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Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

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Kim Wilson

Smokin' joint Volume Two

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Le premier opus live solo de Kim Wilson s’intitulait "Smokin' joint". Publié en 2001, sa pochette était illustrée par une paire de chaussures fumantes. L’album réunissait des enregistrements live opérés en deux endroits différents. Tout d’abord, au Rhythm Room (NDR : c’est à Phoenix, en Arizona), cher à Bob Corritone. Puis au Café Boogaloo d’Hermosa Beach, à deux pas de Los Angeles. Ce nouvel elpee n’a été publié qu’en tirage limité. Il a été baptisé "Smokin' joint Volume 2". Et pour cause, il immortalise la suite des sessions ‘live’ accordée au Rhythm Room. Au cours desquelles avaient participé quelques fabuleux musiciens, dont Larry Taylor, Richard Innes, Rusty Zinn et Billy Flynn.

La même paire de chaussures fumantes est reproduite sur la pochette. Kim Wilson se sent chez lui à Phoenix. Il est relax et manifeste une belle assurance. Il s’avance vers le micro et balance au public, un ‘How do you feel tonight ?’ La guitare de Rusty Zinn embraye aussitôt pour attaquer "Same old blues". Ce Blues avec un grand ‘B’, l’équipe va le célébrer pendant une bonne heure. En y manifestant de la bonne humeur tout en y répandant d’excellentes vibrations. Au cours de cette compo, la contrebasse acoustique de Larry Taylor se distingue. Kim sort de sa cartouchière un harmonica et démarre sans attendre, une assez longue introduction à "Take a little walk with me". Le tempo est paresseux. La ligne mélodique ressemble étrangement au célèbre "Sweet home Chicago". Le rythme s'accélère sensiblement lors du "Hands outa my pocket" de Sonny Boy Williamson. Un schéma que n'aurait pas renié Mr Jimmy Reed. Kim est en très grande forme. Il souffle généreusement dans son harmo et étale toute l’amplitude de son registre, face au groove dispensé par le maître percussionniste Dick Innes, le vétéran du Hollywood Fats Band. La progression rythmique s'intensifie encore. Et en particulier sur "I'm leavin' you". J’ignore si c’est Rusty ou Billy qui est responsable de la sortie de cordes, mais elle est remarquable. Un crescendo qui conjugue intensité et finesse. Changement de climat lors du "Learn to treat me right" des Fabulous Thunderbirds. A cause des sonorités trempées dans le delta du Mississippi, des accents métalliques de la guitare et des interventions à l’harmo, subtiles, brèves, mais tellement efficaces. Le Kim Wilson Blues Review met le cap sur la cité des vents (NDR : oui, oui, Chicago). A la slide, Billy Flynn jouit d’une expérience certaine. Il concède un riff cher à Elmore James avant de s'embarquer dans "Blue eyed baby". Ses interventions constituent autant de coups de griffes. Kim souffle à la manière de Sonny Boy Williamson II. Nonobstant leur prestige, les collaborateurs manifestent une cohésion stupéfiante. Ce qui n’empêche pas les solistes de prendre leur billet de sortie, à tour de rôle. Et pour cause, ils sont conscients de la capacité des autres musicos, à assurer les arrières. A l’instar de "Date bait", dont l’envol au cordes rejoint la cinquième étoile. Slow blues royal, "Please come back to me" est empreint d’une grande sensibilité. Chicago shuffle, "Born (eyesight to the) blind" est absolument superbe. Sans surprise, Kim se révèle, derechef, disciple de Sonny Boy. Excellent texas blues, "Please don't leave me" trahit un aspect T-Birds indéniable. Kim s’y sent comme un poisson dans l'eau! Bourré de swing, "I'm going home" nous embarque dans un West Coast jump, un aventure au cours de laquelle Rusty jouit de toute liberté pour mettre en exergue son propre style. Le Please don't leave" de Fats Domino nous replonge dans l’ambiance louisianaise. Un style tellement apprécié par Kim. Au cours du "Gumbo blues" de Smiley Lewis, Mr Zinn se déchaîne sur ses cordes. Que du bonheur! Les musiciens sont rappelés pour s’engager lors d’un medley final de plus de 10', au cours duquel, ils vont mêler "I hear you knockin" et "Bring it on home". Un conseil ? Précipitez vous sur le site de Bluebeat Music!   

2 Grammes

2 Grammes (Ep)

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2 Grammes est un collectif parisien fondé, il y a 3 ans, à Paris. Il nous propose aujourd’hui son premier Ep. Autoproduit, il est découpé en 5 titres. ‘2 Grammes 2 Groove’ proclame fièrement le sextet. Et on ne peut lui donner tort, tant leurs compositions incitent à se déhancher lascivement sur les rythmes hypnotiques proposés par ces mercenaires du groove. Au menu, un mélange de world, de funk (la basse), de hip hop (les claviers), de jazz voire de free jazz (les cuivres), d’électro et de rock progressif. Et à l’aide de ce cocktail improbable, le combo français est parvenu à se forger une identité unique et originale. De quoi apaiser les esprits les plus excités. Quant aux samples, ils confèrent, en outre, une dimension cinématographique à certains titres, à l’instar de « Run Sucker Run » ou encore « Dragon » (composé à la mémoire de Bruce Lee). La ligne de basse funkysante est souvent slappée. Elle est parfaitement soutenue par une rythmique technique et inventive, pendant qu’en total free style, les cuivres illuminent l’espace sonore de leur omniprésence. On a même parfois l’impression d’assister à une jam session improvisée dans une arrière-salle enfumée et obscure. C’est d’ailleurs l’endroit où Les 2 Grammes doivent faire un malheur : la scène. Pour le vérifier, faudrait donc pouvoir assister à un de leurs sets. Quand passent-ils près de chez nous (vous) ? Seulement ‘2 Grammes 2 Groove’ mais une tonne de talent ! Notons également l’excellente qualité de leur production…

 

Foghat

Last train home

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A l’instar de nombreux amateurs de blues, j’ai accroché à cette musique à l’écoute des artistes britanniques qui ont écrit de très belles pages de son histoire, il y a déjà plus de quarante ans. Je me souviens toujours d’un épisode vécu au tout début des années 70, au cours duquel après avoir poussé les portes d'une petite salle de concerts, en l’occurrence l'ICA (NDR : c’était sur le Mall, l'artère qui relie Trafalgar Square à Buckingham Palace, au cœur de Londres), j’ai recensé la présence d’une dizaine de spectateurs seulement pour applaudir ce qui était pratiquement le premier concert d'un nouveau groupe : Foghat. Trois des quatre musiciens de la dernière version du Savoy Brown (le leader Kim Simmonds ayant revu totalement sa formule) avaient été rejoints par Rod Price, guitariste issu des Black Cat Bones, groupe guère notoire issu du British Blues Boom, alors à bout de souffle. Ce remarquable concert est resté gravé dans ma mémoire. A cause du talent manifesté par le chanteur/guitariste Lonesome Dave Peverett et puis de Rod Price, une révélation à la slide! Le blues largement teinté de rock et de boogie de Foghat sonnait assez hard, à cause de son amplification. Et il allait rencontrer un très gros succès outre-Atlantique. Le combo a alors commencé à aligner album sur album. A tel point que mon intérêt pour cette formation s’est tempéré au fil du temps. Le band a vécu de nombreuses épreuves douloureuses. Atteint d’un cancer, Dave Peverett est disparu le 7 février 2000. Rod Price avait entretemps quitté le navire. Il avait été remplacé par son ami Bryan Bassett. Rod devait malheureusement perdre la vie, lors d’un accident domestique, le 22 mars 2005. Et pourtant, Foghat continue son parcours sous la direction de son batteur d'origine, Roger Earl ; car le bassiste Tone Stevens, a depuis mis également la clef sous le paillasson. Il a fondé Slowride, en s’inspirant du titre d’un hit de Foghat.

La formation nous propose aujourd’hui un elpee réunissant des canons du blues qui figuraient au répertoire de leurs débuts et même de Savoy Brown. Notez qu'elle avait déjà fait le coup en 1994, en publiant "The return of the boogie men", en compagnie du line up originel. Pour prendre ce dernier train, Roger Earl a reçu le concours du bassiste Jeff Howell (il a milité, autrefois, au sein des Outlaws et de Savoy Brown), ainsi que de Bryan Bassett (NDR : un ex-Molly Hatchett) et Charlie Huhn aux guitares. Charlie en est aussi le chanteur.

Dès les premiers accords de "Born for the road", ça cogne sec. Un hard rockin' blues tout en puissance signé Bassett. Charlie chante à la manière du regretté Lonesome Dave. Les guitares écrasent tout sur leur passage ; et pourtant en fin de plage, le climat s'adoucit quelques peu. En l’occurrence lors de l’intervention au piano de Colin Earl. Invité pour la circonstance, cet ex-Mungo Jerry et King Earl Boogie Band est également le frère de Roger. Foghat reprend alors "Needle & spoon", l'un des meilleurs titres de Savoy Brown que chantait remarquablement Chris Youlden. Cette cover est de très bonne facture. Affolante, la guitare s'inspire du jeu de Kim Simmonds. Foghat attaque le "So many roads" du répertoire d'Otis Rush. Slow blues par excellence, ce titre était particulièrement populaire lors du british blues boom. Une bonne version au cours de laquelle le gratteur de service pète la forme et Earl, préposé au piano, est bien présent. Et ne boudons pas notre plaisir, le résultat est excellent ! Tout comme le titre maître. Du Foghat pur et dur, au cours duquel Bassett se montre très généreux sur sa slide. Il garde le bottleneck au doigt pour aborder le canon d'Elmore James, "Shake your moneymaker". Une reprise très généreuse, semblable à celle du Fleetwood Mac de Jeremy Spencer et Peter Green. Notons également la présence d’un autre invité : Lefty ‘Sugar lips’ Lefkowitz. Drummer de Carolyn Wonderland, il est venu souffler dans son harmo. Superbe blues lent, "It hurts me too" est issu du répertoire de Mr James. Le "Feel so bad" de Chuck Willis figure dans le leur depuis fort longtemps. Ce qui explique la présence de ce morceau sur cet elpee. Une plage caractérisée par une chouette joute entre les deux sixcordistes. "Louisiana blues" est un classique issu de la plume de Muddy Waters. Leur version lorgne vers le Savoy Brown de la fin des sixties. Furieux, "495 boogie" est un boogie qui met en exergue les invités, Colin Earl et Lefty Lefkowitz. Un medley entre le traditionnel "Rollin' & tumblin" et le "You need love" de Willie Dixon est mijoté à la sauce Foghat. La surprise a été réservée en fin d'album. Débarque alors en studio le vieux bluesman de Detroit, Eddie Kirkland. Cet ancien compagnon de John Lee Hooker est aujourd’hui âgé de 86 ans. Eddie chante et joue de la guitare sur deux de ses compositions : "In my drreams" et "Good good day". Le changement de décor sonore est radical. Le rockin' blues a cédé le relais à du blues tout à fait conventionnel et plutôt sérieux. Perso, j'aime beaucoup ce disque…

Léo (88man)

Speaking Parts From The Blazing Rows

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En argot, le mot ‘88man’ signifie ‘pianiste’. Précision, c’est dans le milieu du jazz américain. En fait, il renvoie aux 88 touches en ivoire du clavier. On ne voit cependant pas trop pourquoi ce trio issu du Nord-Pas-de-Calais a choisi ce patronyme. En 2007, leur précédent opus, « Million Silly Answers », avait reçu des échos favorables au sein de la presse hexagonale. Les Inrockuptibles l’avait même considéré comme un des meilleurs albums de l’année.

« Speaking Parts From The Blazing Rows » est scindé en deux volets, à l’instar d’un vinyle. La première partie propose cinq morceaux plus acoustiques, caractérisés par la délicatesse et la subtilité des arrangements de cordes. Des compos folk rock qui baignent au sein d’un univers sonore réminiscent de Bill Callahan (Smog) voire de Lambchop, et qui fleure bon les plaines américaines.

Plus électrique, la seconde partie lorgne plutôt vers Giant Sand. Des morceaux chaleureux, intemporels autant que savoureux.

Pour enregistrer leur troisième elpee, Leo (88man) a reçu le concours d’une belle liste d’invités, parmi lesquels on épinglera le batteur Peter Marolleau (NDR : issu du groupe nantais Fordamage), la chanteuse Chiara Locardi (de l’Enfance Rouge), Laetitia Sheriff, Tall Paul Grundy ou encore Philip Tessier. Que du beau monde !

En constante évolution, la formation française se pose en sérieux concurrent pour ses propres références. En outre, elle mériterait de récolter le fruit d’un travail de longue haleine et acharné.

Leo(88man) assurera la première partie de Junip (nouveau projet de José Gonzalez) le 1er octobre, au Grand Mix de Tourcoing.

 

Nervous Nellie

Why Dawn Is Called Mourning

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Nerveux, les Nervous Nellie ont assurément le droit de l’être ! Comment, en effet, ne pas le devenir lorsqu’on compose des morceaux d’une telle qualité sans rencontrer le moindre succès. En outre, impossible de trouver le moindre article du groupe suédois sur le net, en dépit de leurs tournées quasi-ininterrompues accomplies depuis 2004. Pourtant, leur nouvelle plaque, « Why Dawn Is Called Mourning », ne manque pas d’allure…

Les fratries Johnsons (les barbus) et Johanssons (les non-barbus) se sont réunies pour fonder un quatuor. Bien qu’issu de l’île suédoise de Riddarholmen, il réside aujourd’hui dans le quartier très hype de SoFo à Stockhölm, en compagnie d’une multitude d’autres formations ‘Made in Sweden’ telles que Mando Diao, Lykke Li, Shot Out Louds ou Peter, Björn & John.

Leur onze nouveaux morceaux sont de véritables petits hymnes country-pop-folk qui, espérons-le, devraient leur permettre de se forger une certaine notoriété à travers le monde. Proche de celle de James Walsh des Starsailor, la voix éraillée et lyrique d’Henrik Johnsons booste littéralement certains titres comme « Final Day » ou « Long As Can Be ». Sous ses aspects classiques, la musique des Nervous Nellie évoque un Kings Of Leon qui aurait remisé ses ambitions ‘mainstream’ au placard. Sur ce 3ème opus les Suédois pratiquent une musique alternative d’excellente facture, à l’instar d’une multitude d’artistes scandinaves contemporains. Déchirés entre tristesse et bonne humeur, les Nervous Nellie n’ont pas la prétention de révolutionner l’univers de la musique, mais revisitent élégamment la scène yankee des 90’s. En particulier Whiskytown voire Dinosaur Jr. Mais en plus pop. Pas étonnant lorsqu’on sait que les frères Johnsons sont nés à Chicago…

Gary Primich

Gary, Indiana

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Au cours des années 80 et 90, Gary Primich a régulièrement tourné au sein des pays scandinaves : la Finlande, la Norvège, la Suède et le Danemark. Il a écumé les clubs et les scènes des grands festivals. Il s’y est d’abord illustré flanqué de son groupe, les Mannish Boys, puis en solo. Au cours de ces périples, il s’est produit en compagnie d’une multitude de formations locales. Auprès desquelles il a cependant dû s’adapter. En 1991, il rejoint le Honey B & The T-Bones (NDR : il s’est d’ailleurs, lié d'amitié au guitariste Esa Kuloniemi ; un personnage qui anime également une émission de blues, à la radio, dans son pays), et participe à la confection de l'album "Maantiekiitäjät". Par la suite, il s’est impliqué régulièrement auprès d’un autre combo du cru notoire : le Wentus Blues Band.

Le label finnois Blue North et la Finnish Blues Society viennent de prendre une excellente initiative : publier cet album hommage en y incluant de nombreuses plages inédites. La composition d’entrée et le final sont signés Kuloniemi. Elles ont été immortalisées en studio, dès 2006. Soit "The hitman", auquel collabore le chanteur rap Jimmie Lawson et "Gary, Indiana", une compo pas vraiment blues, plutôt étrange, flirtant avec la programmation électronique. Esa se charge des guitares, Gary, de l'harmo bien entendu, et Timo Hietala, des claviers.

La bonne surprise nous vient de son épisode vécu chez le Wentus Blues Band. On y recense sept titres étalés sur près de 40'. Ils ont été accordés au Cantina West de Helsinki, le 1er mars 2002. Originaire de Kokkola (NDR : c’est au beau milieu de la Finlande), le Wentus BB est drivé par Niko Riippa et Kim Vikman. La formation est née en 1986 et compte sept elpees à son actif. Lors de leur cinquième, "Family album", publié en 2004, elle avait reçu le concours de toute une série d’invités prestigieux, dont Kim Wilson, Omar Dykes, Gary Primich déjà, Carey Bell, Louisiana Red et Eddie Kirkland. Pour leur sixième, "Live in Helsinki", gravé l'année suivante, Phil Guy s’était improvisé frontman. Et sur leur dernier, "Family meeting" (NDR : encore un live !), la liste de guests épinglait notamment Omar Dykes, Kim Wilson et Mick Taylor.

Mais revenons à son aventure vécue auprès du WBB. Gary est au sommet de son art. Sa cover du "Hillbilly blues" d'Eddie Clearwater est nerveuse. Les musiciens du Wentus sont excellents. Sa version du "Sadie" de Hound Dog Taylor est superbe. Elle est imprimée sur le tempo du "Help me" de Sonny Boy Williamson et en emprunte même le riff. Le style de Gary est authentique, raffiné, très personnel. Il agrège blues, rock, country. Son interprétation est bouleversante. Sa voix harmonieuse. Et il le démontre à nouveau sur le pur rock’n’roll "Down the road I go", une compo issue de la plume de Smiley Lewis. Le "Real gone lover" de Dave Bartholomew trempe dans le swing louisianais. Les gratteurs s’y révèlent en pleine démonstration. Gary visite toujours la Louisiane lorsqu’il aborde le "Think it over" de Joe Barry, un swamp blues indolent. Si "Goodbye little girl" se révèle d’excellente facture, son "Company man" constitue certainement sa meilleure composition. Saluons cette excellente initiative prise par Blue North de nous réserver une telle tranche de concert.

Les quatre plages suivantes sont extraites de "Mantiekiitäjät", dont question dans le premier paragraphe. Honey B and the T-Bones est un combo piloté par la chanteuse/bassiste Aija ‘Honey B’ Puurtinen et Mr Kuloniemi. De cet elpee ont été extraits le "Hustler" de John Juke Logan, "The girl that radiates that charm" (NDR : une compo souvent reprise au cours des dernières années), "Number nine train" et un medley accordé en ‘live’ à Helsinki, en 1991 : "Been around the world"/"My back scratcher". C'est dingue comme cet assemblage sonne plus texan que nature, parfois même très très T-Birds ! Un bel hommage rendu à Primich. Rest in peace, Gary!

 

Tad Robinson

Back in style

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Originaire de New York City, Tad est compositeur/chanteur/harmoniciste. Outre-Atlantique, sa voix est considérée comme un petit bijou national. Otis Clay, l'un des seigneurs du soul blues a déclaré qu'à sa mort, il aurait sa place réservée au paradis de la soul! Il y a longtemps qu’il sévit sur la scène de Chicago. Ses débuts, il les a accomplis au sein de la formation blues rock, Big Shoulders. Chez Dave Specter and The Bluebirds, il en est le frontman. Et participe à la confection de leur elpee, "Blueplicity". Tad est ensuite signé par le célèbre label local Delmark. En 1995, il grave "One to infinity" puis "Live in Europe", en compagnie du guitariste Dave Specter. Il publie "Last go round" en 1998. Avant de rejoindre l’écurie Severn, où il sévit toujours. Depuis, il a souvent fait équipe avec Alex Schultz (NDR : issu de la West Coast, ce guitariste notoire a milité chez le William Clarke Band et les Mighty Flyers), et notamment en 2005, lors de la confection de "Think about it", de ce partenaire. En solo, il est également responsable de "Did you ever wonder", paru en 2004 et "A new point of view", en 2007. Il a été nominé à plusieurs reprises comme artiste ou pour l’album de soul blues de l'année. On le compare souvent à d'autres blancs du style ; et en particulier Darrell Nulisch ainsi que Curtis Salgado.

A 54 balais, il nous revient donc pour un nouvel opus. Il est soutenu par son équipe de base : le bassiste Steve Gomes, le drummer Robb Stupka, le claviériste Kevin Anker et son grand ami Alex Schultz, à la guitare. De nombreux invités se sont joints à la fête. Notamment des cuivres et des choristes.

"Rained all night" nous entraîne au cœur d’un univers empreint de douceur et de passion. Une compo à la jolie mélodie issue de la plume de son bassiste Gomes. Face à l'orgue Hammond d'Anker et les cordes discrètes d'Alex, la voix de Tad est bien mise en exergue. "Full attention blues" constitue la plage qui me botte le plus. C’est aussi certainement la plus spécifiquement blues. Une plage introduite par l'harmonica de Tad (NDR : il ne faut pas oublier qu’il est également un souffleur raffiné, citant volontiers Big Walter Horton, Sonny Boy Williamson, Junior Wells et James Cotton, parmi ses références). Alex lui donne la réplique et se réserve une sortie parcimonieuse aux cordes. Exquis ! La plus belle mélodie est incontestablement rencontrée tout au long de la reprise du "You name it I've had it" de Clarence Shields. La voix est pure, lumineuse. Les chœurs féminins et le front de cuivres lui donnent la réplique. La tonalité grave de l'orgue ne fait que souligner la richesse et la profondeur de la voix. Les jolies ballades soul se succèdent : "On and on", "I'm in good", "Just out of my reach", au cours duquel Mr Schultz se révèle très économe mais tellement efficace à la gratte, ainsi que "Half smile", caractérisé par ses chœurs féminins. Benji Porecki se consacre à l’orgue Hammond tout au long de "Sunday morning woman", et il tire parfaitement son épingle du jeu pendant qu’Alex et Dan Hovey (NDR : le leader du groupe de blues psychédélique GHZ) se partagent les cordes. Un feeling que l’on retrouve lors de la finale, "Get back in love". "Turn to the music" véhicule des tonalités jazz bien ciselées. Les cuivres sont à l'avant-plan. Kevin Anker manifeste une grande versatilité sur les touches de son piano électrique Fender Rhodes. Je recommande chaudement cet album aux amateurs de soul blues.   

 

The Sadies

Darker Circles

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C’est vrai qu’ils ont le droit de faire la gueule les Sadies. Il y a maintenant plus de 10 ans qu’ils sont confinés à leur Canada natal ; sans grand espoir de pouvoir un jour traverser l’Atlantique… Et pourtant Dallas Good, Travis Good, Sean Dean et Mike Belitsky sont des musiciens doués et chevronnés. D’ailleurs, il leur arrive même parfois d’épauler Neko Case, John Doe ou Blue Rodeo. Ils tournent également en compagnie d’Heavy Trash (le groupe de l’énervé John Spencer) sous le patronyme de Heavy Trash and The Sadies. Les deux groupes terminent chacun de leur set ensemble, sur scène, lors d’un final endiablé. Un programme on ne peut plus rock’n’roll…

The Sadies affichent une classe innée à l’instar de leur pose ‘Al Capone’ affichée sur la pochette de leur nouvel album « Darker Circle ». Les 4 musicos s’amusent constamment à réécrire le passé. Et, rétro, leur musique l’est aussi assurément… Un nouveau coup d’œil à la pochette, décidément riche en enseignements, le prouve. Mais il serait dommage pour autant de s’arrêter à cette constatation esthétique qui limiterait les Sadies à un simple groupe de reprises sixties. Car, chez les frères Good, le ton est à la fois sombre, psyché et progressif. La réverb’ est omniprésente et confère une noirceur bienvenue (!) à leur country venue d’outre-tombe. Du western gothique qui pourrait faire une magnifique bande son à ‘There Will Be Blood’ de Paul Thomas Anderson… On a même parfois l’impression d’entendre jouer du Pink Floyd à la mandoline ! Et la country déviante de ces tristes sires devient carrément hypnotique sur certains titres ténébreux comme « Cut Corners » ou « Postcards ». Finalement, il ne manque qu’un zeste de mélodie aux compos de cette œuvre intemporelle, mais cohérente de bout en bout, pour permettre aux Sadies de prendre la place des Band of Horses.

           

Stijn

Ten Danz

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Six ans plus tôt, Stijn nous balançait le très funky « Euphoric ». A cet instant, Stijn ne se doutait sans doute pas encore, qu’il deviendrait une valeur sûre du paysage électro en Belgique. Aujourd’hui, grâce à son nouvel opus « Ten Danz », il s’impose en véritable roi du funk. Et son single « Password », digne d’une production à la The Neptunes, en est la plus belle illustration. Stijn Vandeputte (NDR : c’est son vrai nom !) vient de pondre un opus riche en production et en beats percutants. Chez lui, le groove est inné et il le communique volontiers à son auditoire. Ses morceaux son brefs et incisifs, mais gorgés de testostérone. Un peu dans l’esprit de Prince (NDR : clin d’œil aux nostalgiques du kid de Minneapolis). D’accord, pas encore au point de s’y mesurer (NDR : faut pas rêver quand même), mais en laissant son spectre hanter l’excellent « Booty ». A l’instar de Calvin Harris, le Flamand se pose en fervent défenseur des beats 80’s et des sons claviers cheaps. Et « Funkafy » corrobore ce point de vue. Dans l’ensemble, toutes les compos pètent le feu, et lorsqu’elles ne sont pas sculptées dans le funk, elles embrassent, vu le concours du rappeur Faberyayo, une forme de hip hop électro fringante. Classe ! Mais la pépite de l’elpee revient à « BID » (NDR : soit « Back In Detroit »), un track qui explose tout sur son passage. A cause des beats techno ultra racés, et puis des synthés made in Detroit qui règnent en maître !

La réussite de Stijn est insolente. Tout ce qu’il entreprend, il le réussit. Et ce « Ten Danz » en est la parfaite démonstration…

Various Artists

DJ-Kicks : Kode9

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Last but not least ! Pour célébrer son 15ème anniversaire, l’écurie !K7 a donc décidé de publier son dernier DJ-Kicks. Et une nouvelle fois, elle a tapé dans le mille. D’autant plus que cette plaque vous permettra de danser jusqu’au terme de vos vacances. Kode9 constitue donc l’ultime volet de la trilogie (NDR : elle fait suite à celles consacrées à Juan Maclean et James Holden). De quoi satisfaire pleinement les aficionados de dubstep, dancehall, grime et consorts. Véritable fer de lance du mouvement, Kode9 aka Steve Goodman est un puriste dans son style. Un homme de l’ombre qui milite dans l’underground. L’Ecossais remonte rarement à la surface, mais quand il le fait, en général, ça bouge et ça fait mal ! Fondateur du label Hyperdub, ce docteur en philosophie (NDR : il vient de publier un bouquin traitant de l’incidence des vibrations sur le comportement humain) possède donc plusieurs cordes à son arc. Et décoche donc, sur ce long playing, 31 flèches âpres et exotiques pour conclure cette série de DJ-Kicks ! N’y allons pas par quatre chemins, Kode9 a des couilles et ça s’entend ! Nous avions déjà pu nous faire une petite idée de son talent sur l’une ou l’autre compile dubstep éditée chez Souljazz Records (« Box Of Dub » et « Steppas’ Delight »), mais pour la circonstance, il nous éclabousse de toute sa classe en mixant des titres cannibalesques et purement dancefloor ! On est d’ailleurs ici très loin de l’électro érudite d’un James Holden ou même d’une house racée de Juan Maclean ! Ici les BPM sont poussés à l’extrême limite, et les vibrations de basses redoutables (NDR : bonjour les tympans !) Depuis le dynamique et épicé « Once In A While » de Lone au dub mystique « You don’t Wash (Dub) », signé Kode9 himself, la fête s’annonce chaude et le déo inefficace ! Le mix est un vrai régal ! Pour les oreilles, mais également pour le corps. Pas le temps de récupérer, vous serez à genoux, après 1h30 de musique musclée, ténébreuse et parfois angoissante ! Un classique dubstep à ne manquer sous aucun prétexte !

 

Various Artists

DJ-Kicks : James Holden

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La série DJ-Kicks est une machine qui ne s’arrête plus. Les circuits encore brûlants qui alimentaient l’excellent mix de Juan MacLean, dispensé il y a quelques mois, ne risquent pas de se refroidir de sitôt. Et pour cause, c’est désormais au tour de l’Anglais James Holden, patron de l’écurie Border Community, d’imprimer sa marque de fabrique sur ce second DJ-Kicks, célébrant le 15ème anniversaire de ces prestigieuses compilations.

Après avoir savouré le fabuleux mix de MacLean, le set proposé sur ce recueil est complètement atypique et évolue très loin des envolées ‘house’ proposées par le Newyorkais, sur la précédente galette. James Holden perçoit la musique sous un angle différent. Plus technique. A contrario de son illustre prédécesseur. Ce qui peut parfois provoquer la prise de tête. Néanmoins, la qualité est bien présente. D’ailleurs, James Holden est loin d’être le dernier venu. Responsable d’enchaînements brillants, mais parfois à contre-courant, le Briton n’adopte pas un style musical bien défini. Ni techno, ni house, ni minimal. En bref, difficilement discernable. Pourtant chez lui tout semble si simple et spontané. Le DJ se fend d’un mix riche, varié, ouvert aux découvertes. De la plaque, j’épinglerai « The Sun Smells Too Loud (Holden Remix) » de Mogwai, l’excellent « Lemon Yoghourt » de Caribou ou encore, le très surprenant, « No More Sages » de Maserati. Néanmoins, Holden parvient à éviter le piège de l’uniformisation en enchaînant des morceaux électro langoureux tels que le « Rauch (Luke Abbott Remix) » de Mit ou encore le splendide « Never Fail (Vocal) » de Lukas Nystrand. En véritable équilibriste, James Holden vient de concocter un DJ-Kicks plus qu’essentiel ! Impressionnant !

 

Une famille en or.

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Sous le patronyme de Family of the Year se cache une sorte de famille musicale recomposée… Influencée par Fleetwood Mac, Fleet Foxes et les Beach Boys, la tribu est responsable de mélodies dominées par des harmonies vocales. Tant féminines que masculines. Cette joyeuse famille américaine jongle entre les hymnes folk, les ballades mélancoliques balisées par le piano et s’invite même sur les plates bandes électro-pop de MGMT. L’Ep « Here Is The Sun » sera disponible dès le 6 septembre en digital tandis que le 1er  album « Songbook » sortira le 25 octobre.

Une tournée française est prévue pour fin 2010.

 

Les Wild Shades en Studio

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Les Wild Shades rentrent en studio pour enregistrer leur 2ème Ep. Il s’intitulera « The Omega River ». Découpé en 5 nouveaux titres, il devrait évoluer au sein d’un style totalement différent de celui qui avait prévalu sur leur 1er Ep, « Underground Sanity ». D’ici peu, des vidéos consacrées aux sessions de l'enregistrement devraient être disponibles sur leur Myspace

Tracklisting :

1- Ishtar Terra
2- Magnus Overdrive
3- Chained

4- New Beginning
5- Shapes & Hyperion

 

Go ! Raymond Go !

Écrit par

The Slugz est un groupe de pop/punk français considéré, sur MySpace, comme le numéro 1 des artistes pop-punk français. Le groupe enregistre pour l’instant son premier album. Pour faire patienter ses fans, The Slugz offre un titre en réaction à l’attitude des bleus lors de la dernière Coupe du monde de Football : « Go ! Raymond Go ! »

http://www.youtube.com/watch?v=YukBoq8wn6E
http://www.dailymotion.com/video/xdyok7_the-slugz-foot-light-768k
http://www.vimeo.com/13181027
http://www.myspace.com/theslugzmusic

Rated R, version 2010

Écrit par
Les Queens Of The Stone Age, qui seront sur les planches du Pukkelpop le mois prochain, publieront une version ‘deluxe’ de leur classique incontournable « Rated R ». Celle-ci sera disponible à partir du 3 août et contiendra, outre le CD original (remasterisé ?), un CD bonus avec inédits, live et autres faces B.

Tracklist du 2eme CD :

01. Ode To Clarissa
02. You're So Vague
03. Never Say Never (reprise de Romeo Void)
04. Who’ll Be The Next In Line (reprise des Kinks)
05. Born To Hula (New Version)
06. Monsters In The Parasol (Live From Seattle)
07. Feel Good Hit Of The Summer (Live at Reading 2000)
08. Regular John
09. Avon
10 Quick and To The Pointless (Live at Reading 2000)
11. Better Living Through Chemistry (Live at Reading 2000)
12. Ode To Clarissa (Live at Reading 2000)
13. The Lost Art Of Keeping A Secret (Live at Reading 2000)
14. You Can’t Quit Me Baby
15. Millionaire

Ray Lamontagne et les parias

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Ray LaMontagne publiera son 4eme album le 17 août. Il y sera accompagné de son nouveau groupe, The Pariah Dogs et se retrouve pour la première fois derrière les manettes également. « God Willin’ & The Creek Won’t Rise » sera précédé du single « Beg, Steal Or Borrow »

Tracklist :

Repo Man
New York City’s Killing Me
God Willin’ & The Creek Don’t Rise
Beg Steal Or Borrow
Are We Really Through
This Love Is Over
Old Before Your Time
Fot The Summer
Like Rock and Roll & Radio
The Devil’s In The Jukebox

Le 2e langage du corps de Robyn

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Le 6 septembre, Robyn publiera « Body Talk, Part 2 », deuxième volet d’une trilogie dont la première partie est dans les bacs depuis le mois de juin et la dernière devrait paraître d’ici la fin de l’année. Le disque contiendra 8 morceau dont une collaboration avec Snoop Dogg. Aux manettes, on retrouve entre autres Diplo et Kleerup. Le premier single a en être extrait sera « Hang with Me ».

Tracklist :

In My Eyes
Include Me Out
Hang With Me
Love Kills
We Dance to the Beat
Criminal Intent
U Should Know Better (featuring Snoop Dogg)
Indestructible (acoustic version)

Azure Ray : le retour !!!

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Après pas moins de sept années de hiatus, Maria Taylor et Orenda Fink mettent leurs projets solos de côté pour se consacrer (enfin) à nouveau à Azure Ray. Le duo publiera son très attendu quatrième album le 14 septembre. Il s’intitulera « Drawing Down The Moon ».

Tracklist :

Wake Up, Sleepyhead
Don’t Leave My Mind
In the Fog
Larraine
On and On Again
Make Your Heart
Silver Sorrow
Signs in the Leaves
Love and Permanence
Shouldn’t Have Loved
Dancing Ghosts
Walking in Circles

Deerhunter, 3e du nom

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Peu de temps après le « Logos » d’Atlas Sound, l’infatigable Bradford Cox se remet au travail, cette fois pour le 3e ouvrage de Deerhunter. Intitulé « Halcyon Digest », il sera dispo le 28 septembre. Le premier single sera « Revival ». En face B, l’inédit « Primitive 3D », qui n’apparaîtra pas dans l’album.

Tracklist :

01 Earthquake
02 Don't Cry
03 Revival
04 Sailing
05 Memory Boy
06 Desire Lines 
07 Basement Scene
08 Helicopter
09 Fountain Stairs
10 Coronado
11 He Would Have Laughed

Mercury Prize 2010: les nominés

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Les nominés du prestigieux Mercury Prize, qui récompense l’album britannique le plus innovateur de l’année, viennent d’être annoncés.

En lice :

Biffy Clyro: Only Revolutions
Corinne Bailey Rae: The Sea
Dizzee Rascal: Tongue N' Cheek
Foals: Total Life Forever
I Am Kloot: Sky at Night
Kit Downes Trio: Golden
Laura Marling: I Speak Because I Can
Mumford & Sons: Sigh No More
Paul Weller: Wake Up the Nation
The XX: xx
Villagers: Becoming a Jackal
Wild Beasts: Two Dancers

Le gagnant et successeur de Speech Debelle (« Speech Therapy ») sera annoncé le 7 septembre et remportera une coquette somme à investir sur le prochain disque. Et il est de notoriété publique, depuis quelques années, que ce ne sont pas forcément les favoris qui remportent la timbale… Le suspense reste entier.

Mityx

Muses are No More

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Cet opus, on a l’impression de l’avoir déjà entendu… lors de nos années lycée, dans le garage de potes qui répétaient tous les samedis du Metallica et s’essayaient à la création pendant de longues mesures ininterrompues (NDR : professionnalisme en plus, et émotions adolescentes arrivées à maturité). C’est en 2007, à Bayonne, que le projet Mityx prend son envol lorsque Martin (chant/guitare) rejoint Damien (multi-instrumentaliste). Leurs facultés respectives se compléteront pour offrir un rock sombre et lyrique.

« Muses are no more » constitue leur premier album. Il fait suite à la publication de quelques Eps. Son titre est désenchanteur. Sorti en 2009, il est disponible uniquement en format numérique sur des plateformes en ligne (notamment pepita.fr qui a participé à leur lancement). Les premiers accords nostalgiques offrent le ton général qui règne sur le reste du disque et, malgré le rythme acéré du début, l’album ne décolle pas comme on pourrait espérer. Telle n’est pas non plus l’intention des deux protagonistes, qui préfèrent miser sur les ambiances ténébreuses, tout en lancination, plutôt que sur le rock brut et énervé. Les nombreuses longueurs octroient aux 12 titres lenteur et lourdeur –que les férus du style savoureront– comme chez Dinosaur Jr en live, par exemple. Les morceaux planants soulignent les émotions, mais tentent à s’égarer aussi…

Si l’on déplore le léger accent français du chanteur, que l’on critiquait chez Mud Flow, on épinglera les affinités entre sa voix et celle de Dave Gahan –un coffre qui s’impose, donc– autant dans les intonations que dans la création des mélodies, le tout enrichi de quelques reflets d’Interpol et, un peu plus loin, des Killers ou de Franz Ferdinand. Soutenues par une batterie solide, les guitares sentent la recherche de riffs distordus indépendants à la Johnny Greenwood (« Boarding Time », qui trahit une certaine résonnance avec « OK Computer »), agréablement rétro, ainsi qu’une atmosphère qui rappelle Ghinzu (notamment le clavier sur « Capharnaum ») et se révèle propice à d’éventuels singles (« PFP », « Riot Under The Storm »). L’unique touche de légèreté est d’ailleurs incarnée par le piano, inopinément, sur « Interlude 3 ».

On pourrait se demander si le combo possède une formation classique, tellement leur musique est… harmonique (à l’exception de « Tell a New Tale » sans doute plus farouche). Car « Muses Are No More » a été créé dans la pure tradition rock, dont les schémas nous sont aujourd’hui transparents, et manque ainsi légèrement de surprise… La formation, dont le nom convient parfaitement à leur rock élégiaque, se veut transmetteur d’émotions intenses et efficaces, et on leur reconnaitra la cohérence du style qu’ils tiennent d’un bout à l’autre de l’elpee. Un bon départ pour le groupe dont on espère qu’il sortira davantage des sentiers battus pour son prochain opus.