New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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When Saints Go Machine

Fail Forever (Ep)

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Le label teuton !K7 excelle lors de la confection de ses glorieuses compilations « DJ Kicks ». Par contre, lorsque l’écurie décide de balancer un artiste dans la spirale de l’électro, généralement, elle se plante. Et la réponse à ce phénomène relève du pur mystère. Dernier cas en date, When The Saints Go Machine. Un quatuor danois électro/pop. Faut quand même savoir que WSGM est respecté chez eux. Considérée comme la meilleure révélation de l’année 2009, par une radio danoise, la bande à Nikolaj Manuel Vonsild a mis les bouchées doubles, en cette année 2011. Et avant de voir débarquer leur premier elpee, le combo a accouché de « Fail Forever », un maxi d’honnête facture, qui possède quand même toutes les chances de se faire une petite place au chaud dans le monde analogique. Malgré la voix irritante, on passe en revue les sonorités déjà entendues mais bien ficelées. Par contre, on se marre sur les vocodeurs et les petits chants en canon cul-cul-la-praline. Et finalement, la direction empruntée semble parfois indécise. Ce qui a le don d’agacer. On se réjouit néanmoins sur « Pinned » et « You Or The Gang » qui sont les seuls et rares moments forts de la galette. A écouter en se forçant un peu. Et ça c’est dommage.

Whiteboy James

Last time was the last time

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C’est lors de la vague de blues qui avait envahi Los Angeles, au cours des années 80 et 90, que Whiteboy James avait formé son Blues Express. Le combo avait publié un elpee en 1992, un disque qui avait bénéficié de la participation du redoutable gratteur Alex Schultz. James s’était retiré de la scène musicale en 2001 ; mais il faut croire que le virus n’était pas encore vaincu, puisqu’il a décidé de remettre le couvert dès 2006! Les goûts du jeune James Page sont éclectiques. Ainsi, s’il a beaucoup écouté les artistes de blues et de R&B, et en particulier Louis Jordan, Big Joe Turner et Lightnin' Hopkins, il apprécie également le bon rock'n'roll d'Elvis Presley et de Jerry Lee Lewis ainsi que le western swing de Bob Wills. Il a eu la chance de se produire à la même affiche que James Harman, Rod Piazza, William Clarke, les Blasters ou encore Little Charlie and the Nightcats. Du beau monde! James, notre gamin blanc, chante et souffle épisodiquement dans un harmonica. Au sein du line up de son band figurent aujourd’hui l’excellent Scott Abeyta aux cordes, Blake Watson à la basse et Mr Max Bangwell, notoire dans la Cité des Anges, aux drums.

L’ouverture est tumultueuse. Lancée à pleins tubes, "Chicken and the Hawk" adopte un profil très rockabilly. La guitare jump envahit l’espace sonore. Les drums s’agitent. Bien rythmé, le titre maître est une compo marquée par le Chicago blues. Les accords de gratte sont brodés à la manière de Jimmy Rodgers. Très électrique, le Blues Express s’éclate dans le rock’n roll. A l’instar de "By myside", une plage très courte mais explosive. Imprimé sur un tempo soutenu, "Upside your head" est un blues qui rocke. Bien trempée, la section rythmique est en acier inoxydable. La guitare profite de cette rampe de propulsion naturelle. Rockabilly puissant, allègre, "Reefer man" déferle comme un train lancé sur les rails, à toute vapeur! Morceau plus léger aux accents country, "Don't f@#$ around with love" est teinté d’humour et trempe dans la bonne humeur. Bref instrumental, "Fat chance" est un morceau que n’aurait pas renié le regretté Michael Leonard Mann alias Hollywood Fats. Parfaitement balisés par la section rythmique, "Have you way baby" et "Keep it clean" baignent davantage dans le blues. Il faut attendre la dixième plage pour observer un ralentissement du tempo. En l’occurrence lors de la cover du "Worried life blues" de Big Maceo Merriweather, un bon vieux blues mis à la sauce Whiteboy, donc parsemé de quelques éclats! La fièvre remonte aussitôt dès "Walked around the world", puis un autre instrumental intitulé "Untamed melody". Une nouvelle et belle occasion pour Abeyta de se dérouiller les doigts. "T-Bone for Daisy" est le dernier blues lent de l’opus. Très ‘nightclubbien’, il offre l’opportunité à Scott de démontrer qu’il a bien assimilé le style de T-Bone Walker. Dans un autre registre, ce gratteur torture ses cordes tout au long de la finale, "Shave 'em dry #2" (NDR : c’est également la plus longue plage du long playing !), un shuffle au cours duquel, il adresse, au passage, un clin d'œil à Jimi Hendrix. De l'excellent travail!

Le 26 mars prochain, Rip Cat Records lance son catalogue. Au menu : Whiteboy James, les Mighty Mojo Prophets, Barry Levenson, Johnny Mastro, les Mama's Boys et les 44's. Il sera judicieux de se rendre à Redondo Beach, ce jour-là!

 

Agent Wander

Vanguard (Ep)

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Né au printemps 2009, Agent Wander est en fait le projet de Wim Kesteloot. Auteur compositeur, cet artiste gantois débute en solo, dès 2008, sans pouvoir hélas percer.

Afin de se faire une petite place au soleil dans le paysage rock belge, il s’adjoint les services de Stefan Valenberghs à la guitare (Viper Rosa, This Is Where My Little Saturn Sleeps), du drummer-singer Koen Gallet (Viper Rosa, Saturn) et du bassiste Bart Van Lierde (Zita Swoon, Kowzi). Belle association qui part directement à la conquête de la Flandre profonde.

Après avoir bourlingué durant quelques mois au nord du pays, le combo décide de s’autoproduire et de publier par ses propres moyens ses compos les plus représentatives. En effet, aucun label ne soutient encore Agent Wander pour le moment. Au vu de ce qui est proposé, cette situation ne devrait pas perdurer, tant les quatre morceaux affichent tous une bonne dose d’originalité, de savoir-faire en plus d’une excellente musicalité.

Si « Caroline » lorgne un peu du côté de Roxy Music, « Sunday Call » rappelle, de loin, JJ Cale. « Waiting for a Change » trahit des relents d’Iggy Pop et le morceau de clôture, « Angie », nous entraîne dans l’univers de Morphine. Bref, on ne peut pas dire que les 4 morceaux de cet Ep, se contentent de plagiat. On est loin du compte, d’ailleurs. 

Un coup d’essai, pas un coup de maître, mais pas un coup dans l’eau non plus ! Directement touché par la voix et le jeu de guitares omniprésent, Agent Wander donne l’impression de disposer de ressources qui ne demandent qu’à s’exprimer.

Alors, qu’attendent les distributeurs pour intégrer cette nouvelle formation belge de talent, dans leur écurie ?

 

Baby Fire

No fear

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Duo incendiaire, Baby Fire (dont le patronyme procède d'une citation pyromane du tueur en série Ottis Toole), visite le subconscient malsain de l'âme humaine. Sèche comme une souche de bois au pied d'un brasier, la musique de ces deux gentes demoiselles rappelle à certains moments le « Dry » de PJ Harvey. Excusez du peu!

Explorant des thèmes aussi enthousiasmants que le cannibalisme ou la folie, Diabolita et Cha! s'exercent brillamment à battre le fer tant qu'il est chaud.

Excitant d'un bout à l'autre, ce « No fear » développe donc ces sujets prédilection à travers une musique primale mais foutrement jouissive. Sombre comme il se doit, aride et retors, le rock de ces diablesses plonge ses racines dans des enfers pavés de bonnes inventions.

Petites cousines des Sleater-Kinney, à rapprocher vaguement de la branche Riot grrrls, les Baby Fire décapent et s'invitent en hôtes de marque dans ce décor au demeurant très mâle (maléfique ?)

Par ailleurs actives au sein de Keiki pour l'une, dans Lem pour l'autre, cette belle paire n'a pas fini de faire parler la poudre.

Avec une bonne dose d'humour et une production parfaite, cet album s'avère une excellente découverte.

Je brûle d'impatience de connaître la suite!!!

Natalie Beridze / TBA

Forgetfulness

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L'an dernier, « What about things like bullet » avait été envoyé sur la toile comme balise de reconnaissance aux confins de notre conscience et j'avais déjà pu vous dire tout le bien que je pensais de cette jeune femme aux identités multiples. Dans une veine électro sombre, cette Caucasienne nous offre un album d'une majestueuse prestance. Par un jeu subtil tout en nuances, le spectre musical de cette artiste se définit graduellement et dessine les contours opaques d'un monde claustrophobe.

Si l'univers ainsi caressé appartient définitivement au monde digital, cette somme d'algorithmes apporte définitivement la réponse par l'affirmative à ces sceptiques qui douteraient encore que l'on puisse trouver trace d'émotions dans ce type de musique.

Faussement bancale et en équilibre incertain, entre murmure et désespoir modulé, la voix de Natalie Beridze se conjugue aux sonorités en apesanteur et se fond dans cette enveloppe de douceur étrange et quelque peu inquiétante. Teinté d'un nihilisme proche du scepticisme (« Nothing ever changes... just rearranges », « Future will (never come) ») et profondément taché de l'encre sale du désespoir, cet album se distingue par une homogénéité opaque d'où jaillissent des éclairs de lune d'une grande beauté.

Oppressante et troublante, la musique de cette artiste que l'on pourrait rapprocher de Trent Reznor (sa reprise du « Hurt » de NIN) offre peu d'espoir de rédemption.

Certes pas un album festif, mais vivement recommandé.

Geoff Berner

Victory Party

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Geoff Berner pratique du klezmer-punk. Et il doit probablement en être le seul représentant. Mais qu’est-ce que le klemzer punk ? Le klezmer (‘klei zemer’ = instrument de chant) est une tradition musicale des Juif ashkénazes d’Europe centrale et de l’Est. Vous y voyez un peu plus clair ? Bref, ce Canadien (NDR : il est né à Vancouver) mêle musique juive traditionnelle (dominée par l’accordéon) et l’activisme punk (NDR : très engagé, il a été membre de différents mouvements politiques dont le ‘Green Party of British Columbia’). Sur « Dalloy Poitzei », il se sert d’un chant russe du début du XXème siècle (« Dalloy Poitzei »), mais le revêt d’une forme résolument moderne (un des couplets se termine par un cinglant ‘Fuck the Police !’ piqué à NWA). Autres tours de force, « Jail » (‘I’m Going to jaill, I Will Get Three Meals a Day’) ainsi que le plus électro « Oh My Golem ». On a même droit à une jolie ballade (« Mayn Rue Platz ») et puis d’un morceau aux lyrics aussi féroces qu’humoristiques (« The Victory Party »). « Victory Party » constitue le cinquième opus de Geoff Berner. Et si sa musique est finalement éclectique, son militantisme me rappelle plutôt le Clash, NOFX voire les Pogues...

Buffalo Tom

Skins

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14 plages sur le nouvel opus de Buffalo Tom, « Skins », dont un titre caché d’1’10, en fin de parcours, un instrumental partagé entre mandoline et guitare sèche. Mais venons-en au cœur de cet opus. Il fait suite à « Three easy pieces », publié en 2007. Autoproduit, il s’agit de leur 8ème opus studio. Et il a été enregistré dans leur ville natale de Boston.

Au fil du temps, la voix de Bill Janovitz se métamorphose. On la connaît surtout pour ses inflexions éraillées, mais elle devient de plus en plus chaude, fragile, même ; et parfois sur cet elpee, on a l’impression que son timbre campe un hybride entre celui de Mark Eitzel et de Michael Stipe (REM). De voix, il en est encore question, puisqu’il échange un duo avec Tanya Donnelly (Throwing Muses), sur le plus acoustique « Don’t forget me », une piste sur laquelle Sean Staples est venu apporter son concours à la mandoline. Tout au long de cette œuvre, on retrouve ce mélange subtil entre cordes acoustiques, semi-acoustiques et électriques. Surtout sur les compos mid tempo, bien dans le style de BT. Mais on a aussi droit à des compos plus percutantes, plus offensives, à l’instar de « Guilty girl », de « Lost weekend », caractérisé par sa bonne séquence de grattes et ses breaks, de « Down » et puis de « The kids just sleep », éclaboussé riffs en éruption. Des titres le plus souvent hymniques, contagieux et élégants propulsés par des drums particulièrement souples. L’une ou l’autre compo est tramée sur des accords de piano, on y décèle un zeste de violon sur « The hawks & the sparrows » (NDR : pas la compo la plus transcendante) et en fin de tracklisting du clavier. Rogné, poussiéreux, il s’invite sur deux titres plus psyché. Tout d’abord « The big light » et puis l’excellent « Out of the dark ». Enfin, le long playing recèle deux valses. La première presque ‘REMesque’, « Arise watch » (NDR : le titre qui ouvre la plaque) et la seconde beaucoup plus lente, presqu’un slow crapuleux (« Paper knife »). Bref, malgré deux ou trois compos dispensables, ce « Skins » est tout à fait rafraîchissant.

Demian Clav

Wisteria Lodge

Écrit par

J’ai un peu de mal à comprendre pourquoi notre sympathique rédac-chef, qui d’habitude distribue les Cds à chroniquer en fonction des goûts et des connaissances musicales de chacun, a pu croire un seul instant que je puisse trouver un intérêt dans la musique de Demian Clav. Il faut dire, pour la défense de notre boss, que le label Priskovenie a un peu brouillé les pistes en qualifiant cette musique de ‘gothique/progressif/néo-classique’. Il est vrai que ces trois termes associés au mot ‘Métal’ auraient probablement éveillé mon attention.

Votre serviteur, fan de musiques énergiques en tous genres, essaye donc de garder les yeux ouverts en écoutant le second album de ce duo nantais constitué de l’énigmatique JCW au chant, aux guitares et aux claviers et de JCW à la batterie et aux claviers.

« Wisteria Lodge » est un concept album inspiré par l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle et plus précisément par l’une des aventures de Sherlock Holmes intitulée ‘The Adventures Of Wisteria Lodge’. La musique sombre et mélancolique de Demian Clav est, sans conteste, très adaptée au contexte mystérieux et romantique de cette histoire. « Wisteria Lodge » s’écoute d’ailleurs comme on regarde un film. Enfin, comme un aveugle regarderait un film puisque, malheureusement, nous sommes privés de support visuel.

« White Mirror », le premier morceau de la galette ouvre l’appétit. LSK y chante. Et le gaillard a une très jolie voix. Si je souligne le fait, c’est que, par la suite, le Nantais se contente le plus souvent de parler. Et c’est vraiment dommage. La guitare électrique est transcendante. Un solo superbe. Rien de tel pour me titiller les sens. C’est un rien progressif et la plage me fait même un peu penser au Bowie des seventies. Néanmoins, même si l’on est un vulgaire fan de métal, c’est plutôt un gage de qualité.

Malheureusement (pour moi), la suite n’est pas vraiment du même acabit. Demian Clav s’embarque, dès le second titre, dans un style musical se rapprochant plus de la pseudo-musique classique ou de la BO du film d’épouvante que du rock véritable. LSK y déclame son texte d’une voix morose et déprimante. Un chant féminin occasionnel, des effets sonores, un violoncelle et des chœurs viennent enrichir les compositions. Alors oui, c’est beau. C’est même romantique. Gothique. Mélancolique. Mais c’est aussi déprimant et parfois même un peu ennuyeux.

Bien torché, mais à éviter si vous êtes dépressif ou hard rocker.

Beth Ditto

Ep

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« Cruel Intentions » était probablement l’un des morceaux les moins casse-bonbons du fadasse « Temporary Pleasure » de Simian Mobile Disco. Les deux James (Ford & Shaw) n’ont donc rechigné à associer une seconde fois leur sobriquet au nom de la plus voluptueuse et attachante des chanteuses contemporaines. Beth Ditto, sans ses Gossip, délivre un premier essai en solitaire. Quatre morceaux electro-pop qui auraient tous pu être estampillés de l’indication ‘Featuring Simian Mobile Disco’ tant la patte du duo est prédominante. La chanteuse se contente ici de poser ses textes sur des mélodies taillées sur-mesure. Mais la collaboration fonctionne à merveille tant les deux éléments se complètent. Le petit quart d’heure expéditif d’« Ep » est probablement l’avant-goût d’une œuvre beaucoup plus fournie qui devrait voir le jour tôt ou tard. En attendant, « I Wrote The Book », « Open Heart Surgery », « Do You Need Someone » et « Good Night Good Morning » se consomment sans fin, les pieds aussi bien en éventails que sur la piste de danse.

La version Cd du premier EP de Beth Ditto ne rend cependant pas justice au travail de Simian Mobile Disco tant les versions qui y sont présentes ont été tronquées pour paraître plus ‘radio-friendly’. Exemple, la captivante version originale de « Good Night Good Morning » de 7 minutes est ici réduite à une petite capsule de 3 minutes 57, négligeant les parties instrumentales les plus trippantes du morceau. Les trois autres titres en font également les frais, quoique moins drastiquement. L’EP de (Simian Mobile Disco Featuring) Beth Ditto est donc à se procurer de préférence dans la version digitale contenant l'indication "Orginal Mix"!

iTunes :  http://itunes.apple.com/be/album/beth-ditto-ep/id418536042

 

Electric Suicide Club

Electric Suicide Club (Ep)

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Il devient de plus en plus difficile de déterminer l’origine d’un groupe, rien qu’en écoutant sa musique. D’ailleurs, j’étais loin d’imaginer qu’Electric Suicide Club était originaire d’Alsace, par exemple… Si la France profonde commence aussi à accoucher de groupes d’un tel calibre, je vais finir par perdre tous mes repères.

Néanmoins, je vous invite à rejoindre les membres de ce nouveau club rock n’roll, car les 6 morceaux proposés par le trio sont sculptés dans un pop/rock aussi survitaminé qu’efficace. La rythmique est précise et les mélodies directes, sans fioritures. Un titre frénétique comme « N°4 » me rappelle les meilleurs moments du « Happy Hardcore » de Danannananakroud et « Wait a minute », le punk californien de Blink 182. En moins de 20 minutes ESC nous balance toute l’énergie d’un hardcore ‘very light’ pour produire des bombes mélodiques catchy à souhait.

Le combo se produira au DAN de Bruxelles, ce 12 mai.

Thomas Fersen

Je suis au paradis

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Le dernier disque de Thomas Fersen (son neuvième hormis les live), intitulé « Je suis au Paradis » est une suite de portraits farfelus de personnages et de contes macabres et fantastiques, connus ou inventés. S'y côtoient ainsi Dracula, Barbe Bleue, un loup-garou, Sandra (jeune fille fantôme qui hante la maison et l'esprit du narrateur-chanteur), le Balafré (joueur de scie musicale aimant fermer les yeux pour mieux la faire sonner, se mutilant par mégarde), le squelette du train fantôme de la Foire du Trône, l'enfant sorcière, la vieille momie égyptienne du musée...

Un univers drôle, comme toujours chez Fersen, sur des thèmes plutôt sombres et morbides, empruntés à un imaginaire d'enfants pas sages.

« La Barbe Bleue » est un dialogue entre le fameux tueur de femmes et... sa régulière, qui lui demande pourquoi ‘ça sent bizarre dans ton placard, ça sent le pourri dans ta penderie’. Pour rassasier sa curiosité et l'empêcher de voir (les cadavres des épouses précédentes qui commencent à sentir fort), Barbe Bleue cherche à détourner son attention en faisant l'inventaire de sa garde-robe, donnant l'image d'un personnage très coquet.

Dans « Félix », troisième titre du disque, un centenaire nous chante son appétit de vivre et de profiter des plaisirs de la vie, en entonnant ce petit refrain ‘Je jouis, je jouis c'est inouï’ auréolé d'envolées angéliques de chœurs et de carillon. L'orchestration est agrémentée d'un violon, de sonorités celtiques, sur lesquelles se pose la voix, au flegme habituel.

Les textes sont amusants, toujours bien écrits (en alexandrins), mais on pourrait regretter que tout l'album soit empreint de la même mélancolie monotone. Les rythmes sont plutôt lents et la voix ne fait pas d'excès.

Fersen a toujours eu cet accent nonchalant dans la voix, ce n'est pas un hasard s'il a composé « Dugenou », mais on l'a tout de même connu plus énergique (citons seulement « La chauve-souris » et « Ne pleure plus »).

« Je suis au Paradis » a certes bien des qualités, mais s'il ne sent heureusement pas le pourri, il sent peut-être un peu la naphtaline.

 

Yel Fox

QCCP

Écrit par

Interaction créative, voire récréative entre Yel Fox et divers artistes invités à tour de rôle sur chaque morceau et venus d'horizons divers, cet album découvre un univers intime, assez éloigné des dix années vécues au sein du punk hardcore par l'artiste au sein de Gravity Slaves.

Bien que l'esprit ne soit pas totalement annihilé, en témoignent les titres « Farewell list » ou « A signal », l'urgence du moment fait à présent place à une sorte de réflexion approfondie pas toujours de bon ton.

Projet prétendant offrir de multiples facettes (graphiques notamment), Yel Fox développe ici un rock certes habité mais décliné à des sauces différentes, qui, force est de le constater, ne parvient pas toujours à faire prendre la mayonnaise.

Parfois irritant (l'insupportable « Tao Sao »), parfois intéressant dans son traitement (« Love me Over » avec Laudanum), cet album s’avère, en général, relativement anecdotique. Ou quand le folk devient monotone et ennuyeux...

 

IAMX

Volatile times

Écrit par

Retour de Chris Corner dont le projet IAMX n'a plus rien d'anonyme. Puisque le temps des Sneaker Pimps est à présent révolu et qu'au travers de deux albums son leader s'est fondu dans un rôle d'acteur majeur de la scène electro, goûtons donc à ce nouveau fruit défendu aux sombres atours.

Premier constat, à l'écoute de « Volatile times », le temps n'a guère d'impact sur la qualité de production musicale de notre esthète marginal. Si l'univers tout aussi torturé que tortueux de l'Anglais évolue aujourd’hui en terrain connu, la plus grande vigilance reste quand même de mise. Car sous le vernis apparent, grouille en effet une vermine contagieuse.

Le mélange de genres est toujours d'actualité, mais l'évidence d'hier semble à présent céder à une audace que peu d'artistes osent se permettre une fois un certain degré de popularité acquis.

Ainsi, passé l'introduction « I Salute you Christopher » qui se décline en apesanteur au son de la voix de Mr Corner, le titre « Music People », vindicte au succès de masse, se termine dans un complexe imbroglio de bruits digitalement triturés.

Pourtant, comme en témoigne « Volatile times » ou « Into Asylum », IAMX n'a rien perdu de sa capacité incendiaire. Nid de hits en puissance exponentielle, dont l'impact génère instantanément des hordes de fourmis dans la tête, l'album propose matière à lecture et relecture. De ces morceaux à la fausse simplicité se détache en filigrane une complexité qui n'altère en rien le contenu. L'étrange est bien sûr toujours de mise (à mi-parcours, « Bernadette » et son orgue de barbarie que l'on croirait extrait de ‘la monstrueuse parade’ de Tod Browning) et les ambiances troublantes matinées d'une pop aigre-douce suggèrent toujours la part de laideur qui se cache derrière le masque de la beauté, mais aussi l’inverse.

D'accord, l'aspect rococo de la production léchée peut irriter et la présence du second degré se trouve parfois ensevelie sous ce stuc trop apparent. Mais qu'on ne s'y méprenne, l'homme et l'artiste sont deux entités bien différentes et le jeu de scène déployé ici n'est que mise en abîme de sa vision de notre univers.

Sous son aspect irrévérencieux et vaguement provocateur, le projet déploie ses ailes de corbeau et comme l'illustre la pochette, nulle entrave ne peut le retenir.

KinkyYukkyYuppy

Escape

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KinkyYukkyYuppy (NDR : vraiment les gars, c’est ainsi que vous voulez baptiser votre groupe ?) Hormis ce patronyme on-ne-peut-plus-ridicule, je ne vois pas vraiment ce qui pourrait empêcher ces mecs de devenir des superstars. Car pour un premier album autoproduit, leur « Escape » frise carrément la perfection.

S’il existe une justice en ce monde et si les gens arrivent à se souvenir de son nom (NDR : C’était quoi encore ? SkinnyPunkyPuppy ? PipiKikiYoupie ?), ce quatuor originaire d’Evreux devrait faire parler de lui.

KinkyYukkyYuppy (NDR : Non, désolé, mais ça ne va pas le faire ; à partir de maintenant, si vous êtes d’accord, nous les appellerons KYY). KYY, donc, réunit le chanteur/guitariste Jérémi Tomczyk, le bassiste Wilfrid Delozier, le guitariste rythmique Mathieu Tomczyk et le drummer Camille. Formé en 2002, le groupe à enregistré plusieurs Eps avant de publier, fin de l’année dernière, ce petit bijou intitulé « Escape ».

La musique de Kin… euh, KYY est un brassage plutôt réussi de rock alternatif, de métal contemporain et de pop rock. Ce qui frappe d’emblée lorsqu’on écoute « Escape », c’est la voix superbe de Jérémi. Ce dernier n’a pas grand chose à envier à Brian Molko ou à Matthew Bellamy lorsqu’il s’agit de faire rimer les mélodies vocales accrocheuses de la pop à un rock massif aux guitares musclées.

Aux influences avouées de Biffy Clyro, A Perfect Circle et des Foo Fighters, nous ajouterons donc aussi celles de Placebo et de Muse pour les vocaux, celle de Dregd pour le petit côté progressif et même peut-être celle de Led Zeppelin au niveau de certains riffs métalliques (« Not The Same »).

« Escape » propose douze titres plus accrocheurs les uns que les autres, alternant le rock survitaminé et les mélodies suaves. Douze hits en puissance à découvrir d’urgence sur le site de Kin… Skin… Yin… oh et puis zut, ils n’avaient qu’à se choisir un nom potable !

Kula Shaker

Pilgrim’s Progress

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On aurait pu s’attendre à un revirement de style, une innovation après le lapsus de quelques années accusé par Kula Shaker en 1999, avant de refaire surface en 2007, lors de la sortie de « Strangefolk ». Si les musicos se sont éparpillés chacun de leur côté (Jay Darlington a d’ailleurs eu sa part de succès, lors de ses périples accomplis en compagnie d’Oasis), c’est en toute intégrité que les Londoniens ont décidé de publier leur quatrième album. Forts de leur quête métaphysique du Graal profondément imprégnée de philosophie indienne, le quatuor est pourtant revenu les pieds sur terre, en abordant des sujets plus pragmatiques et politiques. La musique, elle, reste fidèle à elle-même : leur rock psychédélique qui avait réorienté la britpop 90’s au goût des 70’s (ils ont tout de même reçu la collaboration du producteur de Pink Floyd) se bride poliment en folk moins exalté.

Enregistré dans le studio que le groupe s’est construit pas loin de Chimay ( !), l’elpee aurait subi une subtile influence des environs campagnards. Les membres ne s’attendaient pas à octroyer une dimension ‘contes de fées dans la forêt enchantée’ à son opus, impact direct de leur situation au cœur de nos Ardennes.

« Pilgrim’s Progress » débute par une cavalcade de violoncelles (en plus de la nature belge, Kula Shaker aurait-il également écouté nos crus, tels Venus ?) Les morceaux qui suivent restent dans le folk (« Ophelia », « Only Love ») sans virer dans une humeur rock, mais bien dans le country-bluesy, comme « All Dressed Up », censé incarné le far-ouest de John Ford et Ennio Morricone (à l’instar de « Cavalry »). « Modern Blues » est un peu le track à part qui incarne un parfait rock and roll des années 60. Bien sûr, l’exotisme indien qui avait constitué leur marque émerge circonstanciellement (« Figure It Out », « To Wait Till I Come ») ; et tout particulièrement lors du mélodieux « When A Brave Meets A Maid », caractérisé par la présence d’un santour. Et il faut reconnaître que cet instrument, la flûte et les guitares western forment un melting pot étonnamment harmonieux. Surprise également lorsque le grand orgue impose la majestueuse finale de « Winter’s Call ».

« Pilgrim’s Progress » existe en deux éditions superluxe, outre la conventionnelle. Si l’on est loin du rocky « Tattva », Kula Shaker poursuit son style en l’explorant à l’aide de nouveaux éléments. « Pilgrim’s Progress » aurait pu naître au cours des nineties : une constatation qui constitue son atout majeur autant que son plus grand défaut.

Maya luna's day

Revelation of the end

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Projet en forme de thérapie, Maya Luna's day divulgue l'attrait de son concepteur (Owen Replay) pour les sonorités orientales mêlées aux technologies modernes.

Belge aux origines péruviennes, l'artiste, féru de sonorités digitales, développe sur ce concept une imagerie sombre et apocalyptique, sans pour autant noircir trop le trait de sa musique. Et c'est peut-être là que réside le plus gros défaut de cet album, dont l'intérêt reste aussi volatil que la fumée d'un bâton d'encens.

Quelques bonnes idées, parsèment circonstanciellement le paysage sonore et l'utilisation d'instruments acoustiques tels le duduk ou le violoncelle apporte une coloration émotionnelle à l'ensemble. Mais au final, ce « Revelations of the end » reste, à l'exception du titre funeste « The genocide of the innocents », bien trop sage à mon goût.

Parfois pâteux (« Light in the sky »), souvent anecdotique, l'album s’achève dans une « Apocalypse » à moitié cachée dont les résonances technoïdes pourraient éventuellement faire mouche sur le dancefloor.

Mais du reste, nulle révélation sur la fin...

The Megaphonic Thrift

Decay Decoy

Écrit par

Vous aimez la noisy, le shoegaze et le psychédélisme ? Vous ne pouvez passer à côté de The Magaphonic Thrift. Un projet norvégien qui réunit Richard Myklebust (Stereo 21, Linn Frøkedal), Fredrik Vogsborg (Casiokids et Syme) ainsi que Linn Frøkedal et Njål Clementsen (tous deux impliqués chez Low Frequency In Stereo). « Decay Decoy » constitue leur premier album et dans le style, il est tout à fait remarquable. Leur patronyme est inspiré d’une chanson de Guided By Voices, mais leurs références oscillent de Swervedriver à My Bloody Valentine, en passant par The Fall, Sonic Youth et Blonde Redhead. Ces deux derniers, surtout lors des échanges vocaux masculins/féminins et puis des accords de guitare dissonants. Et pour la bande à Mark E. Smith, lorsque la voix devient plus déclamatoire et vindicative. Encore que sur le titre d’ouverture, « The undertow », c’est plutôt aux harmonies vocales de Mercury Rev que l’on se met à penser. Enfin, les nappes bruitistes, atmosphériques, chargées de feedback nous replongent inévitablement dans l’univers des deux premiers cités. Hormis deux titres plus mid tempo, les 7 autres compos évoluent sur un rythme quand même plus offensif voire enlevé. Hypnotique aussi. Et même parfois carrément krautrock. Et fatalement, l’opus s’achève par un titre absolument dévastateur, « Queen of noise ». The Megaphonic Thrift a le bon goût de ne pas se contenter de pasticher ses influences ; simplement, après les avoir digérées, il parvient à en concocter une solution originale. Et à ce titre, « Decay Decoy » mérite un 5 étoiles…

 

George Michael

Faith. Remastered. Expanded.

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Quelques 24 ans après sa publication originelle, Sony dépoussière et offre une cure de jouvence au grand classique de George Michael. « Faith » est le disque qui aura permis à Georgios Panayiotou d’effectuer un bond majeur entre le statut de pitre kitsch circa Wham! à celui de chanteur pop respecté et adulé aux quatre coins du monde. Les inoubliables « Father Figure », « Kissing A Fool », « Faith », « I Want Your Sex » et « One More Try » s’offrent le traitement royal. Ce remastering permet à l’œuvre du chanteur de dévoiler toutes les subtilités, masqué auparavant par un mixage considéré aujourd’hui comme préhistorique.

« Faith. Remastered. Expanded. » permettra à ceux qui ont raté le coche de découvrir l’un des plus grands classiques de la pop des années 80, écoulé entre sa sortie et l’an 2000 à près de 10 millions de copies, rien qu’aux States. Une preuve que si le bonhomme passait autant de temps derrière sa plume que dans les toilettes publiques, il serait peut-être encore aujourd’hui considéré comme une véritable idole au même titre que des Michael Jackson ou Madonna. Pour les plus grands fans, un Cd de ‘B-Sides’ et remixes ainsi qu’un Dvd accompagnent cette nouvelle version de « Faith » (seule la version simple nous a été proposée). Un sympathique retour en arrière.

iTunes : http://itunes.apple.com/be/album/faith-remastered/id395918916

 

Elliott Murphy

Elliott Murphy

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Elliott Murphy est un musicien pour lequel j’ai toujours manifesté un grand respect. Expatrié à Paris depuis 20 ans, ce New-yorkais vient de fêter ses 62 balais. Il a fait partie du réseau de musiciens et de poètes au sein duquel a émergé Patti Smith. Bruce Springsteen, Elvis Costello, Lou Reed, Peter Buck (REM) et Tom Petty lui vouent une grande admiration. Et ils ne sont pas les seuls. Il a également été un des fers de lance du mythique et défunt label parisien, New Rose. Et puis, tout en accordant une centaine de concerts par an, il vient de publier son 31ème album.

Pour enregistrer ce nouvel opus, il a pu compter sur son fils, Gaspard, âgé de 20 ans, responsable de la mise en forme. Et puis d’une belle brochette de collaborateurs. Et notamment le claviériste Kenny Margolis (Willy DeVille) ainsi que Laura Mayne (Native), Alain Chennevière (Pow Wow) et Lisa Lowell (Bruce Springsteen) aux chœurs. Sans oublier la présence du groupe The Normandy All Stars, et en particulier de son gratteur Olivier Durand. Alors à quoi peut bien ressembler cet elpee éponyme. A un album d’Elliott Murphy, bien sûr. Peut-être de plus en plus proche du style contemporain de Tom Petty & The Heartbreakers. De bonnes guitares, de bonnes mélodies, une bonne voix, de bons textes, mais il y manque ce zeste de folie susceptible de vous transporter. Pour les auditeurs de Classic 21 !

 

Ben Ottewell

Shapes and Shadows

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Ben Ottewell c’est avant tout une voix, rapidement identifiable, celle de Gomez, formation britannique qui enchaîne les hits pop depuis sa création, en 1998.

Cette voix, caractéristique, nasillarde qui, soit agace, soit émeut, c’est selon, pour une fois, n’est pas mise au service du band. Ben l’utilise égoïstement, seul, enfin presque, sur les neuf titres de son premier album solo, « Shapes and Shadows ». Il avait envie tout simplement de faire autre chose que du Gomez pendant un certain temps.

Ce n’est donc pas entièrement en solitaire que Ben a travaillé. Les neuf titres ont été pondus en collaboration avec son ami d'enfance Sam Genders (ex-membre de Tunng) dont il aime l’écriture et le regard sur les choses simples de la vie. Comme ils se connaissent parfaitement, les chansons parlent essentiellement du passé et de leurs souvenirs communs. Et la production a été confié à Tom Biller (Liars, Warpaint, Karen O & The Kids).

Ce surdoué (à lunettes) de la chanson simple mais efficace risque fort de vous emprisonner littéralement dans ses filets. Ses neuf morceaux naviguent entre le folk, le blues et la pop de très haut vol. Le tout donne un résultat très inspiré où efficacité et mélancolie se côtoient pour le plus grand bonheur de nos oreilles.

Ce premier effort en solitaire a tout d’un grand album même s’il est assez bref dans la durée… à peine plus de 30 minutes d’un délice sublime et intimiste.

Un simple bon moment !!!

 

The Go ! Team

Sans surprise…

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The Go ! Team venait présenter son troisième opus, « Rolling Blackouts », ce mercredi 23 mars, à l’Orangerie du Botanique. J’avais pu assister à un de leurs sets, dans le cadre du festival Pukkelpop, il y a quelques années ; un set excitant, énergique, au cours duquel la bande à Ian Parton était parvenue à mettre le feu, en balançant des brûlots lo-fi terriblement efficaces.

Ok Cowboy assure le supporting act. La formation bruxelloise a la délicate mission de chauffer la salle qui attend impatiemment la tête d’affiche. Pas un cadeau ! Et pourtant, emmené par le redoutable Bineta Saware, le quatuor se débrouille plutôt bien. Imprimé sur une rythmique quasi-disco, son rock poisseux et pourtant pas toujours accessible séduit l’audience. Faut dire que le charisme de leur chanteuse au timbre soul y est aussi pour quelque chose, une voix qui me fait d’ailleurs parfois penser à celle de Lisa Kekaula des BellRays. Et à l’issue de leur dernier morceau (NDR : que j’intitulerai « Dance »), une compo caractérisée par son irrésistible montée en puissance, le public les acclame. Une belle découverte !

Sur le podium, on remarque la présence de deux batteries. Elles sont décorées de néons fluo étoilés et donnent le ton : ce soir on est là pour s’amuser, faire des bonds et pas pour se prendre la tête. Vers 21h, l’ouragan venu de Brighton souffle enfin sur la scène. Le guitariste et le bassiste ont un look grunge. Et ils entrent immédiatement dans le vif du sujet pendant que les drummers canalisent toute l’énergie du show. Un démarrage sur les chapeaux de roues ! Ninja, la diva hip-hop balance son flow très british. Elle ne manque pas d’aplomb et son bagout est impressionnant. Kaori passe du clavier à la basse ou au chant (« Secretary Song ») avec une aisance déconcertante. Les musiciens semblent prendre leur pied sur les planches. Manifestement, le public apprécie ce mélange vivifiant de rock, hip et électro. Et il s’amuse ! Difficile d’ailleurs de résister aux nouveaux tubes du band insulaire, comme « Ready to Go Steady », « Rolling Blackouts » et « Apollo Thowdown », extraits du dernier album. Dommage que les balances ne soient pas au point. En outre, pour pouvoir percevoir les subtilités des compos du groupe, il est nécessaire de bien connaître leur répertoire. Et le spectateur lambda pourrait avoir l’impression d’entendre le même morceau tout au long de la soirée. A contrario, celui qui suit le parcours de la formation, depuis quelques années, se demande quand même si The Go ! Team n’a déjà pas fait le tour de la question. Parce que ce set ne suscite plus le même enthousiasme chez le véritable mélomane. Bref, si le groupe n’a pas failli à sa réputation de machine de scène, son show est tellement sur rails, qu’il ne parvient plus à surprendre…

(Organisation Botanique)