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La fuite d’Ellside

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Durand Jones

American love call

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Durand Jones and the Indications

A ce jour, Durand Jones et ses Indications ont publié trois elpees, dont un éponyme en 2016 et un excellent live en 2018. Celui qui s’est forgé sa voix sur les bancs de l’église et en écoutant les légendes de la soul-funk –d’Otis Redding à Charles Bradley en passant par James Brown– revient donc un an plus tard pour un nouvel opus qui s’inscrit dans la même veine...

Rien de surprenant cependant tout au long de cet « American love call ». On y retrouve toutes les caractéristiques de ce style musical. Haut-perchée, la voix est capable de monter ou de descendre d’une octave. Les guitares funky sont bien caoutchouteuses. Cuivres et chœurs spécifiques à cette musique alimentent également les différentes compos. A l’instar de ses idoles, Durand Jones nous raconte ses histoires de cœur et ses désillusions politiques.

Durand maîtrise parfaitement son sujet au cœur d’un elpee qui recèle quelques excellents morceaux. Enfin, si le long playing ne recèle aucune plage révolutionnaire, certaines sont très susceptibles de communiquer des frissons aux amateurs du genre. D’ailleurs, si vous êtes tombés sous le charme de ce combo, vous aurez tout le loisir d’aller l’applaudir, ce 14 octobre au Botanique de Bruxelles. Qu’on se le dise !

Squid : des calamars au centre-ville

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Squid, c’est une toute jeune formation issue de Brighton, en Angleterre, responsable de quelques singles et de deux Eps à ce jour, dont le dernier, « Town center », est paru ce 6 septembre 2019. Pratiquant une forme de post punk teinté de disco, de jazz et de funk blanc, la formation vient d’également d’extraire un single de cet Ep, et il s’intitule « Match bet » (voir le clip ici). Le groupe se produira ce 13/09 dans le cadre du Leffingeleuren, le 16/09 au MOD de Hasselt et il est à l’affiche du Sonic City ce 10 novembre.

A la recherche de Mikal Cronin

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Pour enregistrer son quatrième opus solo, « Seeker », Mikal Cronin a reçu le concours du backing group de Ty Segall, The Freedom Band, dont il est d’ailleurs le bassiste. Mikal avait d’ailleurs participé aux sessions d’enregistrement des albums de Ty Segall, "Emotional Mugger" (2016), "Ty Sgall" (2017) et "Freedom's Gobelin" (2018). Son inspiration, il l’a puisée dans une cabane sise à Idyllwild, dans les montagnes californiennes, avant qu'il ne doive déguerpir, suite aux incendies qui ont ravagé la région. L’elpee paraîtra ce 25 octobre 2019. Un avant-goût ? Le clip de « Shelter » (ici) Et de « Show me » () qui figurent dans le tracklisting. Si la mélodie du premier morceau évoque parfois Robert Plant, celle du deuxième lorgne plutôt vers Tom Petty…

Track listing

Shelter
Show Me
Feel It All
Fire
Sold
I’ve Got Reason
Caravan
Guardian Well
Lost a Year
On the Shelf

Les sérénades du désastre de Parlor Snakes

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Parlor Snakes, c’est un duo franco-américain réunissant Eugénie Alquezar et Peter K, soutenu par un backing group à géométrie variable. A son actif, deux singles, « Shotguns » et « Tomorrow Never Comes », ainsi que deux albums, « Let’s Get Gone (2012) » et un éponyme, publié en 2015, un disque enregistré à New-York, sous la houlette de Matt Verta-Ray. Son troisième, "Disaster Serenades", paraîtra ce 4 octobre 2019. Les plages de cet opus, sont annoncées particulièrement sombres, et sensuelles ; en outre, la musique oscillerait entre garage, pop et punk.

Un aperçu ? Le single “Marc Bolan fifth dream”, à découvrir ici,

 

qui figurera sur cet LP.

Track Listing

  1. Darkness Rises, 02. Das Meer, 03. Wonderland, 04. Palor Snakes - Marc Bolan's Fifth Dream, 05. Delicate Creatures, 06. Serpent, 07. End Of Love, 08. Nylon & Milk, 09. Frequency

Psy'Aviah touché par la grâce...

Psy'Aviah, c'est le projet créé par l'Anversois Yves Schelpe. Après avoir remporté le DEMOPOLL de Studio Brussels en 2003 et avoir été lauréat du concours BBC "Next Big Thing" en 2007 – excusez du peu!-, il s'est surtout fait remarquer dans les milieux dits 'dark' grâce à une musique oscillant entre synth-pop, darkwave et EBM.

On se souvient des excellents titres « OK » et « Circles », publiés en 2011 et 2013 avec la contribution vocale d'Emélie Nicolaï. Aujourd'hui, Yves Schelpe revient avec un 9ème opus, «Soul Searching», un concept-album qui confirme un virage en faveur d'une musique plus lumineuse, plus orientée electro-pop, synthwave et trip-hop.

Les chansons sont rehaussées par la participation de chanteuses comme Mari Kattman (Helix), Kyoko Baertsoen (ex-Hooverphonic & Lunascape), Lis van den Akker, Ellia Bisker (Charming Disaster), Addie Nicole, Saydi Driggers, Alicia May et Marieke Lightband. On trouve également des chanteurs du sexe 'fort', notamment Roeland van der Velde (Modèle Déposé), Mark Bebb (Shelter) et, surtout, l'invité le plus prestigieux et le plus original : le Dr Dirk De Wachter, un psychiatre, écrivain et conférencier très connu dans le nord du pays. C'est lui qui introduit la première plage, « Becoming Human ». Son texte est poignant et empreint d'une conscience supérieure sur le destin de l'homme dans un monde en pleine mutation.

Cette philosophie, très chamanique, traverse les 12 plages de l'oeuvre et est également, et de superbe façon, représentée dans le graphisme que l'on doit au Japonais Tomoki Haysaka.

Pour découvrir "Soul Searching" en vidéo:
- Searching (ft. Mari Kattman) 

- Dream Fever (ft. Saydi Driggers) 

- Becoming Human (ft. Prof. Dr. Dirk De Wachter) 

- preview sur soundcloud.

L'album sera publié le 1er novembre prochain par Alfa-Matrix mais est d'ores et déjà disponible en pré-vente :

 

Une compile pour Billy Bragg !

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Un best of de Billy Bragg, se focalisant sur sa période entre 1983 et 2019, sera publié en numérique ce 20 septembre et en vinyle le 15 novembre. Il recèlera de nombreux inédits, mais également de nombreuses sessions immortalisées, notamment par John Peel, David Jensen, Janice Long, Phill Jupitus, Bob Harris ou encore Tom Robinson. Et le tout a été remasterisé !

Tracklisting “Best Of Billy Bragg At The BBC 1983 – 2019” :

  1. A New England (John Peel session, 27th July 1983)
  2. Fear Is A Man's Best Friend [Cale] (John Peel session, 27th July 1983)
  3. Love Gets Dangerous (John Peel session, 27thJuly 1983)
  4. Like Soldiers Do (David Jensen session, 22ndDecember 1983)
  5. The Man In The Iron Mask (w/ Dave Woodhead) (David Jensen session, 22ndDecember 1983)
  6. The Saturday Boy (David Jensen session, 22ndDecember 1983)
  7. A Lover Sings (John Peel session, 18thSeptember 1984)
  8. Between The Wars (John Peel session, 18thSeptember 1984)
  9. A13, Trunk Road To The Sea [Troup/Bragg] (w/ Wiggy) (Saturday live, 13th October 1984)
  10. There Is Power In A Union (John Peel session, 20th August 1985)
  11. Days Like These (John Peel session, 20thAugust 1985)
  12. Scholarship Is The Enemy Of Romance (Janice Long session, 18th December 1985)
  13. Greetings To The New Brunette (John Peel session, 2nd September 1986)
  14. Ideology (John Peel session, 2nd September 1986)
  15. The Warmest Room (John Peel session, 2ndSeptember 1986)
  16. She’s Got a New Spell (John Peel session, 30thAugust 1988)
  17. Valentine's Day Is Over (John Peel session, 30th August 1988)
  18. The Short Answer (John Peel session, 30thAugust 1988)
  19. Rotting On Remand (John Peel session, 30thAugust 1988)
  20. The Few (John Peel session, 12th May 1991)
  21. Accident Waiting To Happen (w/ Wiggy) (John Peel session, 12th May 1991)
  22. Tank Park Salute (w/ Cara Tivey) (John Peel session, 12th May 1991)
  23. Brickbat (John Peel session, 13th October 1995)
  24. This Gulf Between Us (John Peel session, 13thOctober 1995)
  25. Goal Hanger (London Music Week live, 1st May 1997)
  26. The Boy Done Good [Bragg/Marr] (London Music Week live, 1st May 1997)
  27. From Red To Blue (London Music Week live, 1st May 1997)
  28. The Busy Girl Buys Beauty (Janice Long Paris Theatre London Live, October 1999)
  29. It Says Here (Janice Long Paris Theatre London Live, October 1999)
  30. Lonesome Traveller [Hays] (John Peel session, 8thDecember 2004)
  31. Goodbye, Goodbye (Phill Jupitus live, 30thMarch 2007)
  32. Way Over Yonder In The Minor Key [Guthrie/Bragg] (Bob Harris live, 6th May 2012)
  33. No-One Knows Nothing Anymore (Latitude Festival live, 18th July 2014)
  34. Levi Stubbs’ Tears (Glastonbury live, 26th June 2015)
  35. Why We Build The Wall [Anais Mitchell] (Tom Robinson live Buxton Opera House, 21st January 2017)
  36. I Ain’t Got No Home [Guthrie] (w/ CJ Hillman) (Radio 2 Folk Awards live, 5th April 2017)
  37. The Space Race Is Over (Tom Robinson Now Playing 6Music ‘Billy Bragg Takeover’, 14th July 2019)
  38. St. Swithin's Day (Tom Robinson Now Playing 6Music ‘Billy Bragg Takeover’, 14th July 2019)

http://www.billybragg.co.uk

Nouvelle tentative pour Echo Beatty

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Annelies Van Dinter, aka Echo Beatty, publiera un nouvel Ep en octobre prochain. Son titre ? « Ode to attempt ». Un disque qui fait suite aux albums « Tidal Motions » et « Nonetheless », parus respectivement en 2013 et 2016. Lors des sessions d’enregistrement, elle a reçu le concours de Koen Gisen, Mirko Banovic et Louis Evrard, sans oublier Patricia Vanneste (ex-Balthazar, Hydrogen Sea, Sohnarr) et Trui Amerlinck (Ivy Falls, Tsar B), respectivement au violon et au violoncelle.  

La vidéo du titre maître de cet Ep est disponible ici

 

Neil Casal

Décès de l’ex-guitariste de Ryan Adams, Neil Casal

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Né le 2 novembre 1968, Neil Casal s’est donné la mort ce 26 août 2019. Outre sa carrière solo au cours de laquelle il a publié douze elpees solos, ce guitariste, chanteur, auteur-compositeur et photographe américain a notamment milité chez le Hard Working Americans, mais également au sein du Chris Robinson Brotherhood et surtout du backing group de Ryan Adams, The Cardinals, de 2005 à 2009, sans oublier ses multiples collaborations (NDR : entre autres, Cass McCombs, Willie Nelson, James Iha, …) Il avait gravé son dernier album personnel, « Sweeten the Distance », en 2011 et avait terminé les sessions d’enregistrement d’un nouvel opus, une semaine avant sa mort, en compagnie de son groupe, Circle Around the Sun.

RIP  

Premier album solo pour Kim Gordon

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Produit par Justin Raisen (Angel Olsen, Yves Tumor, John Cale, Charli XCX, etc.), enregistré au Sphere Ranch de Los Angeles et empruntant son nom à un film de Chantal Akerman, « No Home Record », le premier elpee de Kim Gordon, constitue une forme de retour lorsqu'elle a commencé à jouer de la musique au début des années 1980, en se servant d’une guitare, une boîte à rythmes et de paroles extraites d'un texte publicitaire. «

L’ex-Sonic Youth, publiera donc son premier elpee, ce 11 octobre. L’opus fait l’objet de vidéos artistiques, dont « Sketch artist », réalisé par Loretta Fahrenholz (à découvrir ici).

Parmi ses neuf titres, le long playing comprend également le single 2016 « Murdered Out » (en écoute )

Tracklisting:

1 Sketch Artist
2 Air Bnb
3 Paprika Pony
4 Murdered Out
5 Don’t Play It
6 Cookie Butter
7 Hungry Baby
8 Earthquake
9 Get Yr Life Back

Dario Mars fait « Flesh » de tout bois…

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Dario Mars, le projet de Renaud Mayeur, sortira son nouvel opus, « Flesh », fin septembre. Renaud a récemment composé plusieurs BOs (‘Doubleplusungood’, ‘Vierges’, ‘Duelles’), et inévitablement, le travail sur ces musiques de films à influencé sa manière d'écrire.

Renaud a eu envie de modifier le format rock song classique pour quelque chose de plus instrumental et plus axé sur des thèmes musicaux.

Pour « Flesh », qu'il a composé et enregistré seul, Renaud reprend le chant, explore le rock instrumental, les bandes son des westerns de Sergio Leone, du cinéma de genre et l'easy listening des sixties, avec les Stooges en guise de boussole. « Keith », premier extrait de cet LP doublé en clip, est disponible ici

 

Pour Dives, l’adolescence, c’est fini…

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Dives est un trio féminin, autrichien pour être plus précis, dont le premier elpee, « Teenage Years Are Over », paraîtra ce 15 novembre 2019. Dora De Goederen, Tamara Leichtfried et Viktoria Kirner avaient déjà publié un premier mini-album éponyme, sous la houlette du musicien et producteur local Wolfgang Möstl (Mile Me Deaf, Sex Jams, Clara Luzia). Entre surf et indie rock, le combo puiserait, apparemment, ses influences majeures, chez Shop Assistants et The Feelies. Un avant-goût ? Le clip du single « Chico », à découvrir ici

 

  

Freaky Old Nation

Freaky Old Nation

Écrit par

Les forêts ardennaises de Libin ont accouché, en 2014, de Freaky Old Nation, un trio déjanté autoproclamé groupe de rock. L’originalité et la créativité priment sur ce premier opus 100 %, un disque qui fait suite à un Ep, produit du terroir, paru en 2016.

Joe (guitare + chant), Djé (basse + chant) et Thibs (Batterie) ont sollicité le Crowdfunding pour publier cet elpee éponyme qui réunit dix titres.

Les morceaux teintés de toutes les facettes du rock, blues, bossa et funky ont pour vocation de vous remuer et vous extirper de la torpeur sirupeuse induite par la musique indie actuelle.

Avouons-le de suite, tout est bon dans le cochon. Pardon dans le sanglier. Rythmique, guitares et chant sont en osmose vibratoire. Tous les ingrédients y sont pour arrimer un public avide de sensations nouvelles en festival.

Une initiative belge à soutenir, encourager, applaudir pour qu’elle puisse perdurer.

Si le groupe ne se revendique d’aucun genre particulier si ce n’est le rock, on épinglera quand même la huitième plage, “Chaos”, rappelant les prestations déjantées de David Byrne du groupe Talkings Heads.

Ces Ardennais ont vraiment une ardeur d’avance.

Hammerschmitt

Dr. Evil

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Cet elpee ravira à coup sûr les fans de ‘Hard Rock Classics’ et autres métalleux.

Hammerschmitt, combo allemand, originaire de Munich, extrait ici de son chaudron de ‘Metal’, une potion puissante destinée à secouer les headbangers jusque dans leurs synapses les plus profonds.

Les 12 titres de cette portée sont bien nés et d’une qualité irréprochable. Les spécialistes du genre devraient s’amuser à y retrouver les influences de leurs prédécesseurs.

Comme l’affirme le matériel promotionnel, « Dr. Evil » est la suite logique du premier enregistrement du groupe édité en anglais, en 2016, et intitulé « Still in Fire ». Hammerschmitt y a intégré beaucoup de matériel issu de ses archives analogiques des années 90. Un retour à ses racines.

Pour la première fois depuis 2011, « Dr. Evil » offre 12 nouveaux titres originaux, représentatifs de l’expérience du groupe mais aussi de son appétit insatiable d’enfoncer de nouveaux horizons qu’on imagine internationaux.

« Dr Evil » est une alchimie savamment dosée de tous les ingrédients caractéristiques du groupe, fruit d’un traitement particulièrement exhausteur du savoir-faire de chacun des cinq membres de Hammerschmitt.

Les impatients devront ronger leur frein jusqu’au 13 septembre 2019, date de la sortie officielle de l’album qui sera disponible chez les ‘Streaming channels’ mais aussi (ouf !) au format CD. A vos agendas ! On peut précommander le précieux pour en jouir dès le premier jour.

La plage titulaire s’ouvre sur une rythmique en béton armé. « Dr. Evil » a de quoi ensorceler l’amateur du genre et le piéger dans sa toile tissée par les riffs de ses guitares acérées. Cette plage pourrait figurer sur une compilation du genre ‘Je n’aime pas le Hard rock mais ça, j’adore’…

Aucun morceau n’est à jeter avec l’eau du bain.

A remarquer la dévotion aux ‘Saints of Rock’, titre destiné à enflammer la scène des festivals Metal auxquels ils participeront à l’avenir. Et la onzième piste, « Lost in Gods », a l’étoffe pour vous faire grimper aux rideaux. On vous laisse saliver jusque-là.

Cet excellent opus se termine par « End of Time », une ballade digne des Scorpions, Metallica et autres confrères du genre.

Shana Cleveland

Night of the Worm Moon

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Un an après avoir gravé un excellent album en compagnie de La Luz, Shana Cleveland revient sur le devant de la scène. Délaissant le surf-rock, la native du Michigan débranche son ampli pour reprendre sa carrière solo là où elle l’avait laissée en 2015, lorsqu’elle avait publié son premier album, “Oh Man, Cover the Ground”. Pour la circonstance, lors des sessions d’enregistrement, l’Américaine a opté pour un petit comité en laissant de côté les Sandcastles (sauf leur batteur, Kristian Garrard) qui l’épaulaient jusqu’alors.

Tout au long de cet opus, la sèche et bien sûr la voix langoureuse de Shana Cleveland, s’imposent. Cependant, les dix morceaux proposés ne s’enferment pas dans un folk strictement acoustique. La subtilité est une des principales caractéristiques du songwriting de la frontwoman de La Luz. Ses mélodies particulièrement travaillées sont enrichies d’une orchestration équilibrée incorporant ci et là des touches de psychédélisme (déjà illustrées par l’artwork de la pochette directement inspiré des 60’s). La production est elle aussi particulièrement léchée n’abusant jamais de la reverb’. Enfin, Shana Cleveland n’hésite pas à casser l’homogénéité de l’elpee en sortant du cadre, grâce notamment au blues, “Solar Creep”.

En gravant « Night of the Worm Moon », Shana Cleveland poursuit donc un parcours discographique jusqu’ici sans faute. Pour votre info, sachez que la Californienne d’adoption se produira au Botanique de Bruxelles, le 25 octobre prochain. 

Behind The Pines

Secret (Ep)

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Behind The Pines, né en 2017, est un groupe bruxellois. BTP se produisait dans le cadre des Francofolies ce jeudi 18 juillet et plus récemment, au festival de Nandrin, ce dimanche 18 août. Si la band a participé à de nombreuses manifestations en plein air, cet été, il a remporté plusieurs tremplins et concours, notamment celui de la ville de Namur.

Il vient de graver « Secret », un Ep autoproduit fort agréable à écouter tout en apportant sa fraîcheur sur la scène pop-rock belge comme Puggy à ses débuts.

Cinq titres nous sont proposés sur ce second ouvrage. Dès la première mesure, la rythmique nous emporte et nous incite à sautiller.

La voix du chanteur Andrea Battisti rappelle à certains moments celle de Brian Ferry ou par certaines intonations d’Eddie Vedder de Pearl Jam, mais cette comparaison n’engage que votre serviteur.

Le punch sympathiquement dansant des compositions ressort à la première écoute et rend la musique de cette formation immédiatement accessible. Non, ce n’est pas du rap. C’est de la pop fraîche et guillerette, belge de surcroît.

Allez augmenter le nombre de ‘J’aime’ sur sa page Facebook ou faites un tour sur son Soundcloud pour vous faire une idée du CD avant de le streamer ou encore mieux de l’acheter. Bien qu’ils aient le soutien des médias radiophoniques du pays, les membres de Behind The Pines méritent vos encouragements surtout si voulez continuer à les entendre dans le futur.

Les titres ?

1 Eloise (3:25)
2 N.T.G. (2:51)
3 Blue Sun (3:39)
4 Secret (4:01)
5 What Do We Choose (4:11)

Various Artists

Cumbia Beat Vol 3 - 21 Peruvian tropical gems

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Que de bonnes ‘vibes’ offertes par Vampisoul à travers cet excellent 3ème volet de leurs compilations « Cumbia Beat » dédiée cette fois encore aux sonorités péruviennes –originaires de Lima mais aussi de partout ailleurs dans le pays andin– enregistrées entre 1965 et 1980 au cœur de la dictature militaire locale. Ce nouveau chapitre réunit des raretés du genre, quelques ‘one-hit wonder’ irrésistibles ou des pépites de la ‘huaycumbia’ (Los Demonios de Corocochay ou Los 5 Palomillas), une sorte d’hybride entre la Cumbia et le huayno (Musique populaire péruvienne remontant à l’époque précolombienne). Les morceaux sont influencés par la Cumbia colombienne, la Guaracha cubaine ou les sons psyché anglo-saxons de l’époque formant un tout euphorisant et diablement efficace !

Bunkr

Schluss

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Bunkr est un duo basse-batterie de Chaux-de-Fonds, en Suisse. Il nous propose, sur cet LP, cinq morceaux instrumentaux bâtis sur un rock brut de décoffrage qu’on pourrait qualifier de post-post-rock delirium mêlant des phases planantes bouleversées par un déferlement rageur de guitares électriques.

Ce ‘rock-trip’ sous acide bouscule si bien les conventions qu’il est difficile de classer cet ouvrage dans un genre précis tant la composition est expérimentale et fourmille d’une myriade d’idées très susceptibles d’être incorporées dans des compos au format classique.

Ces morceaux pourraient servir de bande sonore pour des movies aux images fortes de sports extrêmes sans tomber dans l’extrême.

Les fans de jam-session et d’impro-rock devraient apprécier l’exercice vu la maîtrise des instruments et la diversité interne de ces pistes interminables.

Point de vue sonore, ce produit suisse non chocolaté est surprenant par sa qualité de mixage. A écouter au casque les yeux fermés pour s’envoler vers des contrées rock’n’roll non encore explorés. Aucune mélodie à retenir. Uniquement des impressions sonores qui résonnent en échos dans votre cerveau désarçonné…

En résumé, cet opus à premier abord ardu à analyser distille son originalité au fil des écoutes. Bien que sceptique au départ, il faut avouer que la créativité des deux artistes fait tout doucement son chemin. Sûr que ces Helvètes ne laisseront pas indifférents lors de leurs prestations publiques qui, à mon humble avis, seront encore plus percutantes.

Certains aimeront. D’autres détesteront.

”Mondo Delirium” : (08:02)  annonce la couleur en ouvrant les portes du délire. Mystérieux au départ et explosif à l’arrivée.

”Schluss” : (09:18) évoque une longue descente en snowboard finissant sur des rochers.

”Truand” : (05:56) commence relax et se termine par le braquage de vos tympans. Un final en vrai hold-up sonore.

”Fou Outil” : (09:17) plus conventionnel dans l’approche, il pêche par sa longueur futile.

”Vautour” : (12:02) titre le plus psychédélique. Il commence tel un vautour planant au-dessus des cimes cherchant une victime. Il réussira par son ambiance à vous capturer dans ses pièges sonores.

Bonnie Tyler

Between The Earth And The Stars

Écrit par

Bonnie Tyler, chanteuse galloise, née le 8 juin 1951, surnommée la ‘Rod Stewart’ féminine, à cause de sa voix particulièrement rocailleuse, possède son palmarès des hits comme “It’s a Heartache” (1977), Total Eclipse of The Heart” (1983) ou encore “Holding Out For A Hero” (1984).

Malgré une sortie régulière d’albums, il faut avouer qu’hormis ces trois succès, elle n’a pas publié de chansons susceptibles de défier l’éternité par-delà la Manche.

Elle représente le Royaume-Uni en 2013 au ‘Concours Eurovision de la Chanson’ mais n’y laissera pas une trace indélébile en décrochant une dix-neuvième place sur vingt-cinq.

Elle nous propose cette année “Between The Earth And The Stars”, un LP sorti en mars dernier, mais passé relativement inaperçu.

Restons les pieds sur terre. Des stars comme Rod Stewart (son pendant vocal), Cliff Richard (Shadows) et Francis Rossi (Status Quo), ont été invitées lors des sessions d’enregistrement. Seul ce dernier y apporte une intervention remarquée.

Les nostalgiques des voix torturées y trouveront ici leur compte. Bonnie Tyler a toujours ce timbre rauque si caractéristique qui reste son attrait et son atout majeur.

On épinglera quand même “Someone’s Rockin’ Your Heart”, au cours duquel Francis Rossi des Quo appose sa touche salutaire.

Le groove de l’ultime plage a également de quoi charmer, et deviendra vraisemblablement un des morceaux de l’elpee les plus ‘streamés’ sur Spotify, Apple Music, Deezer and co. Il faut avouer que ce morceau sauve un peu l’aventure.

Si ce long playing est d’une qualité sonore évidente, ignorés des radios, il rame un peu à contre-courant des tendances actuelles. Bien sûr, il y a toujours la voix incontournable de Bonnie, mais finalement, cet album est uniquement destiné au fans…

Les Solidarités : samedi 24 août 2019

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La chaleur persiste et signe. Pire que la veille ! Pour preuve, les pompiers arrosent vaillamment les dizaines de milliers de personnes qui ne se sont pas laissé décourager par cette météo décidément bien rieuse. Cette journée est sold out. Il faut pousser des coudes pour faire le moindre pas. Vu l’offre si alléchante, pas étonnant que les festivaliers se soient donnés rendez-vous en masse à la lueur de l’été pour y découvrir une affiche de choix…

En guise d’encas, Juicy, un patronyme derrière lequel se cache Julie Rens et Sacha Vok.

Les gonzesses n’ont pas encore trente balais qu’elles rentrent déjà dans le palmarès restreint des Belges qui s’illustrent en France. Leurs reprises déjantées de tubes hip hop des années 90 aux paroles misogynes, à l’instar du « Work it » de Missy Elliott ou encore du « Partition » de Beyoncé, ont pesé lourd dans la balance, épousant ainsi la même courbe de popularité que Damso ou encore Romeo Elvis. Léger dans le ton, mais profond dans le fond, les compos abordent des sujets comme le sexisme ou encore les agressions sexuelles et s’enracinent dans un style hybride entre rap et r&b…

Le théâtre de Verdure offre un panoramique exceptionnel. L’endroit est idéal pour y faire des (re)découvertes. Sur le coup de 17h15, Claire Laffut débarque.

Originaire de Moustier-sur-Sambre (entre Namur et Charleroi), la jeune fille connaît un succès croissant depuis la sortie d’un premier Ep, paru en automne 2018. Multifacettes, l’artiste pousse non seulement des vocalises, mais se consacre aussi à la peinture, la mode, le mannequinât ou encore la création de bijoux de peau éphémères. Et la liste n’est pas exhaustive. Un personnage tout en douceur dont la fragilité est perceptible dans les paroles. Le maître mot des compos sera l’amour. Pas toujours celui que l’on rêve et que l’on idolâtre. Parfois, celui qui blesse et rend morose. Mais pas que ! Elle porte un regard amusé dans le rétroviseur de la vie à travers notamment « Gare du Nord », chanson écrite à l’époque où son père disait qu’elle y finirait pute à la si ses résultats scolaires n’étaient pas suffisants… Charmant ! Si pour d’aucuns, les mots peuvent être le reflet d’une réalité atroce, elle s’exerce avec un naturel désopilant pour s’en servir comme source d’inspiration. Bref, elle dispose du talent nécessaire pour tourner un mélodrame en dérision. Ses influences sont multiples, son style parfois coloré et percussif (« Mojo ») ou même rythmé et sauvage (« Vérité »).

Le chapiteau de la FGTB (un endroit féministe paraît-il), accueille Célénasophia, un duo né de la fusion entre deux prénoms.

Elles accusent une bonne demi-heure de retard, leur matos s’est perdu dans les coulisses du festival. Une première ! En 2015, elles gravent un premier Ep baptisé « A l’Aventure » ; ce qui leur permet d’écumer les premières grosses scènes en Belgique (Botanique, Francofolies de Spa, BSF, ...) et à l'étranger (Suisse, France, Canada, Côte d'Ivoire). Soutenues par un drummer, les sœurs à la ville comme à la scène, commencent leur tour de chant par « On s’en souviendra plus », une chanson qui communique le ton à un étrange concert, dont les textes semblent tiraillés entre la plume d’un Gaëtan Roussel et celle de Saez à la rage faussement contenue. Issues de Chapelle-lez-Herlaimont, elles proposent un folk rageur tout en dressant un regard contemplatif, exhaustif et ciselé sur la vie. La préposée au chant possède un grain de voix proche de celui de Cœur de Pirate. Sa sœur, plus timorée et distante semble constamment s’effacer pour mieux s’auto-protéger. Armée d’une gratte électrique, cette dernière produit un léger voile sonore le temps de quelques chansons lorsqu’elles ne s’acharne pas sur ses backing vocaux plutôt inaudibles. L’univers du duo est nettement plus urbain qu’à ses débuts. Franchir un cap et s’affranchir davantage constitue là le pas du signe d’une maturité grandissante. De « Seul Hôtel », évoquant la solitude à « Je te vengerai », morceau écrit en hommage à la madré, les frangines se retrouvent là où elles ont commencé en faisant fi de la popularité qui les guette dorénavant et s’extériorisent des sentiments néfastes. L’ingé son fait de son mieux dans un environnement difficile : le set rencontre quelques problèmes techniques ; et puis l’écoute est rendue difficile à cause du brouhaha ambient. Pourtant contrarié par ces difficultés, CélénaSophia s’en tire(nt) joyeusement dans cette noce biblique.

Histoire de s’aérer les poumons, direction la main stage (NDR : c’est à l’extérieur !) pour Caballero & JeanJass. Les gaillards qui ont pratiquement terminé leur prestation ne font décidément pas toujours dans la prose philosophique. Et c’est un euphémisme ! Ils se sont offerts le luxe de faire venir une voiture sur la scène (un décor ??) histoire d’agrémenter leur nouvelle tournée. Le temps de cerner les nouveaux porte-drapeaux de la scène hip-hop belge, que « Bruxelles arrive » sonne le glas. Une manière de visiter la capitale tout en restant chez soi.

Au théâtre de Verdure, la surprise du jour viendra de Jeanne Added, une compositrice et interprète française. Un patronyme qui s’inspire de ses origines algériennes et plus précisément de son grand-père, ‘Hadded’. De formation musicale classique (NDR : elle a suivi le cours de violoncelle), elle s’oriente ensuite vers le jazz, mais ne commence à envisager un projet personnel qu’à l’approche de la quarantaine. Elle entre alors activement dans l’univers de la musique et décide de se forger un nom dans le milieu. Blonde platine et de petite taille, son côté androgyne (sa marque de fabrique) renvoie inévitablement à Annie Lennox. Après un premier Ep en 2011, c’est « Be Sensational » quatre ans plus tard qui va la révéler au grand public. Un album de l’ordre de la nécessité dira-t-elle. C’est dans la langue de Shakespeare qu’elle se sent le mieux pour interpréter ses chansons. « Radiate », son dernier opus en date a été doublement récompensé aux Victoires de la musique 2019 dans les catégories ‘Artiste féminine’ et ‘Album rock’. Accompagnée par deux préposées au clavier électronique et un batteur, son électro pop rafraîchissante et positive fait vraiment du bien à l’image de la Rémoise d’origine qui nous réserve un set au cours duquel elle affirme son talent pour les mélodies fortes et les sonorités harmonieuses. « Mutate » propulse des ondes vocales basses et voilées à la Björk vers les sommets de la Citadelle. Alors « Look at them ». Si l’ensemble des compos embrasse un côté pop atmosphérique, Jeanne ne peut s’empêcher de cacher son petit côté rock lorsqu’elle s’empare de sa basse tout en y laissant entrevoir son rapport aux autres et au monde qui l’entoure. Bref, le succès de cette jeune femme à l’avenir prometteur est manifestement sur une courbe ascendante.

A l’esplanade, c’est Angèle Van Laeken qui clôturera ce festival dans le chef de votre serviteur.

Fille du chanteur Marka et de la comédienne Laurence Bibot (fondateurs du duo pop-rock-électro Monsieur et Madame), mais aussi frangine d’une figure bien connue dans le milieu du rap (Roméo Elvis), son ascension a été fulgurante. Elle n’a pourtant commis qu’un seul album, à ce jour. Et son « Brol », gravé en octobre 2018, est en effet certifié triple disque de platine et s’est écoulé à plus de 300 000 exemplaires, six mois après sa sortie. A l’issue d’une très brève intro, armée d’une (fausse) mitraillette en main, elle se lance dans une incantatoire dénonciation jubilatoire, son esprit espiègle stigmatisant les réseaux sociaux, bien qu’elle se considère comme une reine du crime.

Une ribambelle de danseurs l’accompagne histoire de marier au mieux ses propos enchanteurs. Sans crier gare, elle expose « La loi de Murphy », un premier single publié fin 2017, un morceau qui lui a permis de poser les jalons de son futur succès et montré qu’elle n’était pas juste la ‘fille de’ ou ‘la sœur de’, mais une artiste à part entière. Engagée, féministe et féminine, son « Balance ton quoi » se réfère au sexisme dénoncé par le mouvement ‘BalanceTonPorc’. Elle l’entame au piano avant que la foule ne reprenne le refrain en chœur comme dans une communion solennelle. La prestation d’Angèle ressemble davantage à une forme de ‘best of’ incluant notamment des titres largement diffusés sur les ondes radiophoniques comme « Je veux tes yeux », « Flemme » ou encore « Flou ». Quoiqu’il en soit, ses compos font mouche. Angèle démontre ainsi que son avenir est prometteur et qu’en outre, aujourd’hui, elle est devenue une artiste à part entière au même titre que son frangin qui s’invite insidieusement et de manière virtuelle sur les écrans géants, de quoi « Tout oublier ».

Une heure et demie de show visuel mêlant musique, danse (NDR : la troupe s’investit et accomplit une prestation irréprochable) et projections, mais aussi textes bien ciselés aux thématiques contemporaines. Bref, le talent, c'est une histoire de famille chez les Van Laeken…

Il est temps pour votre serviteur de quitter cette citadelle, lieu féerique dominant des paysages tout en couleur, qui témoigne de plus de mille ans d'histoire. Une première pour votre serviteur, mais assurément pas une dernière !

(Organisation : les Solidarités)

Les Solidarités 2019 : vendredi 23 août 2019

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Pour cette septième édition des Solidarités, les organisateurs ont étalé les festivités sur trois jours, empruntant, au passage, la formule adoptée l’année dernière. Une exception qui confirme la règle : en lieu et place de l’Agora des Solidarités et des débats, le vendredi fait la part belle aux groupes ou artistes confirmés.

Une des particularités de cette manifestation est de combiner sur un même site, culture (dont bien sûr la musique), cinéma et théâtre…

Le soleil s’est dévoilé à la grande surprise de tous, forçant les plus téméraires à prendre quelques mesures de prévention comme le port du chapeau, de la casquette, des lunettes de soleil et le recours à la crème solaire.

Tout est pensé pour se sentir bien et profiter pleinement des spectacles. Comme cette ‘Cité des enfants’ pour que les bambins puissent s’adonner aux activités ludiques pendant que papa et maman s’en mettent plein les portugaises. Ou encore un ‘Urban Village’, un espace ‘Rencontres’ et une tyrolienne. Sans oublier la grande roue qui trône fièrement au milieu de l’esplanade.

Orchestrées par la mutualité Solidaris, ces festivités, dont la vocation première est familiale, constituent une exemplarité en la matière. Elles souffrent néanmoins de la période choisie pour son déroulement, car fin août, la plupart des artistes qui s’y produisent, l’ont déjà souvent été aux quatre coins du pays. Si pour certains, cette situation n’est qu’un détail dans l’histoire, les festivaliers les plus fidèles digèrent plus difficilement ce bis repetita…

L’accès au site est lui aussi singulier. Des dénivelés importants incitent le lambda à emprunter des navettes de bus qui circulent à intervalles réguliers. Pas une obligation, sauf si le but est d’atteindre l’entrée du festival la langue pendue.

Bien que les hostilités proprement dites ne commencent qu’à partir de 18 heures, votre serviteur a eu la bonne idée de s’y prendre suffisamment tôt. Il a quand même fallu s’armer de patience pour atteindre sa destination avant de recevoir son précieux sésame. Plus de deux heures entre la sortie de l’autoroute et le parking de délestage, vu les embouteillages !

Passé les traditionnels contrôles, Fabienne Demal commence son tour de chant sur la main stage. Son nom ne vous dit rien ? Normal ! Plus connue sous le pseudo Axelle Red, la chanteuse belge ne semble pas trop captiver un auditoire davantage occupé à bavarder et se désaltérer. Présente dans le paysage audiovisuel depuis une bonne vingtaine d’années, celle qui a accompagné Mister Renaud le temps d’une magnifique chanson, est certainement l’une des artistes les plus prolifique de sa génération. Vêtue d’une tunique bleue, l’ambassadrice du ‘Fonds des nations unies pour l’enfance’ livre une jolie prestation teintée de pop, en y ajoutant cette pointe de soul ou de blues lorsque c’est nécessaire. Alors que le socle de la mélodie se pose à merveille sur celui de la poésie, elle livre malheureusement un show sans grande surprise. C’est propre et gentillet, mais sans plus.

Armée d’une batterie de tubes séculaires comme « Sensualité » ou « Puisque c’est toi », la jolie rousse, malgré une proposition musicale, certes fort intéressante et authentique, manque cruellement d’authenticité, d’énergie et de créativité. Vraiment dommage pour un set dont on attendait beaucoup.

Behind The Pines constitue sans doute la découverte la plus improbable de ce festival. Constituée en 2017, la formation a déjà bien bourlingué : de nombreuses invitations dans différents festivals et des récompenses à n’en plus finir ! Un Ep intitulé « Secret » fraîchement sorti en mai de cette année, véritable carton médiatique et populaire, lui a permis de se produire aux côtés de Hooverphonic, Puggy, Typh Barrow, Mustii ou encore Birdpen. Etablir une comparaison alors que le propre d’un band est justement de se démarquer n’est pas chose aisée. Les puristes admettront que le grain de voix d’Andrea Battisti, lorsqu’il est poussé dans ses retranchements, rappelle à s’y méprendre celui de Caleb Followill. Lorsque ce n’est pas la chanson elle-même et ses contretemps à la guitare, « Blue sun » évoque Kings of Leon voire le mythique Stereophonics, groupe de rock britannique drivé par Kelly Jones. Pétillant et vivifiant comme un glaçon dans une boisson rafraîchissante en été, son pop/rock, un peu convenu, il faut l’avouer, trace cependant des lignes mélodiques ravageuses, ce qui le rend fort accessible et apprécié des aficionados. Atmosphérique, « What do we choose » résume à lui seul toute la rage et la ténacité d’un groupe qui pourrait, à la surprise générale poser les jalons d’un succès qui dépasserait celui de ses pairs…

Le concert de Gaëtan Roussel sera traduit en langage des signes. Un travail remarquable qui a nécessité six mois de préparation en étude des textes. Après une brève intro, le chauve grimpe sur l’estrade et entame son set par « Eolienne », un extrait de l’elpee « Orpailleur », apportant en même temps une légère brise rafraîchissante bienvenue qui se prolonge immédiatement par « Dis-moi encore que tu m’aimes », nous rappelant déjà toute l’étendue de son talent de compositeur. Roussel, c’est d’abord une voix remarquable, éraillée, qui titille vos tympans, sans les effrayer. Une richesse absolue dans la recherche d’émotion. C’est une plume également. Unique, incisive, touchante, légère et accrocheuse. Autant de qualificatifs qui procurent à l’ensemble de ses chansons une beauté simple, mais tellement sincère. Influencé par la musique anglo-saxonne, c’est pourtant dans la langue de Voltaire qu’il dispense ci et là ses incantations jubilatoires. Gaëtan Roussel est parvenu à exploiter le succès engendré par Louise Attaque, pour se forger une carrière solo décomplexée et d’une grande liberté. Racontant perspicacement le quotidien et ses faiblesses, l'ancien frontman de L.A. livre un set d’une puissance inouïe et emmène la foule dans un mouvement tourbillonnant, grâce à sa pléiade de tubes tellement inclassables, comme « Ne tombe pas », qu’inoubliables, à l’instar de ce duo échangé avec Vanessa Paradis dont il fera par ailleurs des éloges (« Tu me manques (pourtant tu es là) ». Tout est dans la nuance, la subtilité et l’intensité. Sans en faire des tonnes, l’artiste aux multiples facettes parvient à fédérer simplement, en injectant cette dose d’humanité qui lui est propre.

Bref, de Louise Attaque (« Ton invitation », « Léa ») à sa carrière solo (« J’entends des voix », « Inside Outside » et son refrain entêtant ‘Help Myself’ ou encore « Hope »), l’homme au grand cœur brasse avec conviction, réalisme et passion un florilège de chansons destinées à procurer un plaisir immense...

Pascal Obispo est le dernier à se produire ce soir. Trop peu pour votre serviteur ! A défaut d’Obispo, ce sera direction le bistrot. Rien de tel après cette période caniculaire.

Demain est un autre jour…

(Organisation : Les Solidarités)

Axelle Red + Behind The Pines + Gaëtan Roussel + Pascal Obispo

Tool

Fear Inoculum

Pré-écoute exclusive du nouvel album de Tool, « Fear Inoculum »

C'est le disque que 'Tool-e' monde veut écouter... Au-delà du jeu de mot, c'est un fait incontournable : il y a 13 longues années que les fans l'attendent, le nouvel album de Tool. Et là, on y est presque : « Fear Inoculum » paraît le 30 août prochain ! Et cerise sur le gâteau, Musiczine a été invité à une pré-écoute exclusive pour la presse du nouvel opus, dans les bureaux de Sony Music à Bruxelles.

Autant le dire tout de suite : c'est du 100% Tool et c'est un très bon cru. Les fans seront aux anges et seuls quelques critiques grincheux regretteront le manque de renouvellement du combo américain sur ce cinquième long format. ‘Never change a winning team’, n'est-ce pas ?

Produit par Joe Barresi et masterisé par Bob Ludwig, « Fear Inoculum » recèle sept longs morceaux et s'étend au total sur 85 minutes sous sa version CD. Dans la version digitale complète, figurent deux instrumentaux supplémentaires.

Mais entrons dans le vif du sujet : la chronique de cette œuvre tant attendue. La plage titulaire, « Fear Inoculum », on la connait déjà. Elle est sortie il y a 15 jours et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle place d'emblée la barre très haut. Un son de cloche tibétaine marque l'entame de ce qui peut être considéré comme une cérémonie. Car, on le sait, une des singularités de Tool, c'est de réussir à créer une atmosphère chamanique, comme si on était au milieu d'un rituel tribal. Les sons de guitare sont doux et hypnotiques et la voix de Maynard James Keenan est cristalline. Elle semble émaner d'une dimension astrale. Fidèle à une architecture sonore bien huilée, Tool ne reste pas longtemps dans la douceur mais, au contraire, fait monter l'intensité jusqu'à la déflagration post-métal dominée par le jeu polyrythmique du batteur, Danny Carey. Après de multiples méandres très 'prog', la compo s’achève par une pulsion saccadée, telle une mitraillette, à l'unisson, parfaitement dans la tradition de ce groupe hors normes. Une belle réussite, ce morceau, qui, en passant, est le titre le plus long (plus de 10 minutes) à avoir été dans le 'Billboard Hot 100 singles'.

C'est Justin Chancellor, le bassiste, qui marque de son empreinte le début de la seconde plage, « Pneuma ». Son riff sur deux cordes, communique un son inimitable. Il est relayé par Adam Jones à la guitare dans une rythmique délicieusement syncopée. Il faut dire que Tool est spécialisé dans les mesures non-conventionnelles, principalement la 7/8. Dans cette compo, ce qui surprend, cependant, c'est le break glissé au beau milieu de la chanson : des tablas indiens et une basse carrément perchée confèrent au passage un caractère oriental très séduisant. Des volutes de synthés (eh oui !) viennent nous caresser les tympans avant qu'une progression en puissance ne cède le relais à un superbe solo de guitare. La machine à remonter le temps nous ramène ici aux meilleurs moments de la 'prog' des années '70, mais avec le son du XXIème siècle. Un pur bonheur !

A l'instar de « Descending », « Invincible » est un titre que les fans ont déjà pu découvrir en live, entre autres à Werchter. Il s'ouvre sur des arpèges de gratte qui forment comme un nœud gordien. La voix de Keenan est désarmante et pure. Elle plane dans les airs, tel un aigle royal. Mais cette plénitude est de courte durée : le thème guerrier de la piste réclame une déferlante de toms et de basses, laquelle mène au refrain. ‘Warrior Struggling...’, éructe ce diable de Keenan. Dans le désormais classique 'break' inséré à mi-parcours, on retrouve un synthé qui, cette fois, ose une mélodie très accrocheuse, sur laquelle Keenan vient déposer un chant trafiqué au vocoder. Audacieux et ensorcelant !

« Descending » nous plonge tout d'abord dans les vagues d'un océan. On espère alors un changement d'atmosphère et de style mais, malheureusement, la structure de la composition reste en grande partie semblable à celle des plages précédentes. On apprécie néanmoins la précision chirurgicale manifestée par les quatre musiciens pour construire les passages les plus progressifs, ciselant avec maestria une sorte de cubisme sonique, déstructuré, à la limite du déséquilibre mais toujours harmonieux, comme une suite de Fibonacci.

Pas de doute : « Culling Voices » constitue le meilleur morceau de l'opus. Il est, en tout cas, celui qui nous a le plus séduit, à la première écoute. C'est aussi la compo la plus mélodique, et la plus calme. Après une introduction aux synthés très planante, quasi floydienne, Adam Jones égrène de jolis arpèges en haut de son manche et la mélodie créée ici par Keenan est d'une indicible beauté. ‘Psychopathy, misleading me over and over’, murmure-t-il dans un souffle. Son chant semble défier les règles du système tonal occidental, mais sans jamais les transgresser. Lentement, la chanson se développe, comme un serpent qui se faufile dans notre cerveau. Un magnifique track, qui évoque les meilleurs moments de A Perfect Circle, le side-project de Keenan.

On ne s’attardera pas trop sur l'instrumental « Chocolate Chip Trip », une 'compo' du batteur qui se résume à des sons de cloches, un loop de synthé trafiqué, au-dessus duquel le musicien s'autorise un solo poussif et sans intérêt.

Heureusement, la dernière composition de l'album, « 7empest » remet les pendules à l'heure car c'est tout simplement une bombe. Direct, comme un coup de poing asséné dans le visage ou plus métaphoriquement, comme s’il frappait immédiatement en plein cœur. Les riffs sont saturés et la voix, hargneuse. ‘There's no other like you’ s’échappe comme un cri qui sort de la gorge de Keenan. Après la bagatelle de 3 solos de guitare (NDR : ce qui semble un peu excessif !), l’album se clôture de la plus belle façon, par un impeccable unisson de tous les instruments.

En un mot comme en cent, c'est un disque superbe. Il recèle ce qui fait la quintessence de Tool depuis sa création, en 1990. On pourrait le décrire comme un labyrinthe musical qui vous guide dans un voyage transcendantal vers des mondes invisibles. Une musique, complexe, tendue, sur le fil du rasoir, semblable à  une géométrie sacrée. A chaque moment, « Fear Inoculum » inocule une joie sourde et profonde. C'est l'instrument de l'élévation de notre conscience et ça tombe bien, ‘instrument’, en anglais, se traduit par... « Tool »...

Tracklist :

  1. Fear Inoculum
  2. Pneuma
  3. Invincible
  4. Descending
  5. Culling Voices
  6. Chocolate Chip Trip
  7. 7empest

 En bonus digital :

  •  Litanie contre la Peur
  •  Legion Inoculant
  •  Mockingbeat

 Merci à Sony Music Belgium

Mise à jour du 30 août 2019: l'album est sorti! Pour écouter, c'est ici