La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

logo_musiczine

Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26654 Items)

Ardentes 2009 : jeudi 9 juillet

Écrit par

Les portes de la quatrième édition de l’électro rock festival de Liège se referment sur les 57.000 visiteurs du bord de Meuse. Malgré le sismographe arrêté, des effluves de musiques mêlées ondulent encore sur les vagues du fleuve. Jeune festival aux ambitions grandissantes, les Ardentes affichent un bilan 2009 globalement positif. Les caprices météo et les annulations en série n’ont pas réussi à jeter des ombres sur l’événement : la diversité sonore et l’originalité de la programmation ont séduit un large public. Entre groupes accomplis et découvertes, les Ardentes 2009 nous offrent à entendre un large éventail musical s’ouvrant et se fermant de 13h00 à 06h00.

Faisant fi de tout clivage musical, le festival invite sur scène des formations aux univers divers, quelquefois divergents, qui se conjuguent et s’entremêlent sur un site et trois scènes. Ainsi, la HF 6, scène indoor tamisée de clairs-obscurs aux atmosphères moites, nous invite à fouler le pavé romain du sentier des saveurs pour nous plonger dans les ambiances lumineuses de l’Open Air. La nuit tombée, le public serpente massivement vers le brumeux Aquarium où se noient, à foison, images et sons électro. La cité ardente ne dort jamais et le festival en est le reflet.

La  programmation 2009 surprend par son éclectisme et conjugue un public de tous les  horizons musicaux. Cette diversité sonore est certainement à l’origine du succès précoce rencontré par le festival liégeois. Sans afficher complet, les genres musicaux se distillent intelligemment sur les quatre jours, et l’affluence s’équilibre en fonction des goûts musicaux. On observera principalement deux catégories de public : les festifs et les amoureux de la musique. Ce phénomène peut aisément se lire en filigrane sur la grille de programmation.

Ainsi, le vendredi et le samedi aux horaires insomniaques mettront, très à propos, l’accent sur une scène Rap et électro délibérément entraînante invitant les festivaliers à la danse. Un souffle sonore se promènera sans interruption de l’Open Air jusqu’à l’Aquarium de 13h00 à 06h00. Jours interminables qui érodent souvent l’attention du spectateur lors des performances de l’après-midi.

Le deuxième axe –jeudi et dimanche– se focalise davantage sur la qualité des groupes programmés. Une dense concentration d’artistes confirmés fait subtilement place à la découverte. Pas d’étiquette pour les Ardentes : Julien Doré se glisse discrètement entre Sharko et Supergrass tandis que Kid Cudi affronte Emilie Loizeau et Mogwai introduit le Grandmaster Flash !          

Le succès du festival repose précisément sur cette diversité des genres où se côtoient rock, electro, hip-hop, house, techno, drum'n'bass, soul, chanson française, folk, pop… Ce brassage peut déplaire aux puristes mais porte ses fruits. Les Ardentes se portent de mieux en mieux et affichent une sérénité digne des grands festivals de l’été et, cela, après sa quatrième édition seulement. Fabrice Lamproye porte d’ailleurs un regard serein sur l’événement : ‘malgré une conjoncture difficile, des annulations sur lesquelles nous ne reviendrons plus et une météo capricieuse, le bilan est positif’. Bilan qui justifie amplement les investissements opérés par les organisateurs et le remaniement des infrastructures.

Jeudi 9 juillet.

13h10 : le festival ouvre ses portes et accueille les premiers visiteurs sous le son cuivré de 40 tubas et trombones. Le site accueillera onze mille festivaliers pour ce premier jour. Au menu principal : Thomas Fersen, Mogwai, Emiliana Torini, Grandmaster Flash…   

The Bony King of Nowhere ouvre tendrement les hostilités. Digne représentant de la prolifique scène gantoise, le groupe chatouille de sa plume douce et aérienne la plaine et les oreilles des premiers arrivants. Les jeunes Gantois aux visages de poupon nous livrent en toute élégance et simplicité une pop tout en douceur. Le groupe est venu confirmer, de la sorte, ses performances préalablement remarquées à l’Ancienne Belgique et lors des Nuits du Botanique en mai dernier.

Malgré la polémique suscitée autour d’Orelsan et sa déprogrammation des Francofolies de la Rochelle, le nouveau rappeur français en vogue est bien présent sur la scène principale des Ardentes. Ses textes, aux relents misogynes et souvent de mauvais goût, n’empêchent pas le moins du monde les ados, présents en nombre sur la plaine, de ‘jumper’ sur les airs du jeune Caennais.    

Deux heures ont suffi pour imprimer le ton dominant des Ardentes 2009 où s’entremêlent pop/rock, rap et électro. Ainsi, la programmation nous invite à investir la HF 6 pour y découvrir les excellents Get Well Soon. Remarqué lors d’une première partie de Calexico à l’Ancienne Belgique, le groupe berlinois compte vraisemblablement parmi les révélations électro/pop de l’année 2008. Projet musical articulé autour du surdoué allemand Konstantin Gropper, il nous convie à découvrir son premier elpee « Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon ». La formation nous entraîne vers des eaux troubles mais hypnotiques. Une atmosphère éclipsée par des stroboscopes blancs qui plongent le spectateur dans le décor grenu et sombre d’un bon film en noir et blanc. Une substance musicale atmosphérique traversée par des éclairs de guitare en colère qui finissent par électriser la salle de sons noisy stridents. La voix de Gropper aux inflexions multiples, oscillant de Thom Yorke à Leonard Cohen, nous livre les clefs d’une pop/rock furieusement lyrique, tragiquement romantique. La HF 6 rencontre d’emblée l’un des meilleurs moments électro/pop de ce festival.  

Après un Herman Dune insipide et un Joshua sans éclat, la délicieuse et pétillante Emily Loizeau gravit les marches à son tour. Du haut de son perchoir et vêtue d’une magnifique robe blanche, l’ange franco-britannique nous livre un set qui vous caresse les oreilles et vous invite à quelques jolies balades champêtres. Une image pleine d’élégance et de sagesse comparable à celle d’une Camille endolorie. Un peu trop sage peut-être…

La nuit tombe sur l’inclassable Thomas Fersen. Vêtu de sa plus belle robe de mariée, le chanteur fou nous engage à pénétrer son univers surréaliste. Affichant son habituelle nonchalance ‘surjouée’, le poète du quotidien nous abreuve de paroles sur des airs de variété française ingénieux. Fidèle à lui-même, il distille des mots acides et verse dans l’autodérision avec beaucoup de talent. La chanson française est à la fête et s’accompagne d’ukulélés, de tambourins, de contrebasses... Rien de sérieux, en somme. C’est là la touche personnelle de Thomas Fersen et cette légèreté insolente touche.

Pas le temps de terminer la dernière valse Fersen. Le son guide irrépressiblement nos oreilles vers la HF 6 préalablement chauffée par Metronomy. Sur scène, rien de moins que les talentueux Ecossais de Mogwai. Valeur sûre de la scène post-rock qui nous avait, néanmoins, déjà déçus par le passé en affichant des sets trop atmosphériques virant parfois à l’ennui. Ce jeudi soir, les Glaswegiens avaient résolument décidé de faire exploser tous les sismographes liégeois. Le voyage électrique commence et nous plonge dans un univers de sons d’une pureté enivrante. La collision des sons est jugulée, la substance sonore distillée savamment. Guitare en avant, la gifle noisy s’élève crescendo,  en bourrasque, brisant les mélodies les plus calmes pour s’élever à un degré de saturation parfaitement contrôlé et justement dosé. Le spectateur en lévitation vibre de sueurs électriques, le mur Marshall lève encore de la voix pour un final explosif. Mogwai, une expérience vivement déconseillée, voire interdite, par tout ORL qui se respecte.

C’est le cerveau embrumé et les tympans dévastés que nos corps prennent la direction de la plaine où Emiliana Torrini est chargée de remplacer la très attendue Lauryn Hill et de clôturer la soirée Open Air. La chanteuse islandaise nous livre un set tout en douceur aux inflexions vocales propres aux chanteurs scandinaves qui invitent subtilement au voyage. Sous une pluie battante, le groupe scandinave prend des allures féériques. Un trip hop délicat et léger qui berce nos sens dans la magie pure du son. Un final agréable mais bien trop calme pour la main stage.

On retrouve très rapidement la foule qui avait déserté Emiliana Torrini, dans l’HF 6 où, parallèlement, le mythique groupe new-yorkais de Grandmaster Flash est tout simplement occupé de mettre le feu au dance floor. Un indoor comble et volcanique aux têtes sautillantes sur les ‘tubesques’ morceaux de Joseph Saddler, pionnier du rap, du hip hop, du scratch et du remix. Enfin, Sonar envahit à son tour une salle déjà incandescente pour clore cette première journée.

Ce jeudi 9 juillet se referme sur un paysage musical kaléidoscopique éclairé principalement par trois prismes : les talentueux Allemands de Get Well Soon, les très électriques Ecossais de Mogwai et le volcanique Grandmaster Flash… 

(voir aussi notre section photos)

Lou Barlow Incognito

Écrit par

Le nouvel album de Lou Barlow paraîtra ce 5 octobre. Intitulé « Goodnight Unknown » il a notamment reçu le concours de Dale Crover des Melvins, de son collaborateur de longue date, Imaad Wasif (Yeah Yeah Yeahs, Alaska!) et de la vocaliste Lisa Germano. L’elpee a été mis en forme par Andrew Murdock. Flanqué des Missingmen c’est-à dire le guitariste Tom Watson et le drummer Raul Morales, Lou partira en tournée, dès cet automne, en assurant la première partie de Dinosaur Jr.

Tracklisting

1. Sharing
2. Goodnight Unknown
3. Too Much Freedom
4. Faith In Your Heartbeat
5. The One I Call
6. The Right
7. Gravitate
8. I’m Thinking…
9. One Machine, One Long Fight
10. Praise
11. Take Advantage
12. Modesty
13. Don’t Apologize
14. One Note Tone

Pour plus d’infos : http://www.loobiecore.com

 

Fuck The Facts en vinyle !

Écrit par

Relapse Records sortira le bientôt une édition limitée en vinyle noir ou blanc de l’album « Disgorge Mexico » du groupe death metal/metalcore Québecois Fuck The Facts. Il est possible d’écouter quelques extraits du LP sur la page MySpace du combo : http://MySpace.com/FuckTheFacts

 

The Who

Who are you + The kids are alright

Écrit par

Universal propose, pour l’instant, toute une série de compacts discs à prix ‘budget’. Le Who fait partie de cette campagne. Et le disque qui nous concerne ici réunit « Who are you », paru à l’origine en 1978, trois semaines avant le décès de son drummer Keith Moon ainsi que la bande sonore de « The kids are alright », sortie en 1979.

Pour « Who are you », c’est la version extended remasterisée qui nous est ici proposée. Elle avait été rééditée en 1996, enrichie de 5 bonus tracks. Si le disque n’est pas incontournable, il recèle quand même un fort intéressant « Music must change » chanté par Pete Townshend et puis surtout le titre maître, dont la version single se défendra honorablement dans les charts UK et US.

« The kids are alright » est une B.O. consacrée à leur histoire. Immortalisé ‘live’, il a été réalisé sur invitations au théâtre Kilburn State à Londres. Plus intéressant, son tracklisting épingle de grands classiques comme « My generation », « Magic bus », « Happy Jack », « I can see for miles », « Baba O’Riley », Pinball Wizard », « See me feel me » ou encore « Won’t get fooled again ». Dans des versions enregistrées en public. De quoi en mettre suffisamment plein les oreilles aux aficionados du mythe britannique…

 

Sharko

Dance on the Beast

Écrit par

Qui aurait pensé après une victoire décrochée au concours circuit en 1997, que David Bartholomé deviendrait une figure incontournable de la scène belge ? 10 ans après leur premier album « Feuded », David, Teuk Henri et Charly De Croix (nouveau batteur) nous invitent à danser et à célébrer la bête sur leur cinquième opus « Dance on the Beast ».

Coréalisé durant l’été 2008 en compagnie du tyrannique mais non moins talentueux Dimitri Tikovoi (Goldfrapp, Placebo, Horrors…) et enregistré entre les studios londoniens de Flood (producteur de U2, Depeche Mode, PJ Harvey, Soulwax…) et Bruxelles, ce dernier album gagne en maturité et professionnalisme. 

Le journal, rédigé lors de la production de l’album (www.sharko.be), nous apprend beaucoup sur les intentions du leader du groupe. L’esprit de « Dance on the Beast » se présente comme l’évolution logique de « Molecule ». Un album qui s’interroge sur le futur, sur les angoisses et les joies de l’auteur.

Plongé dans ses éternelles et instinctives (in)certitudes, David Bartholomé nous invite à un voyage initiatique visant à dompter, dominer et épuiser la bête. Exorciser et danser sur les  fantômes, les monstres qui l’habitent, qui nous hantent tous. Faire resurgir les peurs et les ombres du passé pour les combattre et leur rire au visage. Expérience au cœur de ses paradoxes, de ses stigmates en voie de guérison. La mise en mélodie de son hypersensibilité  nous enivre d’influx hypnotiques. L’impression de découvrir la lune à vélo dans un mouvement qui le soulève lentement de son plancher peuplé de souris noires. Onze morceaux évoluant entre anxiété et optimisme! Le clown triste de la formation bruxelloise n’est ‘pas toujours sagesse et maturité’, mais se rend compte, au fil du temps, qu’il ‘aime la vie finalement’ et compte la célébrer à travers ce dernier opus.

  A l’image du leader du groupe, « Dance on the Beast » se présente comme un album aux mille facettes : complexe, dense, aux influences éclectiques. Paradoxe et diversité dans lesquels le groupe parvient à trouver un certain équilibre. Sharko s’arrache au confort du coton et opte pour un changement et une évolution sonore. Cette métamorphose représente souvent une prise de risque et la formation bruxelloise marche sur ce fil onduleux sans jamais chuter.

Le dernier elpee s’ouvre rapidement à de nouvelles sonorités davantage électro-dance et ludiques. « Yo heart » et « Rise Up » se veulent plus dansants. Une sorte de ‘happy-happy / show-biz strass’. Morceau aux allures doucement disco-pop qui évoque parfois Zita Swoon. Une harmonie entre ombres et lumières réussie.

L’album se nourrit de sonorités diverses conjuguant la basse ronflante de Bartholomé et les riffs orageux de Teuk à d’autres instruments plus inhabituels. Ainsi, les compos sont colorées d’un vieux synthé Roland de 1971 et d’un Solina vintage. Le tout nous offre des sonorités nostalgiques et démodées aux couleurs ‘hypesques’.

« Horses », morceau inclassable, illustre bien le nouveau visage Sharko. La plage prend sa source sur un petit thème ‘Electro-Atari’ (NDR : intro ressemblant à s’y méprendre au générique du jeu télévisé Motus sur France 2) placé sous une grille d’accords gores et sombres. Après quelques percussions indiennes, viennent se greffer des claviers introduisant une langueur ‘lynchéenne’. Puis se terminent sur des impressions post-new wave. Etonnant ! La touche excentrique de Dimitri Tikovoi se fait ici lourdement entendre. Pour définir cet ovni, la description la plus fiable restera cependant votre oreille.

On remarquera également « Never the same » aux airs groovy couverts d’un synthé grinçant proche du bruit strident de la scie.

Malgré ces quelques innovations musicales et le très commercial « Since you called » aux guitares white funk, Sharko gagne globalement en maturité sans perdre de son âme.

Le superbe « 23 find we belong », suite de « Sweet Protection » présent sur « Molecule », et « Mouse/Animal/Facebook/Danger » posent un regard serein et critique sur l’avenir tout en préservant l’esprit initial du groupe.

La sensibilité cinématographique de David Batholomé et la patte d’Henri Teuk restent  présentes sur « Head » et le très orageux « Cinema Tech ». Remarquablement mixé par Peter Crosbie, ce délicieux côté bancal, bricolo, naïf propre au groupe demeure bien présent. Cet aspect se retrouve également sur « I’m so stupid… the things I did, I regret it ».

“Dance on the Beast” s’impose globalement par la plénitude acquise par la formation bruxelloise mêlant  naturellement et astucieusement l’ancien au nouveau.


 

Slow Club

Yeah So

Écrit par

Main dans la main, les amoureux Charles Watson et Rebecca Taylor ont été enrôlés par le label Moshi Moshi qui a fondu pour leurs petites ritournelles pop. Le Slow Club est une ligue exclusive, n’admettant dans ses rangs que les transis d’amour et les fleurs bleues. On y chante autour du feu, des marshmallows grillant doucement au-dessus des flammes. On s’y étreint passionnellement, le sourire aux lèvres. On y scande de belles phrases pleines de sens tandis que les autres écoutent attentivement. Parfois, on y a également le cœur brisé par des histoires qui se veulent poignantes (« There Is No Way To Say I’m Leaving You », « Sorry About The Doom »). Le Slow Club prévoit également un ‘coin décompression’ où chacun peut se lâcher comme il l’entend (« Giving Up For Love », « Because We’re Dead »). Mais, attention, toujours avec tenue. Les G.O. du Slow Club ne consent à aucun débordement. Aucun risque à ce niveau, le club n’étant composé que de ses deux membres fondateurs.

Aussi charmant soient-ils, Charles et Rebecca forment l’archétype même du couple qui se fait plaisir sans se rendre compte qu’ils emmerdent leur monde. « Yeah So », un recueil parcouru de mélodies simplistes et de vocalises exaspérantes, trônera probablement longtemps au-dessus de la cheminée des tourtereaux. On est content pour eux…

 

The Ukrainians

Diaspora

Écrit par

J’ai découvert les Ukrainians au début des 90’s. Et en particulier leur « Pisni Is The Smiths », un Ep au cours duquel la formation revisitait quatre classiques des Smiths. A l’instar de « Bigmouth strikes again », rebaptisé pour la circonstance « Batyar ». Ils s’étaient également produits dans des petits clubs du Borinage. A Mons et puis au Rockamadour. Devant à peine une dizaine de spectateurs. Et pourtant, leur prestation haute en couleurs reflétait un talent certain.

Fondé par l’ex-guitariste de Wedding Present, Peter Solowka, The Ukrainians est né d’une initiative de John Peel. Le célèbre animateur avait invité Peter à monter un groupe folklorique (la famille de Solowka est d’origine ukrainienne !) pour participer à une Peel Session de la BBC. Pour la circonstance, Peter avait invité le chanteur/violoniste Len Liggins et le mandoliniste Roman Remeynes ; David Gedge se limitant à la guitare rythmique. C’est même ce dernier qui va se charger des arrangements de leur premier album. Profitant de l’expérience acquise au sein de son ex-groupe, de l’aide de son ancien leader et encouragé par John Peel, Solowka pend goût à l’aventure et fonde les Ukrainians. Caractéristique des compos : tous les titres sont dans la langue de Viktor Iouchtchenko.

Le succès n’est pas au rendez-vous et malgré de fréquents changements de line up, la formation poursuit sa carrière. Après avoir sorti quatre albums, dont le quatrième « Kultura » voit le jour en 1994, le combo ne ressent plus le besoin d’entrer en studio, mais continue à se produire en ‘live’. Son retour sur disque sera d’ailleurs un opus immortalisé en public : « Drink to my Horse! The Ukrainians Live ». En 2001. « Respublika » ne paraissant qu’en 2002 !

C’est donc en manifestant un enthousiaste particulier que je me suis lancé dans l’écoute et la chronique de cd. En me repassant de bons souvenirs vécus au cours des 90’s ; et puis en me remémorant mes voyages à l’Est.

Titre d’ouverture, « Diaspora » aurait pu figurer au répertoire des Négresse Vertes ; mais en général, ce disque opère un savoureux mélange entre musique folklorique d'Europe de l'Est (NDR : très palpable sur le titre instrumental « Newilnyk Waltz ») et pop-rock d’Outre-Manche (« Marusya Bohuslavka »). « Panove Molodtsi », « Olenka » ou encore « Souveniry » en sont probablement les plus belles illustrations. Un disque qui s’achève par « Uhorsky Tanets », un morceau traditionnel sous-titré ‘Hungarian dance’.

Si « Diaspora » n’est pas toujours très abordable, il est de toute bonne facture. Dès lors, vu le succès de Beirut et autre Gogol Bordello, The Ukrainians a peut-être enfin l’opportunité de séduire le grand public. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

 

65daysofstatic

Escape From New York

Écrit par

Partis l’an dernier sur les routes pour défendre leur dernier opus, « The Destruction Of Small Ideas » (2007), 65daysofstatic reviennent secouer les tympans armés d’un premier recueil ‘live’. Loin des enregistrements publics pourraves qui n’apportent rien à la discographie d’autres formations qui s’essaient à l’exercice, « Escape From New York » administre une nouvelle intensité au travail des Anglais. Le son y est irréprochable. Seuls les applaudissements discrets renvoient au caractère ‘live’ de l’œuvre. De quoi apprécier celle-ci sans éléments parasitaires.    

L’enregistrement de « Escape From New York » a été effectué l’an dernier à New York, entre le Madison Square Garden et le Radio City Music Hall, deux hauts lieux de la culture musicale aux States. 65daysofstatic assurait alors les premières parties de The Cure. La volonté de faire vibrer un public différent de celui auquel le combo était habitué résulte sur une sélection de dix morceaux partagés entre passion et frénésie.

« Escape From New York » est enrichi d’un Dvd intitulé « A Road Movie » relatant en image les aventures du quatuor sur les routes ainsi que neufs extraits de concerts. Le documentaire, qui mêle interviews, archives, extraits de répétitions et de prestations ‘live’, est relativement moins excitant que les pistes audio et s’adresse essentiellement aux inconditionnels de 65daysofstatic. Au point de vue qualité, « Escape From New York » se suffit à lui-même…

 

Stéphanie Blanchoud

Insomnies

Écrit par

Malgré son air faussement juvénile, Stéphanie Blanchoud était vouée à la scène. Mais si ses premiers choix ont été opérés dans la comédie, elle s’est rapidement ravisée, pour se consacrer exclusivement à la musique. Depuis, elle truste les récompenses. De quoi rendre jaloux plus d’un concurrent. Ses prestations scéniques sont empreintes d’une grande fraîcheur. Elle parvient à y conjuguer légèreté, douceur et intimisme. Et à y déconcerter son auditoire. On lui a même permis d’assurer la première partie des grandes stars de la chanson française contemporaine. Une épreuve qu’elle a accomplie parfaitement en manifestant un grand professionnalisme et une fameuse détermination.

Deuxième opus, « Insomnies » baigne au sein d’un climat particulièrement énigmatique. Elle en profite pour adresser un camouflet à l’ironie et au sarcasme. Ses paroles coulent comme des gouttes d’eau sur la feuille matinale. A moins que ce ne soit des perles qui glissent lentement, patiemment, le long des pétales… Quoiqu’il en soit, le climat sonore est rafraîchissant. Sa voix est aguicheuse et suave. Elle susurre, se pose ou domine son sujet. Stéphanie soulève des questions et suggère même les réponses. Observatrice de ce monde, elle semble partager nos souffrances. Et cherche à les soigner. En posant ses lèvres douces et fragiles, comme si elles étaient sculptées dans une peau de pêche, sur nos blessures ouvertes. Stéphanie nous promet un monde plus beau ; là où l’espoir et l’érotisme seraient les seuls maîtres. Je lui adresse une révérence particulière. Pour sa classe. Pour la beauté de ses chansons. Pour ses réponses sans questions et ces nuits d’insomnies passées avec elle.

Stéphanie Blanchoud se produira aux Francofolies de Spa le 20 juillet 2009, en première partie de Bénabar, sur la scène Pierre Rapsat.

Elle sera encore en concert aux dates suivantes :

05/08 Le Réservoir – Paris • Les 10-11/08 Festival Porte Un Gallet – Ile de Ré • 18/08 Brussels Summer Festival • 25/09 CC Seraing • 26/09 La Vénerie – Bruxelles • CC Woluwé (multiartistes) • 16/10 Espace culturel Brassage – Jodoigne • 18/10 Samaritaine – Bruxelles • 30/10 Abbaye de Stavelot • 31/10 Théâtre de la Ruche – Charleroi • 14/11 Excale – Liège • 18/11 Waux Hall – Nivelles • 26/11 Music Village – Bruxelles

 

The Delano Orchestra

Will Anyone Else Leave Me?

Écrit par

Après Schuller et Montgomery, The Delano Orchestra se pose comme la troisième bonne surprise à épingler sur la scène musicale indie hexagonale. Et on n’en est qu’à la moitié de l’année 2009 !  Cette formation auvergnate émarge plutôt à une forme de folk rock. Elle évolue même à mille lieues de la pop sur-vitaminée de Phoenix ; néanmoins, on peut déjà considérer son premier elpee comme une belle réussite.

Cinématographique voire contemplative, l’expression sonore évoque les grands espaces américains. Et le concours de cuivres accentue cette impression. On a également parfois l’impression d’être en présence de post rock ; mais enrichi de vocaux dont le chuchotement peut paraître hanté. Les morceaux sont longs. Atmosphériques. Pas toujours facile d’accès. Le coup de foudre n’est pas immédiat ; mais si vous succombez au charme de leur musique, vous ne parviendrez plus à en décrocher. Les influences oscillent entre Elliott Smith, Low, Sigur Ros et Sparklehorse. L’émotion est omniprésente. Parfois bouleversante. Tour à tour ténébreuse, mélancolique. La très belle voix plaintive d’Alexandre Delano y baigne comme un poisson dans l’eau. Parmi le tracklisting, j’épinglerai quand même « The Escape » ; une compo de huit minutes dont la superbe finale conjugue envolée de cuivres et intensité électrique. Dommage que les derniers morceaux de l’elpee tirent parfois en longueur. 

The Delano Orchestra relève de la structure coopérative Kütü Folk, un label issu de Clermont-Ferrand au sein duquel Alexandre Delano est impliqué. Une totale liberté est accordée aux artistes signés par l’écurie. Un objectif ambitieux destiné à ne pas étouffer l’originalité. Un bel exemple : La pochette de « Will Anyone Else Leave Me? » a été cousue à la main (NDR : Kütü = coud tout ?).

Et pour que votre info soit complète, sachez que le label Kütü Folk abrite également des talents en devenir comme St-Augustine ou Leopold Skin. Qu’on se le dise !

Disko Drunkards

The Glimmers present Disko Drunkards

Écrit par

Le duo électro gantois The Glimmers a mis sur pied une dream team du rock belge en réunissant des membres et ex-membres de dEUS, Soulwax, Vive La Fête et Millionaire : les Disko Drunkards. Un projet original par sa conception, car chaque morceau a été finalisé en un jour ; mais aussi (et surtout) car ce disque est uniquement distribué lors des concerts de la formation. Gratuitement ! Une philosophie encore marginale, adoptée pourtant par Prince depuis un certain temps ; mais qui risque de bientôt de faire des émules.

Côté musique, les douze morceaux concoctés par l’équipe de choc rendent hommage au disco, à la No Wave new-yorkaise du début des années 80 ; mais aussi à l’électro pionnière de Télex. Une musique assez minimale traversée de vieux synthés analogiques et entièrement construite autour du duo basse-batterie. Quelques onomatopées et de rares paroles balaient de temps en temps le paysage sonique. Tout n’est certes pas très réussi comme l’affreux « Dans le Mille » réminiscent de Marc Lavoine ; mais quelques titres valent vraiment le détour. A l’instar de « Kookoo » très proche de Liquid Liquid. Sans oublier le très dansant « Oh Oh Oh » et également un « Picture » hanté par Telex. Les Drunkards se fendent aussi d’une très belle reprise de « Physical » d’Olivia Newton John, où le chant en falsetto de Tim Vanhamel fait merveille. Le reste sonne comme la bande son funky d’un film de science fiction allumé et sexuel : pas désagréable, certes, mais plutôt anecdotique.

Iron & Wine

Around The Well

Écrit par

L’ami Sam Beam est de retour. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, c’est carrément un double album qu’il nous propose. Curieusement intitulé « Around The Well », il opère une parfaite osmose entre douceur et chaleur. L’élément indispensable à tout homme qui garde en lui, une once d’humanité. Il ne s’agit pas pourtant pas d’un véritable ‘nouvel’ opus, mais plutôt d’un cadeau que nous réserve Sam, en réunissant les chutes d’albums précédents. Et puis de reprises plutôt cocasses.

Sur le premier cd, Sam Beam se la joue en solo. De sa voix douce, il nous entraîne dans un univers proche du film Bagdad Café. Le climat est caniculaire. La route peu fréquentée. Un ventilateur ronronne. L’ombre est un espace privé et privilégié. Pour reproduire cette sensation, les compos ont été enregistrés dans une salle de bain transformé en home studio. On comprend mieux le climat.

Les reprises du « Peng ! 33 » de Stereolab, « Waitin’ For A Superman » des Flaming Lips et « Such Great Heights » de The Postal Service ne sont guère identifiables, tant elles ont été revisitées. Ce premier disque est minimaliste. Caressées, les cordes grincent et enchantent en même temps. De quoi nous laisser pantois.

La deuxième plaque nous replonge dans l’univers de « Shepherd’s Dog ». A cause de la précision des arrangements. Des chœurs. Et puis des différents protagonistes qui gravitent autour d’Iron & Wine. 12 plages qui témoignent du cachet unique estampillé par le songwriter. La version folk du « Love Vigilantes » de Joy Divsion est carrément alambiquée. On a parfois l’impression qu’Iron & Wine transforme, tout ce qu’il touche, en or. Faut dire que pour y parvenir, Sam manifeste une facilité désarmante. Et puis, pour ne pas gâcher l’instant présent, le bruit semble s’effacer. Comme par enchantement. Les harmonies sont en phase avec nos émotions. Iron & Wine prouve ainsi encore qu’en faisant simple, il parvient à atteindre le plus profond de notre for intérieur. Sans forcer.

Et comme si les onze premières plages ne suffisaient pas pour nous retourner comme une crêpe, « The Trapeze Swinger » pose la cerise sur le gâteau. Huit minutes bouleversantes, balayées de textes sublimes. A cet instant, on comprend qu’il n’y a qu’une chose à faire devant Beam et ses comparses : baisser la tête en marque de respect. « Around The Well » frise la perfection. Il rend au folk ce qu’il y a de plus beau : une âme.

 

John & Jehn

John & Jehn

Écrit par

Pseudonymes en forme de miroir, John & Jehn se reflètent à l’infini. Une relation symbiotique où deux corps fusionnent en une image artistique unique qui ne laisse pas l’auditeur indifférent. L’album se présente d’ailleurs comme l’avers et le revers d’une même pièce. Une face contenant cinq plages pour John, l’autre, cinq pour Jehn.

Elle, Camille Berthomier, clavier, voix, basse. Lui, Nicolas Congé, chant, guitare, basse. Le couple, à la ville comme à la scène, affiche une attitude sombre, stylisée et sensuelle. A l’image de The Kills, le couple s’harmonise ; le son et les voix s’épousent, s’entrelacent, fusionnent en pop.

Les french-lovers dandys exilés à Londres nous immergent subrepticement au sein d’un univers sombre et très visuel. Comme le décor granuleux d’un film de Godard, l’image imprime sournoisement nos cerveaux. La mise en abîme nous renvoie à une imagerie cinématographique. Des figures célèbres du septième art apparaissent en filigrane. On distingue Michel Piccoli et Brigitte Bardot dans « Le mépris » ou Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg dans « A bout de souffle ». Ces passions folles et ces déchirements amoureux inscrits dans des nébuleuses grisâtres. L’objet album offre d’ailleurs une esthétique très Nouvelle Vague accompagnée de photos de presse.   

John & Jehn ou la rencontre entre la Nouvelle Vague et la Factory d’Andy Warhol.

Ce premier opus ne renie jamais sa muse et marche élégamment sur les traces de ses prédécesseurs. Musique ouvertement héritée de Lou Reed et du Velvet Underground plongée dans un magnétisme électrique où la guitare se confond avec les boîtes à rythme et le Farfisa. Atmosphère lugubre où vient se poser la voix de Jehn aux inflexions multiples passant de Nico à celle de PJ Harvey (« Lady Spider »). Autres influences frappantes, britanniques cette fois, celles de Joy division et The Fall.     

Deux titres phares se distinguent des autres plages : l’excellent « 20 L 07 » et le très bon « DOM ». Le reste de l’album reste malheureusement linéaire et inégal en qualité. En outre, ce dernier présente quelques imperfections techniques (voix  décalées, structures laxistes…) Toutefois, les deux Hexagonaux réussissent à imprimer un style, une attitude nonchalante et désabusée. Un monde relativement hermétique décoré de paillettes et de strass. Les uns détesteront, les autres y adhéreront inconditionnellement.

Malgré les influences évidentes du Velvet Underground et de Joy Division, John & Jehn parviennent à créer leur propre monde musical. Minimaliste et puissant. Une musique magnétique et sensuelle affichant un romantisme désabusé. Un rock garage crasseux aux riffs qui montent en colère pour atteindre le larsen.

Hormis quelques imperfections de jeunesse, John & Jehn apparaît indéniablement comme un groupe en devenir.

‘Les amants du London Bridge’ se produiront ce samedi 11 juillet 2009 au festival des Ardentes de Liège.

 

Kokolo

Heavy Hustling

Écrit par

En activité depuis 2001, cette formation du Lower East Side de New York jouit d’une réputation flatteuse en ‘live’. Faut dire que ses concerts sont à la fois généreux et endiablés. A l’instar de nombreuses formations de ce type, les Kokolo ont édité une volée de 45 tours qui ont forgé leur réputation dans l’internationale du funk underground. Le thème de ce court (32 minutes) « Heavy Hustling » est simple : reprendre des titres du grand James Brown à la sauce afro beat, salsa et vaguement ragga. Kokolo prend de grandes libertés en interprétant des classiques tels que « Soul Power », « Please, Please, Please » ou encore « Think ». Les morceaux ne sont pas identifiables immédiatement, tant le travail de réécriture est majeur dans cet hommage. A l’arrivée, ces huit plages ne constituent sûrement pas la surprise de l’année ; mais sont susceptibles de faire passer un bon moment aux fanas de funk qui ne jurent que par Vampisoul et consorts.

 

The Lemonheads

Varshons

Écrit par

Après le retour réussi de Dinosaur Jr., un nouvel héros issu des 90’s vient de refaire surface : Evan Dando, le leader des Lemonheads. Il avait déjà tenté un comeback en 2006, lors de la confection d’un opus éponyme. Un disque passé plus ou moins inaperçu. Il nous propose aujourd’hui un album de reprises : « Varshons ».

The Lemonheads est une formation à géométrie variable. Evan Dando mériterait même de figurer au Guiness boook pour sa consommation de musiciens. A ce jour, dix bassistes et une douzaine de drummers doivent avoir transité par le line up…

Dernièrement, Evan Dando a déclaré qu’il n’aimait pas trop se sentir dans l’obligation de composer de nouvelles chansons. De répondre à un rythme d’écriture imposé par l’industrie musicale. De se résoudre à concocter des morceaux moyens. C’est sans doute ce que l’on déclare lorsqu’on est en panne d’inspiration. Et c’est ce qui explique probablement cet improbable long playing consacré à des reprises. Même Linda Perry (4 Non Blondes), Sam Opal et Leonard Cohen sont épinglés. Mais Stéphanie prend un soin tout particulier à rendre l’ensemble cohérent. Surtout dans son interprétation.

A première écoute, cet elpee m’a laissé dubitatif. Sauf le timbre vocal de Mr. Dando. Ce qui m’a permis de me laisser progressivement séduire par son contenu. Le quatuor introductif de « Varshons » est particulièrement réussi. Tout comme les covers de Wire (NDR : groupe de post-punk anglais mythique), GG Allin (NDR : punk rocker américain notoire pour ses lyrics scatologiques, décédé d’une overdose à l’âge de 37 ans) ou encore Townes Von Zandt (NDR : héros de la country alternative américaine, également disparu, mais en 1997). Sa version du « I Just Can’t Take It Anymore » de Gram Parsons est plus que respectueuse de l’originale. Elle est même fort proche. Faut dire que la voix d’Evan colle à merveille à cette ambiance trempée dans le country rock indie.

Charismatique, Dando est toujours parvenu à s’entourer de jolies filles. A l’instar du « Hey, That’s No Way To Say Goodbye » de Leonard Cohen, qu’il interprète impeccablement en compagnie de Christine Aguilera. De Kate Moss, également ; pour une adaptation de l’hymne euro-dance « Dirty Robot » d’Arling & Cameron, un obscur duo allemand d’électro kitsch. Probablement le morceau le plus insolite paru en 2009. Un hymne d’Euro Dance datant de 2001. Tout n’est pas parfait, mais l’ensemble s’avère de bonne facture. Surtout de la part d’un groupe dont on n’attendait plus grand-chose.

Produit par Gibby Haynes des Butthole Surfers et mixé par Anthony Saffery de Cornershop, cet elpee constitue une bonne surprise. Il synthétise toutes les influences accumulées par Evan Dando à ce jour et campe une petite récréation pour les Lemonheads tout en se révélant un plaisir pour nos oreilles. Rien de vraiment transcendant, mais de très jolies reprises susceptibles d’enthousiasmer.

 

Natty

Man Like I

Écrit par

Même si son surnom fait référence à Bob Marley, ce jeune Londonien ne se contente pas de recycler le ‘one drop’ de Marley pour concocter sa pop urbaine. Cet ingé de son de formation (et ancien ‘hip hopper’) s’est fait connaître en gérant un club de rock indie baptisé ‘Vibes and Pressure’ et en reprenant un titre de Vampire Weekend. Inhabituel et original pour un garçon qui se déclare rasta…

Natty est déjà une sorte de phénomène en Angleterre. Motif ? Des paroles ancrées dans la réalité qui parlent aux jeunes anglais de 18-25 ans. Les douze morceaux de « Man Like I » oscillent quelque part entre le folk du jeune Bob Dylan, la mélancolie urbaine de Day One ainsi que les ambitions pop-reggae des premiers albums de Lilly Allen et Finley Quaye. Le savoir-faire mélodique de Natty est évident sur des tubes tels que « July », « Cold Town », « Bedroom Eyes », « Last Night » ou encore « Badman ». La recette est soigneusement répétée tout au long du disque. Résultat des courses, une bonne moitié de « Man Like I » tourne un peu en rond. L’autre partie est constituée de quelques pépites pop idéales pour l’été ; ce qui n’est déjà pas si mal.

 

Jim O’Rourke

I'm Happy, and I'm Singing and a 1, 2, 3, 4

Écrit par

Paru en 2001, ce disque vient donc de bénéficier d’une réédition. Faut dire qu’à l’époque, le nombre d’exemplaires mis en vente avait été rapidement épuisé. Si bien qu’il est devenu un disque de collection. Expérimental et ambient, il  est même considéré comme un véritable aboutissement dans l’univers de l’électronique. A un tel point qu’il aurait influencé la phase électro d’Animal Collective.

Mais venons-en à Jim, mieux connu comme producteur (Wilco, Joanna Newsom, Stereolab, Saint Etienne, Smog, Stereolab, Sonic Youth, etc.). Il a milité au sein de la bande à Thurston Moore pendant cinq ans (NDR : à partir de 2000). Mais c’est également un féru d’expérimentations les plus diverses. Electroniques, surtout. Qu’il partage entre différentes collaborations, mais réalise également à travers ses propres projets. Et dans ce domaine, manifestement, il a été marqué par l’œuvre de Steve Reich et de Terry Riley. Son électro minimaliste, mathématique est essentiellement le fruit de son laptop. L’album est découpé en longues plages hypnotiques, contemplatives, entretenues par les boucles ; une structure de compo qui me rappelle parfois étrangement Klaus Schulze. Emballé dans un superbe digipack, l’opus recèle un second cd découpé en trois compos de la même veine. Ne m’en demandez pas plus, car dans le style, c’est sans doute remarquable, mais pas trop ma tasse de thé…

Mike Oldfield

Tubular Bells Remaster 2009 (Edition Deluxe)

Écrit par

“Tubular Bells” est l’œuvre maîtresse de Mike Oldfield. Nul ne peut le nier. Et pourtant son second elpee, « Herghest ride » est de toute bonne facture. Il avait même atteint même la première place des charts en Grande Bretagne. En 1975, Mike commet dans la foulée « Ommadawn », un elpee tout aussi convainquant ; un disque pour lequel il reçoit le concours du Paddy Moloney, le leader des Chieftains. Mais le natif de Reading est déjà devenu ‘Mr. Tubular Bells’. Et il va traîner le succès de son premier opus comme un véritable boulet, toute sa vie. A un tel point qu’il va consentir à lui donner une suite (« II » et « III »), proposer des versions alternatives et même enregistrer d’autres disques (NDR : plus ou moins 25 !), qui ne susciteront d’intérêt que chez ses véritables aficionados. Deux exceptions qui confirme la règle : le 45 tours « Guilty », une compo allègre, presque disco ; et puis le hit single « Moonlight shadow », enregistré en compagnie de Maggie Reilly en 1983. Deux morceaux qui s’écarte alors complètement du style symphonico-atmosphérique auquel il avait alors habitué son public, jusqu'alors. Mais rien à faire, la seconde moitié des seventies est marquée par l’événement du punk ; et Oldfield est relégué au rang des dinosaures de la prog, au même titre que Yes, Emerson Lake & Palmer et consorts.

Mais revenons aux débuts de Mike Oldfield. A l’âge de 14 ans, il militait au sein du groupe de sa sœur Sally, Sallyangie. Cet épisode est d’ailleurs immortalisé par la sortie d’un elpee en 1968, « Children of the sun ». Puis, il va fonder Barefoot, dont la durée d’existence sera tout à fait épisodique, avant de rencontrer Kevin Ayers. Il devient alors le bassiste de The Whole Wold, responsable d’un unique album en 1970, « Shooting at the moon ». Cependant, dans sa tête, il mijote déjà le projet d’un futur concept album. Un long morceau instrumental qu’il va baptiser « Tubular bells ». Lors des sessions d’enregistrement, il n’est assisté que par les ingénieurs du son Simon Heuworth et Tom Newman. Il joue plus de trente instruments différents et utilise la technique de l’overdubbing. Qu’il a bricolée mais rendue terriblement performante. Encouragé par David Bedford, il signe finalement chez le nouveau label créé par Richard Branson (NDR : oui, oui, le patron de Virgin Airlines). A cette époque, ce passionné de musique avait démarché des tas de firmes de disques, pour faire signer son poulain, mais sans succès. Il décide alors de fonder son propre label : Virgin. Et le premier disque à sortir sur cette nouvelle firme de disques est celui de Mike. Il paraît le 25 mai 1973. John Peel passe le disque dans son intégralité lors de son émission fétiche ; et puis William Friedkin en utilise une extrait (NDR : qui paraîtra également en single), pour son film-culte l’« Exorciste ». Le succès est fulgurant. Le disque deviendra ‘multiplatinium’. Et même culte.

Universal vient donc de rééditer cette œuvre. Et notamment sous une version Deluxe qui recèle deux disques audio et un dvd. En audio, on a droit à la partie I et II remixées aux Bahamas par Mike en mars dernier et puis une seconde sous leur version stéréophonique originale, le tout enrichi de bonus tracks. Et puis un troisième disque propose des ‘Surround sound mixes’ opérés par Oldfield, ainsi qu’un film consacré à l’interprétation du classique le 1er décembre 1973, sur la BBC. Mike est alors accompagné par quelques musiciens de studio. Un booklet de 24 pages abondamment illustré et des commentaires judicieusement rédigés accompagne l’œuvre.

 

Poor Boy

Dreamer… are you sad ?

Écrit par

La deuxième publication du tout jeune label parisien YY risque bien de faire parler d’elle dans un avenir proche.

Et tout d’abord à cause de ce quintet breton emmené par Jacques Creignou (alias Poor Boy). Sans doute l’une des jeunes formations françaises les plus inspirées du moment, tant sur scène qu’en studio.

Deux ans après avoir concocté l’intimiste « Moondream », le songwriter morlaisien s’amuse ici durant treize plages à déstructurer et reconstruire remarquablement 30 ans d’Indie Rock, à l’image de Sparklehorse ou encore Beck, pour le plus grand bonheur des amateurs de bidouillages folk/rock et autres friands d’arrangements sophistiqués.

Sonorités ricaines lo-fi et synthés vintages japonais sont donc au programme de cette galette électrisante que nous qualifieront –puisqu’il faut malheureusement étiqueter sa discothèque de temps à autre pour pouvoir y mettre de l’ordre– de ‘pop/rock créatif ‘façon 90’s, gorgée d’adrénaline et d’un soupçon de mélancolie, où la recherche minutieuse des sons ne prévaut jamais sur les compositions ‘guitares’ souvent tendues, et où les plages se succèdent crescendo, passant d’une pop aérienne à un rock peu à peu corrosif, rappelant parfois –entre autres– nos vieux amis les Pixies ou encore le Lou Barlow des débuts, tout en sachant, comme eux, prendre soin de fuir les formules trop évidentes. Exercice délicat!

Le genre d’album que l’on déguste avec plaisir comme un cigare dont on connait déjà la saveur, doucement et attentivement, pour en analyser toutes les singularités dues à sa fabrication artisanale.

Du quatre-pistes des débuts (« Moondream » en 2007), il n’en est plus question ici. « Dreamer are you sad » a été soigneusement enregistré et mixé au studio Black Box (référence mondiale de l’enregistrement analogique) par Peter Deimel (Sloy, dEUS, The Kills…) Une texture sonore plutôt old shool, donc, qui ravira les réfractaires du son formaté et froid du numérique, donnant résolument une couleur agréable et une épaisseur aux treize compositions de cet opus aux multiples (!!!) influences.

On épinglera aussi et surtout une « madame Madame » (keyboards/chant), donnant ça et là un échantillon de sa magnifique voix, et apportant incontestablement un plus significatif à tous les titres où l’on aura l’agréable surprise de l’entendre chanter.

Un groupe définitivement inventif et talentueux, à suivre de très près, et un album à prendre la peine d’écouter dans le détail sous peine d’y louper les quelques perles du genre qu’il recèle

En s’inspirant d’un titre de Nick Drake pour choisir son patronyme, on ne peut qu’être de bon goût, non?

 

Iggy Pop

Préliminaires

Écrit par

Lorsque la voix ténébreuse d'Iggy Pop rencontre la prose de Michel Houellebeck et la plume de Jacques Prévert, l’union ne peut être que sacrée. Pour ses « Préliminaires », librement inspirés du roman « La Possibilité d’une île » de l’écrivain français controversé, Iggy Pop range ses guitares et la provoc’. L’iguane se réinvente et décide de surprendre tout le monde à coups de saxo, de trompettes, de cuivres, de piano et même de vocalises ‘in het frans’ (« Je Sais Que Tu Sais », accompagné au chant d’une certaine Lucie Aimé, et « Les Feuilles Mortes », le grand classique de Prévert).

Le pape du punk s’en prend au jazz avec un doigté qui ferait rougir les moins prudes. Sa voix caverneuse caresse délicatement chacune des notes d’une œuvre joliment imagée et passionnante de son défeuillage à son exquis climax. Le francophile n’est jamais très loin de Nick Cave, même lorsqu’il incorpore une discrète nappe de sons électroniques (« Party Time »). « Préliminaires » marque une parenthèse dans l’œuvre d’Iggy Pop qui révèle ici une mélancolie ne collant pas vraiment à l’image du personnage mais tellement bien amenée qu’on s’y plonge à cœur perdu.  Post-coitum animal heureux...

Red Red Meat

Bunny gets paid (Deluxe Edition)

Écrit par

Enregistré en 1995, ce disque fait aujourd’hui l’objet d’une réédition en version Deluxe. C’est-à-dire remasterisée et enrichie d’un second cd. Sur ce deuxième disque figurent 7 morceaux dont une démo de « Chain, chain chain », limitée à la voix et à la sèche, la version single d’« Idiot son », un mix dub de « Mouse-ish », une adaptation alternative de « Carpet of horses » et un inédit : « Saint Anthony’s Jawbone ». Sans oublier la cover du « Words » de Low et celle du « Wishing (If I had a photograph of you) » de Flock Of Seagulls. 

Mais qu’est-ce qui justifie la réédition de cet opus ? En fait, le groupe –séparé depuis 1999– a décidé de ce réunir circonstanciellement pour accorder quelques concerts ; et envisage même d’enregistrer un nouvel elpee. Et puis l’occasion était belle d’épingler un épisode de la carrière musicale de Tim Rutili, Ben Massarella et Brian Deck. Alors que ce dernier est devenu un producteur très huppé sur la scène alternative, suite à la mise en forme de disques –entre autres– d’Iron & Wine, de Modest Mouse, Gomez et Fruit Bats, Rutili et Massarella ont fondé Califone, dont le style s’inspire manifestent de Red Red Meat. Et pour en revenir à cette version Deluxe, elle est habillée d’un superbe digipack.

Mais venons-en à ce que Musiczine écrivait au sujet de cet elpee en 1996. : ‘Une chose est sûre, ce quintette de Chicago voue une grande admiration à l'œuvre des Stones. Et en particulier à "Exile on Main Street". Faut même croire que si la bande à Jagger avait un jour imaginé une suite à cet opus indispensable, elle aurait accouché d'un elpee dans le style de ce "Bunny gets paid". Pas côté vocal, bien sûr. Le chant de Tim Rutilli campant plutôt un timbre guttural proche de Kevin Weatherill, leader d'Immaculate Fools. Si Red Red Meat s'autorise d'ailleurs quelque incursions dans la lo-fi semi acoustique, accomplissant dans ce domaine des performances assez remarquables, il s'illustre surtout par une musique filandreuse, sordide, claustrophobe, aux pulsations nerveuses, âpres, qui prennent une véritable dimension au fil de l'écoute. Une sorte d'urban blues déstructuré, ravagé par l'émotion et la colère, destiné à soulever des thèmes aussi brûlants que la sexualité, la solitude, le nihilisme, la faim ou l'asphyxie des métropoles (New-York notamment).’