La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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W-Festival 2019 : jeudi 15 août

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Nouveau changement de site pour le W-Festival, qui après avoir été inauguré à Wortegem-Petegem, puis déménagé à Amougies, retourne près de ses sources, c’est-à-dire à Waregem. Dans la grande salle Expo, pour être plus précis. En passant l’entrée, on est un peu surpris par la configuration des lieux. A contrario de celui du Mont-de-l’Enclus, ils sont très concentrés. Faut dire aussi que l’an dernier, il fallait marcher plusieurs kilomètres avant d’arriver sur la plaine. Mais n’empêche, cette grande étendue exhalait un petit air de Woodstock. Et puis les émanations de friterie ou autre fast-food se dispersaient dans la nature. Mais ici, on a l’impression de pénétrer dans une sorte de petite kermesse flamande bordée de tas d’échoppes alimentaires, avec tables, bancs et parasols et où il ne manque finalement que les manèges. A l’arrière de la salle Expo, un podium baptisé Olivier Daout a été dressé pour accueillir quelques concerts. Judicieux, une tribune assise et couverte a même été aménagée. Enfin, la salle Expo est quand même impressionnante, puisqu’elle compte un peu plus de 3 700 m2. Et puis, de nombreux parkings entourent l’édifice. Donc plus besoin d’avaler plusieurs bornes avant d’atteindre le site.

La journée de votre serviteur démarre par Tristesse Contemporaine, un trio cosmopolite, établi à Paris, qui réunit le Suédois Leo Hellden, le Britannique Michael Gifts et la Japonaise Namuri Omori. Le premier se consacre à la guitare, le second au chant et la troisième aux claviers ainsi qu’aux vocaux. Responsable d’une forme d’électro-pop-indus-krautrock, très influencée par les 80’s, un peu dans l’esprit de Stereolab, le groupe va nous délivrer un set de bonne facture. Minimaliste, atmosphérique, caractérisé par ses sonorités faussement glacées, il est néanmoins desservi par la voix un peu trop limite de Mike, qui semble avoir abandonné son masque…  

Solar Fake embraie. Le leader et multi-instrumentiste Sven Friedrich possède un baryton profond, très susceptible de rappeler Andrew Eldritch (Sisters of Mercy) et les mélodies sont bien torchées, dans un style dansant à mi-chemin entre cold wave des eighties et electro-pop contemporaine. Mais rapidement, on perd rapidement le fil d’un set qui va finalement se révéler anecdotique ; une prestation contrariée par une panne de light show ainsi que des éléments visuels, malgré une cover plutôt réussie du « Papillion » des Editors…

Mauvaise nouvelle, les Primitives ont pris du retard. Et pour cause, ils ont été bloqués à la frontière. Il se produiront donc plus tard, sur la scène baptisée Olivier Daout. Malheureusement ce sera au même moment qu’Echo & The Bunnymen. Donc difficile de se couper en deux. Et c’est The Blow Monkeys qui va récupérer ce créneau horaire.

Entretemps, on est allé jeter une oreille à The obsCURE (NDR : à ne pas confondre avec un groupe bengali de pop/rock), un cover band issu du Nord du pays qui se consacre au répertoire de Cure. Of course ! Ils sont six sur les planches et il y a un monde fou sur la place. Le chanteur, Dirk Vrijs, a le même look que Robert Smith, en moins grassouillet, chante plutôt juste et la musique proposée est respectueuse de l’originale. En outre, certaines reprises sont enrichies de vidéos des mêmes compos du mythique groupe britannique. Mais, ce qui cloche, c’est qu’entre les morceaux, ce vocaliste, qui ne joue pas de guitare, laissant ce soin à deux autres musicos, s’adresse en néerlandais à ses amis, ses connaissances et tutti quanti et leur adresse même de grands signes, pour les remercier de leur présence, rendant cette forme de réincarnation, un peu saugrenue…

Fondé à Coventry, en Angleterre, The Blow Monkeys remplace donc les Primitives. Son line up est quasi-inchangé depuis le début des eighties, puisqu’il réunit le chanteur/guitariste Robert Howard alias Dr Robert, le saxophoniste Neville Henry, le bassiste/claviériste Mick Anker et le drummer Crispin Taylor qui remplace Tony Kiley. Ce quatuor a décroché quelques hits à ses débuts, dont « Digging Your Scene », « It Doesn’t Have To Be This Way », qu’ils ont interprétés, et « Animal magic », des chansons qui demeurent certainement les plus représentatives de son répertoire. Aujourd’hui son cocktail entre pop, jazz, soul, blues et funk n’attire plus qu’une poignée de nostalgiques de leur belle époque ainsi que quelques curieux. Ce sont tous d’excellent musiciens, mais au bout de quelques morceaux, le set suscite un profond ennui…

Cassandra Complex continue de tourner ; et pourtant, il n’a plus rien enregistré depuis l’an 2000, même s’il a réédité le premier elpee, « Grenade », cette année, en le remasterisant. Costard/cravate de couleur rouge, Rodney Orpheus possède toujours ce baryton caverneux si caractéristique. Pas de drummer, mais une boîte à rythmes, et quand même un guitariste, dont les interventions rappellent parfois celle de The Edge (U2) et un bassiste qui participent à une musique mêlant EBM, indus, goth rock, dark wave et synthpop. Un set bien équilibré pour une musique qui commence cependant tout doucement à être datée…

Merciful Nuns embraie, un trio allemand qui pratique une forme de gothic rock sombre et mystique. D’ailleurs, tout au long du set défilent, sur les écrans, des images et des sigles qui reflètent la passion des musicos pour l’hindouisme et la cosmographie. Habillés de noir, ils sont tous chaussés de lunettes fumées. La bassiste a enfilé un imperméable (NDR : pourtant, il ne va pleuvoir qu’à l’extérieur), le guitariste est coiffé d’un bandeau de pirate et le chanteur d’une casquette de marin. Ces deux derniers portent la barbe. Pas de batterie, mais une boîte à rythmes pour une musique ténébreuse (évidemment) qui rappelle le plus souvent Sisters of Mercy (NDR : encore !), même si le chanteur, Artaud Seth, emprunte parfois des inflexions à Mark Burgess (Chameleons). Un peu trop linéaire pour vraiment convaincre…

Décidément, les organisateurs sont parvenus à exhumer des groupes dont on entendait plus parler depuis belle lurette. Certains avaient même récolté un franc succès sur le plan international, début des eighties, décrochant par ailleurs quelques hits, avant de rentrer dans le rang ou de disparaître de la circulation. D’autres étaient également parvenus à renaître de leurs cendres. C’est le cas de Time Bandits, un combo batave dont il ne reste plus comme membre fondateur que le seul Alides Hidding. Un fameux compositeur, puisque plusieurs de ses chansons ont été reprises par de nombreux interprètes, dont Jennifer Rush et The Nylons. Chapeau vissé sur le crâne, Alides, qui se consacre à la guitare et au chant, est particulièrement interactif. Il est soutenu par un claviériste, un bassiste, un drummer et deux choristes, dont les voix sont vraiment superbes. Oscillant du r&b au blues, en passant par la pop eurovisionnaire et le disco, la musique de Time Bandits n’était pas vraiment de nature à emballer votre serviteur. Et pourtant, elle s’avère agréable à écouter. La formation s’autorise une cover plutôt réussie du « Purple rain » de feu Prince. Au cours du show, Alides feint d’envoyer une balle de golf et déclare l’avoir envoyé sur la lune. Pourquoi pas ? Bref, la performance des choristes et l’enthousiasme du leader m’ont empêché d’aller plus rapidement casser la croûte ; et pourtant, il est temps, car le meilleur arrive enfin…

Et pour cause, Echo & The Bunnymen grimpe sur les planches, un groupe emblématique, drivé par les incontournables Ian McCulloch et Will Sergeant. Le chanteur et le guitariste sont épaulés par un second gratteur, un bassiste, un claviériste et un drummer. Et en intro, on a droit à une sorte de bande sonore liturgique. Avant que le band n’attaque son set par « Rescue », un morceau tapissé de claviers rognés, alors que déjà la machine à fumée envahit l’espace scénique. Et puis difficile de ne pas tomber sous le charme de cette musique à la sensibilité émotionnelle hypnotique et profonde que souligne si bien la voix fragile et instable de McCulloch. Pendant « Villers Terrace », la compo inclut le « Roadhouse blues » des Doors ; des Doors et surtout feu Jim Morrison qui semblent parfois hanter ce set, même si pendant « Nothing lasts forever », le clin d’œil adressé à Lou Reed, à travers le « Walk on the wild side », déclenche au sein de l’auditoire des ‘doo dee doo’ chargés d’allégresse. Le son de gratte dispensé par Sergeant est tour à tour psyché, comme tout au long de « Over the wall », cristallin, à l’instar de « The killing moon », vibrato sur « Bring on the dancing water », au cours duquel le public frappe dans les mains, à connotation orientale sur « The cutter », et surf lors du titre final, « Lips like sugar », à l’issue duquel Ian balance son essuie-éponge dans la foule, avant de tirer sa révérence. Un seul morceau récent, « The somnambulist ». Du show, on épinglera encore le dansant « Never stop », au cours duquel Sergeant crée un contrepoint pour renforcer l’émotion libérée par la voix de Ian, et un hymnique « Seven seas » tout en délicatesse. Une constante, la foule reprend les refrains et même les couplets en chœur, sans pour autant que McCulloch ne cède le relais à l’auditoire. Bref, un chouette moment, intense et empreint de douce mélancolie qui fait du bien à l’âme… des nombreux nostalgiques de l’époque dorée d’Echo & The Bunnymen…

Depuis le départ de Hugh Cornwell, il faut avouer que votre serviteur ne s’est plus guère intéressé aux Stranglers. Faut dire que la quintessence de l’œuvre du band britannique se situe entre 1977 et 1990. Malgré de bonnes dispositions au chant, Paul Roberts ne s’est jamais vraiment imposé. Et d’abord recruté comme guitariste, à l’aube du millénaire, Baz Warne ne s’est reconverti au micro qu’à partir de 2006. Les deux vocalistes ne sont cependant jamais parvenus à faire totalement oublier Cornwell, raison pour laquelle les prestation ‘live’ ont alors souffert d’un goût de trop peu. En outre, Hugh était quand même un des deux compositeurs au sein de la formation, tant de la musique que des lyrics. Bref, avant d’assister au show de ces Stranglers, il y avait de quoi être dubitatif, surtout quand on a eu l’opportunité d’assister à un de leurs concerts, sous le line up originel.

Lorsque les rideaux s’ouvrent on découvre le logo du groupe de couleur jaune sur fond noir, en arrière-plan, et bien sûr le matos du combo, alors que les baffles crachent l’instrumental « Waltzinblack ». Le quatuor grimpe alors sur le podium d’un pas bien décidé. Jean-Jacques Burnel a la chevelure poivre et sel, Baz la boule à zéro, et Dave Greenfield, qui accuse quand même 70 balais, semble se cacher derrière sa panoplie de claviers. Le quatrième larron, Jim Mccauley, est un jeune batteur qui supplée Jet Black depuis 2013. Ce dernier ne participe d’ailleurs plus qu’aux sessions d’enregistrement. Et la formation semble bien décidée à en découdre avec la foule en ouvrant les hostilités par des titres percutants, pour la plupart issus des premiers elpees à l’instar de « Toiler on the sea », « I’ve been wild » et « Get a grip on yourself » qui ouvrent le concert. Car de « Peaches », le combo en a ce soir. En outre, Baz chante juste, dans un registre très proche de Cornwell. Et ça, c’est une bonne surprise ! L’attitude des gratteurs est menaçante, bien punk. La ligne de basse tracée par JJ vous rentre dedans. Warn est particulièrement incisif sur sa six cordes. Dave infiltre les compos de ses rituelles arabesques savoureusement baroques aux claviers. Il se sert d’un moog, pendant « Nice’n’sleazy ». Et le batteur dynamise l’ensemble de son drumming solide et précis. Un climat délibérément belliqueux qui va également déteindre sur les hits du groupe, comme « Skin deep », « Golden Brown » et « Always the sun », dont la foule reprend, bien évidemment, les refrains à l’unisson. La version du « Walk on by », signée Burt Bacaharach et Hal David, popularisée par Dione Warwick, est tout aussi agressive, alors que Greenfield nous réserve un petit solo vintage. Jean-Jacques Burnel se réserve le chant circonstanciellement, comme sur « Better change » ou « 5 minutes ». Et à l’issue d’« Unbroken », il nous balance quelques accords de basse sismiques avant d’embrayer par les fameux riffs qui allument « No more heroes », dont la foule, aux anges, reprend le refrain en chœur et qui clôt ce set épatant, couronné par une énorme ovation. Bras dessus, bras dessous, les musicos saluent l’auditoire, puis le sourire aux lèvres se retournent et présentent leurs séants. Humour bien punk… mais finalement une des plus belles surprises du festival…

Voir aussi notre section photos

(Organisation W-Festival)

Richard Dawson, prophète des temps modernes ?

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Richard Dawson (également impliqué chez Hen Ogledd), le poète à l'humour noir et à la voix inimitable, publiera son sixième LP solo, « 2020 », ce 11 octobre 2019. Le Britannique (NDR : il est issu de Newcastle) y opère un état des lieux de son pays, en ces temps sombres et mouvementés et y dépeint, avec son humour très caractéristique, sa patrie en pleine mutation, mais également une société au bord la crise de nerfs.

On y retrouve des fonctionnaires mécontents qui rêvent de jours meilleurs, des joggeurs angoissés à la recherche de logements inabordables sur Zoopla, des amateurs de football se prenant pour Lionel Messi et des propriétaires de pubs débordés (?!?!?) par la crue des eaux.

« Jogging », premier extrait de l'album, fait l’objet d’une vidéo réalisée par Edwin Burdis. Et elle est disponible ici

 

On a perdu les filles de Bat For Lashes…

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Bat For Lashes, c’est le projet de Natasha Khan, une chanteuse et multi-instrumentiste qui se produit sur scène, la plupart du temps entourée de filles musiciennes/vocalistes. Elle publiera son nouvel elpee « Lost Girls », ce 6 septembre 2019. La trame de cet opus repose sur le personnage de Nikki Pink, sorte de réincarnation de l’artiste, destinée à dévoiler une partie de son âme…

Extrait de ce futur opus, « The Hunger » a été traduit en vidéo, un clip réalisé et interprété par Khan, au cours duquel elle joue le rôle d’une prêtresse en chef des Lost Girls, diffusant magie et lumière à travers une cérémonie sensuelle. Méditation sur l’amour, le chagrin, la libération et la rédemption, la vidéo a été réalisée en collaboration avec sa société de production Lief.

Pour découvrir le clip, c’est ici

 

Pour The Darkness, prêt à mourir, le rock’n’roll est proche de la résurrection…

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C’est ce 4 octobre que paraîtra le nouvel elpee de The Darkness, « Easter is canceled ».

En 10 plages, le groupe examine le rôle du musicien dans la culture barbare du monde contemporain, ainsi que sa responsabilité presque divine de défier l'establishment ; ce que la plupart des artistes rock'n'roll semblent avoir abandonné au profit de la célébrité facile. Et pourtant, au cœur de ce récit se trouvent l’amour, la perte et le chagrin, où la rédemption se trouve finalement dans la fraternité de l’amitié du groupe et le pouvoir de la guitare… (d’après communiqué de presse)

Extrait de cet opus, le single « Rock and Roll Deserves to Die » fait l’objet d’un clip vidéo (à voir ici) qui donne une idée du climat biblique au sein duquel l’œuvre devrait baigner…

The Darkness se produira au Casino de Sint-Niklaas le 22/02/2020

Un clip queer pour Cocaine Piss

Écrit par

« Dry Mouth », le nouveau clip de Cocaine Piss, est considéré comme le film le plus court - et le plus queer - du monde. A mi-chemin entre un Exorciste en bas résille et un Fight Club à paillettes, le groupe n’hésite pas à se mettre en full drag pour nous en mettre plein la vue. Ce nouveau clip a été réalisé par Peggy Lee Cooper, Artiste Drag  et ‘Grande Vedette Internationale’, en collaboration avec Balkan Burgers. Et il est à découvrir ici

En concert le 17 août dans le cadre du Pukkelpop

La rédemption de DIIV …

Écrit par

« Deceiver », c’est le titre du nouvel elpee de DIIV, un album qui paraîtra chez Captured Tracks, ce 4 octobre 2019. Il s’agira du troisième opus de ce quatuor issu de Brooklyn (New York), dont la musique oscille entre dream pop et shoegazing. Mis en forme par Sonny Dipperri ((My Bloody Valentine, Nine Inch Nails, Protomartyr), au studio 64 Sound, cet elpee célèbre le retour du band, après une cure de désintoxication nécessitée par la toxicomanie du leader, Zachary Cole Smith. Dix plages au cours desquelles ce dernier soulève des tas de questions sur cette addiction, dont il veut se débarrasser définitivement…

Pour écouter « Skin game », extrait de cet LP, c’est ici

Tracklisting :

Horsehead
Like Before You Were Born
Skin Game
Between Tides
Taker
For the Guilty
The Spark
Lorelai
Blankenship
Acheron

Big Thief signe son nouvel album à deux mains…

Écrit par

Le nouvel elpee de Big Thief, « Two hands », paraîtra ce 11 octobre 2019. Les compos de ce nouvel opus ont été réalisées avec un minimum d’overdubs ; en outre, hormis pour deux pistes, les prises vocales ont été enregistrées en prise directe. Des compositions dont les lyrics évoquent les dangers bien réels qui menacent notre planète. Lorsqu’Adrianne chante ‘S'il te plaît, réveille-toi’, elle s’adresse directement au public… L’album a bénéficié du concours de l’ingé-son Dom Monks et du producteur Andrew Sarlo, les deux collaborateurs qui avaient déjà participé aux sessions du long playing précédent, « U.F.O.F. »…

Pour écouter le titre maître, c’est ici

En concert dans le cadre du festival Pukkelpop, le 16 août 2019, et le 5 mars 2020, à l’Ancienne Belgique de Bruxelles.

Track listing

Rock And Sing
Forgotten Eyes
The Toy
Two Hands
Those Girls
Shoulders
Not
Wolf
Replaced
Cut My Hair

Rééditions en série pour Ariel Pink…

Écrit par

Le label Mexican Summer de rééditer toute une série d’albums d’Ariel Pink. Et tout d’abord, ce 25 octobre, « Underground », « Loverboy » et « Odditties Sodomies Vol. 2 ». Les deux premiers, parus en 1999 et 2002) avaient été auto-distribués en cassettes, à l’époque. « Underground » sera enrichi de 12 nouveaux morceaux et « Loverboy », dont une nouvelle version de « So glad », en écoute ici, fera l’objet d’une remasterisation. Enfin, « Odditties Sodomies Vol. 2 », attribué alors à Ariel Pink's Haunted Graffiti, sera suivi, dans un futur proche, d’un deuxième et même d’untroisième volume. Le second recèlera « Stay here with you » (en écoute )

et proposera 14 titres, dont certaines sont issus de collaborations, et une reprise des Smiths. Le clip de « Stay here with you » a été réalisé par Salvador Cresta, proche collaborateur du Californien, également aux manettes du film ‘Dedicated To Boris Karloff’, qui accompagnera la sortie de cette nouvelle anthologie. Un premier extrait intitulé Chapter 8 : Some Tutorials, long de dix minutes, vient d'ailleurs d'être dévoilé (voir ici).

Une première vidéo consacrée au nouvel album de The Murder Capital…

Écrit par

Produit par Flood (PJ Harvey, New Order, Foals), le nouvel elpee de The Murder Capital paraîtra ce 16 août 2019. Intitulé « When I have fears », il fera l’objet de plusieurs clips tournés en ‘live’. Et le premier, consacré à « Green & blue », vient de sortir, et il est à découvrir ici

L’album recèle les trois singles du groupe, "Feeling Fades", "Green & Blue" et "Don't Cling To Life", ainsi que le premier enregistrement studio de "More Is Less".

Gerry Cinnamon

Erratic Cinematic

Écrit par

Pitrock

Allez d’urgence consulter les réseaux sociaux à propos de Gerry Crosbie alias Gerry Cinnamon, véritable OVNI musical de cette année 2019 pour vous rendre compte, par vous-même, de l’ampleur du phénomène qui risque de déferler sur le continent lors des prochains mois.

On vous traduit un extrait de sa biographie proposée sur sa page Facebook : ‘La musique de Gerry Cinnamon traverse les générations d’une manière que seule une poignée de forgerons peut comprendre –racontable, pertinente et raconteuse d’histoires vraies. Non signé et incomparable dans sa capacité à opérer en dehors du grand public, Gerry est devenu un héros culte et une force avec laquelle il faut compter. Ses spectacles inimitables sont tristement célèbres pour leur atmosphère déchaînée et leurs moments privilégiés avec sa foule chantant chaque mot, à chaque chanson. Ses titres, tels des hymnes, mêlés de commentaires sociaux, ont captivé l’imagination d’un public de tout le pays. Chaque piste étant différente, l’auditeur est sur le qui-vive. Utilisant des harmonies de pédales à boucle et des percussions, Gerry a pour habitude de plonger le public dans une frénésie qui les voit partir sur un sommet et en vouloir plus’.

Bref cet Ed Sheeran survitaminé remplit les salles de la perfide Albion à la vitesse de l’éclair et fout le feu à chaque concert où il joue. Il ne serait pas surprenant de le voir débarquer tel un tsunami lors de festivals belges en 2020 comme le Pukkelpop ou figurer à l’affiche du Dour Festival dont la découverte de nouveaux talents est le leitmotiv. Le bouche-à-oreille fera le reste.

Parlons de cet « Erratic Cinematic ». Gerry Cinnamon, né à Glasgow, a sorti initialement son premier elpee solo le 28 septembre 2017 au Royaume Uni. Il a décroché un ‘Number One’ sur iTunes dès sa parution. Il a été réédité en décembre 2018. Ses chansons y retentissent dans le plus pur accent écossais, ce qui ne gâche pas le plaisir d’une ambiance festive.

A retenir :

  1. « War Tv » : hymne à la Roger Waters, où guitare sèche et voix résonnent dans le style de « Wish You Were Here » de Pink Floyd.
  2. « Sometimes » : plage d’ouverture, elle devrait réveiller votre curiosité par son punch dynamique et vous emporter sur une rythmique locomotive lancée sur la voie d’un succès prometteur.
  3. La plage titulaire « Erratic Cinematic », guitare sèche, voix et mélodie sifflée vante le « No Place Like Home », son ‘chez lui’ qu’il n’est pas près de revoir si tôt si le succès se confirme à l’international.
  4. Le reste de l’album, allez hop !

Retenez bien ce nom qui sera bientôt synonyme de moments inoubliables sous chapiteaux surchauffés et dans des salles en délire. Messieurs les organisateurs à vous le relais.

Vanishing Twin

The age of immunology

Écrit par

Formation cosmopolite, Vanishing Twin réunit le bassiste Susumu Mukai, aka Zongamin, mieux connu comme producteur électro/funk, mais également associé au sein du projet Floating Points, le drummer Valentina Magaletti, qui a notamment apporté sa collaboration à Bat For Lashes et Neon Neon de Gruff Rhys, le flûtiste/percussionniste Elliott Arndt, un cinéaste avant-gardiste, le préposé aux machines et synthés Phil MFU (Man From Uranus), un ex-Broadcast, et enfin la chanteuse Cathy Lucas. Soit un Japonais, un Italien, un Britannique, un Français et deux Britanniques. C’est cette dernière qui a choisi le patronyme du band, soit celui d’un syndrome médical qui définit l’absorption d’un ou de plusieurs jumeaux dans l’utérus, pendant la grossesse, par le survivant de ce phénomène. Qu’elle a vécu et dont elle se sent coupable. Quant au titre de l’elpee, « The age of immunology », il s’inspire du titre d’un livre signé par l’anthropologue A. David Napier. Publié en 2003, cet essai tente de démontrer qu’une société qui cherche par tous les moyens de se défendre contre ce qui lui est extérieur court à sa perte.

Atmosphérique, la musique de Vanishing Point évoque tour à tour Broadcast (of course), Stereolab, Can (NDR : morceau d’ouverture, « KRK » nous replonge même dans l’univers du « How much are they ? » du célèbre trio Holger Czukay, Jah Wobble et Jaki Liebezeit, malgré des percus latinos voire tribales), Pram, Sun Ra et même Tuxedomoon. Entre électro, funk, (free) jazz, krautrock, B.O. de film, psychédélisme, avant-pop, library music et cosmic noise, les compos –souvent complexes, parfois enrichies d’arrangements de cordes– nous entraînent au cœur d’un monde vaporeux, mystérieux, anxiogène, propice à la méditation, au cours duquel chaque artiste chante ou déclame une partie de la chanson dans sa langue maternelle (NDR : la version du « Planète sauvage » d’Alain Goraguer est dévolue à Elliott, le Parisien). Cathy se réserve cependant l’essentiel des vocaux, des vocaux placides, célestes ou spectraux. Sur l’une ou l’autre plage, on croise tantôt un violon, une flûte, un cuivre, un piano électrique, une ligne de basse caoutchouteuse ou encore de la guitare, mais tous ces instruments organiques se fondent parfaitement dans un ensemble aussi surprenant que cohérent.

Editors

The Blanck Mass Sessions

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Si vous êtes un fidèle du festival Rock Werchter, vous n’êtes pas sans connaître Editors, une formation qui s’y est produite à maintes reprises. Si vous êtes un vrai fan, vous possédez certainement, dans votre collection, son album « Violence », publié l’année dernière. Si vous voulez prolonger le plaisir et replonger dans l’ambiance électrique de ce groupe né en 2002 à Birmingham, vous vous ferez certainement plaisir en acquérant sa dernière production qui n’en est pas vraiment une.

En effet, est paru en avril dernier, lors du ‘Record Store Day’, « The Blanck Mass Sessions ». Nouveaux morceaux ? Non ! Tout simplement des titres de « Violence » revus et corrigés par Benjamin John Power, membre du duo britannique de musique électronique, Fuck Buttons. Originaire de Bristol, en Angleterre, B.J. a travaillé sur ces morceaux dans le cadre de son projet solo Blanck Mass.

Revus et corrigés ? Non pas vraiment. En fait « The Blanck Mass Sessions » est paru un jour avant la sortie de « Violence » ; l’équipe des Editors, alors qu’elle bossait sur son elpee, a proposé à B.J. Powers d’y poser sa patte électro-industrielle personnelle. Ce dernier y apporte sa propre vision de ses arrangements : rythmique plus présente, synthés plus rugueux, lignes de basses plus dynamiques. Bref une vision qu’on pourrait qualifier de plus métallique et moins adoucie que « Violence »

Quel est l’intérêt de se procurer ce précieux opus ? Tout d’abord à cause du titre d’entrée inédit, « Barricades », non retenu pour le long playing, publié en 2018. Morceau qui ravira les fans dont les paroles invitent à dépasser les barricades de l’autisme induit par l’addiction aux moyens de communication. Présentes aussi les versions plus dynamiques et moins étouffées de « Hallejujah (So Low) » et de « Magazine ». Ne figurent pas sur cet exercice de style, les plages « No sound but the wind » et « Belong », deux titres plus aériens ne nécessitant pas un travail de déconstruction rythmique.

Bref, c’est un objet de collection qui ne s’adresse qu’aux inconditionnels. Une vision externe plus percutante, plus actuelle dans le traitement du son de compos qui allaient naître en 2018.

Préférant l’album de 2018, mon impression finale reste mitigée. Maintenant, je ne suis pas un inconditionnel des Editors non plus.

Aficionados, faites-vous plaisir avec cette prélecture survitaminée, élaborée lors des Blanck Mass Sessions.

David Lombard

Looking for a dream

Écrit par

“Looking for a dream” constitue le tout premier elpee de David Lombard, un disque enregistré au studio de la Province de Liège ainsi qu’au sein de l’église de Rosa, puis mixé et masterisé par Rudy Coclet (Simple Minds, Girls In Hawaii, Sharko, Arno, Mud Flow, An Pierlé, …) au Jet studio de Bruxelles. Ce chanteur/compositeur/musicien liégeois nous y propose une œuvre en deux volets. La première partie recèle cinq plages électrifiées. David y est soutenu par une belle brochette de collaborateurs, dont un gratteur électrique, un préposé à la pedal steel, à la mandoline et au banjo, un violoniste, un claviériste, un percussionniste, une violoncelliste, un bassiste et un contrebassiste. La seconde nous réserve cinq versions acoustiques et épurées des mêmes morceaux ainsi que deux bonus tracks tout aussi unplugged. Sept plages hantées par les spectres de Dylan et Springsteen, le recours à l’harmonica amplifiant cette impression.

Le long playing s’ouvre par « Looking for a dream », un morceau dont la mélodie rappelle Perry Rose. Plus paisible, le single « Walden » est dominé par le piano et la sèche. Le banjo véhicule des accents country tout au long de l’enlevé « The range of life », alors que le mid tempo « Stay » et surtout l’allègre « Happening somewhow » lorgnent davantage vers l’americana. Mais toutes ces chansons sont enrichies par la superbe voix de David, dont le timbre versatile rappelle un certain Don McLean…

Chris Robinson

Servants Of The Sun

Écrit par

Chris Robinson Brotherhood

Chris Robinson n’est pas inconnu des fans des Black Crowes, puisqu’il était le chanteur de ce groupe yankee.

Après l’avoir écouté plusieurs fois, sans véritablement convaincre son auditeur, ce sixième LP du CRB finira au rayon ‘Rock Classic’. Il est fort peu probable qu’il ressortira de son bac pour finir usé par le diamant de votre platine. Ce ne sera pas dû aux musiciens qui sont néanmoins des pointures dans leur domaine mais plutôt à un manque de créativité, de folie qui suscite les ‘Waouw !’

L’album se laisse écouter sans piquer l’intérêt. Il risque d’induire la somnolence du chauffeur écoutant les morceaux de cet opus en streaming au volant de sa voiture.

Trois morceaux sur dix ont un peu bousculé mon indifférence. Il s’agit tout d’abord de « Rare Birds », par son côté plus groovy. Ensuite « Madder Rose Interlude », un intermède psycho-déjanté de 43 secondes. Et enfin le titre final, « Smiling Epitaph », qui réveille l’écoute de cet elpee dans sa dernière minute. Hélas l’épitaphe joyeuse est tardive pour cet essai transpirant la routine transportée par les ‘serviteurs du soleil’. Me semblerait qu’il y avait comme une éclipse le jour de sa conception.

In tall buildings

Akinetic

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In Tall Buildings, c’est le projet d’Erik Hall, un compositeur et multi-instrumentiste issu de Chicago. « Akinetic » constitue son troisième opus, un disque pour lequel il a reçu le concours du producteur et ingé-son Brian Deck (Modest Mouse, Iron & Wine). Hybride, dream pop, mélancolique, sa musique navigue quelque part à la croisée des univers fréquentés par Broadcast, Robert Wyatt et Talk Talk, même si la voix évoque plutôt Will Johnson, mais davantage celui de South San Gabriel que de Centro-matic. Encore que les harmonies vocales, sans doute par la grâce de l’overdubbing, sont aussi limpides et ondoyantes que chez Crosby, Stills & Nash, à l’instar de « Beginning to fade », un morceau qui s’épanouit en crescendo. Eric échange même un duo avec Heather Wood Broderick tout au long de « Days in clover ». Mêlant subtilement instrumentation électronique et organique, les 10 compos aux textures riches évoluent, en général, sur un mid tempo ; faussement nonchalant « Overvconscious » lorgne même vers Tahiti 80.

Les lyrics de « Cascadia », la meilleure plage de l’elpee, abordent la question de l’instabilité géologique de la côte ouest du Pacifique, une instabilité qui risque de déclencher une éruption volcanique et surtout un séisme qui pourrait avoir des conséquences désastreuses. Cette piste est secouée par des cordes de gratte bien shoegaze, des cordes de ce type qu’on retrouve circonstanciellement tout au long de l’opus, lorsqu’elles ne sont pas jouées en picking. Bref, un chouette album auquel il manque peut-être un peu plus de punch…

Savak

Cut-ups

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Savak est une formation établie à New York qui implique des membres de The Make Up, Obits, Holy Fuck, Ted Leo & The Pharmacists et The Cops. Rien que du beau monde donc. “Cuts up” constitue son deuxième elpee, il fait suite à « Best Of Luck In Future Endeavors », gravé en 2016. Accrocheuses, les mélodies rappellent Kaiser Chiefs, alors que les intonations du chanteur, évoquent régulièrement Graham ‘Suggs’ McPherson (Madness). Pas étonnant que les compos soient circonstanciellement colorées par l’intervention d’une trompette. A l’instar de « Like Gary Wilson said », une plage dont les riffs de guitare acides lorgnent vers Gang of Four, sans pour autant virer au funk blanc. Des sonorités de grattes bien électriques et judicieusement conjuguées, l’une d’entre elles piaillant régulièrement pour le plaisir des oreilles (« Christo’s peers », « They are bones »). Manifestement, Savak est davantage influencé par la musique britannique qu’américaine ; une plage comme « I don’t want to be defended » émargeant même au post punk, la ligne de basse ténébreuse et les vocaux déclamatoires accentuant cette impression, même si un solo de gratte distordu vient couronner le toute en fin de parcours. Les compos sont, en outre, souvent enrichies d’excellentes harmonies vocales, qu’on pourrait presque qualifier de byrdsiennes sur « Keys to the city », une superbe plage au cours de laquelle, bringuebalantes, les cordes de guitare s’infiltrent insidieusement. Et elles se révèlent même lumineuses, parfois même pixiesques, sur le titre final de l’opus, « I left America », une chanson au message sociopolitique, dont la mélodie semble inspirée par Mercury Rev ; un discours qu’on retrouve lors du morceau d’ouverture, « Sick of war » … Excellent !  

Korto

Korto

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Premier elpee pour Korto, un trio savoyard, mais établi à Lyon, réunissant le drummer Léo Moriaud, le guitariste Marius Mermet et le bassiste Clément Baltassat, ces deux derniers assurant également les vocaux. Première constatation, les 5 pistes de cet elpee sont imprimées sur un tempo enlevé par un drumming, la plupart du temps, particulièrement ample. Les harmonies vocales sont soignées, les cordes de guitare discordantes, chatoyantes ou tintinnabulantes, mais également torturées sur la piste finale, « Oï », malgré sa ligne de basse entêtante et ténébreuse. Bref, tout au long de ce long playing, l’expression sonore se nourrit aussi bien de rock indé, de noisy, de shoegaze, de psychédélisme que de post, space ou kraut rock, trahissant même quelques accents empruntés à la country. Des références ? Motorpsycho, Stone Roses circa « Second coming », Neu ! et même Hawkwind, mais en gommant l’aspect heavy…

Last Train

Weathering

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Last Train est issu de Mulhouse. Un quartet réunissant le chanteur/guitariste Jean-Noël Scherrer, le second gratteur Julien Peultier, le bassiste Timothée Gérard et le drummer Antoine Baschung. Et « Weathering » constitue son premier elpee.

Bien que jeunes, les musicos semblent avoir acquis la technique de vieux briscards du rock insulaire. Et tout particulièrement celle du Led Zeppelin. Surtout quand la musique véhicule des accents blues (« Golden songs »). Mais également de Radiohead, Royal Blood et même U2. Sans oublier The White Stripes, Black Rebel Motorcycle Club et Queens of The Stone Age, pour les références yankees. Rageuse, nerveuse, la solution sonore est même parfois contaminée par le punk. Quant au timbre vocal de Jean-Noël, il est plutôt rocailleux.

Caractérisé par cette ligne de basse omniprésente, « Dropped By The Doves » trempe dans un rock/blues/garage crasseux, chargé de testostérone. 

Découpé dans des riffs frénétiques, « Never Seen The Light » campe un stoner subtilement psyché. Si « Jane » s’avère particulièrement atmosphérique, « Between wounds » est carrément barré. « Way out » nous réserve un solo de gratte aussi risqué que remarquable.

Le long playng recèle trois morceaux moins percutants (NDR : les mauvaises langues diront plus faibles) : le plus lent « House Of The Moon », le tendre « Time », une plage soulignée généreusement par des ivoires, et l’anodin « Cold Fever ». Mais s’achève par un morceau percutant et irrésistible, le titre maître du long playing. Un premier essai fort intéressant qui annonce pour le groupe, un futur chargé de promesses… 

 

Lokerse feesten 2019 : mardi 6 août

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Le festival de Lokeren souffle déjà, cette année, ses 45 bougies. Pendant 10 jours, cette petite ville de 40 000 habitants, située entre Gand et Saint-Nicolas, est envahie d’aficionados de musiques actuelles, en tout genre. Après la soirée métal du dimanche, place au ‘Punk day’, ce mardi 6 août.

Dès 19 heures, une figure emblématique de ce mouvement ouvre les hostilités : Marky Ramone’s Blitzkrieg. Dernier survivant du célèbre band new-yorkais Ramones –si on ne tient pas compte de Richie qui l’a remplacé à la batterie, entre 1983 et 1988– Marky, outre son groupe fétiche, possède une longue carrière derrière lui. Après avoir siégé derrière les fûts chez Dust, il a rejoint The Voidoids en 1977 et The Electric Chairs en 1978. Après la dissolution des Ramones en 1996, il a aussi sévi comme batteur chez Misfits, se produisant nommant dans le cadre du festival de Dour, en 2004. Avant de participer également à différents collectifs comme Marky Ramone and the Intruders ou celui qui nous concerne ce soir. Après une courte intro vintage (« Park avenue beat », le thème de Perry Mason), le band déboule sur les planches. A tout seigneur tout honneur, Marky s’avance en premier et scande au micro sa célèbre devise ‘Hey ho let’s go’, que le public reprend plusieurs fois en chœur.  ‘Yeah, it sounds great’ se réjouit-il avant d’aller s’installer derrière la batterie, place qu’il ne quittera plus durant les 45 minutes de show. Et ce ne sont pas moins de 21 titres qui vont défiler tambour battant et sans le moindre temps mort. « Rockaway Beach », « Sheena is a punk rocker », « Beat on the brat », « Gimme gimme shock treatment » ou encore « I wanna be edated » sont autant d’hypercuts décochés par le band et appuyés par l’ancien guitariste de Bad religion, Greg Hetson…

Autre légende du punk, The Damned s’empare ensuite de la Main stage. Formé dans la banlieue de Londres à la grande époque (1976), il a aussi surfé sur la vague gothique et new-wave, au cours des eighties. Derrière le leader Dave Vanian, et ses allures de vampire, le line-up de ce band n’a cessé de changer. A la guitare, le Captain Sensible (NDR : déjà vu au W-festival en 2018) ou encore Monty Oxymoron aux claviers sont les musicos les plus fidèles. C’est aussi sur l’intro d’une vielle série TV (‘The avengers’) que la formation débarque sur le podium. « Love song » rappelle immédiatement qu’elle a classé pas mal de singles dans les charts UK. En moins de 2’, le très punk « Machine Gun Etiquette » nous réserve une véritable déferlante de riffs ; une formule qu’on retrouvera, un peu plus tard, lors de la reprise du MC5, « Looking at you ». Autre single, « New rose » est toujours aussi fringant. Tout comme « Neat neat neat », moment choisi par le chevelu Monty pour s’emballer et se lancer dans une chorégraphie fort hasardeuse, à l’avant de la scène. En finale, le combo va adresser un petit clin d’œil à la Belgique, en adaptant le « Ça plane pour moi » de Plastic Bertrand, dans une version plus proche d’Elton Motello que de Roger Marie François Jouret. Un an plus tôt, Captain Sensible avait aussi exécuté la même cover, en fin de parcours…

Votre serviteur avait déjà zappé le concert d’Heideroosjes, il y a quelques semaines, lors du festival Rock Zottegem. Bien qu’il ait signé chez Epitaph, le punk/rock de ces Bataves m’a toujours paru un peu bourrin, tout comme leur attitude sur scène. Même s’ils semblent plaire aux fans du Nord du pays, une migration vers la Red Bull Music Room s’impose, d’autant plus qu’elle est indoor et que quelques averses commencent à s’abattre violemment sur la place.

Sponsorisée, elle est marquée par les couleurs éblouissantes –bleu et rouge– de la marque de cette boisson énergisante. En tout cas, la programmation y est intéressante et nous réserve des talents wallons, liégeois très précisément, comme It it Anita et Cocaine Piss. Un autre exemple de l’ouverture d’esprit affichée, en matière de culture, de l’autre côté de la frontière linguistique. Pas sûr que nos festivals wallons prendraient, eux, le risque de programmer des artistes flamands, préférant plutôt se limiter aux cover bands. Bref, c’est un plaisir de revoir It it Anita, dont le shoegaze/noise/math rock très efficace, navigue quelque part entre Fugazi, 65daysofstatic et A place to bury strangers. Et d’assister à l’hystérie que son set déclenche chez nos voisins. Il faut dire que littéralement déchaînés, les musicos se dépensent sans compter. Le point d’orgue su show sera atteint lorsque le chanteur s’invite au milieu de la foule. Suivi ensuite par le batteur, torse nu et dégoulinant de sueur, qui emporte avec lui ses cymbales…   

Dans la foulée, Cocaine Piss, embraie et va entretenir la flamme. Sa musique est inclassable, la chanteuse hurle toujours autant alors que le guitariste surfe aussi bien sur le rock garage que le punk survitaminé. Et la prestation est accueillie tout aussi favorablement, malgré des morceaux qui frisent la saturation…

Est-il encore utile de présenter NOFX ? Originaire de Los Angeles, il s’est formé en 1983 et a signé une bonne dizaine d’albums sur le label Fat Wreck Chords. Il devra cependant attendre le boom indie de 1994 pour connaître un succès plus populaire, grâce à « Punk in drublic » (NDR : mythique, cet elpee date déjà de 25 ans ; ce qui ne nous rajeunit pas !) Sur les planches, les musicos sont encore bien déjantés. Fat Mike, le leader, est vêtu d’une robe. Coiffé de ses fameuses dreadlocks, Eric Melvin se charge de la guitare rythmique. Après la courte intro « Time Warp », le set embraie par « Dinosaurs Will Die » et « Les Champs-Elysées », deux morceaux bien barrés. El Hefe souffle dans sa trompette, alors que Fat Mike fait de son mieux pour aligner quelques paroles en français. Erik Sandin lance chacun des titres à la batterie, après de longs discours. Pendant « Bob », une chanson caractérisée par son refrain ‘15 years’, le band s’étonne des 45 années d’existence du festival : ’Woawww 45 years, this festival is older than we are !’ Dans la fosse, les pogos ne cesseront tout au long d’un set, propice à la bonne humeur. Car pour avoir la chance de les croiser ensuite en backstage, on peut vous assurer qu’ils sont en permanence dans l’énergie et la grosse déconnade. 

Un crochet par la Red Bull Music Room était souhaitable pour SONS, mais l’entrée est saturée de monde, et vu la chaleur étouffante qui y règne, ce n’est sans doute pas une bonne idée de vouloir y accéder à tout prix. Mais le succès de ce groupe belge n’est pas tellement étonnant, quand on sait qu’il a décroché un prix attribué par Studio Brussel, et que son premier opus fraichement sorti, « Family dinner », s’avère très prometteur.

Il est déjà minuit quand Offspring grimpe sur l’estrade. Elle est un peu loin la grande époque des 90’s où le groupe trônait en tête d’affiche, à Werchter. D’ailleurs en 2018, c’est tout en bas de de celle-là, en ouverture et à partir de 12h30, qu’il était programmé dans le cadre du Pinkpop. Dexter Holland semble avoir pris vingt kilos depuis, et rame toujours autant au chant, même s’il semble s’être amélioré (NDR : à moins que ce ne soit grâce à la technologie autotune ?). En tout cas, il peut s’appuyer sur Kevin Wasserman qui continue à se démener comme un beau diable, sur sa gratte. « Americana », « All I Want » et le tubesque « Come Out and Play », en ouverture, plantent le décor. Avant d’introduire un nouveau titre, « It won’t get better ». Le solo au piano concédé sur « Gone away » accorde à la foule un bref répit ; mais on se demande pourquoi le band trimbale ce piano en tournée, alors qu’il ne sert que pour un seul titre. En fin de set, Fat Mike qui ne s’est toujours pas changé, vient prêter sa voix à « The kids aren't alright ». Avant un rappel assez bref : « You're gonna go far, kid » et le hit « Self esteem ». Un show sans grande surprise mais finalement pas décevant non plus. D’ailleurs les quadras semblaient ravis, à son issue…

(Voir aussi note section photos ici)

(Organisation : Lokerse feesten)

Marky Ramone’s Blitzkrieg + The Damned + Heideroosjes + It It Anita + Cocaine Piss + NOFX + SONS + Offspring

Ronquières festival 2019 : dimanche 4 août

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Les jours se suivent et… décidemment, se ressemblent beaucoup à Ronquières… A la différence près que le soleil s’est invité. Shorts et t-shirts ont remisé au placard, pantalons et gilets.

A peine commencé, le festival se la joue déjà ‘star’ et déroule son tapis… vert (enfin, ce qu’il reste d’herbe) pour accueillir le peuple venu en masse se rincer les portugaises...

L’échafaudage mis en place pour étançonner le plan incliné n’a pas bougé ; de quoi rassurer les inquiets ! Il continue néanmoins de causer bien des tracas lors des déplacements entre les scènes, faut-il le répéter…

Le line up du jour est très riche. Eclectique aussi ! Du rock, du rap, de la pop, de la chanson française, du connu et du très connu. De quoi satisfaire le plus de mélomanes possibles.

Grandgeorge (et c’est un euphémisme) achève son set lorsque votre serviteur débarque enfin sur le site. 

Cet ancien ingénieur a préféré conserver sa gratte plutôt que son costume/cravate pour embrasser une nouvelle carrière.

C’est surtout « So Logical » qui lui a permis de se tailler un nom dans le milieu, se forgeant ainsi une véritable crédibilité.

Il s’était produit, ici en 2015, se rappelle-t-il, avant d’entamer un « So fine » qui démontre déjà toute sa capacité à torcher des mélodies imparables que ce soit au sein d’un univers acoustique ou contemporain.

Une black bien en chair assure le backing vocal soulignant impeccablement des sonorités pop et afro, tandis que Xavier Bouillon au clavier (qui militait notamment chez Lemon Straw), communique cette petite touche électro à l’ensemble...

Bref, une prestation chargée de bonne humeur communicative…

RO X Konoba prend le relais. Deux jeunes gaillards qui ne doivent pas avoir plus d’une vingtaine d’années, à tout casser !

Originaire de Wavre, Raphael Esterhazy est à l’origine du projet. Suite à une collaboration avec Olivier Rugi (le compositeur et producteur R.O), initiée en 2015 sur « On our Kness », et une aventure partagée lors du Sziget Festival, à Budapest, en 2017, les deux artistes décident de poursuivre cette coopération et publient « 10 », un elpee recelant (comme s’il était évident de le dire) dix chansons, dans dix pays différents, pendant une période de dix mois, Projet réalisé grâce à la générosité de la sphère internet. Merci qui ?

Le voyage commence par la Géorgie, ancienne république soviétique riche en villages caucasiens et plages qui bordent la mer Noire, à mi-chemin entre l'Europe et l'Asie. Un pays qu’il invite à visiter et que reflète « Till we get there », une ballade empreinte de nostalgie…

La paire d’as s’envole ensuite vers les Pays-Bas pour composer « I need you with me », un morceau à la fois rafraichissant et dansant.

En guise d’escale, la cover du « Rockstar » de Post Malone est bien difficile à distinguer, si ce n’est en prêtant une oreille plus qu’attentive. On est très loin de l’univers du rappeur et réalisateur artistique originaire de Dallas…

Ensuite, direction vers est l’Asie de l’Est, quelque part entre l’océan Pacifique et la mer du Japon, à l’est de la Chine, de la Corée et de la Russie, et au nord de Taïwan. Pour un « I could be » sautillant, une compo particulièrement énergique. Besoin d’aide pour résoudre l’énigme ? Il s’agit du Japon bien sûr !

Bref, de la France à l’Australie, en passant par la Pologne et la Roumanie, le périple R.O et Konoba ressemble à une carte postale qui permet à l’auditoire de rêver les yeux ouverts…

En quittant ses invités, il se murmure que le clip de leur nouvelle chanson sera filmé dans l’enceinte du festival pas plus tard qu’en fin de journée. Mais motus et bouche cousue, les murs ont des oreilles…

Cheveux hirsutes, un petit bonhomme déboule à tribord : Adam Naas. Un Parisien qui s’est révélé en 2016, grâce à son titre « Fading Away ».

Malgré son côté rebelle, se cache un personnage sensible et touchant. Sa maîtrise de la voix, aussi bien dans les aigus que les graves est impressionnante.

Malheureusement ses frasques verbales ne plaisent pas nécessairement au plus grand nombre et surtout aux oreilles chastes. Pourquoi privilégier les propos salaces quand on a suffisamment de talent pour se faire remarquer ?

En tout cas, votre serviteur n’attend pas la réponse à la question posée : ‘Qui aime le cul ici parce qu’elle –en parlant de la jeune musicienne plantée derrière lui– ‘mane’ du cul tous les jours’…

Et si ces propos n’étaient que le pendant d’un traité philosophique ?

Pourtant souffrante (elle aurait chopé une gastro), Clara Luciani a réussi le pari de rester sur (la) les planche(s) (NDR : désolé pour le mauvais jeu de mots !)

Elle est manifestement heureuse de retrouver le sol belge. En s’adressant à leurs citoyens, elle déclare que sont les meilleurs, devant une foule en délire.

Après une tournée de plus de deux ans et au moins cent dates au compteur, Clara semble avoir envie de se livrer totalement et de profiter du moment présent, comme s’il s’agissait à la fois de la première et de la dernière de son périple...

Lorsqu’elle se met « Nue », la chanteuse dévoile (une partie seulement) de son intimité hors des projecteurs. Inutile de préciser que seuls les hommes prennent leur pied (mais pas leurs jambes à leur cou !)

Quelque part entre chanson française, rock sophistiqué et pop mélancolique, la Marseillaise d’origine n’improvise pas ; elle bouscule les conventions et défend ses idéaux en signant le combat d’une femme qui peine à trouver sa (juste) place, dans une société qui privilégie l’inégalité des sexes…

Sa voix grave et chaude est souvent comparée à la regrettée Nico (NDR : une véritable icône du rock qui assurait les vocaux sur le premier elpee du Velvet Underground) ou à Françoise Hardy, une identité vocale devenue aisément reconnaissable…

L’univers qui la hante surprend et nous offre une belle palette de sentiments, tantôt graveleux, tantôt atmosphériques. Avec ceux qu’elle admet bien vouloir partager le temps d’un soir avant que sa vulnérabilité ne la rattrape insidieusement comme conjuré par un sort indélébile.

« La dernière fois », limité au piano/voix souligne une courbe particulièrement déchirante, cette chanson s’immisçant dans une (de ses) rupture(s) amoureuse(s).

Direction « La baie », une reprise de « The Bay » de la clique à Joseph Mount (Metronomy). Un véritable travail de réappropriation artistique.

Elle martèle imparablement le refrain de « Grenade », une compo qui s’impose désormais comme un hymne révolutionnaire féministe par excellence. Une manière explosive de s’étendre et surprendre.

En filigrane de cette prestation, on discerne le combat d’une femme dans un monde encore dominé par les hommes à travers des textes incisifs et sexués qui, s’ils parviennent à émouvoir, voyager et danser, suscitent la réflexion sur l’égalité hommes/femmes.

Biberonné par Brel, Brassens ou encore Barbara, Eddy de Pretto a depuis le début ce pouvoir extraordinaire d’utiliser les mots pour fédérer et inviter l’auditeur à s’interroger sur le monde et toutes les vicissitudes de la vie.

L’espace scénique est très épuré. Comme l’individu ! Seul élément envahissant, une batterie, bien achalandée. Les fûts et les cymbales foisonnent...

Casquette vissée sur le crâne, Eddy entame son tour de chant par « Kid », titre qui fustige la virilité abusive et l’homosexualité refoulée par le conservatisme sociétal. Le public connaît par cœur ce titre multi radiodiffusé.

Après s’est rendu quasi-coupable d’assurer sa dernière de l’été, « Jimmy » s’invite dans une playlist aléatoire sur « Ramdom » pour embrayer par « Mamère », une manière pour lui de régler ses comptes avec celle qui semble ne pas lui avoir donné le sein : ‘Si seulement j’avais bu ton lait, ma mère, ma mère’ souligne-t-il avec regret.

Si cette bande son, ressemblant davantage à un ‘best of’, ravit le plus grand nombre, elle frustre les plus exigeants qui regrettent la trop grande prévisibilité du show.

Alors que d’habitude, son ‘smart’, objet de toutes les convoitises, ne le quitte jamais, il semble s’y être désintéressé ce dimanche. Signe des temps qui changent ou est-ce dû à la distance tout simplement trop importante qui me sépare du podium ?

Quoiqu’il en soit, sa « Fête de Trop », sorte de quatrième de couverture, exorcise muqueuses, amants de passage, mecs chopés ou encore rails de coke enfilés. Si cette recette n’est pas à mettre entre les mains de n’importe qui, elle reste néanmoins taillée pour le live !

Bigflo et Oli commencent mal. Un problème technique s’est malencontreusement invité.

En attendant, les spectateurs peuvent contempler un plateau bien assorti. Au centre, un bâtiment couleurs pastel laisse apparaître deux grandes portes au-dessus desquelles est mentionné l'inscription ‘La vie de rêve’, un titre tiré de leur dernier opus.

Après dix bonnes minutes, émergent sur deux écrans géants latéraux, plusieurs personnalités, sur fond de conseils et de moralité. Que du beau monde ! De Jamel Debbouze à Will Smith, en passant par Michel Drucker et… Didier Deschamps. Moment choisi par la fosse pour copieusement huer le personnage pendant de nombreuses secondes, manifestement furieuse de ses choix tactiques, lors de la dernière coupe du monde de football...

Les lascars ont acquis une certaine célébrité chez nous en devenant jurés dans une célèbre émission de télé crochet.

Ils sont heureux de (re)venir en Belgique. Alors que les avis divergent pour connaître quelle est la meilleure ville belge, l’hymne improvisé ‘Quand on vient en Belgique, tout est magique’, vient semer le doute quant aux lieux les plus accueillants. Liège, Namur ou Bruxelles ? Mons se positionne en outsider. 

Le premier disque des frangins, « La Cour des grands », gravé en 2015, est certifié disque d'or moins de quatre mois après sa sortie, puis de platine en France. Le second format « La Vraie Vie », tornade musicale, devient disque d’Or après seulement trois semaines d’existence...

Fumigènes et feux de Bengale éclatent dès les premières notes de « Nous aussi 2 », mettant en lumière un show qui visiblement sera grandiose.

Tandis qu’« Alors alors » confirme ô combien, loin des clichés du genre, le discours du combo est authentique, « Bienvenue chez moi » éloigne les frangins du prisme critique et de la provocation à tout prix.

De la famille, il en sera évidemment question tout au long de ce « Papa », qui symbolise chez eux la loi, l'ordre, le guide, le pôle complémentaire à la fonction maternelle, mais surtout celui qui a toujours été là malgré tout, son pilier... C’est alors que des images de leur passé défilent retraçant l’échelle du temps d’une courte, mais intense vie.

Ersatz d’essai philosophique « Plus tard », leur ouvrira les yeux sur le monde qui les entoure en se plongeant dans l’enfance. C’est un truisme, mais le futur, n’est-ce pas ce qui est à venir ? Et l’avenir, qu’est-ce donc, sinon ce qui se produira ? C’est tellement évident !

« Sur la lune » dévoile une autre facette de leur personnalité, plus fragile, sous forme de bilan à la lueur de plusieurs dizaines de milliers de smartphones.

Après s’être exercés à battre le record du monde de rapidité dans le rap, « Dommage » rappelle combien il est important de réaliser ses rêves : ‘Il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets’.

Et si les deux avaient enfin découvert le secret de « La vie de rêve » ?

A 22 heures, la pénombre s’est invitée aux côtés de Hooverphonic.

Le duo formé par Alex Callier et Raymond Geerts a donc déniché une nouvelle chanteuse. Elle s’appelle Luka Cruysberghs. Elle a remporté la version flamande de The Voice.

Celle qui pourrait être leur fille (leur petite fille ??), apparaît toute menue. Timide, elle succède à Noémie Wolfs, qui s’est barrée en 2015. Ce n’est pas la première fois que le tandem rencontre ce problème. Mais comment garder un navire à flots lorsqu’on change si souvent de figure de proue ? Faudrait peut-être demander à Esther Lybeert, Liesje Sadonius, Kyoko Baertsoen ou encore Geike Arnaert…

« 2 Wicky » ouvre les hostilités. Imprimé à contretemps, le drumming est assuré par un batteur plutôt grassouillet. Morceau sympa, mais un peu mou du genou pour une entrée en matière…

Luka est en retrait et éprouve des difficultés à appréhender les milliers d’yeux jetés sur elle, telle une proie…

Ce n’est qu’à partir d’« Eden » (NDR : non, non, pas Hazard !) et son mode down tempo que la donzelle exploitera au mieux son potentiel vocal.

Passant d’une cape noire à une jolie robe rouge sexy, « Vinegar&salt » démontre toute la faculté d’adaptation chez ce petit bout de femme.

Pas question de querelle linguistique ou politique chez Hooverphonic. Issu du Nord de la Begique, il se porte volontiers porte-drapeau d’un pays tout entier, peu importe la langue dans laquelle on s’exprime. Un peu ‘bateau’, certes, mais qui fait mouche auprès des festivaliers.

Les refrains entêtants de « Hiding in a song » et « Mad About You » alimentent des excellentes compos qui et mettent en exergue le degré d’exigence des fondateurs.

Les langues de Voltaire et de Shakespeare s’opposent ensuite lors d’un superbe « Badaboum » aux relents électro pop.

Enfin, quoi de mieux pour terminer un show par « Amalfi », pour Hooverphonic ? Un titre composé par Alex Callier pour sa femme en hommage à la Commune du même nom située dans la province de Salerne, dans la région de Campanie, en Italie.

Le clou du spectacle se joue à tribord ! Dire que dans quelques heures, il n’y aura plus âme qui vive. Tout ce beau monde sera rentré sagement chez lui, des rêves et de jolis souvenirs en tête…

A 23 heures pétantes, Zazie apparaît sous un rideau tantôt rouge, tantôt bleu. Les lights se chargeant d’en changer régulièrement…

Elle est en quelque sorte une habituée des lieux. Elle était déjà à l’affiche, il y a trois ans déjà…

L’ambiance est électrique. La chanteuse se démène pour faire vivre sa passion aux quelques 48 000 festivaliers qui se sont pressés pour entendre celle qui a eu le cul posé le fauteuil rouge de ‘The Voice’ version française.

Grande et élancée, la belle n’a pas pris une ride. Ses compos virevoltent, frétillent et percutent…

Le son est plutôt rock et brut. Parfois un zeste d’électro communique un sentiment de mélancolie douce. La setlist alterne entre anciens succès et nouvelles chansons. De quoi clouer le bec aux critiques les plus acerbes qui affirment que son écriture n’est plus aussi irréprochable et qu’elle aurait perdu de sa qualité au fil du temps.

Même s’il fait bien admettre que la courbe de sa carrière est irrégulière, ces allégations sont bien évidemment fausses…

Preuve en est qu’après plus de 25 années de parcours riche en succès et plus de trois millions d’albums vendus, Isabelle Marie-Anne de Truchis de Varennes parvient encore à surprendre et à se tailler une place de choix dans un univers où les jeunes ont pourtant les dents longues…

La chanteuse a quand même la bonne idée de ne pas négliger les standards de son répertoire, à l’instar de « Rue de la Paix », pour chauffer l’ambiance au sein d’un public de plus en plus enthousiaste.

Sa voix éraillée s’étend sur des kilomètres lorsqu’elle interprète « Nos âmes sont » issu de « Essenciel », un titre qui lui vaut de s’extirper d’une zone de confort relative.

Incisif plus que jamais, « J’étais là », dénonce les travers de la société actuelle...

Ses textes reflètent une expérience vécue et posent un regard introspectif pour s’enrichir d’un vent libérateur de créativité, sans emprunter une prose exagérément égoïste.

Le spectacle est populaire, mais parfaitement huilé, efficace et nerveux. Pas de doute, Isa est une vraie baroudeuse dans le domaine.

Grâce à une grande maîtrise dans la voix, la bourgeoise s’embourgeoise et s’imprègne d’une culture continue, simple et chaleureuse. Humaine, « Zen » et sans « Larsen ».

Une artiste parfois excessive dans ses propos, mais qui mérite vraiment que l’on s’y intéresse…

Il est près de minuit déjà. La fin du concert est annoncée à minuit trente. Dilemme cruel. Rester ou partir ? Ou comment faire le choix entre la raison et la passion…

La première option sera celle qui sera retenue. Non mais, se glisser dans son lit à deux heures du mat’ et se lever 4 heures plus tard, vous y parvenez, vous ? Moi pas !

Le festival de Ronquières aura tenu toutes ses promettes. Une organisation de qualité, familiale et à taille humaine.

Et si demain, ces superlatifs disparaissaient ?

(Voir aussi notre section photos ici)

(Organisation : Ronquières Festival)

Circus Cafe + Ykons + Novastar + Grandgeorge + Ro X Konoba + Adam Nass + Clara Luciani + Eddy de Pretto + Eagle-Eye Cherry + Bigflo&Oli + Hooverphonic + Zazie + Daddy K

Micro festival 2019 : samedi 3 août

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Niché à l’ombre des coteaux depuis 2010, le Micro Festival, fêtait donc cette année, sa dixième édition. Suite à quelques modifications stratégiques, le site de l’Espace 51, remodelé au cœur d’un des quartiers les plus populaires et sympathiques de l’entité principautaire, accueillait donc de nouveau la foule, à l’ombre d’un chapiteau où pendant trois jours allaient se succéder une multitude de groupes ou artistes aux styles variés afin de la plonger dans des ambiances différentes. Jouant depuis le début la carte de l’éclectisme, le festival chapeauté par le label JauneOrange misait une fois de plus sur la curiosité d’un public majoritairement local, venu en masse, comme à chaque fois, pour cette ‘garden party’ annuelle dont l’affiche audacieuse et en général bien pointue suscite toujours débat. Souvent de bon goût, expérimentale, trash, drôle ou émouvante, la programmation –même si au cours de la décennie certains concerts n’ont pas laissé un souvenir impérissable– a néanmoins forgé l’identité d’un festival, petit dans ses dimensions, modeste dans ses ambitions mais incontournable pour beaucoup. Retour sur cet événement hors format en compagnie d’un chroniqueur aux oreilles bienveillantes.

Clap troisième !

Perdu dans les méandres de l’espace-temps par la faute de quelques Japonais impétueux (voir chronique du jour 2), votre serviteur arrive tardivement sur place.

Les langues qui s’agitent dans l’entourage encensent Yokai responsable d’un krautrock teinté de jazz (ou est-ce l’inverse ?) Un set qui manifestement a séduit.

Sous la tonnelle, malgré l’heure avancée, les étoiles se sont invitées…

Szun Waves, ensemble de trois magiciens du son, tisse les broderies du ciel d’un fil doré. Elles m’attendent et m’invitent à prolonger ce voyage stellaire.

Projet du batteur de jazz Laurence Pike (de Pivot ou PVT), du producteur electro Luke Abbott et du saxophoniste Jack Wyllie (Portico Quartet), le trio brode patiemment sa toile dans laquelle viennent se figer quelques curieux. Juste magnifiques, les envolées au sax se perdent dans une réverbération de cathédrale alors que les dominos de sons binaires dévalent les pentes escarpées que dessinent les motifs de la caisse claire. Transformant l’instant en un moment de grâce.

Sur les montagnes, les conifères se balancent au gré du vent, sur la surface de la mer, le soleil miroite et on redescend lentement sur terre…

Difficile après coup de se concentrer sur le DJ set d’Aboie Poupousse, et encore plus difficile de juger du set suivant, celui du duo frenchie La Récré, qui comme son nom l’indique, n’est rien de moins qu’un projet à vocation distractive. Caractérisé par ses extraits de nanards incrustés dans un jazz easy listening cool, la prestation s’apprécie modérément. Sympa mais sans plus !

L’heure de la fessée est alors arrivée. De la claque annoncée. De l’événement visuel, de la gifle auditive, de la branlée sonore, bref du truc qu’il faut ab-so-lu-ment voir : Shht.

Forcément, annoncé comme tel, l’attente est grande. Est-ce que cette bande d’hurluberlus gantois mérite le buzz répandu autour d’eux ?

Pas certain. Clairement, le groupe travaille autant le visuel que le son. Subtil calcul opportuniste par les temps qui courent. Donc, outre des tenues de scène sans grande originalité (la combi empruntée aux Beastie Boys ou à Man Or Astro-man, entre autres) et des chorégraphies pastiches, que reste-t-il ? Des compositions ma foi entraînantes, allant dans tous les sens et qui doivent sans doute beaucoup à Evil Superstars, des voix abusivement noyées d’effets et une énergie sans faille.

Le chanteur escalade la structure du chapiteau tel un macaque facétieux. Ce qui amuse le public (moins l’ingé son). Mais lorsque les peluches qui depuis deux jours squattent le site se mêlent à la fête, volant dans tous les sens, le côté joyeusement foutraque du set est exacerbé. Pour autant, c’est loin d’être exceptionnel, et si on passe un bon moment, on n’assiste quand même pas au sommet de ce festival. Toujours agréable mais pas immanquable.

Bien plus intéressant, le retour sur nos terres du dandy Allemand Félix Kubin. Pourtant réduit à un set solo sans visuel, contrastant donc cruellement avec la prestation précédente.

Revêtu d’une élégante tenue rouge et noire, rôdé comme une machine, l’électron libre de l’electronica post apocalyptique avec des bulles enchaîne les expérimentations auditives espiègles, non sans y ajouter la touche d’humour qu’on lui connaît. Simple et dénué de tape-à-l’œil, le dadaïste de la musique déviante revisite son style, propre et tordu. D’une efficacité crasse, le quarantenaire, qui baigne dans la musique électronique depuis ses 8 ans, déborde de générosité et démontre qu’aux commandes de ses machines, il reste ‘das model’ du genre. Confus sur la fin car ne sachant plus très bien le timing qu’il lui est imposé, l’ami nous offre un tour gratuit, pour le plus grand plaisir d’un public qui ignore encore que la fin du monde est proche.

Heureusement, à l’autre bout de la plaine, sous la rotonde balayée de lumières led de l’Oasis 3000, Müholos le robot est venu nous sauver. Une bouffée de disco numérique qui balaye la menace pesant sur l’humanité. Irrésistible et dansant, le binôme assure la transition d’une nuit qui entame sa farandole.

Voile à présent sur les Caraïbes en compagnie de The Mauskovic Dance Band, qui comme son nom l’indique ne vient pas de Moscou mais a bien l’intention de nous faire danser.

Le genre de concert festif qui sent bon la tradition de fin d ‘événement.

Chaloupé, groove et sexy, le son secoue le cocotier d’un public qui refuse de rester en si bon chemin…

Et il sera satisfait, car la programmation nous réserve encore le set du grand Cüneyt Sepetçi, légende vivante du Bosphore. Génie de la clarinette et porteur de la tradition stambouliote.

Hélas le line up est réduit à un duo de cabaret, son acolyte préposé au synthé Korg générant une tambouille mi-folklorique, mi-hit-parade de supermarché. Bref, l’ambiance est plus à la fin de mariage qu’à l’apothéose tant attendue.

Dommage, car le virtuose et humble Cüneyt propose une revisite de la musique de ses ancêtres ou encore de quelques classiques européens, en y affichant classe et talent. Mais dans cette formule de bal, ce n’était vraiment pas très convaincant.

Le moment du bilan final est donc arrivé.

À l’heure d’écrire ces lignes, on peut déjà établir que le Micro Festival aura tenu toutes ses promesses. Celles faites à un public qui, sans même connaître la prochaine affiche, est déjà prêt à revenir...

Ainsi, votre serviteur enfourche sa monture et s’enfonce dans la voie lactée.

Bisous, bonne nuit Micro Festival et à l’année prochaine !

(Organisation : Micro Festival)

Yokai + Szun Waves + Aboie Poupousse + La Récré + Shht + Félix Kubin + Müholos + The Mauskovic Dance Band + Cüneyt Sepetçi