Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Eiffel

A tout moment

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Cinquième album studio d’Eiffel (NDR : sans compter l’album solo de Romain Humeau et l’opus ‘live’, « Les yeux fermés »), « A tout moment » marque un tournant dans la carrière du groupe bordelais qui avait débuté sa carrière en 1998. La formation est pourtant toujours quasiment d’origine, réunissant Romain Humeau, Estelle Humeau Nicolas Courret à la batterie (NDR : de retour) ; mais hélas Damien Lefèvre s’est perdu dans l’aventure… Le trio restant accueille donc une nouvelle guitare, celle de Nicolas Bonnière pour perpétuer la tradition de quatuor.

Basant essentiellement sa popularité sur ses concerts, Romain chanteur et guitariste calque un peu son style et sa musicalité sur son modèle, Noir Désir pour ne pas le citer. Le leader d’Eiffel avait d’ailleurs collaboré de très près au dernier Cd studio de la bande à Cantat (« Des visages et des figures ») en y assurant les arrangements de cordes. Et Bertrand de lui renvoyer l’ascenseur en venant ‘faire les chœurs’ sur quelques titres et notamment sur « A tout moment la rue », leur hit précisément ‘du moment’…

Le reste des compositions est à l’avenant. Rock puissant, mélodieux, textes accrocheurs, cet album a tout pour faire d’Eiffel la révélation de l’année en France. Dans les autres pays francophones, c’est moins sûr. Hormis la Belgique évidemment, terre de connaisseurs…

Quelques morceaux qui vont ‘cartonner’ dans le genre pur et dur : « Minouche », « Le cœur Australie », « Je m’obstine », « Sous ton aile », « Clash » et quelques ballades somptueuses : « Nous sommes du hasard », « Cet instant-là » et « Mort j’appelle » font de cet elpee un achat ‘obligatoire’ pour les amateurs du genre.

Le combo du sud-ouest n’est pas encore au bout de son chemin. Visiblement, au vu des compositions, l’inspiration n’est visiblement pas épuisée. Le filon reste à exploiter et Romain n’est pas encore rassasié. Le plus beau reste à venir…

L’objet en lui-même a été très soigné (je parle du boitier bien sûr !). Il se présente comme un ‘quadriptique’, quatre panneaux donc ! Les deux premiers étant constitués du livret reprenant les textes, les autres, les crédits, quelques photos et la playlist.

A noter que les Bordelais seront en concert deux fois dans notre région au tout début décembre : le 01/12 à la péniche Fulmar à Bruxelles et le 02/12 au Grand Mix de Tourcoing. Ne les manquez pas si l’occasion vous est donnée.

 

Royal City

1999-2004

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Royal City a été fondé en 1999. A Guelph, dans l’Ontario (Canada). Le groupe est alors drivé par le très talentueux Aaron Riches, un musicien qui s’est déjà forgé une notoriété sur la scène locale. Le groupe signe rapidement sur le mythique label Three Gut Records. Aaron et sa bande déménagent peu de temps plus tard à Toronto, où la scène musicale est en pleine ébullition. Mais le groupe se sépare en 2004 ; le leader ayant décidé de reprendre ses études à l’Université de Nottingham. En l’occurrence l’orthodoxie radicale. En cinq ans d’existence, Royal City a quand même eu le temps de concocter trois elpees. Trois disques de toute bonne facture. Qui n’ont cependant guère récolté de succès. Ce qui n’a pas empêché le combo, à une certaine époque, de jouer en tête d’affiche pour un supporting act… répondant au patronyme d’Arcade Fire. Ils n’a malheureusement pas connu une trajectoire similaire ; et, à l’écoute de sa musique, ce n’est pas une surprise ; car si les arrangements sont particulièrement soignés, son approche du folk est plutôt aride, pas toujours facile d’accès, et souffre d’une carence en harmonie.

« 1999-2004 » réunit flip sides et raretés puisés au cours de la brève carrière de Royal City. Le recueil recèle quelques titres plus pop ; mais aussi des reprises. A l’instar de « Is This It ? » des Strokes ou « Here Comes Success » d’Iggy Pop (NDR : choix ironique si on tient compte du peu de succès qu’ils ont récolté). Ces adaptations constituent, à mon humble avis, la crème du répertoire de Royal City. Néanmoins, parmi leur propre compos, j’épinglerai quand même les très convaincants « Can’t You Hear Me Calling » caractérisé par son harmonica geignard, et une nouvelle version de « Bad Luck », une chanson qui figurait sur « Alone At The Microphone » (2004). Sans oublier « In The Autumn », la très belle plage finale de cet opus, au cours duquel le groupe chante à l’unisson et avec ferveur le refrain ‘C.I.T.Y. Royal City’. Un adieu avant la lettre… Et puis, on retrouve Owen Pallet (Final Fantasy, Arcade Fire) et Edwyn Collins sur l’une ou l’autre compo.

A moyen terme, la formation canadienne risque fort de devenir culte. Elle aurait même pu devenir énorme, si elle avait davantage soigné l’aspect mélodique de ses chansons. Par pour rien qu’elle s’était produite dans le salon de Sufjan Stevens, lors de leur premier concert accordé à New-York… C’était en 2003 !

 

BoXoN

Baptême du feu

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BoXon… (ce n’est pas un ordre !)

- Et papa, t’as le nouveau Superbus ?

- Hein ? Quoi ? Qui ça ?

- Ben Superbus, un p’tit groupe de rock français. C’est leur nouveau Cd ?

- Non !

- C’est le dernier BB Brunes alors ?

- Non, j’écoute BoXon.

- Qui ? BoXoN ? Ben m… alors. C’est vraiment du copié-collé. J’y ai cru un moment !

- Désolé ma chérie. Alors t’en dis quoi ?

- Ben, disons que pour une copie, elle est de bonne qualité.

- Copie, tu exagères. Mais oui, tu as raison, musicalement, il n’y a rien à dire. Le son est correct, c’est bien joué. Pas du tout désagréable.

- Ouais, sauf que Superbus, ils arrachent quand-même plus que ça.

- Si tu le dis… Mais enfin pour une bande de gamins, c’est quand-même pas nul non plus.

- Gamins ? Ils ont quel âge ?

- A vue de nez, 18 ou 19 ans, pas beaucoup plus.

- Comment tu sais ça toi ?

- Ben la bio. Ils sont nés courant des années 90 et ils ont fondé leur groupe BoXoN en 2006. Ils ne sont donc pas très vieux, c’est bien ce que je disais.

- C’est la mode des gamins hein. Après les Allemands de Tokyo Hotel, place aux Français de BoXoN maintenant.

- Oui, mais sache qu’ils composent leurs musiques et écrivent leurs textes eux-mêmes, à part une reprise de Jacques Dutronc : « Et moi, et moi, et moi ». Pas mal hein ?

- Ils sont combien dans le groupe ?

- Quatre. Les frères Marceau, Thimotée et Valentin (l’auteur-compositeur) aux guitares, Jérôme Serey à la basse et Marlon Rouet à la batterie. Et pour ta gouverne, je dois aussi préciser que c’est Steve Forward qui a réalisé leur album.

- Kikséksa ?

- Un ingénieur qui a travaillé avec les plus grands. Je te cite en vrac et dans le désordre : Johnny, Florent Pagny, Axel Bauer, Laurent Voulzy, Maxime et plein d’autres encore.

- Ok, c’est du lourd alors.

- Oui, et si lui s’y met c’est qu’il y croit. Je dois bien t’avouer que moi aussi ça me plaît. Et je suis certain qu’on n’a pas fini d’en entendre parler. Tu verras.

- Tu me le passes ? Je vais l’écouter dans ma chambre.

Slaid Cleaves

Everything You Love Will Be Taken Away

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Première impression négative. Slaid Cleaves mérite en effet de remporter –et haut la main– la palme de la plus immonde jaquette de l’année. Un horrible dessin représentant un cow-boy probablement malade à la vue de la couleur bleuâtre de sa peau. Ce premier contact ne m’a franchement pas poussé à me farcir « Everything You Love Will Be Taken Away », lors de sa réception. Ma plus grande hantise ? Que la musique de ce parfait inconnu soit du même niveau que son emballage…

Né en 1964, à Washington, D.C., Richard Slaid Cleaves est un songwriter américain qui a passé toute sa jeunesse dans le Maine, avant de s’établir au Texas, à Austin, devenue depuis la capitale mondiale de la musique ‘indie’. Il débute cependant sa carrière en 1985. A Cork, en Irlande. Comme chanteur de rue. Mais ce n’est qu’en 1990 qu’il publie son premier album. Un disque autoproduit intitulé « The Promise ». Une œuvre introuvable de nos jours. « Everything You Love Will Be Taken Away » constitue son 10ème elpee (NDR : si on tient compte des rééditions de ses premières cassettes en cd). Pratiquement inconnu en Europe, Richard possède une solide base de fans aux Etats-Unis, dont le célèbre écrivain Stephen King. Ce dernier l’a d’ailleurs encensé en ces termes : ‘I’m glad I found Slaid Cleaves, because my life would have been poorer without him’. Pas moins !

Slaid Cleaves reconnaît pour influence majeure Bruce Springsteen. Après avoir écouté « Everything You Love Will Be Taken Away », difficile de contester cette information. Le chanteur incarne parfaitement le profil du musicien yankee. Héritier naturel du ‘Boss’, mais aussi de Johnny Cash, Hank Williams ou encore Tom Petty, Slaid Cleaves creuse le même terreau country-folk que ses illustres prédécesseurs. Cet album est à conseiller aux fans de pur americana… Il n’est pas du niveau des productions de The Hold Steady ; mais le travail est de bonne facture et les mélodies particulièrement touchantes.

L’ambiance entretenue tout au long de l’œuvre n’est pas à la joie. Elle est même plutôt mélancolique. Un titre comme « Cry » aurait ainsi pu également figurer au répertoire d’Eels. Pas comme single, car si « Twistin » constitue le meilleur morceau de l’opus, difficile de le traduire en hit quelconque. Et pour cause, le texte est plutôt sombre. Il conte l’histoire de l’exécution d’un condamné à mort, décrite par son bourreau : ‘Men held up their babies to see / Reporters jotted down a tale / Hawkers brought out lemonade / And the ladies headed for the hangin’ day sale’ Bonjour l’ambiance ! A en faire pâlir d’envie Steve Earle. Faut dire que les lyrics constituent le point fort de Slaid Cleaves. Cependant, il est nécessaire de bien comprendre la langue de Shakespeare pour en comprendre toutes les subtilités. D’ailleurs, pas sûr qu’il parvienne à convaincre de nouveaux adeptes de ce côté de l’Atlantique.

Slaid Cleaves serait-il le champion 2009 toutes catégories confondues de l’americana classique ? A ce jour, c’est une certitude.

 

Star Fucking Hipsters

Volume II : Never Rest In Peace

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Star Fucking Hipsters est un ‘supergroupe’ au sein duquel militent Sturg ‘Stza’ Crack de Leftover Crack, Frank Piegaro des Degenerics et Nico de Gallo de Casa de Chihuahua ainsi que des membres de Ensign, Big Attack!, Awkwad Through et Aloke. C’est de cette manière qu’Alternative Tentacles présente son poulain. On peut se demander si la notion de ‘supergroupe’ n’est pas un peu exagérée ; car, il faut bien l’avouer, les combos mentionnés ci-dessus ne comptent pas parmi les plus notoires. Quelques visites sur les pages MySpace respectives des formations en question nous apprennent qu’ils viennent tous de la région de New York et qu’ils appartiennent à la scène Punk/Ska/Alternative de la Grosse Pomme. Cela suffit-il à faire un ‘supergroupe’ ? J’en doute. D’autant que, non contents de ne pas être ‘super’ connus, ils ne sont pas non plus ‘super ‘bons. L’originalité des Star Fucking Hipsters procède de la présence de deux vocalistes : Sturg, un gars et Nico, une fille.

« Volume II : Never Rest In Peace », comme son nom l’indique, est le second opus de ce collectif. Il débute par un titre d’à peine une quinzaine de secondes qui, pour peu, ferait passer les Hipsters pour un combo de black métal extrême. Vient ensuite un « 3.000 miles away », versant dans le punk pop sans grande saveur dont la seule originalité est d’être chanté en duo par Nico et Sturg. Les deux morceaux suivants : « Look who’s talking now » et « Design » semblent avoir été interprétés par un groupe de trash métal minimaliste du début des eighties. « The Civilization Show » émarge au ska/punk, tandis que « Dreams are Dead » ressemble à s’y méprendre à une compo de Jane’s Addiction. Quant aux autres plages, elles oscillent entre punk et métal de piètre facture.

En résumé, « Volume II : Never Rest In Peace » est un disque plutôt décousu qui part dans tous les sens. Le son est plutôt moyen et aucun titre ne sort vraiment du lot. Donc, pas l’achat prioritaire du mois.

 

Steve Morse Band

Out Standing in Their Field

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Imaginer que la carrière de Steve Morse s’est limitée au remplacement de Ritchie Blackmore au sein de Deep Purple serait un tantinet réducteur. Aujourd’hui âgé de 55 ans, ce prodige originaire de l’Ohio est un des membres fondateurs des fameux Dixie Dregs. Son jeu particulièrement mélodique est d’une grande précision. Ce qui lui a permis de décrocher à plusieurs reprises le titre de ‘Meilleur guitariste de l’année’ chez les lecteurs de Guitar Player, devant Satriani et autre Malmsteen ! Le grand blond à la guitare noire a également intégré les rangs du fantastique combo d’AOR Kansas le temps de quelques albums et de deux tournées. Il a également enregistré quelques perles en compagnie de Jordan Rudess du Dream Theater. Mais le Steve Morse Band est aussi responsable de toute une série d’albums essentiellement destinés aux musicos, tant les aspects techniques y sont prépondérants.

Cet « Out Standing in Their Field » fait donc suite aux deux volumes de « Prime Cuts » édités sur le label prog Magna Carta. Et une nouvelle fois, il nous offre un bel éventail de styles maîtrisés par l’Américain. Du folk à la fusion, en passant par le blues, la country, le jazz et le heavy metal. En fait, Morse touche davantage le cœur des passionnés de technique que celui des profanes.

Le combo évolue sous la forme d’un trio. Dave Larue assure la basse et le très habile Van Romaine, la batterie. Il est cependant amusant de constater que Morse est resté attaché à sa conception de base de la musique. En effet, à l’instar des Dixie Dregs, sa formation d’origine, toute la musique de SMB est entièrement instrumentale. Si certains risquent fort de ne pas apprécier la démarche, les amateurs de jazz rock à la Pat Metheny ou les fans de Jeff Beck risquent d’être aux anges à l’écoute de « Name Dropping », de « Time Junction » ou du déconcertant « Baroque n’Dream », véritable pièce de musique classique que n’aurait pas dédaigné un certain Blackmore ! A cet égard, si vous aimez ce style musical, on ne peut que vous recommander un album solo du Yankee paru en 2000, intitulé « Major Impacts » sur lequel, l’actuel gratteux de Purple, s’amuse à rendre hommage à ses héros (Hendrix, McLaughlin, Waters) en cherchant à communiquer à chaque morceau l’esprit du guitariste tant admiré. Bref, cet « Out Standing in Their Field » est un très bel ouvrage pour celles ou ceux qui voudraient s’initier au style néanmoins très personnel de ce tout grand musicien.

 

Strawberry Blondes

Fight Back

Écrit par

S’il existait une rubrique ‘Disque du Mois’ dans votre webzine, « Fight Back » y figurerait certainement.

Strawberry Blondes est un groupe punk comme je les aime. Tout d’abord, parce que la formation est de nationalité anglaise. Un genre musical où l’accent cockney a quelque chose d’authentique. Ensuite, car il rend hommage au côté le plus roots du punk, tout en affichant un son résolument moderne n’ayant rien à envier aux productions actuelles. Enfin, vu que les Blondes Vénitiennes (NRR : c’est la traduction exacte de ‘Strawberry Blondes’) ont conservé ce côté révolutionnaire et vindicatif ; un aspect perdu par les groupes américains de la même génération lorsqu’ils ont vendu leur âme à MTV. On parle ici de problèmes sociaux, de racisme, de respect, de révolution et du malaise de vivre en Grande Bretagne plutôt que d’adolescence, de filles, de skateboard ou d’excréments. Comme les plus grands l’on fait avant eux, les Strawberry Blondes décrivent les malaises inhérents à leur époque et expriment leur colère et frustration en essayant de délivrer un message positif. Les titres « Revolution Radio », « Fight Back » ou encore « Out of Luck » sont de véritables hymnes au rejet de la médiocrité. Comme les Clash, dont ils s’inspirent parfois, le combo britannique n’hésite pas à s’aventurer sur d’autres terrains musicaux en invitant la légende du ska New-Yorkaise King Django à l’accompagner sur « Manners And Respect » ou en reprenant à sa manière « A message to you Rudy » des Specials.

L’artwork du Cd semble simpliste à premier abord ; pourtant, il décrit parfaitement la philosophie du combo. Une simple liste de mots, barrée par des fils barbelés. En bas de la pochette, la mention ‘Fight Back’ qui en anglais signifie ‘se défendre’. Voici donc, pris au hasard sur la pochette, quelques mots (NDLR : maux ?) dont il faut se défendre : hypocrisie, racisme, discrimination, manipulation religieuse, persécution, censure, intolérance, xénophobie, globalisation, colonialisme, famine, ignorance, fascisme, américanisation etc. Et la liste est loin d’être exhaustive. Un groupe selon mon cœur.

 

Svensson

Cyprine

Écrit par

En regardant la pochette de « Cyprine », on est assez interloqué par la ressemblance qui existe entre l’artiste et un Serge Gainsbourg époque yéyé. Ses oreilles en choux-fleurs, son trench-coat, sa gueule d’écorché vif et sa posture de travers, Svensson pose l’air sombre.

« Gô/Nô-Gô » ouvre l’elpee. Et plutôt bien. Un bon petit condensé d’énergie libéré par un morceau de pop sautillante. Malheureusement ce démarrage en trombe trahit un manque de carburant. Dès « Dig », la voix s’étouffe et fait place au chuchotement. Un chuchotement privé de charme et de sensualité qu’il tente désespérément d’insuffler. Svenson déglutit et souffle grassement dans nos oreilles ses textes décousus. Au fil des compos, l’amertume et la déprime envahissent le climat sonore et finissent par agacer. On sombre alors dans un mal-être enveloppé d’une moiteur nauséabonde. Il n’en faudrait pas plus pour éjecter le compact-disc de son lecteur, si « Initials P.J. » ne suscitait pas une interrogation, ma foi, toute légitime. Le Français aurait-il eu l’outrecuidance de bousiller un morceau culte de son sosie ? Réponse affirmative ! Beaucoup plus lente que la version originale et chanté dans un anglais aussi approximatif que pitoyable, Svensson vient de signer son arrêt… d’écoute. Mick Harvey était parvenu à concocter une version à la fois personnelle et très belle de cette chanson ; et surtout chargée d’émotion. Svensson souille la chanson et se tire une balle dans le pied. On libère le cd de son tiroir, et on le lance loin, très loin même…

 

Teenage Bottlerocket

They Came From The Shadows

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Le punk est le véhicule idéal de la contestation. Tu es jeune, tu as des problèmes et tu veux le faire savoir. Prends une guitare et crie-le à la face du monde. Pas besoin d’étudier la musique pendant des années, trois ou quatre accords suffisent à exorciser tes souffrances.

A l’écoute des productions punk rock qui nous sont tombées entre les oreilles ces dernières semaines, on peut constater que, d’un continent à l’autre, ces souffrances ne sont pas vraiment identiques. Et, quand les Anglais de Strawberry Blondes hurlent leur malaise face à la société, au racisme et à la pauvreté, il semble que les Américains de Teenage Bottlerocket n’aient pas de plus gros problème que de devenir plus célèbres que Kiss (« Bigger than Kiss), de s’éclater en faisant du skate (« Skate or die ») ou de se faire plaquer par leur copine (« Without You »). D’ordinaire, ces tribulations de teenagers américains me gonflent ; à un point que vous auriez peine à  imaginer. Cependant, pour la circonstance, la qualité de la musique de ce combo originaire de Laramie dans le Wyoming, m’incite à faire une exception. Tout d’abord, parce qu’a ma grande joie, si le punk de TBR sonne à l’américaine, c’est plus dans le style des géniaux Ramones que dans celui de ces idiots de Green Day. Ensuite, parce que malgré son côté pop, le combo arrive à garder une certaine urgence keuponne en alignant des titres bien rentre dedans. On a plus envie de pogoter que de danser ; ce qui pour ce genre de musique est plutôt un gage de qualité.

OK, « They came from the Shadows » n’est ni révolutionnaire, ni contestataire. Cependant, son écoute a au moins l’avantage de nous faire passer un bon moment. C’est toujours ça de pris.

 

Transitional

Stomach Of The Sun

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Transitional est un trio anglais qui pratique le Drone/Metal/Ambiant/Doom/Electro/Machin chose. Une accumulation de termes pour décrire une musique particulièrement assommante. Le premier titre, qui dure plus de 13 minutes, consiste en deux variations sonores monolithiques. Curieusement, on écoute jusqu'à la fin en attendant ‘quelque chose’ qui n’arrive jamais. Mais, tout compte fait, ces treize minutes sont encore moins ennuyeuses que le morceau qui suit, où il faut attendre 1’20 pour avoir une premier son de batterie et 2’10 pour entendre, enfin, un riff de guitare. Le groupe nous refait d’ailleurs plusieurs fois ce coup de la ‘minute de silence’ sur cet album qui n’a vraiment pas besoin de cela pour tirer en longueur.

La suite est du même acabit. Une heure et huit longues minutes d’une suite de sons oppressants et déshumanisés. Un enchaînement monotone de riffs de guitare pachydermiques et de textures de clavier industrielles. L’album est presque entièrement instrumental, ce qui n’aide vraiment pas à rester éveillé. La dernière plage représente le summum de l’ennui musical en s’étendant sur 9 minutes au cours desquelles on peut entendre ce qui ressemble à un essaim d’abeilles ou à un bruit lointain de mobylette sauvage sur lequel on a superposé des bruits de cymbales.

Autant vous dire que l’on ne s’amuse pas beaucoup en écoutant Transitional (NDR : un nom qui est probablement la contraction de Transit et d’Intestinal). « Stomach Of The Sun » est un album sombre, sobre et triste, à ne mettre qu’entre les oreilles de celles et ceux qui apprécient l’œuvre de Godflesh ou de Jesu. Ou alors qui trouvent que la vie est assez longue pour pouvoir perdre encore un peu de temps à s’ennuyer. Je sais, je n’ai encore probablement rien compris. C’est de l’art !

 

Vitalic

Flashmob

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Depuis la sortie de son dernier opus, « Ok Cowboy », en 2005, Vitalic est un personnage respecté dans l’univers du digital. Faut dire que ses envolées électro aussi singulières qu’énergiques y avaient fait merveille. Les spécialistes les avaient même décrites comme ‘classiques’. Quatre longues années ont cependant été nécessaires avant que le boss du label Citizen Records ne revienne planter ses ondes discoïdes au creux de nos tuyaux acoustiques. Faut dire que tout au long de cette période, Pascal Arbez-Nicolas a beaucoup tourné ; et puis en 2007, il avait immortalisé un elpee live intitulé « V Live », un disque enregistré lors d’une de ses dates accordée en Belgique. « Flashmob » est donc le résultat de ses nouvelles élucubrations. Le Dijonnais poursuit donc son petit bonhomme de chemin. San pression. Sans se presser. Comme si son parcours était déjà tracé. Ce qui ne l’empêche pas de se montrer à la hauteur de son sujet.

« Flashmob » regorge ainsi de morceaux aussi périlleux que géniaux. Du couillu et du pointu ; car tout (ou presque) est tiptop. Et la compo d’ouverture « See The Sea (Red) » donne le ton ; une superbe plage qui accroche instantanément ! Le son est balèze. On est bien dans la techno, mais les kicks percutants sont immédiatement talonnés de sonorités métalliques. Manifestement, l’électronicien est en pleine forme. Ce track fait également l’objet d’une autre version. Intitulée « See The Sea (Blue) », elle diffère de la première… à cause de la présence d’une voix : celle du Français. Tout au long du second opus de Vitalic, on rencontre des sonorités racées et parfois même agressives. A l’instar de « Poison Lips », véritable tuerie susceptible de nous propulser sous la boule à facettes. Particulièrement virulent, « Terminateur Benelux » adresse un clin d’œil à notre trio de monarchies. Pascal rend un curieux hommage à « Alain Delon ». Monsieur troisième personne ferait-il fantasmer Vitalic ? En fait, on est ici en pleine nostalgie ; car le titre –d’après l’auteur– se réfère tout simplement aux B.O. de ses films tournés au cours des années 70. Un seul moment de tendresse et de répit dans cet univers sonore chargé de vitalité : « Still ». Après Laurent Garnier et The Hackers, Vitalic vient de démontrer qu’on pouvait encore compter sur lui. Et à cet égard, il mérite le respect.

Andrew Weatherall

A Pox On The Pioneers

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Andrew Weatherall est loin d’être un illustre inconnu. Il appartient même à la catégorie des génies de la musique. Ce pionnier du rock et de la techno sévit depuis la fin des années 80, en Angleterre. Une carrière particulièrement riche qui lui a permis de réaliser de nombreux remixes (NDR : dont les plus notoires demeures « Hallelujah » pour les Happy Mondays et « Soon » de My Bloody Valentine) et des mixtapes, de produire des disques devenus incontournables (Primal Scream, New Order ou encore tout récemment le superbe « Tarot Sport » de Fuck Buttons) et même de composer. En comptabilisant ses collaborations, sa discographie serait aussi haute que la tour de Babel. Il peut ainsi se targuer d’avoir été un des personnages les plus productifs d’Angleterre. Seul bémol dans son riche parcours musical, la carrière solo du natif de Windsor est plus que discrète. 

Il a donc attendu 46 ans avant de se lancer dans l’aventure. Après un premier maxi intitulé « The Bullet Catcher’s Apprentice », Andrew vient donc de concocter son premier elpee personnel. Un disque paru sur son propre label, Rotters Golf Club et intitulé « A Pox On The Pioneers ».

Et l’album alors ? Ben franchement il est excellent. On avait déjà pu savourer le résultat de ses travaux opérés au sein de son duo Two Lone Swordsmen, partagé en compagnie de Keith Tenniswood ; mais en solo, Andrew Weatherall pousse le soin de la mise en forme dans ses derniers retranchements (NDR : ces arrangements !) Une efficacité à faire pâlir de jalousie les plus grands producteurs. Et puis une amplitude de style qui n’a pas son pareil. Ainsi un « Privately Electrified » pourrait littéralement carboniser un Radiohead originel sur le dancefloor, alors que la plage éponyme campe une ballade typiquement britannique aussi subtile qu’inspirée. Tirant parti aussi bien de l’électro que de l’instrumentation basique, Weatherall accomplit des miracles avec trois fois rien tout au long d’« All The Little Things (That Make Life Worth Living) » ou épate la galerie sur le superbe « Walk Of Shame » (NDR : rien de honteux, manifestement dans sa démarche…) Tout ce qu’il touche semble se transformer en or. « A Pox Of The Pioneers » est de la trempe du « Beautiful Future » de Primal Scream, gravé l’an dernier, et du remarquable « Tarot Sport » de Fuck Buttons, paru il y a quelques semaines. Et il figure déjà dans mon top 20 de l’an 2009 !

 

Yura Yura Teikoku

Hollow Me / Beautiful

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En 2007, l’excellent label newyorkais DFA (Death From Above) décidait de s’ouvrir au monde, en créant la filiale Death From Abroad (NDR : nuance !) Qui signe alors des artistes comme Bot’Ox, Plastique de Rêve ou encore Gucci Soundsystem. Leur dernière recrue, Yura Yura Teikoku, est née en 1989. Et nous vient du pays au soleil levant. Un patronyme très kitch pour cet ensemble pratiquement inconnu chez nous, mais qui jouit d’une excellente réputation dans son pays. Il relève même de la scène underground nippone. « Hollow Me » constitue déjà le dixième elpee de ce trio charismatique originaire de Tokyo, un combo drivé par le chanteur/guitariste Shintaro Sakamoto. Un disque dont la sortie remonte déjà à 2007 ; mais pour la circonstance l’écurie a décidé d’enrichir le tracklisting originel de l’excellent Ep « Beautiful ».

Superbe exercice de style krautrock, « Hollow Me/Beautiful » accroche instantanément par ses mélodies. A l’instar du tube (NDR : chez eux, of course !) « Dekinai ». Bon, bien sûr les paroles sont interprétées en japonais ; mais instinctivement, on se surprend à fredonner les refrains particulièrement contagieux. Dans un autre style, « Beautiful » conjugue longues envolées de guitares aux sonorités psychés et expérimentales. Un must ! Vous avez envie de sourire quand on vous parle de pop asiatique ? Ecoutez plutôt « The Boat », et vous serez sidérés par la maîtrise exercée par Yura Yura Teikoku ! YYT est un ensemble aussi surprenant qu’intelligent. Et « Hollow Me/ Beautiful » est un petit chef-d’œuvre. C’est même un de mes coups de cœur pour l’année 2009…

 

 

Kid Harpoon

Once

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Arrivé sur la scène londonienne en 2006, ce natif de Chatam (Kent) a débuté sa carrière en accordant un bon nombre de prestations live, parcourant les rues de la capitale flanqué de sa guitare acoustique. Après avoir roulé sa bosse pendant un an, Kid Harpoon sort successivement « The First » et « The Second ». En 2007 et 2008. Deux Eps qui ne passent pas inaperçus outre-Manche. Et le NME lui réserve d’excellentes critiques.

Tim Hull a cependant pris son temps pour enregistrer son premier elpee ; deux ans exactement. Il s’est même offert le luxe de se rendre dans la cité des Anges afin de bénéficier des conseils de Trevor Horn (NDR : après avoir sévi chez les Buggles, il est devenu producteur ; il a ainsi notamment mis en forme des disques de Belle & Sebastian, Pet Shop Boy ou encore Tina Turner). Ce qui explique la luxuriance de certaines orchestrations. Et au sein des studios de Horn, à Los Angeles, outre l’expérience de Trevor, Tim a pu bénéficier du concours de musiciens de studio ayant accompagné des légendes comme Bob Dylan ou encore Metallica. 

Découpé en 12 titres, « Once » baigne dans la britpop. Un disque qui commence très fort par le premier single « Back From Beyond », une compo caractérisée par son refrain contagieux. Et embraie par le superbe « Colour ». Une compo au cours de laquelle Tim met en exergue toutes ses qualités vocales, tout en épanchant une palette d’émotions particulièrement large. Malheureusement, la suite est moins passionnante. Il faut attendre «  Running Through Tunnel » pour retrouver l’intensité du début. Un morceau de toute bonne facture au cours duquel violons et cordes de guitare acoustiques se conjuguent élégamment. Et puis «  Death Of a Rose », une magnifique ballade à la fois entraînante et langoureuse, balisée par le piano.

Kid Harpoon a donc délaissé son folk primaire pour embrasser une solution sonore plus pop, plus riche, voire sophistiquée. Mais le résultat est trop inégal pour vraiment convaincre. Ce qui ne veut pas dire que cet artiste manque de talent. Au contraire. D’abord, Tim Hull est loin de nous en avoir montré toutes les facettes. Et notamment sur ce « Once », au cours duquel, on a souvent l’impression qu’il en a gardé sous la pédale. A suivre, donc…

HEALTH

Get Color

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Ca va faire mal. Les adeptes de HEALTH savent combien la formation aime en mettre plein la vue et les oreilles du public, lors de prestations ‘live’ déjantées. Et « Get Color », le second produit de l’imagination des Californiens, contient largement de quoi perpétuer le mythe, côté studio. HEALTH envoie valser les pots de peintures sur des toiles immaculées, sans se soucier de ce qui se trouve autour. D’ailleurs, leur art, ce n’est pas ce qui se trouve sur la toile mais les éclaboussures erratiques sur les murs, le sol et le plafond. Des empreintes qu’ils s’amusent ensuite à amplifier de leurs paumes crasseuses.

« Get Color » exorcise les démons du quatuor de manière plus consciente qu’au cœur de son œuvre éponyme. Le travail d’écriture est désormais plus réfléchi, mieux contrôlé. Il aura fallu une bonne corvée de remixage (« HEALTH//DISCO ») pour que HEALTH prenne conscience de la direction à prendre et y entraîner ses suiveurs sans état d’âmes. Que ces derniers suivent l’infernale cadence, ou pas, importe guère aux quatre gaillards qui réinventent la noise, en lettres capitales, au même titre que les bluffants Fuck Buttons. Une seule écoute de « Get Color » et votre conception du bruit ne sera plus jamais la même…

 

Jori Hulkkonen

Man From Earth

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Jori Hulkkonen est originaire de Kemi, en Finlande. Il a entamé son parcours comme Dj et producteur. Au cours des années 90. Mais sa carrière démarre réellement en 1996, lorsqu’il concocte son premier essai pour la défunte écurie française F Communications (NDR : une maison de disques créée par Laurent Garnier et Eric Morand). « Man From Earth » constitue déjà son dixième opus. Il est paru chez Turbo Recordings (NDR : le label de Tiga), où il a trouvé refuge. Hulkkonen a changé de boîte, mais pas le style. Et pour cause, les nappes techno cosmiques, teintées de house et d’electronica ambient demeurent manifestement le fonds de commerce du Nordique.

Une exception ? La plage d’ouverture. « I Am Dead ». On croirait presque que Jori est passé de vie à trépas… Et puis ces beats cérébraux ainsi que sa voix et ces synthés ‘jarriens’ font un peu ‘cloche’. Heureusement, la suite est beaucoup plus intéressante. Dès le titre suivant, « Boying In The Smokeroom », on est plongé dans la deep techno créative et énergique. Et le très « Bend Over Beethoven » (NDR : rien à voir avec le morceau de !!! figurant sur l’album « Myth Takes » ; enfin, c’est ce qu’il nous raconte) confirme la tendance embrassée sur le reste de l’elpee. Bref, si cet opus n’est pas transcendant, il se laisse écouter facilement et sans prise de tête… Et ma foi, on ne s’en plaindra pas.

Japandroids

Post-nothing

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Japandroids ou la preuve vivante qu’il n’est pas nécessaire d’être nombreux pour foutre un bordel monumental. Ces deux Canadiens bien remontés se contentent en effet d’une guitare et d’une batterie. Une seule envie ? Vous rentrer dedans. Et la formule marche ! Après avoir concocté deux Eps en 2007 et 2008, le duo nous propose son tout premier opus. Et « Post- nothing » est une véritable bouffée d’air frais. Une bonne claque qui vous donne envie de sortir jusqu’aux petites heures avant de rentrer chez vous dans tête dans le cul. Les deux musiciens sont originaires de Vancouver. Un véritable nid à duos énergiques, puisque la métropole avait enfanté, à une certaine époque, Death From Above 1979. Brian King se charge de la six cordes et David Prowse des fûts, le tandem se partageant les parties vocales.

Le cocktail énergique, minimaliste (dans le bon sens du terme) et mélodique proposé par Japandroids sur cet elpee, évolue quelque part entre garage, noise et shoegazing, rappelant tour à tour The Sonics, Mc Lusky ou encore Shellac. L’ambiance est lourde. Brian King dispense ses riffs furieux sur sa gratte. Sa voix alterne chant et cris. Le tout est soutenu par les drums implacables de David Prowse, qui frappe sur ses peaux comme un dératé de la première à la dernière seconde de l’album. Et pourtant, chaque morceau est une petite perle dans le style. Il n’y en a que neuf sur la plaque, mais elles brillent par leur originalité. Particulièrement intense, « Young Hearts Spark Fire » constitue certainement la meilleure plage de cet elpee. Un peu plus calme, mais balisé par une rythmique métronomique et balayé par des nappes de guitare, « Crazy/Forever » aborde le psychédélisme en réalisant une rencontre hypothétique entre Black Mountain et My Bloody Valentine. Deux descriptions révélatrices de la richesse de ce « Post-Nothing ». Les lyrics collent bien à l’expression sonore. Au menu : animosité, nihilisme et insouciance. Jugez plutôt ces textes : ‘I don’t want to worry about dying. I just want to worry about those sunshine girls’ ou encore ‘The boys are leaving town. Will we find our way back time? I don’t know’. Bref, en seulement neuf morceaux, les Canadiens mettent tout le monde d’accord.

Pour un premier opus, Japandroids vient de réaliser un coup de maître. On espère qu’ils se produiront bientôt près de chez nous, histoire de vivre le plus intensément possible leur énergie dispensée en live. Quand à leur album, il mériterait de se faire une petite place au soleil, en Europe. Enfin, si vous aimez le genre, vous ne pouvez passer à côté de ce « Post-nothing » absolument remarquable.

 

Janis Joplin

The Woodstock experience

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Organisé à la mi-août 1969, le Festival de Woodstock vient donc de célébrer son quarantième anniversaire. Ce n’était pas le tout premier grand festival ni celui qui a attiré le plus de monde ou qui s’est caractérisé par les meilleures performances musicales ; mais c’est manifestement celui qui est resté le plus célèbre. Pourquoi ? Une belle opération marketing traduite par la sortie des fameux coffrets compilateurs 1 et 2 ; et puis surtout celle du film, une année plus tard. Dans le cadre de sa série Legacy, le label Sony a eu l'heureuse initiative d’éditer quelques anthologies d’artistes qui se sont produits à Woodstock ; et notamment Santana, Sly and the Family Stone, Jefferson Airplane, Johnny Winter et… Janis Joplin.

Le présent coffret réunit l’intégralité de l’elpee qui allait paraître en septembre 1969, "I got dem ol' Kozmic blues again mama!", le concert livré au festival et trois plages inédites.

L'album studio marquait le changement dans le style de la girl shouter texane (NDR : elle était originaire de Port Arthur). En embrassant le funky R&B, elle pouvait enfin étaler l'extrême étendue de son registre vocal. Elle rayonne et impressionne dès "Try (Just a little bit harder)", le titre d’ouverture. Une compo qui sonne vraiment très Stax et Memphis. Mais c’est sur les plages lentes que sa voix est la plus savoureuse. A l’instar de "Maybe", au cours duquel ses intonations sont tellement subtiles et souples, qu’on a l’impression qu’elle se sert de sa voix comme d’un instrument. Miss Joplin signe "One good man", un blues lent, très profond. Sam Andrew, son guitariste, s’y révèle très en verve. En 1969, Nick Gravenites (NDR : le chanteur blanc de Chicago) militait au sein du Big Brother and the Holding Company. Il lui avait écrit deux titres : "As good as you've been to this world" et le remarquable titre lent, "Work me Lord". En 1971, il lui avait réservé le superbe "Buried alive in the blues". Elle devait l'enregistrer le lendemain de sa mort… "Kormic blues" est une extraordinaire tranche de musique.

Flash-back. Nous sommes le dimanche 17 août 1969. Au Woodstock Music & Art Fair. La partie essentielle de son répertoire est issue de ce futur elpee. Le présentateur présente Janis Joplin ; et aussitôt la musique s'emballe. Les cuivres annoncent la couleur. Janis entame son set par le "Raise your hand" d'Eddie Floyd, un R&B dévastateur. Sa voix se déchaîne. Janis venait donc de franchir le pas, en passant du psyché/blues/rock de Big Brother & the Holding Company au R&B façon Stax. C'est-à-dire dans un style plus funkysant. Et puis son show était plus participatif. "As good as you've been to this world" en est un bel exemple. Sa cover du "To love somebody" des Bee Gees est étonnante. Le tempo est lent, mais son débit de mots est fulgurant. Remarquable ! Lors de son adaptation hallucinée de "Summertime", Sam Andrew tire son épingle du jeu à la guitare, alors qu’une armée de cuivres remplit l’espace sonore. Janis est démentielle lors de son interprétation toujours aussi R&B de "Try". Le saxophoniste Snooky Flowers se réserve les vocaux sur le "Can't turn you loose" d'Otis Redding ainsi que pour "Work me Lord". Joplin est alors au sommet de son art, lorsqu’elle attaque "Kozmik blues", d’un timbre extra-terrestre. Et elle confirme cet état de grâce lorsqu’elle aborde ses succès précédents, comme "Piece of my heart" ou encore "Ball and chain", un slow blues issu de la plume de Big Mama Thornton.

Le plus étonnant procède de la qualité du son ; surtout quand on connaît les conditions détestables au cours desquelles lesquelles les artistes se sont produits, lors du festival. Janis Joplin est décédée le 4 octobre 1971, des suites de ses excès… A l’instar de Brian Jones, Jimi Hendrix ou Jim Morrison, elle est considérée comme une légende de l’histoire de la musique rock…

 

Master Musicians of Bukkake

Totem One

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Le ‘bukkake’ est une pratique sexuelle partagée en groupe au cours de laquelle une âme condescendante (NDR : homme ou femme, chacun sa confession) accepte de se faire éclabousser le visage par la semence intime des participants. L’histoire ne dit pas si les Master Musicians of Bukkake ont trop inhalé les vapeurs émanant de ce genre de soirées ; mais il faut se demander si depuis, ils ne se sont pas quelque part cramé les neurones. « Totem One » est une ode à la défonce. Chamanisme ? Sorcellerie ? Une chose est sûre, au cours de ce rituel, on cherche à s’emparer d’une âme… Hallucinations spectrales, chants lancinants (NDR : composés de borborygmes), rythmes transcendantaux susceptibles de vous précipiter dans un état d’apoplexie, les morceaux s’enchaînent et s’élèvent constamment, sans jamais se retourner pour contempler le vide sidéral. Dans le jeu de quilles, un fantôme a été invité. Celui d’un hippie issu du 60’s flower power. « Totem One » cherche à démontrer que la musique n’aurait pas dû évoluer aussi rapidement ; et que de temps à autre, un retour aux sources s’impose. Complètement désinhibés, les acteurs de Master Musicians of Bukkake ne prennent pratiquement jamais le temps de s’accorder une pause. Un processus propice à l’envoûtement. D’ailleurs, on est assez surpris d’arriver en fin de parcours, sur le disque. Si vous avez accepté l’initiation proposée par les gourous et que le charme a opéré, il est fort probable que vous souhaitiez en prendre une seconde dose. « Totem One » est à découvrir, au moins une fois dans sa vie. Pour le bukkake, par contre je suis plutôt sceptique…

Flipper

Generic Flipper

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Fondé en 1979 par Ted Falconi, Will Shatter, Steve DePace et Ricky Williams (remplacé au bout de six mois par Bruce Looser), Flipper est un quatuor issu de San Francisco qui s’est forgé une solide réputation en adoptant une attitude punk pure et dure. Leurs sets étaient de mauvaise facture et complètement bordéliques, le public les rejoignant régulièrement sur les planches. A un tel point qu’ils suscitaient le mépris de la part des musiciens issus de la scène underground locale. Pourtant, leur concept était plutôt original : jouer du punk plus lentement, mais aussi avec davantage de puissance. Vous me voyez venir ? Ben oui, Kurt Cobain les considérait comme une de ses influences majeures. A une époque, il portait d’ailleurs un t-shirt à leur effigie (NDR : un poisson mort !) Et les Melvins ont repris deux titres de leur répertoire sur un vinyle. En 1990. Sans oublier l’admiration que leur portait Black Flag et Eric Avery (Jane’s Addiction). Faut dire qu’au fil du temps, leur musique est devenue plus audible. Ce qui ne veut pas dire que les gaillards étaient décidés à se ranger… Et pour cause, on leur reproche d’avoir tagué leur logo un peu partout dans la ville. Et même d’avoir incité leurs fans à faire de même sur les monuments historiques, à travers le monde.

Mais venons-en à leurs albums. Sept enregistrés en studio au compteur. « Generic Flipper » est le premier. Il remonte à 1982. Il était alors paru chez Subterranean. Et a été réédité par Domino, l’an dernier. En 1986, le magazine ‘Blender’ l’avait sélectionné parmi les 100 meilleurs albums ‘indie’ rock de tous les temps. Pour la musique, hormis la voix, on a l’impression d’entendre un mix improbable entre les débuts de Wire, de Siouxsie & The Banshees et de Black Sabbath. Mais en live. Alors que le disque a été concocté en studio… Le tout balisé par un groove phénoménal : celui produit par les deux basses. Quant aux textes, ils traduisent un sentiment d’anti-establishment cultivé par le groupe et que balancent à tour de rôle, les deux vocalistes, Will Shatter et Bruce Loose…

 

Flipper

Sex Bomb Baby!

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Fondé en 1979 par Ted Falconi, Will Shatter, Steve DePace et Ricky Williams (remplacé au bout de six mois par Bruce Looser), Flipper est un quatuor issu de San Francisco qui s’est forgé une solide réputation en adoptant une attitude punk pure et dure. Leurs sets étaient de mauvaise facture et complètement bordéliques, le public les rejoignant régulièrement sur les planches. A un tel point qu’ils suscitaient le mépris de la part des musiciens issus de la scène underground locale. Pourtant, leur concept était plutôt original : jouer du punk plus lentement, mais aussi avec davantage de puissance. Vous me voyez venir ? Ben oui, Kurt Cobain les considérait comme une de ses influences majeures. A une époque, il portait d’ailleurs un t-shirt à leur effigie (NDR : un poisson mort !) Et les Melvins ont repris deux titres de leur répertoire sur un vinyle. En 1990. Sans oublier l’admiration que leur portait Black Flag et Eric Avery (Jane’s Addiction). Faut dire qu’au fil du temps, leur musique est devenue plus audible. Ce qui ne veut pas dire que les gaillards étaient décidés à se ranger… Et pour cause, on leur reproche d’avoir tagué leur logo un peu partout dans la ville. Et même d’avoir incité leurs fans à faire de même sur les monuments historiques, à travers le monde.

En 1987, Will Shatter succombe à une overdose d’héroïne. Subterranean grave l’année suivante une compile baptisée « Sex Bomb Baby ». On y retrouve notamment les meilleures compos de la formation dont les six faces des trois premiers singles ainsi que cinq titres live enregistrés entre 80 et 82. John Dougherty débarque à la basse en 1990 et participe à l’enregistrement d’un single et dans la foulée de l’album « American Grafishy » ainsi que de « Nürnberg Fish Trials » qui paraîtra l’année suivante. Mais en 1993, il décède dans les mêmes circonstances que son prédécesseur. Ce qui va provoquer un arrêt du groupe pendant une bonne décennie. Les musiciens vont bien essayer l’une ou l’autre reconversion dans différents projets, dont No Flipper, mais ces tentatives demeureront sans lendemain. Et en 2005, ils décident de reprendre l’aventure en recrutant l’ex-Bad Posture, Bruno DeSmartass à la basse. Qui ne restera qu’un an au sein du line up. Finalement, ils font appel à Krist Novoselic (Nirvana, Foo Fighters) qui accepte le challenge et leur donne même un sérieux coup de pouce en participant à l’écriture de nouvelles chansons et à leurs tournées. C’était entre 2006 et 2007. Mais trop absorbé par ses nouvelles préoccupations électorales et puis pas le Foo Fighters, il abandonne le navire en 2008. Il est quand même l’auteur de notes de pochettes sur la réédition du premier elpee, « Generic Flipper » ; Buzz Osborne des Melvins se chargeant de celles du deuxième, « Gone fishin’ ». La réédition de « Sex Bomb Baby! » est parue en 2008. Depuis, le groupe a recruté une nouvelle bassiste, Rachel Thoele ; et a même enregistré un nouvel elpee ce 19 mai 2009. On attend impatiemment la suite…