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Cold War Kids

Des Clash aux Cold War Kids

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Les questions bouillonnent à l’approche d’une rencontre pour ‘remettre les points sur les i’. On ne peut que vouloir comprendre les critiques assassines, assénées sans répit par Pitchfork, aux quatre Californiens, depuis leurs débuts. A travers leurs langues de vipère, elles résonnent, cinglantes et sans appel. Les Cold War Kids ne feraient donc que du ‘pastiche poli qui insulte l’intelligence des amateurs d’indie-rock’ ? Du son de ‘boy-scout’ ? Du ‘storytelling superficiel’ ? Il y a de quoi s’étonner d’une telle hargne alors que les autres avaient encensé –avec raison– « Robbers and Cowards » (2007) et préludaient un avenir tout aussi radieux à « Loyalty to loyalty » ; surtout que ce nouvel album, derrière des mélodies en apparence moins indélébiles et plus décousues, dévoile en profondeur un ton plus mûr et décomplexé. Certes, il faut aimer encore et toujours cette voix poussée à l’extrême dans les aigus; s’accommoder de cette allure brouillonne et chiffonnée, de ce côté touche-à-tout de l’accent blues du terroir, de ce riff de rock crasseux. Mais quand on dit pleinement ‘oui’, l’énergie devient carrément contagieuse et les refrains se vident de leur contenu pour imposer leurs formes, bousculer les endormis, rappeler à la vie. Impressions recueillies auprès du chanteur/pianiste/guitariste Nathan Whillet et du bassiste Matt Maust.

Le patronyme ‘Cold War Kids’ s’inspire de ton website ?

Nathan Willett : oui, je me suis occupé d’un website pendant quelques années. Il permettait à mes proches d’exprimer toutes les formes de leurs expressions artistiques. Comme le contenu était alimenté par cet éventail aussi large de collaborateurs, tous les membres du groupe s e sont identifiés, comme lieu de création. Une idée traduite en création ‘collective’.

J’ai l’impression que l’atmosphère du premier album était plus uniforme, alors que « Loyalty to loyalty » se révèle plus éclectique ? Intentionnel ?

N. : Ce n’est pas étonnant, car on a enregistré ce deuxième album dans plusieurs pièces. Ce qui explique pourquoi les morceaux sonnent différemment. Après réflexion, ce n’est pas un hasard si on a opté pour cette formule, car c’est vraiment le chemin qu’on voulait emprunter. A l’instar des Clash, dont le répertoire propose des compos très différentes les unes des autres. Et disons que pour notre second cd, nous avons accompli un petit pas dans cette direction.

Cherchez à appliquer d’autres principes à vos compositions ?

N. : oui. On estime qu’il existe une différence fondamentale entre les groupes qui ‘sont’ leur son et ceux qui sont beaucoup plus grands que leur album, pour le meilleur et pour le pire. Pour ces derniers, c’est l’image qu’on leur attribue ou leur manière de la projeter qui détermine si sa musique est consistante et intéressante. Prend par exemple Neil Young et Tom Waits. Ils enregistrent des albums. Mais ils ont une manière très personnelle de jouer. Surtout sur scène où ils sonnent complètement différent. Aucun des morceaux interprétés en ‘live’ ne ressemble à ceux figurant sur leurs disques. Parce que ces compos on grandi, ont été interprétées. Celles de Tom Waits, des dizaines de personnes, au cours des dix dernières années, les ont adaptées. Mais ces versions n’atteignent pas le phénomène Tom Waits, car son personnage est beaucoup plus fort que ses albums. Et nous, on serait plutôt enclin à adopter une philosophie similaire. Une chose est sûre, vu la manière dont le public parle de nous, nous serions davantage un ‘live band’ qu’un groupe de studio. Sur scène, les morceaux interprétés sont parfois totalement différents de ceux proposés en studio. Certains apprécient, d’autres pas du tout. Mais ce n’est guère important pour nous. Notre ‘live show’ tient la route et c’est un atout important si on souhaite que notre musique grandisse et devienne plus ‘mature’.

Qu’avez-vous évité de reproduire sur ce deuxième opus ?

N. : Notre premier était plus serré, plus dense. Il y avait plus de basse et de batterie.

Matt Maust : en fait, pour le second, on a voulu que les compos respirent davantage, que l’ensemble soit plus aéré.

J’étais surprise de lire à la fois de très bonnes critiques, mais aussi, comme celle émise par Pitchfork, d’autres qui vous descendent carrément. Avez-vous une explication ?

N. : il existe différente causes à ce phénomène. Parce que lorsqu’on est ambitieux, et je pense à un groupe comme les Clash ou à des formations qui sont ‘plus grandes que leur nom’, le public a une réaction plus tranchée. On est pour ou contre. Et puis, on a tellement polarisé son attention depuis longtemps que sans s’en rendre compte on a placé la barre rapidement très haute. Tout dépend de la manière dont les individus découvrent un groupe. En ce qui nous concerne, nous avons été essentiellement révélés par nos concerts et internet. Et c’est totalement différent de quelqu’un qui découvre un groupe par lui-même ou par l’intermédiaire d’un ami. Parce que tu as peut-être moins d’attente. C’est une règle pour tous les groupes ; mais en ce qui nous concerne, cette situation a provoqué une bipolarisation entre ‘ceux qui nous aiment’ et ‘ceux qui ne nous aiment pas’. Alors que lorsque tu entames ta carrière –un acteur, un chanteur– tu voudrais que tout le monde t’aime. C’est même un objectif ! Pourtant quand on a réalisé que l’avis du public était si tranché à notre égard, on en a conclu qu’il avait quelque chose de positif ; car il oblige les gens à avoir une position franche par rapport à ta musique.

Mais revenons à Pitchfork. Leur critique est aussi très contradictoire. Elle attaque beaucoup vos références religieuses. On se demande même si ce n’est pas un règlement de compte personnel !

N. : Nos textes se rapportent souvent à de simples références à la musique pop. Des références qu’on adore. De Bob Dylan à Tom Waits en passant par Leonard Cohen. Il y a toujours un sens spirituel chez ces artistes. Leurs morceaux abordent des thèmes sérieux et fondamentaux. Mais enfermer notre musique au sein d’un concept religieux est très réducteur. Cette réaction s’écarte réellement de la véritable nature de notre musique. Car elle n’est pas religieuse. Elle reflète simplement un éventail de styles que nous aimons. Mais franchement, on s’en fout de ces réflexions, non ? Enfin, les médias, tu sais…
M. : On ne voulait pas édicter un quelconque dogme religieux, mais rappeler quelques principes fondamentaux de la morale. Car aujourd’hui, elle est tellement bafouée. Ou même tout simplement oubliée. Quels groupes s’en soucient encore ? On voulait aborder des sujets un peu plus profonds. Le discours de notre deuxième album a été stéréotypé. Un exemple ? Nous avons osé décréter que boire 73 bières en une nuit, n’était pas vraiment une bonne idée… Cependant, il y a un message un peu plus profond là derrière.
N. : Ces médias prennent leurs cibles pour des idiots. Mais ce sont leurs jugements qui sont stupides. Ils ne se rendent pas compte que n’importe quel bon groupe véhicule des idées intelligentes. J’en reviens au Clash. Leurs messages étaient parfaitement négociés. Et c’est ce que les gens attendent ! Sauf peut-être les ados. Mais toutes les autres générations confondues préfèrent écouter des lyrics qui ont du sens. Autre chose que ces textes qui invitent juste à faire la fête, à prendre du bon temps, parlent de ‘fun’ et de sexe. Et il est dommage que lorsque tu essaies de trouver une alternative, les médias ricanent derrière toi…

 

 

Chris Cornell

Souvenir, souvenir !

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Si vous avez connu la vague grunge qui a sévi au cours des 90’s, vous avez certainement toujours en mémoire des groupes comme Alice In Chains, Nirvana ou Pearl Jam. Nostalgie, nostalgie ! Issu du même mouvement, Chris Cornell s’est également illustré comme leader de Temple Of The Dog et puis surtout de Soundgarden (NDR : bien avant de fonder Audioslave). Au cours d’une agréable soirée entre amis, on se surprenait même alors à fredonner « Black Hole Sun» ou « Spoonman », en s’accompagnant –pourquoi pas– d’une bonne vieille guitare. C’est sous le ciel étoilé de l’ABBox, que Bruxelles accueillait donc cette si célèbre voix du rock. Et pourtant, la salle était loin d’être pleine. Faut croire que les anciens fans n’ont toujours pas fait le rapprochement entre la carrière solo de Cornell et son illustre passé. N’empêche, ce soir, il y avait de l’ambiance…

Il faudra un petit quart d’heure pour que les musiciens trouvent leurs marques. Le temps d’interpréter « Part Of Me » et « Time », deux morceaux plus récents de Cornell. Et puis, surprise, Timbaland entre en scène. Enfin, plus exactement, prend le contrôle des manettes. Le beat est lancé. De quoi déconcerter les rockers purs et durs. Néanmoins, le doigté très caractéristique de ce producteur à gros succès confère à la voix enivrante et sensuelle de Chris, un feeling nouveau, plus contemporain. Et finalement pas du tout désagréable à l’oreille. Mais le set ne va pas se cantonner uniquement dans ce style, heureusement. Nous faisant même revivre les débuts de Soudgarden », vécus en 1984 et nous invitant à partager ses multiples expériences sonores. A l’instar de « No Such Think ». Et puis du célèbre « You Know My Name » (NDR : bande originale du film « Casino Royal »), qui fait un véritable tabac. De quoi timidement, mais réellement commencer à réveiller les troupes. Cornell est vêtu tout simplement d’un sweater blanc et d’un jeans. Je jette un rapide coup d’œil autour de moi : le public semble toujours aussi scotché. Une version rock/blues de « Billie Jean » déclenche un frisson de ravissement. Le public apprécie. L’artiste met ses tripes au service de ses compos, il donne le maximum de lui-même ; et sans pudeur, invite les aficionados à partager ses émotions. Ce n’est pas du grand spectacle ; juste une passion musicale authentique qu’il cherche à communiquer à ses fans. Et la suite va enfin faire trembler les murs. Les vibrations de Soundgarden et d’Audioslave s’amplifient. La poudre s’enflamme. Les guitares électriques deviennent graves. Les drums accélèrent. Les musiciens déménagent sur toute la largeur du podium. Et l’audience jouit de ce retour aux sources. Plus de chichis. Du rock, du vrai, du tatoué ! L’audience entre en communion et se défoule. Enfin du piment à ce concert ! Les extraits des elpees « Pretty Noose » et « Gasoline » embrasent littéralement la foule. Avec en point d’orgue : « Scream ». Malgré la puissance du son, la voix de Chris Cornell passe bien la rampe et ne montre aucun signe de faiblesse. Retour au calme. Et à des mélodies plus douces. Un solo de guitare acoustique balaie le remarquable « Fell On Black Day », « Can’t Change Me » ou encore « Like A Stone ». On en a des frissons. Un moment de pur bonheur que la foule ne tardera pas à partager en reprenant les paroles en chœur. Et cette session intimiste s’achève par « Long Gone », une plage issue de son dernier album.

Nouveau coup de boost au tempo. Sans pour autant négliger la sensibilité mélancolique des mélodies. Faut dire qu’elles glissent constamment du côté paisible à celui obscur de la force… Les musiciens ont repris leur place pour attaquer « Cochise », une compo issue du répertoire d’Audioslave. Et « Watch Up » clôt ce chapitre particulièrement intense. Laissant la place à celui des reprises de classiques (NDR : parfois un peu délirantes). Au menu : Jimi Hendrix ; et puis surtout U2 pour une inoubliable cover de « Sunday Bloody Sunday ». L’imagination semble au pouvoir. Et les musiciens prennent un certain plaisir à nous la faire partager. Par contre, on aurait aimé assister à un duo entre Chris et Eddie Vedder pour interpréter « Hunger Strike », comme à l’époque de Temple of The Dog. On aurait ainsi eu droit à la cerise sur le gâteau. Mais cessons de rêver, car « Spoonman » va rapidement nous faire oublier ce petit détail. La foule est à nouveau déchaînée. Les têtes s’agitent de haut en bas. Les musiciens se réservent chacun un petit solo. L’énergie libérée est à son paroxysme. L’assistance en redemande. Tous les bras sont levés. Acclamation indescriptible ! 

Après deux heures de représentation, la voix de Chris commence à se fatiguer. Aussi, on n’aura droit qu’à un bref rappel ! Incluant notamment « Seasons ». De quoi raviver dans notre mémoire, le souvenir de ces sessions ‘unplugged’ diffusées par MTV, au cours des 90’s. Et puis avoir une pensée émue pour Kurt Cobain et Layne Staley (NDR : l’ancien chanteur d’Alice In Chains) qui nous ont quittés prématurément. Celles et ceux qui ont vécu cette symbolique vague du grunge, ont certainement dû, avoir un petit pincement au cœur… Seule la présence de Timbaland, responsable de la mise en forme du dernier opus de Chris, « Scream », nous a rappelé que nous étions bien en 2009…  

Organisation Ancienne Belgique

NOFX

Backstage Passport (Dvd)

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Confession : je n’ai jamais été un grand fan de musique punk. Et pourtant, j’ai toujours ressenti un petit faible pour NOFX. Surtout après la sortie de leur remarquable « Heavy Petting Zoo », un disque truffé de hits imparables. Depuis, j’ai essayé de suivre la carrière de Fat Mike et de ses acolytes, le plus attentivement possible. Nonobstant leurs messages engagés, leurs lyrics évitent la prise de tête. Ce qui ne les empêche pas d’aborder des sujets aussi brûlants que la politique (NDR : l’administration Bush, par exemple), la religion, ou encore la liberté sexuelle. Le groupe reconnaît d’ailleurs, pour influence majeure, des groupes issus de la scène punk mélodique californienne, comme Bad Religion et The Descendents. Mais le plus important chez NOFX, c’est leur art à préserver un sens mélodique rare.

Pour immortaliser leur tournée mondiale accomplie en 2007, le gang de San Francisco a décidé de publier un Dvd baptisé « Backstage Passport ». Un périple qui a duré plus de 14 mois et au cours duquel ils ont visité des destinations les plus insolites les unes que les autres. Depuis l’Israël à la Malaisie (NDR : où le groupe n’avait jamais vendu le moindre album), en passant par la Colombie, la Russie, l’Afrique du Sud et j’en passe. Une belle manière de découvrir la personnalité des différents membres du groupe, ainsi que leur motivation, malgré plus de 20 ans de carrière. Et puis de sortir de la routine. Découpées en huit épisodes, les aventures d’El Hefe, Fat Mike, Eric Melvin et Eric ‘Smelly’ Sandin sont truculentes, même pour Monsieur ou Madame tout le Monde. Notamment les soirées mémorables de Kent, leur manager. Arrosées, pour ne rien vous cacher. Et pourtant, il materne le groupe de manière remarquable. On épinglera encore les problèmes rencontrés auprès des promoteurs au Chili, la visite d’un salon sado-maso au Japon, les concerts accordés devant dix personnes à Taïwan ou encore les trajets escortés par la police en Indonésie. Le ton est complètement déjanté. Pour vous faire une petite idée, imaginez Michaël Moore filmant une bande de vieux punk dans des endroits par forcément rock… On regrettera cependant un montage qui donne parfois l’impression d’une mise en scène. Faut dire que les épisodes ont été produit pour la chaîne américaine Fuse ; dans un style qui s’apparente aux productions MTV. Le rythme est rapide et ne permet pas de se focaliser sur l’un ou l’autre épisode. Un peu comme dans des clips. Enfin, il faut regretter qu’aucun titre ne soit interprété en live dans son intégralité.

Un journaliste spécialisé avait un jour avancé que NOFX était le groupe de rock le plus drôle du monde. Ce Dvd démontre qu’il na pas tout à fait tort. Attention, les aventures de Fat Mike & Co ne sont sous-titrées que dans la langue de Shakespeare…

 

Lissy Trullie

Self-Taught Learner (Ep)

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De son véritable nom Lissy McChesney, Lissy Turlly est une jolie rouquine de 25 ans qui nous vient de Washington. Une ville qui a le vent en poupe depuis l’élection d’un certain Barak Obama, à la présidence. Grâce à l’éclosion de cette jeune artiste, il risque bientôt d’y avoir une nouvelle raison de s’enthousiasmer pour la capitale des Etats-Unis ! Sa biographie la décrit comme une enfant timide. Mais à l’écoute de son premier Ep, c’est une certitude, Lissy a gagné une certaine assurance et surtout s’est forgé une expérience certaine. La découverte des albums de la Motown, de surf rock, de folk ou de soul de ses parents l’aurait marquée à vie. Mais c’est celle du « Tommy » des Who qui va transfigurer la petite Lissy ! La mue prend totalement forme lors de son déménagement à New-York, en compagnie de sa maman. Elle est alors âgée de 16 ans. Elle entame alors, dans un premier temps, une carrière solo en acoustique ; mais au fil des rencontres réussit à se doter d’un véritable groupe. Et non des moindres ! Car le line up réunit le guitariste Eben D’Amico (NDR : un ancien membre de Saves The Day), le drummer Josh Elrod (NDR : ex-Tan As Fuck) et le bassiste Ian Fenger d’Ambulance Ltd. Du très beau monde, il faut le reconnaître. Le ‘Lissy Trullie band’ est né ! Détail non négligeable, Lissy est un ancien top-modèle. Et cette expérience a probablement favorisé les rencontres… Bien plus que les préliminaires du groupe accomplis au sein des bars new-yorkais.

« Self-Taught Learner » constitue donc le premier elpee de Trully. Elle s’y révèle le versant des Strokes sur le titre éponyme « Self-Taught Learner » ou encore « Boy Boy ». Et le refrain enrichi de chœurs falsetto irrésistibles n’y est pas étranger. De petites tueries pop-rock sises quelque part entre Television et The Pretenders. Faut dire que la fin des 70’s et le début des 80’s  sont ici souvent remis au goût du jour. Pour un résultat qui tient la route. Et puis, il y a la voix de Lissy. Une belle voix, très caractéristique et taillée fondamentalement pour le rock ! La production est irréprochable. Suffit d’écouter la sonorité des drums pour s’en rendre compte. On a parfois l’impression que leurs compos évoluent dans un univers pop bubble-gum, pas tellement éloigné de celui au sein duquel baigne The Virgins, en compagnie desquels ils ont d’ailleurs partagé la scène.

Une ex-top modèle basée à New-York composant des chansons rock proches de celles des Strokes. Trop beau et hype pour être honnête ? Probablement ! Mais pourquoi gâcher son plaisir en cherchant midi à quatorze heures. L’important n’est-il pas de savourer l’instant présent. Tout particulièrement en écoutant ce disque. Un Ep qui prélude la sortie d’un premier album dont les sessions d’enregistrement se dérouleront au cours de cet été. Lissy et ses acolytes seront-ils capables de conserver leur (haut) niveau ? Une première réponse sera donnée lors du concert que Lissy et sa troupe accorderont ce 7 juin au Witloof Bar du Botanique.

 

Aucan

Aucan

Écrit par

C’est officiel, l’Italie a désormais bien plus que des artistes de varietoche à proposer au reste de l’Europe. Et Aucan, trio originaire de Brescia, peut fièrement brandir le drapeau de sa patrie. Aux premiers abords déconcertant (l’intro « Reset »), l’éponyme glisse rapidement vers un math-rock épileptique. « Aucan » évoque la rencontre entre des Shellac, Tortoise et Battles enfermés contre leur gré dan un bunker, contraints et forcés de collaborer ensemble. De leurs assauts soniques conjugués résulterait alors une série de petites perles à l’effet dévastateur. Il est clair que le trio n’a rien à envier à ses grands frères spirituels. Les salves noisy inattendues de morceaux tels que « Urano », « Fauna » ou « Imho » placent Aucan en tête de la liste des formations à surveiller de très près. Que ce premier ouvrage tranchant demeure dans l’ombre serait une véritable injustice.

 

Brett Dennen

Hope For The Hopeless

Écrit par

Figure importante du folk-rock étasunien, Brett Dennen reste plutôt discret dans le paysage musical de notre Vieux Continent. C’est qu’il aime cette Amérique. Mieux, il l’incarne ; et elle le lui rend bien.

Hautement médiatisé aux Etats-Unis, le jeune Californien de 29 ans arpente régulièrement les plateaux TV. Outre l’exploitation pour une vaste campagne de publicité destinée à la célèbre chaîne d’hôtels Hilton, sa musique est régulièrement utilisée pour des épisodes de séries télévisées américaines (Grey’s Anatomy, Roadtrip Nation, The House…) Il a également été désigné comme l’un des 10 meilleurs artistes de l’année 2008, par le Rolling Stone Magazine.

2008 a également été l’année au cours de laquelle Brett Dennen a signé son troisième elpee chez Downtown-Dualtone. A première vue, « Hope for the hopeless » se présente comme un produit de belle facture aux arrangements soignés. Trop soignés peut-être. Accompagné en studio par le drummer Joey Waronker (Beck, Smashing Pumpkins…) et le bassiste Sean Hurley (Vertical Horizon), l’artiste ne laisse rien au hasard.

La première plage, « San Francisco », s’ouvre à onze douces mélodies aux sonorités égales qui manquent cruellement de rugosité et viennent gratouiller trop sagement les oreilles des amateurs de folk-rock authentique. Par rapport aux deux précédents, le dernier album perd, effectivement, de sa folk et tombe dans une pop douçâtre. Habituellement plus proche de l’univers de Jack Johnson, Brett Dennen préfère adopter ici un son qui se rapproche davantage  de la grosse pop commerciale que de la pop-folk made in USA. Le groovy « Make you crazy », duo partagé avec Femi Kuti (créateur de l’afrobeat), est la seule aspérité offerte sur les 11 plages.

On y trouve aussi quelques belles ballades (« So far from me ») où le jeune songwriter nous raconte jovialement ses histoires amoureuses et sa vision du monde avec beaucoup d’ingénuité. De beaux textes à chanter autour d’un bon feu de camp scout. Rappelons que Brett Dennen à remporté le Children’s Music Web 2004 Award.

Autre curiosité qui caractérise ce grand rouquin au visage pubère : l’étrange similitude entre son timbre de voix et celui de la talentueuse Tracy Chapman. Fermez les yeux et tendez l’oreille. C’est assez frappant !

Globalement, « Hope for the hopeless » se présente comme une généreuse tarte à la crème qu’il vaut mieux consommer avec modération sous peine d’écœurement.

 

Marc Dixon

Malédixion

Écrit par

Sous le pseudonyme inspiré d’un film d’Otto Preminger (Mark Dixon, détective), le Belge Jean-Marc Loffet revient faire un petit tour du côté de notre scène musicale après dix-huit longues années de silence...

Ok, dix-huit ans, c’est long! Mais ne pensez surtout pas que Marc Dixon est paresseux : pendant ce temps, il a eu l’excellente idée de produire et réaliser –brillamment– nombre de documentaires (« Arno, comme les hommes », « Taxi Europa » …), clips (Sharko, My Little Cheap Dictaphone,…) et émissions télé (‘Fast forward’,…).

En effet, Marc Dixon est avant tout un homme d’images imprégné de musique et il le prouve obstinément depuis une trentaine d’années. Il réapparait aujourd’hui couvert de sa casquette d’auteur/compositeur/interprète, en tenant sous le bras, un ouvrage sombre en onze actes, parfumé d’ambiances nocturnes et intimistes, de guitares abrasives, et d’un énigmatique storytelling bilingue (français/anglais). Pour la circonstance, il a reçu le concours de son ami Pierre Lebecque et du guitariste français Goulven Hamel.

Dès la première plage, Dixon annonce la couleur et force un constat indiscutable : non, l’artiste intriguant n’a pas profité de cette longue période de vacances musicales pour accomplir un séjour linguistique outre-Manche, afin d’y peaufiner son anglais…

Si l’énorme accent français (choix apparemment délibéré tant il est prononcé) peut sembler  un atout sexy chez nos amis anglophones, pour certains francophones, il prête plutôt à sourire… voire à faire grincer des dents au fil des cinq titres interprétés dans la langue de Shakespeare. Éternelle question de contexte… On appréciera ou pas.

« Maledixon » tente, d’entrée de jeu, de nous emmener dans l’univers particulier de son auteur, un univers plutôt obscur mais déterminé à se rendre avant tout sensuel et poétique.

Riche d’influences musicales aussi variées que respectables (Johnny Thunders, Asphalt Jungle, Lou Reed, Howe Gelb, Boris Vian, et Patti Smith, parmi les plus évidentes), le cow-boy poète peut se targuer de ne pas être tombé dans le vilain piège –tristement répandu– du ‘copier/coller’ pour tenter de créer des atmosphères authentiques.

On notera, par exemple, une cover inattendue du fabuleux « Fever », revisitée et convertie ici en version bluesy low-tempo de manière assez personnelle. Intéressant.

On remarquera aussi des arrangements appliqués, une bonne cohérence générale des morceaux et des ambiances ainsi qu’un Goulven Hamel étonnant à la guitare, omniprésent tout au long des pistes, faisant presque oublier les petites lacunes dont regorge malheureusement l’album.

En effet, en ce qui concerne la vue d’ensemble, on peut regretter une impression de linéarité et de redondance dans l’interprétation, un certain manque de panache et de prise de risques musicaux, ainsi qu’un égocentrisme sous-jacent parfois exaspérant en ce qui concerne les textes. On aimerait entendre décoller l’appareil et être surpris davantage. Mais ni les lyrics provocateurs de Marc Dixon, ni même la Gretsch rutilante (pourtant domptée élégamment par Goulven Hamel) ne sont malheureusement arrivés à me faire voyager plus loin que le plafond de ma chambre. Il manque incontestablement un petit je-ne-sais-quoi à cet album pour qu’il nous transporte où il prétendait nous emmener… En cours de route, un arrière goût amer de ‘déjà-vu’ envahira peu à peu nos papilles délicates. Dommage !

‘Maledixon’ est cependant très susceptible de toucher un certain public… Férus de voyages de nuit, de riffs tendus aux sons chauds ou d’autoroutes pluvieuses, il trouvera sans doute ici un album de chevet honorable et un compagnon de route honnête.

Ignatz

III

Écrit par

Ignatz est une souris qui se défoulait en lançant des briques à la tête des félins en furie, dans une bande dessinée intitulée ‘Krazy Kat’ ; une B.D. imaginée et dessinée par Georges Herriman. C’était en 1911. Ce petit rongeur a inspiré le patronyme d’un groupe belge. Enfin plutôt le projet d’un musicien belge : Bram Devens. Un artiste et graphiste flamand établi à Schaerbeeck. Sa musique trempe dans un folk blues aussi psychédélique que futuriste. Ce qui lui permet d’exhumer les fantômes de Bukka White, Sleepy John Estes et Robert Pete Williams, dans la peau d'un Lou Reed adolescent. Et après avoir écouté cet elpee, on se rend compte que les icônes du blues rural d'avant-guerre susvisées, étaient déjà revêtues d'une écorce contemporaine. Face à cette musique tourmentée, minimaliste, froide, brute et nue, on en reste sans voix.

Ignatz a commis son premier opus en 2005. Intitulé "II", le second est paru en 2007. Et ce « III », l’an dernier. Le personnage est également responsable de toute une série de cassettes et de CD-R. Baptisée "A canine and a kitten in the car", sa dernière est parue il y a peu. L'artiste s'est manifestement forgé un nom dans l'univers de l’underground contemporain. Il s’est produit un peu partout en Europe mais aussi au Japon et aux Etats-Unis. Et s'apprête à conquérir le Canada.

Le monde d'Ignatz est très personnel. Intravorti dans son esprit ou son moi intérieur. Les sons produits interpellent. Mystérieux, ils peuvent même déranger. Ce self made man chante, tape, mixe, compose, produit et joue de la guitare. Qui serait donc capable de le suivre sur ce chemin tortueux? Il puise l'essence de sa musique dans le folk blues des années 30 ; celui de ces hommes orchestres itinérants qui allaient à la rencontre de leur public. Comme eux, il chante le plus souvent d'une voix monocorde ; étalant toute sa sensibilité, sans excès de sentimentalisme. Un art plutôt complexe, il faut le reconnaître. Il s'accompagne à la guitare. Largement amplifiée, maîtrisée, elle invite en permanence au voyage.

Dès les premières notes de "The water", sa six cordes tente désespérément de se frayer un chemin. Afin de remonter à la surface. Son timbre vocal semble être celui d’un homme qui souffre ou qui ne se fait guère d'illusions. Son chant guide ses doigts qui caressent inexorablement ses cordes. "Two nights and a day" est un long trip opéré dans les sphères psychédéliques. Les notes se meuvent dans une lenteur excessive. Le chant est désespéré. Il réverbère même quelque écho lugubre. Le périple est aussi délirant que spontané, provoquant même des sentiments mêlés de trouble et de mélancolie. "Gazing at the fire" revient au blues originel, percussif et rageur, glissant progressivement vers un futur envahi de bruitages dérangés. Et oui, la musique est une boucle sans fin, aux inspirations sans cesse repoussées dans le passé. Ignatz est dans son univers et il y veut y rester. "Eager eyed" et "Gone" sombrent dans le délire et le tourment. "The trail" est un chemin sidéral tracé par un orgue désuet et des cordes tintinnabulantes. Il avance tel un cortège funéraire au son du glas… et revient même de nulle part sur "They came and went". Cet elpee est difficile d’accès. Expérimental, impitoyable, il risque fort de heurter les mélomanes non initiés. Une chose est sûre, il ne laisse pas indifférent.

 

Jeff Hershey

Legacy : Volume One (2Cd + Dvd)

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Chanteur/guitariste particulièrement doué, Jeffrey Healey est décédé en 2008, à l’aube de ses 42 ans. Ce Canadien avait perdu l’usage de la vue, alors qu’il n’avait encore qu’un an. La cause : un cancer de la rétine. Il jouait de la six codes dans une position insolite. Assis. Son instrument sa guitare en position horizontale, sur les genoux. Il s’était associé au bassiste Joe Rockman en 1985, puis avait élargi le projet à un duo, en engageant le drummer Tom Stephen. Il avait tourné dans le film "Road House", comme acteur, mais surtout musicien. Son talent lui permettait de partager sa passion entre le blues et le jazz!

Ses débuts discographiques remontent à 1988. En concoctant l'album "See the light". Après avoir commis "Get me some", en 2000, Jeff décide de se focaliser davantage sur le jazz traditionnel américain. Et les trois opus qui suivent empruntent ce style. Son dernier elpee, "Mess of blues", marquait son retour au blues et au rock. Il est paru à peine quelques jours après sa mort. En 2008. Des suites d'un cancer généralisé. Le label Arbor a pris l’excellente initiative de lui rendre hommage en publiant ce coffret réunissant un Dvd et deux Cd. Un elpee se concentre sur les singles de l'artiste. L’autre épingle des inédits immortalisés ‘live’.

Vu son titre, "Legacy : Volume one", on peut espérer une suite à ce box. Or, en consultant le site web de l'artiste, il appert que cette collection ne soit pas autorisée. Et qu’elle aille même à l’encontre de la volonté des héritiers. Et tout particulièrement sa veuve, Christie Healey!

D’une durée d’un peu plus d’une heure, le Dvd est un documentaire partagé entre apparitions de Jeff à la TV, en concert, lors d’interviews, etc. Parmi ces témoignages on notera un spectacle accordé, il y a des lustres, au Grossman's Tavern de Toronto, quelques prestations en public, dont le "Look out little sister" qu’il partage en compagnie de Stevie Ray Vaughan et un "I can't get next to you" des Rolling Stones. Sans oublier les morceaux au cours desquels il est flanqué du jeune guitariste Luke Mullholland. Faut dire que ce gratteur canadien était devenu le protégé de Jeff.

Le premier cd audio est consacré aux singles de l’artiste. Quinze en tout. Et notamment l’inévitable "See the light". La cover du "Confidence man" de John Hiatt. Son plus grand succès : "Angel eyes". Doux et beau à la fois, il émane également de la plume de Hiatt. Son adaptation du "While my guitar gently weeps" des Fab Four. Sous une nouvelle mouture, elle bénéficie du concours de Jeff Lynne (ELO, Travelling Wilburys) et surtout de la participation exceptionnelle du compositeur George Harrisson. Sans oublier le percutant "Full circle", le gospel blues "It could all get blown away", la superbe reprise du "I got a line on you" de Randy California (NDR : un hit signé Spirit, voici… quarante ans), et la tendre ballade issue de la plume d’Hendrix, "Angel".

Le second disque audio identifie des extraits inédits immortalisés en ‘live’ du JHB. Tout d’abord à l'Electric Ladyland de New York. Jeff s’y montre manifestement inspiré par le mythe Hendrix. Que ce soit sur "I think I love you too much", "Confidence man", un "Full circle" plongé dans une véritable orgie d’électricité, un aventureux "Angel eyes" caractérisé par ses cordes saturées d'émotion, son titre fétiche "See the light" et une version déjantée du "While my guitar gently weeps" des Beatles. Lors d’un autre concert accordé à New York, il affiche une sensibilité nettement plus blues. Il y interprète le classique "Further on up the road", son meilleur blues lent "Blue Jean blues", et participe à une version dynamique du classique de Cream, "White room". De sa prestation torontoise, on retiendra sa cover speedée et déjantée du "All along de watchtower" de Bob Dylan, prestation au cours de laquelle il avait reçu le concours du chanteur/compositeur Tom Cochran (NDR : un compatriote !) Enfin lors de son spectacle accordé à l'Hammersmith Odeon de Londres, il s’était fendu d’une finale atmosphérique intitulée "How long can a man be strong". Et elle y est donc incluse. Un bien bel hommage rendu à ce musicien exceptionnel…

 

Tony Ashton

Live at Abbey Road – Endangered Species (2Cd + Dvd) (1)

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Fondé en 1958, Remo Four était un beat groupe issu de de Liverpool. Contemporain des Beatles, il était également managé par Brian Epstein. Tony Ashton avait rejoint le band en 1963 pour y assurer la fonction d’organiste. La formation se produit régulièrement au Star Club de Hambourg. Leur unique elpee, "Smile!", a été enregistré sur le label Star Club, en 1967. Au menu : un concentré de beat music éclaboussé par quelques traces de jazz et de rock. L’aventure du Remo Four cesse en 1970. Dans la foulée, Ashton et le batteur Roy Dyke rejoignent le guitariste Kim Gardner (ex-Creation) pour fonder le trio Ashton, Gardner & Dyke. Un combo qui ne rencontrera qu’un succès d'estime, malgré un hit décroché en 1971, "Resurrection shuffle". Tony débarque également en 1973 chez Family et participe à l’enregistrement de leur denier album "It's only a movie". Il fréquente beaucoup les musiciens de Deep Purple. Et participe ainsi à l’aventure d’un autre trio : Paice, Ashton & Lord. Atteint d’un cancer, il est malheureusement décédé le 28 mai 2001, à l’âge de 55 ans. Mais quelques mois plus tôt, ses amis Jon Lord et Pete York (NDR : l’ex-batteur du Spencer Davis Group) avaient eu l'idée généreuse d’organiser un ‘benefit concert’ au sein des studios Abbey Road à Londres. Faut dire qu’Ashton était fort malade depuis quelques années. Et pour la circonstance, de nombreux amis musiciens ont accepté l’invitation. Un même elpee, baptisé "Tony Ashton and Friends", était paru sur Deep Purple Records, en 2006.

Cette étrange soirée est donc reproduite tout au long de ce « Live at Abbey Road ». Un coffret réunissant 2 Cd et un Dvd. Et ce Dvd reproduit en image le contenu des deux compact-discs. Le chanteur/organiste Eddie Hardin et le batteur Pete York montent les premiers sur les planches. Avant de fonder leur duo, ils avaient milité chez le Spencer Davis Group. Un épisode qui commence à dater… Ils interprètent quatre plages qui baignent au sein d’une ambiance très r&b et rock'n'roll. Eddie chante "Let's have a party" devant les cordes de Geoff Whitehorn (NDR : retenez votre souffle : ex-Back Street Crawler, Bad Company, Shortlist, Procol Harum). Légende vivante du jazz traditionnel anglais, Chris Barber apporte son concours au trombone. Pete assure les vocaux d’"It's all over now". Il est soutenu par l'inénarrable Zoot Money aux claviers ; mais ce dernier n’y tient plus et chante "Never make your move too soon" ainsi que "It never rains but it pours". Une bonne entrée en matière. Johnnie Johnson est un guitariste anglais (NDR : ne pas confondre avec le pianiste noir de Chuck Berry). Il vient faire son numéro de rockabilly tout au long de "Be-bop beauty". La silhouette de l'extraordinaire bassiste des Who, John Entwistle (NDR : il est décédé en juin 2002), se faufile pour rejoindre le drummer Zak Starkey (NDR : le fils de Ringo Starr), le claviériste Rabbit Bundrik (NDR : il a milité chez Free, Back Street Crawler et dans un passé plus proche, le Who) et le jeune chanteur/guitariste Gary Nuttall (NDR : c’est également le gratteur de Robbie Williams). Imprimé sur un tempo rapide, leur cocktail de rock'n'roll et de blues est excellent. La vedette d'un jour fait son apparition. Timidement. Il semble être étonné d’être ainsi mis sous les feux de la rampe. Il semble souffrir d’insuffisance respiratoire. Manifestement sa santé n’est pas au mieux. Bien assis derrière l'orgue Hammond, Tony Ashton chante le blues lent "One room country shack", avant d'aborder l'instrumental "Mercy mercy". Ses interventions sont impeccables, mais il semble perturbé. L'émotion, probablement. Pour le dernier blues lent "No money down", Laurie Wisefield (NDR : ex- Wishbone Ash) excelle aux cordes. Place ensuite à The Company of Snakes. En fait une variante de Whitesnake. C’est à dire l’organiste Jon Lord, le drummer Ian Paice, les guitaristes Mick Moody et Bernie Marsden ainsi que le bassiste Neil Murray ; le chanteur Robert Hart reprenant le rôle de David Coverdale. Toute cette équipe se réserve six plages qui trempent manifestement dans le hard rock teinté de blues. En fin concert, on assiste à la reformation du trio Paice, Ashton and Lord. Il se fend d’une reprise du fameux "Resurrection shuffle". Ashton semble bouleversé. Il devait malheureusement nous quitter quelques mois plus tard.

Lynyrd Skynyrd

Sweet home Alabama (Dvd)

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La genèse de Lynyrd Skynyrd remonte à 1964. Elle commence du côté de Jacksonville, en Floride. Ronnie Van Zant, Gary Rossington et Allen Collins en sont les concepteurs. Le choix de leur patronyme est emprunté au nom de leur professeur de gym du collège, Leonard Skinner. La formation arpente les états du Sud ; mais il faut attendre 1973 pour qu’elle soit découverte par le déjà notoire Al Kooper. Il leur permet de signer chez MCA et d’enregistrer toute une série de maquettes. Ce qui leur permettra de concocter l'elpee "Pronounced Leh-nerd skin-nerd", un premier opus recelant déjà les futurs classiques "Simple man" et l’incontournable "Free bird". Le second long playing, "Second helping", recèle "Sweet home Alabama", un morceau qui deviendra le symbole de leur engagement, et puis "Workin' for MCA". Enregistré sous la forme d’un clin d’œil adressé à leur label, ce titre ouvre alors tous leurs concerts. A partir de "Nuthin' fancy" et "Gimme back my bullets", leurs compos introduisent alors et de manière permanente un trio de choristes féminines. L'originalité du combo procédait principalement de la présence de trois guitaristes. Des solistes ! Qui se relaient ou rivalisent à l'avant-plan, multipliant les duels de cordes. En 1976, paraît "One more from the road", un double elpee ‘live’. Le band est alors au sommet de son art. Et ponctue ce début de gloire par la sortie de l’album "Street survivors", début octobre 1976. Malheureusement, le 20 du même mois, leur avion privé se crashe au milieu des swamps de Gillsburg, dans le Mississippi. Le chanteur Ronnie Van Zant, le guitariste Steve Gaines et sa sœur choriste Cassie y perdent la vie. Les autres sont meurtris. Il faudra attendre dix ans avant de voir la reformation du groupe sudiste. Et c’est le jeune frère de Ronnie, Johnny Van Zant, qui reprend le rôle de vocaliste.

Les émissions de la TV allemande ‘RockPalast’ appartiennent à l'histoire de la musique rock. Leurs débuts étaient baptisés ‘Rockpalast nights’. Deux fois par an, elles diffusaient l’intégralité des concerts accordés par trois artistes différents. En 1981, un festival vient s’ajouter à la grille des programmes. Organisé en plein air, il se déroule au bord du Rhin dans un amphithéâtre : ‘The Lorelei’. Lynyrd Skynyrd s’y produit en 1996. Johnny Van Zant est devenu la nouvelle figure de proue. Du line up initial, il ne reste que trois membres : le guitariste Gary Rossington, le claviériste Billy Powell et le bassiste Leon Wilkinson. La formation emblématique de southern rock a conservé le front de trois solistes. Ed King et Allen Collins ont été remplacés par Hughie Thomasson ainsi que le flamboyant et longiligne Rick Medlocke (NDR : ce dernier avait été le leader d’une autre formation sudiste notoire : Blackfoot). Enfin, deux choristes soutiennent les vocaux. Devenu plus hard, voire métallique, Lynyrd Skynyrd restitue quatorze chansons dont les grands classiques, en fin de parcours. Et notamment le lent et majestueux "Simple man," "Sweet home Alabama et la longue fresque "Free Bird". Ce sont également les meilleurs moments du concert. Mais l’intérêt majeur de ce Dvd procède de la présence d’un set accordé par le groupe avant l’accident. Il date du 5 octobre 1975. Ce témoignage avait été immortalisé par l’équipe du Rockpalast au Musikhalle de Hambourg. Y figurent trois plages d'intérêt historique : "Workin' for MCA", "Free bird" et l’inévitable "Sweet home Alabama". Les musiciens de LS étalent alors la fraîcheur, la fougue et le dynamisme de leur jeunesse. Ils sont très complices. Notamment les gratteurs Gary Rossington, Allen Collins et Ed King (NDR : il avait quitté le band avant l'accident fatal). Bref, la prestation est extraordinaire.

Lynyrd Skynyrd est pourtant un groupe maudit. Il faut croire que le sort continue à s’acharner sur les musiciens. Depuis leur passage au ‘Lorelei’, le bassiste Leon Willkeson a été retrouvé sans vie dans sa chambre d'hôtel. En 2001. Le guitariste Hughie Thomassonet et l'organiste Billy Powell ont tout deux succombé à une crise cardiaque. Le premier en septembre 2007 ; le second en janvier dernier. Atteint d’un cancer, le nouveau bassiste, Ean Evans, s’est éteint ce 6 mai. Mais ‘the show must go on’! Lynyrd Skynyrd a signé un contrat chez Roadrunner, et devrait sortir un nouvel opus en septembre 2009. Il s’intitulera "God & guns". Ne vous inquiétez pas si on ne vous en parle pas davantage, ce label n’accorde aucune importance à la presse francophone et encore moins aux websites… 

 

Old Crow Medicine Show

Tennessee pusher

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Old Crow Medicine Show pratique un style qui répond au qualificatif d’americana. Un style qui puise ses sources profondément dans la tradition yankee ; même si discrètement, il affiche une attitude rock’n’roll. Il y a une dizaine d'année, le quintet a quitté New York pour se fixer à Nashville, dans le Tennessee. Et dès leur arrivée, les musiciens commencent à fréquenter les lieux sacrés de la musique country.

Edité en 2004, leur premier elpee est éponyme. Intitulé "Big iron world", le second paraît en 2006. « Tennessee pusher » constitue donc leur troisième. Il a été mis en forme par Don Was  (Rolling Stones, Bob Dylan, Bonnie Raitt,…) Et son travail de production est franchement impressionnant. Les Crows me paraissent encore bien jeunes. Leur énergie débordante invite parfois à se secouer sur la piste de danse. A l’instar de l’ouverture tonique "Alabama High test". Un morceau presque rock'n'roll, au cours duquel la slide s’insinue et le violon détonne. Ou encore de l’allègre "Humdinger". Le groupe jouit s’un solide potentiel d’écriture. Il me rappelle même Bob Dylan, à ses débuts, lorsqu’il était soutenu par le Band. 

Harmonica aux tonalités aigues et orgue colorent judicieusement "Highway halo". "Lit him up" baigne au sein d’un climat troublant. Ketch Secor et Willie Watson se partagent les lead vocaux ainsi que les guitares acoustiques, l'harmonica et le violon. Une des voix est plus frêle, mais elle est saturée d'émotion. Longue fresque sonore, "The greatest hustler of all" me rappelle les plus jolies ballades des Rolling Stones. Celles composées à l’époque de "Sticky fingers" voire d’"Exile on main street'". Au cours desquelles banjo, harmo et slide guitare faisaient bon ménage. Un profil qu’on retrouve sur "Crazy eyes". L’elpee recèle quelques compos personnelles. Qui possèdent un potentiel commercial indéniable. A l’instar su superbe "Methamphetamine". Si le courant principal de leur musique traverse le plus souvent la country de Nashville, le honky tonk et le bluegrass ont également leur place. Banjo et violons balaient ainsi "Next go round" alors "That evening sun" bénéficie des interventions limpides de Gill Landry à la slide, et à nouveau d’une envolée d’archets. L’Old Crow Medicine Show emprunte également et régulièrement la route de Memphis, pour y puiser à d’autres sources plus proches du blues et du rock. "Motel in Memphis", le country/blues énergique "Mary's kitchen" et le titre maître en sont les plus parfaits exemples. Ce superbe album s’achève par "Caroline", une compo aux accents dylanesques particulièrement prononcés…

 

The Prodigy

Invaders Must Die

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La Big Beat serait-elle tentée de revenir sur le devant de la scène ? Une chose est sûre, The Prodigy n’a pas encore baissé les bras, malgré l’échec d’« Always Outnumbered, Never Outgunned », essuyé en 2004. Il aura donc fallu attendre 5 années avant que la formation anglaise ne se mette à nouveau au travail. Liam Howlett laissé seul en 2004, on enregistre donc, pour la circonstance, au come-back de ses deux acolytes Keith Flint et Maxim. Et pour cette nouvelle rondelle, les Britons ont décidé de mettre les bouchées doubles ! « Invaders Must Die » est un titre qui fait peur. On sent d’ailleurs radicalement la terreur auditive répandue par The Prodigy! De quoi rassurer les fans qui espéraient un retour aux sources du combo. Voire même en forme et en force des allumés de l’électro ! Malheureusement, malgré un son énorme, des basses acides et des synthés furieux, le phénomène anglais semble avoir pris un sacré coup de vieux. Dans ces conditions, difficile de convaincre d’autres mélomanes que les aficionados les plus invétérés…

 

The Seatsniffers

Turbulence

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The Seatsniffers est un groupe de roots rock. Belge, de surcroit. Et surtout excellent. Leur mélange de r&b et de rockabilly est percutant et énergique. Le guitariste Walter Broes et le saxophoniste Roel Jacobs mènent la barque. Ils sont soutenus par une section rythmique en béton assurée par les frangins De Houwer : le drummer Piet et le bassiste Dierk ‘Bop’. Paru en 1997 sur le label belge Rowyna (NDR : où es-tu Jeroen?), leur premier elpee était éponyme. Au sein de la discographie des Sniffers, on inventorie de nombreux singles et même un vinyle d’un diamètre de 25cm intitulé "R&R covers". Depuis 2003, ils sont passés chez Sonic RendezVous, une écurie pour laquelle ils ont gravé le ‘live’ "Flavor Saver", l’elpee studio "Let's burn down the Cornfield full" et réédité leurs trois premiers opus.

Attachez bien vos ceintures, "Turbulence" nous invite pour un nouveau voyage au cœur des années 50. Walter Broes signe la majorité des titres. Il se charge, en outre, du mixing et de la production. La machine s'envole dès les premiers accords de "Git'r done". Walter chante, talonné de près par le souffle de Roel. "She's mine" est sculpté dans le rock'n'roll le plus pur. Il aurait même pu alimenter un jukebox de la fin des fifties. "Bangkok" est une compo signée Alex Chilton (NDR : dans une autre vie, il a drivé les Box Tops, avant de militer chez Big Star). Ce r&b sauvage est alimenté par des bruitages insolites. Une technique plutôt inhabituelle chez nos amis anversois. Blues rocker bien rythmé, "I'd wait all over" déborde d’enthousiasme. Les solistes en profitent pour se mettre en évidence, tout en prenant soin de ne pas trop s’écarter d’une ligne de conduite parfaitement tracée. "Woman is her name" marque un retour au rockabilly. La section rythmique est bien mise en évidence. La basse acoustique de Bop est très alerte. Bernd Batke est de nationalité allemande. Il a été invité à partager un duo au chant en compagnie de Walter. Pour "Boat", un morceau qui emprunte le rythme du twist. Bernd sévit également au sein d’une formation country : le Smokestack Lightnin'. Il partage avec Peter Hoppe un projet répondant au patronyme de Slackwax. Ce duo est notamment responsable d’un drôle de mélange entre blues, country et électronique. Et a commis une version originale du "On the road again" de Canned Heat! Mr Broes prend la liberté de pincer ses cordes à la manière du maître, Albert Collins. "(You need a) Checkup from the neck up" nous invite à suivre les traces du pub rock. Celui du Dr Feelgood originel. Broes y joue même le rôle de Wilko Johnson. Pas de saxophone pour la cover du "Dark in my heart" de Lee Hazlewood. Un titre plus pop/rock. L'étau rythmique ne desserre jamais l’étreinte. Un regret ? La brièveté des morceaux. Bien sûr, ils sont efficaces ; mais cette « Turbulence » nous laisse un peu sur notre faim. Faut dire que si elle est dédiée à la mémoire de James Brown, Link Wray et Ike Turner, elle ne dure que moins de 30'...  

 

Sholi

Sholi

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Sholi, trio originaire de Californie, rejoint All The Saints dans le rang des dernières trouvailles du label Touch & Go. Bien qu’ils soient moins exposés médiatiquement que des Crystal Antlers, The Uglysuit ou Mi Ami, les trois gaillards se défendent presque aussi bien que leurs camarades de classe. Presque, car si ces derniers s’en sortent en justifiant des notes allant de 7 à 9/10, Sholi inscrit dans son carnet une petite mais respectable moyenne de 6,5/10. Leur assiduité aux cours d’histoire de rock expérimental, option free-jazz et psychédélisme, leur permet de marquer pas mal de points.

Bien assisté par leur directeur de thèse, Greg Saunier (Deerhoof), Sholi jongle avec les formules, passant d’interpolations folk aux équations math-rock sans la moindre difficulté. Le travail des trois confrères se distingue particulièrement au niveau de l’introduction (« All That We Can See », « Tourniquet ») et de la conclusion (« Contortionist »). Quelques erreurs d’attention (« November Through June », « Out Of Orbit »…) privent malheureusement le trio de la note maximale. Mais un 6,5/10 permet largement à Sholi d’entrer dans la cour des grands.

Eels en streaming sur son Myspace

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L’intégralité du nouvel album d’Eels, « Hombre Lobo » est en écoute sur son site MySpace : http://www.myspace.com/eels jusqu’au premier juin. Qu’on se le dise…

 

Coup de bluff ou véritable coup de maître ?

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Annoncé par la presse française comme la version hexagonale d’Animal Collective voire d’Of Montreal, Montgomery a publié un nouvel album il y a peu. Intitulé « Stromboli » il puise ses sources dans la quintessence de la musique rock indie américaine, même si les textes sont chantés dans la langue de Molière. Et le résultat est tout à fait surprenant. Jetez un œil sur leur MySpace pour vous faite une petite idée. (www.myspace.com/chezmontgomery)

Et pour voir la vidéo de leur clip « Six bonnes raisons » : http://www.dailymotion.com/video/x9anvf_montgomery-clip-6-bonnes-raisons_music

 

Chickentfoot : Et mon pied, c’est du poulet ?

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Plus qu’une dizaine de jours avant de pouvoir enfin découvrir l’album de Chickenfoot, le super groupe américain composé de Sammy Hagar (Van Halen, Montrose) au chant, de Michael Anthony (Van Halen) à la basse, de  Chad Smith (Red Hot Chili Peppers) à la batterie et du virtuose Joe Satriani à la guitare.

Le CD sortira en Belgique le 8 juin, mais les impatients peuvent déjà en écouter quelques morceaux sur  http://www.myspace.com/thechickenfoot ou regarder une vidéo promotionnelle hilarante sur http://www.chickenfoot.us/12days

A noter que le groupe sera aussi en concert en Belgique dans le cadre du Graspop Metal Meeting, le dimanche 28 juin, sur la scène principale !

 

 

Les Wampas

Les Wampas : là où ils passent, la foule trépasse…

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Une des raisons pour lesquelles j'apprécie tout particulièrement le Botanique, procède de la présence de sa terrasse en plein centre ville. Surplombant les jardins verdoyants, on y croise une grande variété d’individus : du bobo au gonzague, du discret à l'excentrique, du parfait inconnu à la star du soir, en personne. Ce jeudi 28 mai les quidams gravitant autour des tables en bois, nous poussent à une petite analyse sociologique savoureuse. Suivant le look affiché, on distingue clairement les penchants musicaux. A ma droite, à la Rotonde, se produit Deerhunter, un groupe pop/rock un brin intello. La tendance de ses fans est au NERD : slim, Halfcab et fluo à profusion. A ma gauche, l'Orangerie. Les mythiques Wampas y sont programmés. Leur apparence extérieure est moins léchée : bermuda, tatouages à gogo et t-shirt destroy. Ok, on va prendre à gauche et suivre le troupeau d'allumés.

Le show commence à 20h30. Que dis-je ? Le règne du Roi Didier. A l'avant, ça pogote déjà ferme sur les premiers accords du "Télégramme de Brest". Ca promet. Il fait vite moite, et les saturations des comparses ne viennent en rien alléger l'ambiance. S'étalant sur plusieurs albums, leur répertoire enchaîne les vieux classiques tout en balançant les dernières perles de leur elpee paru début de l'année : "Les Wampas sont la Preuve que Dieu Existe". Suivant son habitude, Didier Wampas se chauffe un peu avant de bondir vers son public. Il ne lui faudra que quelques chansons seulement. Coiffé d'un chapeau de cow-boy doré, il est en parfait accord avec son futal de la même couleur. Complètement moulant, ce vêtement nous dévoile avec une fausse pudeur, les attributs du chanteur. Vous avez dit bon goût ? Oubliez ce mot si vous décidez un jour d'assister à un concert des Français. Tout le spectacle est démesuré, exacerbé jusqu'à son paroxysme. Les guitares perforent nos tympans ; et il est d'ailleurs amusant de constater que derrière les quatre éternels accords du groupe, se cachent quand même trois guitaristes.

Pour soutenir les 18 cordes (+ les 4 de la basse), s’agite un préposé aux fûts. Il les maltraite comme c’est pas possible. Et puis, il y a Didier Wampas au chant, très fier de ne pas aligner deux accords justes. Les oreilles souffrent, mais l'énergie libérée au fur et à mesure du show, entretient dans la salle entière, une ambiance de malade dégénéré. Les valeureux guerriers de l'avant ne cessent de s'entrechoquer et de s’aventurer dans le stage dive. Quel que soit le morceau balancé, le public l'accueille dans la liesse. De "Les Bottes Rouges" à "I Hate Switzerland", en passant par "Touche Pipi", "Ce Soir, C'est Noël", "Kiss" ou "Elle est Ou ma Loge ?", Didou harangue sans cesse son audience. Il la fait vibrer et ne fait pas dans le détail. Il carbure au contact physique et à l'acrobatie, le vieux saligaud. Empilant les enceintes retour les unes sur les autres, il se construit une tour d'où il toise son peuple. Plus tard, il fait descendre un rack de transport en plein milieu du public pour y grimper. Il vient au contact. Il veut le voir de près, le toucher. Il se délecte rituellement de faire le tour salle en embrassant tout le parterre. C'est l'hilarité générale. Sa Sainteté Didier n’est plus aimé ce soir, il est adulé. Et c'est sur un trône improvisé en chaise plastique, qu’il recommence le circuit afin de saluer ses ouailles.

Les Wampas sont généreux. Autant dans l'énergie que la bonne humeur. Tout est pris à la dérision et l'irrévérence constante; ce qui est résolument la marque de fabrique du groupe. Les Wampas n'ont donc pas failli à la seule règle qu'il respecte : no rules ! A 22 h les lumières se rallument, après deux rappels quand même. On quitte la cour de récréation. Il y plane un parfum écœurant de fauve. C'est que si la bière à coulé à flots, la sueur n'avait rien à lui envier.

Organisation : Botanique

Richard Swift

The Atlantic Ocean

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En prenant connaissance, au sein du booklet, de la liste des invités prestigieux qui ont participé à la confection de cet opus, on est en droit d’attendre une œuvre de qualité. La présence de Ryan Adams, Sean Lennon, de membres de Wilco et de musiciens de Sufjan Stevens, ainsi que du producteur Mark Ronson et celui de The Walkmen a quand même de quoi laisser pantois. Bref, il faut croire que Richard Swift était sûr de son coup.

Toujours établi dans son Oregon natal, Richard Swift a aussi convié quelques spectres. Notamment ceux de Randy Newman, Paul McCartney ou encore son idole de toujours Prince. En fait, s’ils ne sont pas présents, ils hantent constamment cette œuvre. Echafaudée sur un axe batterie/piano/basse, sa musique courtise également un zeste de banjo, du mellotron ainsi que des claviers susceptibles de déraper dans le délire (« Hallelujah, Goodnight ! ») ou dans l’espace galactique. Sa force mélodique est intacte. En extrapolant, ces chansons auraient peut-être pu être composées par les Beatles, si le quatuor existait encore en 2009. Ce cocktail de classique, d’étrange et d’émotion permet à la musique d’atteindre une autre dimension. Bref, revenons donc sur terre pour le point d’orgue de cet elpee, « The Atlantic Ocean » une ballade enregistrée à New-York sous la houlette de Mark Ronson. Autre perle, « Ballad of Old What’s Name » a reçu la participation de Sean Lennon et de membres de Wilco. Le label Secretly Canadian n’en n’est plus à une merveille pop près. Après avoir propulsé les ultra-doués Jens Lekman, Damian Jurado et Scout Niblett, il continue de prendre soin de nos oreilles. Et on ne peut que le remercier.

Responsable de quelques elpees déjà très réussis, à ce jour (NDR : notamment « The Novelist », « Walking Without Effort » et « Richard Swift as Onasis »), Richard Swift vient de réaliser son œuvre la plus aboutie à ce jour : « The Atlantic Ocean ». Qu’on se le dise !

Depuis quelque temps, la musique des 70’s est remise au goût du jour. Mais le plus intéressant, c’est que le résultat tient la route. Il est même souvent excellent. Sans doute parce que ce sentiment d’intemporalité a refait surface. Et que les artistes cherchent à nouveau de décrocher un ‘classique’. ‘Let the record go on’ comme le chante si bien Richard, au sommet de sa forme, sur « Ballad of Old What’s Name »…

 

aMute

Infernal heights for a drama

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Cinq années déjà que le Montois Jérôme Deuson (aka aMute) mène sa barque. Parus sur le label montréalais intr-Version, ses deux premiers albums lui avaient permis d’acquérir une certaine notoriété sur la scène internationale ; mais surtout de tourner un peu partout dans le monde. Fort de cette expérience, le Belge décide de développer le concept aMute et de le transformer en un véritable collectif. En 2008, le line up d’aMute s’enrichit donc du bassiste Samuel Volan, du guitariste/claviériste Thomas Venegoni et du drummer Stéphane Fédèle, Jérôme se concentrant dorénavant sur la gratte, le laptop et le chant.

Première constatation, « Infernal heights for a drama » met davantage en évidence les six cordes. Electriques et acoustiques. S’enfonçant dans un univers sonore sis quelque part entre psyché folk (NDR : « Begone » en est le plus bel exemple !) et électronica rock. Un univers fait d’une succession de paysages rudes, mélancoliques, passionnants, véritable antidote contre la monotonie. Construit sur un crescendo, l’excellent « Enclosed movements/ Inner you » s’étale sur dix minutes, et s’achève dans un chaos totalement apocalyptique. Mais le sommet de cet elpee est atteint sur « Spread ». A cause de ses envolées somptueuses. Mais surtout de la superbe voix de Deuson, qui communique une palette d’émotions particulièrement ample.

Pour enregistrer son troisième opus, Jérôme Deuson a reçu la collaboration de musiciens qui partagent une vision musicale plus ou moins semblable. Et notamment le guitariste d’Apse, Robert Toher (« Break »), Bryce Kushnier (VitaminsForYou) ainsi que Mitchell Akiyama (Désormais). Tiens, tiens, des Canadiens. On comprend mieux ainsi pourquoi la presse spécialisée compare de plus en plus AMute à Apse, Barzin, ainsi qu’à la majorité des groupes issus du label Constellation.