Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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The Pedro Delgados

Sing high sing low

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Non, il ne s’agit pas d’une formation hispanique, mais néerlandaise. Issue d'Amsterdam, très exactement. Un sextuor responsable d’une musique roots, proche du bluegrass, pour laquelle les musicos ne se servent que d’instruments acoustiques, de rigueur dans le style. Le groupe s’est formé en février 2006 et a très rapidement immortalisé un concert live : "Silveredsteel nickelwound". C’était en septembre de la même année. En février 2007, il publie un Ep intitulé "Tremendous rambling". Et en 2008, grave son premier album officiel "Do it like that", chez Munich. Tous les musiciens ont adopté des pseudonymes. En voulant se faire passer pour d'authentiques Espagnols (NDR : Calvito, Alejandro, Conejo, Barba, Huesa et Arnoldo se partagent le chant, la guitare, le banjo, la mandoline, la basse, le washboard, l’harmonica et le tambourin, suivant leurs prédispositions et portent tous le même prénom : Pedro !)

Lors des sessions d’enregistrement de “Sing high sing low”, le collectif a reçu le concours de quelques invités obscurs. Une seule plage n’est pas issue de leur répertoire. Les morceaux sont courts et mettent une chouette ambiance. Et le combo sait s’y prendre pour mettre le feu. Leur énergie est débordante. Ils chantent à l'unisson "Nothing to lose", en s’accompagnant d’un festival de cordes. Ils adaptent le "Muleskinner blues" de Jimmy Rodgers, dans un climat festif rustre. Les cordes du banjo virent déjà au rouge, alors que l'harmonica vient en rajouter une couche. Démentiel ! Caractérisé par un tempo le plus souvent vivifiant, ce style musical est manifestement destiné à prendre du bon temps, se trémousser, se détendre. A l’instar de "Unleash the hound", une compo au cours de laquelle accordéon et mandoline sont bien mis en avant. Le train est lancé à toute vapeur sur les rails : "Can't stop this train" ! Les frères Dalton sont à la poursuite du convoi et Lucky Luke est à leurs trousses. Les chevaux sont au galop. "Girl o'mine" est une ballade savoureuse. Le son des instruments est parfaitement rendu. Hormis "Smile", une autre ballade plaisante, dominée par l’accordéon, le banjo, la mandoline et l’harmo, les Delgados retrouvent cependant très rapidement leur second souffle. "Sweet Mama" en est une belle illustration ; et puis "Sink to the bottom", dont l’histoire conte l'aventure désopilante du canard assis ("Sittung duck"). Dans le style, cet opus est remarquable ; mais perso, je préférerai assister à un de leurs sets en public. C’est sans doute l’endroit le plus adapté pour les apprécier pleinement ; et sûr, qu’en ces circonstances, ils sont capables de nous faire oublier les tracas et la morosité de l'existence.

 

Joy As A Toy

Valparaiso

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Joy as a Toy est né de la rencontre entre trois musiciens chevronnés qui ont fait leurs armes au sein de diverses formations belges, comme Mud Flow ou encore aMute. Gil Mortio, Clément Nourry et Jean-Philippe De Gheest ont débuté cette aventure en 2008. Signé sur le label belge Cheap Satanism (Keiki, Trike, …), Joy As a Toy définit sa musique comme un mélange de Vampire Rock et de Tennis Pop. Ok !!! De quoi éveiller notre curiosité.

Concrètement Joy As a Toy baigne dans une forme d’indie-rock teinté de légères touches de psychédélisme. La musique du combo bruxellois évolue à la croisée des chemins de Talking Heads, Mr Bungle et Robert Wyatt. Les mélodies sont contagieuses, et les délires psychédéliques sont tour à tour parfaitement maîtrisés ou complètement imprévisibles, sans pour autant déraper dans l’impro. A l’instar de « Sub Rosa » sorte de danse macabre, qui finit quand même par partir en cacahuète. Les compos sont vivifiantes. Passant allègrement de la joie à la mélancolie. Suscitant autant l’envie de se trémousser que de s’enfoncer tranquillement dans son canapé… Un bémol, la voix du chanteur, qui semble parfois manquer de souffle. Mais le reste vaut son pesant d’arachides…

A découvrir en live ce 04/09 au Pot au Lait de Liège, le 17/09 au Magasin 4 et le 1/10 à l’Atelier 210.

 

Happy Birthday

Happy Birthday

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Mais qu’est-ce qu’il leur a pris de choisir un tel patronyme ? Happy Birthday ! Un vrai cauchemar pour dénicher des infos. Non mais vous imaginez le nombre de réponses affichées par les moteurs de recherche. Des jours (!!!) de recherches ont été nécessaires pour enfin recueillir quelques renseignements utiles. Bref, aujourd’hui on sait que l’histoire du groupe a commencé en 2008. Kyle Thomas s’ennuyait ferme dans son Vermont natal. Il avait bien composé quelques morceaux ; cependant, il était bien trop timide pour les interpréter en solitaire. Aussi, il cherchait des partenaires pour former un groupe. C’est la raison pour laquelle il a fondé ces Happy Birthday, en compagnie du bassiste Chris Weisman et de la drummeuse Ruth Garbus (NDR : c’est la sœur de Merill Garbus, impliquée chez tUnE-yArDs). Après avoir accordé quelques shows, le trio est repéré par Sub Pop qui les signe très rapidement.

Les compos de Kyle accrochent instantanément. Imaginez Pavement reprenant du T-Rex, et vous aurez une bonne idée de la musique proposée par le trio américain. Du glam-grunge si vous préférez. Mélodique mais bordélique, enragé mais doux. Chez Happy Birthday les climats sont chargés de nuances, même si les parties de guitare sont presque systématiquement calées sur la pédale buzz. La rage de « Zit » répond à l’évidence mélodique de « Girl FM ». Les voix de Kyle et Ruth se font également écho à merveille. Et, comme très souvent, c’est lorsqu’ils étalent leur sensibilité mélancolique, que le combo se révèle le plus inspiré. A l’instar de « 2 Shy » et surtout « Fun », les deux pépites de « Happy Birthday ».

Et votre serviteur qui imaginait que les Texans d’Harlem allaient sortir vainqueurs de la catégorie ‘slackers’, cette année. La course est donc relancée ! Bonne nouvelle, je ne suis pas encore assez vieux pour détester ce genre de musique bruyante et inutile mais tellement jouissive. Le groupe se produira ce 28 octobre au Botanique le 28 octobre. A quelques jours de mon anniversaire… ‘Happy Birthday to me’, donc…

 

Films

Messenger

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Cette formation doit aimer entretenir le mystère. On a beau surfer sur le net, dénicher une quelconque information sur le groupe, est un vrai casse-tête. Le label nippon Noble nous signale quand même que le combo relève de leur écurie. Pas de MySpace et un site web minimaliste (NDR : limité à deux images, dont une animée ; et la reproduction de la pochette du disque ainsi que son tracklisting). Par déduction, il semblerait que le line up de Films soit constitué de deux jeunes demoiselles. De nationalité japonaise. Mais ce n’est qu’une hypothèse…

La musique de Films est tout aussi mystérieuse. Découpé en huit plages, « Messenger » baigne au sein d’un climat imaginaire, filmique (NDR : ben tiens !), peut-être même conceptuel. Un peu comme une fable sonore qui nous plongerait au plus profond d’une forêt enchantée, peuplée d’esprits. Néo-classique, apaisante, soignée, précieuse, visionnaire, la musique véhicule des accents électronica. Il y a des nappes de piano, de violons, de violoncelles qui balaient un espace sonore traversé par une voix lyrique féminine.

Reste à savoir quel est l’endroit idéal et la meilleure manière d’écouter cette œuvre. A vous de choisir : à fond la caisse, couché dans son lit ou sur un nuage… Et pourquoi pas les trois à la fois. Bon voyage !

 

Jimmy Edgar

XXX

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Jimmy Edgar se serait-il déjà brûlé les ailes. Son parcours semble corroborer ce point de vue. Il a entamé sa carrière à la fin des 90’s. Il n’avait alors que 15 ans. En 2003, il est repéré par Warp qui le signe et lui permet de publier deux maxis « Access Rythm » et « Bounce », puis un album intitulé « Color Strip ». Début 2006. Puis, Jimmy décide d’embrasser un nouveau job : celui de photographe de mode. Il grave encore bien l’un ou l’autre titre, mais ils sont aussi inconsistants les uns que les autres.

C’est à l’âge de 27 ans que l’Américain retrouve le goût pour la musique. Et acquiert une nouvelle maturité. Il a aussi migré chez !K7. Et « XXX » constitue son tout nouvel opus. Caractérisé par des envolées funky, parfois minimalistes, parfois dance, ses compos me font penser à un showcase intimiste des Rythmes Digitales. Ses beats son efficaces et ses incursions dans la techno et le R&B (« Vibration »), judicieuses. Il y a bien quelques morceaux complètement tordus, susceptibles de vous faire dresser les cheveux sur la tête ou décoller du sol, comme « Hot, Raw, Sex » ou encore « In My Color » ; mais l’ensemble tient correctement la route. Jimmy Edgar is back ! Et il était temps !

Devo

Something For Everybody

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Devo a marqué de son empreinte toute la scène punk-new wave. Surtout à la fin des 70’s. Responsable d’une musique extravagante, satirique et grinçante, le quatuor américain (NDR : issu d’Akron, dans l’Ohio) a planté dans les charts, à cette époque, deux hits : la cover du « (I can’t get no) satisfaction » des Stones, devenu, l’hymne d’une génération et « Whip », qui symbolisera un sommet de la ringardise et de la loufoquerie. Si les combos de nerds sont de plus en plus représentés, Devo n’y est certainement pas étranger. Et pourtant, la suite de sa carrière, émaillée de séparations, de reformations et de changements de line up, n’a plus intéressé grand-monde. Enfin si, mais à travers les projets individuels des artistes. Notamment Mothersbaugh en écrivant et produisant de la B.O. pour télévision, jeux vidéo, dessins animés et films d'animation. En 2009, le combo de Mothersbaugh et Casale a décidé de reprendre du servie en ressortant les chapeaux en dôme et la combinaison spatiale, pour le plus grand plaisir des fans ! Car trente ans plus tard (NDR : pardon quarante !), leur look n’a pas changé d’un poil. Mieux encore, les deux leaders sont parvenus à reformer la fine équipe du début. A savoir Bob et Bob, ainsi que Josh Freese (l’excellent drummer de studio). C’est donc une version Devo 2.0 à laquelle nous avons droit sur ce « Something For Everybody ». Et c’est probablement les oreilles des fanatiques qui vont le plus se régaler. Car autant être franc, Devo n’a toujours pas évolué. Les compos sont d’ailleurs relativement proches de celles de « Oh, no ! It’s Devo », paru en 1982. Les paroles sont toujours aussi tordues, le tempo est spasmodique et les sonorités de Casio 80’s continuent de canaliser l’expression sonore. Et à l’instar de « Whip It », paru sur « Freedom Of Choice », en 1980, Devo nous a réservé un tube potentiel sous la forme de « Fresh ». Il est déjà sorti en single et démontre que les Yankees, même quatre décennies plus tard, sont encore capables de torcher des hits ! C’est dansant, excitant et imparable ! Alors laissez-vous entraîner dans leur univers dadaïste. Bienvenue en absurdie ! 

 

Creature With The Atom Brain

Transylvania

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Sombre. Oui, ténébreux même. C’est l’impression ressentie à l’issue de l’écoute du second opus de Creature With The Atom Brain. Faut dire que l’artwork, le patronyme du band ainsi que le titre de l’album ne laissent planer aucun doute sur les intentions du groupe. C.F.T.A.B. est un quatuor formé par l’ex-Millionnaire Aldo Struyf. Une formation dont la musique est autant influencée par Queens Of The Stone Age que Black Mountain. Tant la forme que le fond sont forgés dans le métal. Les riffs de guitare évoquent Kyuss. La rythmique est lente et lourde. Elle communique un climat empreint d’angoisse et de mélancolie sombre, aux compos de « Transylvania ». Le chant de Struyf est crépusculaire et souffre parfois d’une langueur… monotone… Mais les interventions de Koen Kohlbacher sur l’excellent « Darker than a dungeon » et sur « Lonely Light » ainsi que la participation du maître de la musique de l’ombre, Mr Mark Lanegan, sur « Lonely Light », apportent heureusement, davantage de nuances à l’ensemble. Chris Goss (Queen Of The Stone Age, Kyuss, Soulwax) a collaboré aux sessions d’enregistrement. Non seulement, il est derrière les manettes, mais il siège derrière les drums tout au long de « Lonely Light ». Dans le style, l’elpee est d’honnête facture. Les meilleurs fragments procèdent néanmoins des différentes contributions reçues. Une situation que le combo anversois a tout intérêt à rectifier, s’il veut devenir une valeur sûre de la scène ‘noir jaune rouge’ (NDR : enfin, tant qu’elle existe encore !) Creature With The Atom Brain se produira dans le cadre du festival FeestInHetPark, d’Audenarde, ce dimanche 15 août…

 

Collapse Under The Empire

Find A Place To Be Safe

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Collapse Under The Empire est un duo originaire d’Hambourg. En 2009, ils publiaient « Systembreakdown », une première œuvre Post-Rock très inspirée de Gospeed You! Black Emperor et autres Explosions in The Sky. Malheureusement, la formation débarque alors que toutes les lettres de noblesse du Post-Rock ont déjà été délivrées. Un disque de facture aussi classique que ce « Find A Place To Be Safe » s’éloigne fortement de l’exaltation que l’on est en droit d’attendre de ce type d’œuvres. A moins d’amener un plus au genre, à l’instar de 65daysofstatic, par exemple. Ce qui est loin d’être le cas ici, si l’on épargne les quelques soubresauts de lyrisme (« A Smell Of Boiled Greens », « Intelligence »). « Find A Place To Be Safe » n’est pas un mauvais disque en soi. Mais il est bien trop banal pour notre époque.

 

Cecilia :: Eyes

Here Dead We Lie

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Vous l’ignorez peut-être, mais la Wallonie possède un des groupes de Post-Rock les plus doués de sa génération. Cecilia::Eyes puise l’essentiel de son inspiration chez les Japonais de Mono. Depuis sa formation en 2004, le combo propose des morceaux instrumentaux originaux, souvent d’une incroyable puissance mélodique. Christophe Thys (Guitares), Xavier Waerenburgh (Batterie et claviers), Pascal Thys (Basse), Michaël Colart (Guitares) viennent d’enregistrer l’arrivée d’un nouveau membre : Gauthier Vilain. Préposé aux samples, il se réserve également la troisième guitare. « Here Dead We Lie » constitue le second elpee. Il fait suite à « Moutain Tops Are Sometimes Closer to the Moon », publié en 2007. L’album se veut le reflet des grands conflits mondiaux. Manifestement, vu le programme peu réjouissant, on n’est pas là pour se fendre la gueule. Mais du post-rock joyeux et festif aurait-il un quelconque intérêt ?

Dès « Like Wolves », le ton est donné. Une intro au cours de laquelle, on se rend compte que Cecilia::Eyes est parvenu à passer à la vitesse (?!?!) supérieure, dans la maîtrise d’un art souvent trop codifié et sans surprise. Le morceau est magnifique et constitue d’emblée le sommet d’un album parfaitement réalisé de bout en bout. Judicieux, les samples permettent à l’ensemble de respirer, à l’instar du menaçant « Anthem For Doomed Youth ». Comme le préconise le cahier des charges post-rock, les morceaux sont longs, sombres, atmosphériques et souvent construits en crescendo. Si le feeling mélancolique évoque Explosions In The Sky, l’intensité noisy graduelle nous plonge davantage dans un univers proche de Mogwai. Mais au cœur de cette solution sonore ténébreuse, éclot une plage empreinte d’une immense douceur. Interprété au piano, « The Departure » pourrait parfaitement illustrer un film de Miyazaki. Magnifique ! L’œuvre s’achève en beauté par « No Prayers, No Bell, No Homeland », une compo crépusculaire, caractérisée par un final apocalyptique. Impressionnant !

Bien sûr, vous allez certainement me reprocher de répéter le même discours. De vous seriner les mêmes références. Ce qui ne m’empêchera pas de taper inlassablement sur le même clou. Car la formation belge possède tous les atouts pour entrer dans le gotha du Post Rock. Et « Here Dead We Lie » démontre mon point de vue. Il ne vous reste plus qu’à fermer les yeux et à vous laisser emporter par cette lame de fond à la fois dévastatrice et tellement envoûtante. Paraît que le packaging est de toute beauté ; je n’ai malheureusement pas eu la chance de le découvrir…

The Band Of Heathens

One foot in the ether

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The Band Of Heathens nous vient d’Austin, une formation qui pratique une forme d’Americana subtilement teintée de blues, de funk, de rock et même de pop. Le quintet texan a la particularité de disposer de trois chanteurs/compositeurs/guitaristes. Sur les planches, le trio est d’ailleurs sur le devant de la scène. Ed Jurdi se charge, en outre, du banjo et du clavier, Gordy Quist est également claviériste, et Colin Brooks se réserve le dobro, la mandoline et lap steel. Le line up est complété par la section rythmique composée du bassiste Seth Whitney et du drummer John Chipman. Le combo texan est né en 2006. Auparavant, les trois leaders étaient investis dans des projets différents. Les deux premiers opus du band étaient ‘live’ : "Live at Momo's" et "Live at Antone's", deux elpees immortalisés au sein de clubs d'Austin. Leur troisième, concocté en studio est éponyme. "One foot in the ether" constitue donc leur dernier. Parmi leurs influences majeures, ils revendiquent celles du Band et de Little Feat. Et pas de doute à ce sujet, elles sont manifestes.

La mise en bouche est agréable. "LA County blues" est sculpté dans du country rock d'excellente facture, proche du meilleur des Eagles. Les voix se conjuguent en harmonie. Les musicos manifestent une grande cohésion. Les cordes sont bien en avant, et tout particulièrement la lap steel de Brooks. "Say" s’inscrit dans un même contexte, nonobstant les sonorités surannées de l’orgue. "Shine a light" change radicalement de style. Nous pénétrons dans l’univers du funk blues, un rien ‘spiritual’. Une compo qui lorgne vers Little Feat. L’orgue Hammond, la slide et les chœurs magnifient cette compo. "Golden calf" est davantage imprégnée de blues. Très dépouillée, elle évolue au sein d’un univers primitif, bien plus proche du delta du Mississippi. L'instrumentation est minimaliste. Les percus reproduisent les bruits des outils de travail. Elles guident les vocaux à l’unisson des trois vocalistes. L'atmosphère est sinistre. Elle évoque la douleur des travailleurs noirs, alors soumis à l’esclavage. "What's this world" émarge au country rock conventionnel. Avant de replonger dans le funky blues circa Little Feat. En l’occurrence tout au long de "You're gonna miss me", une superbe plage caractérisée par son piano acoustique, ses inévitables percus et la slide bien métallique. Country folk blues, "Right here with me" baigne au sein d’un climat bien cool et relaxant. "Let your heart not be troubles" est une ballade country pop rock particulièrement mélodieuse, voire même contagieuse. "Somebody tell the truth" poursuit dans la même veine, mais s’autorise une touche funky, avant que Trevor Nealon (NDR : un invité), ne fasse monter l’intensité de la compo, de son orgue Hammond, de manière à permettre une sortie puissante des cordes. Ballade country apaisante, "Look at miss Ohio" se distingue par un équilibre instrumental impeccable. Et le résultat est imparable. Funky blues, "Talking out loud" nous entraîne vers la Nouvelle Orléans. Le tempo est indolent. Le bottleneck et l’orgue communient. Cette excellente fresque sonore s’achève par "Hey rider". Une dernière ballade qui irradie de beauté et de tranquillité, à l’instar des plus jolies chansons de Crosby, Stills et Nash…

 

Mulatu Astatke

Mulatu Steps Ahead

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Depuis qu’il a entamé sa seconde carrière, le créateur de l'éthio-jazz se fait tailler un joli disque, histoire de ne pas se faire oublier. Après la publication d’un volume compilatif  “Ethiopiques”, paru en 1998 (NDR : il lui était consacré), un recueil popularisé par la BO du film de Jim Jarmush "Broken Flowers", en 2004, Mulatu Astatke nous propose aujourd’hui "Mulatu steps ahead", un album orchestré avec savoir-faire, brassant des ambiances de jazz new-yorkais et des sons groovy, mariant Orient et Occident, percussions maliennes, piano et vibraphone d'une manière assez originale. Elégante, sans fioritures, sa musique évoque des personnages de James Bond. Si certains morceaux transmettent la même énergie que le superbe album des ‘Ethiopiques’, l'ensemble du disque est plus calme, d'une tiédeur distinguée que les mauvaises langues qualifieront de musique d'ascenseur.

Des gammes orientales se mêlent aux trompettes bouchées, les congas ponctuent les mélodies répétitives de flûte et de saxophone. Les ingrédients sont là pour que la sauce prenne mais elle retombe régulièrement.

A la manière des radios libres, une voix rappelle régulièrement le titre du disque, le nom de l'artiste et du label : ‘You're listening to Mulatu Atsatske ; Mulatu steps ahead’, rituel que d'aucuns jugeront narcissique, voire agaçant. L'ensemble du disque n'est pas désagréable mais manque de saveur, comme si ce ‘pas en avant’ promis par Astatke n'était en réalité qu'un pas sur place, une place qui a déjà 40 ans aujourd'hui. Certains morceaux atteignent la hauteur des fameuses compilations, dont le lancinant dernier morceau "Motherland".

N'en déplaise aux adorateurs du roi de l'éthio-jazz Mulatu Astatke, qualifié de prophète ou de maestro, et malgré les critiques dithyrambiques adressées à ce disque, cette galette ne vaut ni les récentes collaborations de Sir Astatke auprès de The Heliocentrics (chez Strut Records également), ni ses premiers pas dans le monde musical, opérés vers la fin des années 60.

Zu

The Way Of The Animals Powers

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La formation italienne Zu nous revient, un quatorzième album sous le bras. En 13 ans, on peut affirmer qu’elle ne s’est jamais accordé beaucoup de répit. Une persévérance et une productivité qui ont fini par payer ; puisqu’elle devenue une valeur sûre du prestigieux label américain, Ipecac (même si « The Way Of The Animals Powers » est paru chez Public Guilt). Faut dire aussi que Mr Patton a pris le trio romain sous son aile protectrice. Ce qui lui a permis de tourner en compagnie du leader de Faith No More, mais également des Melvins ou encore de Dalek. Des périples qui lui ont également apporté une fameuse dose d’expérience.

Le combo transalpin est surtout notoire pour son art à mêler free-jazz et métal. Sur « The Way Of The Animals Powers », la formule n’a pas changé : saxophone baryton, basse et batterie constituent la structure de l’expression sonore. Au sein de laquelle, des vocaux samplés viennent de faire leur apparition. Le band collabore régulièrement à de multiples projets. Il a ainsi participé a des sessions d’enregistrement pour M.Patton, les Melvins, The Ex, S.Mackay (The Stooges) ou encore Joe Lally (Fugazi). Pour cet elpee, il a reçu le concours du violoncelliste chicagolais Chicago Fred Lomberg-Holm.

« Tom Araya Is Our Elvis » (NDR : T. Araya, c’est le guitariste de Slayer) ouvre le disque. Le tempo est lent et lourd. Les riffs sont hypnotiques, obsessionnels même. Le spectre de Shellac est bien présent. Mais en plus jazzyfiant. Surtout à cause de l’omniprésence du saxophone. Le tracklisting est homogène. Mais 25 minutes, c’est un peu court. Et à l’issue de la première écoute de ce « The Way Of The Animals Powers », on éprouve un sentiment de trop peu. Pas de panique, quand même, puisque Zu est déjà occupé de bosser sur un futur long playing. Patience, il arrive !

Sunset At Five

Pink Elephant

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On va encore me taxer de mauvais coucheur ; cependant, je me demande bien qui peut encore avoir envie d’écouter ce genre de musique en 2010. Pas que les compos de Sunset At Five soient de mauvaise facture (NDR : les riffs et les rythmes appartiennent bien au rock n’ roll), mais le timbre vocal de Stéphanie Wijns, très, trop eighties, exaspère rapidement (NDR : 2’ chrono !)

Fondé en 2006 à Heist Op Den Berg, ce groupe vient donc de publier son premier opus. Intitulé « Pink Elephant » (NDR : un titre psyché, mais un immonde artwork), il est découpé en 10 plages. L’énergie n’est pourtant pas absente. Et les sonorités jumelées des guitares passent également bien la rampe. Mais réussir un parfait mélange entre Bow Wow Wow, The GoGo’s et Elastica, est plutôt d’un goût douteux. Sunset At Five se produira en concert ce 25 août, dans le cadre du Slagenbergrock. Pour les amateurs du genre.

Esperanzah! 2010 : dimanche 8 août

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Nul besoin de prodiguer les louanges du festival Esperanzah ! Car rien ne confère si sûrement la réputation que le mérite. Et cette renommée, les organisateurs l’ont habilement acquise lors de ces neuf dernières années.

Planté au cœur de l’Abbaye de Floreffe, le plus grand des petits festivals émerveille sans cesse le visiteur par son organisation irréprochable. Un événement qui enchante tant par sa qualité de programmation que par son site astucieusement pensé : un cadre prestigieux réinventé d’arbres décorés de vieux lampadaires, des façades ornées de tentes de camping qui se métamorphosent, la nuit tombée, en lampions géants, des barrières tapissées de dessins et de peintures, une grange revisitée en espace visuel accueillant des projections de films et des animations pour enfants… Chaque lieu abrite un petit secret, une idée subtile ! Une organisation impeccable manœuvrée par de réels mélomanes passionnés de musique du monde pour un public averti et chaleureux. Sans oublier évidemment le nombre incalculable de produits originaux et de mets exotiques (NDR : n’hésitez pas à goûter, sans états d’âme, au McDo local. Mac Donalgue vous propose, en effet, de malicieuses et délicieuses préparations à base d’algues marines !)

Par ailleurs, le festival parvient parfaitement à préserver son âme et sa philosophie originelle : tolérance, respect, égalité et découverte. Cette ‘volonté de privilégier des partenaires qui respectent des critères éthiques : Silly pour la bière, Oxfam pour les cocktails et le café, Sherpa pour le ticketting, Credal pour la finance…’ et la présence de nombreuses ONG en témoignent d’ailleurs amplement. Bref, Esperanzah! demeure une jolie invitation à la fête, au rêve, au voyage et au rapprochement des peuples dans un esprit d'ouverture et de métissage.

Cependant, ce festival ne se présente certainement pas comme un paradis terrestre réservé exclusivement aux fanatiques de world music et aux esprits militants. Il s’ouvre prioritairement aux amateurs de festival profilé à taille et à visage humain. Un lieu où il fait bon vivre et danser, limité à dix mille visiteurs par jour, privilégiant le confort du festivalier, fût-ce au détriment des enjeux financiers. Dès lors, sur les 28.000 têtes annoncées, on comptera 1.700 enfants de moins de dix ans venus sereinement fouler le pavé de l’abbaye.   

Trois jours, trois scènes et vingt-quatre artistes venus colorer une affiche 2010 plus cosmopolite que jamais : Ethiopie/Hollande (Getachew Mekuria), Espagne (Ojos de Brujo), Côte d’Ivoire (Dobet Gnahoré), Colombie (La-33), Serbie (Goran Bregovic), Le Peuple de l’Herbe (France), Russie (OgneOpasnOrkestr), Sénégal (Daara J Family), Chili (Chico Trujillo)… Une édition 2010 qui mue et se colore de sonorités toujours plus insolites. Toute âme gardée, Esperanzah ! fusionne de plus en plus les genres et sa farde étonnement de sons inhabituels. Le rock et l’électro (Ojos de Brujo, Bauchklang, Le Peuple De L’Herbe…) investissent crescendo le line up et semblent toucher un public plus éclectique que par le passé. Epiphénomène positif ou négatif ? Le festival ne déroge pas pour autant à ses principes d’ouverture et de découverte.  

Focus sur le 8 août ! Un doux dimanche d’août dont les faibles battements de pluie n’auront que très légèrement ébouriffé les dix mille têtes présentes sur le site pour assister à la l’événement incontournable de la soirée : The Great Goran Bregović.

Pourtant, ‘côté jardin’, les spectateurs se régaleront véritablement d’une double tête d’affiche : l’autoproclamé ‘orchestre de mariage’ serbe de Bregović et los fenómenos colombianos de La-33.

Authentiques phénomènes salsa-jazz dans leur pays, les douze de La-33 useront adroitement de leur expérience acquise lors de nombreuses prestations sur les scènes new-yorkaises et internationales pour faire vibrer l’abbaye d’ondes latines. Rapidement, s’exhale le parfum d’une savante mixture de salsa, de boogaloo et de musique folklorique colombienne. L’air frais et humide s’imprègne alors d’une chaleur tropicale. Le parterre trépide comme le plancher d’un train. Le public s’électrise de vapeurs latinos. Crescendo, voix, cuivres, percussions s’élèvent et lancent d’irrésistibles invitations à la danse. Aucune âme n’est épargnée. Les corps suent et le public exulte irrépressiblement. 1h30’ de fusion latine saupoudrée de jazz, de rock, de reggae, de ska. Un vacarme ingénieusement orchestré qui ébranle l’auditoire et ne laisse aucun cœur indifférent. Un répertoire riche incluant quelques heureuses surprises dont les deux célèbres covers du combo colombien : le thème de « La Panthère Rose » composé par Henry Mancini et « Roxanne » du groupe Police. L’expérience ‘Calle 33’ : un remède absolu au Xanax.

A peine le temps de s’essuyer l’esprit d’une averse colombienne qu’une tempête serbe nous assène une gifle orageuse. Tempête qui se laissera gentiment désirer. Les cris fusent, le sol tremble. Dix interminables minutes de retard se meubleront d’un chahut collectif. Manifestement, le public était venu en masse pour découvrir le plus grand chevalier de la musique balkanique. Brouhaha instantanément interrompu par la présence d’une fanfare sillonnant le parterre et annonçant le début des hostilités. Puis, sereinement, auréolé d’une lumière blanche, The Great Goran Bregović foule les planches seul pour une intro à l’accordéon qui donnera délicatement le ton. Immaculé de blanc, son orchestre des mariages et enterrements le rejoint aussitôt pour déclencher la foudre. Une foudre crépitant d’explosions sonores extrêmement diverses. Un feu d’artifice coloré de musique traditionnelle des Balkans mais aussi de rock, de pop, de flamenco, de tango, de musique classique… Un mega combo composé de voix, de cuivres, de cordes, de percus, de vents qui transcende le spectateur et le plonge dans une expérience quasi chamanique. D’emblée, les corps frissonnent de puissantes mélodies hispano-arabo-tziganes (« Balkaneros vamos ») qui étoilent la nuit et subliment le décor des façades habillées de lampions géants. Une musique  tissant un visuel imaginaire stupéfiant qui ranime nos esprits d’images tirées des scènes de mariage d’‘Underground’. L’âme sonore d’Emir Kusturica s’expose et s’impose. Ici s’exprime tout le talent du compositeur de génie. Préambule parfait pour introduire une séquence musiques de films nées de sa longue collaboration avec le cinéaste Emir Kusturica : le mystique « Ederlezi » du Temps des gitans,  l’exceptionnel "In the death car" d’Arizona dream… Puis, brusquement, hurlant ‘México!’, le combo serbe nous balance un tube léger qui ferait pâlir de jalousie tous les morceaux kitschy du monde. Instant où le kitsch devient art !

Le temps des rappels s’annonce malheureusement trop tôt. Mais, lorsque Bregović, dans un français parfait, décide de prolonger la fête en compagnie du public et l’invite à participer au débat, celui-ci exulte et s’époumone d’un ‘Chargeeez!’ sur « Kalashnikov ». La générosité de The Great Goran Bregović refuse alors de laisser le spectateur sur sa faim et décide d’affoler tous les sismographes de la région pour lui livrer toute l’essence brute et compulsive du rock balkanique. Les murs de l’abbaye de Floreffe en tremblent encore de bonheur !           

Avant de rejoindre nos chaumières, un petit détour ‘côté cour’ s’imposait tout naturellement afin de découvrir le collectif autrichien de Bauchklang (NDR : Bauchklang signifie en allemand ‘son qui vient du ventre’) qui avait la lourde tâche de clôturer cette édition 2010. Quintette atypique dont l’originalité réside principalement dans la structure de la formation où seuls la voix et les micros importent. Nul instrument à l’horizon. Cinq micros crachant un beat box survitaminé construit de voix à vous couper le souffle. Une performance volcanique qui ne calmera pas les ardeurs des festivaliers résolument décidés à prolonger les festivités. Les gradins de la cour vibrent ; le public s’anime violemment et semble conquis par le set surprenant livré par les cinq Alpins.  

Bauchklang, une formation qui illustre à nouveau cette volonté d’ouverture affichée par les organisateurs. Une heureuse curiosité qui invite le spectateur à participer à l’édition 2011 d’Esperanzah. Que de découvertes et de voyages musicaux inédits en perspective !

 

Micro Festival 2010 : samedi 7 août

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Prévision météo pour ce samedi 7 août : malgré quelques passages nuageux, le temps restera généralement sec sur le nord de Liège… durant la première partie de la journée. Le soleil se lèvera aux environ de quatorze heures (heure locale). Euh… sur la baie de Vivegnis.

Horaire respecté : les Pirato Ketchup arrivent sur leur planche de surf et lancent les festivités. Les premiers pains-saucisses commencent à frétiller tout autour à l'écoute de ce fourre-tout musical décliné à la sauce Wallifornie. Oui, « La bonne du curé » et Sœur Sourire sont capables de remuer leurs fesses à la mode Tarantino. Wallifornication. C'est jouissif et entraînant. Et sacrément rentre-dedans. Une excellente entrée en matière.

Dans la foulée, un interlude musical est assuré par un DJ. A quelques pas. Dans le jardin. Premières bières. Ambiance décontractée. Tout le bonheur de n'avoir qu'une seule scène où se produisent les artistes. On a le temps de se ressourcer. Décidément, chez JauneOrange, quand on fait les choses, on les fait bien.

Passé 15 heures. Boston Tea Party ou la formule qui n'en finit pas de ne pas s'user (NDR : elle concerne les duos mixtes déclinés au format Rock) envahit le devant de la scène. Ça cogne sec, surtout sous les talons d'Eline Adam, la chanteuse, qui bat la mesure sur une estrade de bois transformée en grosse caisse de fortune. Un beat un rien éreintant sur la longueur. Mais les chansons tiennent la route. Rien de révolutionnaire (à l'inverse du mouvement homonyme emprunté par le groupe), mais c'est néanmoins suffisamment bien foutu pour capter l'attention du public parsemé. Et oui, c'est qu'on en est encore qu'à l'apéro...

Flash météo : en cette fin d'après-midi, le passage d'une tornade est annoncé sur les coteaux de la Principauté. Elle sera accompagnée d'un déluge de décibels et de forts orages.

Bon, maintenant, on rigole plus. Ou bien si ! On rigole. Enfin, je sais plus. Attention. Mesdames et Messieurs, voici venir le Colonel Bastard et son Bionic Commando. Loufoque, déjanté, irrévérencieux et survitaminé, ce combo emporte tout sur son passage. Le chapiteau se remplit, les clowns se déshabillent, le public applaudit et en veut encore. Oui, Colonel Bastard, c'est du spectacle. Mais en plus du côté visuel, dans le registre électro-dance-techno-foutraque, c'est vachement bien balancé. Un set explosé et un public conquis, amusé, ou médusé. Bref, personne ne reste indifférent. Une performance. Une grande expérience.

Les joyeux troublions quittent la scène, et on s'affaire déjà à y faire place. Car il en faut de la place pour les trois batteries et les cinq guitares d’Action Beat. Nul doute, ça va faire mal. Et quand ils commencent en chœur, ça fait effectivement mal aux tympans. Action Beat, c'est une machine diablement efficace, parfaitement huilée, solidement rythmée. Lourde comme un orage d'été, puissante comme la foudre. Un bloc de marbre qui éclate et se reforme instantanément. Parfois trop homogène, manquant d'aération, mais au final, une leçon de bruit aux faiseurs de bruit.

Quelques bières plus loin, nous attendent le duo (non mixte) des Black Diamond Heavies. Un orgue qui n'a rien à envier à une guitare, une batterie qui n'a rien à envier à l'enfer. Quand le blues se fait sale, sauvage, et habité. D'une puissance sexuelle phénoménale (dixit une amie en pâmoison). L'antre de l'Espace 251 Nord est en feu en l'espace de quelques titres. Ça sue et ça dégouline. On aime ça!

Météo des festivals, flash spécial : après les dernières intempéries, le calme devrait revenir dans les environs de Saint Léonard. Une embellie suivie de quelques ondées sont néanmoins à prévoir.

Kelpe déploie ensuite son intimisme/minimalisme électro sur les planches. Point de vue sono, c'est pas le genre d'endroit pour jouir pleinement de toutes les subtilités de ce type de musique. De fait, noyée dans un son brouillon et submergé de basses fréquences, les compositions du duo (tendance, je vous le dis !) s'évaporent quelque peu dans les brumes du soir tombant. Néanmoins, ce petit coup de fraîcheur fait du bien à ce moment de la journée.

Un ravier de frites dégusté aux rumeurs de switch dans le haut de l'affiche, et effectivement, Efterklang déboule un rien plus tôt que prévu. Et là, c'est la classe et l'élégance venant du grand Nord. Des chansons enrobées et ciselées par des orfèvres Pop. Grandioses mais pas pompeuses, elles affichent une grande maturité. Assurément, l'avenir se dessine en lettres d'or pour ce groupe Danois d'une humilité déconcertante. A découvrir, si ce n'est déjà fait.

Déjà la nuit a pris possession du ciel, et la pluie tombe à verse. Pas de quoi cependant refroidir les ardeurs des Chiliens de Panico, dont le set finit d'enflammer le public liégeois. Rawk-&-roll entêtant, toutes guitares devant, basse rebondissante, reverb dans la voix, et charisme à petit prix. Fair Trade, avez-vous dit ? Pas loin d'une leçon d'hypnose spirituelle, les morceaux claquent comme les coups de fouets de Zorro. L'album sortira fin septembre et je ne saurais que le conseiller vivement aux amateurs de Make Up et autres formations de la trempe. Excellent et judicieusement placé en tête d'affiche.

Enfin, sous le déluge du ciel, les spectateurs quittent l'enceinte du premier Micro Festival, qui a tous les points de vue, se sera avéré une franche réussite. Convivial, démocratique, parfaitement organisé, défricheur de talents et d'une qualité inversement proportionnelle au prix de la place. Perso, je dis : proclamons JauneOrange d'utilité publique!

Organisation JauneOrange

 

F.hiro

F.hiro (Ep)

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F.hiro est un trio originaire de Rennes. Il publie un premier Ep éponyme composé de quatre morceaux pop gorgés de soleil. Le premier labeur des Français est à situer quelque part entre Casiokids, The Notwist ou même Jónsi (pour la voix). « F.hiro » est un Ep printanier qui, par moments, tape dans le mille (« Private Road »), mais pèche également par excès de candeur (« You People Are Desperate »). Une introduction sympathique mais trop expéditive.

You Call It A Name

You Call It A Name (Ep)

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Les Parisiens de You Call It A Name pratiquent un Pop-Rock poinçonné par un côté punk assez bien maîtrisé. Les quatre titres de cet Ep (dispo en streaming sur leur MySpace) tendent vers un amalgame entre l’esprit rentre-dedans de Gang Of Four et l’articulation d’un Interpol. Cependant, « Stand Up (& Drive It To Your Darker Side) » est le seul titre qui se distingue vraiment du reste de l’Ep. Un disque dans l’esprit de ce titre pourrait attiser bien des curiosités. Wait & See.

Mickaël C. Alasèv

Has a Taste Of Blood Mixed With Dust

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Multi-instrumentiste originaire de France, Mickaël C. Alasèv délivre une première œuvre d’assez bonne facture. « Has A Taste Of Blood Mixed With Dust » ne laissera pas indifférent les fans de formations telles qu’AaRON ou encore d’un Ghinzu circa « Electronic Jacuzzi ». A la seule différence, ici, qu’Alasèv met les éléments électroniques en sourdine et façonne des mélodies naturelles à l’atmosphère à la fois sombre et (positivement) narcotique. « Has A Taste Of Blood Mixed With Dust » est de ces disques dont l’intérêt se développe de manière exponentielle, à chaque écoute. A tenir à l’œil (NDLR : et à l’oreille !)

Le Boss prépare un nouveau documentaire…

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Le légendaire songwriter américain, Bruce Springsteen, a confirmé la réalisation d'un nouveau documentaire inspiré de « Darkness At The Edge Of Town ».

Publiant « Born To Run » en 1975, le Boss devient très rapidement une icône du rock US. Son saisissant mélange d’influences rock classiques, combiné à des lyrics frappées de sagesse parlant à Monsieur tout-le-monde, frappera instantanément les charts et les critiques de ses foudres.

Confronté à de tenaces conflits juridiques, le chanteur étasunien restera cependant absent des scènes internationales pour une longue période. Un statut qui l’empêchera de rendre public tout nouveau matériel.

Après maintes péripéties juridiques, Springsteen s’enfermera dans ses studios pour accoucher de « Darkness On The Edge Of Town » en 1978. Cet album beaucoup plus sombre et plus mature consacrera Bruce Springsteen comme l'un des auteurs-compositeurs les plus importants du rock mondial.

La réédition somptueuse de « Darkness On The Edge Of The Town », dont la parution est prévue pour Noël, comportera un  ‘making of exclusif’ présentant les étapes essentielles de la réalisation de cet album. Documentaire qui sera d’ailleurs présenté en première du Festival du film de Toronto au mois de septembre. Celui-ci comportera notamment des images inédites du travail en studio du « E Street Band ».

Un incontournable pour les fans du Boss.

And Also The Trees

Récréation acoustique…

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Doucement le cercle solaire descend des cieux, et une multitude de corbeaux envahit les pelouses de la cour intérieure de l'abbaye. Taches noires éparses et clairsemées. Puis vient la nuit, et avec elle, l'invitation à l'abandon... Je lisse mes plumes de jais et m'engouffre à la suite de mes comparses dans le tunnel conduisant à un escalier étrangement moderne pour ce genre d'endroit. A l'étage, la salle s'offre à mon regard. Haute et sertie d'une magnifique charpente en poutres du plus beau bois. Je suis convié à prendre place dans un des confortables sièges de velours disposés en gradin. Puis la lumière décline. Recueil et silence de mise. Accueil et applaudissements timides.

Première partie : Seesayle. Seule sur scène. Tour à tour aux claviers, à la guitare, au violon, la demoiselle envoûte l'auditoire grâce à de subtils arrangements, sa voix, ses grands yeux qui vous happent, mais surtout grâce à de véritables chansons. Perles de rêves dans un écrin de velours. Tour à tour déclinées en anglais, français, hongrois ou dans une langue imaginaire aux accents slaves. Même confrontée à l'obscurité totale (orage ou mystérieux visiteurs ?) la belle garde son aplomb. Seesayle ou la clé d'un songe éveillé.

And Also The Trees quant à eux déploient leur majestueuse musique intemporelle depuis le début des eighties, mais jamais pourtant elle n'est parue datée. Classieux et loin des canevas des modes, les deux frères Jones traversent les années dans leur machine à remonter le temps sans se soucier de leur époque. Avec intégrité. Et pour se ressourcer, ils s'offrent depuis un moment une récréation acoustique. Qui s'arrête ici ce soir. Avant une date autrichienne et une autre Italienne. C'est dire si nous sommes chanceux. Bien sûr, le côté électrique et électrisant de la guitare de Justin se fait désirer sur la longueur du set. Mais offertes ainsi dans une version boisée, les chansons du répertoire de AATT se découvrent telles des naïades au sortir du bain. Belles et fragiles. Le dépouillement opère en tant que catalyseur des émotions. Mais tout en retenue. Subtilement. Et accentue le côté théâtral de leur musique. Je devrais dire dramaturge. Hanté par ses fantômes, Simon Huw Jones habite les compositions et les vit véritablement sur scène, tel un acteur qui soir après soir s'habille de la personnalité de ses différents personnages. Mentions spéciales aux morceaux issus de « Green is the sea », au classique « A room lives in Lucy » et à l'imparable « Virus meadow ».

Le manteau de la nuit a recouvert l'abbaye. Quelques oiseaux aux atours de ténèbres s'attardent encore ci et là. Mais moi, je regagne mon nid. Tomorrow the sun will shine...

(Organisation : Soirées Cerises)

Tropics and Meridians

Tropics and Meridians (Ep)

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Encore un disque de post rock ! Eponyme, il est l’œuvre d’une formation française : Tropics and Meridians. Mais dans le style, c’est l’embouteillage. Faut dire que les figures de proue du mouvement, telles Mogwaï, Explosion In The Sky, 65daysofstatic, Red Sparowes ou encore Mono ont mis la barre très haut.

Néanmoins, ces fans de la géographie ont décidé d’apporter une touche toute personnelle à leur expression sonore. En se servant de samples ; et puis en y ajoutant des accents métal et noise. Parfois, la formule est gagnante. Comme sur le très réussi « Patriotic Schizo ». Mais parfois aussi, le groupe passe complètement à travers. A l’instar de l’horrible « Crascole ».

Fondé à Blois (dans le Loir et Cher), en 2008, Tropics and Meridians avance quand même quelques bonnes idées, tout au long des 7 titres de son 1er Ep ; mais malheureusement l’ensemble trahit une impression de déjà entendu et de bien trop prévisible. Sans grand relief, cet album est en outre habillé d’une (ignoble) pochette moyenâgeuse. Dommage, car on a l’impression que la formation hexagonale possède suffisamment de maîtrise pour faire la différence. En fait, il lui manque simplement de l’audace. Afin de s’aventurer en terres inconnues et d’embrasser ainsi une certaine originalité. Et si le post-rock était-il simplement en train de se mordre la queue… des tropiques aux méridiens ?