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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Chroniques

The XX

XX

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La chronique de votre serviteur est probablement un peu tardive. Elle ne pourra d’ailleurs apporter que de l’eau au moulin à une presse qui s’est unaniment enflammée à l’écoute du premier opus de cette toute jeune formation anglaise. Et elle a raison de s’emballer, la presse, tant ce premier essai est une bombe sonique, un véritable coup de maître. Album de l’année à coup sûr ! Si certains compositeurs espèrent encore truster les plus hautes marches des classements de fin d’année, il leur sera en tout cas nécessaire de viser juste et bien afin de détrôner un album qui risque d’atteindre des sphères particulièrement élevées. Et pourtant, la simplicité de la musique conjuguée à l’épure de la pochette pourraient devenir suspects. A contrario, ces éléments se muent en marque de fabrique, voire en véritable slogan.

The XX est né en 2005. A Londres. Et aucun de ses membres ne dépasse l’âge de 20 ans ! Jaloux ? De toute évidence, tout amateur de musique ne peut que rester bouche bée devant tant de talent précoce. Les jeunes Britannique sortent d’une école au sein de laquelle ont milité les membres de Hot Chip, Burial ou encore Four Tet. Mais une telle fourmilière de talents serait-elle le fruit d’un enseignement dispensé par un professeur émérite ? Quelqu’un qui aurait peut-être intérêt à jouer sa carte perso, plutôt que de continuer à créer des émules. La question mérite, en tout cas, d’être posée…

Cet opus débute par un fabuleux triptyque. Tout d’abord une intro de deux minutes belle à couper le souffle. Une guitare, une beatbox, une basse, un clavier, des murmures… d’une beauté froide parfaite. Les jalons sont posés, mais l’aventure sonore ne fait que débuter. L’auditeur est à peine remis de ces premières notes, que The XX lui envoie son premier tube, « VCR », véritable sommet de l’album. L’intro est à nouveau parfaite, avant que ne se posent successivement les voix de Romy Madley puis d’Oliver Sim. Les intonations nonchalantes collent à merveille à cette musique bien trop chirurgicale pour être composée par des jeunes gens de moins de 20 ans. Ce début de parcours parfait se clôture par l’immense « Crystalised », caractérisé par son riff de guitare d’une désarmante simplicité mélodique. La suite est du même acabit. Le groupe enchaîne les morceaux superbes l’air de rien. « Islands » ou « Basic Space » doivent tout à la new wave, mais reprennent les choses à zéro en leur donnant un son résolument moderne. Pastiche du « Wicked Games » de Chris Isaak, « Infinity » émerveille par son magnifique refrain (‘I Can’t Give It Up/To Someone Elses Touch/Because I Care Too Much’). Les voix de Romy et Oliver se complètent parfaitement sur ces notes isolées venant mourir dans les silences si bien utilisés par The XX. Créer un son tellement identifiable dès son premier essai relève de l’exploit.

 Rien d’autre à ajouter. Sauf peut-être prévenir nos chers lecteurs que passer à côté de XX constituerait probablement votre plus grosse erreur de 2009.

The XX se produira en concert le 17 février 2010 à l'AB. A ne manquer sous aucun prétexte ! Il reste encore des places !

X Makeena

Derrière l’œil

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C’est au fond de la cuve d’un haut fourneau, qu’il faut aller chercher la substance de X Makeena. Quand le point de liquéfaction atteint 1200 °, dégueule sa lave et que les âmes perdues y font leur baroud d’honneur. Situé entre le sombre et le diabolique, X Makeena ouvre la cage, juste pour voir si l’on cillera face à la bête. Au rythme d’un dub step effréné, les larmes et les cris n’ont plus cet aspect de détresse, mais plutôt de partage. Il faut être fort et courageux, car les éléments vont s’enfoncer, loin sous l’épiderme.

Divinement chaotique, « Derrière l’œil » constitue le troisième elpee des Bretons. Notoire pour ses prestations scéniques théâtrales, X Makeena prêche là, où les convaincus n’ont de cesse de croire. Ils démontent les beats hiphop façon puzzle, pour ne laisser que des parcelles de volupté piégées. Des morceaux de soi-même que l’on emboîte complètement hallucinés. Répandant un souffle de terreur, X Makeena déverse des textes savamment rédigés, qui font office d’homélie et enflamment les âmes daignant prêter l’oreille. « Derrière l’œil » n’est pas un album conceptuel, mais plutôt théâtral. Les acteurs ne battent jamais en retraite et osent toujours s’enfoncer à l’extrême, dans un décor sonore peuplé de bruits de scies et d’échos d’épouvante. En écoutant cet opus, vous risquez de perdre la foi ; mais également de vous réserver une évolution confortable. Il est le digne avatar d’une société grise qui court à sa perte. X Makeena, c’est un peu comme disait les Bérus à l’époque de Nada : ‘Tant qu’il y a du noir, il y a de l’espoir !’

 

TV Ghost

Cold Fish

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Il est souvent surprenant de constater qu’un trait de génie pour les uns peut se révéler une atrocité pour les autres. Et en particulier dans le domaine artistique. TV Ghost réunit 4 Américains au look de geeks surdoués tels qu’on nous les présente dans les séries pour ados à deux balles. Originaires de Lafayette dans l’Indiana, les boutonneux aux lunettes épaisses tentent de réinventer l’anarchie musicale avec plus ou moins de succès. Les commentaires lus sur certains forums internet sont plutôt élogieux ; et, on imagine leurs prestations live assez déconcertantes. Leur coller une étiquette est un véritable casse-tête. Post punk ? Garage ? Rock alternatif glauque ? Si leurs concerts semblent susciter l’intérêt, l’écoute de leur album intitulé « Cold Fish » est une expérience traumatisante de laquelle on se sort sali si, comme votre serviteur, on est amateur de cette association de sons organisés que l’on appelle ‘la musique’. Le son du disque est pourri au point qu’il est évident que c’est un choix plutôt qu’une erreur de mixage. Les guitares sont aussi saturées qu’approximatives, le clavier tient plus du ‘Bontempi’ de mon enfance que de l’orgue hammond. Quant au vocaliste il ferait passer Johnny Rotten pour un chanteur d’opéra. Ce disque ne semble contenir aucune structure définie, aucune mélodie, aucun refrain mémorisable. C’est sans conteste, énergique, surprenant, sombre, glauque et sans fioriture. L’essentiel du rock’n’roll pour certains, une merde immonde pour les autres. Faites votre choix ! Quant à moi, je vais prendre une douche.

 

Strung Out

Agents Of The Underground

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Après nous avoir un peu déçus lors de la sortie de l’album de Banner Pilot, Fat Wreck Chords se rachète une conduite en éditant le nouvel album des Américains de Strung Out. Pour la circonstance, le label punk ne s’est pas trompé, car « Agents Of The Underground » est une véritable bonne surprise. Je ne ressortirai pas mon petit laïus sur les vrais punks/faux punks, sans quoi on va me reprocher de radoter. Disons simplement que Strung Out est un groupe punk qui pousse le bouchon de la mélodie tellement loin qu’on a souvent l’impression d’être en présence d’un combo de métal mélodique. L’attitude est punk, sans aucun doute possible. La musique, quant à elle, est beaucoup plus unique. Tout en gardant l’esprit revanchard et revendicatif de nos amis à crêtes, les compositions de Strung Out rivalisent en musicalité avec certains groupes de power métal. Riffs speedés, soli de guitares inspirés ; seuls les vocaux rappellent encore les origines keuponnes du combo. Le son massif de l’opus, produit par Cameron Webb, (Motörhead, Danzig, Pennywise) ne fait que confirmer cette impression de ‘métallisation’ de la musique du combo. Si un elpee peut réconcilier les punks avec leurs frères ennemis du métal, « Agents Of The underground » est celui-là. A découvrir d’urgence.

 

Phased

A Sort of Spasmic Phlegm Induced by Leaden Fumes of Pleasure

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Pauvre Heidi ! Rien ne va plus dans les montagnes suisses. Il y a des champignons hallucinogènes dans la fondue et le plant de cannabis semble avoir remplacé l’edelweiss. Phased est un trio originaire de Bâle qui pratique le doom rock spatial psychédélique. En clair, du heavy rock lourdingue et enfumé. (NDR : deux termes qui ici n’ont aucune connotation négative). Une guitare au son brut, tout droit sorti des seventies, soulignée par une basse ronflante à souhait et quelques effets de synthés venus d’une galaxie très très éloignée de la terre. C’est exactement le genre de disque qu’aurait pondu Hawkwind si Toni Iommi avait pris la place de Dave Brock. Les titres monolithiques se succèdent avec une lenteur pachydermique pour mener l’auditeur vers une profonde extase. Il faut probablement abuser de la cigarette qui fait rire pour profiter pleinement de la musique de ces petits Suisses. (NDR : pratique que nous n’encourageons évidemment pas chez Musiczine). « A Sort of Spasmic Phlegm Induced by Leaden Fumes of Pleasure » est un disque qui plaira sans aucun doute aux amateurs de Black Sabbath, d’Hawkwind, de Saint Vitus ou d’Orange Goblin. Quarante six petites minutes de pur bonheur synthétique. Attention quand même au retour à la réalité.

The Mountain Goats

The Life Of The World To Come

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Première incursion pour votre serviteur dans l’univers, pourtant prolifique, de John Darnielle, le leader de The Mountain Goats. Pour un nouvel elpee du band de ce natif de Duhram (NDR : c’est en Caroline du Nord, aux States). Et je dois avouer qu’après avoir écouté ce « The Life Of The World To Come », je ne puis que m’incliner. Si cet artiste est souvent cité comme majeur dans l’univers de la musique pop/rock, il le mérite assurément. Ce nouvel opus constitue son sixième pour le compte de l’écurie 4AD (NDR : l’honorable label anglais mise rarement sur un mauvais cheval) et sa 17ème œuvre tous labels confondus. Excusez du peu !

Pourtant, le concept ne m’inspirait guère confiance. En effet, chaque titre de l’elpee est issu d’un passage du nouvel et ancien testament ! Drôle d’idée de s’inspirer de versets bibliques. Et puis, je craignais de devoir me farcir une œuvre de Christian rock messianique. Car le prosélytisme américain me gonfle particulièrement. Heureusement, après avoir écouté le disque dans son intégralité, mes inquiétudes se sont dissipées. Loin des pensées religieuses conservatrices mais découlant plutôt d’histoires inspirées par la lecture des textes religieux, les lyrics impressionnent. Darnielle a lu la Bible comme on lit un récit ; et, en véritable storyteller, s’est limité à adapter ses pensées personnelles issues de cette lecture. Ne gâchons pas notre plaisir, l’Américain est supposé être l’un des meilleurs songwriter des années 2000 ! Le New-Yorker l’a même élu meilleur parolier américain non-hip-hop !

L’elpee s’ouvre pourtant par une plage relativement insipide, « Samuel 15:23 » ; mais destinée à entrer dans l’univers sonore en douceur. « The Life Of The World To Come » prend toute son ampleur dès le second morceau, « Psalms 40:2 ». La voix de Darnielle est identifiable et particulière, proche de celle de Marc Huyghens de Venus. L’orchestration est très intense et s’écarte complètement de l’ensemble. La suite évolue davantage dans une veine acoustique. Sur la plupart des titres, Darnielle s’accompagne à la guitare. Et puis s’appuie sur les accords des ivoires. A l’instar de « Genesis  3:23 » ou encore « Romans 10:9 ». Cette collection de chansons indie folk est élégante, mais recèle surtout des compos particulièrement émouvantes. Le reste de l’album est au diapason. Entre mélancolie et mélodie parfaitement maîtrisée, « John 4:16 » est certainement le titre le plus profond et dérangeant de l’ensemble. La ligne de piano discrète. Les paroles d’une tristesse abyssale : ‘In the holding tank I built for myself it's feeding time/ And I sart to feel afraid 'cause I'm the last one left in line/But I know you're thinking of me 'cause it's just about to rain/ So I won’t be afraid of anything ever again’. Lorsque la Bible enfante de pareilles réussites, elle paraît moins inquiétante. L’album jouit, en outre, de superbes arrangements signés par le talentueux et décidemment très occupé Owen Pallett (Final Fantasy, Arcade Fire, Fucked Up et Pet Shop Boys).

Un album original et dense. Le meilleur de son auteur, paraît-il. Vu sa qualité, il devrait séduire les aficionados de folk ténébreux et mélancolique. Quelles que soient leurs convictions religieuses. Nom de Dieu, que Darnielle est doué ! Pourvu qu’il n’ait pas vendu son âme au diable pour atteindre cet état de grâce…  

The Leisure Society

The Sleeper

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Six mois après sa sortie en Angleterre, le disque de The Leisure Society fait son apparition de l’autre côté de la Manche. La musique de ce groupe polymorphe, entre folk anglaise et pop aérienne, donne envie de se balancer sur ses deux pieds et de gambader sur des chemins fleuris. En ces temps de crise où l’on aurait plutôt envie d’hurler ou de gémir, la petite bande de The Leisure Society préfère nous embarquer pour de joyeuses ballades composées par Nick Hemmings. L’oiseau a déjà un joli bagage en main. Ancien membre du groupe She Talks To Angels, il a aussi signé quelques bandes originales pour le réalisateur Shane Meadows. Une facture ‘musique de film’ est perceptible sur cet elpee où les nombreux instruments (violon, ukulélé, violoncelle, clarinette, harmonium, flûte, piano à pouces…) s’orchestrent avec une précision d’orfèvre pour nous emmener voir tout là-haut si les anges ont des ailes. C’est dense et léger, les chœurs aériens produisent leur petit effet, que l’on peut toutefois trouver trop lyrique sur certains titres (« Save it for someone who cares » se termine sur une envolée de banjo qui la sauve d’une saveur de dragée). Commencer l’album par une vanité (‘one day we all shall cease to exist / someday our towers will fall’) nous promet de grandes révélations. Or le contenu est un peu décevant, car il est question des ‘énormes ailes de l’amour’ et autres poncifs-recettes miracles pour s’échapper de notre quotidien morose. « The Sleeper » est vraiment joli, mais un tantinet trop ‘leisure’.

 

Cake

Motorcade Of Generosity

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Les Californiens de Cake fêtent leurs 15 ans de carrière en dépoussiérant leur premier ouvrage, « Motorcade Of Generosity ». Une réédition en forme de pied de nez à tous les critiques qui ne donnaient pas cher de la peau de John McCrea et sa bande. L’œuvre d’introduction du quintet retrouve le chemin des bacs comme s’il s’agissait de la première fois. Les écrits pleins d’ironie de McCrea et les mélodies subtiles et décontractées des musiciens n’ont pas pris la moindre ride. « Rock’n’Roll Lifestyle », le premier single de la formation à la force tranquille, ainsi que l’exemplaire tube pop « Jolene » (NDR : rien à voir avec le classique de Parton) le démontrent à eux seuls.

Surtout connus pour leurs hits « The Distance » et « Short Skirt / Long Jacket », extraits de respectivement « Fashion Nugget » et « Comfort Eagle », leurs deux plus gros cartons commerciaux, les membres de Cake ont fait leur bonhomme de chemin, publiant en tout cinq ouvrages aux résultats mitigés. « Pressure Chief », le dernier de la discographie et le moins couronné de succès, date déjà de 2004. Histoire de ne pas se faire oublier et fêter la fin de ses obligations envers le label Columbia, Cake gonfle son « Motorcade Of Generosity » d’une partie CD-ROM. Un live de quatre titres que le groupe a préféré insérer au cœur de la plaque plutôt qu’en Dvd bonus. Et on s’en régale. Comme au bon vieux temps.  

 

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