Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Biohazard 8/8/26
Ora Cogan
Chroniques

James Yorkston

Folk Songs

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L’avantage d’un titre pareil, c’est qu’il n’y a pas de surprise quant au contenu de la plaque. Avantage ou désavantage. Tout est relatif. Exit The Athletes, James Yorkston est ici accompagné de ses Big Eyes Family Players et résume en deux mots son nouvel ouvrage. Un condensé de chansons folk de facture tout à fait classique. Publié quelques mois après « When The Haar Rolls In », sa troisième œuvre, « Folk Songs », ne rend pas vraiment justice au talent de l’Ecossais.

Les onze enregistrements sont sympathiques mais sans véritable étincelle ou émotion et sans grandes idées. Ironie du sort, « Mary Connaught & James O’Donnell » et « Pandeirada de Entrimo », les seuls morceaux à sortir du lot s’avèrent également être deux des plus courts extraits de l’ensemble. « Folk Songs » s’adresse essentiellement aux auditeurs accordant peu de crédit à l’audace des compositions et ennuiera ferme les autres, en quête d’un chouïa d’originalité. Un disque bien trop ‘safe’.

 

Le Peuple de l’Herbe

Tilt

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Roulez pétards, revoilà le Peuple de l’Herbe. On ne m’ôtera pas l’idée que les Français ont pris un tournant dans leur style, qui semble définitif. Souvenez-vous de « Triple Zero » en 2000. L’album excellait en ragga dub. Parsemé de quelques intros succulentes, on s’y perdait en volutes euphorisantes et on écoutait l’album le sourire aux lèvres. Quand en 2005, paraît « Cube », on sent déjà que la came à changé de texture. L’électronique drum’n’bass commence à pointer son nez, et les riffs tranchants découpent notre univers cotonneux de leurs sabres vengeurs. L’arrivée de Spagg, consécutive au départ de DJ Stani lors de la tournée qui a suivi l’album, n’est sans doute pas innocente à la ligne de conduite que la formation a commencé à suivre. Paru en 2007, « Radio Blood Money » frisait le post apocalyptique dans un univers à la Fritz Lang, le tout poussé par une jungle cocaïnomanée.

Qu’en est-il de ce « Tilt » que les Lyonnais nous réservent pour la fin novembre ? Pratiquement, on reste dans le jump n’ bass tendance jungle. Si Sir Jean à la voix gutturale croise brillamment –et comme à l’accoutumée– le fer avec JC 001, Spagg, N’Zeng et Psychostik n’en finissent plus de vouloir nous voir suer sur leurs beats explosifs. On voit bien que ce ne sont pas eux qui se tapent la lessive ensuite. Le cœur un peu serré, on écoute la galette avec nostalgie. Oui, on reconnaît la patte des Français, oui il s’agit là d’une continuité musicale  pertinente, oui Le Peuple de l’Herbe reste le Peuple de l’Herbe ; mais je préférais, personnellement, quand le gazon était plus vert et plus moelleux. « Tilt » recèle quand même quelques fragments plus ‘chill’, dont le morceau « Nightmare Back Against », signe que tout n’est peut-être pas perdu. La galette est cependant généreuse et incitera la foule à lever les bras pour scander en chœur « Le Peuple… de l’Herbe »… Mais ouaiiiiis vieux !!

 

LCD Soundsystem

45:33 Remixes

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Difficile de demeurer objectif quand on rédige un article consacré à un artiste dont on est fan. C’est le cas pour LCD Soundsystem et de son nouvel opus intitulé « 45:33 Remixes » ; un disque qui fait suite au superbe « 45 : 33  » (Pour rappel, en 2007, la marque d’équipements sportifs Nike avait commandé au combo newyorkais, une compo destinée à permettre aux joggeurs de courir dans le rythme. Un projet commercial qui avait récolté un énorme succès. Depuis, d’autres électroniciens se sont également lancés dans l’aventure ; et entre autres, Cassius et Simian Mobile Disco).

Alors tant pis pour les reproches, et on se lance dans l’exercice de style. Cette nouvelle sortie de DFA tombe à point nommé ! Il y a longtemps qu’on avait plus eu de nouvelles de James Murphy et de ses compagnons de route ! Et tout récemment, le Newyorkais annonçait sur sa page Facebook et Twitter que le groupe entrerait en studio mars 2010. 

Mieux encore, il y a quelques jours, LCD Soundsytem sortait en édition limitée (NDR : 20.000 exemplaires), un extrait de ce nouvel elpee, « Bye Bye Bayou ». Une reprise originale du titre d’Alan Vega (NDR : le chanteur de Suicide). Un morceau également et gratuitement téléchargeable sur le site web. Mais avant cette énorme surprise disco psyché, le fameux « 45:33 » était remixé.

« 45:33 » (NDR : la version originale, du moins) s’étale effectivement sur 45 minutes et 33 secondes. Un opus qui se découpe en quatre volets bien distincts (dont l’ébauche du superbe « Someone Great », paru sur « Sound Of Silver »). Par contre, cette nouvelle galette est répartie en huit extraits remixés et sélectionnés par plusieurs artistes proches du groupe (Prins Thomas, Theo Parrish, etc.) ou encore issus de la même écurie (Runaway). Faut dire qu’au sein de la grande famille DFA (NDR : label de James Murphy et Tim Goldsworthy), le remixe est une véritable institution. Et cet elpee en est une nouvelle illustration. Un véritable régal ! Les électroniciens ont donc eu le bon goût de varier les styles. Runaway s’illustre ainsi dans l’électro deep underground, à l’aide notamment de son séquenceur spasmodique, alors que Prins Language incorpore dans sa house profonde des sonorités cosmiques, sensuelles et romantiques ! Un must ! Mais le prix d’excellence revient très certainement à Prins Thomas. A cause de son remix balancé dans l’esprit de DFA. Une compo dont l’intro monte en puissance. Puis se fracasse comme si elle avait été irradiée par des ondes funk/punk. A en tomber le cul par terre ! Et si cet opus s’adresse surtout aux Dj’s et aux aficionados, qu’il est bon de se replonger au sein de cette ambiance, que seuls DFA et LCD Soundsystem sont capables de produire !

 

Joakim

Milky Ways

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Qui est Joakim Bouaziz ? En 2007, il gravait « Monsters & Silly Songs », un disque mêlant habilement disco, post-punk et pop. C’est également un ingénieur du son notoire. Il a ainsi opéré des remixes, entre autres, pour Cut Copy, Simian Mobile Disco, Annie et Poni Hoax. Et puis il est également le fondateur du label electro mythique Tigersushi.

Le nouvel elpee du Parisien est très surprenant. Parce que sa musique ne correspond en rien à la description formulée dans le premier paragraphe. Les 8 minutes du titre d’ouverture, « Back To Wilderness », donnent le ton. Imaginez Black Sabbath passé au post-rock ! Original. Malheureusement, le morceau ne décolle jamais réellement. Trop brouillon, pas assez d’âme et trop peu de passion. Si le modèle de Joakim était Sunn O))), c’est raté. Et la majorité des plages de « Milky Ways » tentent différentes approches du métal. C’est audacieux, mais le sens mélodique est cruellement absent. Pire encore, « Fly Like An Apple » est tellement dissonant qu’il en devient désagréable à l’oreille. Le sommet de l’horreur ! Même le morceau disco, « Love & Romance & A Special Person », est poussif. Il faut attendre « Spiders », caractérisé par ses chœurs féminins (NDR : le premier single officiel), pour enfin entendre quelque chose de convenable et un semblant d’harmonie. Et après écoute attentive, il faut reconnaître que cette compo électro pop est manifestement réussie. Tout comme « Travel In Vain », par ailleurs. Une chanson du même style. Un style qui semble beaucoup mieux correspondre au Français. C’est d’ailleurs cette direction qu’il aurait tout intérêt à emprunter…

« Milky Ways » constitue donc une mauvaise surprise. Cette odyssée dans la voix lactée est éprouvante et dérive sans le moindre but. Joakim y expérimente (NDR : ou pastiche ?) une multitude de styles : psyché, krautrock, blues, new wave, etc. ; que certains illuminés ont déjà baptisé ‘psyché-disco’. Mais il s’y révèle rarement convaincant. Même les fans irréductibles du Français risquent de déchanter. Joakim a beaucoup d’imagination, il faut lui concéder ; cependant, il aurait tout intérêt à la canaliser afin de rendre sa solution sonore, au moins cohérente. Une grosse déception. N’est pas Can qui veut.

 

Jésaiah

Et Tu, Hope

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Jésaiah a une approche un peu alternative de la violence musicale. En mélangeant la haine du hardcore et la puissance du métal, aux errances musicales du postrock et du mathcore, il se crée une identité musicale particulière. « Et Tu, Hope », son premier opus ne fait pas vraiment dans la dentelle. Ce disque semble avoir été engendré dans la souffrance et pour peu, on arriverait presque à en ressentir les affres. Le son est explosif, colérique et impressionnant de puissance. Barré comme Coalesce ou Converge, puissant comme Pantera. Pas de demi-mesure chez ces Suédois. Tout est fort, furieux et hurlé. Les structures sont compliquées mais cependant pas indéchiffrables. Le déluge de décibels cède parfois sa place à des breaks postcore inattendus et presque atmosphériques. Cependant, cette accalmie est toujours de courte durée et ne laisse pas vraiment le temps de reprendre son souffle.

« Et Tu Hope » est un disque puissant. Envoûtant et repoussant à la fois. A essayer si vous en avez les tripes. Mais attention, vous n’en sortirez pas tout à fait indemnes.

 

Ian Hunter

Man overboard

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1969. Alors que la sphère rock est en pleine ébullition, le guitariste Mick Ralphs recrute le chanteur Ian Hunter pour former Mott The Hoople (NDR : patronyme tiré d'un livre de Willard Manus). La formation enregistre son premier elpee, éponyme, sous la houlette du producteur Guy Stevens. Sur le label Island. On ressent manifestement l'influence de Bob Dylan dans l'écriture et le chant de Hunter. Pas encore le succès escompté ; quoique le disque deviendra culte, bien plus tard. En 1972, David Bowie leur propose de mettre en boîte sa composition "All the young dudes". Qui devient un tube universel ! A partir de cet instant, le combo est intégré au mouvement glam rock. Atteint d’une dépression nerveuse, Hunter quitte le navire en 1974. Remis de son affection, il décide d’entamer une carrière solo. Il reçoit alors la collaboration de Mick Ronson, le gratteur des Spiders of Mars (NDR : c’est alors le groupe de Bowie) pour concocter "Ian Hunter" en 75, puis "All american alien boy" l'année suivante. Depuis, il a aligné une quinzaine d'elpees, dont "Shrunken heads" en 2007 et "Man overboard", cette année.

Ian accuse aujourd’hui 70 berges. Et pourtant, il affiche toujours le même look : de belles boucles blondes et ses éternelles lunettes noires (NDR : un peu à la Polnareff). Pour ce "Man overboard", Hunter signe onze nouvelles compositions, proposées sous la forme de court-métrages, mises en forme par Andy York, le guitariste de John Mellencamp.

Ian ouvre l’opus par "The great escape", une roots rock song conduite par sa voix facilement reconnaissable. Toujours aussi nasillarde et relativement éraillée, elle semble fatiguée par le long parcours de sa carrière, et évoque le Dylan d'autrefois. Une entrée en matière qui ne maque pas de charme. A cause de la présence de cordes acoustiques (NDR : mandoline, guitare et banjo) et même des interventions discrètes, à l’accordéon. Dès l’intro d’"Arms and legs", le doute n'est pas permis, Ian replonge dans l'univers de Mott the Hoople. Une solide compo enrichie par les sonorités de l'orgue Hammond et hantée par une six cordes bien présente. Il reprend une bonne dose de Mott the Hoople juice pour attaquer "Up and running", sur un tempo rock'n'roll, devant une armée de cordes édifiées par trois guitaristes. Et Mr Hunter a toujours la pêche ! Ian adopte son attitude dylanesque pour interpréter le titre maître. Tel le protest singer, il s’accompagne à la sèche et à l’harmonica. "Babylon blues" concède manifestement des accents blues. Si Ian jouissait du même timbre que Robert Plant, sa musique prendrait un envol semblable à celui d’un certain dirigeable… Fort jolie ballade, "Flowers" me rappelle curieusement un hit de Tom Petty et ses Heartbreakers. "These feelings" et "Win it all" sont des chansons d'amour. Indolentes, intenses, elles épousent une forme souvent privilégiée par l’artiste. L’elpee s’achève par une dernière ballade dylanesque, sorte de BD musicale sans suite…

Pour votre info, sachez que le Mott The Hoople originel a décidé de se reformer. Quarante ans plus tard ! Le temps de cinq concerts. Accordés en octobre 2009. Et un triple cd, a été immortalisé à l'Hammersmith Odeon de Londres, ce 1er octobre. A suivre donc…

 

Hockey

Mind Chaos

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A l’instar de The XX en Angleterre, Hockey fait l’objet d’un de buzz, à travers l’Europe. A l’origine, Hockey se limitait à un duo. Vivant alors en Californie, il pratiquait une musique minimaliste réduite à une basse et une boîte à rythmes. Mais en émigrant à Portland, le line up s’est élargi à un quatuor, la formation embrassant alors une forme de pop/indie. Funkysante, pour ne rien vous cacher. 

« Mind Chaos » constitue leur premier opus. Un disque bourré d’énergie. En Angleterre, le NME (NDR : une référence ?) a même décrit le groupe comme issu d’une rencontre hypothétique entre LCD Soundsystem et The Killers. Franchement, là, il faut avouer que le journalise s’est complètement planté. Hockey est un excellent groupe, il a certainement la classe ; mais il n’a pas encore atteint le niveau de la bande à Murphy. Et puis sa musique est totalement différente (NDR : parole de fan, en toute subobjectivité, donc !). Néanmoins, on peut estimer que le combo évolue un cran au-dessus de celui de Brandon Flowers.

Les compos de cet opus sont explosives, rafraîchissantes, excitantes mais contagieuses. Titre d’ouverture et premier single du groupe, le très dansant « Too Fake » en est un bel exemple. « 3am Spanish » se frotte au hip hop en maintenant un profil funk minimal. Un titre très réussi ! « Work » est une plage dynamique. A cause de cette basse élastique et puis de cette rythmique irrésistible. Très funky, « Wanna Be Black » trahit un rêve d’enfance caressé par le chanteur/compositeur Ben Grubin, depuis qu’il est tout petit : celui de devenir noir. Enfin « Preacher » nous plonge dans le gospel. Au cours de cet office, Hockey nous invite à frapper dans les mains, pendant que les solos de guitares rock n’roll et le piano d’église baptiste entrent en communion ! La claque !

Si Hockey s’inscrit bien dans la lignée de la nouvelle scène indie US (MGMT, Passion Pit, etc), on peut également lui trouver certaines affinités avec Friendly Fire (NDR : ils sont de St Albans, en Angleterre). Alors hype ou pas hype ? Perso, je pense que ce phénomène risque de nous surprendre agréablement à l’avenir. Son « Mind Chaos » est d’ailleurs suffisamment éloquent pour oser un pari sur l’avenir…

 

Israël Nash Gripka

New-York Town

Écrit par

Enfant du Midwest, Gripka a probablement quitté son pays de redneck pour rejoindre New-York, en rêvant de succès. Mais aurait-on déniché un successeur à Ryan Adams ? Possible… Israel Nash Gripka en est probablement un fidèle disciple. Suffit d’écouter « New-York Town », son premier opus, pour s’en convaincre. A croire qu’il reverse une partie de ses gains au leader des Cardinals. Mais vu la baisse de régime accusée par Ryan Adams, au cours des dernières années, il est peut-être préférable de se tourner vers ce talentueux et très appliqué élève…

Si vous aimez la musique folk, « New-York Town » devrait vous plaire. La voix de Gripka est belle, troublante, bouleversante même parfois. Elle campe un timbre sis quelque part entre celui d’Adams et de Bruce Springsteen (NDR : sur « Confess », tout particulièrement). Tous les ingrédients inhérents à l’americana sont réunis : harmonica, pedal steel, piano, etc. Bref le parfait petit univers du cowboy mélancolique.

Malheureusement, chez Israel Nash Gripka, tout sent la récup’. Jusqu’au disque lui-même, empruntant le design d’un vieux vinyle. Parce que pour réussir un plat classique, il ne suffit pas de réunir les ingrédients indispensables pour le préparer. Il faut aussi savoir cuisiner. Et y mettre un peu de piment. C’est sans doute là que le bât blesse. Car sa musique manque cruellement de personnalité. Pas que l’innovation soit indispensable. D’ailleurs, certains artistes prévisibles mais talentueux font toujours la même soupe dans la même vieille marmite. Et sa digestion ne pose jamais aucun problème. Simplement, on aimerait que le potage soit chaud, et pas réchauffé… Aussi, si vous êtes un inconditionnel d’americana pur et dur, je vous conseillerai plutôt la dernière œuvre de Slaid Cleaves, bien plus intéressante...

 

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