L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de…

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Dirt Box Disco

Legends

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Ce qui est chouette dans le rock n’roll, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’en débattre pendant des heures. La guitare en avant, l’ampli à lampes bien chaud sur onze, la bière qui coule à flots, 1-2-3-4, et c’est parti ! C’est exactement dans cet état d’esprit que réagit Dirt Box Disco. Zéro prise de tête, pas de complications ni de bla-bla, pas de revendication, mais du fun à l’état brut. Alors certes, c’est brut de décoffrage et pas novateur pour un sou, le look des musicos est pourri, la pochette raiment naze, mais ça envoie le bois ! Donc on fait pas son difficile, on affonne sa Cara, et on retourne dans le pogo ma p’tite dame !

 

Face Down

The Long Lost Future

Écrit par

Après avoir publié un Ep prometteur, mais qui affichait encore trop clairement ses influences, les Parisiens de Face Down transforment aisément l’essai tout au long de « The Long Lost Future », un premier album qui, s’il est la conséquence logique de « The Runaway », marque aussi le passage du groupe dans la cour des grands. Difficile en effet de reprocher quoi que ce soit à ce brûlot southern metal mâtiné de thrash qui, s’il reste marqué par l’influence de Pantera, Down ou Black Label Society (qui ne l’est pas dans ce genre de musique ?), se démarque malgré tout de l’ombre des instigateurs du genre. Le (nouveau) chanteur ne singe pas Phil Anselmo, le guitariste ne reprend pas à son compte le son unique de Dimebag ou de Zakk Wylde, seuls comptent ici la puissance, le groove, sans oublier un sens de la mélodie omniprésent. De quoi rendre l’ensemble d’une cohérence impressionnante. La production est aux petits oignons, le son énorme, les compos solides et sans temps mort, une totale réussite, qui rivalise sans peine avec ses modèles. C’est à se demander pourquoi une grosse maison de disques (ou même une petite, genre Big Vin Records, le label de Vinnie Paul) ne les a pas encore repérés !

 

The Happy

Guilty Pleasure

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Pas étonnant de retrouver au gouvernail de ce « Guilty Pleasure », l’une des têtes pensantes de Das Pop : le barbu Reinhard Vanbergen ! Il s’est ainsi entouré de 4 musiciennes de talent pour son (notre ?) plus grand bonheur. Isolde Laosen, percussionniste et chanteuse chez Daan, Naima Joris d’Isbells, Charlotte Caluwaerts (la sœur de la soprano Elise Caluwaerts) ainsi que la très jeune –à peine 16 ans !– Janne Vanneste, la frangine du leader de Steak Nr.8. Ces quelques BV issus de l’univers musical du Nord de la Belgique nous proposent, tout au long de cet elpee particulièrement convainquant, une ravissante collection de hits pop-rock sucrés, mélodiques et vaguement rétros puisqu’enracinés dans les années 70. Dès l’inaugural et irrésistible refrain d’« Another Day », on est littéralement emporté par des torrents de chœurs et de violons. Variées, les compos oscillent entre ballades et titres davantage uptempo, à l’instar de l’efficace « Life » ou de l’imparable et euphorisant « Young Grils ». Un plaisir coupable donc ? Sans hésiter une seconde, si on est fan de B52’s ou de Blondie. Une chose est sûre, non seulement ce projet est particulièrement ambitieux, mais il tient la route. 

En concert dans le cadre des Lotto Vibes le 29 août, au Crammerock le 7 septembre et à l’AB le 26 octobre.

 

Pukkelpop 2013 : samedi 17 août

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Tout au long de cette troisième et dernière journée, les organismes émoussés tentent de retrouver vigueur et enthousiasme au fil d'une affiche démarrant sagement pour se terminer en feu d'artifice, comme le veut la tradition.
Une affiche toujours répartie sur huit scènes et imposant bien sûr quelques choix cornéliens.

Day 3

Pauvre Regina Spektor !

Et pauvres fans désabusés.

Victime de problèmes sonores récurrents, la chanteuse ne pourra offrir que trois titres à celles et ceux venus l'applaudir ; et encore, en formule voix/piano uniquement qui, en l’occurrence, la loge plus près du spectre de Tori Amos que d’An Pierlé.

Sensibles, ces chansons pour filles soulèvent néanmoins, en l'espace de ces dix minutes, quelques poils rescapés de toute récente épilation.

Un pétard mouillé mais qui n'altère pas l'humeur générale.

Ainsi l'arrivée d’Alabama Shakes est accueillie chaudement, non seulement par un ciel à présent parfaitement dégagé, admis par une assistance qui doucement s’amasse devant la Main Stage.

Brittany Howard possède un savoir-faire digne d’un vieux crocodile issu du bayou, et suscite l'admiration. En témoigne quelques bouches figées en un 'O' béat.

La Sudiste a du coffre et tout en réveillant quelques vieux démons féminins, elle ferait bien frémir les plus sceptiques.

Certes l'originalité n'est pas l'élément principal de cette musique aux accents très Roots, mais porté par la voix de sa chanteuse, charismatique sans être belle, elle nous transporte vers les horizons dégagés de l'Alabama où souffle quelques fantômes séculaires chuchotant l’une ou l’autre histoire depuis longtemps oubliée.

De quoi gommer la déception provoquée par le forfait de Neil Young, la veille.

Comparativement, les jeunes de Kodaline ne sont guère transcendants, et leurs compositions outrageusement Pop sont juste bonnes à contenter les amateurs de Coldplay délavé.

Recette éculée et sans inventivité qui suffit à me faire bâiller.

La musique de Holy Other est certes contemplative mais dégage nettement plus d'émotion, quant à elle.

Bien qu'un poil statique, le set du jeune homme élève l'auditoire dans un état de grâce, grâce ( ?!?!) à ses sonorités sensuelles et charnelles.

À l'image de ces mains qui en arrière-plan se saisissent de différentes matières (de la soie à l’aluminium), les malaxent, les triturent, et les froissent lentement.

Par analogie, les sons prennent ainsi forme et se matérialisent sous nos yeux.

Une subtile expérience qui laisse rêveur.

Quelques enjambées plus loin, première incursion dans le Dance Hall pour assister à la prestation ludique des !!! dont les déhanchés so sexy du leader suscitent l'amusement. Moulé dans son petit short Rolling Stone, Nic Offer s'offre en spectacle sans peur du ridicule.

On nage clairement dans le Disco Funk à tendance Pop, et l'attitude débonnaire du chanteur tranche radicalement avec le sérieux des autres membres du band.

Leur set hédoniste se partage entre fans et non fans. Il évolue à la croisée d’une multitude de chemins tout en se jouant des codes en vigueur.

Mais le temps presse, et les aiguilles de mon GPS (Groupes Principalement à Suivre) s'affolent alors que les noms se chevauchent sur le mur de mes désirs.

Puisqu'il choisir, je reviens vers The Soft Moon qui m'avait personnellement déçu lors de son concert au Magasin 4.

Celui de ce soir va démentir ma première impression.

Soit une prestation hermétique oscillant entre une Cold Wave pornographique (en référence bien entendu à l'album de Cure) et une distance digne de Jesus And Mary Chain (bien que Luis Vasquez semble plus timide qu'animé d'une quelconque volonté d'ignorer le public) mais qui génère de véritables secousses de plaisir.

Scellé dans un moule austère, la musique se cristallise et ses éclats teintés d'un gris sépulcral figent l'air chaud emprisonné dans le Castello, jusqu'à lui donner des allures de mausolée.

Comme un long tunnel dont la lumière scintillante au bout vacillerait et menacerait de s'éteindre à tout moment.

Où quand le Rock se fait linceul et vous drape dans son étreinte glaciale.

Pour me réchauffer, je cours vers le Marquee où Bat For Lashes allume les premiers feux d'une féerie enchanteresse.

Enrobée d'une combinaison aux apparences hippies, Natasha Khan va émouvoir (oui, j'ai vu des larmes couler sur les joues de mon voisin) et ravir toutes celles et tout ceux qui se pressaient sous l'immense tonnelle.

D'un naturel déconcertant, elle se révèle drôle et touchante mais surtout extraordinaire.

À l'instar de Björk, son registre vocal et sa technique imposent l'admiration, mais n'étouffent en rien la richesse musicale des arrangements.

Sorte de prisme chamanique conduisant l'oreille jusqu'aux pavillons lointains de rêves contenus dans une petite boîte à musique dont seule l'artiste possède la clé.

Et quand elle-même se perd dans les méandres de ce jardin secret (« Moon And Moon », interrompu faute de s'en rappeler) son sourire guide alors nos pas et nous invite à l'excuser, ce qui du reste nous paraît particulièrement évident.

Absorbé, je mets entre parenthèses la prestation de Crystal Castles qui semble retardée selon un message communiqué sur les écrans géants bordant la scène.

C'est donc Franz Ferdinand qui va prendre le relais en ce qui me concerne.

Un show difficile à aborder, vu de la distance qui me sépare de la grande scène.

Mais ce n'est sans doute pas là l'unique point noir sur le visage éternellement juvénile de ce groupe écossais.

« Walk away » pris en marche, le constat semble le même tout au long de leur discographie. Et si le propos est certes sympathique et que les talons frappent encore volontiers le sol à l'écoute de l'incontournable « Take Me Out », il n'en reste pas moins que FF n'a rien de plus à proposer aujourd'hui qu'en 2004. Se reposant donc sur leurs lauriers, il est donc flatteur pour eux d'occuper encore actuellement une place aussi privilégiée (constat valable pour The Prodigy argueront certains d'entre vous, à la différence près que ces derniers, s'ils n'ont pas d'activité récente, signaient hier un retour remarqué).

Une position qu'il leur faut laisser à l'événement majeur de la soirée ; et pour certains, l’avènement même de ce Pukkelpop 2013.

Mais avant cette apothéose, un petit regard curieux s'impose du côté du Marquee où The Knife Shaking The Habitual Show secoue les mines sceptiques autant qu'il divertit.

Pour leur retour après sept années d'absence, Karin Dreijer Andersson et Olof Dreijer misent sur le show Arty balancé entre avant-gardisme et mauvais goût prononcé.

Pour le peu que j'ai pu en voir, je reste circonspect (NDR : normal, lorsqu’on débarque au moment où est enseigné un énigmatique cours d'aérobic annoncé en grande pompe tout au long du jour) et ne peux condamner un concept à peine entrevu.

Reste une impression colorée et foutraque de joyeux bordel articulé autour d'un bien étrange projet aventureux.

Mais place à la grâce et à la majesté de The XX.

Attendu comme les messies par certains, ignoré pour l'absence de spectacle par d'autres, le trio avait pour mission de justifier sa place sur la Main Stage, en programmation nocturne.

Le fait que la plupart des morceaux bénéficiaient d'une relecture complète jumelée à l'intime connivence palpable entre d'une part Olivier et d'autre part Romy, soit les deux voix qui s'entrelacent comme deux corps épris d'un amour non charnel, ne tardent pas à apporter la réponse à cette équation à deux inconnues.

Car non, définitivement, ceux-là ne forment pas un couple dans la vie ; et si leur entente parfaite dessine en ‘live’ des arabesques suaves, il ne faut en rien négliger le travail du troisième larron, à savoir Jamie Smith qui se réserve les rythmiques synthétiques.

Ces trois musicos tissent donc la trame d'un univers délicat où les mélodies simples se couchent encore brûlantes sur le corps d'une basse aux cordes nouées et sensuelles.

Et au travers du jeu des voix entrelacées mais aussi des regards profondément ancrés dans un désir refoulé, c'est là que se déroule le spectacle.

Plus encore que dans un light show savamment étudié soulignant habilement la richesse de ce spectacle.

Quatorze titres et un épilogue en forme de ‘happy birthday’ pour la chanteuse visiblement émue et qui l'espace d'un instant abandonne sa réserve étudiée cachant mal une timidité maladive.

Un show bouleversant. Et au bout d’une heure dix, il faut reconnaître que le succès était amplement mérité.

Enfin, il restait aux Courtraisiens de Goose à refermer le chapitre.

Balançant sans vergogne son Electro Rock formaté pour plaire au plus grand nombre.

Qu'on ne s'y méprenne. La finalité de cette prestation n’est pas de rejoindre l’inaccessible étoile, car le contrat est rempli haut la main.

Efficace en diable, elle assure un épilogue tout en énergie contrôlée.

Sans doute trop contrôlée.

Une puissante décharge parfois émaillée de sonorités foireuses. Malheureusement. Mais judicieusement rattrapée par un savoir-faire épatant.

Enfin, comme un dernier trait éclatant dans le ciel, cette édition va s’achever dans un bouquet final scintillant de mille feux, dessinant la voie d'une vingt-huitième anniversaire tandis que les derniers fêtards vont s’entasser au sein du Boiler Room…

Organisation Pukkelpop

 

Spaceheads

Sun Radar (Ep) (1)

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Spaceheads est un duo originaire de Manchester et le moins que l’on puisse dire, c’est que leur nouvel Ep, « Sun Radar », est des plus prometteurs. Entièrement instrumental, ce premier labeur tourne autour du combo trompettes/grosses caisses, que quelques bidouillages électroniques viennent ponctuellement rehausser. L’approche, à la fois expérimentale, jazzy et funky, est aussi originale que les mélodies qui l’étayent.

Déjà responsable d’une chiée de disques autoproduits (pas moins de 9 LPs en 12 ans !) et en activité depuis 1989 (!!), Spaceheads est probablement le secret le mieux gardé de Manchester. Emballé en 14 minutes, « Sun Radar » laisse violemment ses adeptes sur leur faim. « Atomic Clock » et autres « Miles To Go » sont des compositions atypiques tout en subtilité. En quatre morceaux, les deux hommes démontrent qu’ils sont beaucoup plus qu’un simple Brass Band. Les amateurs auraient franchement tort de passer à côté de ce disque.

 

Pukkelpop 2013 : vendredi 16 août

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La nuit à peine achevée et le site déjà remis à neuf, la seconde journée peut débuter avant même midi.
Au fil des heures, le menu va devenir plus consistant, apportant quelques couleurs à une affiche apparemment, d'allure plus frugale.
Comme toujours plus porté par les concerts d'envergure humaine, voire pertinemment intimistes, que par les déferlements bestiaux, votre dévoué serviteur n'hésite pas à parcourir la plaine de long en large pour vous apporter son point de vue sur ce deuxième jour de festivités. Et pourtant, ce vendredi est plombé par une chaleur transformant certains endroits en hammam ou sauna…

Day 2

Quand Prodigy allume le feu sur le coup de minuit quarante (soit un peu en avance sur l'horaire, preuve de leur faim d'en découdre), le bilan semble encore quelque peu mitigé.

On craignait une apothéose graveleuse, on en sera pour nos frais.

Enchaînant les hits à une cadence vertigineuse, les papys pionniers du Transe-genre vont durant une heure-quart transformer la plaine en immense rave party.

Bénéficiant d'un light show épatant, animés d'une énergie galvanisante malgré leurs âges respectables (sic!), Keith Flint (NDR : et sa légendaire coupe de cheveux) et Maxim Reality n'ont rien perdu de leur superbe et vont donner une leçon à beaucoup de pseudo-artistes qui alignent les cachets sans apporter la moindre chose au schmilblick musical (boulet rouge tiré à l'attention de l’effroyable show de Major Lazer appelé en renfort suite au désistement de Neil Young, et qui tôt dans la programmation avait suscité l'engouement général, en ne proposant qu'un simulacre de dj set saupoudré d'interventions délibérément abjectes).

« Firestarter » n'embrasera qu'une plaine déjà consumée d'avance et envahie de « Voodoo People » totalement acquis à la cause d'un groupe qui pourtant, n'avait rien de nouveau à présenter.

Un ‘Best Of’ incendiaire qui prouve à nouveau l'impact de ses fiers dinosaures sur la production actuelle.

En parlant de dinosaures, après vingt ans de carrière, le parcours de Low reste irréprochable.

Les trois compères jouent définitivement dans une sphère particulière, quelque part en suspens dans le temps et jouissent d'un succès qui ne dépasse guère l'estime mais force le respect de beaucoup de leur pairs et d'une frange de fans inconditionnels.

La batterie de Mimi Parker, toujours aussi minimaliste, toute en apesanteur, retenue comme un cœur qui s'étouffe dans une poitrine chargée de sanglots, et la voix d'Alan Sparhawk posée sur cette guitare aux accords susurrés du bout des doigts.

Parfois, l'élan électrique emporte les mélodies dans une salve de bruit, mais en général, le meilleur atout de Low reste la mesure. Alors, quand la tension retombe, chaque note prend encore plus d'importance. Solennelle communion avec ceux qui lisent entre les lignes mélodiques et savourent intensément ces moments d'intimité procurés par des chansons qui leur parlent...

Depuis « On My Own » jusqu'à « Murderer » qui achève une pièce jouée avec bonheur sur des airs de tristesse transfigurée en lumière apaisante.

A l'opposé de cette sobriété de velours, l'excentrique Mauro Pawlowski propose un énième projet à la hauteur de son génie gargantuesque.

Simplement baptisée Gruppo Di Pawlowski, la formation dispense un rock aux consonances Birthday Party. Mais surtout délivre le guitariste de dEUS de ses contraintes au sein du combo belge le plus notoire tout en lui permettant d'exprimer sa folie, bien sûr identifiée à plus d'une reprise, nous remémorant ainsi les éclats des Evil Superstars.

Expérimental, trash et sans concession, l’insaisissable Mauro laisse libre cours à son imagination débridée et à des délires dont la haute teneur en testostérone est faussement maculée de Jeanfoutre pour tout grimage.

Sans jamais sombrer dans le ridicule, et tenant fermement le public par les attributs, la bande à Pawlowski s'amuse et ça se voit.

Feignant un faux départ, maltraitant ses bongos, triturant une trompette l'espace d'une seule et unique note, se jouant des conventions et incapable de freiner son élan (NDR : l’interminable et jouissive agonie d’« I Can't Stop Talking »), le fantastique leader porte sur ses épaules un projet qui entre d'autres mains ou dans d'autres caboches, tournerait vite à la farce.

Un vent de folie qui va permettre d’oublier la chaleur qui règne sous le chapiteau du Wablief !?, fier podium de la crème de la crème nationale.

Une scène hautement représentée en ce jour puisqu'on pouvait redécouvrir l'immense ascension de BRNS, assurément l'un de nos piliers à l'étranger, et qui continue à progresser au fur et à mesure de son parcours.

Dans une atmosphère étouffante, sous une boule à facette reflétant leur étincelant talent, les quatre  jeunes gens ont accordé une prestation simplement implacable et prometteuse d'un tout grand avenir.

Mais il y en avait pour d'autres goûts, ici, dont l'énergie brute et teintée de noir dispensée par The Black Heart Rebellion. Malgré ses contours ouatés par une sombre mélancolie, son rock rugueux est déchiré de cris gutturaux.

Comme un ciel d'orage traversé de lumière stellaire.

Ou encore Dez Mona dont les ambiances feutrées sont bercées d'un spleen aux allures de cabaret hanté.

Certes, les étonnantes inflexions vocales de Gregory Frateur peuvent déconcerter, mais il n'en demeure pas moins qu'elles apportent à l'ensemble une personnalité et une identité originale.

Sorte de Gospel étreint dans la main du diable, la musique de ces Bruxellois communique un feeling qui ne manque pas de charme.

Ailleurs, les sons se mariaient à la moiteur des corps et se diluaient parfois sous l'effet d'une légère dépression.

Ainsi en allait-il de Chvrches dont on attendait plus et dont le show ne décollait guère.

Une prestation anodine qui ne mérite pas d’être relatée en ces lignes…

Entre Local Natives et The National, il y a des connivences. Cependant la pop de la formation californienne manque de panache et peine à convaincre l'assistance, malgré quelques éclats parsemés vaillamment, ci et là.

Le registre relativement entraînant de Ms Mr va néanmoins susciter un élan d'enthousiasme, malgré la torpeur figeant un auditoire privé d'air au milieu du Castello.

Le set d’Unknown Mortal Orchestra va se traduire par une éprouvante expérience. A cause d'un son totalement inadapté aux lieux.

Mais rassurez vous, du positif, il en reste encore à vous relater !

À commencer par la bonne surprise du jour, j'ai nommé Factory Floor.

Un crescendo Electro Noise du meilleur acabit.

Au demeurant, les ambiances prennent un peu de temps à s'installer. Mais une fois passé le rodage, impossible de rebrousser chemin.

La tête prisonnière de ce grand sac de plastique –ou si vous préférez l'espace clos du Castillo– je pense un instant m'éclipser, mais imperceptiblement je sens poindre un événement qui se trame.

Derrière cette voix lasse et répercutée dans l'écho se dessine l'aube d'un tressaillement qui bientôt prendra de l'envergure jusqu'à devenir un tsunami de bruit élégiaque.

Textures analogiques et digitales se combinent, de manière à construire les murs d'une cathédrale bruissant sous l'effet d'ondes chaotiques.

Manquant singulièrement de présence scénique, le trio londonien déjoue cette lacune par le tissage méticuleux de ces sonorités postées à mi-chemin entre le Post Punk et l'Electro minimale.

Une ascension progressive qui (rave)ira certains, dont votre serviteur.

Dans un registre différent mais combinant lui aussi boîtes à rythmes et guitares noyées d'effets, Cloud Boat va aussi marquer les esprits.

Formule duo et donc référence obligée à The XX avant l'heure (c'est à dire samedi à vingt deux heures).

Emmenées par la voix du chanteur aux inflexions susceptibles d’évoquer une voix de castrat, et bercées d'un spleen shoegaze, les compositions de ce groupe insulaire vont confirmer les bons échos qui jusqu'ici nous étaient parvenus.

Pour le plaisir d'un public certes écrasé par une chaleur étouffante mais surtout attentif et respectueux face à une musique qui ne prend son essor qu'en de bonnes conditions.

Au rayon Electronica, la prestation de Slow Magic, remplaçant haut la main XXYYXX, ne laissera pas d’empreinte ineffaçable même si la volonté de bien faire était présente dans le chef bariolé de cet anonyme paré d'un masque imposant (et on souffrait pour lui!)

Et que dire de la prestation de Mount Kimbie ?

Et bien rien, puisqu'il était impossible de pénétrer l'enceinte du Castello affichant sold out.

Dommage.

Enfin, tandis qu’Eels soulevait un engouement difficile à percevoir de ce côté ci de la frontière linguistique (et j'avoue pour ma part avoir cessé de suivre les aventures de Mark Olivier Everett dès « Novocaïne For The Soul » et ses influences post-traumatiques de 96) Poliça se rappelait à mon bon souvenir.

Dynamisée par la présence de deux batteurs, la prestation semble souffrir d'un léger souci de synchronisation, mais sans ternir le show très professionnel du groupe de Minneapolis.

Plaçant son incroyable organe vocal en équilibre sur les intonations Dub, Channy Leaneagh s'approprie l'espace, en manifestant une aisance déconcertante.

Si l'ensemble manque parfois de contrastes, et en particulier de quelques passages de cordes (frappées ou pincées), le tout tient rigoureusement la route ; et sans sombrer dans l'excès World, voyage néanmoins dans différentes régions du globe.

Un métissage de genre qui ne dénature en rien l'esprit Rock du projet auquel de nombreux fans se sont déjà joints.

Vous veillerez à pardonner mon absentéisme pour le concert de Girls In Hawaii (partout porté aux nues) ainsi que mon total désintérêt pour le énième retour de Skunk Anansie qui avait à cœur d'effacer le traumatisme subi voici deux ans.

En effet, il me fallait ménager ma monture...

Organisation : Pukkelpop

 

Vous avez dit Slowdive ?

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Outre une certaine ressemblance avec Dexter Morgan, Neil Halstead est surtout connu pour être une figure de proue du Shoegaze.

Un peu perdu dans le désert Mojave et dans des compositions Folk plus ou moins ennuyeuses depuis quelques années, beaucoup espéraient une reformation de son mythique groupe.

Si Neil revient à ses premières amours (une cathédrale sonique où le spleen se répercute en échos divins) il s’accoquine en fait à Mark Van Hoen (Seefeel, Locust) et Nick Holten (Coley Park, Holton’s Opulent Ogg ) pour former un nouveau projet répondant au nom de Black Hearted Brother dont le premier album (« Stars Are Our Home » : le titre en dit déjà long) est annoncé le 21 octobre prochain sur le label (de qualité) Sonic Cathedral.

Pour un avant-goût et se placer en orbite, le premier extrait, « (I Don'T Mean)To) Wonder » est disponible à l'écoute ici

Pukkelpop 2013 : jeudi 15 août

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Affichant la volonté farouche d'effacer le chagrin sans pour autant oublier, le Pukkelpop mettait cette année encore les bouchées doubles, triples, et plus encore, pour transformer la plaine de Kiewiet en une immense scène de réjouissances musicales.
Si le souvenir de la catastrophe de 2011 flotte toujours comme un drapeau en berne aux vents de la mémoire collective, les moyens mis en œuvre par les organisateurs, ainsi que par une ville entière et sans doute plus encore, font de cet événement un des pions majeurs de l'échiquier festivalier en Europe.
Beaucoup de groupes annulés suite à la tempête funeste éprouvée il y a deux ans avaient donc répondu présents à l'appel.
Place donc à cette édition 2013 qui tendait de plus en plus vers cette mode consistant à mêler goûts populaires et découvertes pointues. Un grand écart qui assure une fréquentation de masse et le mécontentement des plus exigeants.
Mais difficile néanmoins de ne pas trouver son compte parmi la pléthore de groupes ou d’artistes présentés en l'espace de trois jours sur les différentes scènesMême si l'annulation in extremis de Neil Young laissait un vide béant dans la programmation du vendredi, certaines prestations allaient définitivement sceller le sort d'une éventuelle morosité.
Compte rendu jour après jour.

Day 1

L'histoire s'écrit en lettres de sang, avec la sueur et la poussière. Trois ingrédients qui hantent la musique de Savages.

L’arrière-goût ferreux de l’hémoglobine coule dans le grincement blanc métallique qui émane de la guitare de Gemma Thompson. Des interventions qui auréolent l'espace comme une tache sombre de bruit perdu dans l'écho d'une nuit électrique. Un sang incolore, livide, mais qui bouillonne dans des veines tendues comme six cordes prêtes à rompre à tout moment.

La sueur comme un dépôt suave déposé à la lisière des consciences et qui dégouline en perles saccadées, crachée de la bouche de Camille Berthomier, hier moitié de John & Jehn, aujourd'hui totalement habitée par Jehnny Beth, son identité au sein de Savages.

Enfin la poussière, âcre et sulfureuse, soulevée par une rythmique infernale et impeccable, assurée par la section rythmique, soit Ayse Hassan à la basse et Fay Milton derrière les fûts.

Les présentations sont donc faites.

Comme dans leur musique, le noir est la couleur prédominante sur l’estrade.

Seuls les escarpins rouges vermillon de Jehnny tranchent dans l’obscurité tandis que son chemisier d'un blanc immaculé réverbère la lumière autour d'elle.

Le set s'ouvre Par « City's full ». La tension sexuelle est palpable. Les déchirements livides de grattes rappellent Bauhaus voire les échos industriels des premiers Einstürzende Neubauten, tandis que vibrent et résonnent les lignes de basse soutenues aux vents mauvais par une batterie fiévreuse.

Le regard qui perce au travers du visible, la voix qui transpire au delà du tangible, la langue qui claque comme un fouet dans l'air.

Il y a de la Siouxsie dans cette forme qui s'agite spasmodiquement sous le chemisier blanc et entre-ouvert, dans cette poitrine ornée d'un pendentif qui oscille comme un pendule.

Du Ian Curtis dans cette façon d'être imprégnée de toute cette électricité.

Une décharge qui secoue aussi l'assistance, réunie sous le chapiteau du Club.

Les poils se hérissent sous les assauts qui les prennent à revers.

N'attendez pas de Savages de faire dans la dentelle.

À l'instar de leur premier album, « Silence Yourself », les quatre filles désossent tout éventuel confort et aiment secouer les consciences, malmener le mélomane pour mieux fuir la banalité et le conventionnel d'un Rock poseur et insipide.

Forçant le respect du public et imposant sa marque dans le paysage sonore.

'I need something more in my ears', scande Jehnny sur l'un des deux inédits, tandis que les notes s'agitent dans l'air empli d'ions dansants.

« Husbands » clôture ce show haletant dans une atmosphère suffocante ; et tandis que les musicos saluent la foule, Savages imprime son nom dans l'histoire du festival comme l'une de ses prestations majeures.

Point culminant d'une journée placée majoritairement sous le sceau des guitares.

Grattes déployées rageusement et énergiquement par Parquet Courts qui malheureusement se produisait très (trop) tôt dans la journée et mériterait assurément un détour prochain par l'une des salles du royaume pour alors installer confortablement ses larsens et délires dissonants dans nos conduits auditifs saignants.

Accusant des réminiscences empruntées à Sonic Youth mâtinées de Pavement, voire de Silver Jews, le combo de Brooklyn capte mon attention au passage, devant le Marquee, dès mon arrivée.

Captivé tel le papillon par la lumière, je viens coller mes ailes à la paroi opaque d'un mur du son qui hélas, vient clôturer une prestation que les aléas du voyage m'ont fait manquer.

Néanmoins, quelques notes suffisent parfois à instaurer une curiosité avide et restant sur ma faim, je reporte à plus tard mon envie immédiate d'en découvrir davantage à leur sujet et continue mon chemin vers le Club où se produisent les encensés Allah-Las.

Basant leurs compos sur quatre accords, les Californiens atterrissent sur la plage horaire portés par une vague sixties et remontent les aiguilles du temps pour accomplir un voyage un rien trop passéiste.

Certes fort agréable, ce moment vécu en leur compagnie, s'il ne laisse pas de marque indélébile, reste néanmoins fort plaisant en ce début de festivités.

« Tell Me (What'S On Your Mind) », diablement irrésistible, semble porter le set à lui seul, même si la plupart des morceaux du groupe sont d'excellente facture.

Il n'en demeure pas moins que dans le même registre, Miles Kane va tirer autrement son épingle du jeu, quelques heures plus tard, sur le podium du Marquee.

Si lui aussi semble projeté d'une télé en noir et blanc ayant soudain ingurgité un kaléidoscope de couleurs télescopiques, son aura et son talent de showman suffisent à faire la différence.

Sur les pas de ses glorieux aînés que sont les Kinks ou les Who, l'ancien Rascals et Last Shadow Puppets semble définitivement installé dans sa carrière solo et porte fièrement (et de très impressionnante manière) l'étendard d'une certaine Brit Pop abandonnée depuis longtemps dans les boutiques de souvenirs à l'effigie des frères Gallagher.

Si de renouveau il est question, nul doute que Miles Kane apporte suffisamment de Verve et de savoir faire à un genre bien entendu immortel.

Entamant son set par « Taking Over » et le clôturant sur « Come Closer », le British so British a, l'espace de cinquante minutes, instauré sa patte unique et marqué les esprits.

Esprits tournés au même endroit trois quarts d'heure plus tard sur le retour de Johnny Marr.

Rose blanche à la bouche et en travers de sa six cordes, la légende des Smiths n'hésite pas à reprendre quatre compositions du back catalogue de ceux-ci, mais aussi « Getting Away With It », titre rescapé de sa collaboration avec Bernard Sumner au sein d'Electronic, ainsi qu'une reprise des Crickets.

Se pliant volontiers au jeu des poses du manuel du Rockeur tout en optant pour le second degré délicieusement taquin, il délivre quelques unes de ses nouvelles compositions, honnêtes sans pour autant friser le génie. Le Briton assure un set dont les points culminants sont sans contestation possible « Big Mouth Strikes Again » et « There's A Light That Never Goes Out » qui déchaînent l'ivresse du public, ravi de renouer avec la magie de Smiths.

Ainsi, si Morrissey s'est essoufflé au cours de ces dernières années et cache de plus en plus mal son détachement face au passé, le plaisir de retrouver le jeu de guitare de Johnny Marr confère à ses chansons incontournables un goût d'excitation juvénile.

Le son est intact, la joie de jouer aussi, et le plaisir est communicatif.

Et comme me le soufflait un ami, si les Smiths sans la voix du Mozz ne peuvent pas être les Smiths, il est quand même préférable d'avoir Johnny Marr aux vocaux plutôt que Big Mouth à la gratte.

Pendant ce temps, sur la Main Stage, le show Nine Inch Nails s'ébroue déjà.

Axé principalement sur un lightshow et un visuel dantesque, il est étonnant que leur set soit programmé alors que les rayons du soleil dardent encore de leurs derniers éclats, le site limbourgeois.

De loin, le spectacle semble intéressant, mais comme cité plus haut, l'événement se déroule ailleurs, et il est hors de question que je m'attarde ici.

Ce qui clôt le chapitre des pointures. Enfin, celles qu'il m'a été donné de voir. Ne pouvant juger de la prestation des Deftones, entraperçus au loin et qui semblaient plutôt patauds.

Parmi ceux qui auraient besoin d'un coup de pied au derrière, penchons nous sur le cas des Canadiens de Godspeed You ! Black Emperor.

D'emblée, l'univers semble hermétique et quelque peu cadenassé autour des membres plongés dans une obscurité qui ne quittera pas la scène.

La longue (trop longue?) intro de « Hope Drone » instaure certes un climat écrasant, mais génère déjà l'ennui.

Élitiste, leur musique l'est sans doute certainement et le groupe ne s'encombre pas de considérations inutiles au moment de perpétuer son monotone chant aux consonances revêches.

Reste qu'en termes de messe noire drapée d'images sépia de propagande contestataire, le band propose une sorte de mantra qui laisse de nombreux spectateurs lambda sur le carreau, mais contente ses fidèles, agrippés comme des mormons au bastingage de l'arche de Noé.

Une expérience ardue mais qui comblera les rescapés entrés par une porte sensorielle dissimulée dans les tréfonds d'un magma sonore en perpétuelle rotation cabalistique.

Épinglons avant de clôturer le résumé de ce premier jour la prestation cinq étoiles de Badbadnotgood, trio mêlant Math Rock et Free Jazz sans tomber à aucun moment dans la prétention. Fusion improbable de Neu ! (dont le claviériste arbore fièrement un T-shirt)  Tortoise et Brad Mehldau. Le public est conquis par ce mélange de genres peu évident et étonnamment digeste.

Quand la virtuosité technique se met au service d'excellentes idées, il en résulte de bonnes surprises.

Et enfin, ne nous attardons pas trop sur le pitoyable passage des Suédois de Kate Boy dont l'Electro Pop baveuse semble à peine à la hauteur d'une salle de gymnastique où Zola Jesus sous bad trip se désarticulerait en cadence dans un bain acide.

Quant aux autres, ceux manqués, de Fucked Up et son Punk hargneux à Hurts en passant par Quicksand ou encore Eminem (en playback selon la rumeur persistante), il ne reste plus qu'un souvenir évaporé dans les cendres du temps écoulé.

Organisation : Pukkelpop

 

Midlake orphelin de Tim Smith.

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Amputé de son leader Tim Smith, Midlake a quand même décidé de poursuivre l’aventure. La formation vient d’ailleurs de publier un 4ème album ! Est-ce que le groupe parviendra à conserver son exceptionnel talent mélodique ? Réponse le 4 novembre prochain, puisque c’est la date prévue pour la sortie d’« Antiphon » chez Bella Union, un opus qui devrait explorer, cette fois, des terres plus psyché…

Un premier extrait est à découvrir sur Soundcloud…

http://soundcloud.com/midlake/antiphonmidlake

Les Américains se produiront dans le cadre du Pukkelpop, ce 17 août prochain.

http://www.midlake.net/

 

D’une nuit à une autre, le nouvel album de Cloé Defossez devrait sortir…

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Cloé Defossez est occupé de terminer son nouvel opus. Il s’intitulera "D'une nuit à une Autre".

‘Cela va maintenant faire plus de deux ans que je travaille sur celui-ci. C'est un album-histoire qui parle de l'exil, et c'est en même temps une création radiophonique musicale dans une démarche de fiction documentaire. Documentaire car j'ai tenu à enregistrer le vrai témoignage de gens dont le récit ou le contexte de vie m'intriguait, au cœur d'une ville où des vies venues des 4 coins du monde se croisent, se télescopent, sans spécialement se parler. Pendant ces deux années de préparation, j'ai eu la chance de travailler avec l'arrangeur Renaud Lhoest et l'Orchestre de Chambre du Luxembourg. Ainsi, le projet a évolué par moments vers des morceaux totalement orchestraux, mélangeant parfois également l'électronique, guitares électriques, pianos...’

En exclusivité, le morceau qui ouvrira l'album: https://soundcloud.com/clo-du-tr-fle/lappel

Pour précommander l’album, c’est ici 

Pour réserver en prévente sa place au Bota ce 10 octobre, lors d’un concert prévu pour la présentation de l’elpee, c’est  

Le concert bénéficiera du concours de vidéastes. Sur scène, aux côtés de Cloé, vous retrouverez notamment Fabrice Dumont, Olivier-Batman-Justin, Joël Grignard...

www.cloedutrefle.com

https://www.facebook.com/Cloe-du-Trefle

https://twitter.com/Cloe_du_Trefle

 

 

The Monotrol Kid négocie

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Le nouvel Ep de The Monotrol Kid (Erik Van den Broeck) s’intitule « The Merchant ». Il est découpé en quatre plages et nous dévoile une autre facette de son art.

Les sonorités des prairies américaines, la compassion pour les opprimés et son aversion au mensonge constituent les thèmes de ses chansons

« The Merchant » précède la sortie future d’un album déjà baptisé « My Talk My Song ».

www.themonotrolkid.com

“Tuscan Moon” est en écoute sur les liens suivants

https://soundcloud.com/hootinlikemad/the-monotrol-kid-tuscan-moon
http://songsandwhispers.bandcamp.com/track/tuscanmoon
http://youtu.be/8bj2ECrMvoY

 

 

Joy Wellboy sur BPitch Control.

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Joy Wellboy, duo réunissant Joy Aldegoke et Wim Janssen, s’est forgé une belle expérience en assurant les premières parties de Puggy, Morcheeba, Angus Stone ou simplement lors de sa prestation dans le cadre des Nuits du Bota, cette année.

Etabli au départ à Bruxelles, les deux artistes ont décidé de déménager à Berlin, où ils ont signé un contrat chez Bpitch Control.

BPitch Control est un label de musique électro créé par la productrice et DJ Ellen Allien qui abrite, entre autres, Paul Kalkbrenner, Modeselektor ou encore Apparat. 

Leur album « Yorokobi’s Mantra » sortira chez News/[PIAS] le 2 septembre et sera présenté en live au Botanique à Bruxelles le 13 octobre.

Pour découvrir le clip du premier single “Lay Down Your Blade”, c’est ici 

http://www.joywellboy.be/

 

 

Sziget Festival 2013 : dimanche 11 août

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Le cinquième jour du festival est plutôt propice à la détente. Un jour où l’on flâne, où il nous est loisible de faire des découvertes, outre celles que nous offrent les grandes scènes. Deux immanquables figurent cependant au programme du jour : Franz Ferdinand et Tame Impala…

Day 5

Et, pour commencer ce dernier jour sur l’île, nous assistons à la prestation de Figli De Madre Ignota, un groupe italien qui pratique du Spaghetti Balkan. C’et ainsi qu’il définit son style, c’est-à-dire une mixture de klezmer et de musique rom, le tout soutenu par un brass band et tamisé de folklore italien. Une mise en scène divertissante et une expression sonore pluriculturelle, marques de fabrique constantes de la programmation du 2013 qui, une fois de plus, va remuer la foule.

L’un des concerts les plus attendus du Sziget a failli être annulé pour quelques cacahuètes qui ont provoqué une violente réaction allergène chez Alex Capranos, le leader du combo Franz Ferdinand. Allergique aux arachides, ce dernier aurait été assommé pendant près d’une heure avant le concert. Plus de peur que de mal. Tout est vite rentré dans l’ordre et le groupe portant, par un étrange concours de circonstances, le patronyme de l'Archiduc François-Ferdinand d'Autriche (Franz Ferdinand en allemand), a enfin pu se produire.

C’est, en effet, au Sziget que le quatuor écossais a choisi de venir présenter en exclusivité les premiers morceaux de son quatrième album, « Right Thoughts, Right Words, Right Action », dont la date de sortie est prévue pour le 26 août prochain. Un festival particulièrement apprécié par le combo glaswégien qui va souligner, en direct, son affection privilégiée pour ses qualités croissante d’organisation. Un troisième passage pour le groupe sur l’île de la Liberté qui ne manquera pas de se faire remarquer.

Pendant toute la prestation, ils vont régner, dans toute leur splendeur, sur cette île baignée par les eaux du Danube. Le public subjugué, assujetti, s’est régalé, de bout en bout, du show offert par les Ecossais. Les festivaliers les célébraient à leur manière en dansant sans arrêt. Un concert original au cours duquel le band a livré du nouveau sans oublier les classiques. En effet, outre quatre nouveaux titres, « Right Action », « Love Illumination », « Stand On The Horizon » et le très étonnant funk/hip-hop « Evil Eye », les quatre musiciens ont pris beaucoup de plaisir à revisiter leur répertoire de manière originale (« Michael », « Take Me Out », « Outsiders »), parfois avec une pointe d’improvisation dédiée au public hongrois sur « Do You Want To ». Sans oublier la reprise de Donna Summer (« I Feel Love ») et quatre généreux rappels (« Jacqueline », « The Fallen », « Goodbye Lovers & Friends », « Uysses »), end of the story. Tous les ingrédients pour plaire et faire le bonheur du public. Bref, les spectateurs n’ont pas été déçus.

Et puisqu’on parle de déception, le concert d’Empire of the Sun sera exemplaire, à cet égard. Le prototype même du show où se conjuguent divers facteurs pour vous pourrir la fête. Des impondérables qui font que ça foire irrémédiablement. Un agent de sécurité qui se fait remarquer par son excès de zèle et vous met des entraves pour entrer dans la fosse, une tente plus adaptée à la techno qu’à la pop électronique, une sensation d’étouffement qui vous incite à jeter l’éponge pour rejoindre au plus vite le concert suivant. Sorry, les gars. Ce sont des choses qui arrivent. 

En revanche, Mika (samedi) et David Guetta (dimanche) pour clore les deux dernières soirées de la Pop-Rock Main Stage posent, à mon sens, un gros problème de programmation.

Il est vrai que le plus grand fouteur de (gueule) disque le mieux payé du monde avait sorti son artillerie lourde pour essayer de noyer le son. Une mise en scène impressionnante : jeu de lumières hallucinant, pyrotechnie digne des plus grosses ferias ibériques… Un visuel qui donnerait presqu’envie de rester pour terminer ces 7 jours de fêtes… si l’on coupait le son !!!

Une plaine noire de monde (le site accueillait plus de 50 000 personnes sous piles électriques) qui, fort heureusement, nous a offert le luxe d’aller voir en parallèle les Australiens de Tame Impala, sous l’A38, dans des conditions optimales.

Les premiers cris perçus sous ce chapiteau, lors de notre arrivée, sont ceux d’un public enthousiaste qui hurle en chœur un joyeux ‘Fuck David Guetta! Fuck David Guetta!’. Chacun son école !

Il faut dire qu’après avoir participé aux plus gros festivals du monde et avoir reçu des critiques unanimement positives, Tame Impala fait partie de ces groupes ou artistes les plus remarqués en ‘live’, lors de cette année 2013 (NDR : coupable d’un concert exceptionnel au Primavera Sound de Barcelone !) Une musique rock psychédélique aux visions futuristes qui passionne et hypnotise l’auditoire. Les lignes sont floues, chaque note est un road trip musical passant des sixties à aujourd’hui. Les cinq Australiens se servent de guitares et de claviers cosmiques pour créer des atmosphères visionnaires. Des atmosphères tout en puissance qui ne sacrifient pas le subtil. Un son onirique sublimé d’un délicieux visuel hallucinogène qui pousse le spectateur au voyage. Un voyage garanti sans LSD !

Plus tard, un retour sous l’A38 s’impose pour écouter le ‘live’ électro de notre compatriote anversois Boris Daenen aka Netsky. Lieu où son Drum & Bass et son liquid funk ont royalement bouté le feu. 

Un tour encore par l’Ambient Tent, un chapiteau idéal pour se détendre et se reposer avant d’attaquer la Roma Tent où le concert des Serbes de Slobodan Salijevic Orkestra transforme de nouveau la tente tzigane en une authentique et interminable fête. Un bel exemple de convivialité et de variété souhaitée par l’organisation du prestigieux festival. Un endroit où il fait bon vivre.

À l’année prochaine.

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

 

Sziget Festival 2013 : samedi 10 août

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Day 4

Enfin un temps propice et idéal pour profiter pleinement de la journée. Ce samedi, une conférence de presse internationale évoque le parcours des vingt ans du festival, son évolution, ses mutations ainsi que sa croissance atypique depuis la mythique et fondatrice réunion de jeunes Hongrois jusqu’à son extraordinaire métamorphose en un évènement international majeur. Une affluence record de 380 000 spectateurs sont venus du monde entier pour, lors d’une semaine fraternelle, devenir les citoyens de l’île de la Liberté. Un beau rêve qui s’est pleinement réalisé.

Alors que l’orage et le vent ont frappé la capitale hongroise la veille, une journée plus respirable nous attend sur l’Ile d’Óbudai. Une île qui, sur papier, doit résonner d’accents locaux, une journée où les musiques de l’Est et d’Europe centrale seront mises à l’honneur. Certainement le jour où l’assistance se révèlera la plus dense aux alentours des scènes pour accueillir les deux événements du jour, le ska-punk–rock des Russes de Leningrad et le nu jazz des Autrichiens de Parov Stelar Band. Une journée aux couleurs hautement exotiques !

La revue de presse se poursuit alors que commence le concert d’Enter Shikari. Le groupe britannique se produit, cette année, sur le podium principal devant un public impatient de retrouver les membres hyperactifs du combo de Hertfordshire. Encore un croisement insolite entre le post-hardcore, le screamo, le punk et l'electro. Décidément, les temps sont aux chimères mythologiques, vous savez bien, ces créatures improbables à tête d’homme, aux ailes d’aigle, au corps de lion… Bref, les comparses sont increvables. Leur énergie volcanique dynamise la foule. Une excellente option pour faire le plein d’énergie et poursuivre en pleine forme cet avant-dernier jour du festival.

Sur le podium A38, c’est une force d’un tout autre type qui prend corps en la présence et médiation de Nneka, la minuscule chanteuse nigérienne qui réside à Hambourg. Une énergie plus subtile mais infrangible ; celle qui émeut jusqu’aux tréfonds, remue les cœurs et les âmes. Cette puissance intérieure touche infailliblement les milliers de spectateurs qui ont le privilège d’assister à chacun de ses concerts. Probablement le type d’artiste sur lequel repose le futur de la World Music. Créer son propre style en combinant les sons et les rythmes distincts de la musique noire : Soul, Jazz, Reggae, Dub, Afrobeat, R’n’B, Hip-Hop... sans heurts et sans fractures ; ce qui tient de la gageure. Nneka y parvient aisément et magistralement. 

Journée, comme je l’ai évoqué, consacrée essentiellement aux musiques de l’Europe Centrale et de l’Est.

Ce sont pourtant des Britanniques qui ouvrent les hostilités sur la main stage : Editors. Sans surprise, sa prestation souffre cruellement d’un manque d’originalité et nous offre une setlist habituelle. Elle fait la part belle à un dernier album bien trop conventionnel tout en s’éloignant de la beauté obscure des premiers opus. Quelques titres comme « An End Has A Start » ou encore « Papillon », qui avaient littéralement squatté le cœur des Belges en 2009, viennent trop rarement chatouiller les sensibilités ou secouer le public. On a même l’impression que le combo insulaire navigue à mille lieues de son auditoire. Un concert fatigué qui peine à franchir le mur du frontstage.

Changement de décor pour se rendre rapidement sous l’A38, la tente voisine du podium principal qui accueille généralement les groupes les plus alternatifs du festival. Un décor soyeux, cotonneux dans lequel peu de festivaliers sont venus se frotter. Celui du monde trip hop de l’Islandaise Emilíana Torrini. Notamment connue pour son tube « Jungle Drum » et le morceau « Gollum's Song », le thème final du film de Peter Jackson, ‘Le Seigneur des anneaux : Les Deux Tours’. L’auteure-compositrice-interprète va nous livrer un set sans prétention mais totalement efficace. Un moment de pure tendresse intemporel qui ravira de son miel les papilles auditives des mélomanes extatiques.

A peine la séance de Yoga islandaise terminée, il est temps de s’attaquer à du lourd, du très lourd même : Leningrad. Légendaire, le groupe Ska-rock issu de Saint-Pétersbourg a longtemps été censuré dans son pays pour son langage graveleux et ses opinions anarchistes (‘sex, drugs and punk-rock’). Il a même été crédité du surnom de Sex Pistols russes, ni plus ni moins, exotisme en plus. Une expérience inédite qui vaut franchement le détour, mais… pas plus de dix minutes. Un groupe chantant en russe qui a pourtant eu le mérite de remplir une Main Stage World Music en furie.

Mika, passons ! Une mise en scène plutôt soignée. Sur l’île, après tout, le public, sans prétention et sans complexe, n’a d’autre objectif que de se divertir.

Autre sensation du jour, le Parov Stelar Band. Un groupe autrichien. A peine le temps de rebrousser chemin que l’on aperçoit une marée humaine se dirigeant vers la ‘A38’ pour accueillir la référence incontestée du nu jazz d’Europe centrale. Pour la première fois de tout le festival, impossible d’avancer, impossible d’approcher la tente à moins de 100 mètres. Véritable star dans son pays, Parov Stelar devait être pour nous une vraie découverte. Impossible pourtant de vous en toucher mot. Nous étions bien trop loin de l’estrade pour entendre le moindre son. Grande frustration. A revoir dans d’autres circonstances.    

Une fois encore, la ‘Yenki Raki Roma Tent’ reste certainement l’une des scènes les plus festives et les plus conviviales du Sziget. Un lieu incontournable qui laisse s’exprimer les plus belles musiques tziganes.

Quant au Balkan Khans bulgare et au Baltic Balkan lituanien, ils vous convient à une folie proche du voyage chamanique. Fermez les yeux. Imaginez-vous acteurs des plus beaux plateaux des films d’Emir Kusturica. Laissez vos pas suivre le son ; laissez-vous emporter par les rythmes déments des cordes et des cuivres venus de l’Est. L’alcool coule à flots. La musique redémarre de plus belle. La valse des sons s’énerve, crève le plafond. Le ciel est ouvert. Les corps vacillent, les mains s’enlacent, les corps s’enchevêtrent. Ils se sentent léger et entrent dans un tourbillon sans fin. Le sol tremble terriblement de bonheur sous vos pieds. Le son devenu tellurique prend corps. La foule ne fait qu’un. Une expérience Underground inédite !!!

Enfin, profitant de l’éclectisme offert par le Sziget, nous nous sommes offerts un ultime dessert : le spectacle de Circus in the Night qu’offrait la compagnie hongroise Recirquel, un show d’acrobaties chorographiques à vous couper le souffle qui nous ont rendu, pendant un moment suspendu hors du temps, la magie de l’enfance. Tout simplement sublime…

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Channel Zero

Décès du drummer de Channel Zero

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Phil Baheux, le batteur de Channel Zero est décédé ce 10 août 2013. Il était âgé de 45 ans. Le quatuor s’était reformée en 2010, après 13 ans de séparation et avait même publié un nouvel album intitulé « Feed 'Em With a Brick », en 2011. C’est la page Facebook du groupe qui a annoncé cette triste nouvelle… (voir communiqué ci-dessous)

C'est avec une immense tristesse que Channel Zero doit annoncer le décès de leur frère et batteur Phil Baheux.
Le décès de Phil Baheux (45 ans) ce matin est un terrible choc pour les membres du groupe et du crew.
Nous vous demandons de respecter la vie privée de sa famille et du groupe.
Channel Zero

Sziget Festival 2013 : vendredi 9 août

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Au début, rien ne laissait présager que la pluie, elle aussi, se mêlerait à la foule pour pimenter la fête. Non, rien de rien. Jour radieux. Ciel bleu éclatant. Pas l’ombre d’un nuage à l’horizon. Un soleil au beau fixe faisait grimper de nouveau le mercure qui affichait allégrement des températures supérieures à 35°C. C’est donc en toute sérénité que nous regagnons l’île, l’appétit en éveil. La programmation prestigieuse du 3ème jour nous met l’eau à la bouche. Nous nous frottons les mains d’avance. Le jour s’annonce gros de surprises. Carpe diem.

Et, pour commencer la journée en beauté, rien de tel que Skip & Die, le groupe sud-africain et néerlandais, fruit de la rencontre entre la chanteuse et vidéo-plasticienne sud-africaine Cata.Pirata et le musicien/arrangeur/producteur néerlandais Jori Collignon. Globetrotteuse notoire, Cata.Pirata a parcouru une bonne moitié du monde et séjourné dans de nombreux pays. Mêlant avec virtuosité electronica, rythmes tribaux et tropicalisme, la musique iconoclaste du groupe brise définitivement les frontières et transcende les étiquettes. Facile, dès lors, pour le combo de se produire sur les scènes de festivals aussi différents que Sonar, Pirineos Sur ou la prestigieuse A38 du Sziget devant un public conquis d’avance, dansant dans la lumière tellurique du son, transpirant le bonheur et suant sans complexe.

Et puis, pour prendre son pied, !!! devrait nous combler sur la grande scène. Quoi de mieux, franchement, … pour se remuer le derge ? Pour y parvenir, Nic Offer et ses comparses sont uniques, inégalables. Ses disques ne sont pas vraiment ma tasse de thé, mais, sur les planches, ça déchire. Généreux de sa personne, Nic ne s’épargne pas, descend dans la fosse, parmi le public pour le bonheur des photographes venus en nombre, tord son t-shirt mouillé, boit sa propre sueur. Santé Nic ! Ici rien ne se perd. Pas étonnant que le chanteur ait fait ses débuts dans le hardcore, car son attitude reste, somme toute, dans la même veine. En 2007, le combo était le grand hype de l’été. Tous les festivals du monde se l’arrachaient. A présent, !!! continue de s’y produire régulièrement. Il est sans doute meilleur qu’en 2007. Mais le vent a tourné.

Petit tour sous la chaleur étouffante du chapiteau ‘A38’. Les 40°C ne nous découragent pas d'aller voir et écouter Dry The River. Il confirme tout le bien que l'on pensait de son LP "Shallow bed". Le set est très varié. Le public n'est pas encore très nombreux mais applaudit... chaudement.

Quant à Seeed, il se place en tête des affiches de nombreux festivals. Pourtant, je le connais à peine. Le groupe de Reggae/Ragga (Dancehall / Dub) berlinois créé en 1998, nous déboussole un peu. Ses orientations musicales sont diverses, il mêle l’allemand à l’anglais dans ses textes et utilise des instruments comme le trombone ou le saxophone, qui sont en quelque sorte sa griffe musicale. Son expression sonore baigne au sein d’un univers hautement improbable, fait de hip-hop, rap, ska ou reggae que j'ai du mal à saisir ou dont j’ignore les clés. Pourtant, manifestement, la foule semble conquise et de nombreux fans squattent les premiers rangs. Il est vrai que le combo jouit d’une grande popularité en Allemagne.

Calexico était sans conteste l'un des grands moments de ce festival. Ou comment un groupe qui est heureux de jouer (leurs sourires et leur charisme en témoignent) se conjugue et s’harmonise parfaitement avec l'ambiance décontractée, bon enfant et les good vibes de la scène World. Encore un cas particulier. Leur musique, subtil dosage de rock, de blues, de jazz, de country et de mariachi, est indéfinissable. Loin des clichés du rock. Dès les premières notes, l’oreille est séduite, conquise par leur harmonie. Est-ce du rock encore que l’on entend ? Un rock soft s’il en est. Inclassable ! Il n’y a guère longtemps, graver, être produit ou simplement s’inspirer du son du groupe de Joey Burns et John Covertino, était un gage de qualité, un label de prestige. La presse était unanime. Même le « How It Ends » de DeVotchKa a été salué par la presse musicale comme l’album que Calexico aurait toujours voulu concocter. Mais le temps passe et, après l’orage, le ruissellement dépose des sédiments propices à des cultures nouvelles et peut-être plus riches. C’est sans doute dans cette perspective qu’il faut considérer la collaboration de Jairo Zavala. Le combo de Tucson et le guitariste espagnol se complètent à merveille, gagnent en maturité, atteignent leur apogée. Un concert agréable où l’on s’est délecté de chansons telles que « Minas de Cobre » ou encore de leur adaptation originale d’« Alone Again Or », une compo signée par l’inoubliable et jamais assez loué Love. Un concert parfait pour entamer le crépuscule.

La nuit est lourde de menaces. L’organisation du festival annonce l’arrivée de violents orages sur le site. Pas de quoi inquiéter ou décourager les nombreux fans d’Emir Kusturica and The No Smoking Orchestra. Le combo du génie multidisciplinaire né à Sarajevo a comblé, semble-t-il, les festivaliers. Sa prestation vertigineuse et virtuose a été à la hauteur des attentes du public. Tous ses grands succès ont répondu présent, tout comme les répliques pleines d’humour entre membres du groupe et les boutades. A plusieurs reprises, Emir invite de nombreuses jeunes filles du public sur le podium, invente avec elles des chorégraphies insensées. Ses musiciens rentrent aussi dans les délires d'impro qui fusent dans tous les sens (à l'image des bandes sons des films). Un vrai régal plein d’humour improvisé. Un état de grâce permanent. Le genre de moment à ne pas manquer au Sziget. Après le concert, Emir s’est même prêté à une conférence de presse au cours de laquelle il n’a pas manqué de répondre à chaque question posée. Il semblait cependant accuser une certaine fatigue, due probablement aux incessantes sollicitations propres aux stars de cette pointure.

Ces échos me parviennent de festivaliers enthousiastes, car Blur se produisait à la même heure. L’un d’entre eux me glisse : ‘Soyons sérieux, entre quelqu’un qui a joué au foot avec Dieu et quelqu’un qui ne l’a jamais fait, lequel choisirais-tu ?’ Voire. Votre serviteur, en tout cas, j’avais opté pour Blur. 

Soulignons en passant cette faille dans le line-up sur lequel était programmé à la même heure : Blur, Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra et Peter Bjorn & John. Dommage !   

Blur devait certainement être le groupe le plus attendu sur la Pop-Rock Main Stage. On aurait pu s’attendre à voir un Damon Albarn éteint radotant sur des vieux titres usés par le temps. Pas le moins du monde. Bien au contraire, les légendes britpop n’ont pas tardé à bouter le feu au site. Toujours habité d’une énergie démentielle et d’une joie de jouer communicative, le quatuor londonien a magistralement distribué les notes pour son premier concert en Hongrie. La folie du leader charismatique demeure décidément contagieuse, ses performances face au public toujours en lisière de front stage (ou dans la fosse) comme s’il le provoquait sans cesse et l’invitait à le suivre dans sa démence rageuse font mouche. Une fausse arrogance qui fonctionne car le musicien anglais mouille son maillot et se défonce pendant tout le set. Une débauche d’énergie incroyable qui plait infailliblement au public. Ce phénomène de scène possède l’incroyable don de faire corps avec son auditoire et, une fois de plus, descendra dans l’arène pour chanter une chanson entière. Il aime son public et celui-ci le lui rend bien.     

21h30, Albarn rentre sur scène, le poing tendu vers le ciel, en vociférant ‘first time’, suggérant que vous n’allez pas regretter sa première apparition en Hongrie. Clope au bec, short moulant et foulard rouge, Alex James donne le ton sur le tubesque « Girls & Boys ». Une ouverture habituelle qui fonctionne toujours à merveille et secoue d’emblée la foule.

Visage rouge brûlé par le soleil, Albarn pulvérise de l’eau sur les premier rangs avant d’entamer « There's No Other Way » et d’enchaîner par « Beetlebum », moment où il attrape sa guitare acoustique et vient frapper les drums à l’aide de ses pieds. Une vraie pile électrique, un gamin increvable.

Alors que le vent se lève et que la chaleur retombe, le public s’échaude crescendo sur « Trimm Trabb » chanté au parlophone. C’est au tour du guitariste Graham Coxon de faire le show et de prendre le micro sur « Coffee And TV ». Morceau durant lequel Albarn sautille sur scène armé de sa gratte acoustique et se lance dans une danse atypique en compagnie des choristes. Pas un moment de répit. Après « Tender » et « To The End » soutenus par une section de cuivres, le chanteur hyperactif rôde autour de la fosse, serre des mains et balance « Country House » avant de sauter par-dessus les barrières et continuer la fête dans la foule.

Le groupe termine le concert par « Parklife » et « End Of A Century ». Sans attendre, le leader revient sur l’estrade pour une interprétation solo de « Happy Birthday », joli clin d’œil destiné à un membre du staff du groupe. Rapidement rejoint sur le podium par ses camarades de jeu, Blur achève ce mémorable show par un généreux quadruple rappel : « Under The Westway », « For Tomorrow », moment où, subitement, Albarn s’arrête et scrute le nombre impressionnant de drapeaux témoignant de l’étonnante variété humaine qui se déploie, ici et maintenant, sur l’île de la Liberté. Un bel échantillon d’humanité. Le monde entier est là présent. Alors, le chanteur s’exlame, émerveillé: ‘There's a lot of people from a lot of different countries out there. That's a very positive thing’. Et il conclut logiquement par « The Universal » et « Song 2 ».

Dehors, les vents se déchaînent. La pluie est imminente. Impossible de rejoindre l’A38 où se produit Woodkid. Il est temps de se mettre à l’abri. Fin du marathon.

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Sziget Festival 2013 : jeudi 8 août

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L’invité surprise de cette édition 2013 restera indiscutablement le soleil de plomb cognant sur le site de ses 40 degrés. Une chaleur caniculaire invitant à la sieste et au farniente. Fort heureusement, l’île richement boisée nous réserve une multitude de zones d’ombres et de repos. Zones sur lesquelles les szitizens profitent de moments de pause indispensables avant d’affronter les parterres des scènes où le soleil darde sans répit ses rayons. Une solution ingénieuse avait été trouvée par les organisateurs pour lutter contre cette vague de chaleur infernale sur les deux Main Stage (pop-rock et world). Une solution consistant à tirer des tubes de refroidissement de la régie jusqu’à la scène projetant de la vapeur d’eau qui retombe sur le public pour rendre l’atmosphère plus supportable. Par contre, les chapiteaux, transformés en vivarium pendant la journée, étaient à la limite du fréquentable.

Le soir tombé, les festivaliers, passant d’un podium à l’autre, profiteront de la fraîcheur de l’île pour se perdre sur les chemins et allées sur lesquels ils croiseront des créatures et des personnages sortis d’univers improbables. Pas le temps de laisser respirer ses sens. Moment où ils tomberont nez-à-nez avec les troupes du Théâtre de Rue Géant venues d’Australie, d’Inde, de Chine, d’Europe ou d’ailleurs. Lesquelles mettront en scène des productions interactives monumentales et émouvantes. La nuit tombée, les rues d’Óbuda se transforment alors en un monde parallèle et passent dans une réalité alternative, étrange et poétique. Le monde du théâtre envahit l’espace et sublime l’ordinaire.     

Autre acteur majeur et féérique de cette vingtième édition : la lumière ! Omniprésente, celle-ci occupe 20 hectares de forêt et se transforme en art. Lampions, arbres illuminés, le Disco Park et le Freak Park éclairent la nature avec des lumières d’ambiance, des stroboscopes et des machines à fumée créant une atmosphère fantastique en plein milieu de la forêt. Le Luminarum, le Tarot Labyrinth, le Cökxpon, la rue des Lampions et les théâtres de rue offrent au Sziget une ambiance unique. Un vrai régal pour les yeux !

Démonstration en image : http://www.youtube.com/watch?v=GsL_GX1kOOw#at=67

Toute une mise en scène extraordinaire qui en ferait presque oublier l’essentiel, la musique. Témoignage de l’éclectisme du festival : nous commençons la journée par Regina Spektor et l’achevons par une séquence de clowns, après le concert de Bad Religion. 

La chanteuse américaine Regina Spektor est née à Moscou et réside à New-York. La bande sonore de « 500 Days Of Summer » lui a servi de tremplin pour se faire connaître dans le monde entier. Son engagement au sein d’organisations militant pour les droits des gays, lesbiennes ou transsexuels ainsi que sa prise de position en faveur du Tibet et sa défense de causes diverses lui confèrent forcément un statut d’artiste clairement engagée. Une licence et une aisance qui lui permettent de faire à peu près ce qu’elle veut sans perdre de son flegme. Son concert sera correct. Sans plus. Á vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Parfait pour sonoriser un bon repas et passer un agréable moment à table.

Dizzee Rascal nous a plongés dans un moment de folie. Son mélange de hip-hop, UK garage, R’n’B et de tout ce qu’il faut pour que le public s’abandonne corps et âme dans la chaleur ardente et étouffante, a fait sensation. Quelle ferveur ! Oubliées les températures torrides… Tout baigne dans l’huile effervescente. L’assistance vibre aux accents du chanteur londonien. Sans rien qui pose ou se soucie de l’apparence. Les festivaliers sont uniquement là pour faire la fête et le reste s’efface.

Ska-P. Qu’en est-il de Ska-P?  Existe-t-il seulement encore? Il nous en reste de vagues souvenirs adolescents. Un groupe anarchiste qui s’est battu sur tous les fronts et a vécu son heure de gloire. Et puis s’est estompé ou effacé de la mémoire. Nous ignorons tout de son succès en Europe. Une scène principale et un horaire préférentiel, celui de la plus haute audience, dans le festival sans doute le plus prestigieux d’Europe, ce n’est pas donné au commun des mortels. Leur succès, ils le doivent à l’Italie et à l’Europe Centrale. Ils y sont bien plus connus que dans leur propre pays. Quelque chose comme une version espagnole de Mireille Mathieu ou de Charles Aznavour en son temps. Il ne manquait plus que ça. Son concert m’a fait une impression étrange et paradoxale de souvenirs d’adolescence transférés au présent en un lieu improbable, hors contexte, côtoyant un public totalement étranger à ce passé. Bref, pour des festivaliers venus essentiellement participer à la fête, les moments consacrés à la parole et à la sensibilisation politique…, quel ennui ! Sans compter une pointe de provocation gratuite et du plus mauvais goût qui n’a pas manqué d’offusquer une partie de l’audience, contrairement à d’autres styles musicaux apparemment plus éclairés et plus révolutionnaires. Passons !

Même les plus âgés des ‘locaux’ ne se souviennent pas d’avoir assisté à une représentation de Rachid Taha. Serein, l’Algérien peut encore squatter dignement les planches pendant 90 minutes et livrer un concert plus que correct, soutenu, il est vrai, par un groupe qui lui épargne bien de faux pas pendant la durée du show. Armé d’un répertoire plus proche du rock que par le passé mais non exempt du raï de ses racines algériennes et méditerranéennes et d’un luthier spectaculaire, il parvient à faire danser le public sur les accents orientaux de son Rock El Casbah.

Et pour clore la soirée, Bad Religion. Un groupe de légende. La mémoire vive et vivante du punk. L’un des concerts les plus attendus de la journée. Puissant, spectaculaire, le combo a livré un concert sans fausse note et n’a pas démérité. C’était clean. Le son était parfait, la mise en scène soignée et techniquement irréprochable. Mais… est-ce vraiment ce que l’on attend d’un concert punk ? Chacun se fera son opinion.

Cependant, deux prestations ont tout naturellement attiré notre attention : le stoner rock des Anversois de Triggerfinger dont les échos ont été majoritairement positifs (un concert qui, malheureusement, se déroulait en même temps que celui de Regina Spektor) et la pop éthérée des délicieux Courtraisiens de Balthazar. Ces derniers se produisaient sous une Party Arena noire de monde où de nombreux drapeaux noir/jaune/rouge témoignaient de la présence massive de Belges sur le site. Une pop de très haute voltige, balisée par des harmonies vocales d’une limpide luminosité qui extasie le public. Tous les éléments concourent, convergent pour créer une symbiose extatique. Et la nature elle-même s’en mêle : les éclairs glissant sur la toile, mêlés, mixés à la musique et à la voix du groupe électrisent la foule. Une ambiance irréelle, sur le fil létal de la haute fréquence. Tout juste sublime : à la limite vertigineuse de l’extase, sur la ligne de clivage hautement improbable du beau et du terrible. Un grand frisson qui nous parcourt encore l’échine.  

L’île de la Liberté : un excellent tremplin pour projeter ces deux groupes sur les scènes internationales.      

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

The Delano Orchestra

MVAT MVCT MLWY

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Quelques mois après avoir publié le magnifique « Eitsoyam », les Clermontois du Delano Orchestra ont décidé d’emprunter des chemins de traverse pour concocter un album instrumental… « MVAT MVCT MLWY » propose 6 plages pastorales, douces et intrigantes. Une œuvre conceptuelle, partagée en sections, destinée à un ensemble de 6 solistes (violoncelle, violons, piano et trompette). Défilant lentement, l’expression sonore soulève inévitablement quelques clichés : elle serait donc atmosphérique, cinématographique et proche du post-rock…

Alexandre Rochon et sa bande accommodent les parties instrumentales de leurs 4 précédents albums à l’aide de nouvelles mélodies. De quoi vous abandonner dans un univers sonore en apesanteur, aux harmonies délicates et aux chœurs célestes, mais aux méandres multiples.  Une œuvre parfaite si vous souhaiter illuminer vos nuits sous la tente, dans les bois, cet été…

 

The Paranoid Grill

Leaves

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Avant d’incarner la notion de groupe, The Paranoïd Grill est avant tout le projet de Joachim De Stercke. Originaire de Tournai, il n’en est pas à sa première expérience. Dans le passé, il a milité au sein d’un cover band de Nirvana en compagnie duquel il a d’ailleurs bourlingué à travers le plat pays et la France. L’écriture de « Leaves », premier album de The Paranoïd a nécessité deux années de travail. Et notamment afin d’arrondir les angles, à l’aide du producteur Rudy Coclet (Sharko, Arno, An Pierlé,

Paranoïd Grill puise essentiellement ses influences de l’autre côté de l’Atlantique. Si l’opus s’ouvre par deux titres pop rock aux accents psychédéliques, certains titres sont très susceptibles de virer dans l’univers du folk blues, à l’instar de « Drops in a River » ou de « Honest Voices ». Des morceaux au cours desquels la voix d’écorché vif du chanteur, propice aux épanchements de mélancolie, fait merveille. Joachim De Stercke s’y livre totalement. Mais si les mélodies tiennent parfaitement la route, il faut reconnaître que l’intensité des compos s’essouffle progressivement. Probablement à cause de cette voix. Alors qu’en début de parcours, elle constitue un atout, au fil du temps, elle se mue un obstacle. Elle devient même envahissante. N’est pas Jeff Buckley qui

Dommage, car « Leaves » laisse transparaître un fameux potentiel chez Paranoid Grill. Faudra gommer les imperfections lors de la confection du second essai. A suivre donc…

 

Phoenix

Bankrupt!

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Retour périlleux pour Phoenix ! Pas facile de donner un successeur à « Wolfgang Amadeus Phoenix », album auréolé d’un succès mondial en 2009, grâce son impressionnante collection de hits… Mais comment se débrouiller pour concocter des vignettes pop ultimes dignes de « Litzomania » ou de « 1901 » ? Le titre de leur nouvel opus est malheureusement sans équivoque : « Bankrupt ! » Car les Versaillais ne parviendront pas à récolter lauriers et deniers, pour cette fois ! Thomas Mars, Deck d'Arcy, Laurent Bracowitz et Christian Mazzalai ont, à l’instar des Strokes, choisi de se faire plaisir. Ils ne se refusent d’ailleurs pas une intro qu’on imagine sous le signe du ‘soleil levant’ sur l’efficace single « Entertainment », qui rappelle le kitschisime « Kung-Fu Fighting ». Les claviers sont de sortie et, en même temps, les plus belles pages d’une pop 80’s abordée sous un angle postmoderne ! Les 4 premiers morceaux sont autant de réussites même s’ils n’atteignent pas le lustre d’antan, hormis l’ultra catchy « S.O.S in Bel Air ». Puis, débarque « Bankrupt ! » et son interminable intro de 5 minutes, rappelant un Grandaddy… privé d’émotion ! Petite erreur de parcours, car on ne demande pas à Phoenix de nous émouvoir mais avant tout de nous divertir ! Il y a encore le plaisant « Drakkar Noir » à épingler, mais le reste de l’elpee semble se traîner au gré des mélodies légèrement ennuyeuses, cachées sous des couches de synthés un peu cheap. Pourtant parfaitement produit par Zdar (Cassius), cet opus est sans doute un des plus faibles commis par ces nouvelles stars de la pop hexagonale… Si la formation française possède un potentiel certain, elle nous doit cependant une revanche…

 

J. Cole

Born Sinner

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Après avoir affronté l’ouragan Kendrick, un autre Lamar(r) souffle sur les braises plus chaudes que jamais de la scène hip-hop US : Jermaine Lamarr Cole, plus connu sous le sobriquet de J. Cole. En 2009, ce jeune rappeur issu de la Caroline du Nord était le premier à signer sur Roc Nation, le label du roi Jay-Z. Son premier album, « Cole World : The Sideline Story », est sorti en 2011 et « Born Sinner » constitue donc le second uppercut asséné par le protégé du nabab new-yorkais. Inspiré par Nas, Canibus et 2Pac, J. Cole possède un flow efficace et langoureux doublé d’un sens aigu de la rime et de la formule qui fait des ravages sur des titres comme « Villuminati », « Rich N***z » ou « She Knows »… Bénéficiant du concours d’invités de marque comme le crooner R’n’B Miguel (« Powertrip »), les deux membres survivantes de TLC (sur le plus faible « Crooked Smile ») et même d’Amber Coffman des Dirty Projectors (« She Knows »), J. Cole repousse la concurrence à quelques encablures. En 2013, les Lamar(r) ont en tout cas prouvé que la relève hip-hop était assurée ! Ils talonnent d’ailleurs Kanye West en termes de ventes aux Etats-Unis…