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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

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Shawn Pittman

Undeniable

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« Undeniable » constitue le dernier elpee de Shawn Pittman. Autoproduit, c’est son huitième destiné au marché américain. Et il a été enregistré aux States. Aux studios Wire Recordings, à Austin. Shawn est soutenue par Pat Schramm à la basse et à la guitare rythmique ainsi que du drummer notoire des T-Birds, Jason Moeller (T-Birds). Le titre de l’elpee est lourd de signification : la musique reproduite sur cet opus baigne dans le texas blues. Et elle est basique, sans la moindre fioriture. Et émane de tout ce qui touche à Pittman. Ou que Pittman touche : sa guitare, son ampli, ses doigts, ses compos…

"Hard to hold on" ouvre l’elpee dans ce style texan, décrit dans le premier paragraphe. Les notes dispensées par Shawn sont parcimonieuses, mais franches et directes. Et le résultat est excellent. Shuffle classique, "Young girl" semble émaner en ligne droite du chaudron d'Austin. Pittman est uniquement épaulé par sa section rythmique. Il chante son couplet avant de rapidement s’évader aux cordes. Son exercice de style, il l’accomplit sans filet. Et il s’en sort impeccablement. Il récidive tout au long de "Change of heart". La voix de Shawn n’est gère assurée, mais elle tient la route. Dès qu’elles en ont l’opportunité, les cordes prennent le large. "Who's your man" est imprimé sur un tempo extrêmement rapide. Un boogie blues converti en rock'n'roll furieux. Pat Schramm assure une rythmique implacable ; ce qui permet au leader de se divertir à souhait. Très offensif, "The hard way" est un autre shuffle. Les musiciens montent en puissance. Leur pouvoir de séduction progresse, mais dans la mélodie. Blues lent, "Somebody please" transpire le vécu. Une compo troublante, brûlante, au cours de laquelle l'artiste baigne dans son élément. Son timbre a retrouvé tout son aplomb. La section rythmique est sur le velours. Elle n'a plus qu'à porter le leader qui atteint alors le sommet de son art. Superbe! "Righteous woman", la plus longue plage de l'opus, s'étire paresseusement. Pas d’effervescence, mais une incontestable efficacité. Le rythme décélère encore tout au long de "Sucker for love". Shawn sort le grand jeu et nous livre un solo d'une pureté inouïe. Mr Pittman est passé derrière le piano lors du boogie woogie instrumental "Blues for Juanita". Et il tire parfaitement son épingle du jeu. Slow blues, "Mindin' my own business" navigue sur le delta du long fleuve tranquille. La guitare concède des accents métalliques. Très sonore, amplifiée, la basse de Pat établit l'assise nécessaire pour accomplir ce type d'exercice de style. L'album s’achève par un excellent instrumental : "Lookin' good", un boogie shuffle très dynamique. La guitare nous prend à la gorge et ne nous délivre de son étreinte qu'à la toute dernière note.

Dour festival 2010 : dimanche 18 juillet

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Quatrième et dernier jour de cette 22ème édition du festival de Dour. L’heure des premiers bilans aussi : 125.000 spectateurs pour ces 4 jours. Soit 31 000 le jeudi, 30 000 le vendredi, 32.000 le samedi et autant le dimanche. Ce qui semble réjouir les organisateurs lors de la conférence de presse (?!?!) Pourtant, manifestement, la fréquentation est en baisse, cette année. En 2007, le festival était sold out et au cours de certaines éditions précédentes, on avait atteint des pics de 35.000 voire 36.000 spectateurs. ‘Cette année nous avions agrandi la capacité du site. Il pouvait accueillir 40.000 personnes. Le sold-out n’est pas un objectif en soi’, m’explique, par ailleurs, le responsable de presse, Alex Stevens, lors d’un entretien, à bâtons rompus. Il ajoute d’ailleurs : ‘Le but, c’est d’organiser un festival de qualité, en programmant des groupes intéressants et dans une ambiance qui reste conviviale’. N’empêche, du côté de Liège, les Ardentes prennent de l’ampleur et le Pukkelpop affiche déjà complet un mois à l’avance. Alors, quelle est la raison de ce déclin de popularité ? La concurrence des événements susvisés, certainement. La date, qui en 2010, s’est située en période charnière de départs en vacances (NDLR : on pourrait aussi ajouter le nombre de festivals qui ont explosé, un peu partout en Belgique, et même dans le Nord de la France ; et puis, peut-être le manque d’artistes susceptibles de convaincre les véritables mélomanes de se déplacer, en l’occurrence celles et ceux qui ne manqueraient sous aucun prétexte Killing Joke, Black Rebel Motorcycle Club, Wilco, Mercury Rev, Archive, Wampas, Nada Surf, Dandy Warhols, Young Gods, !!!, Bérurier Noir ou encore celles et ceux qui suivent certains groupes belges aux quatre coins du pays) Néanmoins, ne gâchons pas notre plaisir : Dour est toujours un festival incontournable en Hainaut et un des trois plus grands de Wallonie (NDR : les Francos de Spa et les Ardentes sont les deux autres). Il est en outre, bien plus alternatif que ses concurrents ; et puis, et c’était nécessaire, de gros efforts ont été consentis pour améliorer le confort des festivaliers (NDR : supermarché alimentaire à l’entrée, etc.) Félicitons également les organisateurs pour le timing scrupuleusement respecté par les 200 groupes, et pour l’absence d’incidents majeurs sur le site.

Bon, et la programmation de ce dimanche alors ? J’y arrive. Ma journée commence vers 16 heures, sous un soleil généreux (NDR : finalement hormis quelques averses, la météo aura été clémente). J’ai chaud à la place de Mélissa Auf Der Maur. Tout de noir vêtue, son teint est pâle. Elle doit souffrir de la température. La Canadienne est surtout notoire pour avoir milité  comme bassiste chez Smashing Pumpkins puis Hole. A l’époque, Billy Corgan, le leader des Citrouilles Eclatées l’avait pris sous son aile, avant de la conseiller à son amie ( ?!?!?) Courtney. Son set est très pop. Pas vraiment ce qui me branche. Et Mélissa éprouve toutes les difficultés pour susciter un quelconque enthousiasme auprès d’une audience encore à-moitié endormie. A l’issue de sa prestation, Mélissa vient se mêler à la foule. Elle se ballade tranquillement et prend le temps de signer des autographes (NDR : elle avait même prévu de se munir d’un crayon-feutre !)… Sympa !

D’autres musiciens se promènent sur le site. Mais ils passent bien moins inaperçus. A cause de leurs vêtements touaregs. Tinariwen. La formation va ensuite offrir une des rares notes world au festival. Sur fond de guitare résolument blues (NDR : un concept partagé par de nombreux artistes maliens, comme Amadou et Mariam, par exemple). Différents membres se relayent au chant. La musique baigne au sein d’un climat exotique. Le combo cherche à établir une forme de communion avec le public. Un peu comme lors d’une fête de village en Afrique, autour d’un feu de bois ou sous un bivouac. Le set est savoureux. Mais à mon avis, leur prestation aurait mérité de se dérouler sous un chapiteau. De toutes manières, à un endroit plus intimiste que sur la Last Arena. Les applaudissements auraient alors certainement résonné plus chaleureusement…

Sous La petite maison dans la prairie, Monotonix est occupé de foutre le boxon. Cosmopolite, quoique incluant une frange de musicos israéliens, le combo nous en met plein la vue. Pourtant, leur garage rock plutôt basique voire tribal (NDR : qui a dit trivial ?) ne casse pas des briques. Mais on assiste à un grand spectacle ! Les musiciens se dispersent dans le public. Le chanteur escalade un poteau du chapiteau et à 4 mètres de hauteur, il se jette dans la foule. Manifestement Monotonix est un groupe de festival. Il attire la grande foule et met de l’ambiance. Pourtant, en salle, il ne draine que quelques centaines de personnes, à peine (NDR : il s’était produit à Courtrai, salle De Kreun, peu de temps auparavant). Didier Super était aussi parvenu à mettre le feu, sous la Magic Tent, quelques années plus tôt. Un constat amer et en même temps une situation paradoxale, quand on voit qu’un groupe pétri de talent comme Tinariwen, ne recueille pas le succès mérité. Alors que la présence de Rémi Bricka, Annie Cordy ou Grand Jojo, déclencherait probablement l’hystérie…

Trêve d’élucubrations et cap sur la Last Arena où sont programmés The Raveonettes. Et le line up des Danois est au grand complet. Déjà ‘tête d’affiche’ en 2008, Sune Rose Wagner avait dû composer sans Sharin Foo. A l’époque elle attendait famille et avait été remplacée par sa sœur. La recette n’a pas trop changé. Leur électro pop à coloration 80’s est toujours aussi noisy. Le tracklisting inclut les incontournables « Candy » et « Heart of stone ». De quoi satisfaire les nombreux trentenaires et quadragénaires rassemblés face à la scène. La basse et les percus sont minimalistes. Et balisent les interventions du duo ténébreux Wagner-Foo, cachés derrière leurs lunettes fumées…

Autre tête d’affiche sur la même scène : Ghinzu. Il est loin le temps où ce combo belge se produisait en club. La popularité du groupe est en progression constante. Ce qui lui permet aujourd’hui de remplir Forest National ou de figurer à l’affiche de festivals conséquents. Ce soir, c’est un véritable best-of que le groupe nous livre. De quoi se rendre compte du nombre de tubes déjà publiés par la formation. Dont les inévitables "Take It Easy" et "Do You Read Me". Leur set est très pro, même si les poses du chanteur finissent par agacer. Mais un imprévu va se produire et mettre un peu de piment dans le show. Au beau milieu du set, le combo se lance dans l’impro (NDR : à moins que ce ne soit une succession d’approximations). Les musiciens se parlent entre certains morceaux. Ils semblent préoccupés. Le claviériste monte sur son instrument et commence à taper du pied sur ses touches (NDLR : un disciple de Keith Emerson ?) Heureusement, le matos semble solide et résiste à l’assaut. Et puis, l’assaillant n’est pas obèse (NDR : à l’issue du concert, on aura l’explication de cette attitude : en fait, il semble que le clavier se soit détraqué au cours de la prestation et par un concours de circonstance, le spectacle a gagné en spontanéité). La reprise de « Killing in the name » est peut-être brouillonne, mais elle parvient à faire bouger une grande partie de la foule. En fait, les événements ont forcé le combo à modifier leur setlist. Et à improviser (NDLR : un accident heureux, avait un jour déclaré un membre d’Ozric Tentacles). Le groupe va quand même finir par croire qu’il est maudit. Et pour cause, l’an dernier, lors des Eurockéennes de Belfort, il avait déjà dû interrompre son show, suite à une panne de courant.

J’imaginais que Devendra Banhart allait nous accorder un récital sculpté dans le folk minimaliste. Le talentueux chanteur/auteur/compositeur en était coutumier, au cours des dernières années. Après avoir surfé avec succès sur la vague hype néo-hippie, il était un peu tombé dans les profondeurs de l’oubli. Mais ce soir, il a décidé de nous surprendre. Et dès les premiers titres, on se rend compte que son concert sera très rock. Les guitares montrent les dents. Son néo-psychédélisme à la pèche ! Exit les ballades soporifiques dispensées lors des éditions précédentes, à Dour. L’intensité est omniprésente, mais Devendra la rend plus fluide en lui administrant, ci-et-là, une petite pointe de dérision. Comme lors de sa cover du vieux tube « Tell it to my heart » de Taylor Dayne.

Autre bonne surprise en ce dimanche : Calvin Harris. Il est surtout connu pour ses tubes house, dance et électro qui envahissent les ondes radiophoniques. Et notamment « The girls » et « Flashback ». En ‘live’, je m’attends donc à DJ set plutôt statique. Erreur, Calvin est soutenu par un véritable band. Il se révèle très à l’aise sur les planches et se la joue, quelque peu, rock star, à la manière d’un Dave Gahan. En un peu moins excentrique quand même. L’expression sonore est particulièrement vivifiante et lorgne tour à tour vers le funk, l’électro voire le punk-rock. En outre, Harris possède une chouette voix. Après 1h30 de show, on le sent quand même éprouvé. Ce qui ne l’empêchera pas de le clôturer par un “You are not alone” de toute beauté. Franchement, cet artiste est à suivre de très près et mériterait un autre statut que celui de pourvoyeurs de singles pour la bande FM.

On le sait, chez Sexy Sushi, le raffinement n’est pas de rigueur. Heureusement il est passé minuit. Les enfants sont déjà couchés, et les nombreuses familles invitées par le Bourgmestre sont rentrées à la maison. Car comme prévu, le flux de grossièretés proférés à la minute est sidérant. Comment est-il possible de concentrer autant de gros mots au sein d’un seul couplet ? Seul Sexy Sushi en a la recette. La musique est minimaliste. Electro. Il y a un claviériste et puis un figurant qui assume un rôle de bourreau. Bien sûr, il s’agit de mise en scène. La sulfureuse Julia affiche un look grunge. Cheveux gras, jeans, t-shirt et baskets crades. Elle n’hésite pas à se lancer dans des crowd-surfing et invite même le public à monter sur le podium lorsqu’elle attaque « Sex appeal ». Et les mâles vont me demander si elle a terminé son spectacle en petite tenue, comme très souvent. Désolé mais vu la piètre qualité de la solution sonore, je me suis tiré avant…

En effet, j’ai préféré aller jeter un dernier coup d’œil (et d’oreille) à The Sonics. Le spectateur lambda les connaît surtout pour leur chanson « Psycho a-gogo » (NDR : ne me dites pas que vous n’avez jamais entendu ce fameux refrain ‘Baby, you’re driving me crazy’). Ou encore du morceau « Have love with travel », qui a servi de B.O. au dernier film de Mathieu Amalric (NDR : c’est toujours d’actualité !) Il est assez troublant et en même temps réconfortant de voir de véritables papys déménager autant sur les planches. Respect donc à ces vétérans qui perpétuent ce rock né au cours des 60’s. N’empêche, pour encaisser la transition entre le rock-électro avant-gardiste de Calvin Harris et le garage yankee des Sonics, faut être blindé…

Hormis la journée du samedi, plutôt ‘light’, l’édition 2010 du festival de Dour a tenu toutes ses promesses. Retour à la maison, en sachant que sur le parcours, on risque de faire des rencontres très peu conviviales et surtout susceptibles de gâcher le plaisir acquis tout au long du week-end…

 

En direct de Dour (2)

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‘Le bon Dieu est montois’ s'exclame-t-on, lorsque météo est bonne, lors de la traditionnelle Ducasse de Mons. Mais il est aussi dourois. Les festivaliers ont, jusqu’à ce jour été épargnés par la canicule mais aussi par les averses. A contrario de celles et ceux qui se sont rendus à Werchter (NDLR : et au Cactus !) Le baromètre de l'ambiance monte toujours crescendo. A 15 heures, le public était encore calme et clairsemé, malgré un set entraînant des Mahones. Le hardcore suprenant de Fucked Up a provoqué les premiers pogos. Faut dire que le frontman a passé les 3/4 du concert au cœur du public ! Et les nombreux fans de hardcore en encore eu une belle ration, lors du set de Mass Hysteria. Sur les autres podiums, on épinglera encore la noisy de Chokebore, le psyché d'OS Mutantes et celui plus prog de Black Mountain…

Anti-Records se renforce !

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Artiste ultra-douée, dont le folk épuré s’inscrit dans la lignée de Nick Drake et Joni Mitchell, Beth Orton vient de signer chez Anti-Records. L’artiste folk anglaise est, en outre, sur le point de terminer l’enregistrement d’un nouvel album pour le compte de son nouveau label.

 

Des Nouvelles De Linkin Park

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Linkin Park vient d’annoncer la sortie de son nouvel album  « A Thousand Suns » pour le 14 septembre 2010. Comme « Minutes To Midnight » (2007), son précédent, le nouvel opus a été produit par Rick Rubin (Slayer, U2, Johnny Cash) et par Mike Shinoda, le vocaliste du groupe. « The Catalyst », le premier single extrait de l’album sera disponible en écoute sur la page MySpace du groupe http://www.myspace.com/linkinpark dès le 2 août.

Une initiative originale : Si vous êtes un producteur en herbe, Linkin Park vous encourage à télécharger  les pistes audio de « The Catalyst » disponibles sur sa page MySpace. Vous pourrez ensuite les modifier à votre guise à l’aide d’un logiciel informatique et soumettre votre version du single au groupe qui choisira celle qui lui plaît le plus et la fera figurer sur l’album.

Linkin Park entamera une tournée mondiale en octobre. Celle-ci passera par Paris (Bercy) le 25 octobre. Aucune date n’est prévue en Belgique pour l’instant. 

 

Enfin !!!, avec trois points d’exclamation !

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Complémentairement à la sortie de leur nouveau single, « AM/FM », !!! vient de poster sa nouvelle vidéo. Réalisée sous la houlette de Black Dice, elle est disponible sur Fader et YouTube. Quant à l’album sa parution est toujours prévue pour ce 23 août.

http://www.thefader.com/2010/07/06/video-premiere-amfm/
http://www.youtube.com/watch?v=LO_AofgXHFU
http://www.chkchkchk.net/

 

Seyfu allume la mèche

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Le nouveau single de Sefyu, « Allumeur de Mèche », a été dévoilé le 12 juillet. Il est issu de l’album « Oui, Je Le Suis », dont la sortie est prévue pour fin septembre 2010. Le clip sera également bientôt disponible…

En attendant vous pouvez découvrir le teaser sur le lien suivant :

http://www.dailymotion.com/video/xduogk_sefyu-allumeur-de-meche-teaser_music

 

Dour festival 2010 : samedi 17 juillet

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Troisième jour de festival et la fatigue commence à se faire sentir. Sans oublier les maux de tête et un début inévitable de surdité. Et dire que je ne dors même pas au célèbre camping. Sans quoi, quel serait le résultat ? Heureusement, et cet avis n’engage que votre serviteur, cette journée est également la plus light au niveau de la programmation. Pas vraiment de concert exclusif comme ceux de Faith No More ou Atari Teenage Riot, les jours précédents. Moins de découvertes aussi.

Ce qui explique pourquoi vous n’aurez droit qu’à un compte-rendu plus succinct de cette journée. Néanmoins, je débarque quand même à 14 heures pour ne pas manquer le set de The Mahones. Leur patronyme procède de l’anglicisation de la formule gaélique ‘Póg mo thóin’, soit le ‘F*** my ass’ dont je vous fais grâce de la traduction dans la langue de Molière. Il s’agit également d’une référence au groupe irlandais The Pogues. Et bien que la formation nous chante cet après-midi « A drunken night in Dublin », pas de méprise : The Mahones nous vient du Canada, et pas de l’île verte ! Leur punk-rock est d’ailleurs assez proche de celui de leurs concitoyens, les Real McKenzies. Une charmante accordéoniste évolue à droite de la scène. Hormis les bas-résilles elle est totalement vêtue de cuir. Et apporte une touche de fraîcheur tant visuelle que musicale. En engageant un musicien supplémentaire (NDR : préposé au whistle ou banjo), le combo embrasserait un profil encore plus celtique. Mais la petite centaine de spectateurs tape malgré tout du pied et se lance même dans une mini-farandole en fin de show. Un warm-up plutôt réussi, ce samedi donc.

A noter que, dans la même tranche horaire, les Poulycroc avaient également ouvert les hostilités en fanfare. Evidemment, si comme votre scribouilleur, vous habitez le Hainaut Occidental (d’où ils sont originaires) vous avez l’occasion de les applaudir, au minimum, une dizaine de fois par an. Et si vous ne connaissez pas ces joyeux loustics, sachez qu’ils pratiquent un punk/ska festif, quelque part entre le grand Jojo (avec qui ils ont déjà joué) et Ska-P.

En général, lors du festival de Dour, une frange du public est constituée de fans de hardcore et de métal. Rien d’étonnant, vu la présence des vétérans Stuck Up et autres Do or Die, dont les aficionados sont nombreux dans la région. Pourtant cette tranche de public très caractéristique disparaît d’année en année. Elle est remplacée par une catégorie de festivaliers dont le style  campeurs-clubbers est beaucoup plus stéréotypé. Heureusement, les organisateurs n’ont pas totalement négligé les hardeux. Le vendredi, ces derniers ont ainsi pu se défouler face à la Red Frequency, et ce samedi sous la Magic Tent. La formation canadienne (NDR : encore) Fucked Up pratique, comme son nom l’indique, une musique furieuse. Le chanteur Pink Eyes n’en est pas à sa première extravagance. C’est d’ailleurs ce qui a forgé sa notoriété. Dès le deuxième titre, il quitte la scène pour se mêler à la foule, qu’il ne quittera plus avant la fin du set. Tour à tour, il se lance dans le houlà-hop, provoque des pogos ou frotte son torse (NDR : velu et imprégné de sueur) contre le corps de jeunes filles en maillot de bain. Et la liste de ses frasques est loin d’être exhaustive. Conclusion, il donne bien du fil à retordre (au propre comme au figuré) aux techniciens et au service de sécurité. Et un peu plus tard, sur le même podium, The Spudmonsters va en remettre une couche. Issu de la scène old school, ce combo va aussi mettre le boxon, en invitant de nombreux fans à monter sur l’estrade, lors de leur final. De quoi, à nouveau semer la zizanie, au sein du frontstage.

Pour clôturer le chapitre hardcore, impossible de ne pas évoquer la prestation de Mass Hysteria accordée sur la grande scène. Tout le bien a déjà dit sur ce groupe français, que l’on peut voir chaque année dans nos contrées. D’ailleurs, rien qu’à Dour c’est déjà leur quatrième passage. Sans surprise, le groupe parvient donc à déclencher les pogos, circles et autres parades à la ‘Braveheart’ au sein du public. Mais aussi à communiquer des messages positifs, pacificateurs voir unificateurs. A l’image de ce ‘Wallons, Flamands, tous unis’ clamé haut et fort au milieu d’un couplet.

Des revendications plutôt différentes de celles des Sales Majestés. D’accord, ils évoluent dans un registre plus punk traditionnel que hardcore. Ensuite les textes relèvent plus de l’anarchie, de la rébellion voire du nihilisme. « La rage », « La révolution », « Camarade » ou « Fier de ne rien faire » sont autant d’hymnes repris le poing levé par les keupons ou les trentenaires nostalgiques du rock alternatif.

Après toutes ces décharges de riffs, il est temps de remettre quelque peu ses idées en place. En assistant à un concert empreint de légèreté. Celui de Pony Pony Run Run devrait faire l’affaire. Issu de la région de Nantes, ce trio s’est formé en 2005. Son premier album, « You Need Pony Pony Run Run » est paru en 2009. Il a été consacré lors des Victoires de la musique, en mars 2010. Pas étonnant donc que le public soit nombreux sous la Magic Tent. Dès que le combo monte sur le podium, une immense clameur faite de cris et d’applaudissements s’élève (NDR : pardon, c’est un concert de Patrick Bruel ?) Mais la comparaison s’arrête ici. Car le groupe a son style. Très pop, mais inspiré par les 80’s. Surtout à cause des sonorités ‘vintage’ produites par le clavier. Un climat qu’accentue le light show. « Hey you », leur tube, est à peine attaqué que la foule entre en hystérie. Une excitation qui va se prolonger jusqu’au bout du set. Pas de contestation, à l’applaudimètre, PPRR a confirmé sa popularité. Faudra maintenant voir s’il sera capable de passer le cap du deuxième elpee…

Au fil des concerts, il devient de plus en plus difficile d’avoir les idées claires. Et même si une prestation se révèle d’excellente facture, on ne parvient plus à l’apprécier. L’épuisement, la chaleur et la bière (NDR : excellentes ces Hoegaarden rosées !) contribuant, bien évidemment, à cette situation. Dans ces conditions, il est parfois préférable de faire un break, afin de revenir frais et dispos, le lendemain. Soit le dimanche, pour vivre de nouvelles aventures…

Dour : les premiers échos

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En attendant les reviews détaillées, voici quelques échos répercutés par le festival de Dour…

Le cap des 30.000 festivaliers a été franchi. Faut dire que pour la plupart, ils avaient déjà débarqué la veille. Afin de prendre leurs quartiers au camping. Côté affiche, le set de Faith No More a quelque peu déçu. Trop expérimental pour les uns. Un son trop approximatif, pour les autres. A contrario, le festival a réservé son lot de bonnes surprises. Ainsi la prestation de Get Well Soon a tenu toutes ses promesses, alors que le Bal des Enragés a mis le feu à la Petite Maison dans la Prairie ; faut dire que pour l’occasion, une horde de punks avait pris d’assaut ce chapiteau…

Vendredi, le temps est menaçant, mais la pluie semble vouloir épargner le site. Los Campesinos! a bien ouvert les hostilités, mais face à un public encore clairsemé. Néanmoins, l’affluence devrait aller crescendo, vu la programmation. De Subways à Gwar en passant par Atari Teenage Riot et Chrome Hoof, le choix est suffisamment large pour satisfaire un large public…

Dour festival 2010 : vendredi 16 juillet

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Cette deuxième journée de festival est, à mon humble avis, la plus riche. Ce qui explique ma décision de débarquer sur le site bien plus tôt. Soit à 14 heures. Et ce que je pressentais depuis la veille, se confirme : le public qui fréquente le festival de Dour est de moins en moins rock. Malgré une affiche intéressante, la plupart des jeunes ne montrent le bout du nez que vers 18 heures. Ils récupèrent. Ou glandouillent au camping. Sans doute après avoir passé la nuit à danser sur les beats des Djs. Les artistes internationaux en devenir : ils n’en ont plus rien à cirer !

Une gangrène qui ronge les grands festivals. Le collectif Los Campesinos ! en est bien conscient. Et pourtant, ces valeureux musiciens font le max devant une centaine de spectateurs à peine, dispersés face à la Last Arena. Leur pop/rock est déjanté, enjoué, enrichi de cuivres ainsi que d’accès de violon et de xylophone. Leur solution sonore est cependant difficile à décrire. A l’instar du nom des villages peuplant leur Pays de Galles natal (NDR : ils sont issus de la région de Cardiff). Une jeune et charmante violoniste rousse illumine les compos de ses interventions, pendant que le chanteur se démène comme un bon prince. Son attitude me fait parfois même penser à Dalmon Albarn, deux décennies plus tôt (NDR : Blur, s’était produit également à Dour, il y a une quinzaine d’années). Bien sûr, depuis, le personnage a pris une autre envergure ; et ma comparaison, ne va pas plus loin. Néanmoins, il faut reconnaître qu’il existe un fameux potentiel chez Los Campesinos ! Et au fil de l’expérience, la formation pourrait bien briguer une place, un peu plus haut des affiches, dans un futur proche. C’est en tout cas, tout le mal qu’on leur souhaite.

Lors du festival de Dour, à moins d’être un marathonien (NDR : et encore !), difficile d’assister à tous les concerts programmés au cours des quatre jours. Je loupe donc le set de Java. De quoi nourrir des regrets, car de l’avis de nombreux observateurs, leur hip-hop teinté de musette bon enfant a fait mouche. Et come il fait chaud, il fait aussi soif. Et en repassant par le bar, la convivialité se transforme rapidement en guet à pintes ! Surtout lorsqu’on retrouve des amis ou des collègues afin de débattre de l’une ou l’autre prestation d’un artiste ou groupe.

Ouf, le set de The Futureheads n’est pas terminé. Mais vu le parcours du combo, je craignais devoir me farcir de la pop/rock britannique calquée sur celle des Arctic Monkeys. Bref comme déjà vue et entendue 10 000 fois. Et pourtant, le set s’avère très agréable. Pas de temps mort. Un bon point de la journée. Faudra que je balaie les préjugés qui traînent encore dans mon esprit…

A contrario, il se confirme que de plus en plus de festivaliers issus du Nord du pays se rendent au festival de Dour (NDR : et Johan, notre rédacteur en chef néerlandophone, n’y est pas tout à fait étranger). La présence de ce public néerlandophone pour le set d’Absynthe Minded en est la plus belle illustration. La popularité du combo gantois monte d’ailleurs en flèche. Et pas seulement en Flandre. Lorgnant tour à tour vers le blues, le jazz ou le folk son pop/rock ne manque pas d’élégance. Et lorsqu’il interprète son tube « Envol », l’auditoire frappe la mesure des mains tout en fredonnant « Enough ». A l’issue de ce set, il en demandait et en redemandait encore…

Quinze années déjà que Dog Eat Dog ne s’était plus produit à Dour. A cette époque, l’affiche épinglait également la présence de Clawfinger et Public Enemy. Une période au cours de laquelle metal et rap faisaient bon ménage. Si le duo si caractéristique échangé entre la basse et le saxophone est toujours aussi efficace, il faut reconnaître que leur musique a quand même évoluée. Faut dire que faute de nouvel album, je craignais devoir me farcir un combo revivaliste dont l’horloge s’était arrêtée au cours des 90’s. Et puis non, leurs intros ont été revues et corrigées ; et puis, leurs références rap se sont muées en hip hop contemporain. Le public prend son pied, en particulier sur les inévitables « No front » (NDR : issu de l’album « All boro kings ») et « If these are the good times ». Un come-back réussi !

Beaucoup de monde pour applaudir Fun Lovin Criminals. La première grosse audience de la journée ! Curieux, quand on sait que le band newyorkais, responsable de 7 albums à ce jour, est en panne de créativité, depuis quelques années. En fait depuis leur premier opus, "Come find yourself", sur lesquels figuraient les hits "Scooby Snacks" et "The Fun Lovin' Criminal". Un départ en force qui s’est progressivement dégonflé. Sur les planches, les musicos dégagent un certain capital sympathie. Mais leur set ne remue guère. Il serait même plutôt statique (NDR : qui a dit amorphe ?) Le podium semble trop large pour eux. Les bouffées cuivrées de jazz sont judicieuses. Mais un sentiment d’ennui commence rapidement à nous envahir. En outre, ce vendredi soir, la Red Frequency propose une affiche bien plus alléchante…

Tout d’abord à cause de la présence de Gwar. La foule réunit cependant davantage de curieux que de métalleux. Fondée à Richmond (NDR : c’est en Virginie), il y a plus de 25 ans, la formation s’est forgée une notoriété sur les planches. D’abord à cause du look. Les membres sont vêtus de costumes kitchs dignes des films d’horreur de série B, tournés au cours des 80’s. Puis de leur show. Théâtral, il est échafaudé sur les thèmes du sexe et de la violence. Des armes et des sexes en plastique simulent des scènes de sadomasochisme, de sodomisation et de charcuterie. Le sang (factice of course !) gicle et asperge les spectateurs des premiers rangs (NDR : dont certains exhiberont encore des traces le lendemain). Quand à la musique, elle est découpée dans le hard, ma fois plutôt classique, à la croisée des chemins d’Alice Cooper et Anthrax.

Après avoir vécu cet épisode sanglant, place aux formations belges Sharko et Eté 67. Deux valeurs sûres de notre patrimoine musical, dont le show a manifestement bien évolué. Chez David Bartholomé et ses acolytes, la solution sonore oscille de l’électro basique au rock énergique. Mais se révèle surtout moins ludique. Exit les claquements de mains, les refrains repris en chœurs et le lancer des ballons… Quant à Eté 67, j’avoue n’être resté qu’un bref instant à leur spectacle ; en tout cas pas assez longtemps pour pouvoir émettre un avis éclairé.

Destination la grande scène pour le concert de The Subways. A l’instar de Fun Lovin’ Criminals, ce trio avait entamé sa carrière en mode TGV, en publiant un premier opus décoiffant. Mais la suite avait eu raison de l’enthousiasme manifesté à l’égard du combo. A cause de la confection d’un elpee insipide ; et puis d’une tournée interminable qui les avait alors vus se produire à l’affiche d’une multitude de festivals. Sans convaincre. Le band se produit ce soir à Dour, alors qu’il n’a pas commis de nouvel album. Et paradoxalement, les musiciens semblent éprouver beaucoup de plaisir sur les planches. Charlotte Cooper se démène comme une possédée sur sa basse. Et elle est très jolie. Blonde, aussi. De quoi inciter les spectateurs masculins à rester accrocher à ses cordes. Lors de l’interprétation de leur tube, « Rock’n’roll queen », Billy ponctue énergiquement toujours ses refrains d’un ‘You’re so rock’n’roll’…

Mais le meilleur reste à venir. Ou du moins le plus attendu. Flashback ! En 1999, tous les festivaliers s’étaient donné le mot pour ne pas manquer l’un des shows les plus décapants de l’édition de l’époque : Atari Teenage Riot. Malgré la chaleur étouffante, le petit chapiteau sous lequel le combo s’était produit, s’était rapidement rempli (NDR : à l’issue du set, des hôtesses avaient eu la bonne idée de vaporiser les spectateurs d’un déodorant d’une marque bien connue). Quelques années plus tard, Alec Empire était revenu flanqué d’un autre band sur la Plaine de la Machine à Feu. Et aujourd’hui, il est programmé sur la Red Frequency. Il est 23 heures. Une longue bande sonore est diffusée pour faire patienter la foule. Enfin, les trois protagonistes déboulent sur le podium. Difficile de retrouver ses repères puisque le line up a changé depuis le concert mémorable accordé en 1999. C’est même quelque peu perturbant. Autrefois, Hanin Elias et Nic Endo formaient un duo vocal féminin remarquable. Que ce soit en lead ou en backing vocals. Hanin Elias a quitté le band et formé son propre label. En 2002. Il faudra donc s’en priver. Néanmoins, il demeure Nic. D’origine japonaise, elle est aussi très jolie et n’hésite pas à faire partager sa plastique sur le devant de la scène. Décédé des suites d’une overdose, Carl Crack a également été remplacé. En 2001. Par un autre MC (NDR : Kidtronick). Cette substitution est moins problématique. Les morceaux de digital hardcore se succèdent. Tantôt parfaitement maîtrisés. Tantôt (volontairement ?) brouillons. Ou plus punk serai-je tenté d’écrire. Les textes (lorsqu’on arrive à les comprendre voire même les entendre) et les revendications entre les titres véhiculent toujours les mêmes thèmes : anarchie, antimilitarisme et antimondialisation. Lors d’une des ses interventions entre deux compos, Alec Empire nous balance ce discours : ‘Nos politiques devraient s’occuper de nous, mais au lieu de cela ils sont contrôlés par de grandes multinationales. C’est pour cela qu’Atari Teenage Riot existe’ ou quelque chose du genre. « Revolution action » et « Too dead for me » sont les morceaux qui parviennent à remuer le plus la foule. En fin de parcours, Empire, qui ne se tient plus, vient au contact du public. Et si vous n’y étiez pas, sachez qu’ils reviennent le 18 septembre au festival Ratrock. C’est gratuit et ça se passe à Harelbeke !

 

Dour festival 2010 : jeudi 15 juillet

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A l’occasion de cette 22ème édition du Dour Festival, une grosse vague de festivaliers (environ 15.000 campeurs) a déjà débarqué le mercredi soir. Des festivaliers préservés des orages, dont la violence faisait craindre le pire ; mais qui n’ont véritablement frappé qu’à une dizaine de kilomètres du site. Et pour ceux qui, comme votre serviteur, débarquent ce jeudi après-midi, la patience est de rigueur. Les contrôles opérés par la maréchaussée, les files sur la route, le temps nécessité pour retirer son bracelet ou les tickets boissons, deviennent presque un rituel. Mais l’affiche alléchante proposée ce jeudi permet de préserver bonne humeur et enthousiasme.

Débarqué sur le site vers 19 heures, je fonce vers le set de Get Well Soon. Responsable d’un chouette premier elpee, en 2008, intitulé « Rest now, Weary head ! You will get well soon », la formation allemande avait pris un gros risque, en 2010, en publiant « Vexations », un double album explorant davantage en profondeur, leur pop mélancolique (NDR : voir également les chroniques de cds consacrées au combo). La barre était donc placée très haut. Fallait maintenant que le collectif puisse la franchir sas encombre. D’ailleurs, ce soir, je rêve de retrouver toute la palette d’émotions dispensée sur leurs disques. Konstantin Gropper est un fameux personnage. Il est le leader, et rassure son auditoire par sa maîtrise. Les musicos masculins sont vêtus d’un costume noir. Un peu comme s’ils assistaient à une cérémonie funèbre. Ou peut-être dans l’esprit d’un vieux cabaret de music-hall. Une attitude qui me rappelle celle d’iLikeTrains, également présent à Dour, l’an dernier. Le climat est donc apparemment sombre. Heureusement, le tracklisting est entrecoupé de messages empreints de délicatesse. Et puis, les musiciens ont le bon goût d’esquisser quelques sourires. Verena, la violoniste, porte une robe rouge. Elle cherche le contraste. Et pas seulement à cause de la couleur, mais également de son backing vocal. Tout en douceur et en fraîcheur, prenant le contre-pied du baryton de Konstantin. Ce qui permet à la musique de ne pas sombrer dans le stéréotype revivaliste. Celui de Joy Division, pour ne rien vous cacher (NDR : il est même, avouons-le surexploité…) Malheureusement, le groupe et le public éprouvent de grosses difficultés à entrer en communion. Le band berlinois fait de son mieux, mais ne parvient pas à faire vibrer le Club circuit Marquee. Ce n’est qu’en toute fin de parcours que l’étincelle va enfin jaillir. Lors d’une apothéose explosive alimentée de guitares noisy, saturées. De quoi, enfin, remettre les pendules à l’heure. En récompensant les aficionados les plus patients. Et plus exactement ceux qui n’avaient pas déserté les lieux. Tout en préservant les grands espoirs, placés en eux (NDR : a contrario de nombreux artistes ou groupes, programmés au cours de la journée…)  

Il est déjà 20 heures. Pas trop de problèmes pour circuler sur le site, et s’approcher de la scène principale. S’y produit The Maccabees. Que l’on compare déjà à Arcade Fire. Le collectif canadien figurait à l’affiche du Rock Werchter. Normal, c’est devenu une grosse pointure. L’ensemble britannique figure à celle de Dour. C’est un groupe plein d’avenir… Leur rock déménage, mais se révèle un peu trop linéaire à mon goût. Heureusement les cuivres viennent quelque peu rompre la monotonie du set. Néanmoins, je reste dubitatif face à leur prestation, et décide d’aller voir ailleurs…

Et plus exactement le show de Wovenhand flanqué de Musizkas. Wovenhand, c’est le projet de l’ex-leader du défunt 16 Horsepower, David Eugene Edwards. Enfin, plus tout à fait une nouvelle aventure, puisqu’entamée en 2001, elle compte aujourd’hui sept album à son actif. Il a donc décidé d’inviter le collectif hongrois Musizkas, à participer à sa nouvelle tournée. Une initiative on ne peut plus épique. Le concert nous plonge d’abord au sein d’un climat très proche du dernier elpee. A l’instar de « Sinking hands » et « The Treshingfloor », titre maître du nouvel elpee. Jusqu’alors fort discrets, les vétérans Musizkas se réservent ensuite un petit interlude. Des interventions brèves qui se répètent tous les deux titres. De quoi inciter le public à remuer quelque peu. Et puis surtout de ne pas sombrer dans une forme de morosité folk gothique. Mais vu la réaction de l’audience, je me demande si elle connaissait même le patronyme de Wovenhand. N’empêche, rendons à Eugene ce qui appartient à Eugene (NDR : qui a dit César ?) : Edwards est quand même un fameux personnage. Assis sur un tabouret, coiffé d’un chapeau de cow-boy, affublé de lunettes noires, il possède un énorme charisme. Ce chanteur/compositeur américain n’a qu’un seul défaut : il prend l’Evangile pour la Bible. Ou l’inverse. A la lettre. Sans quoi il a autant de talent que Neil Young et Nick Cave. Son timbre et ses inflexions vocales sont tour à tour spectraux ou intimistes, mais toujours bouleversants. Malheureusement, le trio du Colorado et le team magyar ne parviennent pas à entrer en osmose. Eugene quitte (trop rarement) son siège pour venir se joindre à ses invités. Et on a l’impression que chaque formation préserve son jardin secret. En outre, la setlist ne recèle guère de morceaux phares, à l’instar de « Dirty blue » ou « The Speaking hands », privilégiant des compos issues du dernier opus (« Terre haute », par exemple). En fin de parcours, on aura quand même droit à une exception qui confirme la règle, « Oil of pannel », un morceau très riche, au cours duquel les Muziskas vont véritablement se libérer. Et paradoxalement, célébrer un des grands moments de la journée...

La grande foule commence à s’agglutiner devant la Last Arena. On y croise de nombreux fans de Faith No More, vêtus du t-shirt de leurs idoles. Certains sont même venus d’Australie pour acclamer le combo-culte, une des têtes d’affiche du festival. Lors de leur set accordé au Pukkelpop, l’an dernier, la setlist ressemblait à une sorte de best of. Ce ne sera plus le cas ce soir. En intro, « Midnight cowboy » brouille déjà un peu les pistes. « Out of nowhere » et « Land of sunshine » s’enchaînent. Mais le son hésite entre puissance et cacophonie. Il faut attendre le cinquième titre, « Evidence », pour enfin entendre correctement la voix de Mike Patton. « Ashes to ashes » et « Midlife crisis » semblent avoir trouvé la bonne carburation ; mais progressivement, les impros et expérimentations se multiplient. Comme chez Fantômas. « Epic » permet à la foule de retrouver ses esprits. Elle scande en chœur : « What’s it? It’s it ». Et en rappel, « Digging » et « Be aggressive » clôturent une prestation un peu trop brouillonne à mon goût et surtout sans grande étincelle. Certes Mike Patton vaut à lui seul le déplacement. Ses variations de timbre et d’inflexions sont impressionnantes. Et puis, il n’hésite pas à provoquer. Comme lorsqu’il démonte le câble de spot, pour le jeter dans le public. En compagnie de Fantômas, il était parvenu à mettre le feu à Dour. Mais au sein de Faith No More, il n’est plus en terrain conquis. A l’image de cet enfant qui hésite à accepter son invitation à monter sur scène. Et lorsque, le bambin (et in extenso ses parents) finissent par accepter, vu l’insistance du chanteur caractériel, il se débat et demande à retrouver son papa. Ce qui pousse Patton à une gueulante dont lui seul est capable : « Kids don’t like me ». Pas de nouveau titre, un timing plutôt minuté et un son plutôt pourri, surtout pour les spectateurs qui n’avaient pas le nez sur le podium. Pourtant, les inconditionnels risquent de déclarer avoir assisté à un show parfait. Désolé, mais faire preuve d’un tel aveuglement est un peu trop facile. Lorsqu’un artiste perçoit ce qui doit constituer le plus gros cachet pour Dour, il doit le mériter. Et surtout d’être à la hauteur. C’était loin d’être le cas. L’éclectisme de la programmation en est peut-être l’explication. Mais surtout l’engagement de grosses pointures, destinées à limiter les risques. Un coup d’œil aux têtes d’affiche du Pukkelpop de 2009 et 2010 corrobore ce point de vue…

Enfin, l’heure n’est pas aux grands débats, mais plutôt aux ébats. Et dans cette optique, Le Bal des Enragés va enflammer La Petite Maison dans la prairie. Pas de trentenaires nostalgiques du grunge face au podium, mais des punks, plutôt discrets jusque là. ‘Punk’s not Dead’ ? On pouvait en douter jusque là vu l’ambiance plutôt bobo-plage du festival et l’absence d’Iroquois jusque cette heure. Mais les membres de Lofofora, Parabellum, Punish Yourself et Tagada Jones vont remettre ces pendules à l’heure. Une sorte de bal populaire géant, où la musette est remplacée par des classiques du punk, rock ou métal des 70’s à nos jours. Un peu comme si Charlie Oleg, Gilbert Montagné ou Adamo laissaient leur place à Iggy Pop, Exploited ou Rage Against the Machine. Et pour être exhaustif, j’ajouterai aussi Les Wampas, les Sheriffs, Parabellum (« Cayenne » et leur refrain ‘mort aux vaches’, repris par eux-mêmes), Métal Urbain, Nirvana, Sick of it all, Dead Kennedys ou encore AC/DC. Bref, un joyeux bordel comme les Béruriers Noirs avaient pu le foutre quelques années plus tôt. Du coup la transition vers les DJ set et les clubbers jusque 5 heures du mat’, c’est un peu too much. Aussi  je préfère laisser la place et l’analyse aux accros des dance-floors...

 

Deadend In Venice

Batavian Sundown (Demo)

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Contrairement à ce que son patronyme semble indiquer, Deadend In Venice ne vient pas d’Italie mais bien d’Allemagne et plus précisément de la ville de Meerane, dans la Saxe. En attendant la sortie de son premier album, actuellement en cours de pré-production (NDR : il devrait paraître courant 2010), le sextet germanique à eu la gentillesse de nous faire parvenir sa première démo enregistrée entre 2008 et 2009.

Très influencé par la musique d’In Flames, de Children Of Bodom et de Soilwork, Deadend In Venice n’est cependant pas une copie conforme insipide de ces formations scandinaves. Afin de se démarquer des nombreuses formations mélodeath existantes, les Allemands combinent la douceur d’une jolie voix féminine aux grognements masculins agressifs inhérents au death métal mélodique. Cette dualité vocale leur permet de bâtir une rencontre musicale plutôt pittoresque entre métal gothique ambiancé et le mélodeath furieux.

Allant de pair avec les riffs rapides et précis du death mélodique, on retrouve aussi, sur « Batavian Sundown », quelques mélodies issues du  répertoire heavy métal classique et notamment quelques riffs qui n’auraient pas terni l’œuvre d’Iron Maiden. 

S’il n’est pas vraiment aisé de juger de la qualité d’un groupe sur base d’un tout petit quart d’heure de musique, les quatre titres proposés sur « Batavian Sundown » ont en tout cas le mérite de nous avoir fait saliver et surtout de nous donner très envie d’en entendre plus.

Un groupe à suivre de près.

The Radio Dept

Clinging to a sheme

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Bien que fondé en 1995, Radio Dept ne compte à ce jour que 4 albums à son actif. Et « Clinging to a sheme » constitue le quatrième de ce trio suédois. Mêlant habilement indie pop et électro, leur musique vaporeuse est susceptible d’évoquer, tour à tour, Pale Fountains, Stereolab, Pet Shop Boys, Lightning Seeds ou encore Scritti Politti. Sur ce nouvel opus, on y décèle même des traces de dub (« Never follow suit »), de jazz (« Heaven’s on fire ») de shoegaze (le superbe « The video dept », réminiscent des Pale Saints) et même de lo-fi (« Memory loss »). Les orchestrations peuvent aussi se révéler somptueuses, luxuriantes (« David ») et, à contrario, les arrangements minimalistes (« A token of gratitude »). Légèrement ‘reverb’ la voix de Johan Duncanson chuchote des lyrics trempés dans l’angoisse existentielle ou dans la mélancolie adolescente. Un chouette album qui ne révolutionnera pas l’histoire de la musique, mais dont l’écoute agréable est très susceptible de vous rendre de bonne humeur…

 

Ratatat

LP4

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Choisir un patronyme qui claque comme celui de Ratatat suggère davantage des beats saturés façon Boys Noize que de l’électro dansante influencée tant par le rock, les musiques du monde ou le hip-hop. Ratatat, c’est d’un duo new-yorkais, réunissant le guitariste Mike Stroud et le mixeur et producteur Evan Mast. Au fil des albums, le tandem élargit sa base de fans. Et ce nouvel elpee ne devrait pas déroger à la règle. « LP4 » clôture un cycle entamé en 2008, lors de la session d’enregistrement de « LP3 », accomplie dans les studios Old Soul à New-York. Ce qui n’a pas empêché la paire de consacrer son temps libre au très lucratif hobby du remix. Une opération couronnée de succès qui leur a permis de revisiter des morceaux des stars du hip-hop US comme ceux de Kid Cudi (dont l’imparable single « Pursuit of Happiness »), Jay-Z ou Kanye West.

Sur le très réussi « LP4 » l’évolution est très subtile. Les compos sont cependant plus étranges et aventureuses que sur les précédents long playings. Mike et Evan osent, par exemple, enrichir le magnifique « Drugs », de cordes. Une compo pourtant taillée dans le rock. Mais surtout un hit potentiel, toutes guitares dehors. « Bob Gandhi » et « Mahalo » baignent dans une certaine forme d’exotisme. Le premier morceau varie constamment les atmosphères et permet à ces sorciers de l’électro de laisser libre cours à leur imagination. Le second trempe au cœur d’une certaine quiétude. Hip-hop shoegaze pour « Billar », beats bossa nova chez « Party With Children » et guitares stellaires tout au long de « Sunblocks » complètent ce tableau particulièrement riche. Les interludes spoken word ne sont pas superflus. Et pour cause, ils sont soit samplés du film ‘Stoszek’ de Werner Herzog –lorsque le personnage principal évoque ses claviers– et d’une interview de l’ancienne star de cinéma Linda Manz, réalisée par Evan Mast himself (elle a entre autres joué dans le très beau film ‘Days of Heaven’ de Terrence Mallick).

Mike et Evan sont sans doute de doux rêveurs. Qu’importe ! D’abord ils sont nés bien avant Justice, Digistalism et consorts. Et puis, dans la jungle de l’électro, Ratatat est devenu une valeur incontournable. Une chose est sure « LP4 » est digne digne du Daft Punk de la grande époque. Idéal pour les festivals !

Stornoway

Beachcomber’s Windowsill

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Stornoway est un nom bien écossais pour un groupe bien anglais (NDR : le premier affront est fait). Le quatuor nous vient d’Oxford (non, pas Radiohead, n’y pensez même pas) et a signé en mars dernier chez 4AD pour un premier opus qui promet de raviver la scène rock/pop britannique réellement indie.

« Beachcomber’s Windowsill » incarne l’hétéroclisme : en quelques mesures seulement, on se trompe trois fois en croyant cerner le genre –encore une petite bulle pop à la Vampire Weekend ?– ah non, voilà des chœurs substantiels qui apparaissent furtivement pour nous laisser coi, puis une trompette (les cuivres sont remis au –bon– goût du jour depuis peu, même dans le monde de la légèreté !) et oh, une harmonie jazzy esseulée mais manifeste, modulations surprises ci et là qui cassent ainsi la rigidité structurelle. L’album continue en ballades plus folk que rock, en un air quasi pastoral (l’orgue électrique sur « Fuel up »). Ensuite, l’apogée du disque, déjà, le magnifique « The Coldharbour Road », qui, avec son début brumeux ‘triolique’ violon-piano-voix railleuse dont la douceur rappellera Gomez, entre en rythme après un couplet pour s’élancer dans des rêves vaporeux plus consistants. On se dit que Brian Briggs, Jon Ouin, Oliver et Robert Steadman en sont à leur comble compositionnel… mais l’on se méprend à nouveau : dans un autre registre « Boats and Trains » offre aussi une émulation absorbante, tout en progression comme chaque piste de ce 11 titres. Etrangement, aucun de ces deux morceaux n’est l’un des trois singles déjà publiés. L’elpee passe ensuite à du country minimaliste aux arrangements scintillants comparables aux Dodos (« We Are the Battery Human », « On The Rocks ») et semble malheureusement s’évanouir sans nous rassasier entièrement.

Que l’on pense aux instruments légèrement cahoteux de Brendon Benson à ses débuts ou aux battements chaotiques de Blur (« Watching Birds »), Stornoway offre un mélange agréablement bringuebalant mais pas mal ficelé, où chaque piste évolue de manière complètement inattendue et où chaque ornement jazzy ne tombe jamais dans le funk lourd. De la légèreté, il y en a, mais l’excès nuit à tout… Néanmoins, l’album –qui a atteint la 14ème place des charts britanniques dès sa sortie– attisera la curiosité et ses jeunes membres méritent qu’on attende leur prochaine publication.

Too Tangled

The Magic Got Killed

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Issu de la scène gantoise, Too Tangled se forme déjà dans les années 80s et continue de créer sa musique en parallèle aux aléas de la relation particulière que le duo entretient. Roeland Vandemoortele et sa ‘partenaire de crime’ Eva Buytaert se racontent, se confrontent dans une confession musicale dont les paroles figurent dans les lettres qu’ils se seraient écrites. Leurs deux voix entremêlées se diapasonnent entre chuchotements, mélodies et chœurs, toujours empreintes de sentiments vécus. Le duo fille-garçon et leur son rock garage énervé nous fera retomber sur The Kills et, une demi-génération en moins, les Blood Red Shoes, également pour leurs dialogues vocaux astucieusement ficelés.

Certaines plages de leur premier elpee offrent certainement un potentiel radiographique, telles que « On the Edge of a Scene » et « F.R.A.N.T.I.C », qui ouvrent l’album, ainsi que « Get On The Rush » et « Give It Back ». A cause de leurs couplets aux riffs accrocheurs et leurs refrains plus harmoniques. D’autres pistes présentent une dimension dramatique (« Meet Me On The Corner »), plus d’insouciance aussi (« Heaven Is Hell ») ou encore des touches bluesy à la Dandy Warhols (« Big Band »). La plage titulaire qui clôture l’album suggère une fin amère et désabusée sur fond acoustique plus lent que le reste.

Entre amour et haine, scènes de ménage et provocation sexuelle, « The Magic Got Killed » présente un son acéré et gentiment déjanté teinté d’une certaine noirceur analogique aux méandres de la relation compliquée des protagonistes, incarnations des deux pôles négatifs et positifs qui s’attirent et se repoussent pour produire un son galvanisant.

Butch Walker

I Liked You Better When You Had No Heart

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Butch Walker est une véritable bête de somme ; car bien que menant une carrière solo, il est surtout connu pour ses nombreux travaux de production opérés auprès du gratin hollywoodien. Avant de faire son trou à Los Angeles, le natif de Géorgie officiait de plus au sein du groupe de métal SouthGang. Il a ensuit sévi comme guitariste chez les mythiques Marvelous 3, mais aussi The Floyds. Si ces patronymes ne vous disent rien, prenez néanmoins le temps de jeter un œil sur la liste des artistes pour le compte desquels il a ensuite signé des hits à la pelle : Avril Lavigne, Sevendust, Hot Hot Heat, Pete Yorn, Fall Out Boy, Weezer, The Donnas, Lindsay Lohan, Katy Perry, Plastiscines et Pink ! Certains l’auront d’ailleurs vu aux côtés de cette dernière lors de son invraisemblable show, accordé au Main Square Festival d’Arras, début juillet. Véritable star de la production en Californie, il est donc impliqué dans une multitude de projets et possède ses entrées dans le tout Hollywood ; il loue d’ailleurs la maison de Flea des Red Hot Chili Peppers, à Malibu !

Et en dehors de ces considérations hollywoodiennes me direz-vous ? Butch Walker a entamé son aventure individuelle en 2002 et « I Liked You Better When You Had No Heart » constitue son 5ème album. Si ses trois premiers elpees puisaient tantôt dans l’emo 90’s, le glam ou la pop, son quatrième, paru en 2007, « Sycamore Meadows, rendait un hommage à Tom Petty. Un disque sculpté dans le folk introspectif. Loin de Katy Perry et consorts, Butch Walker propose, sur ce nouvel opus, des morceaux entraînants et inspirés. Au menu : country rock, pop (« She Likes Hair Bands » et « House of Cards ») et ballades folk (« Trash Day » et « Stripped Down Version »). Des compos parfaitement arrangées, bien entendu (cordes, chœurs, wah-wah, échos, cloches ou sifflements), qu’il interprète d’une voix claire et maîtrisée. Bouleversant, « Don’t You Think Someone Should Take You Home » est même susceptible de vous arracher une larme… Un disque varié, agréable à écouter, qui devrait servir de référence au rock mainstream et fun. Comme quoi le succès ne pourrit pas nécessairement tout ce qu’il touche, et n’implique pas forcément la compromission…

Wovenhand

The Threshingfloor

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Le septième opus de Wovenhand est paru chez New Jerusalem Music, c’est-à-dire le label de la famille Danielson. Pas étonnant lorsqu’on sait que Daniel Smith et David E. Edwards partagent des convictions religieuses fort proches. D’ailleurs, pas de souci, les lyrics de « The Threshingfloor » invoquent toujours l’Ancien (souvent) et le Nouveau Testament (parfois) ; David continuant d’y prêcher ses idées fondamentalistes.

Le plus intéressant, procède, bien sûr de sa musique. Ses références rituelles gothiques, appalaches, il a décidé de les mettre, tour à tour, à la sauce amérindienne (NDR : tant les mélopées vocales que les rythmes tribaux), tzigane (NDR : cette flûte de berger jouée par le musicien hongrois, Peter Eri), orientale et même celtique. Et le résultat est tout à fait convaincant. Partagé en 12 fragments, dont un intermède de très brève durée (« Wheatstraw »), le tracklisting est bien équilibré, alternant compos intimistes, dépouillées, contemplatives et plus enlevées, presque rock. David y posant sa voix tantôt incantatoire, shamanique voire frénétique. Une reprise : le « Truth » de New Order, dont la version se rapproche, finalement, bien plus de l’univers de Joy Division. Et puis, en finale, un morceau plus allègre, moins ténébreux : « Denver city ». Une compo qui aurait pu figurer au répertoire de Gun Club. Quelques coups de cœur ? Le titre maître, caractérisé par des interventions judicieuses à l’oud. La splendide ballade acoustique « Singing grass », tout en picking. Le bouleversant « Orchard gate ». La ritournelle hymnique « Raise her hands ». Et enfin, l’envoûtant et très beau « Sinking hands », plage d’entrée signée Pascal Humblet.

Wovenhand se produira dans le cadre du festival de Dour, mais en compagnie d’un orchestre folklorique hongrois, le Muzsikas…

 

James Yuill

Movement In A Storm

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James Yuill à la rescousse. A l’heure où le soleil pointe enfin son nez, le grand Yuill délivre un troisième recueil aussi rafraîchissant que son précédent opus. « Turning Down Water For Air », publié dans nos contrées il y a près de deux ans, était, déjà, un petit bijou. Et ce « Movement In A Storm » ne fera qu’asseoir la réputation du chanteur en tant que valeur sûre du Folktronica. Le disque est porté par les singles « On Your Own » et « Give You Away », qui annoncent la (jolie) couleur.

Yuill ne triche pas et délivre une œuvre débordant de positivisme, aux influences electronica encore plus assumées qu’auparavant (l’énorme crescendo de « My Fears »). Il invite Rebecca Taylor (Slow Club) à pousser la chansonnette en sa compagnie sur « Give You Away » mais laisse cependant beaucoup moins de place aux chœurs féminins, omniprésents sur « Turning Down Water For Air ». Ici, Yuill se charge de tout, dans la plus pure tradition du DIY. Après tout, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Si sa discographie est, à ce jour, impeccable, c’est surtout sur scène que James Yuill se distingue. Seul derrière ses manettes, le grand gaillard balance des beats qui, sans être tapageurs, parviennent toujours à faire trembler les murs  et secouer l’assistance. Et « Movement In A Storm » ne devrait que confirmer cette tendance.

The Album Leaf

A Chorus Of Storytellers

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Jimmy LaValle, le cerveau qui se cache derrière The Album Leaf, redonne vie à ses claviers éthérés pour la cinquième fois. En 2004, il délivrait un « In A Safe Place » tout à fait impeccable. Et, probablement en recherche d’innovation, le Californien agrémentait, deux ans plus tard, son « Into The Blue Again » de morceaux chantés. Un pari dangereux lorsque l’on officie dans un genre plutôt allergique aux vocalises. Ce qui avait d’ailleurs débouché sur un LP en demi-teinte. Apparemment content de lui, Lavalle réitère l’expérience sur ce « A Chorus Of Storytellers » dont le résultat s’avère, heureusement, beaucoup plus cohérent et convaincant. Un effet positif peut-être dû au fait que, pour ce disque, The Album Leaf est devenu une véritable formation, plutôt que le projet d’un seul homme.

Jusqu’ici, Lavalle s’était toujours contenté de concocter seul ses petites recettes miracles, comptant sur l’aide occasionnelle de quelques amis, souvent originaire d’Islande. Plus précisément, des membres de Sigur Ròs, Amiina ou Mùm, pour ne citer qu’eux. Aujourd’hui, le compositeur s’entoure d’un véritable ‘live band’ et en profite pour s’échapper un peu de l’ambient, genre dans lequel il s’était enfermé. The Album Leaf se tourne désormais vers le post-rock. Et les salvateurs « Summer Fog », « Stand Still », « Until The Last », « Blank Pages » ou « Tied Knots » lui donnent tout à fait raison. Lavalle est excusé pour « Into The Blue Again », erreur de parcours manifestement salutaire, même si les parties chantées peinent encore à convaincre totalement.

Black Sabbath

Classic Albums Series – Paranoid …The Definitive Authorised Story Of The Album (Dvd)

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Il y a quelques années, Eagle Vision a eu la bonne idée de lancer la série de Dvds  ‘Classic Albums’ dont le but est d’explorer, interviews et documents d’époque à l’appui,  la genèse d’albums rock devenus classiques. Après « Machine Head » de Deep Purple, « Hysteria » de Def Leppard, « Number Of The Beast » d’Iron Maiden, « British Steel » de Judas Priest, « Metallica (Black Album) » de Metallica, « Ace Of Spades » de Motörhead et « Nevermind » de Nirvana, c’est l’histoire de « Paranoid », l’un des plus grands classiques de Black Sabbath et, sans conteste, l’un des disques les plus influents de l’histoire du métal qui nous est dévoilée.

Sorti en 1970, « Paranoid » est le second opus du légendaire combo de Birmingham. Certifié sept fois ‘Platine’ (2,1 million de copies), c’est l’un des albums métal les plus vendus de tous les temps au Royaume-Uni. L’elpee se serait appelé « War Pigs » si le label du groupe n’avait pas eu peur de l’impact négatif de ce titre aux Etats-Unis alors engagés en pleine guerre du Viêt-Nam. C’est donc « Paranoid » le titre du premier single qui sera retenu. « Paranoid » contient les titres les plus incontournables de la discographie du grand Sabbath : « Paranoid » et « War Pigs » bien sûr, mais aussi « Iron Man », « Fairies Wear Boots », « Electric Funeral », « Hands Of Doom ». Si, à l’époque, l’album est descendu par la presse, le public lui ne se trompe pas. « Paranoid » atteint la première position dans les charts anglais et la huitième aux Etats-Unis.

Interviewés tour à tour, Tony Iommi (Guitare), Ozzy Osbourne (Chant), Geezer Butler (Basse) et Bill Ward (Batterie) évoquent les débuts du groupe, leur passion pour les Beatles et le blues, le penchant de Butler pour les sciences occultes qui sera déterminant lorsqu’il faudra changer le nom original du groupe (Earth) en quelque chose de plus accrocheur : Black Sabbath. Iommi et Butler, instrument à la main, expliquent la genèse de certains riffs classiques. Fidèle à son habitude, l’ami Ozzy n’est pas avare en anecdotes amusantes. Ainsi, raconte-t-il qu’à la première écoute, le riff écrasant d’« Iron Man » lui avait fait penser à la démarche d’un ‘grand mec en fer’. Le futur classique du groupe aurait donc été baptisé « Iron Bloke » (mec en fer) avant de devenir « Iron Man ».

A celles des membres du groupe s’ajoutent les interventions de Tom Allom, alors ingénieur du son (NDR : ce dernier a été rendu célèbre par son travail de production sur une dizaine d’albums de Judas Priest). Allom, derrière les manettes de sa table de mixage, manipule les bandes originales de l’album (dont certaines sont différentes de la version définitive publiée) tout en évoquant les anecdotes de l’enregistrement. Henri Rollins (Black Flag, Rollins Band) joue le rôle du fan ultime du groupe expliquant pourquoi tel ou tel passage est génial. Pourquoi lui ? Mystère. Un musicien affilié à la scène métal aurait probablement été plus approprié.

« Classic Albums Series – Paranoid …The Definitive Authorised Story Of The Album » sort sous les formats Dvd et Blue Ray et dure approximativement 97 minutes. Ceux et celles que la langue de Shakespeare rebute pourront profiter des sous-titres en français, néerlandais, allemand, italien, portugais, japonais et espagnol.

« Paranoid » est l’une des pierres angulaires de l’histoire du heavy métal. Après lui tout sera différent. Un album de légende, tout simplement.