La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Zola Jesus seconde version !

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Alias Nika Roza Danilova, Zola Jesus publiera un Ep ce 23 août 2010. Il s’agit de la suite de « Stridulum I », baptisée tout naturellement « Stridulum II ». Ce disque réunira des morceaux originaux ainsi que des reprises inédites. Et une tournée européenne, planifiée en compagnie de Xiu Xiu, devrait suivre…

http://www.vimeo.com/11649877

 

Loups universels.

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« Expo 86 » ? C’est le titre du nouvel album de Wolf Parade, dont la sortie est prévue pour le 29 juin prochain. Or l’exposition universelle de Vancouver s’est déroulée, il y a exactement 24 ans. Alors, quel rapport ? On devrait en savoir davantage d’ici quelques jours…

Jimmy Bowskill

Live

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Jimmy Bowskill est un autre prodige de la guitare, qui s’est révélé dès son plus jeune âge. Marqué très tôt par le blues, ce Canadien enregistre son premier opus, "Old soul", alors qu’il n’a pas encore 12 ans. Et embraie par "Soap bars & dog ears", deux ans plus tard ; soit en 2004. Puis en 2007, il publie un elpee éponyme.

Il était donc judicieux qu’il enregistre enfin un premier album ‘live’. Pour lequel il a bien sûr reçu le concours de sa section rythmique, soit le drummer Dan Neil et le bassiste Wayne Deadder. Notre gamin fêtera ses 20 printemps ce 16 septembre. Il partage la même date d'anniversaire que BB King, né en 1925, il faut le rappeler. Soit 65 ans plus tôt, quand même… Ce Cd est emballé dans une pochette très colorée, rappelant une époque lointaine où la fantaisie était élevée au rang d’art. Manifestement notre Jimmy y puise, avec une certaine gourmandise, son inspiration ; une période au cours de laquelle les guitaristes incarnaient des héros, et s’autorisaient, sans réserve, de longs exercices de style en solitaire. Il aimait les gratteurs anglais de cette grande époque et tout spécialement Peter Green et Paul Kossoff, un ange doué trop tôt disparu. Mr Bowskill signe une partie de son répertoire, car il aime les reprises qui ne sont pas des surprises.

"Far from reality" ouvre la plaque. Ses notes émanant de sa Gibson Les Paul sont largement amplifiées, puissantes, bien grasses. Sa voix s'est affermie pour ne pas dire affirmée ? Son hard rockin' blues tient la route. Il embraie naturellement par la cover du royal "Rattlesnake shake" de Peter Green, époque Fleetwood Mac de la fin des sixties. Le gamin est à l'aise et se fait plaisir. Cependant, les tonalités des cordes sont bien plus proches de celles de feuPaul Kossoff, le gratteur de Free. Pas étonnant dès lors qu’il adapte leur "Walk in my shadows", une compo qui figurait sur leur tout premier long playing. Les musiciens de ce british blues band étaient alors fort jeunes également. Paradoxalement, le chant évoque aussi furieusement celui de Paul Rogers. Il emprunte les mêmes intonations dramatiques et tout en conjuguant intensité et précision ; ce qui n’est pas un exercice de style facile, avouons-le! Parfois, je me demande s’il n’est pas carrément hanté par la formation londonienne. Douceur et indolence baignent son "Loser", une compo au cours de laquelle son timbre s'intègre parfaitement à l'ensemble. Il est passé à la slide pour attaquer "Be mine". Ses interventions sont puissantes, dévastatrices et –reconnaissons-le– écrasantes. Mais c’est le feeling qu’il veut faire passer. Il s’en délecte même jusqu'à l'écœurement, pensant sans doute au Jimi Hendrix interprétant l'hymne américain, à l'aube, au festival de Woodstock. A cet instant du set, le leader n’hésite plus à rajouter l’une ou l’autre couche, heureusement, bien secondé par sa section rythmique. Insatiables, les six cordes ont pris entière possession de la scène, et largement teinté de rock, son blues épais monte en décibels. C'est le moment choisi pour remettre une solide louche de Free. En l’occurrence sur "Ride a pony". Et la magie opère à nouveau, d’ailleurs, Jimmy Rogers-Kossoff a le sourire aux lèvres. En fin de parcours, le gamin se réserve son slow blues royal, lors de la reprise du "Three o'clock in the morning" de BB King. Il y témoigne à nouveau ce sens de la tragédie, en exprimant la souffrance sur les planches. Dans le style, cet elpee ne manque pas d’allure. C’est vrai qu’un gars de 20 balais doit encore prendre le temps de se faire plaisir…

Erja Lyytinen

Voracious love

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“Voracious love” constitue le troisième opus, de la féline Finlandaise, pour Ruf. Il fait suite à "Dreamland blues" et "Grip of the blues". Manifestement son œuvre la plus personnelle à ce jour. Notre rouquine s’est teint les cheveux en noir ébène. Son regard est devenu sombre. Mais en même temps, elle cherche à se montrer plus sexy. Ce qui explique sans doute le titre de son long playing. Pour enregistrer ce disque, elle a reçu le concours de ses musiciens locaux, dont le fidèle Davide Floreno, à la guitare rythmique.

L’album s’ouvre par le titre maître. La slide est généreuse. Les sonorités sont torturées, triturées par le recours fréquent à la pédale de distorsion. Les riffs sont puissants. Les interventions à l’orgue de Harri Taittonen accentuent cette impression. Perso, le travail opéré sur les voix féminines ne me botte pas trop. Erja a changé de look mais aussi de style. Si elle s’inspire toujours du blues, les sources ne sont plus aussi claires. S’il n’y avait l’échange entre la slide époustouflante et l’orgue Hammond, dont les tonalités insolites apportent un bon coup de fraîcheur, "Don't let a good woman down" serait une plage sans grand intérêt. "Crowes at your door" baigne au sein d’une ambiance mystérieuse, éthérée. Le tempo est lent. Tous les instruments sont bien en place ; et en particulier les cordes acoustiques, le piano électrique et l’harmonica, dont le souffle gémit en toile de fond. Erja doit être amoureuse. Communiquant un sentiment de douceur infinie, "Bed of roses" est une ballade bercée de violons et violoncelles. Elle y échange de tendres vocaux en compagnie d’un invité, Marco Hietala. Blues/rock de bonne facture, "Bird" s’appuie sur une solide ligne mélodique. Et toujours pas d’agressivité manifestée chez Miss Lyytinen tout au long de "Gilmore", une autre gentille ballade tramée dans les cordes. Cette douceur empreinte de mélancolie se prolonge lors de l’éthéré "I think of you". Du blues, quand même, sur le subtilement rythmé "Oil and water". Avant qu’Eerja nous revienne plus voluptueuse et envoûtante que jamais, lors d’un fragile "Can't fall in love", caractérisé par un solo aussi brillant que délicat. Enchanteresse, la slide refait surface sur le vibrant "One thing I won't change", une compo pop/rock de toute bonne facture. Et la fin de parcours de se consacrer à des folk songs, à l’instar de "Soul of a man" ou "Place like home". Manifestement, cet album marque un changement radical d’orientation chez Erja. Dans ces conditions, ses plus fervents adeptes risquent d'être déçus…

My Sleeping Karma

Tri

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Il ne faut pas se fier aux apparences. Malgré un nom aux consonances hindouistes et un artwork exotique plutôt réussi, My Sleeping Karma est bel et bien un groupe européen. Originaire de la ville bavaroise d’Aschaffenbourg, le quatuor redéfinit, d’une manière moderne et relativement originale, les clichés inhérents à la musique psychédélique. Entièrement instrumental, le nouvel opus mystérieusement intitulé « Tri », révèle une musique à la croisée des chemins entre le post-rock, le stoner et le space rock psychédélique.

Une guitare, une basse, une batterie et un ‘soundboard’ vous emmènent dans un voyage musical, spirituel et initiatique qui, si vous n’y êtes pas prédisposé, peut parfois se révéler un peu ennuyeux. Les compositions, instrumentales et répétitives, dépourvues de démonstrations techniques comme celles que l’on peut retrouver dans le rock progressif ou dans le métal néo-classique perdent parfois de leur intérêt sur la longueur.

Les inconditionnels de combos ‘stoner/post rock instrumental’ tels que Karma To Burn ou Pelican trouveront sans aucun doute leur bonheur à l’écoute de cette musique privilégiant les ambiances et les paysages sonores. Les autres n’y verront qu’une suite de riffs et d’arpèges, qui, dépourvue de chant et de soli, laissent parfois une légère impression de travail inachevé.

L’écoute de « Tri » peut toutefois se révéler être une expérience agréable pour celles et ceux qui, le troisième œil bien ouvert, ont envie de planer vers Shangri-La, au son des guitares électriques.

 

Pain Of Salvation

Road Salt One

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En 2010, le style progressif de Pain Of Salvation n’a plus grand-chose de métallique. Croyez-le si vous le voulez, mais j’ai presque envie de dire que c’est tant mieux. Jusqu’ici, j’avais toujours eu un peu de mal à comprendre l’engouement de la presse pour le combo de Daniel Gildenlöw. En 1997, suite à la lecture d’élogieuses chroniques, je m’étais rué sur « Entropia » qui, après de nombreuses écoutes, ne m’avait guère impressionné. L’album « Be », acheté sept ans plus tard m’avait lui aussi laissé sur ma faim. Depuis, j’avais carrément perdu de vue leur parcours…

Pourquoi, dans ces conditions, suis-je totalement scotché à « Road Salt One », le nouvel opus du combo suédois ? Pain Of Salvation aurait-il tellement changé en treize ans ? Ou, plus simplement, suis-je finalement assez subtil pour piger leur démarche ? Un peu des deux à vrai dire. Il est exact qu’au fil de l’âge, ma perception de la musique évolue. Et puis, il faut avouer que le rock progressif, largement influencé par le son des seventies de ce « Road Salt One », est tout à fait jubilatoire.

Exit les arrangements compliqués et les compositions à tiroirs, pour « Road Salt One », Pain Of Salvation va à l’essentiel. Et se montre aussi à l’aise en agrégeant rock à la Queen et Bowie période « Space Oddity » (« No Way ») que dans l’univers du blues (« She Likes To Hide », « Tell me you don’t know »). Cet elpee nous réserve également de superbes ballades mélancoliques (« Sisters », « Where it Hurts », « Road Salt »), mais aussi des titres tout à fait inclassables (« Sleeping Under The Stars », « Curiosity »). Une chose est sûre, nous sommes replongés directement dans l’ambiance enfumée des seventies. Libéré de son carcan métal progressif, Gildenlöw est devenu un électron libre. Il donne ici le meilleur de lui-même. Essayer « Road Salt One », c’est se condamner à l’adopter. Vous être prévenus.

Pour les collectionneurs, une édition limitée leur est réservée. En version digipack, elle sera enrichie d’un titre supplémentaire et deux versions étendues de chansons figurant sur la version classique. Comme son nom l’indique, « Road Salt One » n’est que la première partie d’un double album. Vivement « Road Salt Two » !

 

Quasi

American Gong

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Quasi 17 ans que le couple –marié, puis divorcé– sévit sur la scène alternative de Portland. Quasi réunit ( ?!?!) Sam Coomes (guitare, batterie) et Janet Weiss. Et la paire peut se targuer d’avoir collaboré à des tas de projets impliquant de grosses pointures de la scène indie américaine. Dont Elliot Smith, Bright Eyes ou encore Pink Moutain.

Vu les problèmes financiers rencontrés par Touch & Go (NDR : le label avait décrété qu’il n’allait plus publier de nouveaux albums, mais se concentrer sur son back catalogue ; depuis, il s’est ravisé, déclarant même qu’il allait reprendre ses activités normales, après restructuration), Quasi a décidé d’émigrer chez Kill Rock Stars. En outre, le line up s’est enrichi d’un troisième membre : Joanna Bolme ; bassiste, elle milite également chez Stevens Malkmus & The Licks.

Bonne nouvelle, « American Gong » privilégie le rock percutant ; parfois même dans l’esprit de Pavement. Et franchement, j’apprécie. Bien crade, la guitare domine le sujet, délaissant des claviers, un peu trop présents à mon goût, sur les disques précédents. Coomes s’autorise même quelques délires bruitistes. A l’instar de l’excellent « Bye Bye Blackbirds », plage au cours de laquelle on se demande comment il se débrouille pour retrouver le fil conducteur du morceau. Mais si Quasi adore faire cracher les décibels, il réserve également quelques excellentes ballades à « American Gong ». Dont l’acoustique « The Jig Is Up » et « Everything & Nothing At All ». Mon coup de cœur ira néanmoins à « Black Dogs & Bubbles », plus Neil Young que nature. A contrario, leur version du classique ‘cajun’ « Laissez les bon Temps Rouler » est plus que dispensable. Il y a encore bien l’une ou l’autre compo un peu moins réussie, mais en général, ce disque flaire bon le rock alternatif, excitant et jouissif de la seconde moitié des 90’s. Que du bonheur !

 

Silver Columns

Yes And Dance

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Fraîchement débarqué d’Ecosse, le duo Silver Columns a décidé d’apporter sa pierre à l’édifice du synthé-pop. A l’instar de Hot Chip, Johnny Lunch (ex-membre de The Pictish Trail) et Adam Ilhan aiment les claviers et comme leurs homologues, ils ont été propulsés par le label briton Moshi Moshi. Il y a quelque mois, le tandem avait commis un single, « Brown Beaten », une compo disco pop à l’allure’ bronskibeatienne’, révélatrice de leur potentiel.

« Yes And Dance » constitue donc leur premier essai. Les titres libèrent une belle dose de BPM susceptibles de faire remuer les foules. De quoi permettre aux corps d’atteindre un état d’élasticité surprenant. Les influences sont riches. Des plages comme « To Wake You » ou encore « Warm Welcome » lorgnent vers Hot Chip, époque « The Warning ». A cause de la texture semblable des beats ou encore des sonorités fluides du Wurlitzer. Second single, « Yes, And Dance » adresse un clin d’œil à Giorgio Moroder. La présence de synthés kitsch et d’un vocodeur intersidéral (NDR : il revient au goût du jour) corroborent ce point de vue.

Abordé intelligemment, le revivalisme 80’s de Silver Columns est agréable à écouter. Mais il a également un tout autre objectif ; car là où, cet été, il y a de la sueur et du dancefloor, il y aura certainement un duo écossais prêt à en découdre ! Alors oui ! On danse !

 

Angus & Julia Stone

Down The Way

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Pour les frangins Stone, le moment de vérité est arrivé. Papa et maman doivent être fiers. Cinq ans plus tôt, les deux oisillons australiens tentaient de faire leurs nids, chacun de leur côté. Après avoir décidé de se soutenir l’un l’autre en faisant équipe, Angus et Julia Stone se sont envolés vers la Grande-Bretagne. Ils y ont alors rencontré Francis Healy (Travis) qui, tombé sous le charme de leurs premiers gazouillis (NDR : consignés sous la forme d’un Ep intitulé « Chocolates & Cigarettes »), décide de les prendre sous son aile. Un échange de bons procédés suivra avant la naissance en 2007 de « A Book Like This », le premier LP des Stone. Trois ans plus tard, Angus et Julia publient « Down The Way ». Un disque livré à l’Europe sans détour, contrairement aux travaux précédents.

« Down The Way » renferme treize jolies ballades folk instinctives et pastorales. Exit les mélodies acoustiques de « A Book Like This ». La fratrie sort le grand jeu et se paye des arrangements beaucoup plus pros tout en adoptant des tonalités résolument plus folk-rock. Seule la formule de partage équitable du micro demeure immuable. Une formule assez standard qui fonctionne ici à merveille, tant les vocalises d’Angus et Julia se complètent naturellement. Ce qui n’empêche pas les morceaux interprétés de concert, par les deux frangins, de se révéler, malgré tout, un peu plus relevés que les autres. « Down The Way » évoque une rencontre entre Emiliana Torrini et un jeune Neil Young, sous un soleil printanier douceâtre. Le disque rêvé pour emballer cet été.

A découvrir en live aux Ardentes.

 

The Tallest Man On Earth

The Wild Hunt

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The Tallest Man On Earth ? Sous un tel patronyme, Jens Kristian Mattson était au moins assuré d’attirer l’attention des lecteurs du Guinness Book plutôt que celle des mélomanes. Et pourtant, non, il ne s’agit pas du plus grand homme sur terre, mais d’un songwriter suédois particulièrement doué. « The Wild Hunt constitue son 3ème album. Il fait suite à un elpee éponyme publié en 2007 et « Shallow Grave », en 2008 ; deux disques qui lui ont permis de tourner en compagnie de Bon Iver.

La musique folk du géant scandinave pourrait être taxée de revivaliste, tant elle est sous haute influence dylanesque. D’abord à cause du timbre nasillard de Jens. Et puis de son expression sonore essentiellement acoustique. Impossible d’ailleurs de ne pas penser au grand Zim, à l’écoute de « The Wild Hunt » ou encore Thousand Ways ».

Alors, The Greatest Bob Dylan Vocal Sosie ?

Manifestement la référence a de quoi plomber le débat. Et pourtant, le Scandinave parvient à tirer son épingle du jeu. L’émotion est palpable tout au long des 10 titres de « The Wild Hunt ». Elle est même très présente sur « Trouble Will Be Gone », caractérisé par ses arpèges cristallins, sur le très ambitieux « King of Spain » ainsi que le bouleversant « Love Is All ». Un morceau urgent et beau à pleurer à la fois. Bref si cet artiste n’apporte rien de bien neuf, il faut reconnaître qu’il possède un réel talent pour tisser des comptines folk. Qui lorgnent même parfois vers l’univers d’un Devandra Banhart, à ses débuts. L’elpee s’achève par « Kids On The Run », une ballade parcourue de superbes accords de piano. Digne du Boss!

Finalement, The Most Gifted Songwriter in Sweden…

Under Byen

Alt er Tabt

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« Alt er Tabt » constitue le quatrième opus de ce collectif danois ; et manifestement, il s’agit de leur album le plus complexe concocté à ce jour. Complexe, mais également minimaliste. Le départ de leur claviériste et principal compositeur de la musique, Thorbjørn Krogshede, y est sans doute pour quelque chose. Souvenez-vous, c’était lui qui nappait la plupart des titres, de ses interventions atmosphériques. Second changement, la voix d’Henriette Sennevaldt ne cherche plus à monter dans les tonalités aigües, dans l’esprit de Björk. Son timbre est beaucoup plus éthéré, un peu comme si elle chuchotait, après (pendant ?) un orgasme. Mais le plus difficile procède de ces structures constamment imprévisibles, que seule la ligne de basse parvient à canaliser. Une basse très présente (heureusement !), aussi viscérale que celle de Peter Principle (Tuxedo Moon). Un Tuxedo Moon dont le spectre revient régulièrement tout au long de l’elpee. Outre la basse, à cause des interventions fiévreuses, lyriques du violon et (ou) du violoncelle. Et puis de ces références qui oscillent de Stockhausen (les accès symphoniques contemporains) à Magma (le côté prog ténébreux) en passant par Terry Riley (l’électro organique), Robert Wyatt (le climat intimiste et les chœurs diaphanes) et Efterklang (l’électro-world). Tout n’est pas perdu, mais on ne voit pas trop comment Under Byen va se débrouiller pour écouler ses œuvres sur le marché du disque. Perso, je suis très ouvert à ce type de musique expérimentale, mais je doute fort que le mélomane lambda partage mon point de vue…

Christophe Willem

Heartbox (single)

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Vous souvenez-vous du parfum « Double Je », sorti par la marque Eau Jeune, il y a une dizaine d’années ? Un parfum peu cher, dont le concept résidait dans la composition chimique des deux éléments non miscibles. Une partie grasse et violette flottait à la surface tandis que l’autre fragrance, blanchâtre, demeurait au-dessous. Il fallait secouer le flacon avant de s’asperger. La publicité poétisait : ‘jamais celle que l’on croit’. En fait, le parfum laissait un film huileux sur la peau, et puait la cocotte.

Le rapport avec Christophe Willem ? L’une des ses chanson s’intitule « Double Je ». On le trouve également en grande surface (dans les rayons et dans les haut-parleurs). Le tout est a peu près du même goût, écœurant, médiocre et artificiel.

Sur le site du label et celui de l’‘artiste’, vainqueur de la nouvelle star en 2006, on peut lire que Christophe Willem est populaire : ‘Un premier disque de diamant, une Victoire de la musique, quatre Bataclan, trois Olympia, huit Cigale, un Zénith de Paris, et 130 000 spectateurs sur la tournée qui ont contracté la fièvre scénique de ce fauve libéré de sa cage cathodique.’ Son style y est qualifié de ‘bandant’. Et bien si le public francophone est excité par des purs produits de consommation tels que Christophe Willem, à mi-chemin entre une Mylène Farmer cheap et une Zazie discount, nous n’avons plus qu’à pleurer. Son premier single devait d’ailleurs s’appeler « Elu produit de l’année », et le choix est judicieux, car sa musique est le comble du commercial. De la musique de supermarché qui fait merveille au rayon charcuterie.

Lilly Wood & The Prick

Invincible Friends

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Un duo français qui chante en anglais ? Encore un ? Et pourtant on aurait tort de ranger Nili Hadida et Benjamin Cotto aux côtés de Cocoon ou encore de The Do, comme la plupart des journalistes ont tendance à le faire pour ces faibles raisons… Non, Lilly Wood and the Prick peuvent gentiment déclarer qu’ils apportent un grain innovant, plus mainstream que leurs compatriotes. Ce qui risque donc de les inscrire dans de plus hautes sphères. Du moins, s’ils continuent comme ils ont commencé…

Formé en 2006 et lancé en 2008 sur une compile Folk & Proud, le groupe sort en 2009 son premier Ep, dont le titre prête à sourire, « Lilly Who and the What? », uniquement disponible en version numérique. Après une notoriété myspacienne et une reprise remarquée du titre « L.E.S Artists » de Santigold, Nili et Benjamin enregistrent chez leur producteur Pierre Guimard, qui les accompagne également sur scène, et connaissent une tournée incognito relativement couronnée de succès : les copains lancent le ton dans la salle, et le public suit.

Le duo a préparé le lancement de son premier elpee, « Invincible Friends » sorti le 31 mai dernier, en publiant le single « Down the Drain », la plage la plus accrocheuse du disque, qui connaîtra certainement son heure de gloire méritée dans les soirées (parisiennes) indie électro ces prochains mois. « My Best » offre les mêmes gimmicks aussi bien affûtés pour une scène électro pop. Si le guitariste raconte avoir grandi dans le blues et le rock classique, ses références n’influent cependant sur l’album qu’en surface, en plus propre, plus léché, plus décent… C’est plutôt dans la voix féminine que l’on retrouvera les accents rauques bluesy. Les paroles de la chanteuse relatent leur quotidien, les soucis d’une population urbaine (« No no (Kids) ») et, dans cette nonchalance générationnelle, on pense à Adrienne Pauly (qui chanterait plus aigu), aux pleurnichements de Soko lors des ballades (« Cover my Face », « Prayer in c »), pour rester dans l’Hexagone. Cat Power alors ? Définitivement, moins pour les quelques accords au piano que pour cette langueur latente, mais manquant légèrement de coffre.

Cet album aux lyrics sans prétention et teintés d’ironie passe ainsi des riffs new wave aux sessions acoustiques agrémentées de flûte, en passant par quelques vagues folk. Si les Français insistent sur le côté ‘indé’ de leur dernière production, leurs deux gueules d’ange qui s’affichent sur un packaging off –et online– réussi démontrent une visibilité soignée et pas désagréable. Ce groupe photographique est cependant à découvrir, en enregistrement dans un premier temps car leur programme n’inclut malheureusement pas la Belgique pour les mois à venir…

Angelus Apatrida

Clockwork

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Le monde du métal a rencontré bien des difficultés à se reconstruire après avoir encaissé le séisme grunge et, dans la foulée le raz-de-marée alternatif. Nombreux sont les héros des eighties qui n’ont pas survécu à la catastrophe. Cependant, le métal est indestructible. Vingt années après le déluge, certaines branches de son arbre généalogique, supposées disparues à jamais, recommencent à bourgeonner. C’est le cas du Thrash Métal qui, depuis longtemps, ne proposait plus rien de vraiment excitant à se mettre sous la dent. Heureusement, le genre métallique, jadis initié par Metallica, Anthrax, Slayer, Megadeth, Exodus, Testament, Overkill et bien d’autres, commence à renaître de ses cendres sous l’impulsion de nouveaux combos fortement attachés à la tradition du riff puissant, lourd et agressif.

Nous avions déjà évoqué le génial Warpath, fer de lance du revival thrash britannique. Le mouvement s’étend désormais à l’Europe continentale. L’Espagne, elle aussi, s’est découvert un champion. En l’occurrence Angelus Apatrida. Formé en l’an 2000 dans la ville d’Albacete, le combo hispanique s’est donné pour mission de ramener à la vie le thrash originel de la Bay Area. Vélocité, brutalité, puissance, dextérité et respect des canons inhérents au métal traditionnel ; tout ce que nous aimions dans la scène thrash est réuni sur « Clockwork ». Après deux essais autoproduits (« Evil Unlished » - 2006 et « Give ‘Em War » - 2007), leur troisième opus sort sur la machine de guerre ‘Century Media’.

Les vocaux de Guillermo Izquierdo évoquent tour à tour ceux de Dave Mustaine (Megadeth), Chuck Billy (Testament) et John Connelly (Nuclear Assault). A l’instar des géants du genre, la musique combine agression et mélodie.

Fan de la violence des premiers albums de Metallica, de Megadeth, d’Annihilator et d’Anthrax, lève-toi ! L’heure d’exhumer vestes à patches, cartouchières et ceintures cloutées est enfin arrivée ! Le dieu Thrash est de retour, Angelus Apatrida est son prophète !

Auld Corn Brigade

A Fighter’s Lullabies

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Il ne fait aucun doute, à l’écoute de l’album « A Fighter’s Lullabies », que si les six membres d’Auld Corn Brigade avaient eu le choix, ils auraient préféré être irlandais qu’allemands. Leur punk/folk-rock festif serait effectivement beaucoup plus à sa place dans un pub enfumé des bas-fonds de Dublin que lors d’une fête Oberbayern munichoise.

Formé en 2006 dans la ville allemande de Norhausen, Auld Corn Brigade voue un culte démesuré à la culture irlandaise et à l’histoire tragique de l’Ile Émeraude. Pour son premier opus, le sextet dépoussière, à la manière punk, une série de chants traditionnels irlandais (« I’ll Tell Me Ma », « Muirsheen Durkin ») et de chansons issues du répertoire de folk-rocker rebelles tels que Paddy McGuigan (« Irish Soldier Laddie », « The Boys Of The Old Brigade » ou Seamus Duffy (« Sean South From Garryowen »). 

Sur « A Fighter’s Lullabies », chants guerriers et chansons à boire se côtoient au son décapant des guitares punk rock et du violon folk traditionnel.

Ceux d’entre vous qui, en février, avaient apprécié l’album « Until We Die » du combo tchèque Pipe and Pints et, le mois dernier, avaient craqué sur le génial « Live On Lansdowne »  des Dropkick Murphys, vont de nouveau devoir délier les cordons de leur bourse.

Been Obscene

The Magic Table Dance

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Ce n’est peut-être pas voulu, mais Been Obscene s’évertue à brouiller les pistes. Un nom taillé sur mesure pour un groupe brutal de death métal et une pochette qui pourrait illustrer l’album de n’importe quel combo viking/folk métal ; on est à cent lieues de s’imaginer être en présence d’un combo de stoner/psychédélique. C’est pourtant bien le cas.

Il faudra d’ailleurs un jour que nous pensions à lui demander de s’expliquer sur le choix de ce patronyme. Car, voyez-vous, il n’y a vraiment rien d’obscène sur ce disque. Du stoner, hyper mélodique, gentil et propre sur lui. Rien qui soit assez ordurier ou avilissant pour justifier ce nom, en tout cas.

Si, comme nous l’avons écrit plus haut, Been Obscene brouille les pistes, il est aussi très avare d’informations quant à son histoire. Pas de bio jointe au Cd promotionnel et un livret, certes joli, mais réduit au minimum. Le site du label Electrohash, lui-même, qui consacre pourtant une rubrique à chacun de ses groupes, est totalement muet à son sujet. Idem pour la page MySpace du groupe, où la seule information intéressante fournie nous vient de leur origine. Been Obscene est un groupe autrichien, établi dans la ville de Salzbourg. Il faudra donc se contenter de la musique. Et là, pas de problème. Si vous aimez les guitares lourdes, les riffs rock mid-tempo, et les ambiances psychédéliques, « The Magic Table Dance » est taillé sur mesure pour vos oreilles. Le groupe est aussi à l’aise sur les titres entièrement instrumentaux que les plages chantées. Les vocaux mélodiques de Thomas Nachtigal s’écartent de la norme ; ce qui est plutôt un plus. Le son est moderne et puissant. Been Obscene n’a manifestement pas cherché à recréer le son des seventies comme c’est souvent le cas en stoner.

Sans révolutionner le genre, l’écoute de « The Magic Table Dance » procure énormément de plaisir. A découvrir !

 

Born Ruffians

Say It

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Après avoir pris mon pied à l’écoute du premier album de Born Ruffians (« Red, Yellow & Blue »), paru en 2007, et savouré quelques Eps de toute bonne facture, j’attendais leur nouvel opus impatiemment. Fondé en 2004, dans la petite bourgade de Midlands (Ontario), ce trio (NDR : le chanteur/guitariste Luke LaLonde, le bassiste Mitch Derosier et le drummer Steven Hamelin) canadien est responsable d’une musique, ma foi, fort originale. A cause, bien sûr, du timbre nasillard et aventureux du leader. Et puis de cette rythmique épileptique et minimale, si caractéristique. Des titres remarquables, inspirés à la fois par les Pixies et les Talking Heads, comme « This Sentence Will Ruin/Save Your Life » ou « Hummingbird » en sont les plus belles illustrations.

« Say It » ne pouvait donc que confirmer. Avouons-le d’emblée, la première écoute de cet elpee m’a quelque peu déçu. Même si ce sentiment de dépit a été rapidement tempéré par la mise en forme de Rusty Santos (Animal Collective, Owen Pallett), qui est parvenu à préserver l’identité de leur musique. Et en particulier cette faculté naturelle à concilier concision et aridité. Pourtant si « Say It » semble plus cohérent, il est également moins immédiat. Et malgré les épatantes interventions vocales de Luke LaLonde, certaines compos finissent quand même par susciter l’ennui. Faut croire que depuis la sortie de « Red, Yellow & Blue », le combo souffre d’une carence d’inspiration. Maintenant, ne soyons pas trop intégristes, car dans leur style, Born Ruffians reste encore largement au-dessus de la mêlée. Et dynamisés par une rythmique fulgurante, des accès de basse vivifiants ainsi que des percus souples, les remuants « Higher & Higher », « Retard Canard » ou « Sole Brother » en sont la parfaite démonstration….

 

Editors

Eat Raw Meat = Blood Drool (single)

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« Eat Raw Meat = Blood Drool » constitue le troisième extrait de « In This Light And On This Evening », recueil des Editors, publié en octobre dernier. Le plaidoyer libertaire des Anglais s’accompagne sur ce maxi-single de deux titres originaux ainsi que de 3 versions inédites du morceau maître. A l’image de « Eat Raw Meat = Blood Drool », les deux nouveautés (« Alone » et « Thousands Of Lovers ») n’apportent pas grand-chose à la discographie du quatuor, qui avait jusqu’ici enchaîné les singles imparables aux riffs entêtants. Le seul véritable intérêt de ce single consiste en deux remixes du titre-maître. L’un par Tom Barman et CJ Bolland, alias Magnus, l’autre par Steppin Brothers. Tous deux taillés pour les grand-messes electro. Mais une chose est certaine. Ce n’est pas ce « Eat Raw Meat = Blood Drool » qui fera redécoller les ventes de « In This Light And On This Evening ».

Faithless

The Dance

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Le 8 mai dernier, Faithless réinvestissait l’Ancienne Belgique, les lieux de leur premier crime en Belgique. Soit onze ans après l’avoir commis. La formation qui, à l’instar d’un U2 ou d’un Prodigy, a affolé les sismographes bruxellois il y a quelques années, venait y présenter leur cinquième LP, très judicieusement intitulé « The Dance ». Et le public belge ne s’y est pas trompé. Non content d’avoir dévalisé le ticketshop de l’AB en moins de dix minutes, les citoyens du plat pays ont d’ores et déjà consacré ce disque qui, dès sa sortie, a raflé la ‘pole position’ des charts belges. Vous avez dit ‘fédérateur’ ? C’est le moindre que l’on puisse dire, tant la symbiose du public de Faithless est impressionnante.

Jusqu’à présent, la force discographique de Faithless procédait essentiellement de leurs singles, tous plus imparables les uns que les autres. Les albums, eux, étaient un peu moins facile à digérer dans leur ensemble. A l’exception de « Reverence », l’excellente première œuvre du trio. En 2006, « To All New Arrivals » atterrissait dans les bacs et dévoilait la facette plus mellow, plus en retenue de la formation. Ce qui n’était pas une grande réussite en soi. Quatre ans plus tard, le maître des manettes et homme de l’ombre Rollo, la magicienne du synthé Sister Bliss et le prophète Maxi Jazz ont choisi la route de l’indépendance en quittant les bureaux de Sony pour ceux de Pias. Une décision apparemment providentielle, puisqu’ils engendrent  aujourd’hui ce qui est probablement leur meilleur ouvrage. « The Dance » est un rouleau compresseur, parcouru d’hymnes taillés sur-mesure pour les stades. Les tubes ultra-efficaces « Not Going Home », « Tweak Your Nipple », « Sun To Me » et « Feelin Good » ne feront qu’asseoir, une fois de plus, la réputation de Faithless en tant que machine de guerre scénique. La galette compte la participation au micro de la fidèle Dido ainsi que celle de Mia Maestro, Dougy Mandagi (The Temper Trap) et Jonny ‘Itch’ Fox (The King Blues). En quatorze ans de carrière, « The Dance » marque le véritable premier sans faute de Faithless.

 

Foals

Total life forever

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Encore une fois, on va me regarder de travers après avoir lu la critique de cet album. Le deuxième de Foals. Qui est excellent, rassurez-vous. Simplement, parce que votre serviteur n’y a pas rencontré les mêmes courants référentiels (NDR : un grand mot, je l’avoue). Pas très contemporains, il faut le reconnaître, à contrario de tout ce que j’ai pu lire dans la presse spécialisée.

Pour enregistrer cet opus, le quintet s’est isolé en Suède. Du côté de Göteborg. Au beau milieu d’une zone industrielle. Et les musicos ont bossé comme des malades. En essayant de s’écarter au maximum du math rock de leurs débuts. Pour embrasser des influences très eighties. Celles de Talking Heads, tout d’abord. Que l’on retrouve en filigrane, tout au long de l’elpee. Et en particulier l’œuvre majeure « Remain in light ». Un disque qui a influencé les courants postpunk, world et new wave. Et le titre d’entrée « Blue blood » ainsi que l’hypnotique « After glow » en sont probablement les plus belles illustrations. Lorsque le tempo ralentit, et emprunte un profil funkysant, c’est plutôt à INXS (NDR : le contagieux « Miami »), à Spandau Ballet (NDR : époque « Chant no.1 ») et même à XTC (NDR : les percus menaçantes et ce remarquable travail sur les voix opéré tout au long d’« Alabaster »), que je pense. Quant à « 2 trees », il nous plonge au sein d’un climat atmosphérique, mélancolique, réalisant une fusion parfaite entre le feeling de Durutti Column (NDR : surtout pour la trame électro) et l’intensité électrique de Kitchens of Distinction. « Black Gold » lorgne même vers le reggae et le dub du Clash (NDR : et de « Sandinista! », of course !), tout en s’autorisant des digressions électriques à la Skids. Et en finale, « What remains » est même hanté par le spectre de Peter Gabriel. A cause de cette sensibilité world. De ces chœurs en boucle, aussi ; même si la dimension électronique évoque davantage Efterklang. L’occasion d’en revenir à des références plus contemporaines. Comme sur « Spanish Sahara », dont les montées euphorisantes, cette sensibilité romantique et cette tension progressive auraient pu naître d’une rencontre hypothétique entre Snow Patrol, Grandaddy et Sophia. Ou encore le single « This Orient ». Dont l’intro math rock puise aux sources du combo, alors que les envolées de six cordes empruntent manifestement à Bloc Party. Et pourtant, les élans de gratte sont moins fréquents. La voix de Yannis Philippakis moins agressive. Et les compos paradoxalement plus élaborées et plus fluides.

Bref, un chouette album, même s’il est le fruit d’un cocktail d’influences aussi riches qu’énigmatiques. Quoique… D’ailleurs, pas sûr que si les membres de Foals lisent cette chronique, ils vont être très heureux d’avoir ainsi vu leur musique décortiquée…

Fool’s Gold

Fool’s Gold

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La musique africaine, Vampire Weekend et Yeasayer la puisent chez leur référence majeure : Talkings Heads. Fool’s Gold, eux, préfèrent se servir directement à la source ! Les rythmes, les lyrics, les voix, l’ambiance et même la longueur des compos : tout un descriptif réminiscent du continent noir. Eponyme, le premier elpee de cette formation californienne constitue probablement l’aboutissement d’un concept débroussaillé par les deux combos susvisés. Pourtant, alors qu’on imagine les compos interprétées dans une langue proche du swali, elles sont en fait interprétées en hébreu… Pas parce qu’il existe une importante communauté juive en Ethiopie ; mais parce les co-leaders des Fool’s Gold, Lewis Pesacov et Luke Top, sont d’origine juive.

Et ce cocktail aussi étonnant qu’exotique, les deux comparses parviennent encore à le mâtiner de krautrock ! Effet de mode institué à Los Angeles ? Peut-être ! Mais une chose est sûre, les plages de cet opus sont excellentes. Au sein du collectif de la cité des Anges, figurent un membre des Foreign Born (Matt Popieluch), l’ex-batteur de We Are Scientists (Michael Tapper), une rock-star argentine (Erica Garcia) et un artiste plasticien brésilien (Salvador Placencia). Une joyeuse bande qui n’hésite pas à utiliser des tas d’instruments insolites : Gungon (tambour à peau), Gankogui (cloches), Kashishi (sonnailles en coquilles de noix) ou encore tambourin Mizhar. Parmi les huit chansons festives de ce long playing, on épinglera un blues saharien (« The World is All There »), du folk éthiopien (« Nadine), une immersion dans l’univers indien (« Ha Dvash ») et même un hymne contagieux (« Surprise Hotel »), qui aurait pu naître d’un séjour des Pixies en Afrique. Un tour du monde salvateur et convainquant, opéré en période de sinistre débat sur l’identité nationale ou sur le port du voile… Multiculturel, fun et sans prétention. Et on se met même à rêver de se prélasser voire de danser sur le rythme de leurs compos, lors d’une journée festivalière ensoleillée. Ma carte ‘World Music’ de l’année !