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Beirut

March of the Zapotec & Realpeople Holland

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En observant de plus près la dernière galette de Zach Gordon, on peut apercevoir une ligne. Une médiane qui sépare parfaitement le rond de polycarbonate en deux. Cette ligne aurait pu être dessinée en pointillés afin de séparer les deux volets qui composent « March of Zapotec ». D’un coté, un Ep dans la plus pure lignée de « The Flying Club Cup » et de l’autre, un éventail de chutes de bandes au son nettement plus electronica. Un double Ep donc, rassemblé sous le même support.

La mixité des genres profite-t-elle à Beirut ? On en doute. Si des superbes morceaux comme « El Zocalo », « My Wife » ou « On a Bayonet », qui figurent en première partie, ont ce cachet inimitable d’ambiance balkanique, "My Night With The Prostitute From Marseille", "Venice" ou "The Concubine" souffrent quant à eux, de cet apport plus synthétique. Alors que l’Américain excelle dans le recours aux instruments à vent (NDR : notamment les cuivres), il semble moins en phase quand il cherche à remplacer les émotions propulsées à travers les tubes des instruments par des sonorités issues de claviers électroniques. Alors pourquoi avoir rassemblé ces deux univers ? Rompu aux sorties d’Eps, Zach Gordon, aurait pu continuer à nous proposer parcimonieusement des morceaux baignant dans son univers chatoyant, exempt de toute tristesse –des compos qui ont fait sa marque de fabrique– plutôt que nous imposer des exercices… de remplissage. Ne lui en tenons cependant point rigueur. Il faut peut-être comprendre, derrière cette démarche, une volonté commerciale de la part du label. Vous me direz que toutes les excuses sont bonnes pour ne pas jeter la pierre à Beirut ; mais vu le boulot incroyable qu’il accomplit lors de chaque sortie, on lui doit bien cette indulgence…

 

Brutal Truth

Evolution Through Revolution

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Brutal Truth avait officiellement splitté en 2000. Il a fallu l’intervention de l’ouragan Katrina en 2005 pour que Danny Lilker et ses 3 copains se décident à remettre le couvert. En effet, si Katrina n’avait pas dévasté la Nouvelle-Orléans et par la même occasion détruit tout le matériel du groupe Eyehategod, ces siphonnés du bocal à la bouille de sérial killers sympathiques ne se seraient pas réunis pour participer à l’enregistrement d’un album hommage, opus dont les bénéfices ont permis à Eyehategod de remettre leur carrière sur les rails.

Lilker est un vétéran des scènes trash et extrêmes américaines. On ne compte plus les groupes dans lesquels il a joué : Anthrax (de 1981 à 1984), Nuclear Assault (de 1984 à maintenant), S.O.D. (en 1985), The Ravenous (de 1997 à maintenant), Venomous Concept (en 2003), … pour ne citer que les plus connus. Mais, de tous les combos au sein desquels le bassiste à sévi, Brutal Truth est probablement l’un des plus extrêmes. Je dois avouer, qu’à premier abord, je suis assez réfractaire au grindcore. Le son pourri, les blast-beats et les vocaux style dinosaure qui vomit son quatre heures, très peu pour moi ! Brutal Truth dispose cependant d’une aura un peu particulière. Un statut de groupe culte suscitant une envie de s’intéresser à son cas, au risque d’y perdre une bonne partie de son acuité auditive.

Selon Lilker, « Evolution Through Revolution » combine les meilleurs éléments de toutes leurs réalisations précédentes. Par conséquent, si vous êtes familier de leurs autres albums et que vous aimez leur style, cette nouvelle rondelle devrait vous plaire. Pour les autres, il faut savoir que leur expression sonore est très bruyante. Pour faire simple (et si j’ai bien compris), le grindcore combine les idéologies punk et hardcore au death metal. J’ose espérer que cette explication convient aux experts. En tout cas, pour Brutal Truth, elle correspond parfaitement. 42 minutes de violence pure pour 20 morceaux, faites un calcul rapide : le résultat ne dépasse pas beaucoup plus de 2 minutes par titre. « Evolution Through Revolution » dépote sévèrement. Pas vraiment le temps de respirer. Toutes les plages sont plus violentes les unes que les autres. Cependant, contrairement à d’autres groupes du style, la qualité du son chez Brutal Truth est indéniable. Ce qui rend l’écoute plus aisée pour celles et ceux qui ne sont pas fondus de grindcore. Pour accentuer ce côté ‘accessible’ la formation introduit quelques  variations de tempo, notamment sur le très lourd « Detached » ou « Get a Therapist… Spare the world » qui offrent un répit relatif au sein de cet ouragan de riffs. En fin d’album, les New-yorkais nous balancent une reprise furieuse de « Bob Dylan Wrote Propaganda Song », un titre du groupe punk américain Minutemen.

Allez, je l’avoue, malgré tous mes aprioris, j’ai quand même passé un bon moment à écouter cet album. Alors, pourquoi pas vous ?

 

Chatham County Line

IV

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Chatham County Line ! Franchement, ce groupe américain de bluegrass a eu le nez creux en choisissant un aussi joli patronyme. Une formation fondée à Raleigh (NDR : c’est en Caroline du Nord), par des anciens membres de Stillhouse, en 1999. Dave Wilson en est le leader. Et surtout un compositeur talentueux. La troupe de cowboys nous reviennent donc après avoir commis l’acclamé « Speed Of The Whippoorwill », un disque paru en 2006. Et leur nouvel elpee s’intitule sobrement ‘IV’. Pas davantage de révolution dans leur expression sonore, puisque le combo continue de pratiquer une musique essentiellement hantée par l’esprit americana old-school. Un bluegrass impliquant bien évidemment l’inévitable steel guitar, un banjo et circonstanciellement de la mandoline. Ce qui ne les empêche pas d’y apporter une petite touche de modernité. Une nuance apportée également par leur producteur Chris Stamey, un personnage réputé pour la mise en forme d’albums de power-pop (Yo La Tengo et Alex Chilton, par exemple). Ce qui explique sans doute aussi pourquoi les mélodies sont aussi soignées.

« IV » a été enregistré dans les montagnes de Caroline du Nord. Un état taillé pour la musique roots selon les spécialistes. Le combo revisite évidemment quelques standards de la country. Les harmonies vocales sont impeccables. Le timbre vocal de Dave Wilson colle à merveille à leur style. Une voix de vieux chanteur du Midwest dans un corps de jeune rocker… Au sein du tracklisting, j’épinglerai cependant « Country Boy.City Boy ». Une plage dont les lyrics correspondent parfaitement à l’ambivalence de leur ‘alternative country’, ‘If I was a country boy, I'd wish for the city lights/ If I was a city boy, I'd wish for a quiet night’. Et puis “Birmingham Jail”, un morceau plus mélancolique et ténébreux s’intéressant au problème de la ségrégation dans les écoles. Cette compo dépasse, en outre, allégrement les clichés pour s’ériger en classique instantané et poignant de la musique américaine.

Une envie d’évasion musicale aux cotés d’un virtuel Jesse James déguisé en rockeur alternatif ? Et dans les montagnes sorties des plus authentiques Western, pour ne rien gâcher ? « IV » est ce qu’il vous faut ! Un album pour les cowboys modernes. Des références ? Les figures tutélaires d’Uncle Tupelo ou de Gillian Welch veillent sur l’œuvre des Chatham County Line ! Un bel exercice d’americana en somme. Une petite odeur poussiéreuse virant plus d’une fois à l’exercice de style maîtrisé mais tellement jouissif. Chatham County Line nous propose une country alternative intemporelle pour les amateurs du genre. Le groupe n’a pas encore l’aura d’un Wilco, mais si les natifs de Caroline du Nord ont la capacité de se renouveler, on pourrait hériter, dans le futur, de toutes grandes compositions. Car Dave Wilson est un songwriter de tout premier ordre ! Ce disque paraît chez Yep Rock, le label de Paul Weller, Bob Mould, The Go-Betweens et Nick Lowe ; mais surtout une maison de disques établie dans leur état d’origine.

Chatham County Line se produira ce 25 août dans le cadre des Feeërieën organisées par l’AB. A ne manquer sous aucun prétexte, si vous aimez les formations typiquement américaines  jouant de la musique typiquement américaine…

 

Chickenfoot

Chickenfoot (1)

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Régulièrement, on nous casse les oreilles avec des soi-disant super groupes. En fait, il s’agit souvent d’associations de musiciens de studio souhaitant se faire du blé ou des ‘side-projects’ réunissant des musiciens de seconde zone, voulant tuer le temps, entre deux tournées. Cependant, cette fois ça y est, on ne s’est pas foutus de nous ; car Chickenfoot est vraiment le super groupe ultime.

Pour celles et ceux qui ont réussi, à passer à côté de l’info, malgré le tapage médiatique, Chickenfoot, c’est l’association de 4 géants du rock et du hard rock en particulier. Joe Satriani tout d’abord. Le super héro de la guitare instrumentale. Jadis professeur de guitare pour des gamins qui sont devenus des pointures (Steve Vai, Kirk Hammet, …) le bonhomme a un jour compris que ses élèves se faisaient un maximum de pognon en lui piquant tous ses plans et a donc décidé de sortir de l’anonymat pour accomplir la carrière que l’on connaît. Sammy Hagar ensuite. Le légendaire chanteur de Montrose et remplaçant de David Lee Roth au sein de Van Halen. Michael Anthony le bassiste tout aussi légendaire de Van Halen et Chad Smith, le ‘jeunot’ du groupe, accessoirement batteur des Red Hot Chili Peppers, complètent ce line-up d’enfer.

Ce 5 juin est donc paru ce « Chickenfoot », annoncé à grand renfort de vidéos promotionnelles aussi humoristiques que tapageuses. Et, autant vous dire que pour cet album, le fantastique quatuor ne s’est pas contenté du minimum syndical. Le son est survitaminé. Produit par Andy Johns (le producteur légendaire de Led Zeppelin, des Rolling Stones et de Van Halen) et mixé par Mike Fraser (AC/DC et Metallica) ça le fait sur un pédigrée. Quant à la musique ? Que dire de la musique ? Vous connaissez donc bien le line-up de Chickenfoot ? Et bien, cette musique ne marche pas du tout sur les traces des œuvres en solo de Satriani. La guitare occupe une place importante mais n’est pas démonstrative. Il s’agit bien ici d’un véritable effort de groupe où chacun a son mot à dire. Bien sûr, la présence de Sammy Hagar au micro et de Michael Anthony aux backing vocaux si caractéristiques ne peuvent que pousser Chickenfoot vers l’univers sonore de Van Halen. Mais, curieusement, plutôt comme le Van Halen pré-Hagar, où la guitare avait bien plus d’importance que le clavier. Car il n’y a pas une once de clavier ici. Cet elpee célèbre presque 58 minutes de pur hard rock, bourré de ce fun sexy et rock’n’roll typiquement californien. Le tout est mis en rythme par la frappe puissante de Chad Smith et la basse groovy à souhait de Michael Anthony. Hagar est au sommet de son art. Aussi en voix sur les morceaux les plus rock comme « Avenida revolution », « Soap on a rope », « Get it up » ou « Down the drain », que sur la magnifique ballade « Learning to fall ».

« Chickenfoot » est un disque à écouter au soleil, au volant de sa voiture ou à la maison en sirotant un truc entre amis. L’anti-cafard ultime à consommer sans modération. La bande son parfaite de vos vacances.

 

Jesse Dee

Bittersweet Batch

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Le créneau de la soul ‘rétro’ commence tout doucement à devenir surpeuplé. Après Sharon Jones, Amy Winehouse, Nicole Willis, Jamie Lidell, James Hunter, Raphael Saadiq et quelques autres personnages de moindre intérêt, c’est au tour de Jesse Dee de tenter sa chance. Le jeune blanc-bec de Boston nous balance donc une douzaine de titres dans une veine très proche de la soul sudiste popularisée par des légendes comme Otis Redding. Les allergiques au passéisme musical peuvent d’ores et déjà passer leur chemin, mais les amateurs de ‘feel good music’ pourraient apprécier ce « Bittersweet Batch ». La voix de Jesse rappelle un peu celle de Jamie Lidell ; et la comparaison ne s’arrête pas en si bon chemin, vu que les univers sonores de ces deux bonhommes sont très proches.

Sans se poser trop de questions, des titres agréables et bien balancés comme « Slow Down », « Yet to come », « Over & Over Again » ou encore le plus sentimental « Remember Me » passent bine la rampe. Par contre, l’exagération vocale de Jesse finit par agacer. Notamment lorsqu’il abuse des tics et gimmicks vocaux typiques de la musique soul. Passons aussi sur ces quelques titres pas toujours très inspirés, comme l’intro qui repique un peu la mélodie du générique de la série « Happy Days ». Hormis ces remarques, « Bittersweet Batch » devrait égayer, sans problème, vos barbecues de saison, si toutefois la météo belge le permet. C’est parti Fonzie !

 

Disbelief

Protected Hell

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Déjà le huitième album (en à peine douze ans de carrière) pour les death métalleux de Disbelief. Deux ans seulement après l’excellent « Navigator », le gang germain nous propose ce « Protected Hell » d’excellente facture. Après une courte intro acoustique, l’album démarre à fond de caisse par un « A place to hide » dont le riff principal fait étrangement penser à Nevermore. Le riff seulement, car, côté vocaux, on est bien loin de l’organe mélodique de Warrel Dane. Le timbre écorché de Karsten ‘Jagger’ Jäger est là pour nous rappeler que nous sommes bien en présence de death metal. Cependant, contrairement à beaucoup de ses confrères, Disbelief délaisse les rythmiques ultra speedées et les blast-beats au profit de riffs plus mid-tempos où le groove occupe une place importante. Le travail vocal de Jäger sur les morceaux les plus lents contribue à renforcer le côté malsain des compositions, tandis que les guitares, lourdes sans être doom mais parfois ‘trashisantes’, opèrent un bon compromis entre Paradise Lost (période « Shade of god ») et des goupes plus groovy comme Sepultura. Un petit bémol cependant, aucun solo de guitare à l’horizon. Pourtant le style musical de Disbelief s’y prêterait bien. En résumé, « Protected Hell » est un album intéressant, aux compositions violentes –sans être extrêmes– et intenses ; mais surtout agréable à écouter du début à la fin. Une réussite!

 

Bob Dylan

Together through life

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Le vieux Bob vient de fêter son 68ème anniversaire. Et en profite pour en sortir son 33ème album! Dans un style qu’il avait affiché lors de la sortie de "Love and theft", en 2001, et puis de son dernier opus studio, "Modern times", un disque paru en 2006 qui s’était particulièrement bien vendu tant aux States que dans le reste du monde.

« Together through life » baigne parfois dans un climat très 50’s. Pensez au mythique catalogue du label Chess. A l’instar du morceau d’ouverture "Beyond here lies nothin'". Otis Rush n’est pas loin, même si ce mambo évolue sur un tempo nonchalant ; une nonchalance qui enveloppe la plupart des compos de l’opus. Encore timides, les accès de trompette concédés par Donny Herron communiquent un petit parfum exotique à la plage. On distingue la présence d’un accordéon entre les mailles sonores tendues par l’orgue de Bob : c’est celui de David Hidalgo des Los Lobos. Les drums de Georges Recile sont très présents et percutants alors que Mike Campbell (NDR : en règle générale, il est préposé à la guitare, pour les Heartbreakers de Tom Petty) brille aux cordes. Ballade languissante et mélancolique, "Life is hard" est bercée par des accords de mandoline. "My wife 's hometown" marque un retour au blues pur et dur de Chicago. Une version très personnelle du "I just want to make love to you" de Willie Dixon. Sa fondation est d’ailleurs remerciée à juste titre dans les notes du booklet. Un morceau au cours duquel l'accordéon est bien à l'avant-plan. Dylan prend plaisir à puiser dans les racines. Et l’allègre "If you even go to Houston" en est une nouvelle illustration. Empruntant un thème rock'n'roll cher à Chuck Berry, cette chanson nous entraîne sur les routes américaines. Le tempo est indolent. Une superbe compo au cours de laquelle les accords de la pedal steel dispensés par Herron sont très distincts. "Forgetful heart" est incontestablement l’extrait le plus majestueux et le plus réussi de la plaque. Une ballade dylanesque dont la ligne mélodique imparable est soutenue par une orchestration raffinée. Tous les instruments s'emboîtent à la perfection. "Jolene" marque le retour au blues/rock. Bien enlevé, le rythme traduit l’enthousiasme des musicos. Les cordes de Campbell et d'Hidalgo se conjuguent et se décident à rocker et roller. Autre ballade, mais aux accents très mexicains, "This dream of you", met en exergue accordéon, violon gémissant et pedal steel. Beau à pleurer! Blues électrique puissant, "Shake shake Mama" s’écoule de Memphis à la Nouvelle-Orléans, tel le Mississippi, en suivant les méandres de son lit. "I feel a change comin' on" campe une autre ballade ‘dylanesque’. L’œuvre s’achève par "It's all good", un boogie au cours duquel les instrumentistes enchaînent joyeusement leurs interventions. Et pour que votre info soit complète, sachez que l’excellente production a été assurée par Jack Frost. 

 

Lisa Ekdhal

Give Me That Slow Knowing Smile

Écrit par

Lisa Ekdhal fête ses quinze ans de carrière en délivrant un onzième ouvrage tout en délicatesse, comme à son habitude. Mais ô désespoir, la Suédoise quitte le navire jazz pour les terres folks et étale sa voix sucrée sur une série de titres insipides écrits et composés par ses soins. Si sa voix particulière se prêtait idéalement à ses explorations jazz, le résultat de ses pérégrinations folk est légèrement moins convaincant. Le titre éponyme, qui ouvre le bal, présage pourtant un ensemble de toute beauté. Mais malgré la présence au micro des compatriotes Teitur et Ane Brun, « I Don’t Mind », le morceau suivant, vient réduire en poussière les promesses du titre introductif. Ekdhal a beau appliquer toute sa douceur et fragilité sur le reste de la plaque, « Give Me That Slow Knowing Smile » est à la frontière de l’opportunisme.

La nouvelle fournée de Lisa Ekdhal ne suscite d’intérêt que par à-coups. « I’ll Be Around », « Give Me That Slow Knowing Smile » et, à la limite, « Sing » sortent légèrement du lot. Un peu faiblard pour une œuvre dépassant à peine les 35 minutes. Grosse déception !

 

Fred Fisher Atalobhor

African Carnival

Écrit par

Le label espagnol Vampisoul nous emmène dans le Nigeria de la fin des années 70 et des années 80 pour redécouvrir les travaux du tromboniste/chanteur Fred Fisher Atalobhor. Les vingt longs morceaux partagés entre deux galettes résument quatre albums parus respectivement en 1979, 1981, 1988 et 1990. Un aperçu d’une longue carrière entamée en 1972, mais toujours en cours. Fred a été l’initiateur d’un style musical baptisé ‘Asolo Rock’. En fait, un mélange ambitieux de reggae, de funk, de soul et de musique nigériane, enrichi par la voix de Fred et d’une belle section de cuivres.

Le premier cd résume à merveille le style ‘Asolo’ : des longs titres très mélodieux, traversés de phrases slogans et taillés pour les pistes de danse. Ce premier volume recèle les meilleurs morceaux : le reggae à la Heptones de « Say the truth » et « Open the door », le funk militant de « Asa-sa », les rythmes traditionnels de « Iye-ye-mu » ou les passages plus légers comme les funky « No Way » « Let Love Free » et « W.T.F.S. ». Sans oublier quelques slows rutilants (et un peu kitsch) comme « Happy Blue Night » et « The Beginning ». Bref, une belle collection de musique de variété ‘made in Nigeria’.

La première moitié du second tome propose des travaux plus tardifs. Ils ont moins bien résisté aux injures du temps ; la faute à l’utilisation plus effrénée de synthétiseurs et de boîtes à rythmes. Le résultat est nettement plus pauvre que les compos du premier disque. Les dix titres concoctés au cours des années 80 évoluent dans une tonalité plus locale, le son international n’est plus de mise. Fred ne chante quasi plus en anglais et le ton est moins insouciant, comme le prouve le commentaire de politique « Mercenary Go, Mercenary Come ». Parmi les plus belles plages de cette deuxième partie on épinglera quand même le mélancolique « Jolly Boy » et l’instrumentation décalée de « Cry For Peace ». Une compilation pas toujours facile d’accès, mais intéressante tout de même.

 

Gnaw

This Face

Écrit par

Gnaw a été formé en 2006 par cinq musiciens dont les backgrounds musicaux sont totalement différents : Alan Dublin et Jaimie Sykes anciens membres des groupes de doom metal extrêmes Khanate et Burning Witch, Jun Mizumachi ex-membre du combo industriel new-yorkais Ike Yard, Brian Beatrice créateur de musique et d’illustrations sonores pour la télévision et le cinéma ainsi que Carter Thornton un musicien qui fabrique ses propres instruments.

Leur album « This face » est ‘le point culminant d’une année d’expérimentations sonores’ nous dit la bio. Clairement, Gnaw a décidé de repousser les limites de la créativité musicale en concoctant une musique sombre, torturée, à la fois électronique et bruitiste où l’on peut entendre quelques bribes d’influences doom metal. Gnaw a-t-il réussi à repousser les limites de la créativité musicale ? Il a en tout cas été jusqu’au bout de ce que personnellement je peux supporter. Que penser de ce collectif musical ? Génie total ou foutage de gueule complet ? Est-ce de l’art ou un grand n’importe quoi ? Même si elle est extrême, on doit –à mon humble avis– éprouver un certain plaisir à écouter de la musique. Et, personnellement, celle dispensée tout au long de cet opus ne me l’a pas procuré. « This face » ressemble à une descente aux enfers. Des vocaux torturés, hurlés, mélangés à divers bruitages et percussions pour une heure d’horreur pure. Par conscience professionnelle, je me suis fait violence et j’ai écouté l’album trois fois avant d’en faire la chronique. Trois heures de ma vie où j’aurais pu écouter de la musique, perdues à jamais. Bon, c’est un avis personnel. Gnaw est probablement un groupe génial au sommet de son art. Je n’ai certainement rien compris. Il faut m’excuser, je suis un peu obtus, parfois. Mais je préfère quand même vous prévenir. Écoutez « This face »  avant de l’acheter !

 

The Hunches

Exit Dreams

Écrit par

Commencée en 2002, l’aventure de ce quatuor de Portland s’arrête après la sortie d’un troisième elpee au titre révélateur : « Exit Dreams ». Adeptes d’un garage rock ultra bruyant et abrasif, les Hunches ont (avaient) pourtant quelques arguments de poids à proposer. Des titres complètement fous traversés de cassures rythmiques ‘beefheartiennes’ et de solos loufoques. Des chœurs mi-ange, mi-démon, un chanteur digne du jeune Black Francis et quelques excellentes mélodies, à découvrir au bout de quelques écoutes. Des titres comme le très beau « Not Invited » ou le démoniaque « Ate My Teeth » évoquent tout ce qui s’est fait de mieux en rock américain indépendant au cours de ces dernières années : des Stooges à Captain Beefheart en passant par les délires bruitistes de Pussy Galore et Sonic Youth. Sans oublier la fulgurance mélodique des Pixies. J’exagère ? A peine. Ecoutez cet « Exit Dreams », il a tout du futur album culte. En espérant que les membres de cette furieuse équipe continuent à faire de la musique…

 

Jack Beauregard

Everyone is having fun

Écrit par

Jack Beauregard est un duo allemand réunissant le chanteur/guitariste Daniel Schaub et le claviériste/électronicien Pär Lammers. Issus de Cologne, ils se sont rencontrés dans le cadre de leurs études. A Amsterdam. Au conservatoire musical. Et ont choisi pour patronyme le héros d’un western spaghetti, interprété par Henry Fonda.

Les compos évoluent, le plus souvent, sur un (mid) tempo nonchalant (NDR : trois exceptions qui confirment la règle : les hypnotiques et presque dansants « Distance in between » et « Anyone around » ainsi que le r&b électro « I admit »), laissant les mélodies douces-amères irradier tout leur magnétisme contagieux. Evoluant quelque part entre Talk Talk, Take That, José Gonzales, Postal Service, Scritti Politti et New Musik, leur solution sonore mêle folk et indietronic au sein d’un climat empreint de douceur, de tendresse mais aussi de mélancolie ; mais sans jamais glisser vers la mièvrerie. Leur approche minimaliste y est sans doute pour quelque chose. Les harmonies vocales sont limpides, impeccables, savoureuses, parfois même ‘beatlenesques’. Tout au long d’« Everybody is happy », elles sont même caractérisées par une conjugaison étrange entre voix et contre-voix. Un superbe album pour un duo dont on devrait entendre bientôt parler…

 

Mason Jennings

In the ever

Écrit par

Né à Hawaii, Mason Jennings a vécu toute sa jeunesse à Pittsburgh, avant de s’établir à Minneapolis, où il vit d’ailleurs toujours. « In the ever » constitue déjà son sixième album. Chanteur/compositeur/multi-instrumentiste (NDR : et surtout guitariste), Jason est réputé pour la qualité de ses lyrics. Que certains spécialistes n’hésitent pas à comparer à ceux de Dylan. Faut dire que Jennings pratique une musique essentiellement tramée dans le folk, même si ses chansons sont très susceptibles de s’ouvrir, circonstanciellement, à des tas d’instruments. Y compris électrifiés. Hormis l’une ou l’autre exception, il fait d’ailleurs pratiquement tout sur cet elpee, même la production. Il y a bien quelques collaborateurs, mais en général, ils sont confinés à la portion congrue. On retiendra quand même la présence de Robert Carranza au mixing pour quatre titres, et celle de Jack Johnson, le patron du label, sur « I love you and Buddha too », aux backing vocaux.

Mais bref, revenons aux textes. Ils traitent aussi bien des problèmes de religion (NDR : ou de spiritualité, selon), de politique, de rapports humains que de questions existentielles. Souvent abordés à la première personne du singulier. Sur « Going back to New Orleans », il revient sur le désastre engendré par l’ouragan Katrina, mais également sur l’intervention militaire des Yankees en Irak, et ses conséquences. C’est aussi la meilleur compo de l’elpee. Les drums réverbérés y sont imprimés sur le rythme du chemin de fer, et le souffle de l’harmonica évoque la vapeur d’une locomotive… Le reste de l’opus ne manque pas de charme, épingle des mélodies souvent contagieuses, met en exergue son timbre vocal sinueux, quoique bien timbré, mais souffre d’une trop grande linéarité rythmique… Bref, il est nécessaire de bien comprendre la langue de Shakespeare pour pouvoir apprécier cet opus à sa juste valeur…

 

Knut Avenstroup Haugen

Age of Conan – Hyborian Adventures (Original Soundtrack)

Écrit par

Mais à qui peut bien s’adresser un tel album ? Aux amoureux de musique classique ? Aux amateurs de bandes originales de films ? Aux fans de musique New Age du style Enya ou Enigma ? Aux fondus du jeu « Age Of Conan » dont il est la bande originale ? Aux fans du groupe punk rock norvégien dont Knut Avenstroup Haugen –Alias Euroboy– est le guitariste ? Ou bien tout simplement aux gens qui prennent souvent l’ascenseur ? Et bien un peu à tous ces gens là.

« Age of Conan – Hyborian Adventures» est un projet tellement ambitieux qu’il est difficile d’imaginer que son créateur soit la même personne cosignant des titres de Turbonegro tels « We’re gonna drop the atom bomb », « Fuck the world » ou « I got erection ». Pourtant, ce double cd est bien issu de la plume d’Euroboy. Pour donner vie à la partition de cette bande originale, Knut s’est inspiré de la musique traditionnelle de différents groupes ethniques ; il a d’ailleurs étudié des musiques anciennes, médiévales et classiques. Il utilise les services de chanteurs et chanteuses  aux tessitures diverses, d’une chorale, de musiciens et surtout de samples orchestraux. Le résultat est tel qu’on l’imagine. Une musique somptueuse et envoûtante. Un voyage musical étrange et merveilleux au pays du roi Conan. Il suffit de fermer les yeux pour imaginer des paysages fantastiques, peuplés de civilisations étranges et disparues depuis longtemps. Mais, n’oubliez pas de descendre. Vous êtes arrivés au 23ème étage. Il faut aller bosser maintenant.

Au fait, pour remettre un peu les pendules à l’heure, et probablement pour s’identifier, Euroboy a inclus en bonus, sur un deuxième Cd, trois morceaux de son groupe de fous furieux : Turbonegro. Notamment  ce « Destroy All Monsters » enregistré exclusivement pour cette BO. Sympa, mais un peu trop décapant par rapport au reste de l’album.

 

Mystic Prophecy

Fireangel

Écrit par

On n’avait pas donné cher de la peau à Mystic Prophecy quand, après l’enregistrement de ses deux derniers opus, la presque totalité du groupe avait pris la poudre d’escampette. Mais, c’était peut-être aller un peu vite en besogne que d’enterrer le groupe gréco-germain car Roberto Dimitri Liapakis, le vocaliste et dernier membre originel du combo, n’avait pas baissé les bras pour autant. Et bon sang, il a eu raison !

Fort de ses quatre nouveaux membres, Mystic Prophecy est parvenu à concocter un album de power metal ultra heavy au son résolument moderne. Tout simplement en mélangeant heavy metal classique et trash old school. Produit par Liapkis en personne et mixé par Frederik Nordström (In Flames, Arch Enemy,…) ce « Fireangel » est une véritable tuerie.

Dès le premier titre « Across the gates of hell », on comprend que le groupe a décidé d’en découdre. Le son des guitares est massif. Définitivement trash, tandis que les parties vocales distillent de puissantes mélodies. On est loin ici du heavy metal mollasson bourré de clichés de Hammerfall et compères. Ici, la puissance n’accorde de concessions qu’à la mélodie. Quant à voix de R.D. Liapakis, elle évolue dans un registre proche de Bruce Dickinson et parfois de Tom S. Englund, le frontman d’Evergrey.

Chaque titre de « Fireangel » est un hymne au heavy metal. Des sections rythmiques sauvages au son puissant, des refrains mémorisables chantés en chœur, des soli de guitare majestueux : tout est réuni pour démontrer, une nouvelle fois, que le metal classique n’est pas un style moribond et qu’il a encore de beaux jours devant lui.

« Fireangel » l’une des plus grosses claques du heavy metal classique européen depuis la sortie de l’excellent « Book of Heavy Metal » de Dream Evil en 2004. C’est vous dire !

 

Ohbijou

Beacons

Écrit par

Bella Union est un label que j’apprécie tout particulièrement. J’en suis même devenu un fan. Surtout depuis la parution du premier album de Midlake, en 2004, « Banman & Silvercock ». Un disque qui demeure à mes yeux et mes oreilles encore et toujours un sommet quasi-inaccessible des années 2000… C’est la raison pour laquelle je reste attentif à la moindre sortie enregistrée sur ce label texan. Et puis, l’écurie nous a permis de découvrir des artistes ou des groupes comme Fleet Foxes, Andrew Bird et tout récemment, les excellentissimes Wavves (dont on reparlera probablement bientôt).

Si Ohbijou s’inscrit dans la lignée indie-folk du catalogue de Bella Union, il faut reconnaître que par rapport aux artistes susvisés, la musique évolue un cran au-dessous. « Beacons » constitue leur second opus ; il fait suite à « Swift Feet for Troubling Times » publié en 2006.

Ohbijou est avant tout le projet porté par Casey Mecija, une jeune Canadienne de 27 ans. Elle est accompagnée de sa sœur Jennifer et s’est également adjoint les services de cinq musiciens se partageant le banjo, le violon, la mandoline, le piano, le glockenspiel, l’harmonica et la basse. On est donc en présence d’un sextet de pop orchestrale. Vous l’avez compris, la musique d’Ohbijou est très instrumentée ! Les Torontois pratiquent un cocktail de folk, de pop et de bluegrass. Casey est fan de Julie Doiron, elle affirme s’en inspirer et cela s’entend. L’instrumentation constitue à la fois la force et la faiblesse de « Beacons’ ». Si le tout s’avère parfaitement exécuté, la pléthore de moyens confère uniformité, confusion et monotonie à l’ensemble. Heureusement la voix quasi-enfantine de Casey Mecija apporte un plus d’âme aux morceaux et transcende d’ailleurs certains d’entre eux. « Black Ice » et sa belle intro ainsi que « Memoriam », caractérisé par son crescendo final, constituent à mon sens les points d’orgue de l’album. Les mélodies sont joliment tissées (quoique pas toujours originales ou fédératrices) sur la longueur et magnifiquement portées par la voix chaude et naïve de Casey Mecija. Les lyrics abordent les difficultés des relations romantiques dans le chaos des grandes villes occidentales. L’ambiance hésite constamment entre le joyeux et l’amer…

Le site web de la BBC décrit Ohbijou comme la version indie d’Alanis Morissette. Je ne sais pas si c’est réellement flatteur mais c’est en tout cas relativement juste. Personnellement, j’y verrai plutôt la version féminine et un peu moins habitée de ses compatriotes de Woodpigeon ou une adaptation moderne de Clare & The Reasons.

 

Powersolo

Bloodskinbones

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A première écoute, on a l’impression que Powersolo nous vient des States. Pas du tout ! Il faut d’ailleurs regarder plus au Nord-est sur une carte du monde, pour trouver le berceau d’origine de ces allumés : le Danemark ! Aussi étonnant que cela puisse paraître, ces faux Ricains possèdent toutes les caractéristiques pour semer le doute : patronyme, tatouages à outrance, etc. ; bref le portrait parfait d’un groupe rock-garage né sous la bannière étoilée.

Découpé en 12 plages, aucune n’excédant les 3 minutes, « Bloodskinbones » libère, dès les premiers accords, un son bien bâtard digne des Black Lips. Des morceaux bien lourds triturés par des distos sauvages qui rivalisent d’audace et d’énergie au sein d’un univers psychobilly, sis aux confins du punk rock satanique. Le tout en 30 minutes. Et elles passent vite ces minutes. Tellement rapidement, qu’une deuxième écoute s’impose aussitôt, afin de mieux comprendre ce qui vient de nous tomber sur la tête. Et vu le poids du bloc, on suppose qu’il s’agit d’une enclume. Pratiquement inconnu chez nous, Powersolo n’est pourtant pas à son coup d’essai. Ce dernier opus est le quatrième des lascars et n’a rien à envier aux précédents. Excellent de bout en bout, « Bloodskinbones » nous entraîne dans les catacombes du rock pour y dessiner, sur nos crânes, la ligne qui servira à la trépanation. Le cerveau en main, la langue pendante et les oreilles en chou-fleur, il ne reste plus qu’à attendre l’apocalypse. Un regret : les dates de concerts de Powersolo sont plutôt rares dans nos contrées…

 

Rhino Bucket

The Hardest Town

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Rhino Bucket a souvent été accusé de plagier AC/DC et, « The Hardest Town », le septième album de ce groupe originaire de Los Angeles ne va probablement pas changer la donne.

Rhino Bucket sonne comme AC/DC. On ne peut pas le nier ; et la voix de Georg Dolivo est souvent proche de celle de Bon Scott. Pour ce nouveau Cd, le combo s’est assuré les services de Brian Forsythe, le six-cordiste de Kix, pour s’occuper des lead guitars et de Simon Wright, l’ancien batteur d’AC/DC, pour marteler les fûts.

Rhino Bucket plagie-t-il AC/DC ? Personnellement, je ne me pose pas la question de cette manière. Est-ce que je prends autant mon pied à écouter « The Hardest Town » qu’un vieil  album d’AC/DC ? Voilà la bonne question à soulever. Et là, la réponse est oui. 100% oui.

Comment ne pas taper du pied a l’écoute de « Know my name », « Dog don’t bite », ou « Your’re gone » ? Comment ne pas mimer Angus Young en jouant de la ‘air guitar’ sur « Justified », « The hardest town » ou « To be mine » ? Comme la musique de son groupe fétiche, celle de Rhino Bucket est un irrésistible appel à la bonne humeur.

Alors, si « High Voltage », « Power Age » et « Highway to Hell » sont vos disques de chevet, jetez vous sur « The Hardest Town », vous ne serez pas déçus.

 

Sleepy Sun

Embrace

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Le rock psychédélique est né au cours des sixties. Sans doute sous l’influence de certaines drogues hallucinogènes, de jeunes chevelus envoûtaient leur public à l’aide de rythmiques hypnotiques et de mélodies répétitives et pénétrantes. Les groupes les plus représentatifs de l’époque n’étaient autres que Grateful Dead, Pink Floyd, Jefferson Airplane, Love et j’en passe. Puis, pendant deux décennies, le psychédélisme s’est confiné dans la zone crépusculaire de l’underground, remontant à la surface au milieu des 90’s, sous l’impulsion de formations yankees comme The Dandy Warhols ou Brian Jonestown Massacre. Et au cours des dernières années, ce style musical a refait florès. On peut même dire qu’aujourd’hui, les artistes ou formations qui s’en réclament pullulent (NLDR : sans oublier les vétérans qui font de la résistance comme les Fuzztones). Dans la mêlée, j’épinglerai All The Saints, Black Mountains, Black Angels et les Dead Meadows. Car il n’est pas toujours facile de séparer le bon grain de l’ivraie. En tenant compte que la musique de certains ensembles du style tient plus ou moins la route. Et Sleepy Sun se situerait plutôt du côté des bons sans jamais toutefois réussir à atteindre les maîtres du genre.

Une chose est sûre, le sextuor américain (NDR : de San Francisco, en Californie, pour être plus précis) a dû énormément écouter de musique psychédélique pour concocter une solution sonore pareille. Et pour cause, leur moyenne d’âge est de 22 ans. Ils sont peut-être même allés fouiller dans les vinyles de leurs parents, voire de leurs grands-parents. Bref, chez Sleepy Sun on retrouve toutes les caractéristiques du genre : guitares wah-wah, fuzz gonflés à bloc, soli dégoulinants (« New Age ») mais pas trop, les rythmiques lourdes et lentes ainsi que les vocaux réverbérés (NDR : pour la circonstance celles de Rachael Williams et Bret Constantino). Tout y passe. Sleepy Sun a quand même le bon gout d’ajouter ponctuellement l’une ou l’autre nuance. A l’instar de « Snow Goddess ». Plus americana. A cause de cette subtile ligne d’harmonica apportée par Constantino. Et puis lors de l’une ou l’autre ballade au cours desquelles le piano occupe une place plus importante (« Lord » ou « Duet with the Northern sky »). Bref, si vous aimez le revivalisme psychédélique, vous ne pouvez passer à côté de cet « Embrace » ; même s’il n’atteint pas les sommets bien gardés par les Black Mountains et consorts.

 

Rod Piazza

Soul monster

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Parmi les bluesmen blancs, Rod Piazza est sans doute celui qui possède la plus solide expérience. Et pour cause, il compte déjà la bagatelle de 44 années de carrière. Ses débuts, il les a accomplis au sein du Dirty Blues Band, avant de passer chez le Bacon Fat, en compagnie de son mentor, l'harmoniciste noir Georges Smith, un ancien du Muddy Waters Band! Il y a également trois décennies que Rod est aux commandes des ses Mighty Flyers, aux côtés de sa charmante compagne, Honey Alexander. Au cours des dernières années, son nom a davantage été mis en vitrine ; et notamment depuis la sortie de son précédent opus, "Thrillville". La formation répond donc aujourd’hui au patronyme de Rod Piazza & The Mighty Flyers Blues Quartet. Honey double maintenant les claviers et les parties de basse, alors que le reste du line up est identique ; c’est-à-dire le guitariste Henry Carjaval et le batteur Dave Kida. Invités lors de la sortie de la confection de l’opus précédent, les saxophonistes Jonny Viau et Allen Ortiz sont apparemment de plus en plus intégrés à l’ensemble.

Instrumental, "Soul monster" ouvre la plaque. Rod empoigne son harmonica chromatique. Le tempo est funky. Dommage que la basse soit assurée par les pédales du clavier de Miss Honey ; le résultat manque manifestement de chaleur. Si le couple Piazza est capable de composer ses propres chansons, c’est un domaine que Rod a rarement privilégié, préférant reprendre des canons du blues. Le quartet attaque le "Can't stand to see you go" de Jimmy Reed ; un compo imprimée sur un mid tempo. Les interventions de Honey au piano sont judicieuses. Voire même brillantes. A l’instar de la superbe cover du "Key to the highway" qu’on attribuera à Big Bill Broonzy. Le notoire "Queen Bee" de Slim Harpo évolue sur un rythme soutenu que renforce les sax de Viau et Ortiz. Un véritable rouleau compresseur ! L’adaptation du "You better watch yourself" de Little Walter est particulièrement dynamique. Ce grand souffleur de Chicago est bien entendu l'un des grands maîtres de notre Californien ; et cela s'entend! Dave Kida excelle aux percus sur "Cheap wine", un excellent r&b qui baigne dans l'ambiance festive de la Nouvelle Orléans ; une plage au cours de laquelle les deux sax ténor épaulent remarquablement leur leader. Instrumental tonique voire agressif, "Sunbird" est issu de la plume de George ‘Harmonica’ Smith, une autre inspiration majeure de Piazza. Et l’exercice de style est parfait ! Le Blues Quartet aborde enfin le west coast blues, lors de la reprise du "That's what's knockin' me out" de Jimmy Liggins. Dommage encore qu'une basse acoustique ne soit pas venue amplifier le groove. "Tell me about it Sam" est la plage qui m’a fait le plus flasher. Un blues lent, bien imprégné de l’esprit texan. Issue de la plume de Rod, elle avait été écrite en souvenir d'un concert accordé à Syracuse (New York), en 1992, lorsque Sam Myers avait rejoint l’équipe sur les planches. Piazza met toute son âme pour rendre ce brillant hommage au souffleur noir disparu, devant un Carjaval rageur et brillant. Autre instrumental, "Expression session" est une autre compo signée Piazza. Faut dire que dans ce domaine, il est excellent. Notamment, quand ce thème est destiné à mettre en exergue ses interventions à l’harmonica. La bonne surprise nous vient de Carjaval au chant. Il se réserve donc les vocaux pour deux plages. Tout d’abord un "Ko ko Mo (I love you so)" très saignant, pimenté d’accents latinos, et une version du "Talk to me" de Joe Seneca, une ballade imparable, très fifties dans sa conception. De bonne facture, cet opus s’achève dans une ambiance festive par "Hey Mrs Jones", un morceau au cours duquel Mr Viau se réserve une brillante démonstration au saxophone…

 

Sonic Youth

The Eternal

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Sonic Youth a donc quitté Geffen pour rejoindre le label indé Matador, une écurie au sein de laquelle militent notamment Yo La Tengo, Mogwai, Belle and Sebastian, The New Poronographers ou encore Cat Power. Une décision fort logique, quand on sait que l’objectif principal de la formation new-yorkaise, malgré un certain succès commercial, n’a jamais été à caractère lucratif. Et à contrario, une major vise d’abord la rentabilité. Exit Jim O’Rourke (il avait participé aux enregistrements des trois derniers elpees et même aux tournées correspondant à cette époque), et bienvenue à l’ex-bassiste de Pavement, Mark Ibold. Le line up du groupe se maintient donc à la formule du quintet.

« The eternal », constitue le 16ème album studio du combo, en 28 années d’existence. Un disque habillé d’une superbe pochette illustrée par une toile du guitariste légendaire John Fahey. Impliqué dans le mouvement no wave à ses débuts, Sonic Youth s’est progressivement orienté vers le noisy rock avant de glisser progressivement vers la noisy pop. En fait, si l’aspect expérimental a toujours été présent dans leur création (NDR : suffit d’écouter leurs projets solo pour en être convaincu), le sens mélodique est devenu de plus en plus palpable. Paru en 1990, « Goo » reflète le sommet de leur concession à l’accessibilité. Puis, progressivement, le band va privilégier les compos construites sur un fragile équilibre entre pop et rock bruitiste. En apportant de subtiles nuances à chaque nouvel opus. Et c’est à nouveau le cas sur « The eternal ». Des contrastes qui peuvent osciller de la rage (NDR : les vocaux possédés de Kim Gordon sur les sauvages « Sacred trickster » et « Calming the snake ») au confessionnel (NDR : ses chuchotements et une guitare rythmique acoustique sur les 9’ du languissant « Massage the history), en passant par la frénésie (NDR : le nerveux et fulgurant « What we know », chanté par Lee Ranaldo) et la douceur (NDR : la fluidité mélodique de « No way » ainsi que les harmonies vocales ‘byrdsiennes’ sur  l’alangui « Walkin blue »). L’intensité électrique n’est évidement pas négligée (NDR : ces échanges de cordes effilés, tranchants, sur « Leaky lifeboat ») et les inévitables envolées atmosphériques, cosmiques voire psychédéliques sont toujours aussi susceptibles de se déstructurer et de s’achever dans un chaos imprévisible ; les drums tribaux de Steve Shelley communiquent cette forme de pulsion primitive et puis Kim et Thurston chantent plus régulièrement les vocaux, enfin le plus souvent sous forme de question/réponse. Pourtant, et je ne sais pas trop pourquoi, j’ai parfois l’impression que le spectre de The Fall plane sur plusieurs compos de cet elpee. A cause de ce climat à la fois redoutable et incantatoire qui filtre parfois insidieusement à travers la mélodie. Amusant car il m’est déjà arrivé de dénicher des références à Sonic Youth dans la musique de la bande à Mark E. Smith…

Un bouquin consacré à Sonic Youth vient également de paraître. Ecrit par Colin Barbier, il est paru aux éditions Thélès. Son titre : « Sonic Youth ou les Singularités musicales ». Etudiant le rapport entretenu entre l’improvisation et le matériau musical, il est partagé en deux parties. La première traite des influences et la seconde de la pratique. L’auteur s’appuie sur trois groupes pour justifier ses propos : Sonic Youth (rock indépendant), Aphex Twin (musique électronique) et Mogwai (post-rock) dont il détaille le fonctionnement entre 1997 et 2002. Il aborde ensuite le thème de l’écriture, compare les sonorités et montre les spécificités de chacune. Il propose enfin une réflexion sur ce qu’est la pratique de la musique et d’un instrument. Au départ, ces textes sont deux mémoires de philosophie de l'art soutenus à la Sorbonne. Destinés aux initiés mais aussi à tous ceux qui s'intéressent à l'univers musical et à la création, ils proposent des définitions claires et précises, ainsi que de nombreux exemples. Ils s'adressent donc à un public de professionnels, mais aussi d'étudiants ou d'amateurs. Colin Barbier vit à Paris. Ancien saxophoniste du groupe Gypsophile, il a organisé d'importantes sessions d'improvisations. ‘Sonic Youth ou les Singularités musicales’ est son premier essai. (Prix : 18,90 €)(d’après communiqué de presse)

Pour plus d’infos : http://www.theles.fr/editions-Theles/auteurs/colin-barbier_948