L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Darker My Love

2

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En 2006, Tim Presley et Rob Barbato, respectivement guitariste et bassiste (également vocalistes au sein de leur groupe), avaient été engagés par Mark E. Smith pour jouer dans son backing band, lors de sa tournée aux States. Mais, il faut croire que le caractère acariâtre du leader de The Fall a encore fait des siennes, puisqu’au beau milieu de périple, les deux yankees ont abandonné le navire, forçant ainsi le natif de Broughton à rentrer en Angleterre. Sans quoi, avant de fonder Darker My Love, les différents musiciens avaient milité au sein de toute une série de formations, dont les moins obscures répondaient au nom de The Distillers et The Nerve Agents. Le patronyme de ce quintet californien (NDR : issu de Los Angeles, très exactement) est inspiré d’une compo de The Soundtrack of Our Lives, du même nom. Ce qui devrait vous donner une petite idée du style pratiqué par le band.

« 2 » constitue, vous vous en doutez, leur second elpee. Il fait suite à un éponyme, édité en 2006 et à un Ep, paru en 2004. A l’instar de T.S.O.O.L., Darker My Love puise ses principales influences dans le psychédélisme des Pretty Things. Celui des albums « S.F. Sorrow » et « Parachute », pour être plus précis. A cause de ces harmonies vocales éthérées, sinusoïdales, si caractéristiques. Mais pas seulement chez la bande à Phil May et Dick Taylor. Les références y sont même bien plus fouillées. Oscillant du Floyd circa « The Piper at the Gates of Dawn » (« Pale sun ») à Spacemen 3 (l’enlevé « Blue day » et le brulôt « Waves », chargés de feedback et de distorsion), en passant par les Stone Roses (le stellaire « Add one to the other one » et le ténébreux « Northern soul ») et même Love (le remarquable et épique « All the hurry & wait », enrichi d’arrangements orchestraux somptueux). Le décor planté, il ne vous reste plus qu’à ajouter un zeste de clavier ‘vintage’ (NDR : pensez à Doug Ingle d’Iron Butterfly ou à Ray Manzarek des Doors) et parfois des cordes de guitares triturées à la manière d’Eric Brann (NDR : également du papillon d’acier) voire de Jorma Kokaunen (NDR : Jefferson Airplane, Jefferson Starship). Deux titres s’écartent cependant de la norme. Tout d’abord la valse angulaire et jazzyfiante « White composition » et puis, « Two ways out », sorte de version grunge d’« Alright » de Supergrass. Et c’est Dave Cooley (Silversun Pickups, J Dilla) qui a produit l’elpee. Bref, si vous êtes accro au psychédélisme, vous ne pouvez passer à côté de cette œuvre…

 

de portables

John Terra

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de portables comme son nom semble l’indiquer est un ‘groep’ issu du nord de la Belgique, plus précisément de la région gantoise. Hans Gruyaert, Wio D'Hespeel, Jürgen De Blonde, Bert Lafontaine et Hendrik Dacquin ont formé leur band voici plus de dix ans puisqu’il est né en 1996. A ce jour, ils ont concocté trois albums et deux Eps. Intitulée « John Terra », leur dernière plaque en date constitue en fait une dédicace à quelqu’un qui a beaucoup compté pour leur carrière musicale et les a toujours soutenus. Mais s’appelle-t-il réellement John Terra ???

Curiosité indéniable, cet elpee propose un cocktail de musique electro/pop complètement éclectique. Ça part vraiment dans tous les sens, du titre d’ouverture (du même nom que le Cd), un instrumental aux relents ‘métal’, jusqu’au morceau final, titre rock/électro plus musclé. Entre ces deux extrémités, on a droit à six compos très variées qui passent de la pop ciselée (« The Bay of the white purifying Bed ») à l’électro en passant par des plages plus ‘aériennes’, sans oublier un penchant bien prononcé pour la pop/rock. La part belle est faite aux guitares acoustiques et aux chœurs ; ce qui confère aux compositions une authenticité et une chaleur indéniable.

de portables nous propose une œuvre plutôt bien réussie. Et si elle ne recèle que 8 titres, ils valent vraiment le détour. La version du single « The Bay of the white purifying Bed » disponible sur leur ‘MySpace’ est d’un niveau nettement plus ‘travaillé’ afin de lui donner un aspect radiophonique. A noter que leur elpee précédent, « Girls Beware », avait remporté un succès éclatant dans la partie néerlandophone du pays ; et pour l’avoir écouté, ce n’est vraiment pas volé !

 

John Denver

Around the world live (Dvd)

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De son véritable nom Henry John Deutschendorf, Jr, John Denver est né le 31 décembre 1943 et est décédé le 12 octobre 1997, suite au crash de son avion expérimental –un  Long-EZ construit en fibre de verre– survenu le long de la côte californienne. Compositeur, protest singer (NDR : démocrate convaincu, il a milité en faveur de la campagne de Jimmy Carter de 1976) et acteur, il a entamé sa carrière en 1969 et compte à son actif plus d’une trentaine d’albums ainsi que de nombreux hit singles, dont « Leaving on a Jet Plane » (NDR : transformé en tube planétaire par Peter, Paul & Mary, en 1969), « Take Me Home, Country Roads », « Rocky Mountain High », « Sunshine on My Shoulders », « Thank God I'm a Country Boy », « Annie's Song » ou encore « Calypso ». Il a en outre, décroché une multitude de récompenses pour les ventes de ses disques (NDR : plus ou moins 40 millions écoulés à travers le monde), mais surtout a milité et s’est investi (NDR : personnellement et financièrement) pour la lutte environnementale (NDR : c’est dans l’air temps…) et humanitaire, notamment en faveur de l’Afrique, de l’Inde et de l’Asie du Sud-est. 

Ce box est consacré à quatre concerts accordés à différentes époques de sa carrière, sur différents continents (Japon, Australie, Angleterre) ainsi qu’à un double documentaire. Cinq Dvd en tout. Et un par sujet. Donc par disque. Une centaine de chansons dont quelques reprises, le tout totalisant presque 10 heures d’images (NDR : sonorisées, of course). Ah oui, j’allais oublier le principal, Denver est un chanteur folk, dont le style s’adresse surtout aux nostalgiques de Joan Baez, Emmylou Harris voire Simon & Gardfunkel. Fallait quand même le préciser !


 

Foo Fighters

Greatest Hits

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Fondé en 1995 par Dave Grohl, rescapé de Nirvana, The Foo Fighters demeure l’unique –ou presque– grande gloire de la vague post-grunge. En outre, le groupe a déjà touché deux générations d’aficionados de rock couillu !

Ecrire que ce « Greatest Hits » est une pièce de choix serait un doux euphémisme, le groupe affichant au compteur un parcours discographique de six albums studio sans faute. Le récent Dvd « Live At Wembley Stadium » nous avait filé une sacrée banane. Et pour cause ! Grohl et ses compères assurent méchamment sur les planches, dispensant un rock burné et gonflé à la testostérone. Pendant près de 120 minutes, ils alignent les hits flamboyants. On imagine donc aisément que dresser la play-list de cette compilation fraîchement sortie n’a pas été un exercice facile.

Seize morceaux dont trois inédits, « Wheels », « Word », et une version acoustique du tube « Everlong », histoire de pousser les fans qui détiennent déjà l’intégrale des Fighters à compléter leur collection. C’est la plaque de 97, « Colours and the Shape », qui est la mieux représentée, incluant trois titres incontournables, dont le buriné « Monkey Wrench ». Néanmoins, l’ensemble se veut équitable, chaque elpee bénéficiant de deux ‘ambassadeurs’, excepté « Skin and Bones » circonscrit à sa plage titulaire. On ne se lasse pas d’écouter des hymnes tels que « Skin and Bones », « This is a Call », « Big Me » ou « All My Life ». Un concentré de ce que Dave Grohl a produit de meilleur, et par conséquent l’ultime album à se procurer si on ne possède rien des Foo Fighters.

 

Richard Hawley

Trulove’s Gutter

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Artiste atypique, Richard Hawley nous démontre une nouvelle fois que rien ni personne ne peut influencer ses choix, ses goûts et ses envies. Il nous livre un splendide album qui hélas ne contient ‘que’ 8 petites merveilles, totalement intemporelles…

Crooner, tel est le titre qui lui convient le mieux. Non content de suivre son petit bonhomme de chemin, seul contre vents et marées, ce Britannique à la voix chaude et aux mélodies ciselées, nous propose dans son dernier ouvrage huit plages qui sonnent toutes comme des merveilleux cadeaux au pied du sapin. Il est clair que ce n’est pas ce style de musique qui va nous faire danser lors de cette période de fêtes. Ce n’est pas dans son répertoire ; et encore moins son objectif!

Néanmoins, la pureté des cordes, sa douce mélancolie, son talent et sa grâce éclaboussent cet opus qui émerveille n’importe quel auditeur à l’époque de faire le bilan de 2009. Traditionnellement, en cette période de l’année, c’est la course à la meilleure vente, au plus beau concert, au meilleur best of, etc. Tout un chacun qui veut se vendre au ‘meilleur moment’ de l’année se presse au portillon, tient le haut de à l’affiche. L’info rock en ces temps de cadeaux, de sorties d’album, d’annonces juteuses est souvent dévolue aux méga-groupes, aux cancans les plus gros les uns que les autres. Richard n’en a cure. Il se contente de nous offrir ce qu’il fait de mieux, une ambiance douce (NDR : qui ne signifie pas molle), des perles musicales, un Cd qui dégouline de classe et donne simplement envie d’aimer…

Ses références lui viennent de ses racines, les Dean Martin, Hank Williams et Faron Young qu’écoutaient son père et son grand-père avant lui ; elles le guident, le bercent et l’imprègnent de cette culture musicale hors du temps. L’homme de Sheffield se fiche comme d’une guigne de la dispute des frères Gallagher ou de la tournée de U2. Merci Richard de nous faire partager le goût du ‘beau’.

 

Hello=Fire

Hello=Fire

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Lorsque Dean Fertita décide enfin de (re)commencer une aventure en solitaire, il mérite qu’on s’intéresse de plus près à son cas. Mais qui est Dean Fertita ? Vous n’en avez jamais entendu parler ? Vous n’êtes pas les seuls. Originaire de Detroit, il a milité fin des années 90 chez The Waxwings. Il en était même le chanteur et le leader. Après avoir commis trois elpees, le combo se dissout sans avoir connu un quelconque succès commercial. Notre homme reste donc à quai, dans un relatif anonymat sauf pour les connaisseurs. Mais son talent n’est pas perdu pour tout le monde. Il décide de mettre ses compétences au service des autres en se produisant notamment pour les Raconteurs et les Queens of the Stone Age durant leurs tournées, collaborations qu’il apporte depuis quelques années.

Plus récemment, il a été invité comme quatrième membre d’une super-formation dont le line up implique Jack White (The White Stripes), Alisson Mosshart (The Kills) et Jack Lawrence (The Raconteurs) et répondant au patronyme de The Dead Weather.

Pourtant, à partir de 2008, il se (re)décide à se la rejouer perso. Et on assiste à une révélation. Fertita se montre sous son meilleur jour lorsqu’il peut être seul maître à bord. Son album est puissant, mélodieux, résolument rock, pleins de riffs et de ‘caisses’. Un opus partagé en douze pistes, dont il en signe sept et cosigne cinq autres, en compagnie de Brendan Benson, également préposé à la basse. D’une qualité égale tout au long de l’album, Dean Fertita nous donne pleinement la mesure de son talent de songwriter et d’interprète. Actuellement, notre homme conjugue trois carrières de front. Membre à part entière des Queens of the Stone Age (NDR : ce qui explique sans doute pourquoi Troy Van Leeuwen, Joey Castillo et Michael Shuman sont venus apporter leur concours lors des sessions d’enregistrement de cet elpee solo) depuis 2007, impliqué au cœur du super-band The Dead Wather, il est donc également le chanteur/leader de son nouveau projet Hello=Fire, un projet qui mérite sans conteste une oreille attentive.

 

Snow Patrol

Up To Now

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Fêtes de fin d’années oblige, tous nous balancent leurs ‘Greatest Hits’, ‘Best Of’ et autres compiles servant à renflouer les caisses. Comptant cinq ouvrages à leur actif, les Ecossais de Snow Patrol n’allaient certainement pas se priver de suivre le mouvement. Et ils ont bien raison, les garçons. Après avoir galéré une demi-douzaine d’années sans parvenir à se forger un nom (« Songs For Polar Bears », « When It’s Over We Have To Clear Up », passés relativement inaperçus), le quatuor a trouvé la parade, dès 2004, en signant chez Universal. S’ensuit la publication de « Final Straw » ainsi que de ses singles « Run », « Spitting Games » et « Chocolate », tous devenus des cartons commerciaux en Grande-Bretagne. Les comparaisons évidentes n’ont pas trainées, mais Snow Patrol est parvenu à garder le cap en enchaînant deux ans plus tard un « Eyes Open » qui lui a ouvert tout grand la porte de la reconnaissance internationale. En cause, « Chasing Cars », le hit incontournable diffusé ad nauseum.

« Up To Now » retrace l’histoire de la formation, depuis 1998 à nos jours, en 30 morceaux répartis sur deux disques. Une décennie et des poussières émaillée de véritables réussites (« Chasing Cars », l’énorme « Run » repris récemment par Leona Lewis, « Spitting Games », « Shut Your Eyes », le magnifique « Set The Fire To the Third Bar » enregistré en compagnie de Martha Wainwright) mais également d’instantanés anodins (« Open Your Eyes », « Take Back the City », « You’re All I Have », « Starfighter Pilot »). Plus qu’un ‘Greatest Hits’, « Up To Now » propose également flip sides, raretés, extraits ‘live’ (dont la très dispensable reprise du « Crazy In Love » de Beyoncé) et autres inédits. L’occasion également de (re)découvrir The Reindeer Section, l’espace de deux morceaux (« Cartwheels », « You Are My Joy »). Il s’agit du projet mené par Gary Lightbody, regroupant des membres de, notamment, Teenage Fanclub, Belle & Sebastian, Idlewild et Arab Strap ; et dont la discographie compte déjà deux travaux à écouter de toute urgence.    

« Up To Now » n’est donc pas réservé exclusivement aux fans hardcore de Snow Patrol. Il s’adresse d’ailleurs essentiellement à ceux qui n’ont découvert la formation qu’après la sortie de « Final Straw », voire du single « Chasing Cars ». Un régal ! A condition de ne pas être allergique aux ‘blockbusters’ radiophoniques.

 

The Temper Trap

Des kangourous encore trop sur leur réserve…

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La Rotonde était pleine comme un œuf, ce samedi 19 décembre, au Botanique, pour accueillir deux groupes qui sont à l’aube de leur carrière. Faut dire que lorsque l’arène est sold out, 250 personnes tout au plus garnissent les ‘gradins’ et la fosse (?) Une audience visiblement séduite par le single du moment, « Sweet Disposition » (NDR : qui cartonne sur les ondes de Pure FM), puisqu’elle avait bravé les conditions hivernales afin de faire connaissance avec la formation australienne. Responsable d’un seul elpee à ce jour, « Conditions », on savait que le set de The Temper Trap ne durerait pas deux heures ; et que tout serait emballé et pesé pour 22h30 au plus tard…

En première partie, un combo gallois, répondant au patronyme de The Joy Formidable avait pour mission de réchauffer l’assemblée transie par le froid, avant de pénétrer dans l’hémicycle. Mission réussie pour le trio gallois qui peut compter sur un bassiste sobre mais efficace, un batteur à l’énergie démesurée et une chanteuse/guitariste tout autant mignonne que talentueuse. Une grosse demi-heure de rock spontané et ‘électrique’ plus tard, la ‘foule’ est toute ragaillardie et prête à accueillir ses favoris…

Un seul technicien a la lourde tâche de mettre tout en œuvre afin que Temper Trap soit paré pour monter sur les planches. Il a fort à faire le malheureux : câbler, accorder, régler, coller les tracklists, disposer serviettes et bouteilles d’eau. C’est ainsi qu’on se rend compte que les ‘Aussies’ ne sont qu’aux balbutiements de leur aventure. Pas très fortuné, le band ! Pendant les préparatifs, on apprend via 4 fans lillois que le groupe s’est pris un bide dans le Nord de la France. ‘Normal, prétend l’un d’eux. On est toujours en retard d’un an ou deux sur la Belgique !!!’ Il est vingt et une heure, tout est fin prêt.

Les cinq membres font leur apparition : un batteur, un bassiste, un premier guitariste, un second qui joue aussi des claviers et le chanteur également ‘armé’ d’une guitare et coiffé d’une casquette. Aucun décor. Un jeu de lumières des plus discrets. Visiblement le band ne compte que sur sa musique… qui est tout bonnement excellente ! Véritable révélation australienne au sein de la scène indie rock, The Temper Trap revendique une musique pop explosive, agrémentée par les envolées vocales du frontman.

La prestation s’ouvre par une intro instrumentale inédite, inconnue au bataillon. Et embraie par l’intégralité de son elpee (10 plages seulement !), joué à la perfection. Le chanteur montre des dispositions assez remarquables. Une voix qui peut monter, monter,… sans jamais connaître la moindre hésitation, la moindre faiblesse. Ses quatre complices se mettent au diapason. L’interprétation est de très bonne facture ; mais léger bémol (NDR : règle cependant importante lors d’un concert), le combo ne prend guère de risques et ne communique guère avec son public ; un public pourtant conquis et qui ne demande qu’à s’enflammer. 

Les Australiens attendront le dernier titre, « Drum Song », pour se déchaîner et montrer qu’ils sont capables d’investir une scène et de se l’approprier totalement. C’est le moment choisi par Dougie, le chanteur, pour couvrir d’eau la peau de son gros tambour et de le frapper comme un sourd pour faire surgir des gerbes d’eau à chaque coup de baguette. Effet garanti !

La troupe se retire avant un rappel, décevant pour les deux premiers titres. Une reprise du boss (« Dancing in the Dark ») et un inédit (pas à la hauteur du reste). Avant de terminer sur l’excellent « Science of Fear ». C’est à cet instant que certains regrets nous traversent l’esprit. Pourquoi ne pas avoir manifesté la même énergie tout au long du ‘show’. Musicalement remarquable, la formation australienne demande à être revue d’ici un ou deux ans, après avoir étoffé son répertoire et acquis cette maturité scénique qui lui fait un peu défaut à l’heure actuelle.

Il est 22h30 comme prévu ! Retour à la maison. Gaffe au volant ! Neige, gel et… conducteurs maladroits sur les routes !!!

Organisation Botanique

(Voir aussi notre section photos)

 

Jeronimo

‘Tuer l’Apache pour tourner la page’ !!!

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Pas de quatrième album pour Jeronimo. Le talentueux et créatif clown-triste de la scène pop-rock belge a résolument décidé d’inhumer son ‘éternel petit groupe’. C’est après 10 ans de sueurs électriques et de voyages cathartiques que le projet ‘Jeronimo’ prend tristement fin sur une très unique trilogie : « Un Monde sans Moi » (2002), « 12h33 » (2005) et « Mélodies Démolies » (2008). Trilogie qui aura marqué les esprits et fait couler beaucoup d’encre tant par son audace que par son ingénue ingéniosité. Qui mieux que Jérôme Mardaga, leader de la formation liégeoise, peut vous conter ce merveilleux récit de vie ? Ce dernier nous offre cet ultime cadeau avec beaucoup de sincérité empreinte de nostalgie sur son blog personnel : http://roma-caput-mundi.blogspot.com

Dans ce journal intime, l’artisan artiste nous dévoile humblement que ‘Jeronimo s'arrête ici au bon endroit, au bon moment, soucieux de laisser la voie libre à un autre projet.’

Quelques soupirs encore avant de retrouver Jérôme Mardaga, Thomas Jungblut et Calogero Marotta dans de nouvelles épopées musicales.

Tous à vos agendas : Jeronimo livrera ses derniers souffles à La Chapelle de Mons ce 16/01/2010.

 

Biffy Clyro

Fire Water Burn

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Pour clôturer en beauté sa saison 2009, le Vk* avait convié ce mercredi 16 décembre, la formation écossaise, Biffy Clyro. Actif depuis 2001, le trio goûte enfin aux joies de la reconnaissance, notamment grâce à « Puzzle », un quatrième ouvrage incandescent, publié il y a deux ans. Mais également suite à une longue tournée mondiale opérée d’abord en compagnie de Bloc Party, puis tout seuls comme des grands ; et, enfin, dans les bagages de Queens Of the Stone Age. En 2009, le combo a finalement acquis une base de fans solide en dehors des frontières de la Grande-Bretagne. Si bien que la petite salle molenbeekoise affichait complet à l’heure où les trois Britons entraient en scène pour défendre leur dernier né, « Only Revolutions ».

C’est une tradition au Vk*, les concerts ne démarrent que très rarement avant 21h30. Après une prestation très anecdotique de People In Planes et quelques bières, un public complètement surexcité (la fin des examens ?) attendait le trio de pied ferme. Lorsque Simon Neil et les frères Johnston apparaissent sur les planches, ouvrant le bal par « That Golden Rule », dernier single extrait de leur nouvel opus, la frénésie est immédiate. Elle prendra de l’ampleur au fur et à mesure que les morceaux s’enchaînent. Ainsi, l’énorme « Living Is A Problem Because Everything Dies » suivi de « A Whole Child Ago », « Who’s Got A Match ? » ou le sublime « 9/15ths » marquent le début des hostilités. Aux premiers rangs, les fans pogot(t)ent sans relâche et n’ont pas l’air prêts de s’accorder une pause.

D’autant plus que Biffy Clyro embraie par l’incontournable single « 57 », extrait de l’œuvre introductive « Blackened Sky ». L’occasion pour quelques casse-cous de donner le signal de départ du crowdsurfing. Difficile ensuite de poursuivre par des morceaux plus calmes. Ayant chauffé à blanc l’assistance, les trois Ecossais doivent affronter un public dissipé qui ne prête que peu d’attention à « Machines », « God & Satan » ou « Now I’m Everyone », pourtant sublimes. A ces titres, le public belge préfère les défouloirs « Justboy », « Glitter & Trauma » ou encore « Semi-Mental ». La plupart des chansons sont reprises en chœur par la foule. Les trois gaillards se montrent plutôt surpris d’un tel accueil et finissent alors par injecter davantage de hargne dans leur prestation. Il faut dire que le public est autrement plus dynamique que celui qui les avait accueillis lors de leur prestation à la Rotonde du Botanique, en 2007.

La formation clôture son set par les singles « Saturday Superhouse » et « The Captain », procurant à leurs fans, une ultime occasion de se rentrer dedans. 2009 s’achève donc dans un tourbillon de riffs et de sueur, comme il se doit. Il aura fallu près de neuf ans à Biffy Clyro pour s’imposer ; et, au vu de l’effet produit par leurs hymnes sur le public belge particulièrement chaud, la mission est bel et bien accomplie.

(Organisation Vk*)

 

The Flaming Lips

Embryonic

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Il faut avouer qu’après avoir écouté une première fois le douzième elpee studio de la formation d’Oklahoma City, j’étais un peu décontenancé. En fait, il y a un bon bout de temps que le groupe n’avait plus commis de disque aussi alternatif. C’était en 1997. Un drôle de projet baptisé « Zaireeka » et subordonné à la technique du ‘surround sound’. Pour la circonstance, les quatre cds devaient être écoutés en même temps sur quatre systèmes sonores différents. Mais en se grattant un peu la tête, il faut reconnaître que la discographie antérieure, commise à cette période était encore plus aventureuse et audacieuse. A l’instar de celle du Mercury Rev originel. Donc finalement, la surprise n’en était finalement pas une. Mais un juste retour aux sources…

« Embryonic » est double. Et recèle 18 plages. Après avoir lu de nombreuses chroniques rédigées par toute une série de magazines spécialisés, j’ai presque cru que les Flaming Lips s’étaient contenté d’écouter en boucle l’œuvre complète du Pink Floyd, pour concocter un tel opus. Conclusion facile lorsqu’on sait que Wayne Coyne a déclaré vouloir enregistrer une nouvelle version du « Dark side of the moon ». Mais largement insuffisante, lorsqu’on analyse soigneusement le contenu de ce disque.

Du Floyd, on en retiendra « Evil » et « If », interludes empreints de douceur, réminiscents de « The Wall ». Le torturé et lugubre « See the leaves », manifestement inspiré par « More ». Et puis l’une ou l’autre trace ‘floydienne’ disséminée aux quatre coins de l’œuvre. Dont les harmonies vocales éthérées, sinusoïdales, si caractéristiques de « The Piper at the gates of dawn ». Et puis d’inévitables envolées semi-spatiales, semi-psychédéliques, tentaculaires, rencontrées sur « Animals ». La trame est posée. Reste maintenant à en déceler les subtilités. D’autant plus que la solution sonore emprunte autant au free jazz (Miles Davis, Coltrane), à la noisy (Sonic Youth), à l’électro (Kraftwerk), au krautrock (Can) qu’à la prog (King Crimson et les ‘frippertronics’ du tandem Brian Eno/Robert Fripp, mais également Todd Rundgren). J’allais oublier : et le psychédélisme. Sous toutes ses formes ! Wayne refuse de reconnaître avoir concocté un concept album. Mais quand on traite tout au long d’une même œuvre, de la force, de la faiblesse, de la liberté, de la responsabilité et du chaos (NDR : tiens, un thème auquel se réfère également Mercury Rev), on est en droit de se poser des questions. Une philosophie développée par le mathématicien Thorsten Wörmann, particulièrement branché sur le sujet ; et dont un discours est collé sur « Gemini syringes ». Bref, Coyne a peut-être envie de brouiller les pistes pour mieux nous mener en bateau (NDR : ou en vaisseau spatial, si vous préférez !) Mais bon, c’est aussi une belle manière de ne pas dévoiler toutes les facettes de son imagination débordante. Lors des sessions d’enregistrement, Karen O des Yeah Yeah Yeahs est venue poser quelques feulements sur deux titres, alors que MGMT a participé à la confection de « Worm mountain », une chanson atypique, tour à tour hymnique et participative (Arcade Fire ?), furieuse, puis menaçante. Afin de ne pas vous noyer de références, je ne vais pas décortiquer chaque compo. Je vous laisse le soin de découvrir, plage après plage, un des albums les plus complexes et créatifs de l’année. Peut-être de la décennie…

 

Dead Man’s Bones

Dead Man’s Bones

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Que serait le « Monster Mash » de Bobby Picket repris par Arcade Fire accompagné d’un clip vidéo réalisé par Tim Burton ? Ou le « Murder Ballads » de Nick Cave, réinterprété par une chorale de sales mioches se gavant des bouquins de la série « Chair de Poule », tout en écoutant inlassablement cette version imaginaire de « Monster Mash » ? Ou encore si Karen O and The Kids avaient confondus la B.O. de « Where The Wild Things Are » avec celle de « The Omen » ? Pas de doute. Le résultat serait, à peu de choses près, comparable à l’immense premier essai de Dead Man’s Bones.

Le projet est né de la rencontre entre le musicien Zach Shields et Ryan Gossling, connu essentiellement pour sa carrière cinématographique presque impeccable (« Lars And The Real Girl », « The Notebook », « The United States Of Leland », ou le génial « Half Nelson » pour lequel il a été nominé aux Oscars). Obsédés par la musique et les films d’horreurs, Shields et Gossling se sont mis en tête de créer la bande son parfaite pour effrayer leurs petites sœurs. Après avoir recruté les gamins de la chorale du Silverlake Conservatory Of Music, la formation Californienne a établi une série de règles à suivre durant l’enregistrement studio de la galette. Ainsi, le duo n’a réclamé aucune aide extérieure sinon celle d’un producteur. Les guitares électriques ont été mises au ban et chaque morceau a dû être enregistré en trois prises maximum. Des règles qui ont produit leur petit effet tant « Dead Man’s Bones » est une œuvre spontanée, intense et inventive, comme en témoignent les ‘monstrueux’ « Flowers Grow Out Of My Grave », « In The Room Where You Sleep » et « Lose Your Soul ».   

Emmené par les singles, « My Body’s a Zombie For You » et « Dead Hearts », l’éponyme de Dead Man’s Bones est parcouru de morceaux macabrement poétiques et aux intitulés tous aussi évocateurs les uns que les autres. Les morts-vivants, les loups-garous, les monstres assoiffés de sang et autres créatures de la nuit s’y côtoient pour tourner en ridicule les pauvres mortels s’aventurant au-delà des limites du territoire tracé par ces premiers. Et pas besoin d’attendre Halloween pour s’envoyer cette formidable galette tout à fait intemporelle. Alors qu’ils étaient très souvent justifiés jusqu’ici, Gossling balaie magistralement tous les préjugés entourant les vedettes d’Hollywood qui se mettent en tête de pousser la chansonnette.

« Dead Man’s Bones », un essentiel de 2009 ? Pour ma part, le duo a déjà décroché la seconde place de mon classement annuel. Et c’est amplement mérité !

Jello Biafra

The Audacity of Hype

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Jello Biaffra a été le chanteur des Dead Kennedys de 1978  à 1986. Mais ce n’est pas son seul méfait. Activiste, politicien, militant écologiste, membre du parti ‘vert’ américain, il est aussi le fondateur et le boss du label Alternative Tentacles. Biaffra n’a jamais été avare de démonstration en ce qui concerne ses opinions, que ce soit dans la musique, dans ses disques consacrés aux ‘spoken words’ ou lors de ses actions politiques ‘coup de poing’. En 1979, il se présente comme candidat à la mairie de San Francisco. Il décroche la quatrième place sur dix candidats, en proposant un programme que de nombreux électeurs avaient pris pour un canular (obliger les hommes d’affaire à travailler avec des masques de clowns, bannir toutes les voitures de la ville, autoriser l’occupation des édifices vacants par les sans-abris ou plébisciter les policiers de quartiers). En 1999, il participe aux mouvements de protestation dénonçant les dérives de l’Organisation Mondiale du Commerce, à Seattle. En 2000 il se présente à la présidence de l’investiture du ‘green party’ (sans succès).

La musique des Dead Kennedys est un véritable pamphlet contre une certaine politique américaine. Il y condamne, avec un humour plus que corrosif, toutes les dérives du système capitaliste. Les titres des chansons et les pochettes des albums sont de véritables coups de poings décochés à la face des Yankees. La pochette d’« Holidays in Cambodia » représente une scène de torture, celle de « Plastic Surgery Disasters » le corps d’un enfant souffrant des affres de la famine. En 1986, après avoir divorcé dans la douleur (financière) des Dead Kennedys, il participe à un nombre incroyable de projets musicaux comme LARD où il fricote l’indus en compagnie d’Al Jourgensen de Ministry ou Tumor Circus. Il enregistre des albums en compagnie des punks canadiens de D.O.A, de NoMeansNo, des Melvins et bien d’autres. Formé début 2009, Jello Biafra and the Guantanamo School of Medicine constitue son premier véritable groupe depuis la mort des ‘Kennedys’, en 1986. On retrouve dans ce groupe toute l’essence de la personnalité de Monsieur Biaffra. Le patronyme du groupe ‘Jello Biafra et l’école de médecine de Guantanamo’ reflète parfaitement son goût pour l’humour noir. Un patronyme qui dénonce le système américain en huit petits mots. Le titre de l’album : « The Audacity of Hype » fait référence au livre de Barack Obama : « The Audacity Of Hope ». Il démontre bien que le vieil activiste punk n’a toujours pas peur de s’attaquer au pouvoir en place. Le livret de la pochette lui-même est du même acabit que celui des disques des Dead Kennedys : un patchwork de textes de chansons, de photos choc, de dessins et de coupures de journaux qui seraient hilarantes si elles n’étaient pas aussi désespérément navrantes pour la culture américaine. Un concept qui porte sans conteste la patte du punk rocker légendaire. Les textes dénoncent : racisme, stupidité, pollution et paranoïa américaine liée au 11 septembre. Tous les fers de lance du combat Jello y sont exposés. Pour véhiculer ses idées, Biafra se sert de ce qu’il fait de mieux : du Punk. Déjanté et virulent. Pas si éloigné de celui des Dead Kennedys. Il lui serait d’ailleurs difficile d’emprunter une autre méthode, vu son timbre de voix aussi atypique. Certains des titres proposés ici auraient très bien pu figurer sur « Plastic Surgery Disasters » ou « Frankenchrist ». Les parties de basse ont été enregistrée par Billy Gould. Depuis, il a rejoint ses compagnons de Faith No More. Les guitares, moins folles mais bien plus acérées que celles des Dead Kennedys, se fendent souvent de soli de guitares plus métal que punk. « The Audacity of Hype » ne pourra que plaire à ceux qui ont un jour trippé sur la musique des Kennedys Morts.

A 51 ans bien tassés, Jello Biafra n’a rien perdu de sa superbe ni de son intégrité. Si, un jour, sur terre, il ne reste qu’un seul véritable punk, sans conteste, ce sera lui.

Doppler

Songs To Defy

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Les Lyonnais de Doppler se réclament de la scène Noise Rock, ce qui, selon votre serviteur dessert largement leur réputation. Le ‘Noise Rock’ trahit une connotation bruyante et approximative ; ce qui et loin d’être le cas de la musique de Doppler. Certes « Songs to Defy » fait du bruit. C’est probablement la marque de fabrique du groupe. ‘Il faut que ça gueule’, dit le sample d’introduction de « We Are Not Sick », le titre d’ouverture de l’elpee. Cependant, ce disque n’a rien d’approximatif. Tout y est maitrisé à l’extrême. Le jeu des instruments est excellent. Epoustouflante, la section rythmique basse/batterie est groovy et jazzy à la fois. Surtout lorsqu’elle est agrémentée de percussions aussi dansantes qu’inattendues. Les parties de six-cordes sont inventives ; à des lieues de ce que l’on est en droit d’attendre d’une formation se prétendant ‘bruitiste’. Les compositions font la part belle à des errances instrumentales sombres, hypnotiques et envoûtantes. C’est probablement la voix, trafiquée et saturée, qui rappelle le plus l’appartenance ‘autoproclamée’ du groupe à la scène noisy.

Alors, Noise Rock ? Peut-être, mais aussi post-rock, math-rock, rock-indus, rock-alternatif. Doppler réunit toutes ces étiquettes à la fois. Un groupe bien meilleur que ce qu’il aime vouloir incarner. A découvrir !

 

Dixon

Temporary Secretary

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Boss de l’écurie berlinoise Innervisions, Dixon est une figure de proue dans l’univers de la house teutonne. C’est certainement aujourd’hui un des meilleurs DJs de la planète ; et il le démontre une nouvelle fois sur sa nouvelle compilation « Temporary Secretary ». Un mixtape bien fichu et très personnel, digne du « Body Language Volume 4 » compilé pour le label Get Physical. Ici, Dixon, comme un très bon DJ, conte une histoire que l’auditeur voudrait éternelle tant le set (qui reste pourtant simple) est parsemé d’étapes voluptueuses et riches en musique.

Le mix s’ouvre par « Ongou », un titre signé Icasol. De manière lente et répétitive il vient se fondre sur le tribal et dark « If I Had A Heart » de Fever Ray. Le conte se poursuit par un enchaînement entre le remuant « Let Me Show Ya » de Jazzanova et la pépite house « Something About You (Henrik Schwarz Remix) » de Daniel Paul. Lors de ce parcours toujours aussi jouissif, on rencontre le très deep et transcendant « Hazel (Ewan Pearson's House Remix) » de Junior Boys mais également le méditatif « Law Of Return » de Peter Kruder. L’histoire s’achève par le « Sepiaphone » de Tokyo Black Star, qui sur un fond deep présente quelques sonorités à l’intensité ‘kraftwerkienne’. En 14 titres, Dixon nous révèle ses compétences techniques, mais également musicales ! Un recueil qui ne paie pas de mine, mais croyez moi, digne d’intérêt…

Adorned Brood

Asgard

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Le label Black Bards Entertainment continue, petit à petit, son travail de restauration de l’œuvre d’Adorned Brood. Ces ménestrels Allemands de l’extrême sont l’un des premiers groupes à avoir inclus une flûte dans leur black métal épique ; et ce, dès 1993. Ils sont donc, juste après les Anglais de Skyclad, l’un des premiers groupes de Folk Metal.

Après « Hiltia » (1996) et « Wiegand » (1998), réédités fin 2008 sur un seul Cd, c’est l’album « Asgard » (2000) qui a droit à sa cure de jouvence. Afin de rendre ces initiatives intéressantes, les opus sont souvent enrichis de bonus et de surprises. Il faut bien avouer que, pour la circonstance, Black Bards Entertainment ne s’est pas foulé. En bonus, on a droit à deux vidéos format mp4, enregistrées ‘live’ au Celtic Rock Festival 2009. Pas vraiment de quoi pavoiser. Surtout qu’Ingeborg Anna, la flûtiste/chanteuse et principal centre d’intérêt du groupe ne participait pas au concert ce jour là. Ceux qui possèdent déjà l’album original peuvent clairement passer leur chemin.

Par contre, si vous ne détenez encore aucun disque du groupe, il est clair qu’« Asgard » est l’œuvre d’Adorned Brood à se procurer impérativement. Bien plus travaillé que ses deux précédents, c’est un véritable petit bijou folk et extrême. Alternant accès de black métal furieux et ambiances folk atmosphériques où les chants clairs masculins et féminins donnent la réplique à la guitare sèche, à la flûte et au grand piano, Asgard est une véritable réussite. Probablement le meilleur elpee du combo germanique.

 

Heathen Foray

The Passage

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J’ai beau vérifier, l’Autriche n’est toujours pas un pays scandinave. Pourtant, Heathen Foray, combo originaire de la ville autrichienne de Deutschlandsberg, vient de se fendre d’un opus Viking métal que l’on croirait tout droit issu des studios d’enregistrements de l’extrême nord de l’Europe. Musicalement, le sujet est parfaitement maitrisé. Le Death Metal puissant aux relents folkloriques d’Amon Amarth est combiné aux mélodies Viking métal de Falconer et de Mithotyn. Comme chez ces trois groupes, pas d’instruments traditionnels ni même de claviers. Pas d’artifices. Le ton folk est créé à la six-cordes électrique uniquement. Les riffs, taillés à la hache, sont le plus souvent mid-tempo et accompagnés de soli aussi fluides que l’hydromel. Côté vocaux, le Viking autrichien ne fait pas dans la dentelle : rien que du ‘grunt’ death métal gras et colérique. Pas de chant clair, ni de voix féminines pour adoucir le propos. Le son est puissant et clair. Pour un premier album, « The Passage » est une véritable réussite. A classer quelque part entre le « Gathered Around the Oaken Table » de Mithotyn et le « Fate Of Norns » d’Amon Amarth.

 

Nurses

Apple’s Acre

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Comme la plupart des jeunes issus de ma génération, je dispose d’un lecteur me permettant de savourer la musique quand je veux et où je veux ; rendant ainsi mes déplacements plus agréables. Appareil d’autant plus utile lorsqu’il s’agit de découvrir les cds à chroniquer. Mais vu la mémoire limitée de ce lecteur, la plupart des albums ne sont stockés que durant quelques semaines. Juste le temps de les écouter et de les analyser. Avant d’être remplacés. Une minorité d’œuvres y sont quand même conservées. Parce que je les apprécie tout particulièrement. Et « Apple’s Acre », le dernier long playing de Nurses, bénéficie de ce privilège…

Natifs de Portland (Oregon), Aaron Chapman et John Bowers avaient édité un elpee autoproduit, il y a deux bonnes années. Depuis, le duo a engagé un percussionniste (Jonas Mitchell), puis signé chez Dead Ocean, un label qui a franchement le nez creux pour dénicher de nouveaux talents. En se servant d’instruments conventionnels (piano, guitare, etc.), mais surtout insolites, Nurses élabore une pop à la fois minimaliste et psychédélique. Les mélodies sont, en outre, contagieuses. Mais le point fort de ce combo procède des vocaux échangés par les deux membres fondateurs. En jouant constamment sur les différentes tonalités tout en superposant des boucles, ils parviennent à modeler de véritables petits bijoux. A l’instar de « Bright Eyes », digne du meilleur d’Animal Collective. Du beatlenesque « Lita » ou encore de « What Then » plus proche d’un Le Loup. Au fil de l’écoute, d’autres influences sont très susceptibles de vous traverser l’esprit. Celles de Menomena voire de Yeasayer, notamment. Néanmoins, Nurses a le bon goût de retravailler constamment ces références, afin de rendre sa solution sonore la plus originale possible. D’ailleurs, à chaque nouvelle écoute, on y décèle certaines subtilités qui n’étaient pas apparues, la précédente…

 

Warfect

Depicting The Macabre

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Warfect est originaire de la petite ville d’Uddevalla, sise au sud ouest de la Suède. Officiellement formé en 2009, ce combo trash métal a cependant déjà édité deux démos sous le nom d’Incoma entre 2003 et 2008. Le changement de patronyme était apparemment judicieux, puisqu’il a permis au combo de décrocher un contrat chez le label italien My Kingdom Music. « Depicting The Macabre » est donc son premier album officiel, et pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Avouant être très influencé par la scène trash ‘old-school’, Warfect voue un culte aux riffs speedés, aux changements de tempi, aux soli de guitare acérés et à la batterie marteau piqueur que l’on pouvait apprécier sur les premiers essais de Metallica, Slayer et Megadeth. Loin de copier ses aînés, le gang suédois insuffle un puissant côté hardcore moderne à son trash métal et va même parfois jusqu'à flirter avec le death métal à la suédoise. Le chant de Fredrik Wester (NDR : anciennement guitariste chez les black métalleux de Lord Belial), évoque souvent à celui de Tom Araya (Slayer) ou verse carrément dans le hurlement hardcore et colérique. Puissant et violent, le quatuor insuffle parfois quelques bribes de finesse dans ses compositions. A l’instar du final acoustique d’« Heathen’s Reign » ou de la power ballade très ‘zakkwyldienne’ « Never To Return ». Bien qu’il ne soit pas le groupe le plus révolutionnaire de la planète, Warfect mérite toutefois que l’on s’intéresse de près à son cas.

TV Buddhas

The Golden Period

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Originaires de Tel-Aviv, mais fraichement débarqués de Berlin, leur terre d’accueil, les TV Buddhas publient « The Golden Period », une première œuvre pétaradante entre stoner, noise et rock hallucinogène. Mickey Triest (elle) et Juna Haring (lui) suivent définitivement les traces de formations telles que Kyuss, SunO))) voire un Black Sabbath plus défoncé que d’ordinaire. « The Golden Period » délivre une série de neufs morceaux bruyants, graisseux et parfois planants, nappés de vocalises féroces se mariant parfaitement aux mélodies saturées.

Le seul problème, lorsqu’on a déjà vu la formation se produire sur les planches avant même d’écouter ce disque, est que ce « Golden Period » ne rend que très peu justice aux prestations ‘live’ du duo. Sur scène, TV Buddhas se transforme en véritable machine de guerre. Leurs compositions deviennent alors d’énormes bombes à retardement qui pètent à la tronche avant même de comprendre ce qui est en train de se passer. Et s’ils arrivaient à transposer toute cette énergie sur bande au cours de leurs prochaines sessions studio, le prochain recueil de TV Buddhas pourrait bien être la grosse claque venue de nulle part.

 

AC/DC

Back Tracks (Box Cd + Dvd)

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Ça sent bon le sapin et les marrons chauds du côté des frères Young. Depuis une juteuse signature en 2002 chez Sony, on a tendance à sortir un peu tout et n’importe quoi pour rentabiliser la plus grosse machine du hard rock ‘classique’. Citons les Dvds « Family Jewels » et « Plug Me In » ou encore le plus récent box ‘boîte à biscuit’ de l’excellent « Black Ice ». Le portefeuille des fans est cependant mis à lourde contribution.

Bien que la formule ‘faire du neuf avec du vieux’ est toujours bien de mise, la version light de « Back tracks » (il existe une édition de luxe disponible sur le site du combo) n’est pas sans intérêt, car elle recèle du véritable matériel inédit et des titres collectors. Sous sa housse en forme d’ampli de guitare on découvre de véritables trésors.

Attardons-nous tout d’abord sur les deux Cds audio dont le premier propose douze raretés studio datant de 74 à 2000. Quel bonheur de pouvoir enfin écouter, en bénéficiant d’une qualité de son impeccable, « Stick Around » et « Love Song », disponibles à l’époque sur la version australienne de « High Voltage ». Le surprenant « Flig Thing » figurait en face B du single introuvable « Jailbreak » (77), tout comme « Carry Me Home » sur la deuxième face du 45 tours australien de « Dog Eat Dog », paru la même année. Si l’ère Brian Johnson passionne moins les puristes d’AC/DC, on se délecte néanmoins de « Snake Eye » et de « Borrowed Time », jusqu’à présent uniquement connus des fans australiens. L’irrésistible « Big Gun », produit par Rick Rubin, s’était distingué, fort d’un riff implacable, sur la B.O. du film « Last Action Hero ». Autre rareté pour clôturer ce chapitre : « Cyberspace ». Un titre bonus édité sur l’extended Cd single « Safe in New York City ».

Bourré de raretés live, le Cd2 est un pur bonheur ! Ouverture en fanfare par « Dirty Deeds done Dirt Cheap », à l’origine dispo uniquement sur un promo datant de 76. Suivent « Live Wire » et une version survitaminée de « Shot Down in Flames ». Les collectionneurs les plus chanceux possèdent peut-être le single de « Beating around the Bush » et son étrange face B lisible en 33trs. Plus facilement ‘dégotable’ dans les conventions : « Back in Black » et la version speedée de « TNT » déjà savourées par les détenteurs du maxi single vinyle de « Let’s Get it Up ». Parmi les titres rarement interprétés live, nous épinglerons « Guns for Hire », « This House is on Fire », « Jailbreak » et « Safe in New York City ». A l’écoute de ces deux brûlots on n’a vraiment pas la sensation d’avoir grillé 35€ pour de la daube.

Le Dvd « Family Jewels » s’avère un tantinet plus anecdotique. On y retrouve les vidéos clips des plus grands classiques de la période plus récente d’AC/DC, soit des trois derniers albums studio, et quelques bonus de bon aloi (« It’s a long Way to the Top », « Guns for Hire » et le clip promo de « Highway to Hell »).

N’oublions pas le magnifique livret de 36 pages et son lot de photos d’archives, de tickets de concerts, de pass backstage, etc. Véritable fruit du hasard ? La partie consacrée à Bon Scott est foutrement plus soignée que celle dédiée à Brian Johnson. Quant à la version Deluxe de ce « Backtracks », nous émettrons quelques réserves quant à son coût prohibitif et à son mode de commercialisation.

Vu son prix et sa qualité, contentez-vous de cette version plus légère qui recèle l’essentiel de ce nouveau produit qui vise réellement à en donner plus aux vrais aficionados. Une bien belle pièce de collection…