Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Year Of No Light

Ausserwelt

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Deux ans plus tôt, j’avais eu le loisir d’assister au set de cette formation française, sous les voûtes caverneuses du Witloof Bar, au Botanique. La prestation de Year Of No Light était d’une puissance inouïe. Instrumentale, essentiellement métallique, son expression sonore était d’une telle violence et d’une telle intensité, que les spectateurs, présents pour l’occasion, ont dû souffrir d’acouphènes, les heures, voire les jours qui ont suivi. Face à un tel déluge de décibels, les boules-Quiès étaient donc de rigueur.

Quelques années plus tard, la lumière n’est toujours pas au rendez-vous. L’artwork annonce immédiatement le climat : « Ausserwelt » sera sombre, lourd et ténébreux. Et puis, le combo a signé chez un label de référence du style : Conspiracy (Red Sparowes, Thrones, …) Puisant toujours son inspiration chez Isis, Neurosis ou encore Cult Of Luna, le groupe bordelais nous propose, sur ce nouvel opus, 4 titres d’une dizaine de minutes, chacun. Des compos essentiellement atmosphériques. Distordues, les nappes d’électricité baignent presque constamment dans la reverb. Il est même parfois difficile de reconnaître les différentes lignes de guitares. Quant à la puissance, elle émane ici des drums. Des drums musclés mais métronomiques. Malheureusement, à contrario de leurs références majeures, le groupe néglige les variations et les crescendos, afin de privilégier une intensité permanente, au détriment de la mélodie, vous vous en doutez. Et deux à trois écoutes sont nécessaires avant de retrouver un semblant de structure au sein de ce bordel sonore. Bref, pour adhérer à « Ausserwelt », un peu trop monocorde à mon goût, il faut vraiment être un inconditionnel du style. Mais avant d’atteindre le statut de ses maîtres, il faudra remettre son métier sur son ouvrage. Et cent fois plutôt qu’une… 

 

Mac Arnold

Country man

Écrit par

Mac Arnold est un vétéran. Et pour cause, au sein de son premier groupe, un certain James Brown était préposé au piano. Dès le début de sa carrière, Mac a joué et enregistré en compagnie de Muddy Waters et John Lee Hooker. Il a également côtoyé Otis Redding et BB King, sur les planches. Excusez du peu ! Mac était bassiste. Ses grattes, il les fabriquait lui-même. En se servant de bidons d'essence ou d'huile. Il s'était retiré du show business depuis belle lurette. Et vivait en Caroline du Sud. Comme fermier. Pourtant, le virus du blues ne l'avait pas abandonné. Il y a quelques années, il a décidé de reprendre la route. Il a recruté un backing band composé de musiciens blancs : le Plate Full O' blues. L’équipe a commis un premier elpee en 2005 : "Nothing to prove". Puis un deuxième en 2008 : l'excellent "Backbone & Gristle". Et enfin ce "Country man", l’an dernier. Max chante, joue de la basse et parfois de la guitare à bidon. Il est soutenu par le six-cordiste Austin Brashier, le pianiste Max Hightower, le bassiste Dan Keylon et le batteur Mike Whitt.

"I ain't sugar coatin" ouvre l’opus. Un morceau de funky blues empreint de douceur, au cours duquel sa voix intense, sensiblement ravagée, bouleverse, face au piano électrique. Le timbre éraillé de l’artiste est un fameux atout pour leur musique. Elle véhicule énormément d’émotion. Parfois même elle se limite à un murmure… Comme sur "Farmer", une ballade au cours de laquelle il fait l’éloge de ses années consacrées à  la terre. Le rythme s'accélère. Un cheval au galop cherche à rattraper "This ol' tractor". Max est passé à l'harmonica. Mac sur son bidon à cordes, dont il extrait des sonorités métalliques. Lors du titre maître, notre leader ne peut s’empêcher d’épancher tout son bonheur, pendant que Max Hightower tire son épingle du jeu à l’harmo. Son chant est à nouveau très émouvant sur "True to you". Austin manifeste une certaine réserve, voire une réserve certaine, aux cordes, sur cette plage. "Too much" est un rock'n'roll de toute bonne facture. Offensif, pétillant et puissant à la fois, ce morceau bénéficie du concours de Bob Margolin (NDR : c’est également lui qui s’est chargé de la mise en forme de cet elpee ; et il faut reconnaître qu’il a accompli de l’excellent boulot), un personnage qui avait fait les beaux jours du Muddy Waters Band. Avant de céder le relais à Mr Brashier. Enlevé, "If walls could talk" évoque la cover du "It's all over now" des Stones. Une compo qui déménage et au cours de laquelle le PFOB prend son pied. Max se charge de la guitare rythmique sur "Holdin' on to lettin' go", une ballade qui tranche dans l’ensemble. A cause des cordes d’Austin, dont les tonalités évoquent le Mark Knopfler de Dire Straits. Des cordes qu’il cède à Margolin lors du Chicago shuflle "Scarecrow", un morceau percutant, enflammé par le souffle puissant d’un harmonica. Puis les refile à Mac, sur le fort remuant "Cackalacky twang". L’émotion étreint la voix de Mr Arnold lors du "Screramin' and cryin" de Muddy Waters. Bob Margolin lui accorde une solide réplique vocale, tout en se consacrant au bottleneck. "Mule for a Chevrolet" épouse un format plus hard, alors que la finale ("Swing me back home") est instrumentale. Un titre au cours duquel le boss a empoigné la basse, alors que Brashier nous réserve sa meilleure intervention aux cordes.

Mac compte de nombreux amis. Il vient d'organiser son 4ème ‘Mac Arnold Cornbread and Collard greens Blues Festival’. Il est parvenu à réunit à la même affiche Bob Margolin, Kim Wilson, Willie ‘Big Eyes’ Smith et bien entendu le Plate Full O'Blues.

Breed 77

Insects

Écrit par

Un label aussi puissant qu’Edel Music (Deep Purple, Chickenfoot, Foreigner, Europe, Gamma Ray, Stratovarius) ne se risque généralement pas à signer d’illustres inconnus. Si d’aventure il s’y hasarde, c’est probablement qu’il est persuadé de rentrer dans ses frais. Le contrat international qui lie désormais Breed 77 à la ‘major’ allemande en dit long quant à la qualité de son quatrième opus.

Bien que quasiment inconnu dans nos contrées, le gang londonien (originaire de Gibraltar) jouit déjà d’une certaine réputation dans les pays anglo-saxons. Elu ‘Meilleur groupe non signé’ par les lecteurs du célèbre magazine musical Kerrang dès 1998, Breed 77 a foulé les mêmes planches que Metallica, Black Sabbath, Megadeth et les Melvins. Il a même distillé son ‘Flamenco Metal’ unique sur des scènes aussi prestigieuses que celles du Download, Rock Am Ring et Wacken Open Air.

Gibraltar est un territoire britannique d’outre-mer. Situé au sud de l’Espagne, en bordure du détroit de Gibraltar qui relie la Méditerranée à l’Océan Atlantique. Ses côtes ne sont éloignées que d’une quinzaine de kilomètres seulement de celles du Maroc. Cette situation géographique particulière engendre un brassage culturel surprenant et pittoresque qui se répercute dans la musique du quintet anglo-hispanique.

Subtil métissage d’influences méditerranéennes (guitares flamenco, mélodies et percussions orientales) et de métal contemporain (NDR : on pense parfois à System Of A Down), la palette musicale présentée sur « Insects » génère un véritable vent de fraicheur dans un genre qui a parfois tendance à se répéter. Le génie de Breed 77 est d’avoir été capable d’intégrer ses influences ethniques de manière équilibrée afin de ne pas sonner comme un groupe folk métal.

Produit par Wil Maya (The Answer, Adrian Smith) et mixé par Ryan Smith (Sterling Sound Studio, NY), le son clair et puissant de ce nouvel opus rend parfaitement justice au raffinement des arrangements.

En bonus, une reprise sulfureuse du « Zombie » des Cranberries finit par nous convaincre de l’immense potentiel affiché par ce groupe à part. Indispensable !

 

CODY

Songs

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Ne pas confondre Turner Cody et CODY. Le premier cité est un compositeur new-yorkais. Le second une formation danoise. Issue de Copenhague, très exactement. Elle a choisi son patronyme en fonction des influences de son leader. A l’origine, elle avait opté pour Loveless, en pensant à l’album culte de My Bloody Valentine. Finalement le membre fondateur (NDR : c’est aussi le chanteur/guitariste), Kaspar Kaae, a tranché pour CODY, car il est également un fan de Mogwai. Et en particulier de leur album « Come On Die Young » (NDR : d’où, suivant les initiales, CODY).

Sobrement intitulé « Songs », ce premier elpee fait suite à un premier Ep, paru il y a un an. Depuis, le line up s’est enrichi et compte aujourd’hui sept membres. Le collectif s’est forgé une belle expérience au fil de ses nombreuses tournées. Qui sont passées par la Belgique, l’Allemagne et la Suisse. Et puis surtout par le prestigieux festival Roskilde (NDR : c’est au Danemark !), au cours duquel le combo s’est fendu d’une prestation très remarquée.

Les Danois pratiquent une musique folk très soignée, paisible, limpide, mélodieuse et esthétique, une musique soulignée, tour à tour, d’instruments aussi diversifiés que cuivres, percussions et claviers, et parcourue par la superbe voix de Kaspar Kaae. De cet opus, découpé en deux parties, à la manière d’un vinyle, j’épinglerai l’excellent « Remember When » ainsi que l’intense « A Crime ». Deux morceaux qui figurent sur le premier volet. Quant au second, il trempe dans un véritable océan de quiétude… Un très chouette album à conseiller aux mélomanes en perpétuelle recherche du Zen… 

 

Turner Cody

Gangbusters!

Écrit par

Herman Green? Adam Düne? Non, Turner Cody! Fans ou déçus par le dernier album du crooner lo-fi new-yorkais ou par celui des bardes folks franco-suédois ? Ruez-vous sur celui de cet artiste résidant à Brooklyn. Le titre de son elpee ? « Gangbusters ! » Il s’agit déjà de son neuvième long playing. Cet auteur/compositeur/interprète a un talent fou. En outre, il ne se contente pas de son aventure en solitaire, puisqu’il sévit à la basse au sein d’Herman Düne. Et c’est également un pote aux Moldy Peaches et à Jeffrey Lewis. Sa première expérience discographique en solitaire, remonte à 2002. Il avait publié une de ses compos sur le « Volume 1 » de la compilation Antifolk, parue chez Rough Trade.

Le folk de notre ami barbu est teinté de rock et de country. Cet excellent crooner du pauvre ne manque pas de classe pour interpréter ses compos. Sa bonne humeur est communicative. Il possède une diction très claire ; à tel point, que même si vous êtes nul en anglais, vous devriez comprendre ses lyrics. Des textes drôles voire loufoques contant ses histoires amoureuses ou ses voyages décalés à travers le monde. Imaginez Will Oldham, hanté par Tom Sawyer et le sourire aux lèvres. Lors des sessions d’enregistrement, Turner a reçu le concours de toute une série de collaborateurs. Beirut a prêté quelques uns de ses cuivres, Neman Herman Düne se charge des percus et David-Ivar (NDR : toujours un membre d’Herman Düne !) de la production.

Après avoir écouté cet elpee, on se demande si Cody n’est pas occupé de devenir le nouveau leader de la scène anti-folk. Encore que des plages nonchalantes comme « Au Revoir » ou « When We go » relèvent plutôt de la pop/folk de chambre. Personnage attachant, mais un peu décalé, Turner est un talent à l’état pur. Et il mérite assurément qu’on s’intéresse à son parcours. Enfin, pour que votre info soit complète, sachez qu’il a composé un morceau pour la B.O. du remarquable film noir de Jacques Audiard, ‘Un Prophète’ : « Corner of My Room »…

Jizzlobbers

Jizzlobbers

Écrit par

Ne tournons pas autour du pot, il n’y a pas dix mille manières de le dire : nous adorons ce disque. Un jeune groupe punk mélodique qui, de nos jours, ne pompe pas le style de Green Day ou de The Offspring, c’est assez rare pour être souligné. Quand, en plus, il est bon, il faut absolument le crier sur tous les toits.

Jizzlobber est un quatuor allemand, originaire de la ville de Cologne. Il est né sur les cendres de Backwook Creatures, Havana Ragdolls et Public Toys. Son premier album éponyme est un petit concentré d’énergie punk rock mélodique. Contrairement à la plupart des combos californiens du même style, ces Allemands ne confondent pas mélodie et soupe pop commerciale pour ados. Ici, tout respire l’authenticité. Nul besoin de s’encombrer de fioritures : deux guitares, une basse et une batterie suffisent pour distiller un punk rock direct, aux mélodies accrocheuses et bourré d’un sens de l’humour bon enfant. Les Jizzlobbers aiment puiser dans leurs racines ; le punk bien sûr, mais aussi dans le garage rock des sixties et même le rock’n’roll des années cinquante.

Ce disque n’a pas d’autre prétention que de faire passer un bon moment. Et il y arrive parfaitement !

Kool & The Gang

The Very Best Of Live In Concert

Écrit par

Pour le commun des mortels, Kool & The Gang, ce sont les responsables d’une collection de superbes tubes, sur lesquels on ne se lasse jamais de danser. Pour les dragueurs, c’était avant tout de belles opportunités pour emballer une nana. Et enfin pour d’autres encore, ce sont des hits qui illuminent ces fantastiques 70’s ou encore ces horribles 80’s. En gros, Kool & The Gang, ce n’est qu’une histoire de tubes (NDR : ou de hits) ; et ça c’est cool (and the gang) ! Dans l’univers de la funk music, ce combo fondé dans le New Jersey a rapidement tué toute concurrence autour de lui. Qui ne possède pas un ‘best of’ de la bande aux frères Bell ? Et bien sachez que désormais, vous pourrez vous procurer un ‘very best of’, mais en ‘live’ ! 

Enregistré à Denver, en 2005, le concert qui a été immortalisé sur ce « The Very Best Of Live In Concert », déchire littéralement. Les musicos sont de véritables bêtes de scène. Les harmonies vocales sont impeccables et l’instrumentation bien en place. Les compos, pourtant parfois ringardes, suscitent un sentiment curieux mêlant nostalgie et excitation. Rien de bien neuf à l’horizon, mais en réécoutant des hymnes comme « Fresh », « Hollywood Swinging », « Ladies Night » ou encore « Celebration », on se rend compte que ce quatuor c’est une machine à danser, une fantastique machine à faire danser, et rien que ce profil, cela force le respect…

 

Lightspeed Champion

Life Is Sweet ! Nice To Meet You.

Écrit par

Lightspeed Champion est un drôle d’oiseau. Ancien membre de Test Icicles, mythique combo responsable d’une sorte de dance-punk/post-hardcore, Devonte Hynes alias Dev Metal a décidé de se lancer dans une carrière individuelle, sous le patronyme de Lightspeed Champion, tout en embrassant un style totalement différent. En 2008, ce Texan d’origine publie un premier elpee : « Falling Off The Lavender Bridge ». C’est le début de sa nouvelle épopée. Et elle sera folk. « Life Is Sweet ! Nice To Meet You » en est la suite logique. Un disque au cours duquel il parvient à sublimer son folk, en le teintant de britrock. Certaines compos sont même susceptibles de vous flanquer des frissons partout. Faut dire que notre Champion de couleur ébène est un remarquable compositeur. Ses chansons flattent instantanément l’oreille. Elles sont même contagieuses. Cet elpee ne réunit d’ailleurs que des tubes en puissance. Bourrée de sensibilité et parfois empreinte d’une grande fragilité, sa voix est troublante. Superbes, les orchestrations apportent, une profondeur presque mystique aux compos. Et la richesse de l’instrumentation ne perturbe jamais le sens mélodique.

Lightspeed Champion n’est peut-être pas loin d’avoir pondu le chef-d’œuvre de sa carrière. Non seulement il y étale toutes les facettes de son talent, mais ce magicien a découvert le philtre magique pour nous envoûter. 

David Maxwell & Louisiana Red

You got to move

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De son véritable nom Iverson Minter, Louisiana Red est né en 1932. Pas en Louisiane mais dans l'Alabama. Cette légende vivante du blues a publié plus de cinquante albums sous son nom ; et "You got to move" constitue son second elpee concocté au cours de l’année 2009. Il fait suite à "Back to the black bayou", réalisé en compagnie de Little Victor's Juke Joint, un elpee qui avait reçu le concours de Kim Wilson. Il a d'ailleurs été honoré dernièrement pour ces deux productions.

Notoire au sein de la profession, David Maxwell est un pianiste particulièrement talentueux. Il est issu de Boston et ses collaborations sont innombrables. Epinglons, quand même, deux œuvres indispensables. Tout d’abord "Maximum blues piano", paru en 1997. Puis "Max attack", en 2005, pour lequel il avait bénéficié de la participation de ses célèbres amis Hubert Sumlin, James Cotton, Pinetop Perkins, Duke Robillard, Ronnie Earl et Kim Wilson.

Louisiana Red a le blues. Il le vit depuis sa naissance. Il est d’ailleurs né orphelin de sa mère. Et quelques années plus tard, son père est victime du Ku Klux Klan. Très jeune, il s’engage à l’armée. Et participe à la guerre de Corée, alors qu’il n’a que 16 ans. Le musicien a passé une grande partie de son existence, en Europe. Tout particulièrement en Allemagne. Il jouit d’ailleurs d’une plus grande notoriété sur le Vieux Continent qu’aux States. Mais il fait l’unanimité autour de lui. Autant pour sa gentillesse que pour le blues authentique dont il est responsable. Il est tellement contaminé par le virus du blues qu’il serait capable d’enregistrer dix albums par an, sans se forcer… David Maxwell en était bien conscient et lorsqu’il en a eu l’opportunité, il l’a invité pour participer à une session impromptue dans l’état de New England. C’était au cours de l’été 2007. Et la magie a opéré. Tout au long de cet opus, son blues très terre-à-terre est susceptible, à tout instant, de vous flanquer des frissons partout. Les musiciens sont très complices. Ils affichent une maîtrise naturelle de leurs instruments. Bien sûr, on a parfois l’impression qu’ils en remettent une couche, mais il faut reconnaître qu’ils nous éclaboussent de leur talent. Red est un adepte du bottleneck. Il est doué et force le respect dans cet exercice de style. Il aime attaquer les cordes, un goulot de bouteille autour du doigt. Ce qui lui permet de libérer un son métallique très caractéristique. Brillant, Maxwell est pétri de classe ; en outre, il est capable de s’immerger totalement dans le blues de son vieil ami. Red a toujours préféré les tempos lents ; et il le démontre une nouvelle fois sur cet elpee. Notamment lorsqu’il caresse ses cordes sur "Barbara Jean". Et comme ce vieux sorcier de Maxwell a tout compris d'Otis Spann, c'est le bonheur. Dès les premières notes de "Get your hands off my woman", on a l’impression de revivre une rencontre entre Muddy Waters et Otis Spann. La similitude est saisissante. Une seule plage est imprimée sur un tempo plus soutenu : "Going back to Memphis". Elle met surtout en exergue le jeu fluide de David aux ivoires. Douceur et tristesse infinie envahissent "You got to move". "New Jersey women" emprunte délicatement le célèbre riff de slide immortalisé par Elmore James. Et tout au long de "Been down so long", la sensibilité des partenaires est littéralement exacerbée. Une véritable propagande pour le blues !

 

Mongo Ninja

No Cunt For Old Men

Écrit par

« No Cunt For Old Men », « Broken Cock », « Wheelchair Hooker », « Fuck It All », « I Hate Your Girlfriend, She Don’t Wanna Fuck Me » ou encore « Pissing in The Wishing Well » (NDR : je vous fais grâce des traductions, elles seraient de toute façon censurées par notre rédacteur en chef) : vu les titres choisis par Mongo Ninja, pour cet album, je doute fort qu’il remporte un jour un concours de poésie. Par contre, si la Norvège décidait de décerner un ‘award’ au combo métal/punk le plus violent et le plus tordu du pays, le quintet d’Oslo aurait de fortes chances de faire partie des nominés.

Dans leur biographie, les Mongo Ninja se décrivent comme une ‘bande de vieux qui jouent de la musique d’adolescents’. Bien que tous vétérans de la scène norvégienne (NDR : la bio cite, entre autres, des participations à Emperor, aux Datsuns, aux Cumshots et à Blood Tsunami), les cinq ‘old men’ sont toujours très énervés ; et, il faut bien l’avouer, un brin déjantés. Kristopher (chant), par exemple est une véritable vedette de la télévision norvégienne. Celle-ci l’employait pour réaliser, en direct, des défis aussi subtils que chanter la tête enfoncée dans un poisson mort, marcher avec des pains à la place des chaussures, manger un lièvre entier (fourrure comprise) ou essayer de travailler comme prostituée en Thaïlande. Bref, le fils que vos parents ont toujours rêvé d’avoir. 

D’un point de vue purement musical, Mongo Ninja pourrait être décrit comme un coït brutal et furtif entre le heavy rock’n’roll de Motorhead, le death lourdingue d’Entombed, le trash humoristique de S.O.D. et le punk furieux de Discharge. Enregistré dans l’urgence, en seulement 48 heures, « No Cunt For Old Men » distille 30 minutes d’adrénaline pure, de riffs assassins, de vocaux vicieux et surtout de fun apocalyptique.

Un disque sale, vulgaire, violent et surtout génial à classer au rayon ‘pas pour les lopettes’ de bibliothèque audio.

MuséeMécanique

Hold this ghost

Écrit par

Après avoir accordé une surprenante performance folk-rock en support act de Get Well Soon, à l’AB Club de Bruxelles, ce 11 mars dernier, où la formation étasunienne présentait un trio de multi-instrumentistes séduisants, composé de l’ancien claviériste de Tristeza, Sean Ogilvie (chant/ clavier/guitare/accordéon/mélodica), de Matt Berger (batterie/percussions/glockenspiel) et de Micah Rabwin (chant/guitare/scie musicale/clavier), Musée Mécanique nous régale d’un album aux ondulations sonores, vibrant davantage sur des vagues pop que folk.   

Ce nom, volontairement emprunté au célèbre musée brocante de San-Francisco, bâtiment  reconnu pour abriter une collection singulière d’artefacts, de boîtes à musique mécaniques, d’antiques machines Arcade et de nouvelles technologies, reflète parfaitement le propos délibéré de Micah Rabwin déterminé à fabriquer des chansons artisanales et uniques à l’aide de matériaux d’hier et de demain : ‘Nous aimons faire des chansons qui aient leur propre âme, tout comme les machines qu'ils ont là-bas au musée’. Tel un bateau intemporel qui résonne d’images et de sons, « Hold this ghost » prend le large et navigue sans fin vers des rivages pop/folk nostalgiques et rêveurs. Naturellement. Accoutré d’instruments de friperie, d’équipements naufragés et d’électronique vintage. Symbiose entre humanité et technologie qui prendrait la forme d’une boîte à musique folk résonnant de mélodies soufflées d’un passé riche de mystères, d'émerveillement (« Fits And Starts ») et s’enrichirait délicatement de l'ère du numérique (« Our Changing Skins »). Bref, un pop-folk moderne qu’indiffèrent les influences classiques américaines et se marginalise par ses arrangements luxuriants et ses fondements électroniques.

Initialement produit et conçu par Rabwin et Ogilvie –mixé par Tucker Martine (The Decemberists, Sufjan Stevens et Laura Veirs)– le trio de Portland se métamorphose en quintette pour bâtir les piliers fondateurs de son premier opus baigné d’un pop/folk atemporel et bucolique. Les deux musiciens supplémentaires subliment les orchestrations de basse, de glockenspiel, de lecteur de cassettes (Jeff Boyd), de claviers, de lap steel, de mélodica et de percussions (Brian Perez) ; et consolident les fondements d’un puits bruissant de mélodies lyriques délicates et complexes. Un combo indie qui se moque des conventions et jongle avec dextérité d’une multitude d’instruments rarement vus dans l'industrie moderne. 

Le timbre cotonneux de Micah Rabwin, les calmes vagues sonores et le ton mélancolique de « Like Home » tracent l’esquisse parfaite d’un indie folk aux arrangements méticuleux. Une piste qui se dresse comme l’archétype idéal pour tout amateur du genre. 

C’est l’histoire d’un groupe d'amis féroces et d’artisans fantasques qui explorent le temps et le son. Un voyage au cœur des paysages épiques de Pink Floyd et des chemins de traverse sensibles et accrocheurs de l’acid-indie de The Flaming Lips.

Musée Mécanique, une nature authentiquement distincte. Le refus viscéral des vagues qui moutonnent…

 

Seabear

We Built A Fire

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Le volcan Eyjafjöll aura beau clouer les avions au sol, il n’en demeure pas moins impuissant face aux violentes ondes oniriques qui s’évadent des côtes islandaise pour éclairer les cieux indie internationaux. Cette révolution indie n’est pas exclusive de ‘la terre de glace’, elle surgit de tous les icebergs scandinaves. Un souffle glacial qui porte des airs tétanisés de poésie, d’esthétique épurée, d’instruments novateurs, de voix éthérées… Un îlot blanc peuplé de quelque 320 000 habitants qui interroge notre inertie par le nombre indéfinissable de groupes atypiques et talentueux qui explose chaque année : Sigur Rós, múm, Ampop, Borko, Jónsi, Sin Fang Bous, Arnalds Ólafur, Parachutes, Emilíana Torrini… Ce pays devient progressivement une référence en matière de pop et de post-rock : les Californiens de The Album Leaf enregistrent, d’ailleurs, dans les studios Sundlaugin de Jón Þór ‘Jónsi’ Birgisson (Sigur Rós), assez régulièrement.

Né d’un projet solo lofi imaginé par le chanteur multi-instrumentiste Sindri Már Sigfússon (Sin Fang Bous, Seabear épousera les formes d’un septuor expérimental lors de la confection de son premier album, "Ghost that carried us away", paru en 2007. Grâce à l’arrivée de Gudbjorg Hlin Gudmundsdottir, Ingibjörg Birgisdóttir, Halldór Ragnarsson, Örn Ingi Agustsson, Kjartan Bragi Bjarnason et Soley Stefánsdóttir, Seabear se pare de six artistes complets évoluant respectivement sur un projet personnel. Projets aux larges éventails artistiques passant de la musique (Kimono, Skakkamanage) aux arts visuels.

Ces multi-instrumentistes métamorphosent l’indie pop minimaliste de "Ghost that carried us away" et subliment « We Built A Fire » de sons folks résolument plus orchestrés. D’emblée, « Lion Face Boy » marque le coup par une rythmique plus grave, moins naïve. Une orchestration ornée de cuivres, de claviers vintages, d’accordéon qui orbitent autour d’une voix posée et tendrement pop. L’omniprésente présence de la guitare électrique et de la batterie sur l’ensemble de l’album ajoute un supplément de caractère aux compos. Seules les interventions incongrues du violon viennent briser le rythme (« Fire Dies Down »). Une piste  qui reflète d’ailleurs la structure générale et originale du disque où le rythme et la rupture de rythme sont toujours finement ciselés. Ces changements de rythme et cette alternance de passages posés et plus incisifs se lisent parfaitement sur « Fire Dies Down ». La piste s’ouvre lentement sur quelques arpèges de piano aigus, une guitare discrète, un violon mélancolique et succombe subitement sous des rythmes pop-folk excités. Bref, un concept album aux paroles gravitant autour du champ lexical du feu (« We Built A Fire », « Fire Dies Down », I’ll Build You A Fire », « Warm Blood…) habillé d’arrangements complexes sous haute surveillance.

Cependant, le néo-collectif islandais excelle davantage sur les chansons enlevées présentes dans la deuxième partie de la galette. Dès « Softship », les rythmes détonnent et revisitent les champs shoegazing et dream pop. Atmosphères chargées aux ruptures noisy magistralement maîtrisées sur l’excellent « Warm Blood ». Session euphorique durant laquelle un folk americana demeure présent en filigrane.  

Le très recommandable Clash Magazine a décrit Seabear comme la rencontre improbable de Sufjan Stevens répondant à un Unplugged d’Arcade Fire. Quant au Rolling Stones Magazine, il qualifie Sindri Már Sigfússon de nouveau ‘Beck islandais’. Eloges contestables mais non des moindres.

Preuve, s’il en est, que l’Islande possède des artistes aux dons exceptionnels et produit régulièrement des musiciens inédits.

Pour ceux qui auraient raté les sept de Reykjavik, ce 12 mai dernier, lors des dernières Nuits Botanique, une séance de rattrapage est prévue le 13 août prochain lors des Doux Vendredis d’Août au Théâtre Royal de Namur.   

The Strange Boys

Be Brave

Écrit par

Ces ‘Strange Boys’ sont manifestement étranges. Et pour cause, non seulement se sextet issu d’Austin (Texas) pratique une sorte de lo-fi surannée, poussiéreuse, née d’un mélange entre garage/rock 60’s et country marécageuse, hantée par un vocaliste dont le timbre est aussi écorché que gémissant. Mais la production de leur musique est complètement ‘vintage’. Pas vraiment des arguments pour accrocher l’oreille des mélomanes…

« Be Brave » constitue leur second elpee. Il fait suite à « The Strange Boys and Girls Club », publié en 2007. Et à l’écoute de leur expression sonore, il faut reconnaître que le « Wall of Crap » cher à Minus Story n’est jamais loin. L’opus souffle cependant le chaud et le froid. Les meilleures compos sont cependant celles qui sont imprimées sur un tempo plus lent. Et notamment « Dare I say », une ballade crépusculaire, caractérisée par les vocaux je-m’en-foutistes de Ryan Sambols, qui semble les dispenser les dents serrées. Ou alors lorsque les chœurs et le saxo malsain de Mika Miko se conjuguent pour faire le fête. A l’instar du titre maître. A cet instant, on imagine les Walkmen participant à une virée de Quentin Tarantino dans les scènes déjantées de son célèbre ‘Pulp Fiction’… Cools et flegmatiques, les Strange Boys sont d’authentiques branleurs rock n’ roll à l’ancienne. Dommage que leurs mélodies soient parfois un peu faiblardes (« Da Da » ou « Might Might ») et leur esprit un peu trop revivaliste. Une carence en originalité qui peut se révéler un peu pénible, au fil de l’écoute. Dommage aussi, car la formation jouit d’une classe naturelle et dispose d’un énorme potentiel susceptible de la rendre plus populaire. Maintenant, le combo n’a peut-être pas envie. Curieux quand même de vouloir rester scotché au passé. En déclamant, au tout début de l’elpee (NDR : c’est sur « I see ») ‘Tonight’s dinner will be tomorrow’s shit!’, Ryan Sambol fournit sans doute une explication. Et finalement, c’est très juste, quand on y pense…

 

Tape Tum

The Night We Called It A Day

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Tape Tum est le projet des frangins Dousselaere, originaires de Gand. Gage de qualité ? La ville qui a engendré quelques unes des meilleures formations issues de notre plat pays remet le couvert. Cette fois, tout en douceur. Il y a quatre ans, le duo entrait à tâtons sur la scène armé d’un « EP 2006 » qui les avait portés sur les planches du festival Domino ou même en première partie de Tortoise. Déjà à l’époque, Benjamin et Lieven délivraient de ravissantes mélopées pop, à l’instar d’un « Heart Of Gold » dont la mélodie vous colle aux basques comme un chewing-gum fraîchement mâché. Tape Tum réitère l’expérience tout au long de ce « The Night We Called It A Day », découpé en neuf morceaux. Neuf irrésistibles pépites pop aux (légers) accents électroniques et jazz. Un vent de fraîcheur que les fans de Grizzly Bear (« Wheelchair ») ou Pinback (« Crabp ») accueilleront la fenêtre grand ouverte.

Sans détour, « The Night We Called It A Day » est peut-être bien l’un des disques belges de l’année. Des ténébreux « Marlene » et « Spiders » aux sept fascinantes minutes de « Cassis », Tape Tum ne laisse rien au hasard. Chacune des compositions est judicieusement construite, sans la moindre emphase superflue. Responsable d’œuvre immanquable telle que ce « The Night We Called It A Day », Tape Tum devrait se retrouver, très vite, en haut de l’affiche. Et le contraire serait une véritable injustice.

 

Two Door Cinema Club

Tourist History

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Après l’éclosion de la formation écossaise Franz Ferdinand, puis new-yorkaise Vampire Weekend, serions-nous en présence d’un nouveau phénomène ? Une chose est sûre, cette formation issue d’Irlande du Nord vient d’enregistrer un superbe premier opus. Mais quel est l’origine de leur patronyme, Two Door Cinema Club. En fait, il est né suite à une erreur de prononciation d’un membre du groupe de ‘Tudor Cinema’, un cinéma local. Le trio réunit trois jeunes musicos. Ils ont été rapidement repérés par la très hype maison parisienne Kitsuné, une boîte gérée par les créateurs de mode Gildas et Massaya.

« Tourist History » réunit une collection de pépites pop hyper mélodiques, hymniques, limpides, et, avouons-le, tout bonnement irrésistibles! On imagine qu’Alex Trimble, Sam Halliday et Kevin Bairdont ont dû bosser dur pour pondre d’emblée pareille brochette de tubes !

« Cigarettes in The Theater » et le très léger « Come Back Home » séduisent d’entrée. Mais au fil de l’elpee, les compos deviennent de plus en plus brillantes. A l’instar d’« I Can Talk », caractérisé par son refrain qui mériterait de figurer au panthéon de la pop et de « What You Know », boosté par une ligne de guitare imparable! Un duo gagnant ! Les raisons de ce tour de force ? Une rythmique disco soutenue par des riffs géniaux, une voix claire et mélodique réminiscente de Ben Gibbard (Death Cab for Cutie) et une énergie synthétique digne de Phoenix… Que demander de plus ? Produit par Philippe Zdar (Cassius), « Tourist History » est vraiment proche de la perfection pop ; et en extrapolant, on pourrait imaginer être en présence d’une version light des Foals. Bref, 32 minutes de ‘vacances pour les oreilles’, comme le dirait si bien Jarvis Cocker…

A découvrir au Pukkelpop ce 21 août prochain, avant que le trio ne prenne une dimension planétaire…

 

Born Ruffians

Du rythme et des voix…

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Interviewer Luke LaLonde, le chanteur de Born Ruffians, relevait, pour votre serviteur, de l’enchantement. Et pour cause, le dernier opus de la formation canadienne, « Red, Yellow & Blue », était manifestement celui qui avait le plus tourné dans mon IPod, en 2008. Faut dire que cette rencontre entre le sens mélodique de Franck Black et le profil rythmique de Talking Heads, parcouru par le feeling unique du vocaliste, avait de quoi séduire. Luke est venu défendre le nouvel elpee du trio, « Say It ». Ses arguments ne manquent pas de conviction, mais le disque risque fort de décevoir les fidèles aficionados. A contrario, il pourrait conquérir de nouveaux fans. Motif ? « Say It » recèle bien moins de hits que le précédent opus ; mais il est bien plus cohérent. De quoi alimenter notre conversation…

Luke, tu ne débarques pas en Belgique, pour la première fois. Content de revenir à Bruxelles ?

Absolument ! Malheureusement nous ne disposons que de trop peu de temps libre pour visiter la capitale. En outre, aucun concert n’a été programmé dans l’immédiat. Faut absolument que j’en parle à notre manager, pour rectifier le tir…  

Les origines de Born Ruffians seraient très secrètes. Possible de lever un coin du voile ?

Pour être honnête, elles n’ont vraiment rien de bien secrètes (rires)… Notre aventure a commencé alors que nous n’avions que 16 ans. Au sein d’une petite ville sise dans Ontario (NDR : c’est au Canada), répondant au nom de Midland. Après avoir ramé pendant des années, s’être obstiné à répéter des compos bancales, on a décidé de déménager à Toronto. Où nous avons opté pour le patronyme de Born Ruffians. C’était en 2004. Deux ans plus tard, après y avoir accordé quelques shows, un manager mandaté par Warp est venu nous voir et nous a proposé de rejoindre leur label. D’abord pour enregistrer un Ep ; et puis accomplir une tournée américaine. Le reste appartient à l’histoire… 

Oui mais Warp est un label surtout notoire pour ses artistes électro. Il y a bien quelques exceptions comme !!!, Battles, Maxïmo Park, Gravenhurst et Grizzly Bear. Mais ils ne sont pas légion. Et puis, il faut croire que pour rejoindre cette section indie, il faut quand même respecter certains critères. Vous aviez l’impression de faire partie de leurs desseins ?

Warp était le label qui semblait le plus croire en nous à l’époque. Peu importe qu’il soit considéré comme électro ou pas. Je suis d’ailleurs grand fan des Boards Of Canada et de Jamie Liddle ! Je pense que Warp cherchait tout simplement à élargir son champ d’action, sur la scène pop/rock. Et nous ne pouvons que nous réjouir de leur soutien jusqu’à présent.

Pourquoi avoir confié à Rusty Santos (NDR : Animal Collective, Panda Bear, Owen Pallett) la production de votre nouvel album ?

Nous étions réellement satisfaits de son travail sur « Red, Yellow & Blue ». Rusty apporte une perspective unique à notre musique et nous pousse jusque dans nos derniers retranchements, en studio. Nous ne souhaitons pas une production standardisée et son approche non-conventionnelle nous convient parfaitement.

Qu’y a-t-il de fondamentalement différent entre « Red, Yellow & Blue » et « Say It » ?

Je pense que nous étions plus relax, mais aussi concentrés lors de la confection de « Say It ». Nous disposions de plus de temps (2 semaines !) et avions une meilleure idée de ce que nous voulions. Chaque morceau devait être construit lors des répétitions en studio. Il était important pour nous de ne pas se baser sur une démo préalablement enregistrée, mais de tout composer en live. L’évolution de jeunes gens d’à peine 20 ans est également un facteur important … (rires). Au cours des derniers mois, le line up de la formation a dû faire face à de nombreux changements. Une situation qui finalement nous a beaucoup rapprochés et même soudés ! Je crois que chaque petit changement dans la vie d’un artiste influe sur son art…

En enregistrant ce nouvel opus, aviez-vous, consciemment ou pas, une idée de votre nouvelle orientation musicale. Certaines découvertes récentes vous ont-elles influencées?

Nous désirions communiquer davantage d’émotion dans nos compos et écrire de véritables chansons pop dont les refrains seraient hérités en ligne droite de la fin des années 70 et du début des années 80. Nous les avons composées en nous imprégnant de l’esprit d’artistes comme Van Morrison, Amon Düül, les Beach Boys, Roy Orbison ou encore Tom Petty...

A l’instar des Talking Heads, la plupart de vos morceaux sont basés sur les rythmes. Une ligne de conduite ?

En studio, lorsque nous travaillons sur un morceau, nous précisons bien nos rôles. Sauf pour l’aspect rythmique dont nous partageons la même passion. Steve ne bosse pas beaucoup sur le sens mélodique, mais bien le rythme, la précision et la concision des morceaux. La mélodie est plutôt du ressort de Mitch ; mais il participe également à l’empreinte rythmique. Perso, je me concentre sur les harmonies vocales, qui elles aussi, sont fortement marquées par le rythme ! Lors des répétitions, nous ressentons instinctivement lorsqu’il est nécessaire de renforcer la ligne vocale et quel instrument doit mener le tempo. Néanmoins, malgré l’omniprésence de ces rythmes, je pense que « Say It » met surtout l’accent sur le travail des voix, tout en permettant aux chansons d’être fredonnées. Mais chassez le naturel…

Quels sont les artistes ou groupes que vous appréciez le plus, sur la scène contemporaine ?

J’avoue avoir beaucoup écouté le dernier album de Caribou… que j’ai eu la chance de recevoir avant tout le monde, car je chante le dernier morceau ! Mon ami Dave, de Tokyo Police Club, m’a également récemment envoyé son dernier cd et je le trouve superbe. J’adore aussi les Nurses de Portland. Nous allons d’ailleurs tourner avec eux, dès septembre. Je vous conseille l’écoute de Magic et des Slim Twig. Ils sont issus de Toronto. A côté de ces récentes découvertes, j’écoute surtout James Holden, Four Tet et Joy Orbison…

La communauté artistique de Toronto, c’est toujours d’actualité ?

En fait, j’ai déménagé. J’ai quitté Toronto pour Montréal! Mais j’y retourne bien entendu régulièrement ; non, non, rien n’y a changé !

 

Ninja Tunes fête ses 20 ans

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Le très respectable label Ninja Tunes fêtera ses 20 ans à Paris, New York, Berlin, Tokyo, Londres, Montréal et… Bruxelles ! L’Ancienne Belgique accueillera lors d’une soirée exceptionnelle les pointures de la maison ainsi que quelques petits nouveaux. En tête, les pères fondateurs Jonathan More et Matt Black, alias Coldcut. Mais également Bonobo, Amon Tobin, Roots Manuva, Kid Koala, Daedelus, Poirier, King Cannibal, Dorian Concept et Andreya Triana. Une soirée incontournable en perspective. Le prix des tickets est fixé à 26€ (6 tickets maximum par personne).
 

En marge de ces soirées intitulées « Ninja Tunes XX : 20 years of Beats ‘n’ Pieces », le label propose depuis quelques jours des morceaux et remixes rares de ses poulains. En tout, ce sont 20 titres qui seront proposés, chacun pour une période très limitée. Seule condition, s’inscrire sur le site www.ninjatunesxx.com

Le jour de son anniversaire, le 20 septembre, le label publiera également un coffret d’inédits en édition limitée.

Un de plus pour Eels

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Le prolifique E et ses Eels seront sur une des scènes du Pukkelpop cet été. Le 23 août, soit trois jours après cette prestation, la formation publiera « Tomorrow Morning » qui clôturera une trilogie entamée en juin 2009. Eels proposera 14 nouveaux morceaux.
 
Tracklist:
 
in gratitude for this magnificent day
i'm a hummingbird
the morning
baby loves me
spectacular girl
what i have to offer
this is where it gets good
after the earthquake
oh so lovely
the man
looking up
that's not her way
i like the way this is going
mystery of life
 
 

3eme collaboration entre Isobel Campbell et Mark Lanegan

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L’alchimie est totale entre Isobel Campbell et Mark Lanegan qui s’offrent une troisième aventure en tête à tête. Le successeur de « Ballad of The Broken Seas » (2006) et « Sunday At Dirt Devil » (2008) s’intitule « Hawk » et sera disponible à partir du 16 août. Willy Mason et James Iha prêtent main forte au duo sur quelques titres. Campbell et Lanegan présenteront le disque sur les planches de l’AB le 15 septembre (tickets déjà disponibles).

Tracklist:

01 We Die and See Beauty Reign
02 You Won't Let Me Down Again
03 Snake Song
04 Come Undone
05 No Place to Fall
06 Get Behind Me
07 Time of the Season
08 Hawk
09 Sunrise
10 To Hell & Back Again
11 Cool Water
12 Eyes of Green
13 Lately

Levi’s réanime The Shins

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Le grand retour de The Shins s’est opéré cette semaine via les Levi’s Pioneer Session. Depuis quelques semaines, le site propose gratuitement des reprises de classiques par divers artistes. Se sont déjà prêtés au jeu : The Swell Season, Nas, Dirty Projectors, She & Him et Colbie Caillat. Cette semaine, c’est James Mercer et ses Shins qui s’y collent en s’appropriant le « Goodbye Girl » du groupe pop des années 80, Squeeze. Pour acquérir ces morceaux, il suffit de se rendre sur www.levispioneersessions.com. En échange, il vous sera demandé de fournir une adresse mail et de mentir sur votre code postal.

Les prochains artistes à fournir une reprise inédite sont The Kills, Raphael Saadiq, Passion Pit, John Legend accompagné de The Roots, Jason Mraz et Bomba Estereo.



Les mouvements d’Autechre

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Quelques semaines seulement après la publication de « Oversteps », Autechre balance déjà la suite avec « Move Of Ten », prévu pour le 12 juillet. Il sera composé de 10 morceaux. Les fans peuvent d’ores et déjà jeter une oreille sur l’un d’entre eux, « y7 », en streaming sur le site du duo.

http://autechre.ws/move-of-ten/