles dans le vent se sont manifestement pris une tempête dans la gueule…

 

Why ?

Eskimo Snow

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A l’écoute d’« Eskimo Snow », on est en droit de se demander ce qui est passé par la tête de Yoni Wolf et sa meute. Why?, figure de proue du label Anticon, propose un quatrième ouvrage à mille lieues de la qualité à laquelle la formation nous avait habitués. Que les fans ne s’attendent surtout pas à un condensé jouissif d’abstract hip-hop tel que dispensé sur les excellents « Oaklandazulasylum » ou « Elephant Eyelash ». Ici Wolf propose dix morceaux à tendance pop, dans la continuité du virage pop d’« Alopecia » et au sein duquel seuls les véritables inconditionnels trouveront leur bonheur.

En lieu et place d’un véritable recueil, « Eskimo Snow » est en fait une suite de chutes tirées des sessions d’enregistrement d’« Alopecia ». Ce qui explique peut-être le manque de cohérence et de particularité de cette plaque. Why? explore ses fonds de tiroirs sans la moindre finesse. Sur dix morceaux, un seul fait la différence : « This Blackest Purse ». « Eskimo Snow » est une offense au label Anticon qui doit certainement y reconnaître un intérêt beaucoup plus financier qu’artistique…

 

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