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Tommigun fait de vieux os…

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Chroniques

Blitzen Trapper

The Black River Killer (Ep)

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Après avoir concocté trois elpees de toute bonne facture, Blitzen Trapper nous propose un Ep 7 titres joyeusement baptisé « The Black River Killer ». Vu le titre, on pouvait donc s’attendre à se farcir une musique ténébreuse et aride. Fausse impression car les morceaux proposés sur ce disque sont plutôt variés et pas nécessairement tristes.

Se plonger dans la musique de Blitzen Trapper, c’est avoir le grand ouest américain à portée d’oreille. Adepte du storytelling à la Townes Van Zandt, le groupe conte de sombres histoires issues de l’imaginaire ‘western’ classique. Mais le combo a le bon goût d’inoculer une foultitude de références dans sa solution sonore. Depuis Tom Petty à Johnny Cash, en passant par Bowie, TRex, Lynyrd Skynyrd, Wilco, Conor Oberst, My Morning Jacket, les Fleet Foxes, et j’en passe. Le tout en injectant un zeste d’électro. Alors, « The Black River Killer » ou comment faire sonner de manière moderne de vieilles recettes américaines ?

Cet Ep s’ouvre par le morceau maître. Une belle ballade entraînante et équilibrée. Eric Earley se réserve les vocaux, tandis que ses musiciens-cowboys tiennent magnifiquement la route. Surprise, les claviers épousent un profil quasiment hip-hop (!!!) (NDR : 2 Pac n’était-il pas un cowboy du XXème siècle dans « California » ?). De quoi apporter une touche contemporaine à la compo et surtout l’empêcher de sombrer dans le pur revivalisme. Une excellente entrée en matière et manifestement, le titre le plus réussi de ce disque. Le second morceau est également convaincant. S’ouvrant sur les accents d’un harmonica ‘dylanesque’, « Silver Moon » se transforme rapidement en comptine folk enjouée. Malheureusement, la suite fait un peu pâle figure. Une situation qu’on retrouve souvent sur des Eps précédant la sortie d’un nouvel opus. S’inspirant vaguement de Cat Stevens voire Coldplay « Going Soon » et « Shoulder Full Of You » sont parfaitement anecdotiques. Irrigué par des claviers chatoyants, réminiscents de l’album bleu de Weezer, « Preacher’s Sister » relève quelque peu la tête. Quoique pour l’originalité, faudra repasser.

Bref, si le sextet de Portland Trapper demeure à mes yeux (NDR et à mes oreilles), un groupe incontournable, j’espère simplement que son prochain elpee sera de la trempe des deux premières plages de cet Ep. Dans ces conditions, on n’aura aucun souci à se faire : Blitzen Trapper devrait alors encore frapper fort… (NDR : ça rime !)

 

Dizzee Rascal

Dirtee Cash (single)

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Après avoir commis les bombes « Dance Wiv Me », « Bonkers » ou encore « Hollyday », Dizzee Rascal nous sort son ultime ( ?) tube tiré de son dernier opus « Tongue N’Cheek », paru dans le courant du mois de septembre 2009. Intitulé « Dirtee Cash », cette pépite 90’s bonne à diffuser en trombe sur les dancefloors, contient en réalité des samples de « Dirty Cash », chanson originale du combo britannique The Adventures Of Stevie V, célèbre formation dance qui a sévi au cours des années 90. Kitsch à souhait, le titre ne manquera certainement pas de raviver la flamme dance que tout le monde garde secrètement. Perso, je l’assume clairement ! Par contre, le remix de ce morceau opéré par Sub Focus est totalement à côté de la plaque. Big beat, changement de tempo et sonorités assourdissantes. Pas de quoi pavoiser !

 

The Rebel Yell

Love & War

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Derrière The Rebel Yell se cache James Poyser, un travailleur de l’ombre dont la carrière a déjà été récompensée d’un Grammy Award. Fatigué de traîner dans les coulisses pour le compte de Queen Latifah, The Roots, Common, Erykah Badù ou encore D’Angelo, Poyser agrippe le projecteur et le tourne en direction de son nouveau projet. « Love & War » nous est présenté comme un condensé de ‘misfit R’n’B’ (R’n’B décalé), se dressant contre les clichés du style.

Certains morceaux (« Children Of The Stars », « Army Of Misfits », « Spend The Night », « Everybody’s Doing It ») font honneur à un genre qui, malgré ce que la bio tente de nous faire croire, ne date pas d’hier. Mais l’ensemble est loin d’être à la hauteur de ses promesses. On pointera essentiellement du doigt l’uniformité et la prévisibilité de plusieurs extraits qui deviennent très vite lassants (« Save The World », « Get Off », « Love & War », le très Black Eyed Peas « Heartbreak 101 », « Denial »). Dès lors, il en faudra beaucoup plus à The Rebel Yell pour arriver ne serait-ce qu’aux chevilles de Outkast, les véritables représentants du ‘misfit R’n’B’.

 

Cumulo Nimbus

Totensonntag

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Nos voisins allemands sont très friands de Métal Médiéval. On ne compte plus les formations germaniques pratiquant ce style, dont les plus célèbres représentants répondent aux noms d’In Extremo, Subway To Sally, Morgenstern, Schandmaul et Adaro. Les Bavarois de Cumulo Nimbus sont les derniers à vouloir s’essayer au petit jeu de la fusion du métal lourd et des instruments médiévaux authentiques. Cherchant probablement à se montrer un peu plus subtil que ses compatriotes, le sextet qualifie sa musique de ‘Renaissance Metal’ plutôt que de ‘Medieval Metal’. Aux instruments traditionnels du heavy métal, comme la guitare, la basse et la batterie, viennent donc se greffer des flûtes, une cithare, des percussions, quelques cuivres et un violon. Ce dernier, plus présent que les autres instruments, rapproche le style de Cumulo Nimbus de celui de Subway To Sally. Les vocaux, partagés entre la quasi-totalité des membres du groupe sont chantés en allemand. Un choix pas très séducteur, il faut le reconnaître. Bien qu’agréable à écouter, « Totensonntag » n’apporte pas grand-chose de plus à la pléthore de disques existant déjà dans ce genre où tout semble avoir déjà été fait. Sympa, sans plus.

 

D.O.A.

Kings Of Punk, Hockey and Beer

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D.O.A. est le plus légendaire des groupes punk/hardcore canadiens. Actif depuis 1978, Joey ‘Shithead’ Keithley, le guitariste/vocaliste et unique survivant du combo originel a toujours défendu, dans sa musique et dans ses actes, des opinions bien tranchées sur des causes aussi diverses que le racisme, la globalisation, la liberté d’expression ou l’environnement. Pour son nouvel album, le keupon du grand nord a décidé d’adoucir un peu le ton en parlant des autres sujets qui lui tiennent à cœur : le punk, le hockey et la bière. Qualifier « Kings Of Punk, Hockey and Beer » de ‘nouvel album’ est peut-être un peu exagéré ; car il ne s’agit en fait que d’une compilation de titres déjà publiés sur d’autres disques ou d’inédits dont le point commun se situe dans le traitement des mêmes sujets. C’est-à-dire les deux sports nationaux canadiens. A savoir : le hockey et l’ingurgitation de bière au litre. Si cet opus ne réinvente pas vraiment la roue, il a quand même le mérite d’être extrêmement sympathique. Treize titres punk, ‘old school’, entraînants et donnant une furieuse envie de chanter à tue-tête. Comme pour les règles du hockey, il faut probablement être canadien pour comprendre toutes les ‘subtilités’ et allusions contenues dans les textes se référant au hockey. Pas grave, on se rabattra sur ceux qui parlent de bière.

 

Monsters Of Folk

Monsters Of Folk

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Depuis le début des années 2000, les projets de supergroupe ne cessent de se multiplier. Tous veulent unir leurs forces créatives dans le but de délivrer l’un ou l’autre recueil potentiellement incontournable. L’initiative peut s’avérer aussi bien fructueuse pour certains (Tomahawk, Last Shadow Puppets, The Dead Weather, The Raconteurs, Them Crooked Vultures…) que mitigée voire totalement dispensable pour d’autres (Velvet Revolver, Audioslave, Mongrel, +44, …) Monsters Of Folk est l’une des dernières formations à s’inscrire dans cette mouvance. Et, ironique ou pas, les petits gars avaient plutôt intérêt à assurer en affichant un nom pareil. D’autant que le projet aura germé près de cinq ans dans l’esprit de ses géniteurs. C’est en effet en 2004 que M. Ward, Jim James (My Morning Jacket), Conor Oberst et Mike Mogis (Bright Eyes) ont uni leurs forces pour la première fois lors d’une tournée commune. Cinq années plus tard paraît « Monsters Of Folk », l’aboutissement de cette collaboration presque inévitable.

L’union des quatre songwriters débouche sur une jolie suite de morceaux alt-country et, forcément, folk dont la force réside en des mélodies simples et harmonieuses, rappelant souvent les travaux de Crosby, Stills, Nash & Young. Oberst, James et Ward se partagent le micro de manière plus ou moins équitable. Le mariage de leurs trois voix s’écoule sans effets et en toute cohérence au cœur de compos entêtantes (« Map Of The World », « Say Please », « Man Named Truth », « Whole Lotta Losin’ »…), quand elles ne sont pas tout simplement électrisante (« The Sandman, The Brakeman And Me », « His Master’s Voice », …). Une petite ombre se dresse cependant sur le tableau. Le morceau le plus excitant de la plaque, l’hautement magnétique titre d’ouverture « Dear God (Sincerely M.O.F.) » porte la patte ‘My Morning Jacket’ de la première à la dernière note. Big Jim tenterait-il de piquer la vedette à ses collègues, l’air de rien ?

 

Al Basile

Soulblue 7

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Al est un artiste complet. Trompettiste (NDR : il joue surtout du cornet !), chanteur et compositeur, il jouit également d’une solide réputation comme écrivain et poète. Il a milité au sein du Roomful of Blues, le célèbre big band de Rhode Island. Il a ensuite embrassé une carrière de professeur. A la fin des années 80, le célèbre guitariste Duke Robillard lui demande de l’épauler. Et notre artiste de reprendre goût à la carrière musicale. Il concocte ainsi "Down at Providence Plantation", son premier elpee solo, en compagnie du Duke Robillard Band au grand complet. Depuis, il édite régulièrement de nouvelles œuvres, dans un style, à chaque fois, sensiblement différent.

Vous l’aurez deviné, ce "Soulblue 7" constitue le septième chapitre de cette aventure personnelle. Pour la circonstance, il est consacré au blues et à la soul. Lors des sessions d’enregistrement de cet elpee, il a bénéficié du concours de collaborateurs notoires. Et pour cause, le Roomful of Blues a été pratiquement reconstitué. Soit le guitariste Robillard, le bassiste Marty Balou, le drummer Mark Teixeira, le claviériste Bruce Katz et trois cuivres tout aussi balèzes ; en l’occurrence Rich Lataille au sax alto, Doug James au sax ténor et baryton ainsi que Carl Querfuth au trombone. Al signe bien entendu les treize plages ; son ami Duke, se chargeant de la mise en forme.

"Housekey blues" est une ouverture royale. Les percussions de Marty s'installent et progressivement Duke égrène ses chapelets de notes sur le rythme d'un mambo. La voix d'Al est claire et puissante. Le décor sonore s’enrichit des cuivres et de l'orgue Hammond. Basile se réserve son premier billet de sortie. La sonorité émanant de son cornet est feutrée. Il cède aussitôt le relais à Bruce, avant que Duke n’embraie à son tour. "Dollar to a dime" trempe dans un climat subtilement swing. Le ton est emprunté au jazz. Les cuivres sont discrets. Katz est passé au piano. Le cornet s’affranchit à nouveau. Al est bien un maître de cet instrument ; même si dans le passé il l’a trop peu souvent mis en exergue. "You showed me something" épouse un même profil rythmique. Très jazz cette compo conjugue à merveille le piano et le sax ténor de Doug James. Mais Basile y manifeste également son talent naturel d’instrumentiste. Et honnêtement, je pense qu’il s’agit de la première fois qu’il montre autant le nez à la fenêtre. Slow blues royal, "Lonely are the brave" concède des accents dramatiques, presque tragiques. La six cordes de Robillard est émouvante. Le cornet magique d'Al bouleversant. C’est beau à pleurer ! Cette condamnation à la solitude trahit une telle intensité et une telle profondeur dans l'expression des sentiments éprouvés par les différents acteurs. "I hope you're right" emprunte une forme davantage R&B. Dansante même. Le climat presque pop semble couler de source et accorde des billets de sortie épatants à Duke et Bruce. Et on n’est pas au bout de nos surprises, puisque le reggae s’invite pour "Causing joy". Profilée sur une rythmique répétitive, "This dream (still coming true)" est une longue fresque illuminée par l’intervention au cornet et tapissée par l'orgue à la Jimmy Smith de Kats. Ballade lente, savoureuse, impeccable, "Where are you tonight?" pioche dans le meilleur de Stax. Une chanson d’amour qui transpire le vécu. Invité pour la circonstance, Gordon ‘Sax’ Beadle vient souffler toute sa passion dans son sax ténor. L’étiquette ‘Stax’ pourrait également être collée à "Give it like you get it". Du Memphis R&B très dansant, libérant énormément de groove et destiné à servir de rampe de lancement au cornet devenu intenable. Et le Duke en profite pour se réveiller. Indolente, chaleureuse, "Fool me again" est encore une autre ballade au cours de laquelle tous les instruments s'emboîtent parfaitement. Alors que l'opus s’achève, une étincelle basique de blues jaillit. Et enflamme "Termites in my basement", un morceau très downhome et dépouillé. La section rythmique est discrète mais efficace. Les cordes acoustiques et les accords de piano judicieux. Et c’est l’ami Sugar Ray Norcia en personne qui vient souffler dans l’harmo. Si « Soulblue 7 » n’était pas signé Al Basile, on pourrait le considérer comme le meilleur album de Roomful of Blues, édité depuis bien longtemps ; mais inutile de polémiquer, les mélomanes en tireront eux-mêmes les conclusions… Excellent!

YACHT

See Mystery Lights

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Il a pris son temps, mais il y est finalement parvenu. Jonathan Bechtolt, délivre enfin le disque de la reconnaissance. Et il n’aura fallu qu’un tube (« Summer Song ») et une tournée accomplie en compagnie de LCD Soundsystem pour que la presse spécialisée s’intéresse enfin au cas YACHT. Après une poignée d’Eps et trois recueils pour le compte de Marriage Records, YACHT a été accueilli à bras ouvert par le label DFA, plus à même de lui offrir la promo qu’il mérite. Bechtolt a alors recruté Claire Evans pour l’aider à bidouiller « See Mystery Lights », un quatrième ouvrage exponentiellement addictif. Bechtolt reprend ici les ingrédients qui ont fait les beaux jours de sa précédente formation, The Blow, en y injectant une dose déraisonnable et jouissive de phéromones auditifs.

Véritable petite curiosité, « See Mystery Lights » réunit huit morceaux (et deux remixes) déments et décalés dont la pierre angulaire se présente sous le titre de « It’s Boring / You Can Live Anywhere You Want », une capsule schizophrène, itérative et obsessive, du même acabit que les travaux de Pixeltan. Au même titre que l’implacable « Summer Song », un morceau qui met à rude épreuve la touche ‘repeat’ des platines. En concoctant ce « See Mystery Lights » abrasif, YACHT, qui compte parmi ses fans James Murphy (of course), Devendra Banhart ou encore Architecture In Helsinki, se place désormais comme l’un des incontournables de la scène electro-subversive.

 

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