La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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Pauline

La vie du bon côté

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Découverte en 2007 par son tube, « Allô le Monde », la chanteuse française, Pauline, sort aujourd'hui, son second album. « La Vie du Bon Côté » est partagée en 12 nouvelles compos dont a été extrait le premier single, « Tous les Jours ». Signant elle-même toutes les mélodies et quasiment tous les textes, la ‘nouvelle Zazie’ a cependant confié la réalisation du long playing à Jean-Luc Léonardon, qui a autrefois bossé pour Natasha Saint-Pier.

Jouant régulièrement du piano depuis ses cinq ans, c’est à douze que Pauline découvre sa passion pour la musique, en rentrant au Conservatoire de Lille. Trois ans plus tard, elle obtient son diplôme de fin d’études (NDR : de piano évidemment) et elle écrit sa première chanson « Vie de songes ». ‘J’ai toujours écrit, je voulais poser mes mots, parfois n’importe quoi, des citations, des pensées, ma journée… Le plus compliqué ensuite, c’est de les rassembler en trois minutes pour en faire une chanson’, précise-t-elle encore. Elle rencontre et collabore ensuite avec Martin Rappeneau, Léna Ka, Jean-Luc Léonardon et François Welgryn, en compagnie desquels elle coécrira quelques textes de ce premier opus, « Allô le monde » qui sera écoulé à plus de 100 000 exemplaires.

Son second, « La vie du bon côté » se décline en 12 titres, copies conformes de ce que réalise habituellement Zazie. Cette impression d’hommage encombrant se confirme dans « Music Pop », titre dancefloor, pétri d’effets électro qui rappellent l’esprit de « Tout le monde » ou « Cyber », et dans d’autres titres dont « Dormons mieux » et « A mourir ». Le mimétisme est assurément poussé à son paroxysme. Tout y est, mélodies, textes, voix et interprétation. Pourquoi un tel plagiat ? J’ai bien du mal à comprendre que l’on puisse produire un tel disque. En outre, quel est l’intérêt ? Assurément pas la découverte d’une ‘nouvelle artiste’…

Malgré un talent d’auteur-compositeur et de pianiste, difficile de voir éclore l’univers de Pauline ! Décevant !

 

Sugar Minott

La Jamaïque endeuillée

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Le parrain du Dancehall, Sugar Minott (Lincoln Barrington Minott), est décédé samedi soir en Jamaïque, suite à une défaillance cardiaque. Le leader des African Brothers avait à peine 54 ans...

Musiczine avait consacré , fin 2008, une excellente critique de non album "New day" : http://www.musiczine.net/fr/chroniques/sugar-minott/new-day/

 

Family Jammin se prépare pour le festival de Dour

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Du funk au reggae, en passant par le dub et le rock, cela fait bientôt 10 ans que Family Jammin crée sa propre musique. La détermination de ces sept musiciens, inspirés par Groundation, The Roots, Antibalas et bien d’autres, les conduit cet été sur l’une des scènes les plus convoitées d’Europe.

Le festival de Dour. Tel est notre propos aujourd’hui. Family Jammin, ses fans, certains professionnels du secteur et la Communauté Française qui soutiennent le groupe n’ont pas ménagé leurs efforts. Enfin, leur persévérance a largement porté ses fruits car c’est un franc succès.

On en oublierait presque le long parcours jalonné d’étapes (pénibles autant qu’aléatoires) à affronter pour convaincre, propager et diffuser cette musique. A présent, tout s’enchaîne. En septembre 2009, un premier album autoproduit « In Skank We Trust » voit le jour et, quelques mois plus tard, séduit les programmateurs Thierry Ashanti (Le Monde est un Village Reggae) et Alex Stevens (responsable programmation du festival).

Ce dimanche 18 juillet, dès 14h, Family Jammin ouvrira la « Red Frequency Stage » et fera trembler la région avec une présentation dynamitée de morceaux repris sur l’album, mais également de quelques inédits et nouveautés que nous vous invitons vivement à découvrir !

Il est temps de porter votre curiosité au-delà du classique pop-rock qu’on a l’habitude d’entendre dans le paysage musical belge. Ce ne sont pourtant pas les créations originales qui manquent ! Pour preuve, Family Jammin. Ce groupe vous convaincra que d’autres genres méritent d’être explorés…

Website MySpace : http://www.myspace.com/family_jammin

Cactus 2010 : samedi 3 juillet

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La présence d’Elvis Costello, à l’affiche du Cactus, ce samedi 10 juillet, avait donc incité votre serviteur de se déplacer à Bruges. Au Minnewaterpark. Superbe site qui accueillait donc, cette année, sa 29ème édition. Pour rappel, ce festival se déroule en trois jours ; mais son organisation impeccable et sa formule antistress (NDR : un seul podium, pas besoin de marcher des kilomètres, pendant la journée, pour aller applaudir les artistes) lui ont valu de décrocher, en janvier dernier, l’Award de meilleur petit festival d’Europe… Anecdote, avant de pénétrer dans l’enceinte, je suis totalement fasciné par le nombre de vélos rangés face à l’entrée du site…

Il revenait à Balthazar d’ouvrir les festivités. Un quintet courtraisien que j’avais déjà eu l’occasion d’applaudir lors de l’édition 2009 du D’hiver Rock à Tournai. La popularité du combo monte apparemment en flèche au Nord du pays, puisqu’il s’est produit ce vendredi 2 juillet, sous le Pyramid Marquee, dans le cadre du festival de Werchter. Leur tracklisting n’a pas négligé les inévitables « Fifteen floors » et « Hunger at the door », issus de leur album « Applause ». Mais surtout le groupe démontre qu’il a, aujourd’hui, toutes les planches pour s’exporter…

Little Dragon est une formation suédoise, au sein de laquelle milite la vocaliste Yukimi Nagano. Elle est d’origine japonaise Sa voix soul se pose sur une musique mêlant jazz, r&b, électro, lounge, rock, hip hop et folk. Mais sa notoriété, le quatuor se l’est surtout forgée en participant à l’enregistrement de l’album de Gorillaz, « Plastic Beach ». Responsable de deux chouettes elpees à ce jour, on pouvait s’attendre à un show excitant. Yukimi est vêtue d’un kimono de couleur vive, mais tout au long du set, on a surtout envie de piquer un roupillon…

Faut croire que le public n’était pas encore suffisamment réveillé ou supportait mal la moiteur orageuse de l’air, car lorsque la formation canadienne, Black Mountain, est montée sur les planches, il était toujours aussi amorphe. Un peu comme s’il avait abusé de la fumette. Pas étonnant, lorsqu’on sait que la musique du quintet, alors sur le podium, baigne dans le psychédélisme 60’s : rythmique lourde, nappes de clavier rognés, cordes de guitare torturées, bourdonnantes, chargées de larsen. Le spectre d’Iron Butterfly semble manifestement hanter leurs compos. Cheveux longs et barbes, les musicos masculins affichent le même look que les baba cools qui avaient participé aux célèbres festivals de Wight et Woodstock. Malheureusement, Black Mountain ne recèle pas de vocaliste de la trempe de Doug Ingle. Il y a bien une chanteuse, mais elle passe plutôt inaperçu (NDR : non, elle ne porte pas la barbe !) Guère sexy, peu de présence et un timbre insipide, incolore et inodore. Dommage, car quoique revivaliste, leur musique a apporté un petit coup de fraîcheur au festival. Faut dire qu’il fait de plus en plus chaud… Et tant pis pour celles et ceux qui somnolaient encore…

José James ? C’est un formidable vocaliste. Un baryton dont les inflexions peuvent rappeler Louis Armstrong. Qu’il pose sur une musique oscillant entre soul, r&b, jazz et hip hop. Il est soutenu par des instrumentistes extrêmement brillants. Dont le claviériste, responsable d’interventions au Fender Rhodes, particulièrement chaleureuses. Et leur laisse, à tour de rôle, le loisir de démontrer tout leur talent. La dégaine de José, sur les planches, est chaloupée ; un peu comme s’il marchait sur l’eau. Au beau milieu du set, la vocaliste new-yorkaise Jordan de Lovely rejoint la troupe sur le podium. Histoire de donner encore plus de relief à la prestation. Cependant, le public ne semble pas très réceptif. Mais il est vrai que ce style de musique s’apprécierait plus facilement dans le cadre d’un festival de jazz ; ou alors au sein d’un petit club.

Balkan Beat Box est une formation américano-israélienne fondée par l’ex-drummer/percussionniste de Gogol Bordello, Tamir Muskat, le chanteur/percussionniste Tomer Yosef et le saxophoniste Ori Kaplan (NDR : ancien Firewater !) Ces deux derniers se chargeant également des samplers et des différents bidouillages électroniques. Leur musique oscille entre funk, jazz, ragga, reggae et la world du Moyen-Orient ainsi que des Balkans. Vu la formule du trio, on aurait pu craindre devoir se farcir un set à la fois synthétique et glacial. Pas du tout ! Tout d’abord, parce que le band a eu la bonne idée de recruter des collaborateurs pour se produire en tournée. Soit le bassiste Itamar Ziegler (ses interventions sont à la fois sinueuses et terriblement groovy), le guitariste Uri Kinrot et le clarinettiste/saxophoniste Eyal Tamuldi (NDR : associé à Ori, le duo de cuivres donne littéralement le vertige). Tomer est une véritable pile électrique. Il se charge des vocaux, passant du rap à la ballade contagieuse, avec une aisance étonnante, et lorsqu’il ne participe pas aux percus, il harangue la foule. Un bémol : le climat un peu trop linéaire de leur set. Et pourtant, en fin de parcours, le combo va démontrer qu’il est capable de s’aventurer dans un univers sonore plus subtil, plus envoûtant, presque arabisant. Ce qui lui vaudra, d’ailleurs, un rappel…

K’s Choice est extrêmement populaire dans le Nord du pays. A peine le présentateur a-t-il annoncé leur arrivée sur le podium, qu’une immense clameur traverse le Minnewaterpark. Sarah et Gert Bettens avaient donc décidé de dissoudre le groupe, en 2002, pour embrasser des carrières individuelles. Mais la sœur et le frère ont donc relancé la machine, l’an dernier, enregistrant même un nouvel album, cette année, intitulé « Echo Mountain ». Quoiqu’accueillant un nouveau guitariste au sein de son line up, on ne peut pas dire que leur musique ait beaucoup évoluée depuis leurs débuts, c’est-à-dire en 1993. Les musiciens sont excellents, ils mettent toute leur âme et leur passion dans leurs compos ; mais honnêtement, j’ai l’impression que leur horloge s’est arrêtée depuis au moins 15 ans. Aussi, après 20 bonnes minutes, je suis allé casser la croûte. Et aussi prendre un petit rafraîchissement…

Le dernier album de Declan Patrick MacManus, alias Elvis Costello, s’intitule « Secret, Profane & Sugarcane ». C’est apparemment son 29ème studio. Un disque de bluesgrass/americana/country auquel les musiciens de son backing band de tournée, baptisé The Sugarcanes, avaient déjà collaboré. Et en particulier Jeff Taylor à l’accordéon, Mike Compton à la mandoline, Dennis Crouch à la double basse (NDR : ça ressemble à une contrebasse) Jerry Douglas au dobro, Stuart Duncan au violon et Jim Lauderdale (NDR : lors des sessions d’enregistrement, il s’était contenté d’apporter son concours aux harmonies vocales) à la guitare. Un sextet qui ne recèle pas de drummer. Costello est coiffé d’un superbe canotier (pas d’un wiki !), mais toujours affublé de ses lunettes caractéristiques. Il s’accompagne à la sèche. Et le band ouvre le set en catimini, par « Complicated Shadow » et « Blame it on Cain ». Tiens, il tombe quelques gouttes. Le tracklisting alterne compos issues du dernier opus de Costello et de son back catalogue. Et nous réserve quelques reprises, dont un medley entre « New Amsterdam » et le « You’ve got to hide your love away » des Fab Four, ainsi qu’un peu plus tard, une cover du « Friend of the Devil » de Grateful Dead. Il commence à tonner. Il pleut. Le tracklisting défile : « Good year for the Roses », « The angles wanna wear my ». Il drache. Et pourtant, le public est ravi. Pas du temps, mais de la prestation du groupe. Et puis Elvis nous lance quelques boutades (NDR : l’humour britannique, dans toute sa splendeur, comme lorsqu’il exhibe une bouteille d’eau avant d’en boire une bonne lampée) Enthousiaste, la foule résiste aux intempéries. Pas votre serviteur, qui se réfugie sous la tente presse, pour assister à la suite des événements. Pas l’idéal, mais à un certain âge, il faut préserver sa santé… Quoique privée de percus, la musique commence à prendre du corps (NDR : qui a dit l’eau ?) Peut-être dans le but de réchauffer l’atmosphère. Après une version retravaillée d’« Everyday I write the book » et “Don’t lie to me”, Costello nous livre une version bouleversante, intense, tourmentée d’“I want you”. Au fil de l’âge, ses cordes vocales semblent renforcées. Une gigantesque ovation salue cette interprétation. En regardant l’écran, on y observe, aux premiers rangs, des tas de filles, souriantes, radieuses, mais trempées jusqu’aux os. Faut dire qu’il tombe alors des hallebardes. Le temps ( ?!?!?!?) de quitter le podium et le band revient pour accorder, « Sulphure to Sugarcane », le titre maître de son dernier album et « Happy ». La pluie vient de cesser. Le concert aussi. Revenu sur le site, je constate la présence d’une multitude de marres d’eau. Mais elle n’avait enfin plus la parole. Mais cause-t-elle l’eau ? La question méritait d’être posée…

Jamie Lidell a accordé 3 concerts en 24 heures ! Avant de se produire à Bruges, il avait assuré le supporting act de Prince (NDR : auquel il rend hommage, lors de son set, sur « I wanna be your telephone) sur la plaine de Werchter. Bonne surprise, si dans le passé, le natif de Huntingdon (NDR : c’est dans le Cambridgeshire, en Angleterre) qui s’est établi à Manhattan, se muait en véritable homme-orchestre, tripotant furieusement des tas de boutons, il a décidé de se produire, soutenu par un trio. Ce qui permet à ce véritable showman de se libérer de ses contraintes. En outre, il bénéficie du concours d’un excellent percussionniste, Guillermo Brown. Ce qui ne l’empêche pas de jouer encore, suivant les circonstances, à l’human beatbox. D’ailleurs le principal atour de Jamie, c’est sa voix. Une voix faite pour la soul, dont le timbre campe un hybride entre Stevie Wonder et Steve Winwood. Il nous réserve même une interprétation a cappella absolument époustouflante de « Another day » Et s’amuse encore parfois à la torturer à travers son mégaphone. Il vient aussi jouer des drums, sur une compo. Ah oui, j’allais oublier ? La musique. Elle est essentiellement funk ; même si elle trahit des traces de doo wop, d’électro, de pop, de rock, de soul et de blues. Ne m’en demandez pas plus ; je suis incapable de donner un avis objectif sur cette prestation. Vu l’enthousiasme manifesté par le public, elle devait donc être excellente… (Merci à Erwin)

 

Je rêvais de ‘L’Autre Monde’.

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Deux morceaux inédits de M83 figureront sur la BO du film "L'Autre Monde", réalisé par Gilles Marchand ("Qui a tué Bambi"), coécrit avec Dominik Moll ("Harry, un ami qui vous veut du bien", "Lemming"), un long métrage mettant en scène Louise Bourgoin, Grégoire Leprince-Ringuet et Melvil Poupaud.

Le film a été présenté en sélection officielle au dernier Festival de Cannes (hors compétition).

La musique originale a été composée par Anthony Gonzalez (M83) et Emmanuel d'Orlando, arrangeur de musiques de films et de "La Ritournelle" de Sébastien Tellier.

http://www.naivenews.com/newmedia/PopFR/m83.html

 

Un quart de siècle plus tard

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Le second elpee solo de John Fogerty, le leader du mythique Creedence Clearwater Revival, « Centerfield », date déjà de 1985. Et pour célébrer cet anniversaire, une version remasterisée sera publiée ce 19 juillet. Elle inclura plusieurs bonus tracks.

Tracklisting

1. The Old Man Down The Road
2. Rock And Roll Girls
3. Big Train (From Memphis)
4. I Saw It On T.V.
5. Mr. Greed
6. Searchlight
7. Centerfield
8. I Can’t Help Myself
9. Vanz Kant Danz
10. My Toot Toot (Sidney Simien) Bonus Audio Tracks (B sides)
11. I Confess (T. Vann-N. Nathan) Bonus Audio Tracks (B sides)

http://www.johnfogerty.com/tour.aspx

 

Caetano Veloso

L'étoile du Brésil

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Ce mercredi 7 juillet, alors qu'une demi-finale de football attire les foules dans les bars du centre-ville, l'Ancienne Belgique accueille le tout grand chanteur brésilien Caetano Veloso. Censuré et interdit au temps de la junte militaire brésilienne au pouvoir jusqu'en 1985, rejeté par la gauche socialiste qui lui reprochait son goût pour les musiques nord-américaines, exilé en Angleterre, Caetano Veloso est aujourd'hui une fierté nationale adulée bien au delà de la terre brésilienne.

Auteur, compositeur, et interprète de grand talent, il a été révélé par chez nous grâce à ses collaborations aux B.O. de films, notamment le sublime "Cucurrucucu Paloma" du "Parle avec elle" de Pedro Almodovar. Et son concours à celle, non moins superbe, du long métrage "Frida" a contribué à sa popularisation en Europe. Veloso est aujourd'hui un familier de la scène, et c'est sans difficulté que celle de l'Ancienne Belgique s'est remplie pour ce concert.

Ce soir, le public est cosmopolite et multi-générationnel, d'une moyenne d'âge de trente-cinq ans. Les conversations polyglottes se mêlent dans une atmosphère chaude ; des bribes de mots en espagnol et portugais s’échappent ça et là. Caetano Veloso se fait attendre et réclamer à plusieurs reprises, à grand renforts de sifflements. A 20h35, le rideau s'ouvre enfin sur un bonhomme aux cheveux blancs, mais toujours aussi charismatique. Souriant, il est vêtu en toute simplicité. Il entame la soirée par "A voz do morto", un morceau enjoué chaloupant déjà le public. Quelques titres plus tard, entre rock et bossa nova, l'étincelle Veloso gagne l'assistance qui s'embrase du parterre au deuxième balcon. Sa voix douce, capable de monter très haut, envoûte tout un chacun. Sans frime, mais pas sans humour, Veloso danse avec sa guitare, tape dans les mains des spectateurs du premier rang, regarde les visages éclairés par les spots le temps d'une chanson apparemment très populaire (les paroles sont connues très précisément par la foule). Par rapport à Veloso (NDR : il affiche 67 balais au compteur), les trois musiciens qui l'accompagnent sont jeunes. Sa présence scénique ne se laisse heureusement pas éclipser par une projection vidéo (si tendance !) présente le temps de quelques chansons, images sans queue ni tête du Brésil, vagues en pagaille et Christ de Rio. La fierté nationale est palpable dans l'assistance qui brandit un drapeau vert et jaune à chaque applaudissement.

Les morceaux, très différents les uns des autres, font preuve d'une grande liberté d'écriture, d'une inventivité et d'un intérêt continu pour les musiques actuelles. Veloso et ses musiciens (NDR : le guitariste Pedro Sa, le percussionniste Marcelo Callado et le bassiste Ricardo Dias Gomes) aiment puiser dans les musiques traditionnelles latines, et les déstructurer. Ainsi, un tango se métamorphose, grâce à des guitares électriques, sur "Volver". Chanté en anglais, le détonnant " Maria Bethania", écrit lors de son exil en Angleterre en hommage à sa sœur (également musicienne), rappelle le groupe français Dynonisos. On y retrouve l'influence, revendiquée par Veloso, des Beatles. Tous les muscles de son visage s'animent pour exprimer les sentiments humains, et l'homme nous apparaît fragile, touchant.

Après dix-huit morceaux énergiques, et un bis conséquent, les sifflements reprennent et les spectateurs tiennent dix bonnes minutes la barre des décibels pour un second rappel. Mais déjà le rideau rouge se referme. Celui qui s'est fait siffler se fait maintenant huer. Le rideau s'arrête in extremis ; on croit au miracle, mais quelques furtifs allers-retours indiquent qu'il est simplement bloqué ! L'auditoire déçu manifeste sa frustration, le concert n'a duré qu’1h45. Mais alors que la salle désemplit, restent les fans, les vrais, qui arrachent la tracklist collée au sol et la brandissent comme un trophée (NDR : de quoi faire des envieux ?), en ayant au moins la satisfaction de rentrer chez soi en emportant une photo souvenir (d'une liste de titres !)

De son vrai nom Velloso, auquel il a ôté un l (NDR : ce qui signifie ‘duveteux’), Caetano Veloso a malgré tout ravi son public de sa voix si douce, de ses yeux malicieux et de l'énergie contagieuse avec lequel l'on repart.

(Organisation: Greenhouse Talent, Gand)

 

The Rolling Stones

Exile on Main Street (2010 Remastered)

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Si “Exile on Main Street” figure dans notre rubrique ‘albums cultes’, ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un des meilleurs elpees des Stones, mais simplement parce qu’aujourd’hui encore, il constitue une référence dans l’histoire de la musique rock.

Mais replongeons-nous à cette époque. En 1972, très exactement. Les Stones fuient l’Angleterre pour échapper au fisc et s’établissent sur la Côte d’Azur. A la villa Nellcôte, le manoir de Keith Richards. Ils ne sont pas seuls. Des groupies, des musiciens de studio, des potes (musiciens aussi) vont et viennent au gré des sessions qui se déroulent la nuit dans le sous-sol de l’immeuble. Parmi eux Dr John, Billy Preston, le pianiste Nicky Hopkins et Mick Taylor, le remplaçant de feu Brian Jones, à la guitare. Et pour tenir le coup, ça carbure à l’alcool et aux stupéfiants. Bref, sex & drugs & rock’n’roll ! De ses sessions sortiront 18 titres, partagés sur un double elpee, qui font la part belle à leurs idoles (Robert Johnson, Hank Williams, Otis Redding, Chuck Berry, Little Richard, …) ainsi qu’à leurs racines blues, country, r&b et gospel. Le tout sera ensuite produit par Jimmy Miller, The Glimmer Twins et Don Was, aux studios ‘Olympic’ de Londres ainsi qu’à Los Angeles (NDR : dans la Main Street, ce qui explique le titre de l’album).

Lors de sa sortie, la réaction de la presse est plutôt tiède. On lui reproche une mise en forme trop bordélique (NDR : ben tiens !) Ce qui ne l’empêchera de devenir rapidement disque de platine, aux States. Et culte, comme précisé dans le premier paragraphe de cette chronique. Je ne vous ferai pas l’injure de vous citer les titres figurant sur cette œuvre. Elle doit faire partie de toute bonne collection qui se respecte. Simplement, elle a été remasterisée. Et puis, elle est enrichie de dix nouveaux titres. Des inédits. Datant de cette époque. Des instrumentaux qui ont été retravaillés en 2009. Et auxquels ont été ajoutés voix, guitares et chœurs. Rien de transcendant, même si « Plundered My Soul » a fait l’objet d’un single et d’un clip vidéo. La nouvelle version contient également un booklet illustré de photos prises lors des sessions ainsi que des lyrics de toutes les chansons.

Rudy Trouvé

2007-2009

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Bien que né en 1967, Rudy Trouvé a déjà trempé au sein d’une multitude d’aventures. Entre 1993 et 1995, il a sévi comme guitariste chez dEUS. Il a donc participé à l’enregistrement des albums « Worst Case Scenario » et « In a bar, under the sea ». Kiss My Jazz et Dead Man Jazz constituent certainement deux de ses principaux projets. Ce qui ne l’empêche pas de s’improviser collaborateur, lorsque l’occasion se présente ou encore de relancer son big band (sextet devenu septet), en compagnie duquel, il avait déjà immortalisé plusieurs sessions. « 2007-2009 », constitue donc son dernier essai. Outre Rudy, ont participé à la confection de ce long playing, la trompettiste/claviériste Sigrid Van Rosendall, le drummer Aarich Jespers, le claviériste/guitariste Elko Blijweert, le bassiste Dimitri Daggelink, le guitariste Geert van Bever et le pianiste Joris Caluwaerts (ex-Zita Swoon).

Découpé en 13 plages, cet elpee tient vraiment bien la route. Un disque criblé de références ; et pas seulement puisées dans les eighties, comme j’ai pu lire à travers les chroniques de plusieurs webzines. Depuis le luxuriant « Beast », une compo imprimée sur un tempo new wave (NDR : la section rythmique évoque celle de The Sound), mais dont l’atmosphère éthérée, réminiscente de Grandaddy, est entretenue par les claviers, les accords de piano et les orchestrations, à l’instrumental « Sunrise on Palavas beach », un titre qui pourrait servir de bande sonore à un film d’aventure, pourvu qu’il soit romantique, en passant par « Footage », morceau hanté par des chœurs masculins, tapissé en toile de fond de bruitages psychédéliques, et parcouru d’une intervention à la trompette, le tout dans le style de Gorky's Zygotic Mynci. Si « Ted Cassidy » aurait pu naître d’une rencontre entre Joy Division (la section rythmique) et Belle & Sebastian (les harmonies vocales limpides), pour « Dub undead » ce serait plutôt entre le trio Holger Czukay / Jah Wobble / Jaki Liebezeit (NDR : pensez à « How much are they ») et Wire (le sens mélodique de « 154 »). Certaines compos embrassent un profil plus mélancolique. A cause des vocaux. Tantôt dans l’esprit de Luna (NDR : cette conjugaison entre voix masculine et féminine sur « Allright », même si le recours aux claviers électro vintage rappelle davantage Ultavox époque John Foxx, voire OMD ; et légèrement reverb sur le spectral « Stolen moments ») ou de Guy Chadwick (NDR : ces arrangements de cordes délicats sur a « Farewell to the giant ». L’album recèle encore quelques instrumentaux. Pour la plupart atmosphériques et filmiques. A l’instar de l’énigmatique « On a highway, barely awake » et puis deux compos ‘enniomorriconesques’. Tout d’abord « The sound of our childhood », nonobstant les accès jazzyfiants et le ton allègre. Et puis « Le thème du souffleur », caractérisé par son piano de saloon. Un très chouette album habillé d’une superbe pochette imaginée et dessinée par Rudy himself…

 

Satan Takes A Holiday

Satan Takes A Holiday

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En découvrant le trio Satan Takes A Holiday dans un café de Stockholm, le label indépendant ‘I Made This Records’ était bien loin de se douter qu’il venait de mettre le doigt sur la future star montante du rock’n’roll suédois. Fort d’un album, de deux singles biens classés dans les charts suédois et de quelques nominations à des awards nationaux, STAH est devenu l’un des groupes les plus en vue du pays.

Impossible pourtant de coller une étiquette précise sur ce rock’n’roll barré et complètement schizophrène. Punk, boogie, psychobilly, rockabilly, noise et garage, la musique du combo stockholmois est un véritable melting-pot dont les influences s’étendent des sixties à nos jours. Satan Takes A Holiday fusionne joyeusement les Stooges à Status Quo, les Rockets From The Crypt, les Meteors ainsi que les Stray Cats aux Vines et aux Hives. Pour le trio, tout dans le rock’n’roll est bon à prendre. Mieux encore, ce qui ne correspond pas à ses standards doit être modifié. A l’instar du « Big In Japan » d’Alphaville transformé ici un fougueux hymne rock’n’rollesque.

Le public scandinave est déjà conquis. Reste à convaincre le reste du monde. La diversité de l’album rendra peut-être les choses un peu difficiles. Les adeptes du verre à moitié vide parleront d’un album inégal et sans fil conducteur. A l’opposé, les champions du verre à moitié plein y verront un album varié et éclectique. Quant à nous, nous remplirons à nouveau notre verre vide en profitant d’un excellent moment de rock’n’roll.

Tracey Thorn

Love And Its Opposite

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En 1982, Tracey Thorn publiait « A Distant Shore », un premier recueil solo. Il faudra 25 ans avant qu’elle ne lui donne une suite. Trop occupée à enchaîner les tubes en compagnie de Ben Watt, son comparse d’Everything But The Girl, la demoiselle publiait « Out Of The Woods » en 2007. Le disque, partagé entre spleen et allégresse, était alors une excellente surprise. Pour son troisième effort en solitaire, la chanteuse évite les deux décennies et demie d’attente. Mais peut-être lui aurait-il fallu un peu plus de trois années pour sceller ce « Love And Its Opposite ». Son précédent opus, « Out Of The Woods », mariait joliment folk et nu-disco et regorgeait de hits comme « It’s All True », « Grand Canyon », « Get Around To It ». Ici, Tracey Thorn délivre une œuvre fidèle à son intitulé. « Love And Its Opposite » déborde de bons sentiments et ne décolle jamais vraiment. Le disque est parcouru d’un voile monotone que même l’intervention (discrète) de Jens Lekman sur la reprise du « Come On Home To Me » de Lee Hazelwood ne parvient pas à lever.

« Love And Its Opposite » est une œuvre anecdotique, à peine bonne à survoler. Pas un morceau ne se distingue tant Tracey Thorn joue à fond la carte de la mélancolie. Pourtant, l’Anglaise s’était plutôt bien entourée. Et en particulier de Jens Lekman, d’Al Doyle (Hot Chip), de Cortney Tidwell ainsi que d’Ewan Pearson derrière les manettes. A l’âge d’or des ‘come-backs’, Thorn devrait peut-être ressusciter Everything But The Girl en traînant sa moitié, Ben Watt, en direction studio et offrir, enfin, une suite au « Temperamental » de 1999…

W.R.3

Only The Hard Way

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Décidément, la scène punk belge se porte à merveille. Après Funeral Dress, The City, The Heartaches et Dear Hearts, c’est au tour de W.R.3 de prouver que dans notre beau pays on peut glavioter et pogoter aussi anarchiquement ; si pas mieux qu’en l’Angleterre ou en Californie.

W.R.3 (War Risk Three) sévit depuis quelques années dans la région de Denderleew et se proclame groupe alternatif influencé par le punk et le rock. Le combo est plutôt productif, puisque depuis 2004 (NDR : date de la sortie du  premier album « Thank You Mister President »), il a publié une douzaine de Cds (albums, singles et EPs). « Only The Hard Way », le nouveau méfait de ces punks rockers flamands, a été enregistré au « Dé Studio » d’Asse (dans la région de Bruxelles) sous la houlette du producteur attitré des lieux : Dirk Miers.

Souvent intense, « Only The Hard Way » propose dix-huit petites minutes d’un punk rock violent et fédérateur alliant les mélodies rauques du Clash de la fin des seventies aux riffs speedés d’un Charged GBH. Un bémol : les vocaux. Bien qu’excellents et accrocheurs, ils sont malheureusement un peu trop répétitifs au niveau du contenu.

Sans quoi, bourrée d’énergie, cette petite pépite est destinée aux rockeurs énervés.

 

Cold War Kids

Behave Yourself (Ep)

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Cold War Kids s’est fendu de cet Ep, début au début de l’année. Il précède la sortie d’un nouvel opus qui devrait paraître d’ici quelques semaines. Le fantastique gang californien méritait donc qu’on s’attarde sur la sortie de ce disque. Et pour cause, le soul/punk dispensé sur les 4 plages de ce « Behave Yourself » est toujours aussi convainquant. Ces compos avaient été enregistrées pendant les sessions de « Loyalty to Loyalty ». Elles avaient été écartées. Avant d’être récupérées pour figurer sur cet Ep. ‘Elles sont restées sur le côté un moment, ont été oubliées, mais doucement ont commencé à refaire surface et, peu à peu, insisté pour raconter leur propre histoire’ justifie Nathan Willett, le leader du groupe.

Il aurait vraiment été dommage de se priver de titres aussi indispensables qu’« Audience » ou « Sermons ». On reconnaît immédiatement le timbre de voix très expressif de Nathan Willett. Mais aussi ses interventions au piano. Le leader des ‘Enfants de la guerre froide’ peut cependant compter sur un backing group toujours aussi soudé et solide. Et l’émotion libérée par les compos prend aux tripes instantanément.

Après avoir écouté ces 4 plages, on imagine facilement que leur troisième long playing sera de la même trempe que les deux premiers (« Robbers & Cowards » et « Loyalty to Loyalty »).  Une chose est sûre, ces Californiens nous rassurent et démontrent que leur musique est toujours aussi ténébreuse, flamboyante et tourmentée…

 

The Daredevil Christopher Wright

In Deference of a Broken Back

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A mon humble avis, je vois mal qui parviendra à détrôner le « High Violet » de The National, du titre d’album de l’année. Ne reste donc plus aux autres formations et artistes à se placer en ordre utile pour monter sur les différents podiums, établis en de fin d’année. « In Deference of a Broken Back », le premier elpee de The Daredevil Christopher Wright pourrait y figurer. Un trio yankee responsable d’une pop orchestrale soigneusement déglinguée (NDR : déjantée ?) dans l’esprit de Sufjan Stevens et probablement aussi des Beach Boys. Une explication ? Imaginez des chansons mélodiques, un peu loufoques, véhiculant des lyrics ténébreux, dramatiques voire morbides. Rien que le titre de certaines compos vous donne une petite idée des sujets qui y son traités : « A Conversation About Cancer » et « A Near Death Experience at Sea », par exemple. Franchement, il faut être un peu fêlé pour écrire des compos guillerettes sur le thème de l’hôpital… D’ailleurs, si le moral influe sur la guérison des malades, les fans de « In Deference of a Broken Back » ont assurément plus de chances de se rétablir, que ceux d’« Hospice » de The Antlers…

Bon Iver s’est chargé de produire cet opus. Etonnant, puisque la musique du génie des bois et totalement différente de celle de TDCW. Les compos de cet « In Deference of a Broken Back » se signalent par leur richesse mélodique (« Bury You Alive »), la frivolité du ton (les très folk « Clouds » et « War Stories ») ou encore la créativité débordante (« A Conversation About Cancer »). Les orchestrations sont subtiles et colorées. Un véritable arc-en-ciel de sonorités procurées par une multitude d’instruments. On a même droit à des violons, du wurlitzer, de la flûte et du tambourin, que ce partagent ces multi-instrumentistes virtuoses. Mais si le combo est originaire d’Eau Claire (NDR : c’est dans le Wisconsin), leur consommation ne doit probablement pas se limiter à l’eau de source…

La campagne américaine revêt ses habits du dimanche, invitant ‘Christopher Le Casse-Cou’ à guérir tous les maux, à l’aide de sa joyeuse mélancolie. On en reparlera donc en fin d’année, à l’heure de faire les comptes. Mais comment ne pas tomber sous le charme d’un groupe, lorsqu’il achève son album, le plus naturellement du monde, par ces mots : ‘What a shame, what a shame / We’ll never see that man again / He was attempting his longest jump yet / But there was such a wind today / That it blew his life away’? The Daredevil Christopher Wright vient probablement de signer une œuvre essentielle.

 

Del-Toros

Del-Toros

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Cette agréable petite curiosité nous vient tout droit de la ville d’Alkmaar, dans le Nord de la Hollande. Del-Toros est un trio musclé qui fait revivre à sa façon un genre musical disparu depuis le milieu des années soixante : le Surf Rock.

Nous ne parlons évidemment pas ici de la ‘surf pop’ acidulée des Beach Boys. Mais du surf rock original de combos américains des sixties comme Dick Dale and the Del-Tones (NDR : le nom ‘Del-Toros’ serait il un hommage au Del-Tones) ou encore The Lively Ones dont le « Surf Rider » de 1963 a été choisi par Quentin Tarentino pour la B.O de son « Pulp Fiction ». A ses débuts, le surf rock est un style principalement instrumental. Les titres sont courts. Les rythmes de batterie rapides. Les guitaristes usent et abusent du vibrato/trémolo. Après avoir connu un énorme succès en Amérique, le surf rock disparaît. Nous sommes alors au milieu des sixties. Se produit alors l’invasion de combos britanniques comme les Who et les Rolling Stones dont la musique, beaucoup moins insouciante que le Surf Rock, est plus adaptée au contexte de l’époque (guerre du Vietnam, révoltes étudiantes, …) Ce qui ne va pas empêcher, au cours des 4 dernières décennies, certaines formations punk, psychobilly ou skate punk de revendiquer encore l’influence de la scène surf rock dans leur expression sonore.

Les Del-Toros, eux, ne se contentent pas seulement de se réclamer du surf rock. Ils font du surf rock. Même si quelques entorses ont été causées au style original : la musique n’est pas instrumentale. Guido, le guitariste et Sicco, le bassiste, se partagent des vocaux rugueux comme du papier de verre. Et, si les titres sont courts, les rythmes de batterie rapides et la guitare toute en vibrations et en tremolos, il faut tout de même souligner que le style du trio hollandais est bien plus musclé et énergique que celui des combos américains des sixties. Du surf rock, oui, mais plombé à l’aide d’une bonne ration de punk, de hard rock et même de stoner.

Ce premier album éponyme n’a qu’un seul défaut : sa durée. Les filles vous le diront : vingt-deux minutes, c’est un peu court quand on prend son pied.

Plage, surf et pogo, l’été 2010 commence vraiment bien !

D.O.A.

Talk – Action = 0

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Le portefeuille des fans de D.O.A. est soumis à rude épreuve. Le mois dernier, nous n’avions pas trop été emballés par la réédition de l’album « Let’s Wreck The Party », un disque publié à l’origine, en 1985. Il n’en va pas du tout de même pour « Talk-Action=0 », le nouvel opus des parrains du punk canadien. Pour leur offrande 2010, Joe ‘Shithead’ Keithley et ses compères ont eu l’excellente idée de renouer avec les racines de leur jeunesse et d’enregistrer un pur disque punk rock dans la lignée des classiques « Something Better Change » (1980) et « Hardcore’81 » (1981).

« Talk-Action=0 » (NDR : à ne pas confondre avec l’album live au nom quasi identique « Talk Minus Action Equals Zero », sorti en 1991 chez Roadrunner) a été produit par Joe ‘Shithead’ Keithley en personne ; et, le gaillard sait manifestement comment son groupe doit sonner.

‘Shithead’ est un punk véritable. Ses lyrics sont donc anarchistes et contestataires. Fidèle à son style, il dénonce de manière sarcastique toutes les dérives de la société : religion, banques, société de consommation, police montée canadienne, personne n’est épargné. Tant mieux, c’est le rôle du punk !

Les compos de l’elpee oscillent du violent et speedé (« That’s Why I’m An Atheist », « They Hate Punk Rock ») aux hymnes contestataires incontournables (« Rebel Kind », « The R.C.M.P. », « Don’t Bank On A Bank », « The Times They Are A-Changin' ») en passant par le rock mélodique (« I Live In A Car », « Captain Kirk, Spock, Scotty And Bones », « Looking For A World »).

Marre d’entendre pleurer des keupons ados yankees à deux balles ? Besoin d’un véritable disque contestataire, honnête, violent et mélodique à la fois ? « Talk-Action=0 » est le disque qu’il vous faut ! Chez D.O.A., le punk a retrouvé son but premier : Rébellion !

 

Eluvium

Similes

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Pourquooooooooooooi ? Pourquoi faut-il qu’ils se mettent tous en tête de pousser la chansonnette ? Matthew Cooper, alias Eluvium, suit les traces de The Album Leaf en introduisant ses cordes vocales au sein de mélopées atmosphériques qui se suffisaient largement à elles-mêmes. Bon, ici, les dégâts sont plus ou moins contrôlés. Cooper se contient et conserve une large proportion de l’esprit originel de son travail. N’empêche, les paysages sonores du talentueux compositeur ambiant perdent un peu de leur intérêt. « An Accidental Memory In Case Of Death » et « Copia », les deux précédents opus, étaient de vraies petites bulles d’oxygène, sans artifice. « Similes » marche au pas et se veut un peu plus mainstream.

Il faut dire que l’intérêt manifesté par les kids, aux œuvres symphoniques néo-classiques, est plutôt quelconque. Alors Eluvium nous pond cinq morceaux à l’esthétique, si pas radiophonique, au moins télévisuelle (« The Motion Makes Me Last », « Leaves Eclipse The Light » ou « Weird Creatures » ne feraient pas tache en fond sonore de « Grey’s Anatomy » ou d’un autre feuilleton de ce genre). Mais ce n’est qu’au cœur de « Bending Dreams », « Nightmare 5 » et « In Culmination » que l’on retrouve l’âme véritable du projet de Matthew Cooper. « Similes » risque de fâcher plus d’un fan de la première heure.

Fehlfarben

Glücksmaschinen

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Souvenez-vous, en 1982, « Ein Jahr (Es geht voran) » cartonnait au sein des charts internationaux. Une compo issue du premier elpee de Fehlfarben, « Monarchie und Alltag », paru deux ans plus tôt. Depuis, la formation allemande (NDR : fondée à Düsseldorf, en 1979) n’est plus jamais parvenue à renouer avec le succès. Changements de line up, séparations, reformations, ont même émaillé le parcours du combo, au cours des trois dernières décennies. Peter Hein, le leader et vocaliste, s’était même barré pour embrasser une carrière individuelle, à l’issue de la sortie de ce long playing. Pour revenir au bercail, en 2003.

« Glücksmaschinen », le nouvel album de la formation germanique, recèle une compo qui vaut son pesant d’or : « Neues leben ». Digne de leur hit du début des eighties. Tout y est : la fureur lyrique, le groove de la ligne de basse et les pulsions électro industrielles. Sans oublier les lyrics qui traitent de la situation socioéconomique contemporaine. Des thèmes qui alimentent d’ailleurs la plupart des textes de ce disque. Malheureusement, le reste de la plaque fait un peu pâle figure. Il y a bien encore le titre maître, dansant et mélodique, qui nous replonge dans l’univers post/punk (NDR : ou new wave, si vous préférez). Ou encore « Vielleicht leute 5 », caractérisé par son clavier vintage et ses accès de basse ténébreux, cold, même s’il est quelque peu gâché par des interventions vocales, un peu trop approximatives. Voire le final « Respekt ? », rappelant que les musiciens de Fehlfarben sont toujours des inconditionnels du Clash (NDR : et certainement du classique « The magnificent seven »). Un Ep aurait suffi !

 

Gorillaz

Plastic Beach

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2D, Noodle, Russell et Murdoc se tiennent tranquilles, un cocktail à la main et les pieds dans l’eau. Les quatre ‘virtual heroes’ ont rassemblé du beau monde autour de leur ‘Plastic Beach’. C’est à Snoop Dogg que revient l’honneur de délivrer le petit speech d’ouverture (« Welcome To The World Of The Plastic Beach ») et déjà, ça le fait grave. Les hôtes ne se sont pas foutus de la gueule des convives. En guise de première danse, « White Flag » prend un envol arabisant, sorte de séquelle orientale au projet « Monkey : Journey To The East ». La promenade ne fait que commencer, mais le quatuor en fait déjà voir de toutes les couleurs à leurs invités au travers d’hymnes estivaux aux atmosphères diamétralement opposées (l’intriguant « Stylo » suivi d’un « Superfast Jellyfish » délirant et soutenu par De La Soul et Gruff Rhys).

Au terme de cet échauffement, un magnifique coucher de soleil. En fond sonore, le splendide « Empire Ants ». Gorillaz a sorti le grand jeu, en compagnie de Yukimi Nagano de Little Dragon. Les invités de marque se succèdent alors à une vitesse folle. Ainsi, Mark E. Smith (The Fall) s’active sur un « Glitter Freeze » déboulant à du 100 à l’heure avant de donner le relais à un Lou Reed relax derrière son « Some Kind Of Nature ». S’ensuit un petit tour du côté de la bien nommée ‘Melancholy Hill’ où Albarn prend les choses en main, seul. L’air se rafraîchit. Sur le chemin du retour, le chanteur conte ses déboires à qui veut l’entendre au son d’un « Broken » qui parvient, judicieusement, à focaliser toute l’attention sur lui. La promenade se clôture autour d’un feu de joie sur une plage d’où s’échappent des sons hypnotiques (« Plastic Beach », « To Binge »). Mos Def et Bobby Womack, qui se relayaient  au micro de « Stylo », s’y succèdent cette fois (« Sweepstakes », « Cloud Of Unknowing ») pour un ultime adieu. Les festivités touchent à leur fin. 2D, Noodle, Murdock et Russell remontent alors à bord de leur « Pirate Jet » avant de filer vers de nouvelles aventures. Et si leur nouvelle destination est aussi surprenante que celle-ci, dieu sait qu’on sera les premiers au rendez-vous…

Herbie Hancock

The Imagine project

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Herbie Hancock vient donc de fêter ses 70 balais. Pour célébrer cet événement, ce compositeur d’exception et remarquable pianiste a donc décidé d’enregistrer un nouvel album, « The Imagine Project ». Il s’est donc entouré une pléiade de collaborateurs notoires issus de l’univers du jazz, mais également du rock, de la pop, du blues, du r&b et de la world, pour concrétiser ce projet. Il a, en outre, enregistré les compos, au sein des pays des musiciens invités, histoire de communiquer le feeling des différents lieux aux compos. Et confié la mise en forme au producteur Larry Klein (partenaire de Joni Mitchell, Madeleine Peyroux, Luciana Souza, Tracy Chapman, Melody Gardot et déjà impliqué sur l’album d’Hancock, « River »).

Véritable icône de la musique contemporaine, Hancock adore expérimenter. Fusionner et transcender les genres. Et c’est ce qu’il a voulu, à nouveau réaliser, sur cet elpee. Une constante, les ivoires d’Herbie. Il n’en fait jamais trop, mais ce sont ses accords parcimonieux et judicieux au piano qui font vibrer les compos. Mais passons un peu au crible les 10 plages de cet opus.

« Imagine » de John Lennon. Un classique. Y participent notamment Seal, Pink, Konono No l, Jeff Beck, Oumou Sangare, India.Arie, Lionel Loueke et Marcus Miller. Malheureusement, les vocalistes veulent en faire un peu trop. Un peu comme dans la Star’Ac. Et gâchent l’excellence de l’instrumentation.

A contrario, sur le « Don't give up » de Peter Gabriel, Pink et John Legend conjuguent leurs timbres à merveille. Sans en remettre trois couches. Un grand moment d’émotion.

Signé Baden Powell/Vinicius De Moraes, l’adaptation de « Tempo de amor » bénéficie la participation de la Brésilienne Céu, et exhale un petit parfum latino très rafraîchissant…

Derek Trucks et Susan Tedeschi se partagent les voix sur le « Space captain » de Matthew Moore. Pour les amateurs de gospel, exclusivement

The Chieftains, Toumani Diabate et Lionel Loueke épaulent Herbie lors de la cover du “The times, they are a’ changin’ » de Bob Dylan. La superbe voix de Lisa Hannigan me rappelle une certaine Mélanie.

Issu de la plume de Juan Esteban Aristizabal, « La tierra » baigne également dans un climat latino. Et c’est la superstar Juanes qui se charge des parties vocales.

Les musiciens de Tinariwen et Los Lobos participent à l’« Exodus » de Bob Marley, une version revue et corrigée par la formation malienne. Superbe !

Encore une belle réussite. Le “Tomorrow never knows” des Fab Four. Dave Matthews est au chant et à la guitare. Matt Chamberlain aux drums. Encore plus psychédélique que l’original.  

L’organe vocal de James Morisson domine le « A change is gonna come » de Sam Cooke. Si vous aimez les vocalises r&b. Pas ma tasse de thé.

Le « The song goes on » de Larry Klein nous projette en Inde. La sitariste Anoushka Shankar (NDR : la fille de Ravi est soutenue, pour la circonstance, d’une myriade de musiciens locaux), s’y révèle vraiment brillante. Chaka Khan ne l’est pas moins, mais sa voix se fond parfaitement dans l’ensemble, tout comme le saxophone de Wayne Shorter. Envoûtant !

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que pour célébrer l’anniversaire d’Herbie Hancock, Sony Music publiera, en septembre, un coffret intégral de 35 Cds regroupant l’ensemble de ses albums enregistrés pour Columbia entre 1972 et 1988.

 

Insidious Disease

Shadowcast

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Insidious Disease est le nouveau ‘Supergroupe’ death métal. Le milieu du métal extrême ressemble parfois à un immense club échangiste. Les musiciens passent d’un groupe à l’autre, forment des projets parallèles, sortent des disques solo ou sont invités sur les albums d’autres formations. Bref, il est quasiment impossible de dénicher un musicien ‘death’ ou ‘black’ qui ne soit pas impliqué dans plusieurs bands différents. Si certains d’entres eux se contentent d’une petite infidélité de temps à autre, il y en a, par contre, qui sont de véritables partouzeurs.

C’est le cas, par exemple, de Shane Embury. L’imposant bassiste anglais de Napalm Death, est bien connu pour frotter ses gros doigts velus sur les manches (des basses) de Lock Up, Brujeria, Unseen Terror, Warhammer, Meathook Seed, Venomous Concept, Azagthoth, Drop Dead, Blood from the Soul et j’en passe. Le batteur américain Tony Laureano (Nile) est un autre échangiste musical compulsif. Son patronyme apparait sur les listes de membres de clubs aussi privés qu’Acheron, Angelcorpse, Astaroth , God Dethroned, Internecine, Malevolent Creation, Nidingr, 1349, Aurora Borealis, Belphegor, Brujeria, Devolution, Dimmu Borgir, Eulogy, Naphobia, Nachtmystium, Sanctification, The Black Dahlia Murder, Insidious Disease et Kult ov Azazel.

Bien qu’ils soient un peu moins portés sur la chose, les autres membres d’Insidious Disease, ne sont pas non plus adeptes de la fidélité musicale. Le guitariste norvégien Silenoz (Sven Atle Kopperud, comme l’appelle sa maman), est aussi le six-cordiste de Dimmu Borgir, Nocturnal Breed et Malefic. Jardar, l’autre guitariste est le plus raisonnable du lot puisqu’Insidious Disease constitue sa seule tromperie à Old Man’s Child. Marc Grewe, le dernier de ces pervers notoires jouit d’un statut quasi culte, puisqu’il est le hurleur de l’une des plus anciennes formations death métal allemandes : Morgoth. Ses adultères musicaux, l’ont, quant à lui, amené à partager la couchette du tour bus d’Action Jackson, Comecon et Power of Expression.

Cette liste (non-exhaustive) des inconstances de nos cinq instrumentistes lubriques vous a déjà probablement mis le morpion à l’oreille : le virus de la maladie insidieuse qu’Insidious Disease transmet via son premier album « Shadowcast » a été cultivé sur une vielle souche du métal de la mort ! ‘Death Metal Old School’, le mot est lâché. En tant qu’experts du style, les cinq gangbangers savent que pour donner du plaisir, le death métal doit rester simple et brutal. Ne pas être trop technique, trop poli ou trop mélodique. « Shadowcast » évoque l’agressivité morbide des vieux opus d’Entombed, Death, Suffocation, Grave et même parfois le death ancestral de Celtic Frost. Cependant, le son puissant et moderne séduit davantage, même les amateurs de death moderne pré-pubères. L’organe vocal de Marc Grewe, moins guttural et standardisé que celui de la plupart des groupes death actuels, renforce encore agréablement ce côté ‘old school’.

Sans être innovateur, voici un album qui sort vraiment de la masse. Et, chose rare pour un album de death métal ; après 36 minutes, on en redemande ! Encore, encore, …