La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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Year Long Disaster

Black Magic

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Les membres de Year Long Disaster ont déjà tous flirté, d’une manière ou d’une autre, avec la célébrité. Vous pourriez probablement lire leurs aventures, dans la rubrique ‘Potins Rock/People’ de ce webzine, si ses concepteurs avaient eu la mauvaise idée d’en créer une. Daniel Davies, le guitariste/chanteur du combo n’est autre que le rejeton de Dave Davies, gratteur chez les mythiques Kinks. A la fin des sixties, ce groupe rock anglais a décroché toute une série de hits, dont les fameux « Lola » et « You Really Got Me ». Et puis surtout publié un chef-d’œuvre et album culte intitulé « Are the village green preservation society ». Rich Mullins a forgé sa notoriété de quatre-cordiste chez Karma To Burn. Quant à Brad Hargreaves, il a connu la gloire et la fortune en cognant les fûts chez la formation américaine très vendeuse Third Eye Blind.

Le rock, ce n’est pas la téléréalité. La célébrité ne suffit pas pour s’y faire un trou. C’est pourquoi, depuis sa formation en 2004, Year Long Disaster n’a cessé de multiplier les tournées. Ce travail scénique intensif l’a incité à partager la scène en compagnie de pointures comme The Cult, Velvet Revolver ou les Foo Fighters. Le premier album, éponyme, sorti en 2007, va leur attirer les faveurs d’un certain Lemmy Kilmister (Motörhead). Ce dernier, non content de les emmener en tournée, va dispenser à leur égard des compliments plus qu’élogieux au fameux magazine rock anglais Kerrang.

« Black Magic; All Mysteries Revealed », le second opus sorti en mars, est une véritable relecture modernisée de la mouvance classic hard rock anglaise des seventies. Produit par Nick Raskulinecz (Foo Fighters, Alice In Chains, Rush), l’album devrait squatter les platines lasers de tous les amateurs de rock costaud inspiré des glorieuses années septante. Pas question ici de ‘revival seventies’. YLD ne se contente pas –comme beaucoup de combos se prétendant ‘vintage’– de rejouer les riffs lourds de Black Sabbath en essayant de retrouver le son minimaliste de l’âge d’or du rock. Le son, ici, est tout ce qu’il y a de plus moderne. Boosté à la sauce Raskulinecz. Les compositions, par contre, ont ce côté heavy rock ronflant et chaleureux, saturé de groove et bourré de feeling que seules les formations rock classiques britanniques comme Led Zeppelin, Whitesnake ou Deep Purple étaient capables de créer.

Les amateurs des trois dinosaures susvisés et de plus jeunes loups comme Wolfmother, par exemple, seraient donc bien inspirés en jetant une oreille velue sur cet excellent « Black Magic; All Mysteries Revealed ». Le rock, comme il doit être joué. C’est Lemmy qui l’a dit.

 

The Bullfight

Stranger Than The Night

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Dans l’arrière-cour d’un magasin de couture, il existe un club. Pour y accéder, il faut montrer patte blanche et de préférence, convaincre le tailleur. Il est méfiant et joint le geste à la parole. Et surtout vous questionne, dès que vous pénétrez dans sa boutique : ‘Pourquoi venez-vous ?’ Assez timidement vous répondez : ‘Pour « Stranger Than The Night » des Bullfight !’ Le silence de votre interlocuteur traduit la suspicion du Maître des lieux. ‘C’est par là, nous sommes votre hôte’ tout en montrant du doigt une double porte vitrée, dont les carreaux sont de couleur ambrée. L’arrière-cour est recouverte de pavés gras et luisants. Un chien borgne semble assoupi ; mais dès que vous vous en approchez, il se redresse et renifle de loin l’odeur répandue par le visiteur angoissé que vous êtes. Le club est glauque. Le sol est collant. Tables et chaises plus disparates les unes que les autres meublent l’espace. Les murs crades sont couverts de posters vulgaires. Ils témoignent du stupre et de la sueur accumulée depuis des décennies. La lumière est tamisée par la nicotine agglutinée aux ampoules. Au bar, une blonde quinquagénaire arbore une poitrine opulente et vous lance un sourire marchand. Elle est partiellement édentée, et le brillant de l’or serti entre ses molaires vient presque apporter un peu de lumière sur le chiffon crasseux qu’elle s’évertue à secouer. Ici on ne boit que de l’alcool. Le café ou les softs sont considérés comme hérétiques et la Sainte Inquisiton porte la couleur du whisky frelaté. La scène est minuscule. Composée de planches en bois usées jusqu’aux nœuds elle est ceinte d’une cape de velours bordeaux. Les Hollandais de The Bullfight occupent ce podium. Ils semblent vivre au sein d’un univers parallèle et ne portent aucune attention à l’univers qui les entoure. La violoncelliste est nue. Elle ne porte qu’un bandeau autour de la tête. Un collier à clous enserre sa nuque et son cou. Ses chaussures à talons hauts sont vernies. Dans le creux des hanches, on remarque le souvenir d’une soirée au cours de laquelle la flagellation a probablement dû être sa maîtresse de jeu. Les musiciens envoûtent les lieux par des ballades et des marches sulfureuses. Les envolées psychédéliques de l’orgue Hammond pénètrent tous vos sens. La batterie gratte la peau et la frappe sans trop de conviction, comme las d’un acte répété. Le chanteur campe un timbre au baryton profond. Pensez à Nick Cave. Ses textes parlent d’amour, de sexe, d’abandon vers des plaisirs lugubres et angoissants. Des bruits de pelle frottent le sol. Quelques pièces de monnaie atterrissent sur le podium. Pas d’applaudissements. Ni pour interrompre ou saluer les morceaux. Le claquement des verres sur les tables laminées, accentue ce climat morbide, menaçant et atemporel. Chaque note écrite et jouée semble dessinée à l’urine et à la cendre. A la fin du numéro, je quitte ce cabaret béotien comme j’y ai accédé : par une porte dérobée. Je laisse derrière moi « Stranger Than The Night » en me disant que si l’expérience était troublante, l’endroit où elle s’est produite reflétait parfaitement l’impression laissée par l’écoute de ce disque. J’entends un cri, puis c’est le silence…

 

Canned Heat

On the road… again (double Dvd)

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Le label Charly publie ce double Dvd qui ne devrait pas déplaire aux nombreux fans du boogie band californien. Et pour cause, non seulement il consacre plus de cinq heures à Canned Heat, mais il est accessible à toutes les bourses.

Le premier Dvd s’étale sur plus de trois heures et demie et réunit 52 documents de toutes sources, puisés dans la carrière du groupe entre 1967 et 1998. Il est sous-titré : "The story of Canned Heat 1967 – 1998". A menu : clips promo, passages TV et extraits de concerts. La qualité sonore et visuelle est bien entendu variable ; mais bon, vous ne serez certainement pas volés en acquérant cette œuvre.

De son expérience vécue, lors du premier festival de Monterey, en 1967, nous est offert un tout bon "Rollin' and tumblin'", impliquant Bob Hite au chant, un tout jeune Alan Wilson à la slide et Frank Cook à la batterie. Le clip promo de "On the road again" date de 68. Alan se réserve toujours les vocaux, Hite l'harmo, mais c’est Fito qui est préposé aux drums. Les cheveux ont poussé, lorsqu’ils interprètent "Goin'up the country", une compo au cours de laquelle, Bob –le futé– en remet une louche, à la flûte… Woodstock, c’était bien en août 1969. Un excellent et long chapitre nous est réservé sous la forme du "Leaving this town". Démoniaque, Larry martyrise sa basse. Fito cogne dur. Alan assure à la slide et Harvey Mandel y révèle toute sa dimension déjantée. Les sessions Playboy remontent également à 1969. Une version torride de "Turpentine moon" en est extraite. Revenu au bercail, Wilson se révèle brillant au bottleneck pendant qu’Henry Vestine manifeste toute sa fougue. Une autre adaptation d’"On the road again" met en exergue un sémillant Alan à l'harmo, sur fond d’élucubrations bien psychédéliques. La qualité du son proposé lors du concert accordé en Allemagne (c’était en 1970) est parfaite. Mandel tient la vedette tout au long de "Future blues". On retrouve la présence d’Alan à Kralingen, aux Pays-Bas, un pincement au cœur. Et pour cause, cet événement s’est déroulé, moins de trois mois avant sa tragique disparition, le 2 septembre. "Lets work together" en est donc le dernier témoignage de son vivant. L'année suivante, au Golf Drouot de Paris, Joel Scott Hill a remplacé Wilson, mais le son est pourri ! Une longue version de "Refried boogie" est accordée au festival de Montreux. Nous sommes en 1973. Bob Hite est de plus en plus obèse. Il assure ici, la rythmique boogie. Particulièrement fatigué, il chante "You don't have to go", la veillée de Noël 1980, dans la San Fernando Valley, à Los Angeles. Quelques mois plus tard, c’est-à-dire le 4 avril 1981, il nous quittait. 1989 célèbre le 20ème anniversaire du festival de Woodstock. James T vient de débarquer. Alors encore chevelu, Junior Watson est venu épauler le line up. Et c’est désormais Fito qui chante "On the road again" et "Goin' up the country". Lors de la tournée du Heat, accomplie en 1992, c’est une femme qui se charge de la lead guitar. En l’occurrence, la flamboyante Becky Barksdale (NDR : Cette Texane est née à Port Arthur, tout comme feu Janis Joplin). Et c’est une surprise. L'année suivante, elle quittera le bateau pour devenir soliste au sein du Michael Jackson Band (NDR : et ce n’est pas un canular !) Parmi les derniers extraits, on saluera l’excellente contribution de Robert Lucas, au chant, à la slide et à l’harmo. Un Canned Heat vrai de vrai ! Il partageait la scène aux côtés de Henry Vestine et Junior Watson. Un Vestine qui se produisait encore ce 18 octobre 1997, à Gouvy. "Keep our business to yourself" en est le dernier témoignage. Deux jours plus tard, il rendait l'âme. A Paris.

Le second Dvd épingle de larges extraits de deux concerts. Le premier accordé en mars 2000 à Cologne, et le deuxième, le 10 juin de la même année, à Bellinzona, en Suisse. Les musiciens sont pratiquement identiques : Greg Kage et Fito à la section rythmique, le multi-instrumentiste (NDR : particulièrement doué) Stanley Behrens ainsi que  l'impressionnant Dallas Hodge au chant et à la guitare. En mars, John Paulus était préposé à la seconde gratte. Et en juin, Larry Taylor. J'apprécie beaucoup le timbre vocal de Stanley. Il chante ainsi distinctement "On the road again". En outre, ce musicien appliqué et talentueux est capable de passer, avec un réel bonheur, de l'harmonica à la flûte, sans oublier le saxophone. Sa prestation est d’ailleurs remarquable tout au long de "Wait and see", une compo également caractérisée par les interventions vocales puissantes de Dallas. Lors du set accordé à Cologne, une dimension rock est apportée à "Road to Rio". A cause de la six cordes allumée de John Paulus. Et le résultat est épatant. La version de "Let's work together" n'est pas piquée des vers. L’attitude scénique de ‘bear’ de Hodge impressionne. Sa voix est surpuissante. Les interventions de Paulus au bottleneck sont incendiaires. Tout un descriptif pour se rendre compte de la qualité de ce "Mercury blues", susceptible de rivaliser avec la version du groupe Zero. Eblouissant ! En bonus tracks, la plaque nous réserve encore des interviews accordées par Bob Hite (1973), Henry Vestine (1996) et Fito de la Parra (1991). Les notes consignées dans le booklet ont été rédigées par Fito. A ce prix, pas d'hésitation !

 

Canned Heat

The Boogie House Tapes Vol 3

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Dans la série des "Boogie House tapes" (NDR : des double Cds publiés à prix concurrentiels), le label Ruf nous propose son troisième volume. Il s’agit également du dernier issu des collections thésaurisées par Fito de la Parra et Walter De Paduwa, notre Dr Boogie national.

Ce périple s’étale de 1968 à 1976 et nous propose, entre autres, des prestations au cours desquelles le Heat avait reçu la collaboration d’autres artistes, comme John Lee Hooker, Curtis Mayfield, Sunnyland Slim, Wolfman Jack, Clarence Gatemouth Brown et les Chamber Brothers. 

Le premier cd s’intéresse aux sixties et place, par conséquent, beaucoup plus l'accent sur la présence et le talent d'Alan ‘Blind Owl’ Wilson. "Alan's intro" est une plage de brève durée. La slide, fragile comme le cristal, mais tellement émouvante, gémit comme un cri de détresse. Nous sommes au Fillmore West. En juillet 69. Il s’agit de la première apparition de Harvey Mandel au sein du Heat. Le souffle à la sensibilité si caractéristique d’Alan caresse "You don't have to go". Tout comme sur "Mi Huautla" (à Boston) et "Two many drivers" (à Carmel). Alan se réserve à nouveau la slide pour interpréter "Project blues". Puis "Turpentine moon". C’était en 1968 ! Bien sûr, le reste de l’équipe est bien présent. Le chant de Bob Hite est rageur tout au long du boogie "So sad". Henry Vestine marque de son empreinte "I'm her man". Son intervention est même totalement déjantée sur la longue version d’"On the road again", accordée au Kaleidoscope, en 68. Sans oublier la basse de Larry Taylor, pour baliser l’ensemble…

Le second cd se consacre au années 70. Au sein du line up figurent de nouveaux musiciens, dont Joel Scott-Hill et James Shane. Sans oublier les guests, évoqués au sein du second paragraphe. Le son est de bien meilleure qualité. Il est aussi plus contemporain. En 1973, le Heat est rejoint par Clarence Gatemouth Brown, à Montreux. Il enrichit de son violon électrique le blues lent "Election blues". L'orgue s’immisce dans la solution sonore, dès 1973. Ed Beyer en est le responsable. Il en nappe même d’une bonne couche, "On the road again". James Harman se réserve l'harmonica sur le funky "Feel alright", un morceau immortalisé en 71. A Venice. Personne ne le connaissait encore vraiment, alors! La plaque recèle quelques chutes de bandes, abandonnées à l’issue des sessions d'enregistrement réalisées pour l'album "Human Condition", en 1977. Dont un "Black Jack blues" rappelant qu’à cette époque, Chris Morgan et Mark Skyer étaient préposés aux six cordes. Le dernier mot revient cependant à John Lee Hooker. Faut dire qu’il s’est souvent produit en compagnie du Canned Heat. Pour la circonstance, il épaule le band. En 71. Au Carnegie Hall. Lors de deux morceaux : "Hey babe" et "I feel good". Une solide tranche de boogie music ! Et comme le dirait Fito, ‘Let's crank up and boogie 'till the night is gone’.

 

Cibelle

Las Venus Resort Palace Hotel

Écrit par

Ex-mannequin brésilien, Cibelle (NDR : de son véritable nom Cibelle Cavalli Bastos) est née en 1978, à São Paulo. Elle entame son parcours artistique à l'âge de 14 ans. Elle devient ensuite actrice et tourne dans des publicités télévisées et des films. Cependant, elle sera vite rattrapée par sa passion pour la chanson.

Après des débuts remarqués dans l'album culte de Suba, « São Paulo Confessions », Cibelle quitte les plages dorées de son pays pour s’installer dans la brume londonienne. Et c’est là qu’elle fait paraître un premier album portant son nom en 2003. Celui-ci la place comme l'une des jeunes artistes les plus imaginatives issues du Brésil. « The Shine Of Dried Electric Leaves » est publié en 2006. Bénéficiant de la collaboration de Devendra Banhart, Spleen et encore Seu Jorge, il confirme toute l’étendue de son talent. Ce second opus lui permet de donner toute la mesure de son potentiel : Cibelle compose, joue, programme et crée un univers qui lui est propre.

Tout au long de ce troisième elpee, Cibelle ‘divague’ complètement… Elle imagine une histoire apocalyptique complètement abracadabrante. La planète est complètement détruite. Sauf le ‘Las Venus Resort Palace Hotel’, ex-club de vacances devenu le refuge des derniers survivants de notre terre. Et évidemment, ceux-ci font la nouba jour et nuit en écoutant Sonja Khalecallon (Cibelle) et son groupe. Mwouais, intéressant ! On est donc en pleine ‘comédie musicale’ délirante… Une nouvelle histoire pondue par notre Brésilienne complètement délurée, destinée à nous plonger dans son propre monde. Cibelle nous propose une balade contée déclinée en quatorze titres teintés de rock, d’électronique, de jazz, de folk et de divers styles de musiques latines.

Cet album-concept n’a de sens que si l’on a envie d’entrer dans cette folle histoire sortie d’une imagination fertile qui, avouons-le, déboussole quelque peu. D’un point de vue musical, on ne peut pas dire que les compositions soient dénuées d’intérêt ; mais dans l’ensemble, l’ennui est palpable… Il y a bien quelques titres qui sortent du lot ; mais au final, on reste un peu sur sa faim… Très spécial !

 

DAAU (Die Anarchistische AbendUnterhaltung)

The Shepherd’s Dream

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« The Sheperd’s Dream » annonce un renouveau structurel et musical au sein de l’écurie DAAU (Die Anarchistische AbendUnterhaltung, pseudonyme complet emprunté au roman ‘Der Steppenwolf’ de Herman Hesse).

Formé en 1992 par les frères Simon et Buni Lenski, le sextet participe très tôt à l’élaboration de la scène anversoise née dans le courant des années 90 (dEUS, Zita Swoon…) Ce dernier demeurera cependant l’un des groupes les plus indépendants et expérimentaux du nord du pays (NDR : indépendance artistique qu’il garantit alors en fondant son propre label : Radical Duke Entertainment). Ces artistes se révèlent également de véritables artisans, sans cesse à la recherche d’essences nouvelles et de sonorités uniques.

Malgré un contrat signé chez Sony Classical en 1995, on peut définir DAAU comme une musique qui n’est pas. Figure apophatique de l’ineffable. Ni classique, ni rock, ni folk. Chaque album est renouveau. Tantôt « We Need New Animals » (’97) introduit des beats électro et autres sons techno hyperkinétiques, tantôt « Life Transmission » (2001) s’amuse à l’aide de sons dub et funk sur des programmes d’effets et autres passages programmés. Les excursions sonores sont nombreuses et multiples jusque « Domestic Wildlife », paru en 2006. Un album aux textures catégoriquement rock, impliquant des tonalités empruntées au jazz. Puis, un retour au calme lors de la sortie de « The Sheperd’s Dream », sorti le 12 avril 2010. Un nouveau chapitre limpide et bucolique loin des tourments affrontés lors des albums précédents.

Le sextet devient quatuor et balance des flots calmes et intimistes sans batterie ni machine électronique : Han Stubbe. Un sujet mature et acoustique que Roel Van Camp (accordéon) invite à écouter ‘allongé sur le sol, les yeux fermés’ comme la musique d’un film dont vous seriez votre propre metteur en scène. Un doux fatras de sons qui emmènerait l’auditeur dans un voyage à distance indéterminée. Le disque nous offre alors une musique plus organique sans ‘tralala’ excessif, une épure à l’atmosphère bucolique d’une expressivité évocatrice. Ainsi, le combo anversois s’écarte-t-il lentement des structures calibrées pour établir une forme claire et plus libre dans laquelle une approche minimaliste devient désormais possible : ‘Nous n’éprouvons plus le besoin de compliquer nos morceaux’ explique d’ailleurs Han Stubbe (clarinette).

Un album cinq titres d’une durée de 50’47 créé au cours de longues séances d’improvisation sans plan préconçu afin de préserver la fraîcheur inouïe de l’instant créateur. Quatre musiciens qui travaillent en manifestant un sens aigu de la subtilité et de la suggestion. « The Sheperd’s Dream» campe un album à mi-chemin entre le rêve et l’action, entre la réalité et l’utopie. Finie l’anarchie, bienvenue à la poésie !

Un disque réalisé sous leur propre label qui ne manque pas de mitonner un packaging original par la forme et le contenu. Une galette précieuse recouverte d’un boîtier en bois dans lequel il sera loisible d’insérer un Cd ‘live’ enregistré lors de chaque concert de DAAU et disponible directement après chaque représentation.  

Die Anarchistische AbendUnterhaltung : un joyau du non genre.            

 

Electric Ducks

Back’n’Forth

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Un ami dont je partage les goûts musicaux depuis plus de trente ans, donc digne de confiance, m’a récemment confié que les Electric Ducks constituaient le ‘tribute band’ d’AC/DC le plus intense, vu en concert à ce jour.  Personnellement, je n’ai jamais été friand de ‘tribute bands’. Cependant, les ‘canards électriques’ traînent derrière eux une solide réputation scénique. De quoi susciter l’envie de les connaître un peu mieux.

D’emblée, une excellente surprise nous attend : « Back’n’Forth », le nouvel opus du combo montpelliérain, ne compile pas des reprises d’AC/DC. Ouf ! Le vilain petit canard semble avoir décidé de prouver qu’il pouvait voler de ses propres ailes. Et pour y parvenir, ce n’est pas moins de quatorze compositions originales qu’il propose sur sa précieuse galette digitale. Evidemment, après avoir consacré quatre cent concerts passés à jouer les plus grands hits de la bande des frères Young, il doit subsister une énorme empreinte musicale chez l’oisillon palmipède survolté. Pourtant, la bestiole est bien loin de plagier ses idoles.

De leur ancienne dévotion pour la musique des géniaux Australiens, les canards sauvages ont gardé la formule magique du riff gagnant à tous les coups et la section rythmique plus carrée que le pantalon de ‘Bob l’éponge’. Et pour le reste, les Ducks jouent du Ducks. Chez eux, une voix originale et des chœurs travaillés épaulent un rock’n’roll costaud, qui swingue, bluese, boogie et groove. Des riffs mid-tempo invitant à taper du pied, des refrains entraînants à reprendre à tue-tête et des soli bourrés de feeling à mimer façon ‘air guitar’. Bref, du hard rock tout simplement.

A ranger bien au chaud sur l’étagère, entre les classiques d’AC/DC, des Angels, de Krokus, de Kix, d’Airbourne et de Rhino Bucket. Finalement non, ne le rangez pas. Laissez-le plutôt, dans votre platine laser ; et écoutez-le en boucle !

 

Glyder

Yesterday Today And Tomorrow

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Les Glyder ne sont pas des glandeurs. Bien que la plupart de ses membres aient à peine plus de vingt ans, le combo irlandais peut se targuer d’avoir derrière lui une carrière haute en couleurs. Le quatuor a opéré ses débuts en 2004 au ‘Vibe For Philo’, ce célèbre événement annuel dublinois rendant hommage au regretté Phil Lynott (Thin Lizzy). De sa formation à nos jours, Glyder a tourné en compagnie des plus grands : Thin Lizzy, Wishbone Ash, Dio, Wasp, Thunder, Fish, Hawkwind, Gotthard, Blue Oyster Cult, Y&T et bien d’autres encore. En 2006, il convainc le légendaire Chris Tsangarides (Thin Lizzy, Black Sabbath, Judas Priest, Anvil, et Ozzy) de produire son premier album. Le succès est immédiat. Une comparaison revient sur toutes les lèvres : Thin Lizzy. Le single « Pup » est diffusé en boucle sur les ondes britanniques. Publié en 2008, « Playground For Life », le second album, enfonce le clou. A cause de ce mélange de hard rock seventies et de métal des eighties. De ces guitares doublées et de cette voix chaude. L’ombre de Phil Lynott plane encore et toujours.

Et le combo édite un troisième opus en 2010: « Yesterday, Today and Tomorrow ». Les tournées incessantes semblent avoir renforcé la cohésion du groupe et élargi ses horizons musicaux. Bien sûr, la marque de Thin Lizzy est toujours palpable (« Knockout », « One Of Us ») ; et c’est tant mieux, car c’est elle qui, depuis le début, a donné son identité à la formation. Cependant, depuis, Glyder semble avoir décidé de goûter à d’autres influences. D’une manière assez improbable, les Irlandais plongent dans le passé pour permettre à leur musique d’évoluer. Du hard/heavy prodigué par les premiers opus, ils remontent vers ce qu’il est convenu d’appeler le ‘classic rock’. Ainsi peut-on entendre la patte des Beatles sur « Back to the Water », « The Bitter End », « Yesterday, Today and Tomorrow ». Un orgue Hammond au son bien seventies transcende la plupart des titres, comme par exemple sur ce « Jack Strong » que ne renierait pas UFO.

Le côté U2 très prononcé d’« Innocent Eyes » fait cependant un peu tâche sur cet opus. Sans ce dérapage inutile, il aurait d’ailleurs frôlé la perfection. Mais faut-il y voir un autre hommage déguisé à l’un des géants du rock irlandais ? Au rayon des bonnes surprises, par contre, signalons que Glyder accueille l’espace d’un instant le génial Dave Meniketti (Y&T). Ce dernier illumine « Yesterday, Today and Tomorrow », le titre maître, d’un solo magnifique.

Moderniser le rock classique semble avoir été le crédo de Glyder pour son nouvel album. Du neuf avec du vieux, me direz vous ? Et pourquoi pas, si, comme c’est le cas ici, le résultat est admirable.

John Grant

Queen Of Denmark

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Lorsque Chris Pearson et John Grant décident de mettre fin aux Czars, l’avenir du second nommé semble plombé. A l’instar d’un fil de pêche trop tendu, qui finit par céder contre une branche morte, au fond d’un lac pollué. ‘Blam !’ Les catastrophes naturelles –de type tremblements de terre ou tornades– auraient fait moins de dégâts sur le psy de John Grant, que l’échec de cette aventure. Du coup, c’est la grosse déprime. Puis, le délire et les hallucinations. Un état mental qui devient le quotidien de l’Américain. L’histoire ne le confirme pas ; mais des bruits circulent qu’il s’était enfoncé dans une forêt maudite, une corde en main. Il y avait même choisi sa dernière branche… Grant aurait alors rencontré ses amis de Midlake qui festoyaient pas loin de l’arbre en question. Ne laissant jamais tomber un pote,  ils ont alors proposé à Grant de l’aider. En lui apportant leur collaboration pour coproduire un elpee. “Queen of Denmark” venait de prendre forme…

L’empreinte de Midlake est omniprésente. On y retrouve les effluves produites par les vergers sous la brise ou les sentiers battus par les vents. Cette ambiance folk délicate, empreinte de grâce et de classe. Un projet avait avorté. Un nouveau venait de naître. Sur des cendres qui auraient pu tout consumer. Et il s’est transformé en château, en temple même… Au sein duquel, une lumière envoûtante filtre à travers la nuit…

Fruit de cet échange précieux, “Queen of Denmark” crée une harmonie entre sarcasme et humour. Le sublime aussi. S’autorisant des envolées psychédéliques (« Outer Space »), des breaks mystiques (« Caramel ») ou des clins d’œil faussement décousus (« Queen of Denmark »). John Grant et Midlake viennent de commettre une œuvre qui devrait ravir tant les fans de feu The Czars que des toujours bien vivants Midlake. Foncez chez votre disquaire. Soudoyez-le, suppliez-le, mais faites en sorte qu’il alimente ses bacs de la galette confectionnée par l’Américain. S’il refuse, intentez-lui un procès…

 

Steve Hackett

Out Of The Tunnel’s Mouth

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La carrière de Steve Hackett force le respect. Né à Londres en 1950, cet Anglais jouit d’une solide réputation dans l’univers du rock progressif. Il a d’ailleurs été un des piliers du line-up classique de Genesis. De 1972 à 1977, il a ainsi enregistré huit albums en compagnie de Peter Gabriel, Phil Collins, Mike Rutherford and Co. Il a  également participé à l’aventure de l’excellent combo GTR. Fondé en 1986, il impliquait également Steve Howe (ex- Yes et Asia). Un projet qui s’est trop rapidement évaporé, après un unique essai discographique. Depuis 1987, le guitariste poursuit une carrière solo plutôt fructueuse.

En matière de guitare, Steve Hackett est un touche-à-tout. De l’électrique à l’acoustique, du  rock au jazz en passant par la world, le classique, le progressif ; rien ne l’effraie. L’énorme patchwork musical que constitue « Out Of The Tunnel’s Mouth » ne démentira pas cette affirmation.

L’album démarre, un peu mollement, il faut bien l’avouer, par un « Fire On The Moon »  planant et assez ‘pinkfloydien’. « Nomads » nous invite à vivre une ballade espagnole, dont les accents flamenco sont malheureusement alourdis de cordes de guitare électriques. « Emerald and Ash » passe, en huit minutes, du rock planant et progressif au guitar-rock percutant. « Tube Head » verse enfin dans le style attendu d’un album solo concocté par un guitariste. Une basse au son énorme et une batterie speedée soutiennent une guitare dégoulinante de feeling pour un titre instrumental rappelant quelque peu Joe Satriani. « Sleepers » est découpé comme un titre à tiroirs. Une guitare acoustique et un orchestre classique se promènent au fil d’un rock progressif atmosphérique. La montée en puissance électrique est inévitable et le petit duel ‘guitare solo/orchestre’ assez bluffant. « Ghost In The Glass » campe une ballade instrumentale au feeling très jazz-rock. Comme tous les six-cordistes, Hackett aime le blues et le démontre lors d’un « Still Waters » rutilant, gorgé de chœurs féminins. L’album s’achève, en apothéose, par le voyage exotique d’un « Last Train To Istambul », truffé d’instruments orientaux traditionnels et de percussions ethniques.

D’une manière générale, « Out Of The Tunnel’s Mouth » n’est pas l’album à écouter si on espère se procurer une bonne décharge d’adrénaline. Par contre, si vous êtes à la recherche de quiétude, de relaxation ou si vous souhaitez vous plonger au sein d’une ambiance feutrée consécutive à la dextérité instrumentale, ce nouvel album du virtuose anglais fera très bien l’affaire. En outre, les fans se délecteront de l’édition spéciale double digipack recelant 5 titres live et un enregistrement studio inédit.

 

The Internal Tulips

Mislead into a Field by a Deformed Deer

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La musique de The Internal Tulips est née de la rencontre entre électronique et folk. Mais surtout de cette réunion entre deux artistes. Deux personnes qui sont parvenues à rendre complémentaire, deux styles, au départ, antagonistes. Dans le passé, Brad Laner a milité au sein de plusieurs groupes noisy rock. Et en particulier chez Savage Republic, Medicine, Steaming Coils, Lusk, Electric Company et North Valley Subconscious Orchestra. Il a même participé à différentes sessions d’enregistrement pour Brian Eno, Caribou et Kid606. Mais progressivement, il s’est intéressé à l’électro. Ce qui l’a conduit à rencontrer Alex Graham. En 1998. Ce dernier jouissait déjà d’une notoriété internationale, sur la scène électro. Mais en son for intérieur, il vouait une grande admiration à la scène pop/folk. Le terrain était donc propice à une future collaboration. Elle va se concrétiser chez The Internal Tulips. Chaque musicien va y apporter sa touche personnelle. Le temps d’opérer quelques réglages, et le tandem américain publie le single « Arlie ». En 2004. Il faudra cependant attendre six longues années avant de voir paraître leur premier elpee, « Mislead into a Field by a Deformed Deer ».

Le projet de The Internal Tulips est manifestement original et ambitieux. Sous son profil le plus intéressant, le plus structuré et le plus mélodique, il est susceptible de rappeler les Beach Boys, Grizzly Bear ou encore Fleet Foxes. Harmonies vocales superbes, accords de piano élégants, cordes acoustiques subtiles et rythmique basique baignent même dans un climat de mélancolie douce. Et les excellents « 9 Tommorows », « Parasol », « We Breathe » ou encore « Hoshizaki Blues » en sont la parfaite illustration. Mais lorsque leur électro-folk dérape dans l’expérimentation, on éprouve d’énormes difficultés à accrocher. Et on finit même par en perdre le fil conducteur. Bref, on retiendra surtout la quintessence de ce « Meslead into a Field by a Deformed Deer », et on zappera sur le reste…

 

Iza

Picture of You

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Tangues Annelies aka Iza vient d’enregistrer son premier elpee solo. Et pourtant, elle ne vient pas d’accomplir ses premiers pas sur la scène musicale belge. En effet, avant d’embrasser une carrière individuelle, elle militait au sein d’un groupe répondant au nom de Jin XS. Mais progressivement, elle met de plus en plus souvent en exergue, ses talents de cantatrice. Ainsi, lors de l’édition 2006 du Humo’s Rock Rally –passage recommandé (obligé ?) pour acquérir une certaine notoriété de l’autre côté de la frontière linguistique– la Flamande y récolte d’excellentes critiques. Particulièrement active, elle a également assuré les chœurs pour Milow et sévi, comme pianiste, au sein du backing band d’Allan Muller. Toute une série d’expériences qui l’ont décidée à quitter la formation en 2007, afin de voler de ses propres ailes. Deux années plus tard elle sort son premier single. Une pop song intitulée « Fiendly Fires », au cours de laquelle, ses capacités vocales sont, bien sûr, déjà affinées.

« Picture of You » est un elpee bicéphale. Le premier volet met en exergue, bien sûr, sa voix. Un timbre cassé susceptible de monter dans les aigus, avec une facilité déconcertante. L’auteur/compositeur/interprète aborde, en général, le thème de l’amour, donc également de la rupture. Ce qui n’empêche pas la présence de plages plus enjouées, plus rythmées, soutenues par une orchestration subtile. Et « Sunshine », le morceau qui ouvre l’opus, en est une belle illustration. Enrichi de cuivres, il adopte un ton allègre, ensoleillé. Un peu comme chez Feist. Percus et chœurs nous entraînent sur le continent africain, tout au long de « Falling In Love ». Le titre maître baigne au sein d’un climat glacé, mais également empreint de charme de romantisme. A cause des interventions judicieuses des violons et des cuivres. « Tell You  In a Song » lorgne davantage vers la soul. Un terrain fertile pour bien mettre en évidence la voix d’Annelies. Le second volet est malheureusement moins intéressant. Plus minimaliste aussi. Une voix, son piano et de rares autres instruments. Et la monotonie commence à s’installer. Un essoufflement qui ne remet cependant pas en question le fil conducteur de cet opus : la superbe voix d’Iza…

 

Juan MacLean

DJ-Kicks : Juan MacLean

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Le parcours effectué par Juan (ou John) MacLean est pour le moins atypique. Et pour cause, difficile d’imaginer qu’un Yankee contaminé par les guitares saturées (NDR : il était membre du combo punk Six Finger Satellite, qui a sévi au cours des 90’s), ait pu se convertir aux beats percutants. Sûr que James Murphy et DFA y sont pour quelque chose…

Désormais Dj, Juan MacLean jouit d’une notoriété monstrueuse. Mais il est également chanteur au sein de son groupe qu’il a baptisé The Juan Maclean, un combo au sein duquel sévit notamment Nancy Whang (LCD Soundsystem) et militait feu, Jerry Fuchs, le drummer. Intitulé « The Future Will Come », le second elpee du band est paru en 2009. Depuis, Juan a pas mal bourlingué, mais paradoxalement, ses apparitions sur les planches se sont souvent concrétisées à travers des dj sets. Et en solitaire. Ce mixeur hors pair méritait donc bien qu’on lui consacre un ‘DJ-Kicks’. Et c’est le label !K7 qui lui a permis de concrétiser ce projet. Faut dire que depuis 1995, ce type de compilation fait vibrer tout la planète dance ; des conditions facilement réunies pour un artiste de cette trempe. Depuis début 2010, le New-yorkais est considéré comme un des meilleurs mixeurs de sa corporation. Faut dire que derrière ses platines, il est capable de transformer, à l’aide de sa house en ébullition, les dancefloors en chaudron incandescent…

Le cd démarre fort par le single DFA « Spaghetti Circus » de Still Going. Juan pose ses conditions : danser jusqu’à ce que mort s’en suive ! Un hymne house aux beats meurtriers. On n’en attendait pas moins pour lancer ce set. Et de ses doigts divins, le DJ enchaine plaque sur plaque : « Take Me » de A+O, « Simple Things » de Shit Robot, etc. Pour la circonstance, on a même droit à un titre inédit de The Juan MacLean : « Feel So Good ». Tantôt ‘deep’, tantôt caoutchouteuses, les lignes de basse soulignent parfaitement les superbes interventions au piano électrique et les vocalises de la petite Nancy ! Classe !

Juan MacLeanest un sorcier de la house. Et il le démontre pendant plus d’une heure ! D’un coup de baguette magique, il est capable de vous enfiévrer. Vous avez des fourmis dans les jambes et impossible de résister. Pire encore, c’est extrêmement contagieux !

 

MGMT

Congratulations

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Autant aller droit au but. En concoctant « Congratulations », les New-Yorkais de MGMT n’ont même pas essayé de satisfaire celles et ceux qui rêvaient d’un bis repetita. Quitte à se pencher et se soumettre aux coups de bâtons inévitables. Ceux qui n’ont été marqués que par les petites pépites electro-pop servant de singles au travail précédent du duo peuvent passer leur chemin. Andrew VanWyngarden et Ben Goldwasser n’ont gardé d’« Oracular Spectacular » qu’un psychédélisme assumé. MGMT s’en fout royalement de survivre à une hype, aussi conséquente soit-elle. Suffit de jeter un œil à leurs prestations ‘live’, souvent controversées tant les mecs n’y mettent aucune volonté. Et « Congratulations » est la quintessence même de l’œuvre dilettante. Les deux hommes ne se soumettent à la volonté d’aucun. Des neufs morceaux, pas un ne passerait la rampe du test radio. Sans concession.

« Congratulations » est la grande rencontre de toutes les influences rock, glam et psyché possibles et imaginables, puisées au cœur des sixties, secouées, absorbées et recrachées sous forme de morceaux aussi percutants qu’addictifs. Parfois même troublants. Comme ce « Siberian Breaks » long de douze minutes, loin de toutes illusions de grandeurs auxquelles on aurait pu s’attendre de la part d’une formation de cette trempe. En n’en faisant qu’à leur tête, MGMT ne s’y sont pas trompés. Certes, ils ne risquent pas d’en vendre des millions d’exemplaires, mais « Congratulations » a le mérite d’être simple, juste et sincère. En deux ans, les ‘Kids’ ont bien grandis.  

Pour écouter l’intégralité de l’album et visionner le clip zarbi de « Flash Delirium » : http://www.whoismgmt.com/be-en/music/congratulations

Jenni Muldaur

Dearest darlin’

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Jenni et la fille de Geoff et de Maria Muldaur, un couple de chanteurs particulièrement notoires au sein de l’univers folk blues américain. Cette charmante jeune femme a bossé, dès son plus jeune âge, en compagnie de son père. Elle avait ainsi participé à l’enregistrement d’"I shaving a wonderful time", en 1975. Et en 1992, elle a collaboré à la confection d’un opus pour sa mère : "On the sunny side". Le ménage Muldaur a depuis longtemps mis un terme à son histoire. Mais Jenni a, en quelque sorte, pris le relais sur la scène musicale. Et bon sang ne saurait mentir, car elle semble avoir hérité du talent de ses parents. Elle possède, en outre, une voix très agréable. Ce qui explique sans doute pourquoi, très jeune encore, elle a figuré comme choriste au sein du backing band du légendaire Todd Rundgren. Et sa notoriété croissante lui a permis de participer à certaines sessions pour Eric Clapton, Steely Dan et même John Cale. Son premier elpee solo remonte à 1992. Et il est tout simplement éponyme. Au cours des dernières années, elle a souvent collaboré en compagnie de Rufus Wainwright, un de ses fils (Loudon Wainwright III) ainsi que Kate McGarrigle (NDR : elle est décédée ce 18 janvier 2010 !)

Ce nouvel album a été concocté à New York City où elle a élu résidence. Des sessions dirigées alors par le regretté Sean Costello (NDR : ce remarquable chanteur/guitariste de blues  nous a quittés prématurément en avril 2008, alors qu’il n’avait pas trente ans)

L’elpee s’ouvre par "I've got a feelin'", un titre qui avait permis à Big Maybelle de décrocher un hit, en 1954. Dans ce style un peu suranné, sa voix passe bien la rampe. Le son est impeccable. Et Sean Costello s'offre une de ses rares interventions –excellente par ailleurs– en solitaire. "You're breaking me up" trempe dans le pur R&B. A l’origine, c’est Lee Dorsey, un artiste issu de la Nouvelle Orléans qui l’avait interprété. Jenny se mue ici en ‘shouteuse’. Face aux chœurs et aux cuivres, elle ne chante pas vraiment, mais crie, un peu à la manière de Brenda Lee, au début des sixties. Dans un registre similaire, son organe vocal se révèle franc et clair tout au long de "Just ain't no love". Un style soul/r&b à nouveau exploré tout au long du tonique "I'd rather live like a hermit", une plage caractérisée par les interventions nerveuses des solistes : Sean Costello à la gratte et Steve Elson au saxophone. Le titre maître est signé Bo Diddley. Il est imprimé sur le Diddley beat de circonstance. Par Don Fleming, le six cordiste des Velvet Monkeys. Joseph Arthur, le chanteur pop rock d'Akron, donne la réplique aux vocaux. Interprété a capella, "Hopali" évolue sur un rythme très soutenu. Une plage réminiscente des chants dispensés par les noirs, lorsqu’ils trimaient dans les champs de maïs du Mississippi. La cover du "Lost someone" de James Brown est certainement la meilleure plage de l’opus. Le rythme est lent. La voix de Jenni est troublante, sensuelle, remarquable. Et se love dans l’intimisme tout au long de "Jut kiss me once", un blues fin de soirée, cabaret, très inspiré par le jazz. "You got me uptight" campe un r&b funky et participatif. Et Jenni de se retirer lors de la seule compo écrite de sa plume : "Comatose town". Un morceau empreint de douceur et de charme, au cours duquel elle révèle ses talents de ‘crooneuse’… Une œuvre atemporelle…

 

The Ruby Suns

Fight Softly

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J’étais tout excité à l’idée d’écouter le tout nouvel opus des Ruby Suns. Un combo néo-zélandais. Enfin plus exactement le combo du Néo-Zélandais Ryan McPhun, vu qu’il est le seul membre fondateur, encore présent au sein du line up. En 2008, la formation issue du pays des All Blacks nous avait livré un album magistral. Intitulé « Sea Lion », c’était une véritable ode à l’évasion et à l’hédonisme. Sous ses airs chaloupés et minutieux à l’extrême, nous voguions d’univers concrets en paradis subliminaux, sans transiter par les paliers de décompressions. Heureux de rencontrer ce type de combo, nous n’attendions qu’une chose : la suite. Et bien sûr, une prolongation de ces sensations. Deux ans plus tard, nos prières sont exaucées. Sans tambour, ni trompette, « Fight Softly » débarque.

Faute avouée est à-moitié pardonnée, mais je dois reconnaître, qu’à l’issue de la première écoute, j’ai été envahi par un sentiment de déception. L’univers sonore a été complètement chamboulé. Les intros transcendantes ont disparu. Tout comme les petites touches, destinées à enrichir subtilement le décor sonore. Désemparé, je réfléchissais à la manière de coucher sur papier cet acte d’auto-sabotage. Mais c’était sans compter sur le machiavélisme et le don de camouflage naturel du combo. Mea Maxi Culpa. Comment ai-je pu ? Comment puis-je encore me regarder dans une glace après avoir émis ce doute. C’est un péché d’autosuffisance, comme si je m’étais senti capable de percer leur univers, sans gratter un peu la couche de vernis. Derrière laquelle se cache un univers aussi fantastique que frémissant. Si le cotonneux est exsangue, l’énergie et les pulsions d’émotions vives ont pris le dessus. Si le voyage n’atteint plus de sommets stratosphériques, c’est parce qu’il est davantage interne et surtout maquillé. « Fight Softly » est purement et tout simplement sublimement subliminal (sic). Il ne dévoile à première écoute qu’une partie de ses richesses. Et encore ! En se contenant d’une seule lecture, on passe carrément à côté de son sujet ; et c’est à forte doses de Destop qu’il vous faudra déboucher les conduits auditifs. En remettant le couvert, encore et encore, tel un thé millénaire, les effluves finissent par vous envahir. Progressivement. Insidieusement. Et même en se permettant même un petit pas de danse. Responsable de cette néo-pop, le génial Ryan McPhun semble même donner toute la mesure de son art et de son talent, sans jamais donner l’impression de forcer… Un peu à la manière de Radiohead, Animal Collective ou Dead Can Dance, pour ne citer que ceux là. Bref, ne manquez pas cet album. A moins de prendre le risque de vous couvrir de honte au cours des cinq futures générations, qui vous survivront.

 

R.U.N.I.

Rrrruuunnnniiii

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Deux ans plus tôt, le trio italien commettait un mini-album fort intéressant. Un disque dont les compos punk-rock étaient saupoudrées d’accents funky. En une petite demi-heure, ils étaient parvenus à nous démontrer leur art à concocter des morceaux à la fois déstructurés, excitants et hyper mélodiques. Tout en pimentant le tout de vocaux acérés (ceux de Fabio Bielli), parfois semblables à ceux d’un malade au bord de la crise de nerfs.   

Lors de ce second elpee, les natifs de la banlieue milanaise ont décidé d’abandonner leurs impulsions funkysantes, pour embrasser un profil plus noisy. En tirant parti, à la fois de l’électronique et des cordes de guitares aussi bruyantes (of course !) qu’incisives. Mais ce déluge sonore est parfois susceptible de vous flanquer la migraine. Surtout lorsque les trois compères hurlent au lieu de chanter. A contrario, les chants féminins passent bien mieux la rampe, sur l’excellent « I-205In Ascona ». Un titre au cours duquel, les riffs dispensés en boucle procurent un effet hypnotique, réminiscent de Joy Division. Une impression confirmée sur « Pitoni A Miami ». Une formule pas très originale, mais finalement pas désagréable à l’oreille.

« Rrrruuuunnnniiii » marque un changement radical de style chez R.U.N.I. On regrettera sans doute ce recours aux vocaux perçants et aux élans bruitistes incontrôlés, qui à force, finissent par taper sur le système. Mais en faisant abstraction de ces dérives, la solution sonore réserve quand même quelques moments intéressants. A consommer, donc, à doses homéopathiques…

 

Spoon

Transference

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Fondé en 1993, ce quatuor texan (NDR : d’Austin, très exactement) a publié son premier elpee en 1996. Intitulé « Telephono », cet opus était sculpté dans un pop/rock indie largement influencé par les Pixies. Au fil du temps, la formation a affiné son style. Plus serein et intimiste, « Transference », son septième essai, en est une belle illustration.

Filiation logique de l’excellent « Ga Ga Ga Ga Ga », « Transference » présente un visage plus dépouillé et une production en apparence moins soignée. Un onze titres aux confusions authentiques et aux énergies brutes qui ne laisse cependant jamais les qualités intrinsèques d’auteur-compositeur de Britt Daniel (chant/guitare) sur le bord de la route. Si « Transference » donne effectivement l’impression d’une œuvre incomplète et irrégulière, c’est précisément ce sentiment elliptique qui confère un charme chaotique au dernier elpee. Un enregistrement et des paroles traînant un amer sentiment de résignation et de je-m’en-foutisme délibérément contrôlé sonnant comme un disque laissé en suspens par la vie. Vous apporter toutes les réponses n’aurait pas de sens puisqu’il les ignore lui-même : « Is Love Forever ? ».

En effet, Britt Daniel (chant/guitare) et Jim Eno (Batterie), deux ingénieurs expérimentés et surdoués de studio, ne laissent ici rien au hasard. Pas de paresse excessive mais une volonté de travailler la forme de morceaux présentés dans leur version originale ‘démo’. Rien de lo-fi mais plutôt un son issu de changements inattendus entre les textures brutes et les nappes audio. Une architecture sonore qui offre une instantanéité désarmante, une forme moins polie et un ensemble musical informel que l’on ne retrouve pas sur les albums antérieurs. En comparaison, « Transference » diffère davantage par sa production expérimentale que par ses compos demeurant très ‘spooniennes’. L’effet sur les microsillons déstabilise par des morceaux de sons brusquement tronqués ou encore des phrases interrompues à mi-syllabe. Un contexte de brume indécise habilement manipulé s’installe alors et déséquilibre les sens. Déséquilibre né précisément d’un équilibre paradoxal entre improvisation et discipline rigide, soulignant encore, si besoin en était, le talent de Spoon en tant que groupe de studio.

Un format incontestablement plus brut et plus froid que par le passé exprimé par des morceaux comme « Out Go The Lights » (NDR : titre au cours duquel on peut étrangement apercevoir l’ombre de Zita Swoon !) Ou encore « Good Night Laura », ballade facile jouée au piano, qui traduit précisément cette impression et vous trébuche accidentellement dans une répétition Spoon.  

Un long playing linéairement désorganisé où l’on peut cependant entendre quelques originalités. Ainsi, quand le détachement glacial de « Who Makes Your Money » se nappe d’un funk lacunaire, « Out Go The Lights » nous régale d’une légère new-wave mélodramatique sous un dub-reggae en ‘reverb’ qui force un désir hypnotique. Ou, plus classiquement, « Trouble Comes Running » et « Mean Red Spider » (NDR. : piste 12 : morceau caché) se promènent du côté de chez Strokes.

Un ‘Spoony album’ faussement négligé qui fera certainement partie des bons crus rock alternatif de l’année 2010.            

 

Kelis en chair…

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Ce 15 mai, Kelis offrira un successeur à « Kelis Was Here », sorti en 2006. Il s’intitule « Flesh Tone » et est porté par « Acapella », un premier single produit par David Guetta et illustré par une vidéo haute en couleur. Le disque aura reçu le concours de DJ Ammo, Diplo et Will.i.Am, entre-autres. La belle sera sur l’une des scénes du Pukkelpop cet été afin d’y présenter son dernier labeur.
 

www.iamkelis.com

Soif de pop sucrée ou sanglante ?

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C’est officiel, Morcheeba sortira « Blood Like Lemonade », son 7ème album et le premier depuis 2003, le 7 juin prochain ! En outre, le groupe aux millions d’albums vendus nous proposera un avant-goût de sa limonade sanglante, lors de la sortie du single, ce 24 mai. Intitulé « Even Though », il devrait également être sucré ( ?!?!?!) Une bonne nouvelle ne venant pas seule, Skye Edwards a réintégré le line up. Morcheeba sera à l’affiche des Ardentes à Liège le 08 juillet prochain.

Full track listing:

1. Crimson
2. Even Though
3. Blood Like Lemonade
4. Mandala
5. I Am The Spring
6. Recipe For Disaster
7. Easier Said Than Done
8. Cut To The Bass
9. Self Made Man
10. Beat Of The Drum

Du poisson artisanal…

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Carp est de retour ! Le second album de la formation hexagonale paraîtra ce 25 mai 2010. Intitulé "Day Walks", il a été conçu artisanalement et sera distribué suivant la même philosophie. Et pour cause, ce sont les membres du groupe qui vont se rendre chez les disquaires pour leur proposer. Il sera cependant, également disponible sur le site du label Square Dogs ainsi que et sur les plateformes digitales. Carp est d’ailleurs la dernière recrue du label indépendant Square Dogs (Landscape, Simple As Pop). Une indication pour leur musique ? Plutôt des références : Arab Strap, Low, Robert Wyatt et Randy Newman…

 

http://www.squaredogs.fr