L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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Animal Collective

N’est-ce pas maintenant, Animal Collective ?

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Animal Collective publiera son nouvel opus studio, « Isn't It Now ? » le 29 septembre 2023. Il a été coproduit et mixé par Russell Elevado (D'Angelo, The Roots, Kamasi Washington), une figure légendaire qui navigue au carrefour du hip-hop, de la soul et du jazz. C'est aussi un défenseur inébranlable de l'analogique. Il utilise sa maîtrise du matériel d'antan pour créer des repères modernes qui sonnent comme peu d'autres.

La structure d'Animal Collective a longtemps été celle d'un terrain de jeu, d'un espace ouvert où l'on peut s'exercer et se laisser aller à de nouvelles notions et influences, où l'on peut dire ‘Pourquoi pas ?’.

La formation nous propose un premier extrait de cet opus, "Soul Capturer". Hymne à notre malaise existentiel en ligne, il évoque tout ce qui peut vous séduire : la drogue, le sexe, un vieil ami à qui vous savez qu'il vaut mieux ne pas faire confiance, mais aussi, absolument et sans équivoque, l'Internet et la façon dont il peut vous faire sentir si bas, même dans vos moments les plus forts.

"Soul Capturer" est en écoute

Découpé en 20 plages, "Isn't It Now ? " inclut l'épopée de 22 minutes "Defeat", déjà publiée, ainsi que "King's Walk", un morceau que le groupe joue en concert depuis quelques années.

Drop Nineteens

Drop Nineteens de retour 3 décennies plus tard…

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Il y a presque 30 ans, Drop Nineteens splittait. Il avait gravé son chef-d'œuvre shoegaze « Delaware » en 1992 et partagé la scène avec des groupes comme Radiohead, Hole, Blur, PJ Harvey et Smashing Pumpkins. Lorsque la formation a cessé d'exister, son chanteur et compositeur Greg Ackell s'est senti satisfait. Il avait le reste de sa vie devant lui pour trouver ce qu'il voulait faire. La musique était un chapitre clos.

Dans les décennies qui ont suivi, malgré le fait que le groupe se soit éloigné des projecteurs, l'héritage de Drop Nineteens s'est accru. Delaware est considéré comme un classique du genre, figurant sur les listes des meilleurs albums de shoegaze de tous les temps.

C'est dans ce contexte qu'en 2021, un ami des débuts du groupe a appelé Ackell au téléphone pour lui proposer de créer de la musique ensemble, juste pour voir le résultat. Au lieu de fermer les yeux comme il l'avait fait au fil des ans, il a décidé d'envisager cette possibilité. Pour la première fois depuis près de 30 ans, il a repris une guitare avec l'intention d’en jouer. 

Greg Ackell explique : ‘J'ai eu du mal à trouver une réponse à la question ‘pourquoi maintenant. Quel a été le catalyseur qui m'a poussé à me remettre ensemble après une si longue période ? La meilleure réponse que je puisse donner est que c'est le premier moment de ma vie, depuis que j'ai arrêté de faire de la musique, où j'ai eu envie d'entendre à quoi Drop Nineteens pourrait ressembler aujourd'hui. Et il n'y avait qu'une seule façon de le découvrir !’ 

Aujourd'hui, Drop Nineteens a annoncé son retour officiel. Le groupe original au complet, réunissant Ackell, Steve Zimmerman, Paula Kelley, Motohiro Yasue et Peter Koeplin, a enregistré un nouvel album. Intitulé « Hard Light », il paraîtra ce 3 novembre 2023.  

Pour marquer cette annonce, le groupe partage le premier single issu de l’elpee, « Scapa Flow » qui incarne un excellent exemple de ce à quoi ressemble une chanson moderne de Drop Nineteens. Les voix d'Ackell et de Kelley sont froides et rêveuses, enveloppées dans une brume de réverbération. C'est incontestablement charmant.

« Scapa flow » est disponible sous forme de clip

 

The Kills

Deux nouveaux singles pour les Kills !

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The Kills annonce la sortie prochaine d’un nouvel elpee. En attendant, Alison Mosshart et Jamie Hince nous proposent deux singles, "New York" et "LA Hex". Le premier évoque les Kills classiques avec son riff de guitare collant et le croon rituel.

Les nouveaux titres sont accompagnés de deux clips réalisés par Andrew Theodore Balasia (Prada, Jeffrey Deitch Gallery). Dans "New York", le duo est sur le ring et ensanglanté, tandis que pour "LA Hex", il se retrouve parmi des personnages de Los Angeles dignes d'un casting d'’Harmony Korine’. Peintre de renom, Mosshart a réalisé elle-même la pochette des deux singles, rappelant sa série de cartes à jouer peintes.

 

 

Hiss Golden Messenger

Un vent d’optimisme souffle sur Hiss Golden Messenger…

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Hiss Golden Messenger sortira son nouvel album « Jump for Joy » le 25 août 2023. Le premier single, « Nu-Grape », recèle des couplets entraînants et un refrain teinté de gospel, avec Aoife O'Donovan et Amy Helm aux chœurs.

Sur le plan musical, lyrique et conceptuel, « Jump for Joy » est totalement différents des autres elpees du groupe. Tout d'abord, il contient les chansons les plus optimistes et les plus groovy que le leader, chanteur et compositeur M.C. Taylor ait jamais écrites. La narration est quelque peu autobiographique, car M.C. Taylor a créé un personnage pour se représenter à travers les diverses expériences qu'il a vécues dans sa vie musicale.

Comme l'explique Taylor à travers le personnage, ‘J'ai pu pénétrer dans ces lieux qui existent si profondément dans ma mémoire sensorielle : moi à 16 ans, sachant intuitivement qu'il devait y avoir quelque chose pour moi, quelque chose de mystérieux et de divin qui n'était pas rempli d'une douleur déroutante ; moi avec mon groupe de hardcore, à 18 ans, errant dans les vastes étendues du Texas sous une grosse lune mandarine, cherchant de la monnaie pour remplir le réservoir d'essence, essayant de faire un soundcheck pour un spectacle qui n'a jamais eu lieu. Il y a moi à 30 ans, ayant des enfants, écrivant des chansons comme s'il s'agissait d'épitaphes de pierre tombale, ne comprenant pas encore que rien n'est si permanent et sérieux et que je devais être plus doux avec mon esprit. Il y a moi à 35 ans, toujours à la poursuite de cette chose parce que je l'ai touchée une ou deux fois et que je sais que c'est le seul moyen pour moi de me sentir entier, réèl et utile, mais dans le rétroviseur, je peux voir tous ceux qui ont abandonné à la recherche de quelque chose de plus facile et de moins déchirant…’

Comme le suggère le titre de l'album, une ambiance joyeuse imprègne le disque et offre un sentiment de liberté dans la musique.

Issu de cet LP, « Nu-Grape » est disponible sous forme de clip

 

 

Will Butler + Sister Squares

L’ex-Arcade Fire, Will Butler, s’associe aux Sister Squares pour sortir un album…

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Les Sister Squares réunissent Miles Francis, Julie Shore, Jenny Shore et Sara Dobbs.

‘J'ai rencontré Jenny - ma femme - à l'université, l'année précédant ma participation à Arcade Fire’, explique Will. ‘Quand j'ai eu besoin d'un groupe pour la tournée ‘Policy’ (2015), j'ai demandé à Julie [la sœur de Jenny] de me rejoindre parce que je lui faisais confiance musicalement. Et j'ai demandé à Sara, l'amie d'enfance de Jenny et Julie, parce que je savais qu'elle était super talentueuse’, raconte Will. ‘Antibalas (pour qui je jouais de la batterie) a ouvert quelques concerts d'Arcade Fire’, se souvient Miles, qui a proposé de jouer de la batterie chaque fois que Will en avait besoin. Will, Julie, Sara et Miles se sont entendus en tournée et chacun a travaillé sur les arrangements vocaux. Tout au long de la tournée, Jenny a contribué aux enregistrements et aux idées générales de performance, et elle a rejoint le groupe sur scène en 2019.

‘J'avais quitté mon groupe Arcade Fire très récemment, après 20 ans d'existence - peut-être la décision la plus complexe de ma vie. J'avais passé les deux années précédentes à la maison avec mes trois enfants. J'avais 39 ans. Je me réveillais tous les matins et je lisais Emily Dickinson, jusqu'à ce que j'aie lu tous les poèmes d'Emily Dickinson. J'écoutais Morrissey, Chostakovitch, le top 50 de Spotify. J'avais des questions non formulées avec des réponses incertaines’ confie Will. ‘Mais, honnêtement, je me sentais très bien avec cet album’.

Will Butler + Sister Squares seront en tournée pour promouvoir leur nouvel album cet automne.

En attendant, il nous propose deux singles sous forme de vidéo, "Long Grass"  et « Arrow of time »

En concert

16 novembre 2023 – Botanique, Bruxelles

 

Σtella

La Venus de Σtella…

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Σtella vient de publier un tout nouveau single, “Girl Supreme”, une compo qui fait suite à “Up and Away”, un premier album paru l’an dernier.

Σtella a déclaré à propos de cette nouvelle chanson contagieuse : ‘Apprendre à utiliser 'on', 'in' et 'at' m'a permis de poursuivre “Girl Supreme”. Et les prépositions m'ont fait penser aux propositions - quand une rencontre occasionnelle devient une affaire fatale’.

Le clip de “Girl Supreme” est disponible

 

 

GUM

GUM s’inspire de la Toscane…

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Jay Watson, qui milite au sein des formations australiennes Tame Impala et POND, publiera son nouvel LP, « Saturnia » ce 15 septembre 2023.

Après la sortie de « Out In The World », en 2020, Watson avait une idée assez vague de la direction que GUM allait prendre. ‘Je voulais vraiment faire un album qui sonnerait de façon homogène’, se souvient-il. ‘Avec des sons différents, mais je voulais qu'il soit organique, avec des guitares acoustiques et une vraie batterie…’ Sur la plupart des long playings de GUM, on décèle plutôt des samples ou batteries programmées.

« Race to the Air » est en écoute ici, « Would it Pain You to See? » est à découvrir sous forme de clip et "Music is bigger than hair", encore ici

 

Lathe Of Heaven

Le ciel est bleu pour Lathe Of Heaven…

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Formé en 2021, Lathe of Heaven réunit des membres issus de projets basés à Brooklyn tels que People's Temple, Porvenir Oscuro, Pawns, Android, Hustler et bien d'autres. Bien que cette liste de projets musicaux passés et alternatifs expose une gamme variée de genres et de compétences, Lathe of Heaven ne peut être compris que comme un départ de ces influences, explorant un son qui lui est entièrement propre.

Issu de son futur elpee, « Bound by Naked Skies », dont la sortie est prévue pour le 1er septembre 2023, « Ekpyrosis » est disponible sous forme de clip

 

 

Empty Country

Un second éponyme pour Empty Country…

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Empty Country - le projet du musicien Joseph D'Agostino (Cymbals Eat Guitars) - publiera une suite à son elpee éponyme. Il sortira ce 3 novembre 2023

En attendant il nous en propose « Erlking », sous forme de vidéo, ici

A propos du titre, D'Agostino a déclaré : ‘« Erlking » s’inspire du nom du célèbre poème de Goethe, ‘Erlkönig’, qui décrit la mort d'un enfant traqué par un être surnaturel. Bien que j'aie écrit cette chanson le jour de la fusillade de l'école primaire Robb à Uvalde, les ‘20 enfants’ auxquels il est fait référence sont les enfants de Sandy Hook. Dans la version parallèle de la dystopie américaine que je dépeins dans « Empty Country II », les Erlkings sont des démons ultra terrestres qui traquent les innocents et infectent l'esprit des hommes. La vie de ces entités s'étend sur des éons. Pour eux, l'histoire pernicieuse de notre pays est aussi brève qu'un prélude de Chopin ou un jingle de télévision. Un court couplet/ 13 Bars/ La force de 50 étoiles qui s'effondrent...’

The Cyclist Conspiracy

The Cyclist Conspiracy prend son envol…

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The Cyclist Conspiracy est une formation issue de Belgrade, dont le nouvel elpee, "Mashallah Plan", paraîtra ce 13 octobre 2023. D'une frontière mystique où l'Est rencontre l'Ouest, ce collectif musical réunit dix hommes et femmes, responsable d’une expression sonore qui agrège des influences puisées dans le monde entier

En attendant, il nous propose son single, "Simorgh", et il est en écoute sur son Bandcamp ici

À propos de la chanson, le band serbe a déclaré : ‘Un oiseau a été utilisé comme métaphore de l'âme depuis la nuit des temps. À cet égard, "Simorgh" représente l'oiseau ultime, l'oiseau des oiseaux.’

Son nouvel album "Mashallah Plan" est une tapisserie psychédélique mêlant des influences de différentes parties du monde dans une expérience unique qui nous entraîne à travers les paysages d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Le groupe commente : ‘"Mashallah Plan" est l'histoire d'un voyage spirituel à vélo. Ce simple engin ne révèle son profond symbolisme qu'à travers le chemin de la plus grande résistance et représente donc un véhicule ésotérique parfait pour l'âge des ténèbres que nous traversons’.

 

Lutalo (USA)

A nouveau Lutalo…

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Originaire du Minnesota, mais établi dans le Vermont, Lutalo sortira un nouvel Ep, « Again », ce 25 août.

En attendant, il nous en propose ses singles, sous forme de vidéo, « PLPH », ici, et « Push Back Baby », là.

Lutalo insère des lignes de poésie dorées qui inspirent la curiosité pour le monde et l'empathie pour tous ceux qui cherchent à le traverser. Il formule des critiques audacieuses à l’égard de l'oppression systémique, du capitalisme et de l'économie numérique de l'attention.

Il a déclaré : ‘Je m'intéresse à mes émotions, ainsi qu'à la façon dont d'autres personnes se sentent et interagissent avec les systèmes dans lesquels nous vivons…  Je veux aider les gens à remettre en question leur mode de vie afin que nous puissions créer une meilleure réalité dans laquelle nous pourrons exister ensemble…’

 

A Giant Dog

La morsure d’A Giant Dog…

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« Bite » est un album conceptuel, mettant en scène des personnages qui entrent et sortent d'une réalité virtuelle baptisée Avalonia. Premier album de chansons originales d'A Giant Dog depuis « Toy » en 2017, « Bite » s’est lancé dans des défis en créant des arrangements plus complexes et abordant des sujets qui les ont forcés à sortir de leur tête pour entrer dans celle des personnages qui occupent ce supposé paradis.

‘Nous devions nous retrouver dans les personnages principaux ou nous y projeter. Nous les avons développés, nous avons appris à connaître leur esprit, leurs émotions et leurs motivations, puis nous les avons exprimés dans neuf chansons’, explique Ellis. Les thèmes de l'addiction, de la fluidité des genres, de la vie éthique dans une société capitaliste, de l'autonomie physique, de l'avarice, du chagrin et du consentement bouillonnent sous la promesse de bonheur d'Avalonia.

« Bite » sortira ce 25 août 2023. En attendant, « A daydream » et « Différent than » sont en écoute ici et

 

 

Ronquières 2023 : samedi 5 août 2023

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La pluie n’a pas cessé de jouer au trouble-fête tout au long de ce samedi. Les organisateurs ont dû repousser l’ouverture du site et annuler le concert de Rosedog afin de prendre des mesures d’urgence.

Les conditions climatiques sont exceptionnelles. Si les années précédentes, votre serviteur arrivait dégoulinant de transpiration, l’eau sur le visage est due cette fois à la pluie qui s’est invitée, même en place VIP svp.

Il pleut depuis le 14 juillet. La boue accumulée et les intempéries ont nécessité une intervention matinale pour sécuriser le plan incliné. 120 ballots de paille ont été dispersés ce matin pour rendre les zones de passages plus praticables.

Une onzième édition qui n’a donc pas été épargnée par la météo, comme une bonne partie de l’Europe d’ailleurs. Paradoxalement, d’autres suffoquent en ce moment.

Il semblerait que ce soit la seconde année où le RF doit subir les caprices du temps. La première remonte au lancement du festival. Forcément, avec moins de monde, il y avait moins de mécontents.

Au niveau des parkings, les organisateurs ont mis à pied d’œuvre des solutions, en créant des centaines de lignes de paille. Ainsi, quelques 8 000 places ont été sécurisées.

Quant aux problèmes de circulation rencontrés la veille, des circuits de délestage ont été conçus de manière à fluidifier le trafic. La veille, c’était pire que le périphérique de Paris, un dimanche soir…

Comme disait Jean-Jacques Rousseau, ‘La critique est un exercice facile, il faut un mot pour critiquer et des pages pour se défendre’. Alors, oui, soulignons les bonnes initiatives prises en urgence, dans le cadre d’un contexte de crise.

Toutefois, force est de constater que les solutions concernant les parkings sont largement insuffisantes. Les bénévoles conseillent de ne pas stationner le véhicule aux abords du site, mais le long des voiries accessibles, en risquant de devenir piéton le temps d’une nuit. Résultat des courses, ce sont de longues dizaines de minutes à pied qu’il faut parcourir afin d’atteindre le site. Si en soit, l’exercice est bon pour la santé, il peut cependant se révéler périlleux lorsque la pluie battante frappe comme c’est le cas en ce moment.

Quant aux circuits de délestage, partant du principe que le public serait présent en masse pour les concerts de Louise Attaque et d’Indochine et que les départs auraient lieu dès la fin des horaires de travail, la cohue aurait pu être évitée en répartissant mieux le flux. Et que dire des départs ? Si gouverner, c’est prévoir, organiser également !

Prudent, votre serviteur préfère donc parquer son véhicule le long d’une des voiries, à environ 45 minutes de marche. La pluie battante rend difficile le parcours.

Sur la scène ‘Tribord’, un compatriote, en l’occurrence Pierre de Maere, monte sur le podium. L’artiste est originaire de Walhain, dans le Brabant Wallon, et sa popularité a vite monté en flèche, grâce au percutant « Docteur ».

Votre serviteur avait déjà assisté à son set, dans le cadre de la dernière édition du LaSemo, il y a quelques semaines. La curiosité le pousse à rester malgré tout. Les fans se pressent.

Autodidacte, il compose ses premiers morceaux sur le logiciel ‘Garage Band’, dès l’âge de 9 ans, avant de s’intéresser à la photographie de mode. C’est au cours de ses études à l'Académie royale des Beaux-Arts d'Anvers qu’il publie son premier morceau, sous statut indépendant, « Potins absurdes ». Le succès est immédiat.

Repéré par le label Cinq7 (Dominique A, Kalika, Jean-Louis Murat), il publie son premier Ep dans la foulée, « Un jour, je », en janvier 2022. Le disque est propulsé par les médias au-delà de ses espoirs. Pierre de Maere enchaîne alors les plateaux télévisés et les interviews dans la presse.

Après avoir décroché le prix de la Révélation belge de l'année aux NRJ Music Awards en 2022, il reçoit une ‘Victoire de la Musique’ en 2023 dans la catégorie ‘Révélation masculine de l'année’.

Pierrot est fringué classieusement, costard-cravate, lunettes à la Tom Cruise dans Top Gun et cheveux ébouriffés. Il est accompagné de ses fidèles collaborateurs : deux préposés aux claviers et un drummer. Leur look est du même acabit.

Son côté arrogant et maniéré peut prêter à confusion. Dans le métier, il faut se donner un genre. Mais au fond, le garçon semble tout à fait proche de son public, n’hésitant pas à communier avec lui par le chant ou la danse.

Que ce soit à travers « Lolita », « Roméo » ou encore « Menteur », le jeune artiste d’à peine 22 piges, démontre qu’il est un virtuose de la composition. Des chansons pertinentes, savamment orchestrées. Des textes ciselés et des mots qui font mouche. Sa voix aux roulés très marqués évoquent Stromae et même Brel. Nul doute que De Maere deviendra une des figures de proue de la scène belge.

Il est manifestement à l’aise, déambulant sur les planches, de long en large. A lui seul, il assure le show. A cette heure précoce, il fait encore jour (quoique ?!) et le light show sert de prétexte. Au fond, il n’en a pas besoin, ses chansons sont suffisamment lumineuses.

Pierre de Maere est un artiste à part entière. Il baigne au sein d’un univers fantasmagorique qui lui va bien, tout comme celui de Lady Gaga dont il voue une admiration sans faille.

« Docteur » maque la pierre angulaire d’un concert impeccable et d’une positivité à toute épreuve.

La pluie déverse son flots par intermittence. Il faut prendre chaque minute de répit comme une victoire.

Jain se produit sur la ‘Colline’, tout à droite. Un nouvel endroit qui a déjà fait couler beaucoup d’encre : une orientation scénique discutable et une acoustique pour le moins détestable. Sans oublier, le côté pentu du terrain qui rend encore un peu plus compliqué la mobilité déjà fort difficile.

L’endroit est quasi-marécageux. Il faut rester extrêmement prudent, la glisse est devenue le sport local. Rares sont ceux qui ne portent pas les traces d’une culbute… Les gens qui n’ont pas les moyens de se rendre en montagne et pratiquer le ski, sont encouragés à venir à Ronquières ! C’est plus près et moins cher !

Pour ne pas se casser la figure, il est préférable de rester statique.

Jain est entourée de ses musicos. Elle est venue vaille que vaille défendre les couleurs d’un nouvel opus.

Le décor est relativement sobre. Un plateau métallique accueille synthés et percus en tout genre. A gauche, le préposé à la gratte. Il s’agit de Benjamin Porraz qui a également accompagné Clara Luciani lors de sa tournée. A droite, une nana se charge de tracer des lignes de basse.

Son arrivée dans l’univers musical s’apparente à un raz-de-marée. Auteure, compositrice et interprète, elle rencontre le succès dès la sortie de son premier long playing, « Zanaka » ; et des titres tels que « Come » et « Makeba » (qui signifie enfant en malgache) tournent en boucle sur les ondes radiophoniques. Le suivant rencontrera un succès plus important encore. Paru 2018, il se vend à 1,2 million d'albums dans le monde et atteint plus de 2 milliards de streams.

Après cette envolée qu’elle ne maîtrise pas, elle annule sa dernière tournée pour se ressourcer. Au bout de quatre longues années, elle refait surface, plus positive que jamais et nous propose un nouvel essai baptisé « The Fool ». Certains n’ont pas hésité à établir un parallèle avec la carrière de Stromae qui lui aussi s’est vite laissé submerger par la réussite et les tournées fatigantes.

Jeanne Galice, à l’état civil, est venue défendre son dernier long playing. Cinq longues années auront donc été nécessaires à la jeune femme pour remonter la pente (?!?!?), après avoir publié l’elpee, « Souldier ».

Déjà, après avoir gravé « Makeba », qui deviendra un tube, la pression était devenue trop importante. Aujourd’hui, dans son dernier disque, l’artiste propose des compos plus matures et sans doute aussi moins accessibles pour le mélomane lambda.

Cependant, sur les planches, elle ne se laisse pas démonter pour autant, alternant nouvelles compos et hits qui ont assis sa popularité.

Une première partie qui met l’accent sur des titres plus doux et atmosphériques comme ce « Heads Up » à la rondeur absolue ou encore le radiophonique et entêtant « Alright ». Des titres brûlants qui sentent bon le sable chaud et la couleur de l’été. Si, si… une ambiance qui contraste évidemment avec les pluies battantes qui viennent de reprendre de plus belle. Et l’horizon noir et chargé est loin d’être rassurant...

Afin de remercier le public, l’artiste descend dans la foule pendant le très allègre « Come », autre morceau indémodable. Les plus jeunes peuvent s’essayer aux joies de la popularité puisque Jain les invite à enregistrer leurs voix et les intégrer à sa performance. Plutôt sympa non ?

Après cette mise en bouc(h)(l)e, l’autre moitié du set est consacrée aux morceaux plus punchy, à l’instar de « Save The World » ou de « Star », tous deux issus de « Soudier. » Des titres qui montrent là toute l’étude du talent de l’artiste et lui permettent littéralement de se défouler et d’entraîner le public qui tente vaille que vaille à se mettre dans l’ambiance.

La prestation prend doucement fin. Evidemment, l’inévitable « Makeba » n’est pas oublié, un morceau qui a repris vie grâce à la plateforme Tik Tok. Dès les premiers ‘Ooh-ee’ les cris fusent et les bras s’agitent vers le ciel. Une communion s’annonce. Si les fans sont évidemment ravis, l’artiste n’est pas en reste non plus.

C’est à l’issue de la ballade « Maria » que Miss Jain prend congé de ses invités. Une chanson dans laquelle, on se laisse surprendre par des vocalises d’une douceur exotique aux relents rocailleux dans les aigus.

Si jusqu’alors, votre serviteur n’avait pas été séduit, Jain a trouvé son heure de gloire et confirmé son statut d’artiste féminine.

Humaine et altruiste, Jain est parvenue à se réinventer après des années de doute et d’errance. Bravo !

En bas, à ‘Tribord’, Diziz s’apprête à lâcher son flots de mots. Votre serviteur préfère rester à quai sur la plaine en amont. Les risques de débouler comme un tonneau sont moins élevés.

Le gaillard est tout de noir vêtu… comme Ardisson. Il est chaussé de lunettes de soleil, afin de narguer ses hôtes d’un jour.

Il s’agit d’un personnage incontournable du rap français. De son véritable nom Sérigne M'Baye Gueye, c’est un artiste complet, chanteur, écrivain et comédien.

Son style est assez percutant, mais n’évite malheureusement pas les écueils du genre. Une expression artistique poussive dans laquelle, le jeune homme s’enlise, rejoint par une horde de fans, casquettes vissées sur la tête, qui semble épouser ce genre.

Le jeune homme s’exprime dans un langage, il est vrai, difficile pour un quinqua comme votre serviteur. On est loin de la prose d’un Pierre de Ronsard, par exemple.

La surprise est donc de taille pour quelqu’un qui aime les jolies rondeurs textuelles, à la Dominique A.

Il en faut pour tous les genres ! Et étrangement, les mots livrés par cet individu ne semblent pas étrangers pour la plupart des jeunes festivaliers. Il semblerait même que ces expressions dialectales soient leur moyen de communication. De retour à la maison, Becherel et autres ouvrages littéraires iront à la poubelle.

Le rappeur propose un florilège de chansons issues notamment des albums acclamés tels que « Extra-lucide » en 2012, « Transe-Lucide » en 2014 et « Pacifique » en 2017.

Mais, il faudra attendre « Rencontre », une compo issue de « L'Amour » (un album sorti en mars 2022), pour créer un véritable raz-de-marée humain. A la base, il s’agit d’un feat avec Damso.

« 'J'serai plus jamais en hess » (hein ??) repris en cœur par un public particulièrement ciblé, témoigne de l’influence de son auteur auprès des plus jeunes sur la scène musicale.

Même si le créneau musical reste très élitiste, Diziz s’est montré à la hauteur de ses ambitions en interprétant des morceaux qui font mouche.

Tant bien que mal, il est parvenu à fédérer et encourager le public à retrouver le sourire en balançant des incantations du style ‘On n’est pas dans le contexte du travail, ni des études ici’. Charmant !

Le concert de Juliette Armanet de ce soir est le dernier accordé en Belgique. Comme elle aime à le rappeler, chaque date dans le plat pays est une farce et attrape. On ne sait jamais sur quoi on va tomber !

Le décor est relativement simpliste, hormis cet immense cercle qui n’est pas sans rappeler celui de Pink-Floyd lors de la tournée qui a accompagné la sortie de « Division Bell ».

L’artiste n’a en tout cas pas froid (ni au corps, ni aux yeux). Habillée simplement d’un top, recouvert d’un fin gilet, qui laisse entrevoir une partie de sa féminité, elle contraste avec les festivaliers qui, eux, sont vêtus de pulls et parkas.

Bien connue pour son caractère bien trempé et son sens de l’humour décalé, la Lilloise a décroché une ‘Victoire de la Musique’ pour l’album de l’année, en 2018 (« Petite amie »). Depuis, le succès ne cesse de s’amplifier. Elle est venue défendre son dernier opus, « Brûler le feu ».

Elle est accompagnée d’un team constitué de deux claviéristes, dont l’un se charge également des congas, djembés, cymbales et autres cuivres ; mais également d’un drummer, un guitariste et un bassiste. Un piano à queue trône sur l’estrade, devant les claviéristes. Ce qui sous-entend que la chanteuse risque de nous réserver ses plus jolies compos.

Téméraire et courageuse, la presque quadra fait tomber la veste aux allures disco dès le tout début de sa prestation. Sa musique baigne dans le pop/rock et le disco. Des morceaux qui évidemment incitent le public à se lancer dans une danse de sioux alors que la pluie tombe à verse, en cette fin d’après-midi.

Le show atteint son point d’orgue très rapidement. La jeune Française de 39 ans s’anime. Elle aime danser, jouer et s’exprimer librement avec son public. N’ayant que faire des intempéries, elle s’arme de courage et plonge dans la foule dès la troisième compo, « J’te l’donne », afin d’y étaler ses talents de danseuse corps à corps. Des slows et un show qui ne sont pas passés inaperçus. Sans oublier ces bisous donnés au hasard de ses rencontres à ces hommes et femmes, parfaits inconnus qui ne se sont évidemment pas laisser démonter. Et la COVID dans tout ça ?

Durant ce périple, la jeune demoiselle révèlera même une partie de son intimité sous le regard médusé des hommes et horrifié des femmes. Après tout, c’est ça aussi la beauté d’un spectacle. Un show qui a au moins le mérite d’avoir (ré)chauffé les cœurs et éveillé un soubresaut d’excitation chez les mâles.

La galanterie étant de mise sur la plaine de Ronquières, un fervent chevalier s’est empressé de couvrir la chanteuse avec un poncho de fortune durant son numéro. De quoi toucher la jeune femme en plein cœur. En guise de remerciement, elle a fait contre fortune bon cœur, en poursuivant son concert par un piano-voix sur « Imaginer l’amour » avec la main du nouveau Roméo sur son épaule et une séance de bisous en guise de clôture. Une chanson qui tempère le vent de folie qui vient de souffler.

Une énergie qui sent bon la joie de vivre et fait presque oublier les conditions difficiles vécues depuis le début du festival.

Grâce à des compos aussi riches que variées, Armanet s’en donne à cœur joie. Sa voix cristalline émeut, son énergie étonne et sa personnalité détonne. Et lorsque le sax intervient, les compostions gagnent davantage de rondeur.

Si « Boum Boum Baby » emprunte des sonorités à Lenny Kravitz, « Tu me play » s’avère particulièrement percutant. L’ex-réalisatrice de documentaires, biberonnée à la culture et la musique par ses parents, embrase Ronquières de sa « Flamme », lorsqu’elle ne se met carrément pas à « Brûler le feu » qui est en elle, où on l’aperçoit torche à la main droite sur fond de décor… incendiaire.

Après un petit entracte, histoire de se changer, la demoiselle revient tambour battant dans une tenue qui laisse présager « Le dernier jour du disco ». Une chanson qui provoque l’euphorie dans le public qui la reprend en chœur.

Espiègle, charmante et délicieuse, Juliette appartient à cette nouvelle génération d’artistes qui parvient à s’inventer et se réinventer.

Elle a livré sur la scène de la ‘Colline’ un show exceptionnel, passant de l’obscurité à la lumière. Un moment rarement vu. Un moment inattendu. Un moment comme on aimerait en revivre.

Trempé jusqu’à la moëlle et couvert de boue jusqu’à la taille à la suite d’une chute, votre serviteur n’a d’autres choix que rentrer à la maison. Dommage, parce que Placebo y livre un concert dans quelques minutes.

Une journée bien contrastée, entre joie et déception. En tout cas, la fièvre d’un samedi noir, à défaut de la fièvre du samedi soir.

Photos Vincent Dufrane ici

(Organisation : Ronquières festival)

 

 

 

 

Deeper

La prudence de Deeper…

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« Careful ! », c’est le titre du nouvel opus de la formation chicagoan Deeper qui sortira ce 8 septembre 2023. Il s’agira de son troisième. ‘Je voulais que ces chansons soient intéressantes, mais qu'elles puissent être écoutées par un enfant de deux ans’ a déclaré Gohl, en ajoutant : ‘C'est de la musique pop, à la base’. Issus de ce futur long playing, « Build a bridge » et « Tele » sont disponibles sous forme de clip ici et

 

Ronquières Festival 2023 : vendredi 4 août

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Une édition bien particulière cette année. Si lors des précédentes, il fallait s’armer de patience pour se dénicher un petit coin ombragé, en 2023, c’est tout le contraire. Il fait frais, humide et le ciel est gris. Selon certains météorologues, le temps devrait se calmer durant le week-end. Toujours est-il que la crème solaire est restée bien rangée dans l’armoire.

C’est donc sous l’eau au sens propre comme au figuré (NDR : le plan incliné se situe au-dessus des têtes du public) que le festival va se dérouler. Un festival marqué aussi par ses nombreux points noirs.

Votre serviteur, comme bon nombre de représentants d’autres médias, se sont vu refuser l’accès presse et le frontstage. Une décision stricte et consternante, Musiczine assurant la promotion de ce festival depuis ses débuts. Manque de communication, paraît-il ! (NDLR : mon œil !) Vraiment dommage ! Faudrait-il plutôt y lire entre les lignes que Ronquières, devenu tout puissant, dénigrerait les médias alternatifs qui lui ont permis d’acquérir une telle notoriété ? (NDLR : c’est de plus en plus évident ; le Dour Festival et le Pukkelpop, qui ont la mémoire aussi courte, leur refusent même les accréditations).

Les parkings ? Une catastrophe ! Les organisateurs n’ont rien trouvé de mieux que de laisser les zones couvertes d’herbe comme seule aire pour y mettre sa bagnole ! L’eau et la terre, ne font jamais bon ménage, un problème élémentaire que même un gamin de quatre ans aurait pu solutionner ! Résultat, les tracteurs ont été appelés à la rescousse pour sortir les véhicules enlisés dans les prairies. Génial !

Enfin, une nouvelle configuration du site a vu le jour. La scène ‘Bâbord’ fait désormais place au ‘Bâbord Club’, l’espace électro qui avait été inauguré l’an dernier. La ‘Tribord’ est conservée mais sert désormais de plus petite scène. Enfin, la nouvelle, baptisée ‘La Colline’, est la plus grande du festival et a été plantée à droite de la ‘Tribord’.

Elle est pratiquement impraticable. Un vrai champ destiné aux exercices militaire. C’est boueux, crasseux. Nombreux sont ceux qui se sont cassés la pipe dans l’épaisse couche de boue. Les filles ont tout intérêt à tronquer les talons aiguilles au profit de bottes. Elles sont moins sexy, mais nettement plus appropriées. Mais, son dénivelé important permet au plus grand nombre de profiter du spectacle.

Bref, c’est 2,5 hectares de terrains supplémentaires qui devraient permettre d’accueillir les 28 000 festivaliers prévus au quotidien.

Autre couac (décidemment), l’application permettant de recharger son bracelet de manière rapide et efficace pour boire ou manger, ne fonctionne pas, obligeant donc les spectateurs à poireauter dans les files, de longues minutes aux endroits (forcément moins nombreux) prévus à cet effet.

Question pépettes, les pintes restent accessibles pour un festival de cette envergure. Il faudra débourser trois euros. Et pour les plus affamés, 44 foodtrucks sont dispersés sur le pourtour du site.

Depuis quelques éditions, RF est passé à la vitesse supérieure. De deux jours, on est passé à trois. Si, dans le passé, le premier jour servait plutôt de mise en bouche, cette année, les organisateurs n’ont pas fait dans le détail, puisque la tête d’affiche n’est ni plus ni moins qu’Indochine !

Au vu de la circulation dense, votre serviteur arrive très tardivement, plusieurs heures de route ont été nécessaires pour atteindre le site. Du jamais vu !

Arrivé sur la plaine, au loin, The Subways termine sa prestation.

Originaire de Welwyn Garden City, dans la banlieue de Londres, ce groupe de rock indie britannique est né en 2003 et compte cinq albums studio à son actif.

Le line up réunit deux frères, Billy Lunn et Josh Morgan ainsi que l'ex-fiancée de Billy, Charlotte Cooper. Ce n'est pas parce qu’il craignait d’être confondu avec Billy Corgan (chanteur des Smashing Pumpkins) mais bien en hommage à son grand-père qui lui a acheté sa première guitare que Billy a choisi Lunn comme nom de famille.

Le band est formé très tôt alors qu'ils n'avaient que 16 ans. Tout commence quand un ami de Billy l’emmène faire un tour en voiture. Il lui fait alors écouter « Supersonic » d’Oasis. C’est la révélation. Billy apprend à jouer de la guitare et participe à une compétition de groupes locaux. Il est seul armé de son instrument et se fait jeter par le jury... Il décide alors que, s’il veut former un groupe, ce sera une famille. Comme quoi, il ne faut jamais écouter ceux qui vous disent que vous n’avez pas de talent !

Billy embarque donc son petit frère Josh à la batterie et Charlotte à la basse.

Très vite, ils commencent à composer leurs propres chansons, se produisent dans de petites salles locales, investissent dans du matériel d’enregistrement, rejoignent la line-up du prestigieux Glastonbury Festival et publient un premier elpee en 2005.

En janvier 2023, le trio publie son cinquième opus, « Uncertain Joy ». A l’instar de nombreux artistes, The Subways a profité du confinement pour écrire et enregistrer une grande partie de ce projet, dont les sonorités de riffs de guitare rappellent les débuts du combo, tout en laissant place à l’innovation. L’introduction d’un synthétiseur a permis à « Uncertain Joy » de devenir l’elpee le plus varié de la discographie du combo.

Les Londoniens ont la réputation de déchirer sur les planches.

Lorsque votre serviteur débarque enfin après plus de deux heures de palabres, « Rock and Roll Queen » retentit ». Fausse joie, ce sera le dernier morceau du set. Frustrant !

Après un break qui s’imposait, Louise Attaque grimpe sur l’estrade. Une aubaine pour votre serviteur qui a pu assister, à deux reprises, au concert de Gaëtan Roussel, son chanteur charismatique.

Après avoir publié un premier LP, sobrement éponyme (1997), Louise Attaque a connu un succès fulgurant. Totalement inconnue du grand public, la bande à Roussel finit par envahir toutes les ondes radio. Mais il aura fallu du temps. L’opus se vendra à 2,5 millions d’exemplaires, également promu par une tournée nationale de deux ans.

En 2001, le quatuor s’était séparé une première fois pour laisser la place à deux projets : Tarmac, réunissant Gaëtan Roussel et Arnaud Samuel ainsi qu’Ali Dragon, impliquant Robin Feix et Alexandre Margraff. Avant de se reformer en 2005, pour graver un troisième elpee. Puis de splitter à nouveau en 2007, ouvrant ainsi la voie à la carrière solo de Roussel. En 2015, le combo remet le couvert et décide d’enregistrer « Anomalie », son quatrième elpee, sous la houlette d’Oliver Som.

Louise Attaque, c’est un ‘je t’aime moi non plus’ en quelque sorte.

Le décor est plutôt minimaliste. La batterie est étrangement haut-perchée sur une sorte de colonne. On ne peut pas la rater. Faudra voir si le préposé osera s’y aventurer.

Le chauve grimpe sur le podium et se plante en position centrale, très rapidement suivi de ses comparses. Il met en garde les spectateurs : le set sera principalement constitué des chansons issues du premier album éponyme…

Une belle revanche pour un combo complètement boudé par les radios, à ses débuts. Preuve en est que l’on peut réussir à s'imposer uniquement par les tournées, le bouche-à-oreille, et à trouver un très large public, en dehors des canaux proposés par les médias conventionnels et notamment alternatifs.

C’est donc presque un concert sans surprise auquel les fans vont assister.

« Les Nuits Parisiennes », « Léa » ou encore « Ton invitation » rappellent déjà toute l’étendue du talent de compositeur. Roussel, c’est d’abord une voix remarquable, éraillée, qui titille vos tympans, sans les effrayer. Une richesse absolue dans la recherche d’émotion. C’est une plume également. Unique, incisive, touchante, légère et accrocheuse. Autant de qualificatifs qui procurent à l’ensemble des chansons une beauté simple, mais tellement sincère.

Archet à l’épaule, Arnaud apporte un vent de fraîcheur aux compositions. Sa longue intro sur « Cracher nos souhaits » rappelle que l’instrument occupe une place de choix. La basse de Robin vient, quant à elle, envelopper les compositions de sons graves et francs. Si cette dernière se révèle, la plupart du temps, plutôt discrète, elle prend une dimension toute particulière sur « Toute Cette Histoire » et son intro haletante.

Roussel aime aussi jouer avec son public lorsque, par exemple, lui et ses musiciens, jouent en boucle une même suite d’accords jusqu’à ce que l’impulsion du public soit suffisante pour passer à l’accord suivant.

Influencé par la musique anglo-saxonne, c’est dans la langue de Voltaire qu’il dispense ses incantations jubilatoires. Gaëtan Roussel en duo (Tarmac) ou en solo, qu’il a transformé en carrière solo décomplexée et d’une grande liberté, est parvenu à exploiter le succès engendré par Louise Attaque. Et comme frontman, il raconte perspicacement le quotidien, ses joies et ses travers.

Tandis que le drummer a retrouvé sa place au sol, deux musiciens complémentaires grimés de drôles de masques viennent renforcer l’enveloppe musicale, l’un au clavier et l’autre à la gratte électrique. Ils ne se découvriront pas. Un détail, puisqu’ils apportent de toute façon davantage d’énergie au set (qui n’en manque d’ailleurs pas).

Tout est dans la nuance, la subtilité et l’intensité. Sans en faire des tonnes, l’artiste aux multiples facettes parvient à fédérer simplement, en injectant cette dose d’humanité qui lui est propre.

La seconde partie du concert sera, elle, plus visuelle. A cause de ces énormes cercles métalliques qui tournoient au-dessus des têtes des musiciens, projetant des faisceaux lumineux rappelant… des soucoupes volantes. Ces objets mèneront la danse le reste du show exécutant des va-et-vient incessants.

Après avoir demandé aux milliers de festivaliers de mettre leur portable en mode lampe, le charismatique chanteur invite le public à s’envoler avec lui tout au long du méga-hit « J’t’emmène au vent ».

L’homme au grand cœur brasse avec conviction, réalisme et passion un florilège de chansons destinées à procurer un plaisir immense. Et l’objectif est pour le moins réussi !

Une entrée et un plat principal bien copieux. Passons maintenant au dessert en compagnie d’Indochine.

Après avoir bercé les étés des années 80, grâce à des titres incontournables, les pépés du pop-rock français ont signé un retour grandiloquant pour le quarantième anniversaire du groupe.

Sirkis semble ravi d’être parmi ses fans des premiers jours. Ces derniers aussi, puisque c’est la dernière date des onze d’un périple estival. On ne les reverra donc qu’après la sortie d’un nouvel opus, semble-t-il.

Autant dire que la pression est forte des deux côtés. Et puis, sans être chauvin, rappelons que c’est aussi le public belge qui a relancé la carrière du combo, lors de la sortie de « Dancetaria ». Un album sublime également marqué par la mort de Stéphane Sirkis, le frangin, impliqué dans l’aventure depuis ses débuts.

La formation attire depuis tout temps, un public multigénérationnel. On y croise des gens d’un âge canonique entouré des petits fils qui semblent connaître sur le bout des doigts les paroles d’Indo.

Sans être sarcastique, il faut reconnaître que Sirkis, même s’il a su fédérer autant sa carrière, est loin de manier la prose dans la manière dont il compose. Et sa voix, faussement juste, n’a rien de portante. Et pourtant…

Ce qui fait succès de ce sexagénaire (NDR : ben oui, il est né le 22 juin 1959) est sans doute le côté intemporel de ses compositions. Des chansons faciles, légères, dansantes, parfois profondes, dans lesquelles une large frange de la population se reconnait.

La formation a quand même vendu plus de 10 millions d’albums, ce qui n’est pas rien !

L’endroit est plein à craquer, l’angle de vue et d’audition n’est pas optimal. Même en se déplaçant de part et d’autre du site, il est difficile de se frayer un chemin tellement la foule est compacte…

Chevaux peroxydés, Nico est soutenu par ses fidèles musicos : Oli De Sat aux claviers, Boris Jardel à la gratte, Marc Éliard à la basse et Ludwig Dahlberg derrière les fûts.

Rien n’a été laissé au hasard : écrans géants, imposante structure scénique en U, ‘carré’ spécial récompensant les fans les plus matinaux sans oublier le light show impressionnant.

Emmené par des milliers d’aficionados (certains étaient même flanqués devant le crash dès les premières heures d’ouverte), Nico et son team ont non seulement misé sur des classiques « Trois Nuits par Semaine », « L’Aventurier », « Alice & June » ou encore « L’aventurier », héros de notre enfance, mais aussi « Nos Célébrations » dont le refrain est repris par la foule hystérique. Une setlist qui a de quoi ravir les quelques 30 000 personnes qui se sont glacé(es) les roubignoles ou la nénette tandis que l’autre sur scène faisait le show.

Le combo n’est pas constamment tombé dans la facilité puisque qu’il a également puisé dans ses fonds de tiroirs des titres emblématiques comme « Tzars », « Des fleurs pour Salinger » ou encore « Le Baiser », enrichi d’une intro profonde dans laquelle il cite l’immense Bowie, trop tôt disparu.

Des surprises, il en sera encore question, et en particulier une autre intro de « Love Will Tear Us Apart » de Joy Division avant « J’ai Demandé à La Lune », une ballade signée par un Mickaël Furnon particulièrement inspiré, issue de l’opus « Paradize », qui avait permis au groupe de renouer avec son public et les médias. Ou encore avec des méconnus comme « Manifesto (Les divisions de la joie) » ou « Le manoir » (« Paradize »).

Une véritable communion s’est établie entre Indo et son peuple, le combo s’étant toujours évertué à choyer son auditoire, en proposant des shows généreux (où jets de serpentins viennent de temps à autre les colorer), une musique soignée et un rapport à l’argent permettant à tout un chacun d’assister au spectacle sans se ruiner. Une qualité qu’il faut mettre en avant, la plupart des cachets demandés par les artistes et les groupes devenant exagérément élevés.

Un concert placé aussi sous le signe de la vindicative politique à travers ces images projetées, notamment de la guerre en Ukraine et d’un Poutine, largement hué par le peuple.

Il est un peu moins de minuit lorsque le show s’arrête. La plupart des festivaliers rebroussent chemin. Pourtant, Kid Noize fait de la résistance sur la scène ‘Tribord’.

Seuls les plus jeunes, les plus courageux ou les plus résistants aux intempéries resteront. Les vieux cons, réacs et autres du même acabit, iront se mettre sous la couette. Ce sera le cas de votre serviteur…

Photos Vincent Dufrane ici

(Organisation Ronquières festival)

 

 

 

Les Gens d’Ere 2023 : dimanche 30 juillet

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Le froid et la pluie se sont malheureusement donnés rendez-vous lors de cette dernière journée des Gens d’Ere.

La météo est digne d’un mois de novembre. Bon nombre ont ressorti leur doudoune. C’est franchement déprimant. Si la scène du chapiteau permet de rester à l’abri, l’autre, non couverte, risque d’être désertée.

Lorsque votre serviteur foule la plaine boueuse du site, COLT s’y prépare sous une pluie fine. Sous cet idiome, se cache Coline & Toitoine, des potes originaires de Bruxelles.

S’ils fonctionnaient jusqu’alors en binôme, ils jouent désormais en formule groupe depuis cet été. A la basse et aux claviers additionnels, de jeunes femmes. Les fûts sont percutés par un mâle.

Coline Debry et Antoine Jorissen se connaissent en fait depuis leur naissance. Ils fréquentaient la même crèche. Leurs parents sont toujours restés en contact. A l’adolescence, ils se sont voué une passion commune pour la musique. Le parcours était donc toute tracé.

Leur succès est en constante croissance. Ils ont écumé une kyrielle de festivals qui les ont emmenés jusqu’à New York. Sans compter les streams sur Tik Tok et Instagram, leurs clips ‘home made’ les portant au-delà de la sphère physique.

Antoine se charge du clavier/pad électronique, tandis que Coline milite au chant. Elle est aussi à l’aise dans la langue française que dans celle de Shakespeare.

« Milles vies » ouvre les hostilités, un titre qui figurera sur un premier Ep dont la sortie est prévue pour septembre, rapidement suivi de « Scooter » et « Ramenez-moi ».

Alors qu’elle s’applique méticuleusement, lui se lâche complètement dès le début du concert et le haut de son corps exécute des va-et-vient du haut vers le bas à chacun des coups de grosse caisse imprimé par son comparse caché derrière les fûts. Il est vraiment dedans.

Si le français est la langue maternelle de la dame, son anglais est parfait ; et elle le démontre tout particulièrement sur « Anymay » ou encore « Under my arms ».

COLT s’applique à jouer une musique plutôt électro/pop, lorgnant parfois vers le rock.

Les Bruxellois libèrent une belle énergie. Prestation qui verra une grosse majorité du public partir en vrille, la fine pluie se transformant en déluge torrentiel.

Le duo nous livre un mélange très réussi entre électro, pop, mais aussi indie et folk, nous réservant des titres aussi divers que variés comme « Oublie pas », « Lâchez-moi », « Démarre » ou encore « Chaos ». Une musique positive, rayonnante et lumineuse qui brasse finalement des genres assez différents. Elle donne envie de chanter, de danser et même de rêver. La petite se livre le temps d’une chanson baptisée « La salle aux lumières ». On y apprend ses orientations sexuelles et le courage qu’il lui a fallu pour faire son coming-out.

Vu la nature du sujet, qu’on peut qualifier de personnel, quel est l’intérêt à avouer son orientation sexuelle et de la traduire chanson ? La question mérite d’être posée…

Malheureusement, les conditions climatiques sont difficilement supportables pour les festivaliers, malgré le recours aux k-ways. Seuls les plus courageux (ou téméraires, c’est selon) restent plantés devant le podium jusqu’à la fin de la prestation. Votre serviteur, trempé jusqu’aux os, préfère s’abriter sous le chapiteau.

Au loin, COLT poursuit vaille que vaille son show. Le band l’achève par « Insomnie ».

FùGù MANGO prend le relais. Le chapiteau est noir de monde.

C’est l’histoire d’un groupe bruxellois aux consonances exotiques, à l’univers musical atypique et éclectique, rondement mené par deux frères, Vincent et Jean-Yves Lontie, qui rallient une communauté de fans de plus en plus nombreuse et internationale. Ils ont été depuis rejoints par la claviériste et bassiste Anne Fidalgo.

L’aventure de FùGù MANGO est née il y a approximativement 10 ans et évolue grâce aux voyages du duo. Sa musique en est clairement inspirée. Elle ne ressemble à aucune autre.

Vincent s’installe au centre de l’estrade. Il se charge du chant. Anne est à ses côtés. Jean-Yves se poste en retrait. Le line up est complété par trois blacks. Deux choristes féminines et un préposé aux fûts.

Le show s’ouvre par « Low and slow », une plage qui figure sur le nouvel elpee, « La Maquina », largement dominé par les musiques urbaines et électroniques. Elle est suivie par « Better Letter » et « Black Cat ».

Intemporel, « Blue Sunrise » (NDR : c’est un extrait de l’elpee « Alien Love ») rappelle l’aspect tropical et métissé de la pop concoctée par FùGù MANGO. Elle sent le sable chaud et la mer turquoise. Une musique qui permet de s’évader malgré le temps maussade de ces derniers jours. Et les percus lui apportent de la rondeur.

« Willy Wonka » permet de savourer pleinement les fragrances exotiques grâce à son rythme afrobeat. Une compo qui permet aux choristes de s’affirmer pleinement. Tout comme sur « Subugu », qui sert d’exutoire pour un collé/serré endiablé, encouragé par l’une des choristes. Il semble que ce soit un sujet qu’elle maîtrise à la perfection. Une compo chaude, puissante et… sensuelle.

Véritables hommes du monde, les frangins absorbent les cultures issues de leurs périples. Ces guitares langoureuses, ces nappes de synthé luxuriantes et ce plaisir de produire de belles mélodies illustrent parfaitement ces desseins. A l’instar de « La Maquina », aux accents hispaniques.

Le set touche doucement à sa fin. Une fois encore, les marqueurs profonds de FùGù MANGO restent atypiques. Une musique du monde, humaine et chaleureuse. Un mode universel, dominé par un courant exotique. On se sent porté par ce flux.

Un concert fait de différents genres, passant du maloya réunionnais « Maloya », à l’afro-rave, la britpop ou encore l’électro.

Mais finalement, l’ADN du groupe reste avant tout le live.

C’est maintenant au tour de 47ter de se produire outdoor. Les conditions climatiques sont loin d‘être pas optimales. Votre serviteur préfère rester à l’abri, en espérant une accalmie.

A 20 heures 15 pétantes, c’est le grand Saule qui débarque. Le gaillard à l’explosion capillaire ébouriffante est bâti comme un roc(k). Et il connait relativement bien l’endroit. Il en est à son troisième passage.

Baptiste Lalieu, de son vrai nom, s’est imposé auprès du grand public grâce à « Dusty Men », un titre qu’il a interprété en compagnie de Charlie Winston, en 2012. Il le reprend d’ailleurs. Mais pour la circonstance, Winston est ici remplacé par le guitariste qui endosse impeccablement ce rôle. Résultat différent, mais plaisir intense identique.

Une formule à quatre cependant, puisque le line up implique, pour l’occasion, un drummer qui impressionne par sa dextérité et un claviériste. Pas un inconnu, puisqu’il s’agit de Xavier Bouillon vu aux côtés de Lemon Straw ou de Mister Cover, dans le passé.

Le combo est parfaitement huilé. Le Montois entame son set par un « Delove Song » frais et sautillant, et embraie ‘dare-dare’ (NDR : c’est également le titre de son dernier elpee) par « Rebelle Rêveur ». Un trait de caractère qui vient d’un test de personnalité pour orientation professionnelle. Ce sont les deux personnalités type sur les six possibles qui ressortaient en ce qui concernait l’artiste. Et effectivement ses compos embrassent tantôt une forme légère et parfois des propos un peu plus percutants.

Saule est un « Type normal » qui met en exergue un réel amour de la chanson française tout en se montrant rigoureux dans la formulation. Même quand il jongle avec les doubles sens à la Antoine Hénaut, un autre artiste bien de chez nous. Un titre qui permet à Saule de jumper avec le public également. La communion est parfaite.

De voyages aux quatre coins de la planète, il en sera également question, à l’instar de ce « Mister Good Price », rencontré aux Antilles.

D’une voix ressemblant –parfois à s’y méprendre– à celle de –M–, l’artiste livre ici une prestation durant laquelle, on passe du rire aux larmes et de la surprise à l’écœurement sur fond de chansons festives et épicuriennes, à l’instar de son auteur. Des chansons qui recèlent leur part d’ombre, d’enthousiasme et de joie de vivre.

« L’Homme sans son chien » bénéficie du concours de Cédric, un ami violoniste, dont les interventions apportent beaucoup de relief au morceau.

Saule va encore nous réserver de belles surprises comme ce « Tu boudes », une chanson essentiellement dédiée aux filles. Les riffs de guitare et les rythmiques syncopées se joignent à la voix légèrement ébréchée de Baptiste, procurant à l’ensemble davantage de hargne. Ou encore l’inéluctable « Dusty Men » et sa très longue intro à la Sergio Leone, qui a déclenché cet élan de popularité…

Chanson d’amour entière et véritable, « Futur », une chanson jouée –selon ses dires– lors des mariages, laisse planer le spectre de Gainsbourg…

En bref, Saule a offert un concert rare, audacieux, unique et classieux.

On regrettera enfin l’absence de la très jolie « Marta Danse ». Une histoire inspirée d'une vieille dame, Marta Gonzalez, atteinte de la maladie Alzheimer qui à l'écoute du ‘Lac des cygnes’ se remémore les gestes qu'elle effectuait autrefois. Une compo poignante et morose, mais qui ne correspond pas vraiment à une envie de tourner une page pour en aborder une autre nettement plus positive…

La pluie s’est miraculeusement arrêtée. La plaine est bondée. Normal, Zazie s’y produit dans quelques minutes.

Pour les plus jeunes, Zazie est évidemment connue comme membre du jury de l’émission ‘The Voice’. Pour les autres, Zazie est cette incontournable auteure, compositrice et interprète française à l’origine de nombreux tubes alignés depuis le début des années 90.

Le décor est minimaliste. De longue bandelettes blanches. Quelques lumières assez sobres égrènent l’estrade.

Vêtue d’une tenue très classique, c'est à 21h30 pétante que la chanteuse déboule aux côtés de ses quatre musiciens, dont la guitariste Édith Fambuena et le claviériste Jean-Pierre Pilot.

Côté setlist, Zazie nous réserve des compos issues de son dernier opus, « Aile-P », mais aussi quelques tubes ‘de l’ère de glace’ comme elle dit, à l’instar du sublime « J’étais là », du célèbre « Je suis un Homme », du dynamique « Rue de la Paix », de l'excellent « Rodéo » ou encore des entraînants « Des Rails » et « Oui ». Des morceaux qui font mouche et déclenchent un vif enthousiasme au sein de la foule.

Parmi les compos les moins récentes, mais tout aussi convaincantes, on épinglera « Les contraires », l’iconoclaste « Speed », sans oublier le sympathique « Va chercher » …

Durant 1h30, Zazie enchaîne ses chansons au cours d’un show énergique et particulièrement réussi.

Un concert ponctué d’interventions caustiques. Notamment lorsqu’elle évoque la COVID et surtout ses conséquences sur l’événementiel. Un virus que l’on est parvenu à vaincre, contrairement à un autre qui se répand en France et pour lequel aucune solution n’est encore trouvée : le virus présidentiel.

Un concert qui ne manque pas d’humour, non plus. Ainsi, elle invite ses musicos à mimer leur mécontentement. A tour de rôle, ils exécutent quelques secondes d’un morceau. Le claviériste s’autorise « La danse des canards ». Le drummer reproduit, esquisse ou ébauche (biffer la mention inutile) le célèbre « Smells like teen spirit » de Nirvana. Piqué au vif, ce dernier décide de se casser… Mais revient quelques instants plus tard sur l’insistance de Zazie et empoigne d’une sèche. Evidemment, tout le monde aura compris qu’il ne s’agissait que d’une mise en scène parfaitement orchestrée.

Très impliquée et généreuse, Zazie aime aller à la rencontre du public. Et le public belge en particulier, même si elle n’hésite pas à égratigner quelque peu l’état de nos routes…

Il est 23h00 lorsque Zazie et sa troupe se retirent, après avoir longuement salué l’auditoire.  

La nuit tombe. Il fait de plus en plus frais pour la saison et le sol est gorgé d’eau. Votre serviteur préfère jeter l’éponge, sinon il risque de sa taper la crève.

Au loin, il perçoit les beats d’un autre artiste notoire au sein du plat pays, Kid Noise

Une édition au succès populaire incontestable (25 000 festivaliers sur 3 jours), malgré une météo exécrable ; mais marquée par le décès de ce jeune homme qui avait la vie devant lui. Enfin, suivant l’expression consacrée, ‘the show must go on’…

(Organisation : Les Gens d’Ere)

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Other Houses

Didactic Debt Collectors

Écrit par

Other Houses, c’est le projet de Morgan Enos, un auteur-compositeur-interprète-multi-instrumentiste issu du New Jersey, responsable de deux elpees, de quelques Eps et d’un mini album (sous forme de cassette), à ce jour. Et il nous propose son nouvel Ep, « Didactic Debt collectors ». Cinq plages qui oscillent entre lo-fi, folk, country, glam et psychédélisme.

Ballade mid tempo, « Captive audience » s’ouvre paisiblement avant de se charger d’électricité bruitiste. On retrouve la versatilité de GBV sur l’épique « Jacket’s Creed ». Et cette abrasivité dépouillée chère à Centro-Matic sur « Swine among the relics ». Enfin, Morgan emprunte les intonations de Peter Doherty tout au long de « Drab vocabulary », alors que la guitare libère des riffs caustiques et éruptifs pendant « Arc of the arrow », un peu à la manière de Robert Fripp sur le « Fashion » de David Bowie…

 

SQÜRL

Silver haze

Écrit par

SQÜRL est un projet monté par Jim Jarmusch et Logan Carter, en 2009, pour réaliser la B.O. du film « The limits of Control » de Jarmusch, évidemment. « Silver haze » constitue leur tout premier opus, un disque dont plusieurs plages pourraient également servir de musique de film.

Pour le réaliser, le duo a reçu le concours de Randall Dunn (Sun O))), Zola Jesus, Björk, Thurston Moore, Six Organs of Admittance, etc.) à la mise en forme, mais également de la Berlinoise Anik, de Charlotte Gainsbourg et du guitariste Marc Ribot.

La première partage un duo avec Jim sur « She don’t wanna talk about it ». Ils échangent une forme de conversation ; lui d’un baryton profond, elle d’une voix caverneuse, au cœur d’un long couloir de sonorités de guitare dispensées sous forme de drone.  

La fille de feu Jane Birkin pose la sienne en spoken word, dans la langue de Shakespeare ou de Molière, sur le très électrique mais atmosphérique « John Ashbery takes a walk ».

Mar Ribot se réserve la six cordes sur « Garden of glass flowers » et le psyché/rock aride et lancinant, « Il deserto rosso » …

Dense et indolent, l’instrumental « Berlin ‘87 » est entraîné dans une agonie de guitares, un peu comme chez Swans. Et lorsque sa voix devient sépulcrale, à l’instar de « Queen Elizabeth », le spectre de la bande à Michael Gira se met une nouvelle fois, à rôder.

Jarmush récite une nouvelle postapocalyptique, tout au long de « The end of the world. Un titre de circonstance !

L’opus s’achève par le titre maître, un instrumental atmosphérique et psychédélique.

Jam Hades

The edge of regret

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Jam Hades est un trio dublinois qui nous propose un premier long playing plutôt singulier. Tout d’abord à cause de la voix de son leader Mark McManus. Tour à tour incantatoire, gémissante ou inconstante, elle rappelle parfois celle de David Byrne. Mais aussi Peter Doherty. A l’instar du titre qui ouvre l’elpee, « The edge », une compo qui évolue sur une sorte de rumba.

Un disque surprenant à cause de l’expression sonore, dont les références oscillent de Père Ubu à Monochrome Set, en passant par Talking Heads (NDR : évidemment). Mais pas seulement ! Ainsi le plus complexe « People’s habits » bifurque vers la prog (Peter Hammil ?), alors que « Fit in ! » parvient à combiner drumming ample, nœud de guitare insidieux et vocaux inspirés du hip hop. On a même l’impression d’entendre une mélopée amérindienne en filigrane de « Chazy suit ». Enfin, « Japonaise blind » se distingue par des changements de rythme vertigineux.  

Reste « Saloirs mast », une piste dont la mélodie est portée par une voix de baryton. Probablement celle d’un invité. Un certain David Laye.

 

CIEL

Make it better

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CIEL est un trio cosmopolite, puisqu’il réunit la Batave Michelle Hindriks, l’Espagnol Jorge Jimenez et l’Anglais Tim Spencer. La première se consacre à la basse et au chant, le deuxième, la guitare et le troisième, la batterie.

« Make it better » constitue le premier Ep de CIEL. Il a été produit par Steven Ansell, le drummer de Blood Red Shoes. Le groupe a même signé sur son label, Jazz Life.

Quelque part entre shoegaze, dream pop et grunge, pimentée par quelques touches électro, la musique de CIEL est transportée par la voix angélique et vaporeuse de Michelle. Traversé d’éclairs électriques sinusoïdaux, « So scared » lorgne même parfois vers My Bloody Valentine. 

Accrocheur, « Jealousy » aurait pu figurer au répertoire de Garbage. Euphorique, « Somebody », morceau qui ouvre l’Ep, s’autorise des déflagrations malsaines. Imprimé sur un tempo enlevé, le titre maitre libère un fuzz gémissant…

On devrait en savoir plus lors de la sortie d’un album…

Caleb Nichols

She’s not your shadow (Ep)

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Figure queer, Caleb Nichols milite au sein de la communauté LGTBQ+. Mais c’est également le fondateur de Kill Rock Stars, un label qui a hébergé des groupes ou des artistes comme Bikini Kill, The Melvins, Sleater-Kinney ou encore Elliott Smith ; une écurie qu’il avait dissoute, il y a 13 ans, lorsqu’un des architectes de l’écurie était parti chez une major et qu’il vient de réactiver l’an de dernier, en la quittant.

Quatre titres figurent sur son dernier Ep, « She’s not your shadow ». Qui s’ouvre par « Waylaid », un morceau enlevé, légèrement cuivré, au cours duquel Caleb chante d’une voix versatile, un peu à la manière de Robert Pollard (Guided By Voices). Après la ballade mid tempo « Shadow step », « Night song » est une compo dont la mélodie en boucle est tramée à la fois sur des variations d’accords de guitare cristallins et d’harmonies vocales. Des harmonies qui deviennent réminiscentes de Supergrass, sur le titre qui clôt cet Ep, « Idiot ».

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