La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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Jack Peñate

Matinée

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Pour de nombreux observateurs, Jack Peñate était une des révélations des premiers frimas 2007. Il faut dire qu’XL Recording avait fait de l’endiablée « Split At Stars », en préambule de l’album qui tardait à sortir, un buzz percutant. Voilà pour le coup dans le rétro ; et force est de constater, à sa présence récurrente sur les ondes entre autres, que l’Anglais a bien passé l’hiver. Gageons que la musique frétillante de ce songwriter au ‘ñ’ ibérique et au visuel ‘peps’ nous conduira même jusqu’au plus chaud de l’été, sans lasser nos enceintes.

Après trois notes, on trouve l’album ‘énergique’, le premier refrain n’est pas encore arrivé que déjà on sait qu’il faudra trouver un autre qualificatif à ces coups de gratte frénétiques. Jack Peñate c’est un peu une heure de tachycardie, la douleur en moins ; une sorte de Space Mountain avec un soleil à la place de la lune qui sourit en fin de rails.

Difficile de catégoriser ce déchaînement sautillant : des allures rétro, de la pop bien ficelée, et du rockabilly dans les coins… ? L’artiste à ressorts invoque la ‘soul-indie’ : curieux comme les sonorités de l’album, sympathiques et d’un enthousiasme communicatif. A l’écoute on s’inquiète un peu d’imaginer un homme à l’allure pourtant saine se lancer dans une telle hystérie rythmique. En le voyant sur scène, sourires en rondeurs et chemise à carreaux, on va d’ailleurs jusqu’à douter de son humanité tant la condition physique impressionne. Qu’a-t-il bien pu arriver à ce type pour qu’il mette son existence aux enchères dans chaque accord ? Certains se plaisent à dire que tout vient de l’enfance et pour une fois on a envie d’y croire. Petit fils de l’auteur Marvyn Peake, le Londonien semble revendiquer à chaque seconde le précepte de son aïeul ‘To live at all is a miracle enough’. Et si on est content de pouvoir se recoiffer sur des morceaux plus apaisants tels l’ultime « When We Die », l’acharnement est thérapeutique et remplace au réveil toutes les oranges pressées et tous les cocktails vitaminés qui achalandent la devanture des pharmacies.

Ian Siegal

Swagger

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Ian est âgé de 36 ans. Ce jeune musicien est issu du sud de l’Angleterre. Un passionné du rock'n'roll qui s’est converti progressivement au blues. D’abord celui de son dieu : Muddy Waters. Puis de BB King, Albert Collins et Robert Cray. Après avoir séjourné en Allemagne, à Berlin, très exactement, il revient s'installer à Nottingham. Il y fonde son premier groupe qui enregistre un premier elpee : "Picture postcards". Il se forge déjà une solide réputation de chanteur/guitariste et de compositeur inspiré. Il émigre alors à Londres et monte son Ian Siegal Band. En 2002, il concocte "Standing in the morning", un opus qui ne paraîtra qu'en 2004, sur Taxim. Et en 2005, l'excellent "Meat & potatoes", déjà chez Nugene. Pour la circonstance, il bénéficie de la collaboration du gratteur notoire, Matt Schofield. La même année, il tourne en compagnie de Big Bill Morganfield, le fils de Muddy Waters. Ian possède une voix très expressive, puissante, capable de se débrouiller au sein de différents registres…

Ce nouvel opus s'ouvre par le généreux "Swagger", un véritable exercice de style qui met en exergue son potentiel vocal. Le son est excellent. La production de Matt Schofield met parfaitement en évidence les différents acteurs. Les cordes sont à l'avant plan ; mais également les percus. Quoique généreux, les accords du piano concédés par Johnny Henderson tapissent l’arrière-plan. A l’instar du précédent elpee. Ian adapte "Groundhog blues", un classique de John Lee Hooker. Il s’accompagne à la guitare acoustique. Constituée d’Andy Graham à la basse et de Nikolaj Bjerre aux drums, sa section rythmique abat un boulot remarquable. L’univers sonore demeure cependant très dépouillé. Les rôles de chaque intervenant sont parfaitement définis. Soutenue par les accents métalliques de la guitare, la voix semble libre comme l’air. "Catch 22" campe un blues du XXIème siècle. Largement amplifiée, la guitare libère un son poisseux. Le rythme soutient le chant dévastateur. La slide est gouailleuse. Le tempo imprimé rappelle le meilleur des Stones. Les cordes s'autorisent une sortie habile, âpre et menaçante à la fois. Ripoff Raskolnikov est un de ses amis. Un Hongrois. Il signe ici "Horse dream". La plage s'ouvre sur des cordes hispanisantes, avant de se muer en ballade acoustique. L'atmosphère baigne alors au sein d’une country, proche de Johnny Cash. Le timbre grave et posé de Siegal anime ce western musical. Très rythmé et fluide, l'orgue Hammond de Henderson est bien mis en exergue tout au long de "Stranger than a green dog". Cette plage constitue une réplique southern rock. Il rend hommage à son dieu du blues, Muddy Waters, sur "High horse". Lent et torride, ce blues lent semble sorti tout droit du southside de Chicago. Expressive, la voix de Ian est empreinte de passion et d’une grande sensibilité. Pour la circonstance, il a recours au bottleneck. Derrière les ivoires, Henderson incarne le rôle d'Otis Spann ou de Pinetop Perkins. Le batave Big Pete Vander Pluym se réserve l'harmonica et Schofield la guitare. Un bonheur de plus de sept minutes ! J'apprécie tout particulièrement la formule trio du Ian Siegal Band. Sa cohésion est impressionnante. A cet instant, il me rappelle Chris Duarte. Un autre trio, mais texan. Ils partagent une même philosophie de la complexité. Chaque instrument vient se greffer au sein d’une démarche authentiquement blues. A l’instar du généreux et particulièrement dense "High horse". Tout au long de l’œuvre, il règne un climat lugubre, mystérieux. Les répliques vocales accordées sur "God don't like ugly" demeurent vivaces et passionnées. "I can't believe you wanna leave" opère un changement radical de style. Une cover de Little Richard qui nous entraîne au cœur d’une atmosphère R&B allègre, réminiscente de

Les Klaxons laissent tomber la Nu-Rave

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Les Klaxons ont décidé de se tourner vers de nouvelles sonorités. Le successeur de « Myths Of The Near Future », prévu pour septembre 2008, pourrait bien se retrouver dans les bacs Hip Hop et R’n’B. Le deuxième recueil du trio sera enregistré en compagnie du producteur hip hop Focus (Dr. Dré, The Game,…) et Tony Visconti, avant d’être mixé par James Ford (Simian Mobile Disco).

 

Portishead sort de sa cave

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Il aura fallu 10 ans à Portishead pour sortir de sa tanière. Le trio sera en tournée européenne en 2008. Qui passera par FN le 8 mai et  au Zénith de Paris le 5 du même mois. Le nouvel album, quant à lui, est attendu pour le 14 avril. A bon entendeur…

Pete Doherty en solo

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Le NME vient de le confirmer, Pete Doherty est entré en studio pour l’enregistrement de son premier disque en solo. L’essai sera produit par Jake Fior et devrait contenir une version orchestrale du « For Lovers » de Wolfman pour lequel Doherty avait prêté sa voix en 2004.

Un titre pour le 6e deftones

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Les deftones ont annoncé que le successeur de « Saturday Night Wrist » sorti en 2006, s’intitulera « Eros ». Ce dernier devrait être bien plus atmosphérique que son prédécesseur. Sa sortie est prévue pour l’automne 2008. Mais les fans de la formation ne savent que trop bien qu’il est inutile de se fier à la première date annoncée…

Hécatombe pour EMI

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La maison de disque EMI continue de perdre ses artistes majeurs. Après Radiohead et Paul McCartney ainsi que la menace de voir s’en aller Robbie Williams, Coldplay et The Verve, ce sont les Rolling Stones qui ont mis la clef sous la porte. Le prochain disque des Stones, la B.O. de « Shine A Light », sortira sous la coupe d’ Universal.

Coheed and Cambria

La forme olympique

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Enregistré sous la houlette de Nick Raskulinecz, notamment responsable du son de Rush, la dernière galette de Coheed and Cambria ne peut que lui assurer un avenir radieux. C’est la sensation que nous avons éprouvée dès la première écoute de cette œuvre de metal mélodique mâtiné de punk rock et de prog, dont nous vous avons déjà amplement vanté les qualités ! On pouvait donc s’attendre, en ce soir béni, à ce qu’une assistance plus fournie s’active entre les murs du VK de Molenbeek. Une bonne moitié de la salle est comblée : une bien maigre récompense pour ce combo hors norme qui accordait à la Belgique un des cinq shows en club sur le Vieux Continent, avant de s’embarquer pour une tournée américaine pharaonique en compagnie de la grosse machine à hits Linkin Park. On s’étonne d’ailleurs de ce choix pour le moins curieux, tant la musique des Australiens se situe aux antipodes des rengaines commerciales de la bande à Chester Bennington!

Il est un peu plus de 21h30 lorsque l’intro acoustique du magnifique « No World for Tomorrow » ouvre le bal. Claudio Sanchez, le chanteur guitariste au timbre si particulier et ses sbires sont visiblement heureux de se produire devant un parterre tout entier dévoué à la cause de Coheed and Cambria.

Le combo évolue sur une scène dépouillée. Seul un back drop aux couleurs de l’avant dernier album, quelques effets de lumière, et deux choristes aux allures de sœurs siamoises égayent un décor pour le moins minimaliste. Mais les musicos affichent une forme olympique, le son est heavy à souhait, et les titres « Gravemakers » et « June Song » terrassent par leur puissance et leurs refrains taillés pour la scène. « A Favorhouse Atlantic » ainsi que « Ten Speed » nous replongent quelques années en arrière ; des titres déjà interprétés par les Aussies lors de leur passage presque anonyme au Pukkelpop 2005.

Mais le meilleur reste à venir ! « The Hound », pièce maîtresse du nouvel album, est interprétée de manière magistrale. La complicité entre les musiciens ne fait aucun doute, même si le jeu du batteur, qui dispose néanmoins d’un kit restreint, semble moins technique en live que sur plaque. La qualité de cette prestation repose en grande partie sur la dynamique qui règne sur la scène et sur la force d’une playlist ravageuse.

Même les siamoises qui ondulent fort généreusement restent crédibles et insufflent davantage de caractère à des compos aussi fortes que « Feathers » ou encore au single aussi rafraîchissant qu’irrésistible « The Running Free » dont les ‘Ho ho ho ho…’ sont repris en chœur par des fans comblés par cette performance de très bon ton. Nous n’assisterons malheureusement pas aux rappels accordés ce soir-là, et c’est l’esprit enivré de bonne musique que nous rallierons la Gare centrale, non sans avoir goûté à tout l’exotisme exaltant qui émane de la station Comte de Flandre un soir de janvier à l’heure du dernier train.  

 

Organisation VK

Morrissey

Le charisme de Moz

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Le 29 juillet 2006, Morrissey se produisait à l’AB pour un des meilleurs concerts auquel j’ai pu assister au cours de ces dernières années. Il faut avouer qu’à cette époque, on attendait son retour depuis belle lurette. Début 2007, il a donc programmé une mini-tournée en France. Périple qui est passé par la Laiterie de Strasbourg, la Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand et l’Aéronef de Lille. Et passera encore par l’Olympia de Paris le 4 février prochain. Mais venons-en au set qu’il a accordé à l’Aéronef, ce samedi 19 janvier, devant un parterre archicomble. Et peuplé de nombreux néerlandophones et anglophones. C’était d’ailleurs sold out quelques jours après la mise en vente des tickets…

En première partie, Girl In A Coma s’est fendu d’une prestation d’honnête facture. Un trio texan, issu de San Antonio très exactement. Féminin aussi. Bénéficiant d’une section rythmique de poids (NDR : deux grandes amies par ailleurs), partagée respectivement entre Jenn Alva à la basse et Phanie Diaz aux drums (NDR : elles n’ont guère de chances de poser pour Playboy !) ainsi que sa sœur cadette –de huit années ! –Nina (NDR : oui, elle, est plutôt jolie !) Elle compose, joue de la guitare et chante d’une voix très expressive et particulièrement ample. Leur patronyme est inspiré d’une chanson des Smiths : « Girlfriend in a Coma », formation mythique à laquelle le combo voue une grande admiration, même si leur musique semble davantage marquée par les Pixies et Sleater/Kinney (également un trio féminin). Nerveuses et punkysantes, les chansons ne sont pas trop mal balancées, mais le son est encore un peu trop brouillon. Néanmoins, il faut avouer que la drummeuse assure sans le moindre complexe et les chansons sont particulièrement rafraîchissantes. Une chose est sûre, cette formation est à suivre de très près…

Girl in A Coma s’est produit devant un grand drap blanc déployé au premier tiers de la scène. Pas une situation idéale pour assurer le supporting act ; mais enfin… Cette toile va servir d’écran à toute une série de projections, dispensée avant la montée sur scène de la bande à Moz. Vont ainsi défiler des courts-métrages (à cette époque on ne parlait pas encore de clips) consacrés à des chansons interprétées par les héros de Morrissey : Sacha Distel, The New York Dolls, Vince Taylor, Brigitte Bardot, etc. En noir et blanc ! Sans oublier la référence à James Dean que l’on découvre en double effigie en arrière-plan, lorsque le rideau tombe. A cet instant on n’entend plus que de la musique d’opéra (Klaus Nomi ?), le temps que la formation débarque enfin sous les acclamations nourries de la foule scandant, depuis quelques minutes, des ‘Morrissey, Morrissey’, sur l’air d’une célèbre chanson d’étudiants grivoise…

Et le show démarre très fort par le « How soon is now ? » des Smiths, caractérisé par ses sonorités de guitare vibrato. Cinq musiciens tirés à quatre épingles –mais en chemise blanche et cravate– accompagnent la star. Qui n’hésite pas à enlever cette cravate dès le deuxième morceau ; la chemise à moitié hors du pantalon contrastant manifestement avec l’impeccable tenue du reste de l’équipe. On n’est pas le boss pour rien, même si trois des musiciens seront autorisés à venir de temps à autre le rejoindre sur le devant de la scène. Un line up constitué d’un bassiste (cironstanciellement contrebassiste), deux guitaristes, un drummer (impressionnant matos dont un gong et une énorme caisse) ainsi qu’un multi-instrumentiste jonglant allègrement entre la six cordes, les claviers (synthés et moog y compris) ou encore l’accordéon. Les balances manquent cependant de précision ; et il faudra attendre un bon quart d’heure avant que les réglages s’opèrent. Et ainsi bénéficier d’un son irréprochable. Morrissey semble de bonne humeur. Il improvise un jeu question réponses avec la foule en prêtant même son micro. Il dessine des cercles à l’aide du fil de ce microphone, un peu comme s’il maniait un lasso. A moins que ce ne soit un fouet ! Et en cadence. Il nous réserve plusieurs nouvelles chanson (NDR : elles devraient figurer sur son nouvel opus, un live, paraît-il ?). Et notamment « That’s how people grow up », « All you need is me », “Something squeezing my skull”, “I’m throwing my arms around Paris” et un remarquable et percussif “Mama lay softly on the riverbed”. Un des sommets du show ! Tout au long du spectacle plusieurs fans réussissent à monter sur scène. Certains se font vider en deux temps trois mouvements ; mais d’autres y parviennent et en profitent pour étreindre leur idole, qui semble particulièrement flatté de cette marque de sympathie (NDR : rien de tel pour gonfler son ego !). N’empêche quelle voix et quel charisme ! Lors des compos les plus populaires, ces aficionados reprennent en chœur les paroles des chansons. Parfois même, ils couvrent sa voix. Très surf, « The loop » frise le délire. Pour la ballade presque floydienne « Pigsty », le guitariste s’est mis à la clarinette. Tout comme lors de la nouvelle compo “I’m throwing my arms around Paris”, titre introduit par un interlude carillonnant intitulé « One day goodbye it will be farewell». Et le show s’achève par une interprétation d’« Irish B. English » qui enflamme littéralement l’audience.

Après une heure trente pile, bras-dessus, bras-dessous, les six artistes viennent saluer le public, comme un seul homme. Et nous reviennent lors d’un rappel au cours duquel ils n’interprèteront qu’un seul titre : le « Lost of the famous international playboys ». Mais la version est de toute beauté. Dès le morceau terminé, les lumières se rallument et la musique de fond calme les ardeurs. Il ne reviendra plus. Mais tout le monde est convaincu d’avoir passé une excellente soirée.

Tracklisting

How soon is now ? (The Smiths – Meat is murder)

The first of the gang to die (Morrissey – You are the Quarry)

I just want to see the boy happy (Morrissey – Ringleaders of the tormentors)

That’s how people grow up (nouvelle compo)

Stop me if you think you’ve heard this one before (The Smiths - Strangeways, Here We Come)

All you nee is me (nouvelle compo)

The national front disco (Morrissey – Your arsenal)

Something is squeezing my skull (nouvelle compo)

Billy Budd (Morrissey – Vauxhall and I)

The loop (Morrissey – Ep 5 titres The Loop)

Death of a disco dancer (The Smiths – Strangeways here we come)

Life is a pigsty – (Morrissey – Ringleader of the tormentor)

I’m throwing my arms around Paris (nouvelle compo)

Why don’t you find out yourself ? (Morrissey – Vauxhall and I)

Mama lay softly on the riverbed (nouvelle compo)

Sister I’m a poet ( Morrissey – The world of Morrissey – compile singles, etc.)

One day goodbye it will be farewell (interlude)

Stretch out and wait (The Smiths – Louder than bombs)

Irish Blood – English heart (Morrissey – You are the Quarry)

Rappel

Last of the famous international playboys (Morrissey – single – sur la compile Bona Drag)

 

Organisation A Gauche de La Lune

 

Un box pour Chris Rea

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Suite a de graves problèmes de santé, Chris Rea avait, au cours des dernières années, mis la pédale douce. Ce qui ne l’a pas empêché de continuer à composer et surtout de sortir des albums. Dernièrement, il a monté le projet "The Fabulous Hofner Bluenotes", en hommage à la légendaire guitare blues des années 60. Et dans la foulée sorti un box intitulé "The Return of the Fabulous Hofner Bluenotes", recelant pas moins de 20 compos orignales. Et une nouvelle tournée mondiale est programmée. Elle passera par le Lotto Arena d’Anvers ce 11 mars.

Tracklisting :

Disc: 1 

1. I Can't Wait For Love - Fabulous Hofner Blue Notes 

2. Big Wave - Fabulous Hofner Blue Notes 

3. Don't Give Your Ace Away - Fabulous Hofner Blue Notes 

4. Renaissance Blues - Fabulous Hofner Blue Notes 

5. Let's Get Carried Away - Fabulous Hofner Blue Notes 

6. Legacy Blues - Fabulous Hofner Blue Notes 

7. Don't Tell Me About The Blues - Fabulous Hofner Blue Notes 

8. If I Keep My Faith In You - Fabulous Hofner Blue Notes 

9. Shadow Of A Fool - Fabulous Hofner Blue Notes 

10. Rock 'n' Roll Tonight - Fabulous Hofner Blue Notes 

11. I Will Be With You - Fabulous Hofner Blue Notes 

Disc: 2 

1. Twister - Fabulous Hofner Blue Notes 

2. When The Truth Comes Out - Fabulous Hofner Blue Notes 

3. Because It's You - Fabulous Hofner Blue Notes 

4. Looking Glass Blues - Fabulous Hofner Blue Notes 

5. Blues For Janice - Fabulous Hofner Blue Notes 

6. Till The End Of Time - Fabulous Hofner Blue Notes 

7. Skylark Blues - Fabulous Hofner Blue Notes 

8. Which Part Of The Painting Made - Fabulous Hofner Blue Notes 

9. Days I Spent With You (Song For Bella) - Fabulous Hofner Blue Notes 

10. Yes I Do - Fabulous Hofner Blue Notes 

Disc: 3

1. Dirty New Town - Delmonts 

2. 008 Jimmy Bond - Delmonts 

3. India Arab - Delmonts 

4. BB Was A Comanche - Delmonts 

5. Theme From The Pink Guitar - Delmonts 

6. Russian Roulette - Delmonts 

7. Black Wave Hero's - Delmonts 

8. Andorra Star Blues - Delmonts 

9. Gippo Euro - Delmonts 

10. Power Of Love - Delmonts 

11. Big Storm Coming - Delmonts 

12. Race Fever Blues - Delmonts 

13. It's Behind You - Delmonts 

14. French Football - Delmonts 

15. Green Shirt Blues (For George Russell) - Delmonts 

16. Blue Miles - Delmonts 

 

Pour plus d’infos : http://www.chrisrea.com

 

 

Lightspeed Champion

Falling Off The Lavender Bridge

Écrit par

Ex-leader des Test Icicles, la formation ‘hype’ au succès le plus bref de l’histoire du rock, Dev Hynes revient aux commandes de Lightspeed Champion, un projet radicalement différent. L’Américano-britannique de 22 printemps délaisse la dance-punk pour se diriger vers un horizon beaucoup plus folk et un peu moins accessible. A priori déconcertant et laborieux, « Falling Off The Lavender Bridge » est de ces ouvrages qui s’apprivoisent lentement mais sûrement. A condition de ne pas se laisser rebuter par les intitulés des morceaux, presque aussi grotesques que la moumoute du jeune homme (« All To Shit », « Everybody I Know Is Listening To Crunk », « Let The Bitches Die », « Devil Tricks For A Bitch »).

Premier recueil de Lightspeed Champion, « Falling Off The Lavender Bridge » s’ouvre sur le splendide « Galaxy Of The Lost » aux fins accents d’americana. Devonte Hynes s’y paie les délicates vocalises de Emmy The Great, artiste folk britannique dont les chœurs, repartis sur plusieurs morceaux du disque, donnent une profondeur indéniable à l’ensemble. Cette dernière côtoie quelques membres de Tilly and The Wall (« Midnight Surprise » et l’incontournable « I Could Have Done This Myself ») mais également le grand Tim Kasher, chef de file de Cursive et The Good Life, sur l’impeccable « Tell Me What It Worth ».

Les vocalises de Hynes ont beau être proches de celles de Kele Okereke (Bloc Party) et Murray Lightburn (The Dears), Lightspeed Champion s’adresse principalement aux fans de Bright Eyes et The Good Life. Encore plus fort que la mouture originale de ce « Falling Off The Lavender Bridge », son édition limitée recèle quatre reprises qui valent le détour (« Never Meant To Hurt You » des Good Shoes, « Souvenirs » de Patrick Wolf, « Flesh Failures » de la comédie musicale ‘Hair’ et, surtout, le « Xanadu » d’Olivia Newton John). Souhaitons à Lightspeed Champion une carrière amplement plus longue et fructueuse que celle des relativement peu regrettés Test Icicles.

The Wombats

A Guide To Love, Loss & Desperation

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Ils sont malins ces petits Anglais là. « A Guide To Love, Loss & Desperation », premier essai de The Wombats, est la preuve que l’on peut faire du ‘déjà-entendu’ de manière intelligente, sans casser les couilles aux auditeurs. Pour les Wombats, il aura suffit de quelques petites compositions plus qu’entraînantes et de quelques paroles cocasses pour se frayer un chemin qui mène à la liste des formations ‘hype’ incontournables. Ceux qui pensent que la Brit Pop a épuisé toutes ses ressources seront bien surpris par la facilité avec laquelle les tubes de la formation originaire de Liverpool s’immiscent dans le cortex cérébral. Des morceaux tels que « Kill The Director », « Moving To New York » ou encore le génial hymne à la joie, « Let’s Dance To Joy Division », s’agrippent aux tympans comme des sangsues et poursuivent leurs victimes de l’aube au crépuscule. L’exercice est certes très ado mais le trio s’y prend avec un tel brio que même les plus récalcitrants ne peuvent que succomber aux treize farces de ce guide incontestablement instantané mais également indispensable.

Bad Joke

Live 2006/07

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Deux ans après leur excellent second essai, « Alchimie », les Rouennais de Bad Joke nous proposent un disque enregistré en public, principalement à Angoulême, fin 2006 début 2007. En une petite heure, le quintet, qui brille par son absence sur les planches belges, balance à l’assistance un délicieux mélange hybride de dub et de hip hop enrichi de quelques pointes de rock et de drum’n’bass. Les incontournables « T-Rex », « Leitmotiv » et « L’œuf Story » prennent dans ce « Live 2006/07 » une dimension encore plus électrique et intense que leur version studio. Ce qui donne une véritable raison d’être au disque ‘live’ d’une formation gagnant à se faire connaître. Petit bémol, cette intensité ne se libère qu’à la seule condition de mettre le son de la sono ou de ses écouteurs au maximum, la qualité de production de ce « Live 2006/07 » se révélant assez moyenne. Les amateurs du Peuple de l’Herbe, d’EZ3kiel ou encore d’Asian Dub Foundation succomberont sans mal aux beats corrosifs de Bad Joke.

The Butcher Shop

The Butcher Shop

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The Butcher Shop est un projet monté par Tex Perkins, à la fin des années 80. Né en 1964, Perkins est un chanteur/guitariste/compositeur australien qui a milité au sein d’une multitude de formations dont Tex Deadly & the Dums Dums, Beast Of Bourbons (NDR : le line up originel impliquait Perkins, Spencer Jones, James Baker, Kim Salmon et Boris Sudjovic), The Cruel Sea, Thug, James Baker Experience, Salamander Jim (en compagnie de Kim Salmon des Scientists et Richard Ploog de The Church), Dark Horses, Tex, Don and Charlie, etc.. Mais venons-en à The Butcher Shop. En fait, l’idée de monter cette formation est née en 1983, lorsque le Gun Club tournait en Australie. Le guitariste et le drummer avaient décidé de rentrer aux States, abandonnant pour l’occasion Jeffrey Lee Pierce, Patricia Morrison et Kid Congo Powers, à leur triste sort. Pour pouvoir continuer le périple, le trio a alors remplacé les deux démissionnaires par les locaux Spencer P. Jones et Billy Pommer Jr.. Et la suite de la tournée a été un triomphe aussi inattendu qu’inespéré. Spencer, Kid et Tex sont devenus des amis et ont promis d’enregistrer un jour ensemble. Un an plus tard, Gun Club avait splitté, et Kid a écrit à Tex pour le rejoindre à Londres afin de se lancer dans l’aventure The Fur Bible. Une aventure éphémère, puisque trois mois plus tard, Tex s’est rendu compte qu’il faisait fausse route et est retourné aux Antipodes. C’est à cette époque que Kid a rejoint les Bad Seeds de Nick Cave. En 1988, les Bad Seeds sont atterris en Australie pour une nouvelle tournée. Et fatalement, Spencer, Kid et Tex se sont retrouvés. Le temps de recruter un bassiste et un drummer du coin et le projet The Butcher Shop était né. En deux temps mouvement le quintet a donc enregistré un Ep sous la houlette de Tony Cohen. Et puis les destinées se sont à nouveau séparées. Début 1990, la formation va dénicher de nouveaux collaborateurs, partir en tournée et enregistrer un album : « Pump action ». L’histoire n’ira pas plus loin. C’est cet Ep et l’elpee qui sont réunis sur ce cd. Si vous aimez le garage typiquement australien (NDR : les groupes cités ci-dessus sont d’ailleurs des références de choix), ces 14 plages sauvages, implacables et ténébreuses sont un véritable régal.

Cold Blue Steel

Headed out of Memphis

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Issue de Dallas, cette formation est constituée de solides pointures. Le chanteur James Buck est ainsi épaulé par le guitariste Mark Pollock, le claviériste Tim Alexander (Asleep At The Wheel), le drummer Chris Hunter et le bassiste Roy Dukes. Fondé en 1986, Cold Blue Steel pratique ce qu’on appelle de la roadhouse music ; c’est-à-dire un mélange de blues, de boogie et de shuffles. Encore que le combo n’hésite pas à inclure dans son répertoire du rock'n'roll inspiré des 50s et de la country & western. Leur premier opus, "Drivin' to Mexico", ne date que de 1997.

“Headed out of Memphis” a été enregistré entre Dallas et Memphis. Il s’ouvre par "Monkey's uncle". Du pur rock'n'roll alimenté par les riffs de Pollock. Boogie bien nerveux, le titre maître est dédié à la gloire du King de Memphis, Elvis Presley. James chante d’une voix rocailleuse. Son timbre oscille entre celui de Wolfman Jack et de Billy Gibbons (ZZ Top). "Hollywood blonde" adresse manifestement un clin d'œil à Marylin Monroe. Dynamisé par le piano sautillant d'Alexander, c’est un autre rock'n'roll franc et direct. Superbe blues lent, "Just got it from Dallas" libère beaucoup d'intensité. Pollock se réserve un solo grandiose. Découpées au rasoir, les notes sont vives, largement amplifiées. Dès qu’il en a l’occasion, Buck réplique au chant. Et ses inflexions sont menaçantes. Le CBS n’a guère le temps de souffler, puisqu’il s'engage à nouveau sur les routes, lors d’un instrumental sauvage intitulé "Wideglide" ; une plage sans doute inspirée du grand Freddie King, même si l’attaque est plus franche. Une chose est sûre, c’est une nouvelle invitation à se remuer les fesses sur la piste de danse. Les musiciens ont manifestement plus d'une corde à leur arc. Ils reprennent le classique "No more doggin", en jump style. Pollock joue en rythmique. Invités, les Cold Blue Steel horns entretiennent cette trame swing, alors que Mark s’autorise un nouvel envol, tout en finesse. Très dansant, "I think I'm going crazy" fait la fête aux cuivres. Ce pur R&B évolue dans un registre assez proche des T-Birds de la bonne époque! Très sixties, "Big time operator" est sculpté dans du rock instantané. Nous ne sommes pas tellement loin ici des Flamin' Groovies. "You and my money" creuse dans la même veine. L'orgue de Tim Alexander écume légèrement pour le transformer en pop délicate. Simple dans sa conception, "Shufflin' little lady" est un rock blues shuffle captivant. La rythmique est binaire. Le piano tapisse l'arrière-plan. Les cordes parviennent à se libérer. Timidement, d’abord. Avant de nous envoûter. "Month of Sundays" opère un nouveau changement de tempo. Une ballade aux accents exotiques. Les percussions donnent le ton. L'orgue Hammond imprègne l'ensemble. Pollock peut enfin signer un remarquable solo. Un exercice de style sans doute inspiré par Carlos Santana, tout en préservant sa spécificité. De très bonne facture, cet elpee s’achève par "We're outta here". James Buck chante furieusement ce boogie jump particulièrement dynamique et très participatif. Les cuivres et le piano virevoltent. Tous les musiciens participent vocalement au refrain…

The Coral

Roots and echoes

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Détachés de l’effervescente scène pop anglaise, The Coral emprunte des sentiers ombragés, mais classieux. A l’exception du faible « Nightfreak and the Sons of Becker » (2003), la qualité a fait son chemin tout au long de leurs 5 albums ; et au sein de cette riche discographie, « Roots and echoes » ne fait pas pâle figure. L’instrumentation est toujours aussi impeccable, le rythme soutenu, l’intention louable. Coral s’expose, sans masque, sans compromis ; légèrement country, même si on sait combien la formule ne séduit pas le grand public ; souvent suranné, dans ce psychédélisme d’inspiration Echo and the Bunnymen ; fluide et prévisible, selon une formule couplet-refrain qui ne s’en cache pas. Mais si parfois, on est tenté de voir ce potentiel prendre une tournure plus tortueuse ou impromptue, c’est précisément dans cette intégrité et cette fidélité placide que The Coral prend tout son sens. Une libération des contraintes commerciales, permise notamment par la tutelle généreuse de Noël Gallagher. Séduit par les 7 jeunes de Liverpool depuis leurs débuts, il les trouve sans le sou et au bord de la scission (suite aux tergiversions du guitariste), et leur offre les clefs de son studio pendant la tournée d’Oasis. Pas d’empressement donc, ce qui permet une fois de plus aux jeunes d’assumer avec assurance et maturité leur étrange country psyché 60’s. Enregistré en prise directe – dans l’esprit d’une jam-session -, Roots and echoes permet en plus de s’épancher dans une atmosphère vintage qui vient parfaire son caractère authentique. Léger regret cependant au souvenir des quelques étincelles de « Magic and medicine » (2004) immédiatement conquérantes. Ce dernier album, dans son refus du compromis, suscite la curiosité plutôt que l’ivresse. Il est avant tout de ces albums qui suggèrent, dénotent et interpellent.        

Elan Mehler Quartet

Scheme For Thought

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Signé chez le désormais fameux label de Gilles Peterson, Brownswood Recordings, Elan Mehler Quartet distille un jazz contemplatif laissant une grande place à l’improvisation. Ce qui donne à l’ensemble une spontanéité et un charme engageants. Découvert par Peterson dans un piano-bar en Suisse, Elan Mehler et ses trois musiciens donnent naissance sur ce « Scheme For Thought » à un condensé de chaleur artificielle qui donne tout son sens au terme musique de chambre. A la fois déstructuré (« The Pale 45’s ») et circonspect (« Ruby D », « Auntie-Biotics »), ce premier essai étale, sans le moindre frottement de caisses, des influences allant de Debussy à Bill Evans en passant par Miles Davis. Peut-être faudra-t-il quelques écoutes à l’oreille novice pour apprécier pleinement les ressources de ce joli disque mais nul doute que celle-ci succombera tôt ou tard au charme de ce « Scheme For Thought ». Les amateurs, eux, seront pleinement satisfaits.

Curt Kirkwood

Snow

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« Snow » constitue le premier album solo du chanteur/compositeur/guitariste des Meat Puppets. Un disque paru en 2006, dont vous n’avez probablement jamais entendu parler. Un opus au cours duquel il fait la part belle à la musique acoustique, même s’il y intègre, de manière parcimonieuse, un zeste d’instrumentation électrique, voire même parfois psychédélique. Et le résultat est plutôt séduisant. Certains parleront d’americana, d’autres de neo-americana ou encore d’alt country. Une chose est sûre, « Snow » constitue une bonne bouffée d’air frais. Pour enregistrer ce cd, Curt a reçu le concours de quelques collaborateurs, parmi lesquels on retrouve Pete Anderson, personnage qui avait notamment produit l’album de Meat Puppets, « Forbidden Places ». En 1991. Et également certains disques de Moot Davis, Dwigt Yoakam et Lucinda Williams. Mais il ne se contente pas de mettre en forme l’elpee, participant même activement à l’instrumentation. Et puis le joueur de pedal steel, Bob ‘Boo’ Bernstein, ainsi que le trompettiste Lee Thornberg. Ce dernier cuivre de manière très jazzyfiante le capricieux « Light bulb ». Et les neuf autres plages ne manquent pas de charme. Depuis la nouvelle version de « Golden lies » (NDR : elle figurait sur l’opus éponyme des Meat Puppets, en 2000), à la valse apalache « Movin’ on », en passant par l’élégant « Snow », que balaie une mandoline pétillante, un « Beautiful weapon » adressant un clin d’œil au Paisley Underground, le ‘rootsy’ « Box of limes’, l’énigmatique et excellent « Gold », caractérisé par ses six cordes jouées en picking, cette basse acoustique aventureuse et un violoncelle baroque ainsi qu’« In bone », titre imprégné de claviers fluides et éclaboussé d’accès d’électricité aussi fugitifs que savoureux, réminiscents de Buffalo Springfield. Sans oublier les morceaux plus countrysants enrichis par la slide de Bob. Kirkwood se charge, bien sûr, des vocaux. Et de son timbre gémissant, chaleureux, il traite à nouveau les thèmes qui lui sont chers : le désert et l’imagerie excentrique.

The Nomads

Live in Madrid (Dvd)

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Jello Biafra et Thurston Moore apprécient tout particulièrement cette formation suédoise dont la naissance remonte quand même à 1981. Particulièrement branchés sur le punk garage des sixties, à leurs débuts (Sonics, Shadows Of Knight, Rocky Erikson & The 13th Floor Elevators) mais également par des groupes comme le Blue Oyster Cult, les Ramones, les Stooges, Gun Club ou encore Johnny Thunders, les Nomads privilégiaient, à l’origine, les reprises de morceaux souvent inconnus de leurs maîtres. En 1986, ils avaient d’ailleurs concocté une version assez remarquable du « This ain’t the summer of love » de B.O.C.. Mais au fil du temps, le groupe va commencer à travailler son propre répertoire. Si leur discographie manque singulièrement de relief, il faut reconnaître que le groupe jouit d’une réputation de groupe ‘live’ particulièrement flatteuse. Même en 2007. C’est d’ailleurs ce que  tente de nous démontrer ce Dvd, immortalisé au Gruta77 de Madrid, lors d’un set accordé dans le cadre de leur 25ème anniversaire d’existence. Il recèle en outre quelques bonus tracks dont un enregistrement ‘live’ filmé en 1985. C'est-à-dire à lorsque Frank Minarik, le claviériste (NDR : il a sévi au sein du line up entre 84 et 93), y était impliqué. Et manifestement, à cette époque, il apportait ce petit plus qui manque aujourd’hui aux Nomads. La sonorité du clavier était complètement pourrie, mais rendait la musique plus fluide, plus groovy, plus excitante. Plus garage, si vous préférez. Vous voyez ce que je veux dire…

Supersuckers

Live at Helldorado (Dvd)

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Fondé en 1988, ce groupe américain s’est autoproclamé ‘le plus grand groupe de rock'n roll du monde’. Ce qui ne l’a pas empêché d’opérer une incursion dans la country en 1997. Et de pratiquer ce style de musique, quand ils en a le loisir. Etonnant quand on sait qu’à l’origine, ce quatuor s’inspirait surtout de Motorhead, Van Halen, AC/DC et des Ramones. Tout en abordant des thèmes aussi machistes que les drogues, l'alcool, les bastons, les longues échappées en bagnole, les décibels et les femmes faciles… Et en véhiculant une imagerie satirico-satanique. Mais en pensant émarger au hard rock, le combo va être étiqueté punk. Et par un curieux retournement de situation, il va incarner le groupe punk qui s’est enfoncé le plus loin dans le territoire de la country. Bref, sans le savoir, les Supersuckers ont quand même réussi un fameux challenge : réconcilier le punk, le hard, le rock’n’roll, la pop et la country...

Ce Dvd est consacré à un set accordé en Espagne (très exactement au Pays Basque) en 2007. Vingt trois morceaux enrichis de quatre bonus tracks immortalisés la même année en Serbie. La voix rocailleuse d’Eddie Spaghetti balise ce rock’n roll dont l’intensité électrique graissée au gasoil est recrachée virilement par les amplis. L’humour et l’attitude sont bien au rendez-vous. Les clichés aussi. Et paradoxalement, c’est cet ensemble de spécificités, à premier abord sans grand intérêt, qui leur a paradoxalement permis de devenir un groupe culte.

Jimi Tenor & Kabu Kabu

Joystone

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Sur ce dixième album, le maître de l’électro-soul s’est laissé séduire par la chaleur des beats afro. Accompagné par le trio nigérian Kabu Kabu –dont le percussionniste de Fela Kuti–, la formation jazz finlandaise s’enrobe de magie. Sensualité et efficacité se sont acoquinées pour acheminer l’expérience musicale parfois ardue de Jimi Tenor vers l’évidence et le compromis afro. Les opposants à l’easy-listening pourront ainsi y regretter les explosions à l’accoutumée bien plus désorganisées et tordues. Celles qui ont fait le génie d’un « Intervision » (1997) ou la grandiloquence de « Out of nowhere » (2000). Celles qui, d’ailleurs, lui ont peut-être valu le remerciement des labels Warp et Kitty-Yo.

Plus prévisible, « Joystone » n’est pas pour autant un album conventionnel. Le mode free-jazz nourrit son légendaire bouillonnement perpétuel ; seule véritable métamorphose, le clin d’oeil de Jimi Tenor ne puise cette fois pas dans l’expérience de sons incongrus mais dans la soul eighties, effleurée de kitsch. Les cuivres sont brûlants, les claviers fébriles, les mélodies lascives sont murmurées du bout des lèvres. Appel à la séduction. Joystone agit comme une douce étreinte que rien ne semble pouvoir troubler.