La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Dr Wu

Texas Blues Project Vol 1

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Ce projet est le fruit de la collaboration entre deux amis texans qui jouent ensemble depuis trente ans au sein de diverses formations, et ont coécrit plus de 200 chansons. Jim Ashworth et Bryan Freeze ont baptisé ce nouveau concept Dr. Wü, en référence à une chanson de Steely Dan, autre duo constitué des célèbres Donald Fagen et Walter Becker, régulièrement épaulés par de brillants musiciens. Ashworth et Freeze ont donc décidé d’adopter cette même philosophie en engageant des collaborateurs issus de leur bonne ville de Forth Worth (NDR : c’est près de Dallas !) Surprise, lorsqu’on consulte les notes du booklet, on constate que Bryan Freeze joue de toute une série d’instruments différents, alors que Jim Asworth est crédité de ‘nothin'’ ; autrement dit, il ne joue de ‘rien’ ( ?!?!?!). Le duo signe toutes les chansons. Une exception, une ! Omniprésents, le chanteur Charlie Bassham et le bassiste Gary Owen participent cependant parfois à l'écriture.

L’opus s’ouvre par le puissant "I don't need no woman like you". Buddy Witthington, concitoyen célèbre, crache des flammes à la guitare. Pas pour rien qu’il est un Bluesbreaker indissociable de John Mayall depuis 15 ans. Charlie Bassham se révèle excellent chanteur. "Stop your lyin" manifeste davantage de sérénité.  La voix de Charlie reste claire. Il pousse ses cordes vocales en affichant beaucoup d'autorité et d'aisance. Gary Grammer souffle dans son harmonica. Freeze se réserve les guitares. La seule cover a été immortalisée en public : le "Jacksboro highway" de Gary Nicholson. Buddy Whittington se taille à nouveau la part du lion. Sa voix est surpuissante. La slide bien présente et créative. Jacksboro Highway était un strip bar de Fort Worth, dans les fifties. De nombreux bluesmen comme Jimmie Reed, Ray Sharpe et Delbert McClinton s'y produisaient. "I don't care blues" est un bon blues rythmé inspiré par le Delta. Grammer est à l'harmo et Rollo Smith, autrefois gratteur des Naughty Sweeties, maîtrise divinement la slide. Ballade séduisante, "Sister blue" trempe dans le R&B. Bassham semble incarner le troisième homme du projet. Une révélation au chant ! Bryan Freeze siège derrière l'orgue Hammond. Le bassiste Jerry Hancock (ex-Smokin' Joe Kubek Band) et le drummer Mike Kennedy (un ancien du Freddie King Band) forment la section rythmique. Elle déborde de groove. Blues rocker, "I wanna love you" est balisé par la guitare de Lee Pickens. Très roots, "When I get to heaven" nous replonge dans le Delta blues. Les cordes du même Pickens sont bien amplifiées. Ce gratteur milite toujours chez Bloodrock, une formation de hard rockin' blues ayant vécu naguère, dans cette ville de Fort Worth, un succès certain ; et qui se reforme épisodiquement. Entretenu par le saxophone de Rodney Bowens, "The fool around" est un R&B dansant. "Storm watch warning" constitue enfin le long slow blues attendu. La démarche dramatique est marquée par la guitare de Danny Hubbard et l'orgue Hammond omniprésent de Red Young (NDR : membre de Red & the Redhots). De sa voix grave et expressive Charlie domine ce grand blues ! Ce recueil demeure intéressant jusqu’à son terme. Légèrement funky, "Come back baby!" est à nouveau nappé par l'orgue de Red Young et balayé par les cordes du brillant Stephen Burton (remember Storyville!). Le pétillant "High maintenance baby" s’avère une des meilleures plages de l’opus. Le talent de James Pennebaker est ici mis en exergue. Cet autre gratteur subtil et impeccable est un ancien partenaire de Leroy Parnell et Delbert McClinton. Buddy Whittington opère son retour en compagnie de Mouse Mayes, un ancien de Black Oak Arkansas et de Point Blank, pour accorder l’inévitable "Nothin' like Texas blues", une sorte de résumé de cette œuvre. A suivre, car Dr. Wü envisage déjà un deuxième volume de ce projet. En attendant, je vous invite à vous régaler en dégustant cette solide tranche de blues texan.

Newton Faulkner

Hand Built by robots

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A 23 ans, Newton Faulkner a de quoi se faire remarquer: des dreadlocks abondantes, une voix et un jeu de guitare particulier. A l'écoute de « Hand built by robots », il est difficile d’imaginer que son premier groupe reprenait exclusivement le répertoire de Green Day. Aujourd’hui, l’ancien élève d’Eric Roche cite Pearl Jam et Joni Mitchell parmi ses influences et on le croit volontiers. Si on fait abstraction des singles tels que « Dream catch me », « All I got » ou « I need something » qui rappellent étrangement la pop de Lifehouse, on ne peut nier à Faulkner un véritable talent de songwriter dans ses chansons les plus folk. S’accompagnant efficacement d’une guitare subtile (picking) et dynamique (l’utilisant comme percussion également), le chanteur est capable de titres plus proches de Ben Harper ou Jack Johnson (« Gone in the morning », « UFO ») voire des Beatles, comme sur le très court « She’s got time », véritable bouffée d’air dont la comparaison à « I feel fine » semble incontournable. La reprise de « Teardrop » (Massive Attack), acoustique à la manière de celle de José Gonzales, mérite aussi qu’on s’y attarde. Généreux (17 titres, dont trois interludes instrumentaux) et, quoi qu’en dise le titre, profondément humain, “Hand built by robots” est un disque empreint d’enfance (voir la pochette) mais nullement naïf : ‘I can’t change the world, cause trying to make a difference makes it worse. It’s just an observation I can’t ignore but people should smile more.’

I-tunes: http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=264782547&s=143446

MSN: http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6185744

 

Get the people

Get the people

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Voici le genre d’album qui, à première vue, n’a l’air de rien : artwork bon marché, titres aussi raffinés que « Boob » ou « Man, playing the drums is fun ! »... Sorti l’année passée sans faire de bruit, cet elpee mérite cependant que l’on s’y arrête.

Tout d’abord parce qu’il est l’œuvre d’une formation au sein de laquelle milite Kevin Shea. Celui-ci a été batteur de Storm & Stress. Précurseur du math-rock, ce groupe culte des années 90, a compté dans ses rangs l’excellent guitariste Ian Williams, qui a sévi dans Don Caballero et cartonne actuellement chez les irrésistibles Battles. Vous me suivez ?

Que reste-t-il de cette période d’expérimentations forcenées? A vrai dire, pas grand-chose. On reconnaît tout de même, dans le jeu de Kevin Shea, un souci constant de déstructurer ses rythmiques à coups de breaks étranges et de ralentissements inattendus. En outre, on retrouve par intermittence, dans le phrasé de Ben Simon (chant-guitares), mi-chanté mi-susurré, une proximité avec l’univers de Storm ans Stress.

Malgré cette remarque, l’ambiance générale est plutôt à la pop décontractée, à écouter un après-midi ensoleillé d’école buissonnière, à l’ombre d’un pommier. Retenant plutôt des années nonante la nonchalance iconoclaste de Pavement (référence évidente) que les figures de style math-rock, Get The People évolue sans complexe sur des chemins certes déjà défrichés, mais toujours excitants. De véritables perles pop se glissent ainsi parmi ces 17 titres. On retiendra surtout le morceau d’ouverture, « Got a Lot of Love », le grisant « Bodies » évoquant un Mercury Rev première époque, « Starchild and Moonkid » (dont l’air ressemble étrangement à « Knockin on Heaven’s Door »…) ou encore « Strange Love ».

Au final, la réussite de cet album tient dans sa capacité à assumer parfaitement ses références, tout en y injectant une production subtile évitant de tomber dans la lo- fi bon marché. S’il n’est pas ici question de révolution, on retiendra l’équilibre entre expérimentations et luminosité pop qui vous fera revivre une belle page de l’histoire du rock indépendant. 

Hrsta

Ghosts Will Come and Kiss your Eyes

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Groupe formé en parallèle à Godspeed You ! Black Emperor par son guitariste Michael Moya, Hrsta prend ici une direction radicale, et bienvenue. Délaissant depuis un moment une écriture post-rock certes subtile mais éprouvée, la formation semble avoir enfin conquis une voie personnelle et troublante. Du flou initial, entrelacs de guitares en échos et orgues désespérés, émergent au fil des écoutes des perles mélodiques définitives, magnifiquement pensées et produites.

« Entre la Mer et l’Eau Douce », est l’instrumental qui ouvre le voyage sur quelques notes d’orgue bouleversantes, dont les cliquetis viennent rythmer la complainte. Ce morceau ne pourrait mieux porter son titre, oscillant à l’image du disque entre douce torpeur et déchaînement émotionnel, entre rivière tranquille et océan déchaîné. « Beau Village » et « The Orchard » sont deux bijoux de poésie lugubre, à la construction à la fois complexe et minimaliste, reposant sur une guitare folk hypnotique rehaussée de sons divers, de notes épurées d’orgue ou de contrebasse. La voix de Michael Moya, identifiable entre mille, est androgyne et envoûtante, d’une sensibilité à fleur de peau. Elle pourra énerver certains mais en mettra d’autres à genoux. Après un second instrumental en apesanteur (« Tomorrow Winter Comes »), Hrsta nous surprend par une ballade acoustique néoclassique (« Haunted Pluckley »), et surtout « Hechicero del Bosque ». Ce morceau, beau à pleurer, accueille enfin une batterie pour se diriger d’une complainte fantomatique, incantatoire, fière et triste, vers des contrées post-rock, dont la tension est subtilement gérée.

La grande force de Hrsta repose sur sa façon de combiner respirations et apnées, notes tendues et silences habités, que peu d’artistes semblent pouvoir égaler. Je pense notamment aux albums solo de Mark Hollis et aux derniers de Talk Talk ou aux deux premiers opus du collectif Silver Mount Zion, avant que le chant et l’électricité ne reprennent le dessus, et sans le côté chorale baba cool.

L’ensemble garde un niveau exceptionnel, jusqu’au final, un « Holiday » décharné repris aux Bee Gees, qui nous laisse à la lisière de cette forêt éprouvante, fatigués mais conquis. Ce final s’inscrit à merveille dans l’ambiance de fin du monde d’un album ultime et splendide, faisant de Hrsta, à l’instar de Do Make Say Think, les représentants actuels les plus excitants du mythique label.

I might be wrong

It tends to flow from high to low

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« I might be wrong », c’est le titre de l’une des chansons de Radiohead. C’est également le patronyme d’une formation allemande. Une formation qui a expérimenté diverses formules avant de trouver sa propre voie. Constamment à la recherche de la pureté sonore, elle vient ainsi de commettre un premier opus intitulé « It tends to flow from high to low », un disque qui a reçu le concours de Tobias Siebert à la production. Paru sur le label Sinnbus Records (Troy Von Balthazar), il bénéficie, en outre d’un graphisme et d’un design particulièrement accrocheur.

Responsable d’une pop/electro riche, mais également empreinte de douceur, de charme et de mélancolie, le groupe semble manifestement influencé par Notwist ou encore Lali Puna. Son efficacité instrumentale et lyrique est surprenante. Splendide et chaleureux, le timbre vocal de Lisa von Billerbeck coule à merveille sur les ondes sonores balayées de beats electro et d’arpèges.

Après quelques notes de cuivres ternes et froides, « Always North » glisse naturellement vers l’énergie naturelle et les ondes positives du groupe. Une ligne de beat electro balise « Repeat Rewind », une compo où vient se suspendre une guitare déterminée. Et ce n’est pas parce que « We don’t wear colours » que ces Teutons broient du noir. Paradoxalement, cette plage dont la jolie mélodie est mélangée à la voix touchante de Lisa von Billerbeck, suscite la vision d’un univers peint aux couleurs de l’arc-en-ciel. Et tout au long des 10 plages de l’elpee, la formation manifeste une grande sensibilité qui ne demande qu’à s’évader, à explorer et même à exploser.

Bien que très influencé par ses pères spirituels (NDR : les mauvaises langues diront que le combo manque d’originalité), I might be wrong ne peut laisser indifférent. Personnellement, j’estime que pour un premier essai, “It tends to flow from high to low” est une réussite. Espérons maintenant que le temps des incertitudes et des tergiversations soit révolu pour l’ensemble germanique ; histoire enfin de pouvoir se frotter à d’autres cordes sensibles et nous faire partager des petits moments de bonheur !

Jahcoustix & Dubios Neighbourhood

Grounded

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Dominik Haas alias Jahcoustix n’est pas jamaïcain mais il aime le reggae. Il faut dire que ce dernier le lui rend bien puisque ce disque a rencontré un énorme succès dans son Allemagne natale. Notre homme a vécu de nombreuses années en Afrique et c’est peut-être pour cette raison que ses paroles embrassent les thématiques afrocentristes du Rastafarisme. « Grounded » mélange donc habilement un reggae roots classique et des éléments de pop, de jazz et de soul. Rien d’original (quelques titres s’inspirent un peu trop de Finley Quaye), mais c’est un disque raffiné et aux mélodies agréables, bien porté par la voix de Jahcoustix. Si le style pratiqué navigue quelque part entre les harmonies douces des trios vocaux jamaïcains et une version light d’Horace Andy, on doit quand même y ajouter un zeste de Jacob Miller. Idéal pour débuter en reggae, avant de s’aventurer du côté des maîtres, largement cités (c’est un euphémisme) sur « Grounded ».

Diana Krall

The Very Best Of

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« The Very Best Of » de Diana Krall retrace une carrière longue de 15 ans et des poussières en 15 morceaux. Bien que la chanteuse et pianiste jazz originaire de Colombie britannique fasse un carton aux States, elle ne rencontre qu’un succès très relatif en Europe. Un désintérêt qui s’explique peut-être par le fait que la jeune femme, à l’instar de bien d’autres artistes jazz commercial, se contente de picorer dans l’assiette des autres au lieu de prendre l’initiative de concocter un plat original. Théorie prouvée par Norah Jones et autres Katie Melua, qui aujourd’hui récoltent tranquillement le fruit d’un vrai labeur.

Ce best of recèle donc 15 classiques du genre, réinterprétés avec cœur par la donzelle. La collection compte « The Look Of Love », « I’ve Got You Under My Skin », « ‘S Wonderful », « Fly me To the Moon » et autres titres inoubliables dont les interprétations originales se suffisent largement à elles-mêmes. Bien que l’ensemble soit très pro, hyper bien produit et joliment interprété, « The Very Best Of Diana Krall » n’en reste pas moins un disque de jazz de salon qui s’écoute d’une oreille inattentive. Dispensable…

Tegan and Sara : non ce n’est pas une arnaque !

Écrit par

Tegan et Sara Quin sortiront leur nouvel album ce 14 mars 2008. Il s’intitulera « The Con » (NDR : ben non, ce n’est pas ce que vous pourriez penser) et constitue déjà leur cinquième essai. Les jumelles canadiennes se produiront, en outre, au Botanique de Bruxelles ce 18 mars.  

Pour voir le clip :

http://www.youtube.com/watch?v=l7nsnnf7cZg

Tracklist:

1) I was married

2) Relief next to me

3) The con

4) Knife going in

5) Are you ten years ago

6) Back in your head

7) Hop a plane

8) Soil, soil

9) Burn your life down

10) Nineteen

11) Floorplan

12) Like O, like h

13) Dark come soon

14) Call it off

 

Pour plus d’infos : http://www.teganandsara.com

 

Coup d’accélérateur pour R.E.M.

Écrit par

Le nouvel opus de REM paraîtra le 28 mars prochain. Le dernier album studio remontait déjà à 2004 ! Ce sera leur quatorzième ! Les sessions d’enregistrement se sont déroulées entre Vancouver, Athènes et Dublin sous la houlette de Jacknife Lee, dont la carte de visite mentionne, notamment,  des collaborations auprès de Bloc Party et Snow Patrol. Bill Rieflin et Scott McCaughey, leurs fidèles membres satellites, sont bien sûr de la partie, pour un elpee annoncé comme marqué par le retour des guitares. C’est une bonne nouvelle !

Et voici quelques clips pour vous mettre en appétit :

http://link.brightcove.com/services/player/bcpid1398218677

http://streamos.warnermusic.com/wmedia/wmbenelux/rem/accelerate/sizzlereel/rem_-_accelerate_-_sizzle_reel_-_pre-release_-_1m01s_-_hi.wvx

http://streamos.warnermusic.com/wmedia/wmbenelux/rem/accelerate/sizzlereel/rem_-_accelerate_-_sizzle_reel_-_post-release_-_1m03s_-_hi.wvx

 

Tracklisting :

1. Living well is The Best Revenge

2. Man-Sized Wreath

3. Supernatural Superserious

4. Hollow Man

5. Houston

6. Accelerate

7. Until The Day is Done

8. Mr. Richards

9. Sing For The Submarine

10. Horse to Water

11. I’m Gonna DJ

 

Pour plus d’infos : http://remhq.com/index.php

 

 

 

(The) Nits

Doing the dishes

Écrit par

Du line up initial des Nits, il ne demeure plus que le chanteur/compositeur/guitariste Henk Hofstede et le drummer Rob Kloet, même si avant de prendre place aux claviers (outre les backing vocals ainsi qu’une participation régulière à l’écriture), en 1989 (e), Robert Jan Stips se chargeait déjà de la production. Et en tenant compte que ce dernier avait tenté une aventure en solitaire, de 1995 à 2003, avant de revenir au bercail. N’empêche, ce qui impressionne le plus, c’est la longévité de cette formation batave née en 1974 et responsable de hits incontournables comme « Nescio », « Adieu Sweet Bahnhof » ou encore « In The Dutch Mountains ». Sans oublier leur créativité scénique unique en son genre.

Bref, ce “Doing the dishes” constitue leur 19ème album. Un opus découpé en 15 fragments. Hormis le mélancolique et ténébreux « Grrr… to you », dont la mélodie imprimée sur un tempo martial peut rappeler Marianne Faithfull, et la ballade lente « Cowboys & Indians », le reste des morceaux adopte un profil up-tempo. Mais curieusement, la voix de Henk emprunte curieusement et très souvent le timbre et même les inflexions (voire le débit) de Mike Scott, à moins que ce ne soit ceux de Bob Dylan. Hofstede joue même presque autant du banjo que de la guitare. L’elpee recèle quand même des plages assez surprenantes dans le chef des Nits. Et notamment le légèrement rockabilly « In Dutch fields », l’hypnotique « I’m a fly », réminiscent des Mothers Of Invention de Frank Zappa, le blues/rock hymnique « Moon Dog » (au cours des 70’s ce titre aurait pu décrocher un hit), l’electro-rock frénétique « The twins », digne de Suicide, et puis « Heart », une chanson mid tempo, feutrée, chantée d’une voix chaude et sensuelle par Robert Jan Stips. Enfin, pour votre info, le titre de l’elpee a été emprunté à une interview accordée par Léonard Cohen, au cours de laquelle il avait déclaré que la musique servait à toutes les occasions. Aussi bien les mariages que les enterrements, et même les occupations quotidiennes comme la vaisselle. Quand au digipack, il a été réalisé conjointement par Henk et Riemske Kuipers. Et franchement, il est très réussi !

MSN: http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6256930

I-tunes: http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=270353349&s=143446

 

 

Oh No Ono

Yesterday Is No Tomorrow

Écrit par

Subtilement intitulé « Yes », le premier ouvrage des Danois de Oh No Ono est du genre difficile à cerner. Vacillant constamment du trop bon à l’insupportable, ce quintet est de ceux que l’on n’arrive ni à détester ni à réellement apprécier.

S’ouvrant sur « The Strawberry Festival », une courte et séduisante intro au piano, « Yes » change entièrement la donne dès les premières notes de « The Shock Of The Real ». Un second morceau au son très 80’s et plus que probablement influencé, comme le reste de la plaque, par Devo, Talking Heads ou XTC. Des influences qui seraient somme toute respectables si la voix haut perchée d’Aske Zidore n’évoquait pas irrémédiablement la pop bubble-gum de Mika.

De par son manque de cohérence et substance, « Yes » est l’un de ces disques anecdotiques recelant quelques petits tubes instantanés taillés pour les ondes FM (« Victim Of The Modern Age », « Practical Money Skills For Life », « Ba Ba Baba Ba Ba Well Anyway »…) et engendrés par une bande de copains dont seul l’entourage suivra la (courte?) carrière à la loupe…

Seabear

The Ghost That Carried us Away

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Seabear débarque du fin fond de la galaxie Morr Music. Le label, hébergeant des excellents artistes tels que B. Fleischman, Ghost, Lali Puna, Ms John Soda,… n’a plus besoin de faire ses preuves. Ses choix sont à coup sur pertinents, et c’est sans aucune hésitation que l’on peut s’enquérir des galettes de leurs poulains. Sans même devoir s’affranchir d’une pré-écoute, on peut le glisser dans son escarcelle et filer tout droit à la caisse, le sourire aux lèvres. Toujours juste, toujours tendre, « The Ghost That Carried us Away » se décompose en douze plages, où la douceur des accords et la voix angélique, presque brumeuse de Sindri Már le leader, se calent avec précision. Les cordes de guitare sèche, dessinent des ballades où clochettes, batterie, banjo, violon et bruits intimistes viennent s’affoler, et s’amuser afin de rehausser encore plus l’univers folk délicat du combo islandais. Une tranche de rêve généreuse –servie dans le plus pur esprit grand-mère complètement bigleuse, soucieuse d’en servir suffisamment– vient confirmer tout le bien que l’on pensait de la famille Morr. Ce condensé d’émotions, de douceur, et cette pointe de mélancolie nous rendent une fois encore, plus grands, plus tendres, plus humains. Parfait pour la saison, cet opus vous emmitouflera telle une écharpe douce et réconfortante.

Dave Walker

Walking under water

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Dave ‘The Voice’ Walker a été, rappelez-vous, le chanteur de Fleetwood Mac ; et surtout de Savoy Brown, dans les années 70. C’est à cette époque que ce groupe a connu le plus de succès. Sous un angle commercial, bien entendu ! Et les ventes des elpees "Hellbound train", "Street corner talking" ainsi que du single "Tell Mama" ont véritablement cartonné ! Savoy Brown pratiquait alors un blues rock à la sauce américaine, mais dans le style, bien ficelé. Cet Anglais avait entamé sa carrière au cours des 60’s, au sein d’un beat group, les Redcaps. Il milite ensuite chez les Beckett et Idle Race pour y remplacer un certain Jeff Lynne (ELO). En 1971, Savoy Brown implose. Les trois-quarts du line up partent alors chez Foghat. C’est le moment choisi par notre ami Dave pour débarquer et enregistrer "Street corner talking". Et le succès sera encore plus important l'année suivante, lors de la sortie de "Hellbound train". Après avoir commis "Lions share", Dave quitte le navire et rejoint le Fleetwood Mac, le temps de participer à la confection de "Pinguin". En 1973. Un peu pus tard, c'est-à-dire en 1977, Dave transite même par Black Sabbath, pour y remplacer pendant quelques mois Ozzy Osbourne. Il disparaît ensuite quelque temps de la scène musicale, avant de revenir chez Savoy Brown. De 1986 à 1991. Il participera à la réalisation des opus "Make me sweet", "Kings of boogie" et "Alive & kickin'". Dave se retire une nouvelle fois ; mais son parcours n’est pas terminé, puisqu’en 2005, il grave sous le patronyme Dave Walker & the Ambulators, "Mostly Sonny – A tribute to Sonny Boy Williamson", en compagnie de musiciens anglais ; et notamment un des fondateurs de Savoy Brown, l’harmoniciste John O'Leary.

Ce tout nouvel album nous le replonge à sa grande époque. Celle du Savoy Brown du cœur des 70’s. L’univers sonore est fort semblable. Les musiciens ont la dégaine du Brown de l'époque. Pourtant, les deux guitaristes sont différents ; mais Sheamus Conley et/ou Jim Lewis prennent le rôle de Kim Simmonds, alors que le claviériste Rob Britten emprunte celui de Paul Raymond. Et il faut avouer que l’œuvre ne maque pas d’atouts. Ce blues-rock laidback traduit manifestement le plaisir de jouer des musiciens. Dave reflète le portrait de sa musique. Son chapeau vissé sur le crâne, il ressemble étrangement à Jean Rochefort. L'homme vit aujourd'hui à Virginia City, dans le Montana. Il est descendu dans le studio Bozeman's Peak, en août 2007, et « Walking under water » constitue le résultat de ces sessions.

‘The Voice est de retour’. La guitare de Jim Lewis ouvre "Little Susie & Mr Tight". La tonalité et le style sont tellement proches de Kim Simmonds. La section rythmique est bien soudée. L'orgue Hammond occupe immédiatement une place importante dans l'ensemble. Chaleureuse, naturelle et décontractée, la voix n'a guère changé. La musique flatte facilement l’oreille. "I can make it on my own" poursuit sur le même rythme. Un blues rock serein, guère complexe, mais dont l'impact est direct. Sheamus Conley passe à la guitare pour "Crazy baby". Le tempo est toujours modéré, un rythme qui sied tellement bien à la voix fatiguée du vieil Anglais. Pour "Walking under water", le rythme ralentit. Une composition épique, très travaillée, dans le style des années 70. La voix de Walker manifeste un certain sens dramatique. Lewis a repris sa guitare. Elle transpire une sensibilité mélodique naturelle. Britten cumule le piano et la guitare rythmique ; cette dernière occupe une place importante tout au long de cette plage modérément, blues mais tellement bien construite. Dans son développement, elle me rappelle quelque part, une autre formation anglaise, qui répondait au nom de Wishbone Ash. Intense, "Weep no more" persiste sur cette trame désespérée et lente. Lewis exécute sa partie de guitare avec beaucoup de feeling. Il s’y révèle bouleversant, tout en maîtrisant l'écho communiqué à ses cordes. "Black steel blues" marque un retour au style Savoy Brown. Conley tient le manche. Il insuffle des accents plus blues sur ce titre un rien nerveux. De manière inattendue, ce blues de bonne facture se transforme en boogie mid tempo. Lewis se concentre sur la slide. Britten reprend le piano. Et le résultat est plutôt agréable à l’écoute. Sur l’excellent blues rythmé "Girl trouble", Sheamus démontre qu’il est bien le gratteur le plus imprégné du style de Kim Simmonds. "Rabbit's foot charm" est encore plus blues. ‘The Voice’ est bien dans son élément, face au piano versatile de Britten. Cet opus attachant, s’achève par un imparable "Hard headed woman", une compo qui baigne dans le style du british blues, net et sans bavure. Un aveu : mon petit faible pour le british blues refait surface…  

Charalambides

Likeness

Écrit par

Charalambides est un nom à drôle de consonance. En fait, il provient du surnom affublé à un vendeur grec, travaillant chez un disquaire où le couple Carter s’était rencontré pour la première fois. Patronyme original qu’ils ont décidé d’utiliser pour leur groupe formé en 1991. Le couple, aujourd’hui divorcé, a néanmoins compris que les liens sacrés de la musique sont plus importants que ceux du mariage. Après une carrière déjà bien remplie, la formation texane revient sur le devant de la scène folk expérimentale en concoctant un quatrième opus intitulé « Likeness »

Pas franchement extasiant, l’album est presque anesthésiant, tant son expression sonore est minimaliste. Mais d’autre part, la douce voix de Christina Carter est loin d’être désagréable. Une voix douce, troublante et envoûtante, qui se prête harmonieusement à la musique de son ex-mari. On comprend dès lors pourquoi Mme Carter a été invitée à participer à d’autres projets, tels que l’enregistrement du dernier elpee de DJ Shadow ou encore celui de Thurston Moore. Quoiqu’il en soit, Kranky, toujours fidèle à sa réputation d’expérimentateur, enrichit une nouvelle fois son cv d’une nouvelle œuvre.

Mais bien souvent sur le label chicagolais, ça passe ou ça casse ! En l’occurrence ici, c’est limite la perte totale. Naviguant en eaux trop souvent calmes, « Likeness » tire en longueur et aurait gagné à être plus court ! Pas qu’il soit de mauvaise qualité, mais trop de titres sont carrément soporifiques. On se contentera, dès lors, de se délecter des parties vocales assurées par Christina Carter, qui semble conter implacablement des chansons populaires américaines du XIXème et XXème siècle. Je vous laisse le loisir de juger…

Creature With The Atom Brain

I am the Golden Gate Bridge

Écrit par

Impliqués chez Millionaire, Dave Schroyen et Aldo Struyf ont fondé leur propre projet : Creature with the Atom Brain. En 2005. Après avoir commis deux Eps fort sombres («The Snake » et « Kill the Snake »), sortis uniquement en vinyle, le quatuor anversois, a décidé de passer à la vitesse supérieure. Fier de sa notoriété grandissante, il vient de nous balancer un premier opus : « I am the Golden Gate Bridge ». Au menu, un stoner rock au sein duquel expérimentation et électronique viennent mettre leur grain de sel.

En disposant de peu de moyens, le combo est parvenu à tirer son épingle du jeu. Faut dire que l’expérience d’Aldo Struyf y est pour quelque chose. Véritable leader de CWTAB, il se charge des parties de guitare, du chant, du clavier, de la programmation et de la composition… Excusez du peu !

Dès l’ouverture (« The Psychedelic World of The Creature with the Atom Brain »), plane le présage d’une œuvre ténébreuse. Rien à voir cependant avec la couleur du Golden Gate. Un glas accompagne une guitare grinçante et sinistre. Et nous plongeons dans le monde énigmatique de cette étrange créature jusqu’à ce « 16 inch revolver ». Titre qui laisse exploser toute l’énergie du combo. Guitares lourdes et synthés nous secouent la tête dans le rythme ! Le reste est une suite logique qui vous persécutera jusqu’au fameux « Crawl Like a Dog », composé cette fois-ci par Tim Vanhamel (Millionaire) et Mark Lanegan. Chanson dont la hargne est entretenue par le style brut et sauvage.

En tout cas, c’est certain, « I am the Golden Gate Bridge» est un disque étonnant, à écouter d’urgence. Mais aussi et surtout, la preuve qu’avec de petits moyens, il est possible de réaliser de grandes choses ! Un seul nom à retenir, « Creature with the Atome Brain » ! Chapeau bas.

 

Delavega

The day after

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En septembre 2005, j’avais eu le loisir d’assister à un set de la formation gantoise Delavega. C’était lors d’un festival près de Tournai. Et franchement, j’avais été impressionné par leur prestation. Notamment celle de leur vocaliste Lize Accoe, dont le timbre exceptionnel, sorte d'hybride entre Dani Klein (Vaya Con Dios) et Geike Arnaert (Hooverphonic), apportait une toute autre dimension à la musique du groupe. Mais aussi les cuivres. C’est d’ailleurs à cette époque que le combo avait sorti son premier véritable opus, « Falling into Place » (NDR : paru en 2004, « Digipack De La Vega » n’était qu’un mini album). Malheureusement, Lize a décidé de poursuivre une carrière en solitaire et a été remplacée par Elke Bruyneel. Elle possède une jolie voix, mais manquant singulièrement de relief. Et les compositions du deuxième opus en souffrent. D’autant plus que la majorité des plages ont été surproduites. Le son est uniforme, lisse, et le talent des différents instrumentistes, tant du trio de base JP Debrabander/Ben Van De Velde/David Van Belleghem mais surtout des cuivres, est très peu mis en évidence. Leur mélange de rock, de soul, de funk, de (nu) jazz, de trip hop, de musique de film (Ennio Morricone) et de soul est tellement stéréotypé qu’il pourrait rivaliser avec celui de Joss Stone. Pas un compliment ! Il y a bien une pléiade d’invités, dont Piet Goddaer (Ozark Henry) pour le single « The day after part 1 » ainsi que Marc Ysaye qui déclame sur « La dernière gitane » à la manière de Jean Gabin ; mais au final on reste sur sa faim. Une grosse déception.

Lefties Soul Connection

Skimming The Skum

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Si, par malice, vous projetez d’inviter une connaissance chez vous, et que par un truchement de bougie-qui-sent-bon, d’ambiance feutrée et d’after-shave citronné, vous tentez une approche glamour ; évitez à tout prix d’imprégner votre cocon de « Skimming The Skum ». En lieu et place d’une approche douce et sensuelle, vous vous retrouveriez vite debout en vous déhanchant comme un beau diable, transpirant jusqu'à sentir l’oignon. Et pour cause, Lefties Soul Connection, c’est du funk à l’état pur. Avec ses roulements de batterie, pédale wawa, Hamond clinquant et chœurs gospels à foutre la chair de poule. Les rythmes endiablés auront vite fait de vous envahir et de vous pousser malgré vous, à battre la mesure. Le plus surprenant dans cette histoire, c’est que le groupe n’est pas originaire du pays de l’Oncle Sam, mais, sis au nord du nôtre, bien plus petit, célèbre pour ses canaux (entre autres) : la Hollande. Ces petits gars qui ont la foi et la pêche ( ?!?!?!?), n’ont rien à envier aux monstres qui les précèdent dans ce style musical. Ils ont le funk en eux, et semblent vouloir le propager à grands coups de basse et d’amples brassées. Cette énergie communicative permet à Lefties Soul Connection de frapper fort dès ce premier elpee. Un disque d’excellente facture, tout à fait convaincant, qui mérite toute notre attention. N’oubliez pas de vous munir, lors de son écoute, d’un bon déodorant, on ne sait jamais …

Larry Miller

Outlaw blues

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Larry est un jeune chanteur/guitariste anglais. Son style relève manifestement du ‘hard rockin' blues’, évoquant même, un mélange entre le Rory Gallagher des débuts, c'est-à-dire encore débridé et impétueux (NDR : le Taste circa 1968 !), un Michael Katon furieux de se débattre dans les flammes de l'enfer, un Johnny Winter hyper dynamique et Walter Trout chiadant son rockin' blues. Mais Larry c'est Larry ; et, s'il n'a rien inventé, il n'en demeure pas moins un artiste intéressant responsable de l’écriture de l’intégralité de son répertoire. Il est établi à Reading, haut-lieu du rock anglais ; et s'il n'est encore guère connu sur le Vieux Continent, il a pourtant déjà commis quatre albums avant de bénéficier d'une meilleure distribution ; c'est-à-dire celle de Boogaloo promotions. Son premier elpee s’intitulait "Man on a mission", un disque suivi par "Larryocaster", "Live 'n' loud" et enfin "Fearless", un opus sur lequel il chante un morceau baptisé "Rory". Le message est très significatif.

Pour enregistrer « Outlaw blues », Miller a reçu le concours de Scott Hunter (drums) et Neil Sadler (basse), deux anciens musiciens de Ian Anderson (leader intemporel de Jethro Tull) ainsi que de Matt Empson (claviers et harmonica). L’elpee s’ouvre par "Shame on you", une véritable claque. Nous ne sommes pas loin du dynamisme et de la puissance manifestés par Katon. L'artiste et la guitare ne font qu'un tant les cordes collent à la voix et remplissent tout l'espace sonore. L'introduction de "Writing's on the wall" est dramatique et violente. Elle nous renvoie quarante ans en arrière, à l'époque des débuts du farouche irlandais Gallagher. Il maltraite les cordes de sa Stratocaster à la manière du bon Rory. Il hurle ses vocaux comme si sa vie en dépendait. Et il en impose autant sur les planches. D’ailleurs, ne le manquez sous aucun prétexte, lorsqu’il se produira près de chez vous. "Calling all the angels" change complètement de registre. L’orgue satiné d'Empson occupe une place centrale. Larry joue avec parcimonie. Manifestement, il a adopté le style délicat de Walter Trout. Blues rock, "Rebekah" ne fait pas dans la dentelle. L’impact est instantané. Larry pousse sa voix comme aimait l’attiser l'albinos texan Johnny Winter, quelques décennies plus tôt. Miller ôte d’une poche de sa veste un bon vieux bottleneck pour attaquer en slide "Storm coolin'", tout en empruntant le riff de "Hoochie Coochie man". Il est capable de faire vibrer son doigt d'acier. Les cordes hurlent et se déchirent de douleur. "Professor Casanova" respecte un schéma davantage mainstream rock. Le morceau est bien interprété, mais diffère tellement de l'énergie brute dispensée sur la plupart des autres plages. "Only one woman I want" aurait pu relever du répertoire des Stones. Le riff est plaqué en accords à la manière de Keith Richard, le chant conduit à la Mick Jagger. Difficile de cacher le moule. Le titre maître est un boogie classique, bien ficelé, dans un registre assez proche d'un de ses compatriotes, l'excellent Mick Clarke. Blues lent, "Blues forever" constitue un autre tout bon moment. Très dépouillé, saturé de feeling, il adresse manifestement un large clin d'œil au grand Peter Green. Et la discrétion témoignée, la parcimonie des notes respectée ainsi que la tonalité produite, accentuent cette impression. "Klondike" clôt cet opus fort intéressant. Larry saisit sa guitare acoustique et son bottleneck. Et il épouse la même démarche que Rory Gallagher pour attaquer "Hometown". La rage au corps, Miller nous sort une dernière fois ce qui lui reste dans le corps. A suivre!

Moriarty

Drifting Letter Office

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Tout droit sortis des valises de Macha Makéïeff et Jérôme Deschamps, Moriarty possède toutes les caractéristiques du groupe farfelu. Pour info, Makéïeff et Deschamps, sont les maîtres des ‘Deschiens’, cette troupe d’acteurs complètement à la masse, qui sévissaient, entre autres, sur les ondes aux belles heures de Canal +. Réunissant cinq personnes issues de pays différents (USA, France, Inde,…), le combo à clairement l’ambition, lui aussi, de faire macérer son blues folk –parfois légèrement teinté de country– dans un univers tout à fait déjanté. Afin, sans doute, de rendre hommage à leur ‘parrains’. Autour de la Diva (Rosemary Standley), gravitent harmonica, guitare folk, valises cabossées, chamoisettes et autres ustensiles hétéroclites tout aussi inutiles acoustiquement qu’indispensables au décor. Ce conglomérat incertain, se transforme vite en une succulente pièce de théâtre baroque, où les talentueux acteurs se complaisent à redéfinir un univers particulier. La qualité des compositions croise l’humour, la légèreté et la douceur, tout en rehaussant à la perfection la sublime voix de la Diva. Les cinq –faux– frères et sœurs Moriarty (Rosemary, Charles, Stephan, Thomas et Arthur  Moriarty) se délectent de cette capacité à tourner à l’infini dans une valse onirique. Ils y parviennent sans même nous inoculer le tournis où la nausée. Un album que l’on s’enfile d’une traite et en traversant en même temps, une bulle énorme de rêve.

 

Yael Naïm

Yael Naïm

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Qui n’a jamais eu besoin de calmer une douloureuse peine ? Un de ces chagrins qui nous bloque la cage thoracique au point de ne presque plus savoir respirer ? Une douleur tellement forte que nos oreilles exigent du repos et sans même comprendre pourquoi, on attrape l’un de ces albums qui nous fait du bien, où chaque morceau est calme et réconfortant. Il ne s’agit pas de nous entraîner vers la dépression. Détrompez-vous ! Oh non, bien au contraire. Faites-moi confiance, avec Yael Naim, vous avez trouvé l’album qui vous bercera le cœur. Tout en douceur ; sans vous emmener dans les méandres de la tristesse… Aucun déchirement à l’écoute de ces ballades à mi-chemin entre pop et folk. Yael vient nous cajoler et prendre soin de notre âme.

Début 2000, après avoir grandi aux abords de Tel-Aviv, la jeune demoiselle âgée d’une vingtaine d’années séduit Elie Chouraki, de sa voix limpide et légère. Il la remarque et l’embarque dans différents projets : la comédie musicale des « 10 Commandements » suivie de celle de « Gladiateurs ». Elle signe aussi la BO de son film « Harrison’s Flowers »... Entre ces diverses expériences et l’échec du premier album (ne nous y attardons pas), quelques années se sont écoulées. Une période trouble est venue chambouler ce parcours portant prometteur… Au détour d’un concert, Yael croise alors la route du multi-instrumentiste et arrangeur David Donatien. Il lui rend la confiance perdue et fort de ses expériences auprès – entres autres– de Bernard Lavilliers, Malia, Junior Jack et Gérald Toto, lui balise un nouvel univers sonore. Pendant 2 ans, ils arrangent et mettent en couleur ces 13 plages empreintes de douceur… Le résultat est envoûtant. Un doux élixir aux mélodies pures et légères. La fraîcheur et la gaieté sont les moteurs de cet elpee. Telle une plume qui vole et se laisse porter par le vent, l’évasion est garantie… Croyez-moi, ce trésor est unique mais il se partage. Il parle au cœur et le guérit de toutes ses blessures.

Cass McCombs

Dropping The Writ

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Après presque deux années d’absence, le baroudeur Cass McCombs revient nous faire part de  son humeur déprimée et sensible à travers son nouvel opus : « Dropping The Writ ». Un album touchant ! Qu’on le veuille ou non, ce Californien d’origine explorateur et voyageur insatiable de nouvelles contrées, possède ce don de nous captiver par son talent de songwriting. Véritable conteur, il est depuis presque 5 ans, une référence de la scène folk au même titre que Sufjan Stevens ou encore Grizzly Bear.

Influencé par Elliott Smith et joueur de guitare précoce, Cass McCombs sort dès 2002, « Not the Way EP » suivi de son premier elpee « A ». A eux deux, ces disques racontent les nombreuses destinées entreprises par ce solitaire et les évènements du 11 septembre 2001 au même moment où il avait posé bagage à New York. Son second essai, « PREfection », paraît en 2005. Un album post 11 septembre, enregistré très rapidement au cours du mois glacial de février, dans le Michigan.

Pour son dernier opus, le talentueux artiste est retourné sur sa terre natale de Californie et,  toujours entouré de ses amis musiciens, il nous délivre un album enregistré en partie chez lui et en studio. Véritable trésor voguant entre folk et americana, « Dropping The Writ » a de quoi susciter l’attention pour tous ces voyageurs en quête de pureté sonore.

« Lionkiller », titre le plus anecdotique, tape fort. A cause de son rock psychédélique où une mélodie énergique amène un orgue très 60’s. C’est le coup de massue sur la tête qui vous envoie définitivement dans un autre monde. « Pregnant Pause » introduit ce voyage qui s’annonce être le plus merveilleux. Porté par la voix incomparable de Cass McCombs sur une guitare fluide et harmonieuse jusqu’à « That’s That ». Pure merveille qui vous bascule à jamais dans le monde très énigmatique de ce superbe artiste. Vous ne vous en relèverez jamais !

Magnifique tant sur le plan musical que lyrique, « Dropping The Writ » est indispensable pour vos évasions. A tout moment, Cass McCombs parvient à surprendre et à inévitablement vous entraîner avec lui. A écouter d’urgence !!!