L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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Chocolate Pain

Bliss

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Chocolate Pain est un trio grenoblois et « Bliss » constitue son deuxième album. En comptant le nombre de titres, je ne débordais pas d’optimisme avant d’écouter ce disque. Vingt et un morceaux, c’est déjà un peu beaucoup pour un groupe que l’on apprécie ; mais si l’artiste ou la formation est inconnue, l’enthousiasme est réduit à sa plus simple expression. D’autant plus que ni le patronyme du band ni l’artwork de la pochette ne sont de nature à renverser la vapeur. M’enfin, quand faut y aller, faut y aller…

L’elpee nécessite plusieurs écoutes et de nombreuses recherches sur la toile pour bien comprendre la démarche du combo. Le climat de ce long playing est ténébreux. Nous sommes en présence d’un concept album : ‘un concept qui retrace l’histoire de deux âmes perdues à la recherche d’un bonheur fantasmé et intouchable, de ceux qui essaient de les retenir, de ceux qu’ils entraînent dans leur folie’. Ainsi de nombreuses plages ne sont que des intermèdes destinés au cours duquel une histoire est racontée. Et finalement, malgré le nombre de pistes, le disque ne dure pas une éternité, comme on aurait pu le supposer. Musicalement, Chocolate Pain me fait surtout penser à At the Drive In voire à Fugazi, surtout lorsque la voix du chanteur se fait déclamatoire. Une tension permanente, suspendue aux existences de ces deux personnes, règne tout au long de l’œuvre. L’émotion est également palpable ; mais elle est uniquement relayée par la voix ; à tel point que parfois, elle en perd de sa justesse. Heureusement, les guitares tiennent la route. Grâce à de sublimes arpèges mélodiques et à des riffs aussi puissants qu’efficaces.

Bienvenue dans l’univers sombre et plutôt déprimant, mais paradoxalement passionnant de « Bliss »…

 

The Hickey Underworld

I'm under the house, I'm dying

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Il aura fallu trois années à The Hickey Underworld pour donner un successeur à leur très réussi premier album éponyme. Trois années au cours desquelles la formation anversoise s’est forgée une belle notoriété, tant en Belgique qu’à l’étranger, en multipliant les concerts ; dont de nombreux supporting acts. Et en particulier pour des groupes tels que The Bronx, dEUS ou encore Dinosaur Jr.

« I’m under the house, I’m dying » s’ouvre sur un ton paisible. Des premières mesures qui laissent imaginer que le band s’est assagi et peut-être même converti au pop-rock. Cependant, il ne faut pas très longtemps pour que Younes Faltakh hausse le ton. De son timbre graveleux et déchirant. Et rapidement The Hickey Underworld renoue avec son style si particulier. Un mélange de punk et de stoner qui libère toute sa puissance. Et en particulier sur « Whistling », « The Frog » ou encore « Thierry ». Les guitares dégoulinent d’intensité. Les rythmes sont énergiques et marqués. Ce qui n’empêche pas, et c’est neuf, le band de réserver l’une ou l’autre plage plus ‘langoureuse’, comme « Martian’s Cave » ou encore « Pure Hearts In Mind ».

On ne peut pas dire que The Hickey Underworld  soit parvenu à innover sur « I’m under the house, I’m dying ». En outre, l’elpee ne recèle pas de piste aussi excitante que « The Nation of Ulysse ». Mais le long playing se révèle néanmoins de bonne facture. A l’instar de Drums Are For Parades, combo issu de la même métropole, The Hickey Underworld demeure une valeur sûre du rock noir/jaune/rouge… 

 

Nathan James

What you make of it

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Nathan James est un guitariste californien plébiscité par ses pairs. Et pourtant, il a appris à jouer son instrument sur le tas. En outre, ce jeune homme est capable de fabriquer ses propres guitares. Possédé par le blues, il aime se produire en ‘live’ comme un homme-orchestre. Il cumule en même temps les percussions, l’harmonica ou le kazoo! Ses débuts remontent à sa tendre enfance ; et il peut donc se targuer d’une expérience de plus de quinze années sur les planches. Il n’a que 19 ans lorsque l’un des maîtres du blues californien, l’harmoniciste James Harman l’engage. Une décision que ce vétéran du blues local ne regrettera jamais. Ils collaboreront pendant près de quatre ans. Nathan fait alors la connaissance du chanteur/harmoniciste Ben Hernandez. Ils fondent un duo acoustique, empruntant alors un style susceptible de rappeler les mythiques Sonny Terry et Brownie McGhee. En 2007, le duo décroche le très appréciable International Blues Challenge de Memphis.

Mais Nathan a toujours envie de progresser. De tirer parti de toutes les influences qu’il a assimilées pour les restituer au cœur d’un groupe. Tant le Delta blues des années 20 et 30 que le R&B des années 50 et 60. Tout en apportant sa touche personnelle et même en cherchant à créer un style bien personnel. Qu’il va alors baptiser ‘Washtar soul’. Il monte son trio, les Rhythm Scratchers, en recrutant le drummer Marty Dodson, longtemps membre des Blues Survivors de Mark Hummel, et le bassiste/harmoniciste Troy Sandow, également issu du James Harman Band.

Nathan est armé de sa Tri-tar, guitare à trois cordes montées sur une planche à lessiver! Le rythme est très nerveux. Propice à la transe, l’atmosphère est très proche de celle des collines du Haut Mississippi. “What you make of it” baigne au sein d’un même climat. Les changements de rythmes évoquent les grandes chevauchées popularisées par la conquête de l’Ouest! “Black snakin’ jiver” est une reprise très traditionnelle d’un titre de Blind Boy Fuller. Un ragtime poussiéreux taquiné par le kazoo de rigueur. La reprise du lent “Later on” de Jimmy McCracklin est majestueuse. Le son pourri et réverbéré émane d’une guitare baritone. Un sommet de cet opus! Country blues, "Get to the country" est directement inspiré par Furry Lewis. L'harmonica de Sandow est lumineux et puissant! Nonobstant ses interventions d’harmo dans les aigus, "Make it on your own" est un blues immaculé que chante Nathan d’une voix paisible. James Harman chante et joue de la musique à bouche sur "Rhino horn", une de ses compos, une chanson évoquant les vertus d'une corne de rhinocéros. La rythmique est chargée d’intensité pendant que Mr James se réserve un superbe envol sur ses cordes métalliques. Slim Harpo hante l’instrumental "Blues headache". La torpeur des marais louisianais est bien restituée par la Tri-tar slide. Les saxophones de Johnny Viau et Archie Thompson alimentent "I'm a slave to you", une piste qui trempe dans la soul des 60s, malgré une sortie percutante sur les cordes. "You led me on" est une autre pépite de l’elpee. Très percussif, agrégeant à la perfection vocaux, percus et harmonica chromatique, ce titre nous transporte une nouvelle fois aux pays des collines du Mississippi. De toute bonne facture, ce long playing s’achève par une dernière sortie instrumentale, intitulée "Tri-tar shuffle twist".

 

Simon McBride

Nine lives

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Simon McBride est un chanteur/guitariste irlandais qui a déjà fait son petit bout de chemin. Il n’a guère plus de 15 ans quand il est nominé ‘Young guitarist of the year’, par un magazine spécialisé notoire ! Comme il crèche à Belfast, il a souvent été comparé à quelques concitoyens célèbres ; et en particulier Gary Moore et Rory Gallagher. Encore qu’aujourd’hui ces comparaisons soient devenues banales et redondantes.

Simon a opéré ses débuts au sein de Sweet Savage, un groupe de heavy metal qui avait été fondé par l’un des musiciens de Def Leppard. Au fil du temps, il diversifie son style et embrasse une forme davantage blues, voire R&B. Il reconnaît alors puiser son inspiration chez des maîtres comme Jimi Hendrix et Jeff Beck. En 2008, il propose ses services au label anglais Nugene qui le signe. Une écurie au sein de laquelle militent des artistes proches du blues comme Matt Schofield et Ian Siegal. Son  premier essai, “Rich man feeling” suit rapidement. Et il embraie par “Since then”. Sa célébrité naissante lui permet d’ouvrir pour des grands gratteurs contemporains comme Joe Bonamassa, Joe Satriani et Derek Trucks.

Cet opus a été enregistré ‘live’, en mai 2011. La qualité sonore est excellente, proche de celle réalisée en studio. Presque toutes les plages sont des compos issues de ses deux albums précédents. McBride est soutenu par le drummer Paul Hamilton et le bassiste Carl Harvey. Le style de Simon est limpide. Sa technique est assez impressionnante. Perso, je ne détecte guère de références à ses illustres compatriotes, Gallagher et Moore, mais plutôt à Jeff Beck et Hendrix. Il est très doué, et n’hésite pas à libérer de nombreuses notes de son manche. Sans pour autant choquer. C’est manifestement un esthète des cordes. Son chant est naturellement puissant et adapté à sa musique. Peut-être manque-t-il un peu de relief ou de diversité!

“Down the river” est une plage qui colle manifestement à l’esprit de Jimi Hendrix. Mais une piste très réussie. Simon étale une telle virtuosité que sa technique en devient écœurante pour un débutant. Et il en remet une couche tout au long de la longue reprise du “Power of soul” du même Hendrix (NDR : ce  morceau avait été enregistré lors de son aventure vécue au sein du Band of Gypsys). L’album est sous-titré “Live in concert plus bonus acoustic tracks”. Pas étonnant, dès lors qu’en fin de parcours, on a droit à quatre plages acoustiques supplémentaires. Trois accordées lors de ce set en public et une inédite, “Coming home”. Et Simon me parait encore plus impressionnant dans ce registre non amplifié. En outre, sa voix semble mieux adaptée à ce style ! A suivre de très près!

 

Eamonn McCormack

Heal my faith

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Eamonn est un pur Irlandais. Et pour cause, il nous vient de Dublin. Dès son plus jeune âge, il devient adepte de la guitare aux sonorités puissantes, largement amplifiées. Il a pour dieux, Jimi Hendrix, Rory Gallagher, Eric Clapton, ses compatriotes de Thin Lizzy et même les esthètes hollandais de Focus. Il émigre quatre années aux States, pour y parfaire son style. A son retour, il emprunte le pseudo de Samuel Eddy. Nous sommes alors dans les années 80. Il publie alors trois elpees. Il devient alors de plus en plus populaire chez nos voisins bataves. Après un long break, il revient à la surface sous son véritable nom et publie “Kinded spirits”, un long playing auxquels participent alors Rory Gallagher, Herman Brood (NDR : depuis décédés) et Jan Akkerman.

Pour concocter “Heal my faith” Eamonn a décidé de s’exprimer sous le format classique du trio. Leader incontestable, il se réserve le chant et les cordes. Il est soutenu par une section rythmique parfaitement soudée réunissant Marc Inti à la basse et Josef Kirschgen à la batterie. Une formule embrassée par ses célèbres compatriotes à leurs débuts, que ce soit Rory Gallagher chez Taste ou Gary Moore pour Skid Row.

Le long playing s’ouvre par le titre maître. La voix est bien assurée. Les cordes soutiennent parfaitement le chant et ne laissent guère d’espace libre. Un tempo plus loin, le “Voices in your head” est hanté par le fantôme de Gallagher. Sûr que les Hollandais vont raffoler de cet opus ! L’Irlandais nous tient ; il ne nous lâche plus. Il se mue en rocker pour “That’s rock’n’roll”. Il tire ses cordes comme Billy Gibbons dans les meilleurs jours de ZZ Top! Les deux seules reprises s’enchaînent. Tout d’abord l’indolent “A night in the life of an old blues singer” de Phil Lynnot, l’ancienne éminence de Thin Lizzy ; puis le très nerveux “Shadow play”, signé par son idole Rory Gallagher, qu’il parvient à faire revivre, tant la passion le possède. Le reste de l’elpee est de la même trempe. J’épinglerai quand même “Bad luck”, un rockin’ blues sans concession, parfois écrasant, souvent proche du ZZ Top d’il y a une bonne génération ; et puis  “Self-pity in New York City”, le blues lent chargé d’intensité et d’émotion. Le disque s’achève par “Shine your light”, une plage légèrement folk rock, au cours de laquelle Eamonn souffle dans un harmonica, un morceau caractérisé par des accords de guitare inspirés et créatifs. Sûr qu’il aurait intérêt à creuser davantage dans ce créneau… 

 

Ed Sheeran

+

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Difficile de passer à côté du phénomène Ed Sheeran. Agé de 21 ans, ce jeune Anglais fait un véritable tabac sur la scène indigène depuis l’an dernier et commence peu à peu à infiltrer le Vieux Continent. De son véritable nom Edward Christopher, Ed a déjà vendu pour plus d’un million d’albums, il s’est produit dans les plus grands festivals anglais (Reading, Glastonburry, …) et  a naturellement remporté le british Award du meilleur artiste solo pour l’année 2011.

On ne peut donc le nier, il y a du talent derrière le produit Ed Sheeran. Sa voix rappelle celle de Damien Rice. C’est d’ailleurs lui qui aurait d’ailleurs allumé la flamme d’Edward, il y a quelques années, lors d’un de ses concerts auxquels il aurait assisté, en compagnie de son paternel. Et c’est d’ailleurs du sens mélodique pop de son idole qu’il semble avoir hérité.

Cependant, toutes ces excellentes dispositions ne suffisent pas. Le songwriter a beau s’être servi de la toile pour se faire connaître, il a malheureusement été rattrapé par la grande machine commerciale. Son premier album « + » est publié chez Atlantic et cela s’entend. Les chansons de cet opus ont été surproduites, une mise en forme qui annihile tout le charme qu’elles auraient pu libérer, si la mise en forme avait été mieux adaptée. Tout est exagérément lissé. Résultat des courses : son cocktail de pop-folk-hip hop a perdu son feeling. A la limite, il aurait tout intérêt à réenregistrer cet opus sous une forme minimaliste, épurée, acoustique même. Dans ces conditions, je suis certain que ses compos auraient une toute autre allure…

Pur produit anglais que se soit physiquement ou médiatiquement, Ed Sheeran ne manque pas de talent, mais quand on accouche d’un tel disque, c’est qu’on manque de personnalité. Evidemment, si vous êtes branchés sur la pop formatée, « + » est l’album qui vous faut. Et pour cause, chaque titre est un tube potentiel…

 

Mariee Sioux

Gift for the End

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Adoubée dans la foulée d’Alela Diane, Mariee Sioux avait fait forte impression lors de la publication de son premier opus, une collection de chansons folk taillées dans le plus soyeux des écrins locaux entre arpèges de guitares acoustiques, flûtes indiennes et interventions de mandoline dispensées par son papa, Gary Sobonya.

« Gift for the End », son second album, continue d’explorer ce folk intemporel et mystique si cher à Bonnie Prince Billy voire à Neil Young. Le ton est austère mais nourrit de riches harmonies vocales et une instrumentation subtile (Wurlitzer, piano et autres accord de guitares empreints de délicatesse). Les textes traitent toujours de l’histoire des Indiens d’Amérique tandis que le climat oscille americana traditionnelle (« Tule », « Old Magic », « Twin Song ») et psyché-folk (« Homeopathic », « Ghost in my Heart »).

Un « Gift » pas facile à dompter mais qui se révèle passionnant et même envoûtant au fil des écoutes. A découvrir ce 16 mai dans le cadre des Nuits Botanique…

 

Sleep Party People

Sleep Party People

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Coïncidence troublante, en ce dimanche ensoleillé, je pioche au hasard deux albums dans la pile qui attend patiemment  ma sentence et je tombe sur deux productions me renvoyant au fantôme du regretté Mark Linkous.

Place donc ici à Sleep Party People, dont le côté bricolo-foutraque, au demeurant fort plaisant, renvoie inévitablement au génial « Vivadixiesubmarinetransmitionplot », premier long playing de Sparklehorse, chef-d’œuvre absolu en la matière.

Révérencieux mais émancipé, Brian Batz, l’homme derrière l’étrange masque de lapin qui illustre cet opus éponyme, prend par la main l’auditeur et l’emmène visiter son antre. Descente vertigineuse dans un autre monde, tout en apesanteur.

Mélancolique sans être larmoyant, à la fois touchant et inquiétant, ce disque revisite l’enfance à travers un film sépia.

Indéfinissable et à mille lieues de tout stéréotype musical, véritable O.V.N.I. à l’instar d’un certain Donnie Darko au cinéma (s’inscrivant dans la même optique cuniculicole) je vous invite à découvrir absolument cet album tout bonnement majestueux…

 

Tail Dragger & Bob Corritore

Longtime friends in the blues

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C’est le légendaire géant du blues, Howlin’ Wolf, qui a affublé James Yancy Jones du sobriquet de Tail Dragger. Faut dire que Chester Arthur Burnett était son idole. Et que James avait tapé dans l’oreille de cet incontestable pionnier! Jones est aujourd’hui âgé de 72 ans. Il est originaire de l’Arkansas et vit depuis très longtemps à Chicago. Après la disparition de Wolf, son guitariste Hubert Sumlin allait apporter sa collaboration à notre Tail Dragger, un authentique disciple du blues, un adepte du ‘lowdown and dirty blues’, c’est-à-dire le blues basique sans concession. Il a enregistré trois elpees sur le célèbre label chicagolais Delmark : “American people”, “My head is bald” et “Live at Rooster’e Lounge”. Il a aussi joué en compagnie d’autres passionnés comme Jimmy Dawkins, John Littlejohn, le Rockin’ Johnny Band et les talentueux champions du blues autrichien, le Mojo Blues Band.

Bob Corritore est considéré comme un des meilleurs harmonicistes de blues contemporains, un musicien blanc qui dirige un club de blues extrêmement réputé, le Rhythm Room. C’est à Phoenix, en Arizona, où il se produit le plus souvent, flanqué de son Juke Joint Blues Band. Bob est aussi l’organisateur de l’All Star sessions.

L’équipe de Delta Groove a réuni de belles pointures pour entourer notre paire black & white : Chris James et Patrick Rynn, des habitués du Rhyhm Room ainsi que le colosse noir Kirk Fletcher aux cordes. Tail Dragger a une plume prolifique. Il signe neuf des dix plages. Il ne faut guère patienter longtemps pour constater que notre artiste est bien le légataire d’Howlin’ Wolf. Sa voix grave est surpuissante, volontiers ‘louvoyante’. Il libère une force impressionnante tout au long d’“I’m worried”. Il est talonné par Corritore qui distille beaucoup de notes savoureuses dans sa musique à bouche. Une seule reprise : le “Sugar mama” de John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson. Un slow blues à ras de terre, efficace et chargé d’émotion. Il y partage le chant avec le vieux pianiste Henry Gray, un autre ancien de la bande à Wolf! “Birthday blues” est sculpté dans du Chicago blues de classe. Tout s’emboîte à merveille. Corritore et Fletcher ne tiennent plus en place. Et ce blues 5 étoiles aussi nuancé que fluide, se répercute également à travers des titres lents, empreints d’une grande sensibilité, comme “She’s worryin’ me” et “Please Mr Jailer”, des plages imprimées sur un tempo bien enlevé tels que “So ezee”, “Done got old” ou encore lors du pur boogie woogie “Boogie woogie bell”. Excellent!

 

Twin Arrows

Twin Arrows

Écrit par

Difficile de le croire, mais Twin Arrows est une formation parisienne. Pourquoi tant d’incrédulité ? Parce que bien qu’issue de la ville lumière, elle pratique un blues/rock crasseux, poisseux, légèrement noisy et particulièrement excitant. Et parce qu’elle puise ses principales influences chez Royal Trux (NDR : enfin c’est le plus souvent à ce groupe que l’on pense, lorsqu’on écoute cet album). Enfin, les chansons ne sont pas interprétées dans un anglais dont l’accent est à couper au couteau.

Pour toutes ces raisons, Twin Arrows se démarque de ses compatriotes évoluant dans la sphère rock. Tout en lorgnant vers le rock yankee (NDR : celui de White Stripes, de Dead Weather et bien sûr de Royal Trux), leur premier opus est d’une efficacité redoutable. Faut dire que le sens mélodique des compos est particulièrement soigné. Et si les guitares sont omniprésentes, elles balisent parfaitement la conjugaison des deux voix, des vocaux à la fois impeccables et puissants.

Seule la production semble approximative. M’enfin, c’est peut-être ce manque de propreté qui fait le charme de leur musique.

 

Various Artists

Subway Salsa / The Montuno Records Story

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Un jour, le monde rendra hommage à l’immense travail archéologique accompli par la maison Vampisoul dans l’univers de la musique. Quelques mois après nous avoir permis de découvrir la pop prérévolutionnaire iranienne, la structure madrilène nous invite à plonger dans les archives du ‘Record Mart’, un magasin de disques établi dans le métro new-yorkais, à Time Square très exactement, un véritable temple de la musique latino. C’est aussi le repaire de Montuno Records, petite mais importante structure, spécialisée dans la salsa, qui appartient au maître des lieux, Jesse Moskowitz. Un micro label lancé dans les années 70 et toujours sur pied aujourd’hui…

Réunissant 28 morceaux, cette double compilation est une superbe vitrine qui met en exergue la musique sud-américaine comme la salsa Nuyorican (influencée par le rock, le funk et le doo wop), le compas haïtien, le jazz latino ou la cubaine traditionnelle. Une magnifique collection (la rumba de Totico, la charanga de Lou Perez, le funk de Yambu) enrichie d’un livret passionnant. Après une telle découverte, impossible de défendre l’interdiction de la musique dans les métros…

 

Waters

Out In The Light

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Issu de la promotion 2011, cet album a sans doute été sous-estimé. En tout cas, il est passé injustement inaperçu.

Si Waters ne réinvente pas le Rock, « Out In The Light » mérite certainement qu’on s’attache à ses compositions dont le sentiment général me renvoie personnellement d’un bout à l’autre de ces dix titres à Sparklehorse.

Après la dissolution de Port O’Brien, son leader s’est donc ressourcé et a accouché ici d’un projet particulièrement attachant.

Les guitares sales de l’introduction « For The One », les mélodies imparables qui jonchent chacun des morceaux, le spleen doucereux qui tapisse la voix de Van Pierszalowski, tout ici tend à mettre en lumière cet elpee au titre pertinent.

 

Dionysos

Of Moons, Birds & Monsters

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Mathias Malzieu redéploye ses ailes après quelques années d’absence scénique, pour le plus grand bonheur des fans de l’animal curieux qu’est Dionysos. Pour fêter la sortie de « Bird’n’Roll », le nouvel album concept de la troupe, et leur retour sur scène, les Français ont planté leur décor sur celle de l’Orangerie du Botanique (NDR : il s’agissait de leur seconde date de leur tournée) afin d’y donner le top départ d’un long périple qui s’arrêtera lors du second semestre aux Ardentes et à l’Ancienne Belgique. L’occasion de démontrer qu’ils n’ont rien perdu de leur incomparable cocktail d’énergie et bonne humeur.

Quatre ans se sont écoulés depuis la dernière fois où les drôles d’oiseaux de Dionysos ont mis les pieds sur des planches belges. Pourtant, il n’a pas fallu plus de quinze jours pour que les tickets s’évaporent dans la nature. C’est qu’ils sont au taquet les fans de Dionysos. Ainsi à 21h, la salle est plus que comble tandis que les six enfants terribles prennent place sur la grande scène du Bota. Derrière eux, une enseigne aux couleurs du titre de leur dernier LP se tient toute prête à scintiller.

Presque 20 ans et toutes ses dents, Dionysos casse la baraque dès son entrée. On se prend les foudres de John McEnroe et la tonitruante « McEnroe’s Poetry » en pleine face. C’est bon, rien n’a changé. Mathias et ses potes sont à fond, le rock’n’roll dans les veines. Ou plutôt le « Bird’n’Roll », concept extrait des membranes cervicales du leader de la bande. Un concept qui occupera d’ailleurs les trois-quarts du set. La formation prend donc la température de la mouture live des nouveaux morceaux. Ils tapent souvent dans le mille mais l’attente du public est manifestement tournée vers les anciens morceaux, comme l’indiquera l’accueil réservé aux « Don Diego 2000 », « Song For Jedi » et autres « Métamorphose de Mister Chat », durant lequel s’entremêlaient d’ailleurs miaulement de joie et hystérie collective. Près de 700 personnes qui attendent impatiemment de pouvoir hurler ‘ta gueule le chat !’, ça doit s’entendre jusqu’au bout du couloir.

Fidèle à lui-même, Malzieu s’envole au-dessus du public et y plante son nid le temps d’un morceau, mégaphone à la main, devant les yeux amusés de la toujours aussi charmante Babet et de ses autres collègues. En guise de rappel, la bande de Valence nous présente son « Roi en Pyjama » avant d’enchaîner sur les riffs à la perceuse de l’ultime et bouillonnant « Wet », dédié aux fans de la toute première heure. Après un tel spectacle, il serait idiot de ne pas Bird’n’Roller avec McEnroe, Don Diego, Mister Chat, June Carter, Spidergirl, Tom Cloudman, le pire cascadeur du monde, et les autres Monsters in Love, lors des prochaines étapes belges de la bande de volatiles !

Aux Ardentes le 5 juillet et à l’AB le 1er novembre.

(Organisation : Botanique)

 

The Cast of Cheers

Bien, mais un peu court…

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Alors que l’Orangerie était sold out pour accueillir la formation française Dyonisos, le sous-sol du Botanique, et plus explicitement le Witloof Bar, programmait au même moment The Cast of Cheers, dans le cadre de la campagne ‘New Talents, cool prices’. Peu connu chez nous, le groupe dublinois venait présenter en avant-première son second opus, dont le titre sera éponyme. Il devrait paraître en juin.

Le public est réduit à une trentaine de personnes. Ce qui n’est pas pour me déplaire, vu l’architecture de la salle, dont les plafonds sont soutenus par des piliers en briques. Si l’endroit est particulièrement esthétique, la visibilité est souvent réduite, surtout pour celles et ceux qui ne trouvent place qu’à l’arrière de la pièce. Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, l’assistance restreinte permet de voir l’intégralité de la scène.

Le combo irlandais entame les hostilités à 20h30 par un morceau bourré d’énergie, augurant ainsi un set débordant de fougue punk. Les deux guitaristes gesticulent dans tous les sens frôlant à plusieurs reprises la collision. Les compos s’enchaînent rapidement et ne dépassent que très rarement les 3 minutes. Leur mélange de math-rock et d’indie rock est percutant. Un style que le quatuor maîtrise parfaitement en ‘live’, haussant le ton lorsqu’il le faut. Le traklisting est puisé au sein de leurs deux opus. Et épingle l’inévitable « Family », premier single qui tout en lorgnant vers The Rapture, démontre que le combo peut également afficher une face pop. Ainsi que leur nouveau, « Animals », chanson également plus radiophonique. En fin de parcours, The Cast of Cheers embrasse même une forme plus électro, dans l’esprit d’Errors.

Après une demi-heure de prestation, le combo vide les lieux, pour y revenir quelques secondes plus tard. Leur intention : accorder un rappel. Malheureusement, il ne se produira jamais. Motif ? Un problème technique réduisant le bassiste au silence. Les musicos vont s’excuser à plusieurs reprises. Ce qui ne changera pas grand-chose à la situation. Pas de chance ! Et le public de quitter la salle, un arrière-goût de trop peu dans la bouche, malgré leur mini set convainquant. Vivement la sortie de l’album !

(Organisation Botanique)

 

Gnod

Gnod Gnod Gnod on heaven’s door

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Chaque année, à pareille époque, on assiste immuablement au même rituel.

Deux mille douze ans que ça dure.

De passage parmi les hommes, je me sacrifie (sic !) à la tradition et je fais bonne figure.

Ce sacrifice ne me dérange pas. Je crois que je l’aime, dans le fond.

Hier, mercredi onze, votre serviteur avait un peu de temps libre devant lui, après les festivités du week-end.

Informé par un tract, il s’est retrouvé un peu par hasard dans cette arrière-salle, quelque part à Liège.

Depuis il est sourd. Et en totale harmonie avec l’humanité.

 

La cène, non, pardon, la scène se situait tout dans le fond.

Tellement exiguë que tous les musiciens ne pouvaient s’y tenir ensemble.

Du coup, seul le batteur trônait là, derrière ses fûts.

Au milieu du public, clairsemé en ce début de soirée, se produisaient un guitariste survolté, une bassiste exaltée et une chanteuse qui sans payer de mine démontrait l’étendue épatante de sa tessiture vocale.

Derrière un nom improbable se cachait la première bonne surprise de la nuit.

Katawumpus, quatre pèlerins issus d’Ardèche dont le Rock incisif et à première vue brouillon s’avérait en fait d’excellente facture.

Magma improbable et électrifié qui amplifiait au fil du set pour se terminer en orgie bruitiste sous les cris conjugués d’un saxophone possédé et les onomatopées gutturales sorties tout droit des gorges du mont Golgotha.

Tout en sueur sous ma robe de bure, mes membres s’entrechoquaient à chaque assaut du combo en pleine ascension.

 

Après cette salve jouissive, je me suis tourné vers le bar et je me suis fait servir une coupe de leur meilleur vin de messe.

Discutant le coup avec quelques autochtones, j’ai pu constater que mon enthousiasme était largement partagé.

Il n’a pas fallu longtemps pour que le second groupe, français lui aussi, donne l’assaut.

Naturellement réticent aux égosillements infatigables, toute performante que soit la voix empruntée par le prêcheur de Coubiac, celle-ci me ramena naturellement vers le calice qui m’attendait. De là où je me tenais, je pouvais apprécier la prestation scénique et Ô combien énergique des fils spirituels de Black Flag.

 

Cependant, un petit bonhomme étrange suscitait ma curiosité.

Sautillant, semblant sous amphétamines, et apparemment très en forme, ce petit lutin arborant un drôle de T-shirt à l’effigie du pape Jean Paul II faisait le pitre et semblait ne plus tenir en place.

Impatient d’entamer la grand-messe qui allait suivre, le leader de Gnod trépignait.

Et puis soudain, le plafond de la salle s’est envolé.

Le ciel s’est assombri, et le vent a commencé à souffler, tandis que des éclairs déchiraient l’obscurité.

Le sol s’est mis à trembler. Sans doute éventré par ces deux basses qui semblaient faire jaillir la vérité ultime des tréfonds de la terre.

Littéralement happé par une transe qu’il ne semblait nullement contrôler, le drôle de personnage qui présidait à cette eucharistie se roulait aux pieds des fidèles, se relevait, tremblait sur ses jambes qui ne semblaient plus le soutenir, se vautrait dans la fange et appelait à lui quelques démons ou anges que seul lui semblait voir.

Cris de damnés étranglés dans d’infinies réverbérations, soutenus par des giclées de bruit blanc crachées par une guitare sous acide.

Le visage maculé de sang, l’improbable orateur psalmodiait des paroles incompréhensibles sous le regard hagard de ses disciples entourés d’une aura lumineuse dont les spirales hallucinées s’enroulaient et s’entrelaçaient dans l’espace déchiqueté.

Suspendu entre l’infini et l’éternité, je me suis envolé dans les hautes sphères de l’absolu et j’ai touché l’éternité.

De là, je vous écris ces quelques lignes, qui devraient vous inciter à découvrir au plus vite Gnod et à vous ouvrir à eux.

Oui, comme l’indique l’un de leur grands faits d’arme, « In Gnod We Trust ».

 

(Organisation : Carlo Lévi)

 

Breton

Breton et tellement anglais !

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Nonobstant un patronyme pas vraiment ‘sexy’, Breton est à la pointe de la ‘hype’ depuis quelques mois. Et ce n’est pas une formation bretonne, comme on aurait pu l’imaginer, mais bien anglaise. Il n’est donc guère surprenant de voir la Rotonde pleine comme œuf, pour ce concert. Après avoir gravé 3Eps passés plus ou moins inaperçus, le combo a publié « Other People’s Problems », il y a quelques semaines. Un opus paru sur l’excellente maison Fat Cat et bien reçu par la critique.

Le groupe monte sur l’estrade vers 20h30, le chanteur/guitariste Roman Rappak, en tête. Il semble éméché et a ramené une bière et sa bouteille de Jameson. Tellement rock n’ roll ! Il est flanqué de quatre comparses, respectivement préposés à la batterie, la basse, les claviers et autres obscurs engins de programmations. Derrière le quintet, soucieux d’être de son temps, un écran reçoit les projections des belles vidéos du groupe. Faut dire que Breton est le groupe multimédia par excellence ! A l’origine, il considérait sa musique comme un support destiné à sonoriser leurs films réalisés dans leur squat londonien (NDR : on se doute cependant que l’aventure musicale est devenue rapidement prépondérante…) Le son est puissant. Le groupe est solide et bien en place. Il aligne les titres issus de son elpee. Il nous livre une sorte de version dansante de la rage adolescente manifestée par Wu Lyf : toutes guitares et basses dehors ! Et ce sont les sonorités électro subtilement tribales qui allègent l’expression sonore. Les titres sont accrocheurs (« Pacemaker », « Electrician », « The Commission », « Edward the Confessor »), à défaut d’une présence scénique remarquable des musicos. Le groupe communique très peu avec son public, mais quand il le fait, c’est dans un français sans accent.

Malheureusement, au bout de 35 minutes, donc après avoir épuisé son court répertoire, le gang insulaire laisse maladroitement tomber son public, juste après un bref rappel. Bref si le set était efficace, on ne peut pas dire qu’il deviendra inoubliable. Le groupe a certainement beaucoup de talent et marche peut-être sur les traces des fantasques  Foals. D’autres sales gosses… Seul l’avenir nous le dira…

(Organisation Botanique)

 

Maxïmo Park soutient la Sécurité Sociale…

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Maxïmo Park publiera son nouvel album le 11 juin prochain. Il a été enregistré sous la houlette de Gil Norton (Pixies, Foo Fighters). Intitulé « The National Health » il succèdera à « Quicken the Heart », sorti il y a 3 ans déjà. La formation anglaise devrait ensuite se lancer dans une tournée européenne. Un premier extrait est téléchargeable sur le site du groupe. 

http://www.maximopark.com

Tracklisting

1. When I Was Wild
2. The National Health
3. Hips and Lips
4. The Undercurrents
5. Write This Down
6. Reluctant Love
7. Until the Earth Would Open
8. Banlieue
9. This Is What Becomes of the Broken Hearted
10. Wolf Among Men
11. Take Me Home
12. Unfamiliar Places
13. Waves of Fear

 

Hot Chip bien dans sa tête

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Les géniaux Hot Chip publieront leur nouvel opus, ce 11 juin 2012. Il s’intitulera « In our heads ». La formation insulaire sortira donc son album, juste avant de se produire au Pukkelpop, ce 16 août.

Track list:

1. Motion Sickness                                    
2. How Do You Do                                     
3. Don't Deny Your Heart                         
4. Look At Where We Are                        
5. These Chains                                           
6. Night And Day
7. Flutes
8. Now There Is Nothing
9. Ends Of The Earth
10. Let Me Be Him
11. Always Been Your Love 

http://www.hotchip.co.uk

 

Laid Back tellement cosy…

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Laid Back est ce duo scandinave établi à Copenhague devenu célèbre pour avoir commis un tube intitulé "Cocaine Cool". Il publiera un mini album baptisé « Cosyland », ce 2 mai 2012. Le processus est simple ; la paire a retrouvé de vieilles démos datant de 1981 et les a retravaillées numériquement en y ajoutant basse, voix et rythmiques.

Tracklisting:

1. Cosyland Video Edit
2. Get Laid Back
3. Cocaine Cool Extended
4. Vol2
5. 101 Part Two
6. Cosyland

http://www.youtube.com/watch?v=r95ub7GSm5k
http://www.youtube.com/watch?v=RoB0pzBLAwk
http://www.youtube.com/user/laidbackofficial#p/u

 

L’Europe met son veto à la fusion entre Universal et EMI.

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La Commission européenne a dévoilé les détails de ses recherches par rapport à la proposition de rachat de EMI par Universal. Elle a déclaré qu’Universal serait en position d’hégémonie, que la fusion ne serait pas à l’avantage du consommateur et serait néfaste pour la concurrence.

La décision finale du régulateur est attendue pour le 8 août.

http://www.impalamusic.org

 

Soko

I Thought I Was an Alien

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J’étais un admirateur caché d’« I’ll Kill Her », le premier mini-tube de l’intrigante Française Soko. Or, l’estime que je lui ai portée, s’est écroulée après avoir lu quelques interviews accordées par l’artiste. A cause de ses points de vue, plus que contestables. En se révoltant contre le monde entier, cette ado rebelle aurait voulu nous faire croire qu’elle en serait arrivée à renier sa carrière pour défendre ses opinions. Une pilule difficile à avaler, lorsqu’on sait qu’elle a signé chez un major ! C’est donc dubitatif que je me suis lancé à l’écoute d’« I Thought I Was an Alien »…

Premier constat : impossible de résister à la voix fragile, à fleur de peau, de Stéphanie Sokolinski. Finalement, ce sont ses lyrics qui me dérangent. Soko aborde, en effet, sa vie sentimentale et ses angoisses, à l’instar d’une jeune adolescente qui s’épanche dans son journal intime. En s’exprimant avec un accent pas possible ; mais définitivement craquant ! Sa voix est saturée d’émotion. Elle rappelle même le Bright Eyes originel. Et son trémolo qui envahit le très réussi « Treat Your Woman Right » en est la plus belle illustration…

A l’image de la première dame de France, Soko murmure ses textes plus qu’elle ne les chante, sur des mélodies sculptées dans une instrumentation acoustique minimaliste. Le résultat oscillant entre le sublime (« First Love Never Die », « Don’t You Touch Me ») et le ridicule (« Soon Enough We Will die »). Si l’opus semble avoir été enregistré au sein d’une chambre, hantée par l’esprit anti-folk (« Happy Hippy Birthday »), il manque aux compos le second degré qui permet à un Jeffrey Lewis de faire la différence, même si Soko ne se débrouille pas trop mal dans le style.

La nouvelle coqueluche de Virginie Despentes ne supporte apparemment pas l’écoute de ses propres albums. Elle possède pourtant un certain talent. Qu’elle dissimule malheureusement sous une certaine attitude. Non, Soko, tu n’es pas une extra-terrestre ! Juste une artiste très douée qui aurait tout intérêt à le reconnaître…

A découvrir le 5 juillet aux Ardentes à Liège.