L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Thibaut Derien

Le Comte d’Apothicaire

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Après avoir publié deux albums en 2003 et 2005, en compagnie du groupe De Rien, Thibaut a choisi la solitude pour concocter son dernier projet, « Le Comte d’Apothiciare ». Un disque qu’il a réalisé (presque) seul sous son véritable patronyme, Thibaut Derien. Néanmoins, il a quand même bénéficié de l’un ou l’autre petit coup de pouce. Parmi lesquels on épinglera les compositeurs Cyril Giroux et Benjamin Scampini, ainsi que Bertrand Louis qui participe activement aux arrangements.

Suivant son habitude, Thibaut nous emmène sur les chemins de la vie, à travers des textes poétiques où fleurissent allègrement les jeux de mots ou les tournures de phrases originales, voire comiques. L’humour est omniprésent tout au long des douze titres de cet elpee. Simples, tendres et romantiques, les chansons parlent de tout et de rien. Et nous plongent dans une forme de surréalisme où poésie et musique aux relents classiques semblent faire bon ménage. Mais trop de fantaisie tue la fantaisie. Car, si prescrite à doses homéopathiques, cette œuvre peut paraître plaisante, au fil de l’écoute, on se rend compte que les compos souffrent parfois d’un manque de relief. Ce qui explique, sans doute pourquoi, elles deviennent lassantes. Quoiqu’inégal, l’opus recèle quand même quelques titres intéressants. Et je pense tout particulièrement à « Les Acouphènes », au cours duquel il partage un duo en compagnie de François Hadji-Lazaro ou encore « Mon disque d’or », dont le texte original ne manque pas de piment. Bref, un disque ‘bon enfant’, mais qui ne laissera pas de souvenir impérissable…

 

Eric Frasiak

Parlons-nous

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« Parlons-nous » constitue le quatrième album d’Eric Frasiak. Originaire des Ardennes françaises, ce chanteur est né il y a déjà plus de 45 ans. Pas vraiment une star, vous en conviendrez ! Pourtant cet auteur/compositeur/interprète gagnerait à être un peu plus connu ou plutôt moins méconnu ! Ses chansons ne manquent pas de style. Les textes tiennent la route et certaines de ses compos lorgnent carrément vers le ‘rock’. Mais en général, elles embrassent un style ‘chanson française traditionnelle’, ce qui n’est en rien une tare, bien au contraire.

Le parcours de cet illustre inconnu (NDR : avant de recevoir ce cd, j’avoue ne jamais avoir entendu parler de cet artiste) est assez particulier. Fan de François Béranger à l’adolescence, admirateur également de Ferré, Lavilliers, Springsteen, Pink Floyd et Genesis, entre autres, il garde de cette époque un goût prononcé pour les textes de ses compatriotes et la qualité musicale des seventies des autres. Agé de 19 ans en 1983, après avoir chanté dans les MJC et autres bals populaires des reprises de son idole, il tente l’expérience de l’enregistrement de ses propres compositions. La réussite lui tourne le dos et son album ne verra pas le jour… Retour donc à la case départ pour Frasiak ; et comme il faut bien vivre, les petits boulots alimentaires (roadie ou figurant, commercial, manœuvre ou soudeur) se succèdent.

Le virus de la chanson le reprend en 1996 (NDR : il compte alors déjà 33 ans au compteur) et la scène le démange. Il remonte sur les planches avec un certain succès, mais uniquement au sein des circuits locaux… Malgré tout, un premier album voit le jour en 2003. Signé par Frasiak et les Passagers, « Repartir à zéro » porte bien son nom. C’est en effet un nouveau départ qu’il prend dans le milieu de la chanson. Connaissant son petit succès, Eric persévère, sort un second opus intitulé « Itinéraires », en 2006 ; et même un live, en 2008. Il est vrai que l’accès à ‘la profession’ est devenu beaucoup moins difficile depuis une dizaine d’années.

Fin 2009, il publie le résultat de son troisième séjour en studio. Quinze titres tous écrits de sa plume, sauf un : « Vingt ans ». Qu’il emprunte magistralement à Léo Ferré. A l’écoute des quinze plages, on constate que Frasiak ne parle pas pour ne rien dire. Chaque texte délivre un message qui lui tient à cœur. On retrouve une certaine sincérité dans ses propos ; sincérité ou authenticité qui ne risquent guère de lui ouvrir, malgré tout, les portes de la reconnaissance… Les ondes n’ont pas pour habitude de ‘pousser’ un espoir de 40 ans bien tassés. Il en parle d’ailleurs très bien dans « Les bonimenteurs », chanson pleine d’humour et de dérision… Autres titres qui feront le bonheur des amateurs du genre : « T’étais pas né » vraiment splendide de musicalité et d’intelligence, « François Béranger » en hommage à son modèle d’il y a une trentaine d’années et « Le tango de la jetset », dont le texte sonne ‘tellement vrai’.

Quinze titres pour une heure de musique plaisante et qui ne suscite jamais l’ennui. Bon nombre de ses contemporains ne peuvent en dire autant !!!

 

General Fiasco

Buildings

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Qu’est-ce qui pourrait pousser trois jeunes Irlandais à se jeter dans la gueule du loup, heu du rock ? Une tradition ? Un héritage abandonné par leurs aînés des Cranberries voire de U2 ? Alors là, pas vraiment. Le seul point commun entre ces 3 groupes procède de leur origine : une île occupée par leurs meilleurs ennemis british, c’est tout ! Ah si, il y en existe une autre évidemment : ils jouent de la musique ; mais chez General Fiasco, pas vraiment du même tonneau que celle de leurs illustres compatriotes. Mais qui donc se cache derrière ce pseudonyme bizarre ? Fiasco général ! Amusant, révélateur, annonciateur ? Il faut espérer que leurs qualités musicales soient inversement proportionnelles à leur patronyme.

Au sein de la formation, militent les frères Strathern : Owen au chant et à la basse ainsi qu’Enda à la guitare. Un combo complété par un ami de lycée : Stephan Leacock, qui se réserve les drums. Leur carrière débute en 2007 par quelques concerts ‘discrets’ ; cependant, ils sont vite repérés par des formations de plus gros calibre telles que The Wombats ou The Pigeon Detectives, pour n’en citer que deux. Un single sera l’élément déclencheur de leur courte carrière. « Rebel Get By » paraît en novembre 2008 et, jouant au cachet sur les émissions musicales de la BBC, ils sont rapidement considérés comme un des dix meilleurs espoirs à venir du rock britannique.

Deux ans plus tard, nos trois ‘gamins’ nous présentent leur premier album, « Buildings ». Et ici, ça se corse. Il y a deux façons de voir les choses. On aime pour la fraîcheur, le côté gentil rock inoffensif ou alors on jette vite fait ; vu justement un manque d’originalité évident. Personnellement, j’aime assez cette musique facilement accrocheuse, pas trop compliquée et qui entre bien dans l’oreille dès la première écoute. Evidemment, c’est pas réellement original, mais les dix plages ne sont pas non plus désagréables à se déverser dans les oreilles. J’épinglerai même quelques belles réussites telles que « Sinking Ships », vraiment superbe, « Ever so Shy » qui déménage pas mal ou encore « I’m not Made of Eyes » que ne renierait pas Snow Patrol, par exemple.

En conclusion, personnellement, j’aime assez ce style un peu facile mais tellement à la page actuellement ; n’en déplaise aux détracteurs grincheux de General Fiasco. Je dirais même plus, j’en redemande. A quand le prochain Jonas Brothers par exemple ? Le fiasco, c’est peut-être bien les ‘critiques casseurs’ qui se le prendront en pleine poire un de ces quatre…

 

Hayseed Dixie

Killer Grass

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Pour comprendre le jeu de mots qui se cache derrière le nom ‘Hayseed Dixie’ il faut savoir qu’au départ, ce groupe se consacrait exclusivement à des reprises d’AC/DC en version country/hillbilly/bluegrass. Paru en 2001, « A Hillbilly Tribute to AC/DC » (NDR : vivement conseillé à tous les fans d’Angus & Co) a permis au monde entier de découvrir le ‘Rockgrass des montagnes Appalaches’. Au cours des neuf dernières années, bien d’autres disques de reprises (mais aussi de titres originaux) ont complété la discographie de ces quatre rigolos. Citons par exemple l’excellent « Kiss My Grass » qui en 2003 revisitait à la sauce bluegrass dix compos issues du répertoire du célèbre quatuor maquillé new-yorkais ou encore « A Hot Piece Of Grass » responsable d’avoir fait rocker le pays des cow-boys, grâce à ses versions country du « War Pigs » de Black Sabbath ou des « Black Dog » et « Whole Lotta Love » de Led Zeppelin.

Pour son huitième opus, « Killer Grass », Hayseed Dixie a vu les choses en grand et propose, en plus du Cd, un Dvd bourré de surprises toutes plus hilarantes les unes que les autres. Parlons de la galette musicale en premier lieu. Comme il en a pris l’habitude depuis quelques années, le gang mélange ses réinterprétations de classiques du rock et du hard rock à ses compositions originales. Celles-ci sont d’ailleurs plutôt désopilantes. Sur « Alien Abduction Probe »,  par exemple, Barley Scotch (chant, guitare et violon) raconte les douleurs récurrentes dont souffre son fondement depuis qu’il s’est fait enlever par des extra-terrestres. Sur « Underneath the Bed », il demande des explications à sa compagne à propos d’un préservatif retrouvé sous le lit dans l’une de ses chaussures. Sur « Tolerance » il explique qu’il aimerait donner un peu de sa ‘tolérance’ à son prochain. Et surtout à ceux qui imaginent qu’elle est insuffisante dans le monde ; car il est devenu si tolérant à l’alcool et aux drogues douces, qu’il n’arrive plus à s’envoyer en l’air.

Si tous ces titres originaux nous font bien rire, c’est surtout sur les reprises que les quatre Yankees parviennent à nous faire prendre notre pied. Autant vous dire que le ‘rockgrass’ 2010 est une excellente cuvée. Une fois de plus, Hayseed Dixie s’est attaqué à du lourd. En premier lieu, une version géniale du « Bohemian Rhapsody » de Queen dont le clip hilarant (qui pastiche la célèbre vidéo originale des Anglais) figure aussi sur le Dvd. Ensuite, les relectures bidonnantes du « Sabbath Bloody Sabbath » de Black Sabbath et du « Won’t Get Fooled Again » des Who ainsi qu’un « Rambling Man » du Allman Brothers Band comme vous ne l’avez jamais entendu. Pour terminer, le combo qui, en général se cantonne aux covers de rock plutôt classique, opère deux incursions jouissives dans des univers musicaux littéralement différents. La première en adaptant à sa sauce « Omen », titre signé par les Anglais industrieux de Prodigy ; l’autre, en opérant une petite incursion dans la musique classique, lors d’un « Eine Kleine Nachtmusik » de Mozart, rebaptisé pour la circonstance en « Eine Kleine Trinkmusik », mieux adapté à la philosophie du groupe.

La rondelle digitale et versatile quant à elle contient six clips vidéos, réalisés il est vrai, avec des moyens limités, mais tellement bourrés d’humour que l’on prend un réel plaisir à les regarder. Hayseed Dixie, nous gratifie aussi de quelques ‘tutoriels’ sympathiques : une époustouflante leçon de banjo accordée par le Reverend Don Wayne Reno et une autre de basse acoustique dispensée par Jake ‘Bakesnake’ Byers. Ce dernier explique d’ailleurs aussi, dans une autre vidéo instructive bourrée (on l’espère en tout cas) d’humour noir, comment se débarrasser d’un cadavre encombrant (NDR : souvenez vous que l’album s’intitule « Killer Grass »). Quelques petites vidéos amusantes ont aussi été ajoutées à l’objet, comme par exemple, une publicité filmée par le groupe pour une grande marque de préservatifs ou une jam sympathique exécutée en compagnie d’un percussionniste africain.

Signalons pour terminer que, si les musiciens aiment se donner des airs de ‘bouseux du sud profond’, leur Dvd est à la pointe de la technologie. En effet, Hayseed Dixie a eu l’excellente initiative de faire plaisir aux ingénieurs du son et aux producteurs en herbe en proposant l’intégralité de son album en fichiers audio multipistes permettant à tout un chacun de remixer les titres à sa guise, pour peu qu’il soit en possession d’un logiciel comme Pro-tools, Garage Band ou Logic.

Que vous soyez cow-boy, camionneur ou fan de rock, « Killer Grass » est l’album indispensable si vous voulez vous payer une bonne tranche de rigolade. Merci Dixie !

 

Kiss The Anus Of A Black Cat

The Nebulous Dreams

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J’avoue avoir rarement entendu un nom de groupe aussi original. Pas vraiment séduisant, mais au moins, ce patronyme a le mérite de nous annoncer l’ambiance au sein de laquelle leur musique macère ; soit une atmosphère malsaine, glauque et inhospitalière. En effet, ce patronyme rappelle un ancien rituel célébré par les sorcières pour invoquer le malin. Tout un programme !

Le troisième opus de KTAOaBC est paru chez Conspiracy. Stef Heeren a donc délaissé le label gantois KRAAK, pour se réfugier auprès d’une écurie jouissant d’une plus grande notoriété. Et pour cause au sein de ce label, militent des groupes comme Red Sparowes, Year Of No Light ou encore Nadja.

« The Nebulous Dreams » propose 3 morceaux en à peine 30 minutes. Une œuvre qui nous entraîne au cœur d’un univers trouble, étrange, et surtout rarement exploré par un groupe bien de chez nous. « Between Skylla And Charybdis » ouvre l’elpee. Une plage de 15 minutes au cours de laquelle des bruits stridents envahissent une solution sonore texturée par des violoncelles en couche, des nappes d’orgue et d’autres instruments indistincts. Progressivement un tempo lent, accablant s’impose. A l’issue d’un crescendo de 8 minutes, on se retrouve aux portes des ténèbres. C’est alors que Stef Heeren pose son timbre grave, tel un prédicateur. Il met alors un terme à cet office dark folk. Une intervention que n’aurait pas reniée David Eugene Edwards (Woven Hand) ou encore Nick Cave. Place au drone ensuite. Un drone hypnotique, sordide, gothique, écrasant, hanté de chœurs macabres, qui enveloppe « Dypthich » de mystère. Il faut attendre le dernier morceau de ce mini-elpee pour s’extraire quelque peu de cet univers tourmenté. Pas au point de faire la fête, néanmoins. Un peu moins glauque, « Miserere » conjugue accords de guitare acoustique et chœurs mystiques. De quoi ramener un peu de sérénité, au moment d’achever ce « Nebulous Dreams »…

La musique de Kiss The Anus Of a Black Cat évolue à la croisée des chemins de Sunn O))), Woven Hand et Nick Cave. Mais si elle est particulièrement sombre, elle est aussi très belle. Pas très accessible au mélomane lambda, je l’avoue. Stef Heeren a plus que probablement un don pour provoquer la nausée chez les âmes sensibles. Quoiqu’il en soit à l’écoute de ce « Nebulous Dreams », impossible de rester indifférent. Vous êtes prévenus !

 

The Mannish Boys

Shake for me

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Les Mannish Boys constituent, en quelque sorte, la genèse du label californien Delta Groove. Et pour cause, il a été fondé par Randy Chortkoff, pour lancer la carrière de cette formation. L’écurie, tout comme le groupe, célèbrent donc au même moment leur cinquième anniversaire, ponctuant cet événement par la sortie du cinquième album du band ; un combo qui a été nominé aux Blues Music Awards en 2007, 2008, 2009 et 2010. Excusez du peu! 

Chortkoff est également l'harmoniciste chez les Mannish Boys. Et bien sûr, pour enregistrer ce nouvel opus, le combo a reçu la collaboration de la crème des musiciens blues de Los Angeles, dont le talentueux pianiste Fred Kaplan (Hollywood Blue Flames), qui apporte son concours à la majorité des titres.

L'ouverture est royale. La guitare de Nick Curran ouvre le feu face aux cuivres. Il pète le feu et affiche une classe pas possible ! Mais le son de sa gratte est vraiment pourri. Ce qui n’empêche pas la voix chaleureuse de Finis Tasby de venir se poser délicatement sur cette cover du "Too tired" de Maxwell Davis. Une performance de choix qui se poursuit tout au long du medley "Mona"/"Willie and the Hand jive" (Bo Diddley/Johnny Otis), un morceau imprimé sur le Diddley beat, bien sûr. La section rythmique libère un fameux groove, alors que le chanteur/guitariste maison, Mike Zito, soutenu par Bobby Jones, se charge des parties vocales. "Reconsider baby" est une compo signée Lowell Fulsom. Finis chante ce west coast blues classique, pendant que Goldwasser y apporte ses touches subtiles à la six cordes (NDR : il faut reconnaître que depuis qu’il s’est exilé en Californie, le Français mène une brillante carrière). "Educated ways" est issu de la plume de Chortkoff. Une excellent compo au cours de laquelle il se réserve la slide, mais aussi démontre toute son adresse et sa vivacité au bottleneck, devant les ivoires de Kaplan. "Half ain't been told" campe un duo émouvant entre la voix puissante de Bobby Jones et le piano de l'invité Rob Rio. Figurant au répertoire d'Otis Spann, cette plage rend hommage à l'inoubliable accompagnateur de Muddy Waters. Chanté par Goldwasser, "Number 9 Train" alimente un autre duo. Primaire, primitive même, la slide est talonnée par les percus de Bott qui empruntent le rythme du chemin de fer. "Last night" est un superbe slow écrit par Little Walter, un Chicago blues auquel participent Tasby, Franck et Fletcher aux guitares, et dans le rôle de souffleur, Rod Piazza en personne. Il s’y révèle impeccable ! Le "Hey now" de Ray Charles est interprété à la manière du Genius, par Bobby Jones devant les cuivres et les cordes de Mr Fletcher. La même équipe remet le couvert lors d’une version saignante du "You can't be beat" de Howlin' Wolf. Les arrangements baignent dans le West Coast jump. Le boss se concentre à l’harmo, alors que Kirk et Randy se déchaînent aux cordes. Et la suite ne faiblit jamais. "Black nights" évolue dans un registre proche de BB King. "The bullet" exhale une grande envolée instrumentale. Toute en swing, elle met en exergue des échanges époustouflants entre Fletcher, Nick Curran et le piano boogie woogie de Kaplan. Chortkoff a certainement composé "Those worries", en hommage à George Smith. Empreint d’une grande sensibilité, et caractérisé par la présence de Lynwood Slim sur l'instrument chromatique, ce blues lent est dominé par la voix puissante et graveleuse de Jones. Et on n’est pas au bout de nos (bonnes) surprises. Arthur Adams chante son "Raunchy", un morceau inévitablement funky. Les sonorités de sa guitare sont très spécifiques, un peu comme si l’artiste et l’instrument ne faisait qu’un. Randy en profite pour souffler dans son harmo diatonique. Johnny Dyer n’a pas perdu ses bonnes habitudes. Il assure les vocaux tout au long de "Champagne & reefer", en rendant hommage à son vieux et regretté compagnon Muddy Waters. Mitch Kashmar le soutient à l'harmonica. Bobby Jones interprète encore "You've got bad intentions", à la manière des grands blues shouter. Fletcher s’autorise une nouvelle sortie impériale. Big Pete Vander Pluijm est également de la partie. Et c’est une surprise. Le Batave rend à son tour un hommage. Mais à Lester Butler. Sur "Way down South". La finale. Il chante et souffle énergiquement auprès de Kid Ramos à la guitare et Andy Kaulkin au piano. Un superbe album qui mérite déjà sa place parmi les meilleurs disques de blues, pour l’année 2010…   

 

Nice Nice

Extra Wow

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Pas peur les deux savants fous de Nice Nice. En intitulant leur second elpee « Extra Wow » (le premier sous la houlette de Warp), ils avaient plutôt intérêt à délivrer un contenu irréprochable. Originaires de Portland, le duo propose l’un des premiers ovnis de l’année. Totalement inclassable, « Extra Wow » évoque un dîner en tête-à-tête entre King Crimson et Gang Gang Dance, au cours duquel Tyondai Braxton ferait subitement irruption (« On and On », « Everything Falling Apart »), avant de céder sa place à Konono n°1 (!) (« See Waves »), immédiatement après avoir retourné la vaisselle. Mark Shirazi et Jason Buehler, alias Nice Nice, envoient tout ce qu’ils ont dans le ventre et dans la tête, en vrac et avec conviction. Et la formule magique des deux hommes fonctionne à la perfection.

« Extra Wow » est porté par le single « One Hit », qui en impose dès son ouverture, à coups de grosses caisses et de vocalises retentissantes. Des morceaux tels que le drone psyché « Make It Gold », le féerique « New Cascade » ou le vertigineux « A Little Love » résonnent jusqu’aux moindres recoins du cortex cérébral. La force de Nice Nice réside en sa capacité à engendrer des litanies à la fois expérimentales et accessibles, sans arrogance ou intellectualisme saugrenu. « Extra Wow » est un labeur bien plus poussé et harmonieux que « Chrome », lequel manquait cruellement de consistance. En résumé, comme dirait le poète Borat, les deux pouces en l’air : ‘Naaaaïce !’

 

Tunng

…And Then We Saw Land

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Cette formation anglaise peut se targuer d’être devenue un des ensembles folk les plus originaux de sa génération. Quatre albums déjà que Tunng nous dispense ce type de folk expérimental, mâtiné d’un zeste d’électronica. Depuis les débuts du groupe, l’alchimie entre les deux membres fondateurs Sam Gender et Mike Lindsay fonctionne à merveille. Mais avant de concocter leur second opus, les deux musiciens ont ressenti la nécessité de s’adjoindre de nouveaux collaborateurs. Quatre d’un coup ! Et à temps plein. Néanmoins, jusqu’alors, les deux membres fondateurs continuaient de se réserver l’écriture des morceaux. C’est après le départ de Sam Gender, soit entre la sortie de « Good Arrows » et ce dernier opus, que la dynamique de groupe s’est véritablement mise en place. Et cela se ressent, car l’aspect expérimental développé sur les précédents elpees, est ici beaucoup moins présent. Hormis, l’excellent « By Dusk They Were In The City », les morceaux instrumentaux ont été écartés. Et les samples sont plus rares. Résultat des courses, ce long playing est plus accessible et même contagieux. On rentre même dans « …And Then We Saw Land » comme dans du beurre. Pas que Tunng se soit converti à la pop banale ou superficielle. Loin de là ! Les mélodies (NDR : un des points forts du combo insulaire) sont toujours du même calibre (NDR : pensez aux excellents « Bullets » ou encore à « Jeny Again »). Aucun titre faible. Entre sonorités électroniques et percus, les arpèges se fraient un passage entre les rythmes allègres. Une formule qui a fait ses preuves. La voix de Mike Lindsay est d’une incroyable douceur. Et celle de Becky Jacobs est ici bien plus charismatique. Elle pose même son timbre sur la plupart des morceaux. Et assure les lead vocals sur l’un ou l’autre titre. A l’instar d’« October » ou encore de « These Winds ». Un bien bel album que Tunng viendra défendre ce 21 avril au Botanique ; et à mon humble avis, leur set vaudra le déplacement… 

Uriah Heep

Official Bootleg Live At Sweden Rock 2009

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S’il existe un groupe qui mérite autant sa place que Deep Purple, Black Sabbath et Led Zeppelin au panthéon des formations anglaises les plus influentes de la scène heavy rock, c’est bien Uriah Heep. Pourtant, ce patronyme est un peu moins connu du grand public que celui des trois groupes précités. Etonnant, lorsqu’on sait que depuis sa formation, en 1969, la formation britannique a tout de même vendu plus de trente millions d’albums. Et puis, aujourd’hui encore, elle constitue une référence pour de nombreux groupes de métal et de rock progressif.

En octobre de l’année dernière, Uriah Heep célébrait ses quarante années d’existence, en réenregistrant quelques uns de ses plus grands classiques pour un album intitulé « Celebration ». Bien que l’idée soit excellente, elle était loin d’être suffisante pour marquer un tel événement. Edel Music semble avoir décidé de remettre les pendules à l’heure et de permettre à Uriah Heep de remercier un peu plus dignement ses fans les plus fidèles pour leurs quatre décennies de support inconditionnel. C’est pourquoi, le prestigieux label allemand éditera, dans le courant de l’année 2010, une série d’albums ‘live’ en édition limitée. Le premier de ces véritables objets de collection s’intitule « Official Bootleg Live At Sweden Rock 2009 ». Comme son nom l’indique, il s’agit ici d’un ‘bootleg’, autrement dit un enregistrement pirate qui, s’il est d’une qualité acceptable, n’a tout de même pas le son d’un album concocté dans de bonnes conditions. A ce titre, il ne sera probablement apprécié à sa juste valeur que par les inconditionnels du groupe. Ceux qui, d’aventure seraient passé à côté du phénomène et auraient soudain envie de découvrir ce groupe culte feraient probablement mieux de se rabattre sur l’un des nombreux enregistrements live officiels du combo comme, par exemple, le génial « Uriah Heep Live » paru en 1973 ou le plus récent « Electrically Driven », en 2001.

Néanmoins, « Official Bootleg Live At Sweden Rock 2009 » n’est pas du tout dénué d’intérêt, puisqu’il démontre combien le band est encore au top de sa forme malgré le poids des années. Mick Box, le guitariste et unique survivant de la formation originale maîtrise toujours son art à la perfection. Ses soli sont fluides et aussi bourrés de feeling qu’à la grande époque du groupe. Le chant de Bernie Show (intégré au groupe depuis 1986) est toujours aussi superbe. Phil Lanzon, quant à lui, continue d’hydrater de somptueuses nappes d’orgue Hammond, la solution sonore, conférant cette aura si particulière à la musique d’Uriah Heep.

Mais « Official Bootleg » n’est pas seulement intéressant à cause de la présence des classiques du groupe, tels que « Gyspsy », « Sunrise », « Look at Yourself » ou « Easy Livin’ » ; il recèle des versions ‘live’ inédites de « Ghost Of The Ocean » et « Angels Walking With You », deux extraits de « Wake The Sleeper », l’excellent dernier elpee studio du groupe.

Présenté sous la forme d’un digipack, « Official Bootleg Live At Sweden Rock 2009 » est un superbe cadeau pour tous les inconditionnels du groupe. Vivement le prochain épisode de la série.

 

We Have Band

WHB

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Fin 2009, la BBC a désigné We Have Band comme l’une des formations à observer de près, dans son prestigieux listing ‘The Sound Of 2010’. La bonne blague. Autant dire que Noël tombe le 25 décembre. En alignant des tubes comme « Oh! », « Hear It In The Cans », « Divisive » et « Honeytrap », le trio s’est depuis longtemps offert une place de choix sur la scène indie. Et ce, sans même l’aide d’un label quelconque ou d’autre moyen de promo que le ‘live’. Certes, les trois Britons ont mis plus d’un an à concocter ce « WHB », mais l’aperçu livré par formation, via ses singles et ses prestations publiques, n’a servi qu’à gonfler les attentes.

Récemment signé chez Naïve, We Have Band déploie donc tout son savoir-faire sur un « WHB » quasiment impeccable. D’aucuns aurait pu s’attendre à un ‘party album’ et une suite de morceaux taillés pour les dancefloors. Mais Darren Bancroft et les époux WP, Dede & Thomas, démontrent que leur projet est bien plus qu’une simple machine à danser. « Piano » et « Buffet », les mélopées introductives, soulignent par exemple un véritable travail de recherche mélodique. L’écriture n’est pas en reste comme en témoigne les pertinents « Love, What You Doing? », « Hero Knows » et « Centerfolds & Empty Screens ». We Have Band n’est manifestement pas de ces formations qui se contentent de la formule du gimmick répétitif. Même les trois premiers singles extraits du disque (« You Came Out », « Oh! », « Hear It In The Cans ») s’offrent un lifting tout en finesse, accentuant la cohérence de l’ensemble. Produit par Gareth Jones (Grizzly Bear, These Are New Puritans, Depeche Mode,…) « WHB » est un incontournable de 2010.

En concert aux Nuits Botanique le 7 mai, à l’Orangerie. 

Jean-Louis Murat

Un show très électrique

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Jean-Louis Murat est donc allé enregistrer son dernier album à Nashville. Aux studios ‘Ocean Way’. Il a ainsi pu bénéficier du concours de la crème des musiciens de studio locaux. Mais surtout s’immerger dans un climat country/blues/rock, style musical qu’il affectionne tout particulièrement, tout en prenant le soin de préserver sa plume, qu’il plante élégamment dans la poésie française. Sa tournée passait ainsi par le Grand Mix de Tourcoing. Une bonne occasion de voir et surtout d’entendre l’Auvergnat sous un profil très électrique. D’autant plus que pour accomplir ce périple, il a entraîné ses fidèles musicos. C’est-à-dire Fred Jimenez à la basse, Denis Clavaizolle aux claviers et Stephane Reynaud aux drums.

La salle est déjà bien remplie, lorsque la Lilloise Lena Deluxe (NDR : très jolie fille, il faut le souligner !) monte sur les planches. Elle est seule et s’accompagne à la guitare électrique (NDR : elle la troque contre un ukulélé en fin de parcours), a recours à des bandes préenregistrées et se sert d’une multitude de pédales pour essayer de donner du relief à ses compos. Car c’est ici que le bât blesse. Elle explique d’ailleurs qu’en général, elle est soutenue par une drummeuse et un bassiste. Mais sans leur concours, le set est trop linéaire pour pouvoir décoller. Dommage, car elle possède une superbe voix. Sensuelle, presque de sirène. Et puis, elle prend le temps d’expliquer dans la langue de Molière, ce qu’elle chante dans celle de Shakespeare. Des lyrics qui abordent régulièrement le thème de la mort. En fin de parcours, elle recueille des applaudissements nourris. Et c’est amplement mérité…

Une vingtaine de minutes plus tard, le Jean-Louis Murat Band entre à son tour en scène. Jean-Louis s’installe à gauche, de manière à pouvoir déambuler le long de la scène. Allant parfois à la rencontre de ses musiciens, tous placés vers la droite du podium. L’éclairage est sobre. Beaucoup de bleu, du mauve, et surtout de lumière blanchâtre. Et puis toute une série de baladeuses disséminées sur l’estrade. Un peu comme pour recréer un univers urbain. Le set s’ouvre par « Ginette Ramade ». L’intro est déjà psychédélique. A plusieurs reprises, le band va d’ailleurs nous balancer quelques préfaces du style bien senties. Et Jean-Louis s’en donne à cœur joie sur sa six cordes. Tant au vibrato qu’à la distorsion. Manifestement, Neil Young constitue bien une de ses influences majeures. Et lorsque le claviériste commence à rogner ses sonorités, c’est même aux Doors qu’on se met à penser. Le combo embraie par « La mésange bleue ». Superbe mélodie qu’il se met à siffloter, en bout de course. S’ensuivent « Taïga », « Pauline », le plus allègre « 16 heures, qu’est ce que tu fais ? », le mid tempo « Falling in love », les lancinants « Mousse noire » et « Chanter est ma façon d’errer » ainsi que « Taormina », des morceaux qui alimentent une intensité fiévreuse que n’aurait pas renié un groupe issu du Paisley Underground (NDR : pensez à Dream Syndicate et Green On Red). Et puis, il y a la voix de Murat. Belle, profonde, sensuelle (NDR : surtout pour la gent féminine !) Sa présence sur scène est incontestable ; mais sa réserve dresse une sorte de mur face à son public. Un peu comme s’il vivait dans son monde. Une spectatrice lui lance un compliment sur sa prestation. Murat lui répond qu’elle est trop gentille. Elle lui rétorque alors, à raison, un ‘faut l’dire quand t’es bon, hein Jean-Louis !’ Il est apparemment gêné ; et s’il y avait un trou de souris, il s’y serait sans doute caché. Timidité maladive ? Sans doute ! Mais une chose est sûre, elle a raison, l’interlocutrice. Et le public (NDR : constitué essentiellement de personnes de plus de 30 ans) commence enfin à s’en rendre compte. Car effectivement, le set est excellent ! Une audience qui aurait pu, qui aurait dû même s’enflammer bien plus tôt. Un bémol quand même, la densité du son ne permet pas de comprendre distinctement les lyrics. Et parfois, il faut bien tendre l’oreille pour pouvoir en saisir le contenu. Mais Murat y met tellement de passion et de conviction qu’ils finissent par entrer dans les têtes. Des chansons qui traitent toujours autant de l’amour, du désir, de la mort ou de la violence, mais également de l’errance et du plaisir. Probablement autobiographiques. Et l’hypnotique « Yes sir » en est probablement la plus belle illustration. Au fil du concert, on se rend compte du talent de Fred à la basse. Dont les cordes sont capables de dessiner des lignes latines, viscérales, percussives, un peu comme s’il voulait communiquer à l’expression sonore des accents salsa. La prestation s’achève par « Se mettre aux anges ». Un slow dont les lyrics de toute beauté, sont paradoxalement empreints de pudeur et d’érotisme…

En rappel, il entame une nouvelle intro luxuriante, mais réminiscente du Spencer Davies Group (ce clavier !) Le tempo est tribal. Le groove impressionnant. Moment choisi pour nous balancer « Comme un incendie ». Le titre parle de lui-même. Murat a enfin le sourire. Il empoigne ensuite un rack pour y poser son harmonica, dans lequel il y souffle, un peu à la manière de Toots Thielemans, pour interpréter le jazzyfiant « Les voyageurs perdus ». Jean-Louis présente alors ses musiciens (NDR : excellents de bout en bout, il faut le reconnaître) et achève le concert par le ténébreux et douloureux « L’examen de minuit ». Acclamations unanimes et enfin soutenues. Un très bon Murat, ce soir. Il est 23h15. Minuit, ce sera l’heure à laquelle on rejoindra nos pénates…

(Organisation Grand Mix)

The Bloody Beetroots

Born To Be Wild

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Depuis 2007, deux hommes masqués sèment la terreur sur les dancefloors du monde entier. En 2009, décidés à prouver à la planète que le paysage musical italien ne se limite pas à des Zucchero, Ramazotti et autres Pausini, The Bloody Beetroots publient « Romborama », un premier album alliant puissance et férocité. Après avoir mis le public du festival I Love Techno sur les genoux en novembre dernier, le duo a réuni une foule de masochistes sous le toit de l’AB pour un concert chaud boulette.

Ce qui est certain, c’est que The Bloody Beetroots attire un public jeune. Très jeune. Début des vacances de Pâques oblige ? Quoiqu’il en soit, le parterre, d’une moyenne d’âge de 17 ans tout au plus, bouillonnait comme jamais. Après quelques bons beats électro dispensés par Highbloo, en première partie, la scène de l’AB est prête à accueillir les terroristes du BPM. Et dès les premières notes de l’intro de « Domino », leur nouveau single, les premiers rangs sont secoués d’un mouvement de foule comparable à celui qu’aurait pu provoquer un Rage Against The Machine (!!!) Impressionnant ! Les petits jeunes, manifestement surexcités, vont, l’espace d’une petite heure, en avoir pour leur argent.

Derrière leurs masques, Bob Cornelius, Tommy Tea et leur batteur doivent certainement étouffer tant l’atmosphère est moite et l’ambiance, survoltée. Tout à leur honneur, The Bloody Beetroots propose un vrai ‘live’. Un contraste rafraîchissant, comparé aux artistes coincés derrière leur laptops. Ici, la gratte en prend pour son grade, les synthés s’affolent et la batterie est à deux doigts de l’implosion. Le climax du set sera atteint lors de l’énorme hymne rave « Warp 1977 » qui, l’espace de 3 minutes à peine, parviendra à retourner l’ensemble de la salle. « Talkin’ In My Sleep », « I love The Bloody Beetroots », « Romborama » et autres « Have Mercy On Us » achèveront brillamment le travail des maestros.

Après en avoir pris plein les oreilles, le constat est irrévocable, The Bloody Beetroots sont, sans aucun doute, les nouveaux Prodigy. Ou, pour être tout à fait précis, les Prodigy des moins de 18 ans. Mais peu importe votre âge, si vous êtes en possession d’un ticket pour Rock Werchter 2010, il s’agira assurément de l’un des concerts du festival à ne rater sous aucun prétexte.

(Organisation : Live Nation)  

Josh Rouse

Voyage, voyage...

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A l’heure où les giboulées de mars se déchaînent sous le ciel belge, un homme débarque. Il a emmené, dans ses valises, une huitième œuvre qui sent bon la mer, le sable, les cocotiers. Pour la dernière étape de sa tournée européenne, Josh Rouse a désigné Bruxelles comme terre d’accueil d’un soir. Il y présente « El Turista », un disque à écouter les yeux fermés.

Cependant, les pérégrinations ibériques de Josh Rouse n’ont manifestement pas convaincu énormément de monde en Belgique. D’abord prévu à l’ABFlex (configuration mi-assise, mi-debout), c’est finalement sur la scène de l’ABBox que l’Espagnol de cœur a dû déposer ses bagages. Dans la salle, un parterre très clairsemé est venu applaudir l’homme qui, comme lors de son dernier passage dans cette même salle, ne s’est pas embarrassé de musiciens additionnels. A l’exception d’un pianiste/guitariste. Rouse et son partenaire ouvrent le bal par « Lemon Tree », extrait de « El Turista », suivi de « The Man Who Doesn’t Knwo How To Smile », un titre interprété à l’origine sur « Subtitulo » en compagnie de sa bien-aimée Paz Suay. Le chanteur, surpris par le silence régnant dans la salle, détend l’atmosphère en balançant quelques plaisanteries bien senties et, surtout, une succession de titres estivaux propice à oublier le temps pourri à l’extérieur.

Ainsi, « I Will Live On Islands » précède les étincelants « Flight Attendant », « Winter In The Hamptons », « Come Back » et « Las Voces ». Le chanteur exhorte d’ailleurs le public, un peu trop timide à son goût, à participer aux chœurs de cette dernière. Il n’en faut pas beaucoup plus pour entendre l’assistance hurler d’une seule voix les ‘ooooh’ et ‘aaaaah’ du refrain dans une bonne humeur contagieuse. Le set, dans son ensemble, est une irrésistible invitation au voyage qui aurait pu, néanmoins, avoir encore plus d’impact si Josh Rouse avait (un peu plus) privilégié ses compositions hispanophones.

Après une courte pause, l’homme et son musicien reviennent pour un très attendu « 1972 » suivi de « It’s The Nighttime ». Un court rappel qui laisse le public, enfin chauffé, sur sa faim. Les deux hommes reviennent donc pour un ultime ‘encore’, au cours duquel ils interprètent, au sein du public et sans micro, le génial « Love Vibration ». Après une bonne heure et demie de soleil dans les oreilles, le retour sous la pluie bruxelloise n’en sera que plus douloureux…

Setlist :

Lemon Tree
The Man Who Doesn’t Know How To Smile
I Will Live On Islands
Sunshine
Las Voces
Sweet Elaine
Winter In The Hamptons

Hollywood Bass Player 
Flight Attendant
Come Back
Sweetie
Summertime

Valencia
Quiet Town
Sad Eyes

1972
It’s The Nighttime

Love Vibration

(Organisation : Ancienne Belgique)

Various Artists

We are only Riders – The Jeffrey Lee Pierce Sessions Project

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Nous sommes en 2006. En rangeant son grenier, Cypress Grove découvre des cassettes. Sur l’une d’entre elles est mentionné ‘JLP songs’. Cypress est un ancien guitariste de Jeffrey Lee Pierce. Et il se rend compte que cette bande réunit des démos, jamais gravées sur support ; des morceaux ébauchés, à-moitié développés, puis abandonnés à l’issue de sessions réalisées lors de l’enregistrement de l’elpee « Ramblin’ Jeffrey and Cypress Grove with Willie », un disque paru en 1992. Il lance un appel aux musiciens et aux chanteurs qui vouent toujours un profond respect à l’ex-Gun Club. Notamment via MySpace. Et le résultat va au-delà de ses espérances, puisque les réponses affluent rapidement…

Mais que contient cette cassette ? Des inédits. Et ce sont ces inédits qui ont été retravaillés par ces interprètes. Parfois sous différentes versions. Certaines parties de guitare, immortalisées par Pierce, ont été récupérées, sur certains morceaux. Une seule reprise d’une chanson déjà sortie : « Lucky Jim ». Un hymne élégiaque adapté par Debbie Harry. Les 15 autres compos sont manifestement hantées par le spectre de Jeffrey. Faut dire que les interprètes entretiennent constamment un climat ténébreux, étrange, parfois même presque satanique.

« Ramblin’ mind » fait l’objet de trois versions. Celle de Nick Cave qui ouvre l’elpee est remarquable, et aurait pu figurer dans son répertoire. Tout comme celle flamboyante et hypnotique de David Eugene Edwards. Davantage incantatoire, celle de Cypress Grove est aussi minimaliste.

« Constant waiting » a également droit à trois variantes. La voix diabolique de Mark Lanegan contamine cette compo trempée dans l’americana (NDR : avec banjo, mandoline, lap steel percus, etc.) Celle des Sadies baigne dans le surf, alors qu’imprimée sur un tempo enlevé, celle de Johnny Dowd est éclaboussée de claviers eighties et secouée d’accords de gratte spasmodiques.

Et encore trois pour « Free To walk ». The Raveonettes nous en proposent une, sculptée dans la noisy crépusculaire. Lanegan et Isobel Campbell, une différente, plus sensuelle, calquée sur une valse mid tempo. Autre duo, celui partagé entre Cave et Debbie Harry qui nous la balance sous la forme d’une ballade romantique.

Lydia Lunch est également de la partie. Sa voix éraillée, écorchée, épanche tout son désespoir tout au long de « When I get my Cadillac ». Sa douleur, sur l’intimiste « St. Mark Place ». Et soutenue par Dave Alvin, Kid Congo Powers et quelques autres, elle semble chercher à réincarner le Don Van Vliet de Captain Beefheart, lors du morceau final, « Walkin’ down the street (Doin’ my thing) ».

Mick Harvey nous réserve un « The snow country » complexe et mélodique à la fois. Reste Crippled Black Phoenix. Un combo responsable d’un des meilleurs morceaux de l’elpee : « Bell on the river ». Huit minutes de psyché/punk/blues tortueux, majestueux, dignes de la plus belle époque du Paisley Underground (NDR : pensez à Green On Red). Cette formation est rejointe par David Eugene Edwards pour une autre plage aussi impressionnante et surtout bouleversante : « Just like a Mexican Lover ». Cripple Black Phoenix, un nom à retenir, c’est une certitude !

Bref, « We are only Riders – The Jeffrey Lee Pierce Sessions Project » n’est pas une compile comme les autres. Ce serait plutôt un ‘Tribute’, mais consacré à des titres jamais enregistrés, et pour lesquels, la plupart de participants ont vraiment inoculé toute leur passion et toute leur âme. Vivement conseillé !

 

State Radio

Let It Go

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Une multitude de groupes et artistes pop, rock, metal, punk, blues et autres sont nés à Boston, au cours des 4 dernières décennies. Parmi les plus notoires, on épinglera The Enemy, le défunt Morphine, les Pixies et surtout Dropkick Murphys. Qui justement participe chaque année aux week-ends de fêtes de la Saint-Patrick, devant des milliers de spectateurs. Un événement qui se déroule au Sud de Boston, où la communauté est d’origine irlandaise. Pas étonnant que le punk celtique y fasse un tabac. Moins connu, State Radio appartient également à cette scène. Mais à contrario de leurs camarades, les trois Américains ont décidé de troquer les hymnes celtiques contre du reggae. Du vrai, du tatoué ! La plupart des morceaux de cet elpee sont d’ailleurs dynamisés par ces rythmes jamaïcains. Les guitares rebondissent sur des rythmes saccadés. La voix évoque celle de Bradley Nowell (Sublime). Certaines compos sont enrichies de cuivres. A l’instar de « Doctor Ron The Actor ». Une compo qui fustige la société de consommation contemporaine. Faut dire que leurs lyrics sont engagés (NDR : comme par hasard). Des textes qui condamnent également la politique extérieure de leur mère patrie, comme sur « Bonhemian Grove ». En y ajoutant un petit ‘Jah’ et quelques ‘Babylone’, la panoplie du parfait rasta était complète.

Tout au long de leur opus, State Radio communique la bonne humeur. Rien de tel, par ailleurs, pour se lever du bon pied, le matin au saut du lit. Certaines mélodies sont même particulièrement contagieuses. Et puis ces Etatsuniens sont loin d’être des manchots. Malheureusement, leur  solution sonore manque d’originalité. De ce long playing, j’épinglerai quand même encore un « Let It Go », au cours duquel les Bostoniens célèbrent leurs racines. Ou un « Knights of Bostonians » digne d’un hymne irlandais. Le refrain repris en chœur par les trois Américains est une ode à la Guinness (NDR : santé !) Quant au country rock « Blood Escaping Man », il pardonnerait presque la demi-dizaine de morceaux reggae endurés auparavant. Pas une raison, néanmoins, pour pavoiser…

 

Vex’d

Cloud Seed

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En 2005, Vex’d publiait « Degenerate », un premier album qui allait très vite placer le Dubstep sur la carte des tendances à suivre de près. Cinq ans plus tard, le moins que l’on puisse dire est que le genre s’est définitivement ancré dans le paysage audio-sensitif comme une valeur sûre. Normal, vu les porte-drapeaux tels que Burial, Flying Lotus, Hudson Mohawke, Samyiam ou plus récemment Gonjasufi et The Gaslamp Killer. Le duo british profite donc de cet engouement pour présenter une série de morceaux écrits entre 2006 et 2007, juste avant la mise à mort de la formation. « Cloud Seed » n’est donc pas un véritable album, mais une compilation de compositions oubliées.

Ces morceaux devaient, à l’époque, constituer le point de départ du second ouvrage de Jamie Teasdale et Roly Porter, alias Vex’d. Mais les deux hommes ont préféré prendre des chemins opposés, laissant en plan toutes leurs expérimentations. Sous l’impulsion du label Planet Mu, Teasdale et Porter lèvent aujourd’hui le voile sur un travail qui, dans d’autres circonstances, aurait probablement été injustement délaissé. « Cloud Seed » réunit donc dix plages oscillant entre IDM et un Dubstep obscur à la Burial, mettant davantage l’accent sur la technique que sur l’accessibilité. L’atmosphère, généralement pesante, donne toute sa profondeur et sa cohérence à une compile qui aurait pu aboutir sur une suite de morceaux disparates. Car « Cloud Seeds » compte également quatre travaux de rénovation effectué par le duo pour le compte de Plaid, Gabriel Prokofiev, Distance et John Richards. Mais même ces remixes s’intègrent parfaitement à l’ensemble. Vex’d a beau être mort, il laisse derrière lui un héritage incroyablement pertinent. Aujourd’hui plus que jamais.

 

Thomas White

The Maximalist

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Apprivoiser « The Maximalist », la deuxième galette de Thomas White, n’a pas été une mince affaire. Tout d’abord, parce qu’il a fallu, déjà, trouver le courage de passer outre son ignoble pochette. Ensuite, pour assimiler cette profusion d’idées qui parcourt le disque, sans le moindre fil rouge. Mais l’ancien membre fondateur de The Electric Soft Parade ou honoraire chez Brakes et British Sea Power, est fort. Très fort. Car « The Maximalist » est truffé de cavillations. Et donc, pour appréhender tous les détails qui lui auront échappé au terme de la première écoute, l’auditeur se sentira presque obligé d’appuyer une seconde fois sur play. Voire une troisième et une quatrième fois. Et ainsi de suite.

« The Maximalist » évolue entre rock progressif, psychédélisme, pop et musiques électroniques. Thomas White y fait preuve d’une véritable soif d’expérimentations. Tant, parfois, que son œuvre est difficile à suivre et s’aventure aux limites de la schizophrénie. Mais le génie du jeune musicien procède de sa capacité à ne pas relâcher la tension et à créer des compositions réellement évolutives. En d’autres mots, exactement ce que l’on peut attendre d’un (bon) recueil de Prog Rock, à l’ère de la suprématie des machines. « The Maximalist » est le fruit d’un long travail de quatre années. Le résultat ne peut s’écouter que manifestant une attention particulièrement soutenue. Un Ovni percutant.

 

Autechre

Oversteps

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Les fans le savent. Autechre, c’est pas de l’électro de branleurs. On est loin des gros beats putassiers de chez Ed Banger et consorts. Deux ans après « Quaristice », les Anglais dispensent déjà leur dixième leçon. Une leçon à laquelle tout le monde est conviée. Car « Oversteps » est probablement l’un des disques les plus accessibles du duo. Dans la veine de leur « Amber » (1994), cette nouvelle livraison libère une techno minimale proche de l’ambient cérébrale. Faisant preuve d’une technicité à toute épreuve, Rob Brown et Sam Booth emmène l’IDM toujours plus loin, là où leurs confrères n’osent pas toujours aller ou s’y essaient, sans jamais vraiment atteindre cet état de conscience artistique supérieur.

Autechre est de ces formations qui, quasiment à chaque publication, repousse les limites du genre sans pour autant créer une mélasse rédhibitoire et/ou élitiste. Classieux jusque dans les moindres détails, Autechre a fait appel à la boîte de graphisme The Designers Republic, habituée des collaborations avec Warp Records, pour créer l’artwork du recueil. Un choix plutôt logique tant les travaux de la boîte épousent à la perfection les subtilités et l’intelligence du labeur des deux Sheffieldiens. « Oversteps », nouvelle réussite à leur actif, devrait vraisemblablement réconcilier ceux qui étaient restés sur leur faim à la sortie du mitigé « Quaristice ».

The Bear That Wasn’t

And So It Is Morning Dew

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The Bear That Wasn’t n’est pas un ours mal léché, mais plutôt un nounours à la douceur réconfortante. Un animal mélomane incarné par un jeune flamand répondant au nom de Nils Verresen. Ce Belge met son timbre vocal angélique, délicat, au service d’une musique acoustique, intimiste, afin d’apaiser les esprits des bêtes sauvages les plus terribles de la terre que sont les hommes. Nils a tiré cet étrange pseudo d’un livre pour enfant écrit par Frank Tashlin, membre de l’équipe des Looney Tunes. Finaliste du célèbre concours ‘Humo Rock Rally’, il a enregistré son premier album et s’est rapidement lancé dans une tournée un peu folle à travers la Belgique… Un périple illustré sous la forme d’un défi : dénicher 365 amis via Facebook, prêts à l’héberger et le nourrir pour une nuit en échange d’un concert privé ! Pari osé et réussi filmé par TRS, déjà responsable du très beau reportage sur la tournée de Soulwax. Les aventures de cet animal nomade sont à découvrir au jour le jour sur le site Web de l’artiste.

La musique de notre mystérieux mammifère s’inscrit dans la lignée de certains jeunes songwriters américains, apparus au cours de ces dernières années, tels Conor Oberst ou M. Ward. Tout au long d’« And So It Is Morning Dew », Nils nous propose des compos sculptées dans l’indie folk, des chansons empreintes d’une grande simplicité, respectueuses des traditions et à la sensibilité mélodique évidente. Malheureusement, l’elpee ne recèle pas vraiment de titre-phare. Et encore moins de tube éventuel. Et puis, au fil de l’opus, le minimalisme ambiant devient franchement lassant. D’autant plus que Nils semble, progressivement, ne plus parvenir à habiter ses chansons. A contrario, lors des premiers titres, l’apport de cordes et/ou de chœurs donne une toute autre dimension à son expression sonore. Et je pense tout particulièrement à « The Little Witch And The Brave Boy Are Going To Venus » et « Headphones », deux plages susceptibles de nous entraîner au sein d’un univers paisible, à des années-lumière du vacarme quotidien. Du potentiel et du talent pour cet artiste made in Belgium, mais aussi encore du pain sur la planche, s’il souhaite passer un pallier et ne pas en rester au stade de promesse.

En concert le 8 avril à l’Ancienne Belgique.

 

Built To Spill

There is no enemy

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Fondé en 1992, Built To Spill nous vient de Boise, dans l’Idaho. Une formation responsable à ce jour de six albums, dont bien sûr le dernier en date, « There is no enemy ». Doug Martsch en est toujours le leader. Le chanteur/guitariste aussi. Et pose son timbre délicat, nasal (NDR : évoquant tour à tour Jonathan Donahue ou Wayne Coyne), sur des mélodies contagieuses, mélancoliques, limpides, sculptées dans des accords de guitares noisy/pop, souvent torturés, toujours chatoyants, mais jamais frénétiques. En cause, une production et des arrangements particulièrement soignés. L’elpee recèle quelques ballades plus léchées, mais toujours agréables à écouter. Il y a même de la trompette sur « Things fall apart ». Mes coups de cœur iront cependant au lancinant et très électrique « Oh yeah », au sophistiqué « Lifes’ a dream » (Mercury Rev ?) ainsi qu’au seul morceau punk de l’elpee, « Pat ». Abrasif, incandescent et sauvage, il évoque même les débuts de Placebo. Un univers sonore qui devrait plaire aux mélomanes qui apprécient Luna et The Church. Et Mercury Rev. Pour que votre info soit complète sachez que lors des sessions d’enregistrement, le combo a bénéficié du concours de Sam Coomes (Quasi), Roger Manning (Jellyfish), Scott Schmaljohn (ex-Treepeople), Paul Leary (Butthole Surfers) et du violoncelliste John McMahon.

 

Dan Le Sac vs Scroobius Pip

The Logic Of Chance

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Le prophète Scroobius Pip et son apôtre Dan le Sac nous en avait mis plein les oreilles en 2008, en publiant un « Angles » providentiel, alliant à la perfection Slam et beats Electro-Hip Hop. Adulé ou haï par la presse, sans demi-mesure, l’œuvre introductive du duo a produit son effet, ne laissant personne indifférent. En 2010, le duo effectue son retour en éditant « The Logic Of Chances », un pamphlet calqué sur le principe du précédent opus. Et le verdict est sans appel. Pas bien. Pas bien du tout, les gars. Lorsqu’une formation cherche à reproduire, à tout prix, l’effet de son œuvre initiale, elle perd de son charme, de son efficacité et tout l’intérêt qu’on pourrait lui porter. S’ils n’étaient pas aussi bons sur scène, « The Logic Of Chance » sonnerait probablement le glas de Dan Le Sac vs Scroobius Pip.

Le premier tiers de cette nouvelle livraison, l’hymne Drum’n’Bass « Sick Tonight » en tête, laissait pourtant entrevoir une galette digne de ce nom. Le côté moralisateur des textes de Scroobius Pip est ici exacerbé par les beats fadasses de Dan Le Sac. Quelques éclairs de génie parcourent le disque mais il s’agit d’instants fugaces qui ne durent qu’une poignée de secondes. « Cowboi », la plage de clôture, porte un coup de grâce phénoménal à la plaque. Véritable assassinat artistique, le titre doit probablement constituer l’un des plus mauvais morceaux de 2010. Première grosse déception de l’année…