Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Dour Festival 2019 : dimanche 14 juillet

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Le soleil se lève pour la dernière fois sur l'édition 2019 du festival de Dour. La fatigue se lit maintenant et de plus en plus facilement sur le visage de tous les festivaliers et nombreux sont ceux qui rêvent de retrouver leur bon lit douillet. Mais avant de revenir au bercail, tous doivent encore affronter une journée entière de concerts.

Et le programme commence, pour votre serviteur, au Labo, en compagnie d'It It Anita. La musique proposée par la formation liégeoise est à l'image des son chanteur : robuste ! Pas étonnant que le groupe figure régulièrement dans les colonnes des sites spécialisés en metal. Et s'il n'y avait ce sens mélodique très soigné, il y mériterait absolument sa place. Ce qui est clair par contre, c’est que ça claque, et pas qu’un peu ! Certains passages plus hypnotiques semblent simplement destinés à nous faire baisser la garde avant une surenchère de batterie et de guitares. Bref, un set à éviter en cas de gueule de bois.

Ce sont les petits phénomènes flamands du moment qui embraient sur les planches du petit chapiteau. Whispering Sons a largement franchi les frontières du pays et est maintenant reconnu sur la scène internationale comme une étoile montante du post-punk. Fort de leur album « Image », paru en 2018, les Limbourgeois peuvent également compter sur le charisme androgyne de la chanteuse Fenne Kuppens. Sa voix grave, presque masculine, et son comportement scénique impressionnent d’emblée un public majoritairement néerlandophone. Ténébreuses, les compos flirtent avec la cold wave des années 80. L’intensité est totale et l’atmosphère autant menaçante que passionnante. La température grimpe au fil du show et atteint son paroxysme lors du tube « Alone », un single qui est resté cinq semaines d’affilée au sommet du classement dressé par les auditeurs de Stu Bru. En trois-quarts d'heure, Whispering Sons est parvenu à mettre l'auditoire dans sa poche...

On change complètement de style lors du set de Viagra Boys. Les ‘bad boys’ suédois débarquent tous les cinq sur le podium la clope au bec et une bière en main. Le contexte est posé bien que le patronyme laissait déjà présager la folie du quintet. Sebastian Murphy, le chanteur, n’attend qu’un seul morceau pour faire tomber la chemise et exhiber son torse complètement couvert de tatouages. Il hurle, recrache sa bière et vacille sur les compositions bien punks du groupe. C’est une véritable bête de scène, en fait. Comme dans ses chansons, il manie humour noir et ironie à merveille. Ainsi, il se réjouit de pouvoir faire la fête un samedi soir (alors qu’on est dimanche) et avoue adorer jouer en… France… Bonjour le déphasage ! Aussi surréaliste que le personnage, c’est le single « Sports » qui permet au concert de prendre une autre dimension. Murphy n’hésite pas à exécuter une dizaine de pompes (NDR : volontairement ridicules) sur les planches pour illustrer son propos. Les autres membres ne sont pas du genre à s’effacer non plus. Bassiste et batteur assurent également le show. Les Suédois finissent par se retirer avec classe et courbettes. Une dernière touche d’ironie pour un concert complètement décalé dans lequel on en n’oublierait presque la musique. Un vrai spectacle quoi !

‘C’est le dernier jour du festival, vous pouvez tout casser’. Ces mots émanent de la bouche du Roi de Dour : Romeo Elvis. Sur le pont dès mercredi comme DJ, il était de retour en tête d’affiche dimanche sur la Last Arena pour mettre le feu à la Plaine des Éoliennes. Et il ne va laisser que quelques secondes de répit aux festivaliers, pourtant épuisés. Seul son titre « J’ai Vu » marquera une pause dans un concert chargé d'intensité durant lequel Roméo va multiplier les comportements excentriques. Torse nu, grimpant sur les pylônes, le ket bruxellois a régalé la véritable marée humaine qui s’était déplacée pour assister à son show, sur la scène principale. Pas de doute, c’était bien lui la grosse tête d’affiche de Dour 2019.

Avant de terminer le festival, il nous reste un moment à passer auprès de Fat White Family. Le groupe le plus déjanté d’Angleterre était de retour à Dour pour présenter, entre autres, son nouvel album « Serf’s Up ». Le collectif londonien s’est forgé une solide réputation en live et va à nouveau confirmer tout le bien qu’on pense de lui. La bande à Lias Saoudi pratique un punk aussi nonchalant que provocateur. Ce dernier disque est clairement l’aboutissement de leur carrière. Moins brouillon et mieux construit que ses précédents essais, il est également la preuve que les Insulaires ont enfin réussi à canaliser leur énergie. Heureusement sur l’estrade, il n’en est rien… à quelques exceptions près. Il est dommage en effet que la puissance du set soit à deux reprises cassée par des titres plus lents et moins adaptés au show. En outre, déchaîné, Saoudi va confirmer qu'il est un grand amateur du bain de foule. Les nouveaux single « Feet » et « Fringe Runner » s’insèrent à merveille dans un set presque aussi fou que le leader du groupe. Car derrière son regard d’ange, Saoudi cache une rage qui ne cesse d’exploser. Dans certains morceaux comme sur « Touch The Leather », on a même l’impression qu’il rentre en éruption tel un volcan trop longtemps endormi. Bref, Fat White Family en live, c’est tout simplement un régal et une parfaite manière de terminer ce Dour de bien bonne facture. Du grand spectacle !

En accueillant 251.000 festivaliers sur les cinq jours, Dour a battu son record d’affluence lors de cette édition 2019. Le festival conserve, malgré son succès, son ADN qui fait la part belle aux découvertes et aux artistes ‘Made in Belgium’. 20% de la programmation était en effet consacrée aux artistes qui battaient pavillon noir-jaune-rouge. Une énorme réussite pour la deuxième année sur la Plaine des Éoliennes qui est maintenant complètement adoptée par le public. Et qui ne va cesser de s’améliorer lors des prochaines éditions, on en est sûr. A l’année prochaine donc… Et merci Doureeeuuuh !

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(Organisation : Dour Festival)

It It Anita + Whispering Sons + Viagra Boys + Romeo Elvis + Fat White Family

Cactus Festival 2019 : dimanche 7 juillet

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On en est déjà au troisième jour du Cactus, un festival dont l’apothéose a été confiée à dEUS qui va donc réinterpréter « Th ideal crash », l’album-phare paru en 1999. Pour votre serviteur, les concerts de Mono, Parquet Courts et Trixie Whitley ne sont surtout pas à manquer. Compte-rendu…

Il revenait à Boy Azooga d’ouvrir le festival en ce samedi 7 juillet. Une formation galloise responsable d’un rock british sauvage et bien électrique. Les compostions les plus âpres pourraient figurer au répertoire de Wallace Vanborn, alors que les plus allègres et chargées de feeling se révèlent particulièrement mélodiques. Parfois, la voix de Davey Newingtonle éprouve certaines difficultés à monter d’une octave ; ce qui ne nuit cependant pas à l’ensemble du set. Et finalement, le quatuor nous a réservé un set aussi excitant que frais…

Hanna Harding, aka Aldous Harding, est une auteure/compositrice/interprète néo-zélandiase. Bien soutenue par son backing group, elle chante d’une voix veloutée des chansons à la fois fragiles et intrigantes. Des morceaux accrocheurs, qu’elle interprète avec une désinvolture naturelle. D’ailleurs l’auditoire ne s’y trompe pas en écoutant religieusement ce concert…

Mono est issu de Tokyo, une formation de post rock qui entame son set par "God Bless", la plage d’ouverture de son dernier opus, "Nowhere Now Here", paru l’an dernier. Elle va d’ailleurs nous proposer de larges extraits dont "Sorrow", un morceau au départ calme et mélodieux mais qui au fil du parcours monte en crescendo avant d’atteindre son point culminant en intensité. La setlist a cependant également inclus des plages plus anciennes comme "Ashes In The Snow" ("Hymn To The Immortal Wind") et "Surrender" ("Rays Of Darkness"), publiés respectivement en 2009 et 2014. Excellent !

La dernière fois que votre serviteur a assisté à un concert de Parquet Courts, qui se fait aussi parfois appeler Parquet Quartz, c’était en 2004, dans le cadre du Festival des Inrocks, au Grand Mix de Tourcoing. Depuis, il faut reconnaître que si son garage/rock est toujours aussi expérimental, il est devenu plus allègre. La faute à Austin Brown, le guitariste/claviériste qui apporte une touche théâtrale aux prestations ‘live’. Vêtu d’une veste et d’un pantalon en jeans, lunettes rondes et cheveux longs, il a le même look que John Lennon, lorsqu’il était jeune. Si l’énergie punk est bien présente, certaines compos sont davantage élaborées, dans l’esprit de Sonic Youth. Pas étonnant que le groupe ait régulièrement tourné en compagnie de Thurston Moore. Le set s’ouvre par « Master of my craft » et va nous réserver plusieurs compos du dernier album, « Wide awake », paru l’an dernier dont le ‘sydbarretien ‘mais légèrement dub « Almost Had to Start a Fight / In and Out of Patience » et « Freebird ». Mais encore un « Violence » hanté par Beck, le titre maître et surtout « Total football », deux compos au cours desquelles Brown va se servir d’un sifflet pour rythmer la compo, la première baignant dans une ambiance latino funk, lorgnant carrément vers Radio 4 et la seconde, plus funk/psyché, chaloupée, également latino, au cours de laquelle, il va se servir d’une guitare à 12 cordes. Le set va bien sûr nous réserver quelques titres bien percutants et punks, mais au sein d’un ensemble bien équilibré.

Neneh Cherry a certainement ramené du peuple, ce dimanche au Minnewaterpark. Sur les planches, on remarque à ses pieds un trépied recouvert de fleurs. Elle est soutenue par une harpiste/claviériste/percussionniste, un bassiste bidouilleur, deux préposés aux machines et synthés, dont son mari Cameron McVey, et une percussionniste (Rosie Bergonzi) à la chevelure bouclée, qui jongle entre xylophone, marimba et djembés. Au cours de son set, la Suédoise va bien sûr nous réserver les hits « 7 seconds » (NDR : sans Youssou N’Dour, of course), « Manchild », « Woman » et bien sûr « Buffalo stance », un show au cours duquel la musique a oscillé entre trip hop (parfois dubby), funk, jazz, rap et r&b. Un bel éclectisme, mais pas vraiment convaincant. Il faut cependant préciser que sa prestation a rencontré quelques problèmes techniques… Pourtant, c’est en fin de parcours, lorsqu’elle est rejointe par deux percussionnistes londoniens (une fille et un garçon) pour y jouer de la mangrove et régaler nos oreilles de sonorités antillaises que le concert va prendre une autre dimension. On lui concèdera cependant qu’elle est particulièrement interactive ; ainsi lorsqu’un spectateur lui offre un paquet de cerises, elle le remercie, avant d’en redistribuer à ses musiciens ainsi qu’à quelques personnes agglutinées aux premiers rangs. Mais bon, il faut avouer que ce style musical n’est pas trop la tasse de thé de votre serviteur…

Place ensuite à Band of Horses. En 2017, Tyler Ramsey et Bill Reynolds avaient quitté le groupe, remplacés respectivement par le guitariste Richard Fitzpatrick, et le bassiste Matt Gentling, qui opérait son come-back. Ce dernier, secouant constamment ses cheveux longs, aurait pu figurer au sein d’un groupe de grunge du début des nineties. En outre, il tire des sonorités hyper-puissantes de son instrument. Le quintet implique également un claviériste, un drummer et le chanteur Ben Bridwell, dont la voix est aussi écorchée que celle de Daniel Johnson (Centro-Matic). Parfois, elle est noyée sous le volume sonore. D’ailleurs si le décor, en arrière-plan, est représenté par une forêt américaine typique, la musique dépote. En ouverture, Ben joue de la pedal steel, en pinçant ses cordes, avant de se focaliser sur la guitare, dont il va en changer quasiment entre chaque morceau. Si certaines ballades évoquent le Barclay James Harvest, grâce aux harmonies vocales, les plus country/rock lorgnent carrément vers Poco. Mais en règle générale, le groupe a privilégié des compos bien pêchues, même si les musicos semblaient fatigués de leur longue tournée...

Trixie Whitley, c’est la fille de feu Chris Whitley, décédé à l’âge de 45 ans. Un chanteur et gratteur (guitare, banjo, steel) qui s’était forgé une fameuse notoriété aussi bien dans le blues, le rock que le folk. Belgo-américaine, Trixie sait donc bien de qui tenir. Curieusement, son dernier elpee, « Lacuna », est davantage électro, mais sur les planches, elle propose un set davantage organique et minimaliste. Le plus souvent à la guitare, parfois aux claviers voire aux drums, elle est soutenue par le drummer Chris Vatalaro. Elle possède une voix remarquable, sorte d’hybride entre Janis Joplin et Annie Lennox. Sa technique sur sa gratte est largement au-dessus de la moyenne, même lors de ses envolées les plus sauvages. Dans ce cas de figure, elle rappelle PJ Harvey, à ses débuts. Vêtue d’un ensemble de sport, bleu-indigo noir et portant des boucles d’oreille aux mêmes coloris, elle communique cependant très peu. Elle y pense quand même en fin de parcours, mais surtout laisse de longues secondes s’écouler entre les morceaux, cassant littéralement l’ambiance qui finit par se figer. Guère interactive, elle garde le silence quand elle casse une corde, alors qu’elle pourrait manifester de l’autodérision, afin de détendre une atmosphère qui au fil du set va devenir de plus en plus lourde…

dEUS a donc décidé de partir en tournée pour y interpréter l’intégralité de son opus, « Ideal crash », gravé il y a 20 ans. Une œuvre dont le thème central est le chagrin d’amour et la guérison. Il a rôdé son spectacle, et notamment lors de 8 dates à l’AB. Donc, ce soir la machine est bien huilée. Le quintet monte sur l’estrade. Toujours aussi charismatique, Tom Barman est vêtu d’une jupe. En arrière-plan, le light show est composé d’une multitude de rectangles aux coloris flous. Le combo attaque « Put the freaks up front ». Aussitôt, habillée de noir, une troupe de 8 danseurs (4 garçons et 4 filles) débarque. Ils se contorsionnent en synchro dans un style digne de Béjart et boostent le morceau. Il faut croire que la troupe a bien répété, car ce soir, sa prestation est impeccable. Elle va d’ailleurs revenir à plusieurs reprises, au cours du show. Tom rappelle que c’est la quatrième fois qu’il se produit au Cactus. Les versions de « The ideal crash » défilent et on sent la différence entre Mauro Palowski et le nouveau guitariste soliste, Bruno de Groot. Si le premier osait l’impro, le second est davantage sur les rails. Ce qui explique pourquoi le set est davantage dans la maîtrise que dans l’audace. Ce qui ne va pas empêcher de superbes envolées, à l’instar de « Dream sequence #1 », qui ponctue le set de superbe manière, en tirant également parti d’une boîte à rythmes ou encore de « Everybody's Weird », un morceau mid tempo qui monte en crescendo. Mais le plus intéressant procède de l’apport des différents musicos, que ce soit le bassiste, dans ses interventions jazzyfiantes, Klaas Janssens (NDR : déjà au sein du line up à l’époque), le violoniste, responsable de montées en intensité, de la basse bien chaloupée et des harmonies vocales impeccables, sans oublier la voix de Barman irréprochable, pour tresser des titres complexes, bien électriques, mais diablement mélodiques.  Le band va accorder un rappel, et lors du premier titre, « Quatre mains » Tom brandit sa guitare d’une main, alors que les danseurs reviennent, les hommes alors torses-nus…  Et le spectacle de s’achever par l’inévitable « Roses », que chantaient deux filles à vélo, en quittant le Minnewaterpark… 

Setlist : 1. ‘Put the Freaks Up Front’, 2. ‘Sister Dew’, 3. ‘One Advice, Space’, 4. ‘The Magic Hour’, 5. ‘The Ideal Crash’, 6. ‘Instant Street’, 7. ‘Magdalena’, 8. ‘Everybody's Weird’, 9. ‘Let's See Who Goes Down First’, 10. ‘Dream Sequence #1’, Encore : 11. ‘Quatre Mains’,  12. ‘Fell Off the Floor, Man’, 13. ‘Roses’  

(Organisation : Cactus, Bruges)

Boy Azzoga + Aldous Harding + Mono + Parquet Courts + Neneh Cherry + Band of Horses + Trixie Whitley + dEUS

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Dour Festival 2019 : samedi 13 juillet

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L’affluence gonfle, au fil des jours, à Dour. Le week-end arrivé, les pauvres travailleurs qui n’ont pu prendre congé durant la semaine affluent. Le site commence donc à être bien rempli.

Du moins en soirée, car à 16h, la Last Arena sonne encore bien vide au moment où MNNQNS (NDR : prononcez Mannequins) monte sur les planches. Les quatre français pratiquent un post-punk dynamique, aux refrains aguicheurs. Les guitares se superposent également sur certains morceaux comme « If Only They Could ». Une bonne dose de punch dès l’entame de la journée pour les plus Gallois des Rouennais (NDR : le projet est né à Cardiff).

C’est la touche de douceur de la journée qui nous attend ensuite. Et une jolie découverte. No Vacation effectue en effet cet été sa toute première tournée en Europe. Inconnu vous dites ? Et bien pas forcément car La Petite Maison dans la Prairie est déjà bien remplie. A la plus grande surprise du groupe californien, impressionné par cette assistance. Et les musicos vont signifier leur étonnement plus d’une fois durant le concert. Concernant la musique, les Américains proposent une dreampop souvent douce mais aussi parfois déchainée. Ils nous entraînent au sein d’un voyage paisible, traversé de quelques turbulences judicieuses. Le tout teinté d’une candeur touchante comme tout au long de « Lovefool ». Les vacances les plus tranquilles de nos vies !

Retour sur la Main Stage pour la fin du set de Montevideo. Les gars de Jean Waterlot n’ont rien perdu de leur énergie et, malgré une fosse encore plus vide que pour MNNQNS, ils semblent ravis de retrouver Dour. Leur rock propice à la danse dance réussit en tout cas à faire bouger les quelques spectateurs, obligés de dribbler entre les gouttes de pluie qui commencent à tomber sur le site, pour se mettre à l’abri.

Mais le bon Dieu est dourois, et le soleil revient pile au moment même où débute le show de Metronomy. Ce que le chanteur du groupe, Joseph Mount, ne manque pas de souligner : ‘Pour une fois que nous amenons le bon temps’. Faut-il encore présenter ces Anglais ? Responsable de cinq albums à ce jour, et un sixième prévu pour la mi-septembre, ils constituent une référence mondiale dans l’univers de l’électro-rock. Et excellent toujours en live. Ce nouveau passage à Dour ne va pas modifier leurs très bonnes habitudes. Malgré un set largement revu par les nouvelles compos, le quintet va offrir une sublime prestation. Le répertoire partagé entre anciens et nouveaux titres est bien équilibré. Car des tubes, Metronomy en a décrochés et continue à en dégoter. C’est ainsi que le tout neuf « Salted Caramel Ice Cream » cartonne autant que le célèbre « The Bay ». Ajoutez-y des morceaux retravaillés comme « The Look », le final nerveux de « You Could Easily Have Me » ainsi que la sympathie manifestée par les cinq acteurs et vous vous vous prenez une véritable claque qui confirme la réputation de valeur sûre du combo.

C’est au tour de BATTLES de faire son apparition. On est de nouveau à La Petite Maison dans la Prairie. Les Américains reviennent sous un nouveau format. Quatre sur scène dans le passé, ils ne sont aujourd’hui plus que deux. Alors évidemment, cette situation se ressent en ’live’. Si leurs sonorités sont toujours excellentes (NDR :  mention spéciale pour « Atlas »), le set manque de dynamisme. Heureusement que John Stanier nous réserve une véritable démonstration de batterie math-rock. A un tel niveau, battre devient de l’art. Il attire d’ailleurs toute l’attention. Mais en duo, BATTLES manque clairement de charisme et gagnerait vraiment à récupérer quelques membres…

On termine la soirée sur l’Elektropedia. D’origine perse, la Canadienne REZZ est venue proposer son gros son ‘bass music’ à Dour. On en prend plein la tronche et nos oreilles vibrent une heure durant. Nos yeux s’écarquillent également grâce aux visuels éblouissants de couleurs projetées sur les incroyables écrans de la scène sponsorisée par la célèbre boisson énergétique.

Après cette déferlante de basse, c’est Slushii qui clôt la journée par un set techno classique mais efficace. La recette magique est simple : un hit célèbre en intro (comme par exemple le « Bohemian Rhapsody » de Queen), avant d’embrayer par des sonorités puissantes. Le gamin (22 ans) atteint du syndrome d’Asperger a mis une sacrée ambiance !

Plus qu’un jour et c’est déjà terminé !

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(Organisation : Dour Festival)

MNNQNS + No Vacation + Montevideo + Metronomy + BATTLES + REZZ + Slushii

Dour Festival 2019 : vendredi 12 juillet

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Dour, c’est aussi le festival des découvertes. Ce vendredi, il n’y avait pas vraiment de groupes connus durant la première partie de journée. L’occasion était donc belle de se balader entre les scènes pour faire connaissance avec les pépites que les programmateurs ont dénichées.

On commence au Labo, par Martha Da’ro. La Belge aux origines congolaises s’est fait connaître en militant au sein du groupe de hip-hop Soul’Art avant de se lancer dans un projet solo, pour y mêler des sonorités soul, funk et bien sûr hip-hop. Celle qui est également actrice (NDR : dans le film ‘Black’) livre à Dour un set délicat, à toucher du bout des doigts. La douceur de certains titres comme « Sugarman » éblouissent le petit chapiteau. C’est beau et c’est tendre à la fois. Que demander de plus pour débuter la journée ?

Direction ensuite la Salle Polyvalente pour Koffee. La dernière merveille reggae, issue de la Jamaïque, n’a que 18 ans mais possède déjà tous les atouts qui la guideront, sans doute, au sommet du genre. Ce n’est pas pour rien si Mikayla Simpson, de son vrai nom, a déjà charmé Glastonbury il y a quelques semaines ou encore un certain Usain Bolt. Flanquée de son live band, elle est venue présenter son premier Ep sur la Plaine. Un set groovy à souhait qui connait quelques temps forts comme « Thrones » ou surtout « Toast », que le public fredonnait encore quelques minutes après le concert. Une performance vraiment impressionnante. De l’énergie, elle n’en manque pas mais quelle sérénité pour son âge !

Vous êtes fan du band hexagonal Fauve ? Et bien son digne successeur est belge ! Et Namurois pour être précis. Les gamins de Glauque impressionnent la scène wallonne depuis quelques mois, multipliant les récompenses notamment lors du Concours Circuit 2018. C’est dans un Labo bien rempli qu’ils entament le set. Son électro et chant rap, les cinq potes semblent partir à la guerre sur chaque morceau. De colère à la rage, il n’y a qu’un pas chez ce quintet. La puissance des mots sur certaines chansons comme « Robot » fait vaciller un public qui avait déjà un genou à terre après une première partie de set d’une violence inouïe. Bref, Glauque nous a asséné une grosse claque. Et c’est exactement le genre de band qui possède l’ADN du Dour Festival. Des gamins qu’on reverra sans aucun doute sur la Plaine des Eoliennes dans le futur. Mais dans un chapiteau d’une autre taille…

Adoubé par le maître Drake, Octavian débarquait à Dour à la Boombox. Le plus ‘chti’ des rappeurs UK ne se produisait pas loin de sa ville natale : Lille. On dit de lui qu’il est l’avenir du grime britannique. Rien que ça ! C’est en 2017 et grâce à son titre « Party Here » que le gamin s’est révélé au grand public à seulement 21 printemps. Deux ans plus tard, le petit a bien grandi et n’est plus seulement le gosse de l’avenir. Le présent lui appartient déjà et il bouge sur scène comme un vieux briscard. De gauche à droite et vice-versa, le kid ne manque pas d’énergie et d’audace. Comme quand il demande au public d’hurler ‘Free Rocky’. L’hommage au rappeur Asap Rocky emprisonné en Suède –et qui a dû annuler son passage à Dour– est évident. Après quelques mots peu élogieux destiné à la police suédoise, il reprend avec une énergie qui semble décuplée. Et oui, dans le rap on ne touche pas à la famille ! En tout cas, le môme de l’est de Londres aura bien retourné le plus grand chapiteau du site. Un show mémorable.

Il faut courir ensuite vers la Last Arena pour assister à la prestation de Vald. Le rappeur français attire évidemment les foules. Il faut dire qu’il y a toujours autant de représentants d’outre-Quiévrain sur le festival dourois. Et Vald est un grand nom de la musique urbaine française. La Main Stage est donc gonflée à bloc. Et même si le style musical ne plait pas forcément à votre serviteur, il faut reconnaitre que Valentin Le Du a une sacrée tchatche. Et une bonne humeur communicative. En voilà un qui est content d’être là ! Les tubes les plus connus comme « Bonjour » font en tout cas un carton dans la fosse et Vald se permet même un hommage à son pote JUL. Les amateurs du style auront apprécié l’enthousiasme du Parisien.

A 22h, on retourne au Labo. Le duo montois La Jungle y joue presque à la maison. C’est un des seuls moments rock du jour, alors autant en profiter. Et on ne regrette pas le détour. La combinaison batterie-basse, à la Royal Blood, accouche d’un un son brut et immédiat sans aucun chichi. Une véritable tempête dans laquelle tout le monde est entrainé, sans exception. Les morceaux sont assez compliqués à décrypter. Ils ont pour unique objectif de déboucher nos oreilles. On attribuera néanmoins une mention spéciale à « Ape in a Python », qui parviendra même à nous faire danser. Du bon boulot les mecs.

Pour terminer cette journée, c’est Namdose qui monte sur les planches laissées toutes chaudes par la Jungle. Il s’agit d’une collaboration entre le célèbre groupe belge BRNS et français Ropoporose. Ce qui devait être un one-shot pour les Nuits du Botanique a finalement pris une autre tournure et a donné naissance à un album. Le résultat est saisissant. Un mix des plus originaux entre math-rock et post-rock. Des titres aux constructions décousues qui n’ont qu’une chose en commun : une explosion systématique. Mais pas toujours en fin de morceau. Non, Namdose nous surprend et nous piège en envoyant en pleine figure toute la puissance de son duo de batteries à n’importe quel moment de ses chansons. Du coup, on sursaute mais la surprise est à chaque fois jouissive. Notamment sur « Wake Up », de loin un des titres les plus marquants de ce début de festival. Bref, Namdose a séduit tout son monde et on a envie de dire une chose : que cette union dure pour la vie !

Cette journée touche déjà à sa fin. Ce qui est certain c’est que de nombreux morceaux seront ajoutés à nos playlists traditionnelles après autant de découvertes. Dour réussit comme chaque année à garder une identité forte en proposant des petits bijoux qui seront les groupes ou artistes majeurs de demain. Et cette journée en est le parfait exemple.

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(Organisation : Dour Festival)

Martha Da’ro + Koffee + Glauque + Octavian + Vald  + La Jungle + Namdose

Dour Festival 2019 : jeudi 11 juillet

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Les nuits sont courtes au camping de Dour. Jusque 5-6h du matin, la musique y résonne toujours et à partir de 9h, la chaleur vous sort de votre sommeil. Il faut ensuite attendre le début de l'après-midi pour pouvoir assister aux premiers concerts.

C'est dans La Petite Maison dans la Prairie que se déroule la première partie de la journée pour votre serviteur. En compagnie tout d'abord de Phoenician Drive. Le groupe belge propose un mix entre post-rock et post-punk agrémenté de quelques sonorités orientales. Et si on peut regretter un certain manque de charisme du band, on doit reconnaître que le son puissant a bien dérouillé les oreilles des premiers festivaliers présents sur la Plaine des Éoliennes, ce jeudi. Une très chouette découverte.

Le chapiteau est déjà bien mieux garni à l'heure d’accueillir Rendez-Vous. Une formation française au charme ‘so british’ qui pratique du pur post-punk. Elle va faire vibrer les planches durant 3/4 d'heure, profitant, en outre, d'une assistance de connaisseurs. Un groupe d'expérience !

On enchaîne ensuite par la révélation irlandaise de l'année. Fontaine DC casse en effet la baraque de l'autre côté de la Manche. Au premier regard, c'est le style du chanteur qui interpelle. Il semble en effet extrêmement nerveux et parcourt la scène de gauche à droite, en observant le public d’un regard plutôt vide. Au moment commencer à chanter, il multiplie les tics de ses bras et ses mains. Bref, une drôle d'allure supposant qu'il ne carbure pas qu'à l'eau claire ; à moins que son attitude ne fasse partie du show, bien sûr ! En ce qui concerne la musique, le combo dublinois pratique un post-punk mélodique aux refrains aussi puissants qu'addictifs. Le public est en tout cas conquis et nul ne doute que ces gamins risquent de faire parler d’eux au cours des prochaines années.

Petit détour par la Boombox, dans la foulée. La foule est tellement dense sur la scène principale qu'il est impossible d'aller voir la star du rap français Orelsan. Aussi, on décide de partir à la découverte de SebastiAn, un autre Français. Mais celui-ci est DJ et aime mixer des sons à tendances new wave. De quoi inciter les quelques irréductibles, allergiques au rap, à se trémousser.

Impossible de rater Cypress Hill ensuite. Le mythique groupe américain était de retour à Dour ; mais les Californiens ont pris quelques rides et, peu aidés par le son assez médiocre de la Last Arena, ils ont livré une prestation assez molle et finalement peu intéressante. Une vraie déception même si, en général, les personnes postées aux premiers rangs de la fosse ont plutôt apprécié. La position, c'est aussi important.

Pour terminer cette première journée complète, l'Elektropedia, c’est ‘the place to be’ ; puisqu’il va être le théâtre de deux shows monumentaux de drum&bass exécutés par autant de maîtres du genre, Pendulum et Wilkinson. Après cette déferlante de gros sons, trouver le sommeil n'a pas été facile tellement les oreilles bourdonnaient. Mais bon la fatigue a fini par prendre le dessus !

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(Organisation : Dour Festival)

Phoenician Drive + Rendez-Vous + Fontaine DC + Orelsan + SebastiAn + Cypress Hill + Pendulum + Wilkinson

Dour Festival 2019 : mercredi 10 juillet

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Chaque année c'est la même histoire : on peste à la vue des énormes files à l'entrée du festival. Il faut dire que plus de 30 000 personnes qui débarquent quasiment en même temps, c'est compliqué à gérer. Bref, après les deux heures d'attente, on arrive au camping, fatigué et un peu énervé. Mais dès que la tente est plantée et la première canette ouverte, tout est déjà oublié. On est tellement heureux de retrouver cette Plaine des Éoliennes !

La soirée d'ouverture n'est jamais la plus palpitante mais on se rend, malgré tout, sur le site du festival vers 20h. Juste à temps pour découvrir un Moha La Squale en pleine forme sur la Boombox. Le rappeur français est donc le premier à mettre le feu au festival dourois.

Direction ensuite la Salle Polyvalente pour un des groupes les plus fidèles à Dour : Salut C'est Cool. Chaque année il répond présent et de plus en plus de monde se déplace pour assister à ses concerts. Et à nouveau, il a mis une ambiance exceptionnelle sous le chapiteau. Son electro complètement décalée fonctionne de mieux en mieux et sa facilité à créer des refrains communicatifs permet à la température de grimper, au fil du show. Un premier très bon moment !

Pour terminer cette première (courte) journée, on met le cap vers l'Elektropedia pour vivre le set d’Amelie Lens. L'Anversoise est devenue un véritable porte-drapeau de la techno made in Belgium et au vu du peuple présent ce soir, sa réputation a traversé les frontières. Aucune surprise mais une ambiance parfaite avant d'aller se coucher. La première nuit en camping est souvent la plus dure à supporter, à cause de l'excitation suscitée par les jours suivants. Mais il faut se reposer quelques heures. A demain !

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(Organisation : Dour festival)

Moha La Squale + Salut C’est Cool + Amelie Lens

Mark Knopfler

Avant de chausser définitivement ses pantoufles…

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Mark Knopfler est de retour à Anvers pour accorder un de ses derniers concerts. Au Sportpaleis d’Anvers, très exactement. A près de 70 ans, il souhaite tourner la page. Il continuera à enregistrer des albums, dont le dernier, « Down The Road Wherever », est paru en novembre dernier, mais il estime que les tournées sont devenues trop épuisantes. Avant chaque show, après une bonne demi-heure de set, il confesse ainsi, devant l’auditoire : ‘Je suis vieux maintenant vous savez... je veux vous remercier pour toutes ces merveilleuses années où je suis venu vous dire bonjour, mais maintenant je dois vous dire au revoir. Je suis très triste. Je vais continuer à enregistrer des disques et écrire des chansons, mais les tournées pour ‘old grand dad’, c'est terminé’.

Celui qui est surnommé ‘MK’ a mis fin à l’aventure de Dire Straits, il y a déjà 30 ans. Outre sa carrière solo, il a également bossé en compagnie d’une multitude d’artistes ou de groupes, tels que Emmylou Harris, Chet Atkins, les Chieftains, Tina Turner, Notting Hillbillies et bien sûr Bob Dylan. Artiste complet, généreux et éclectique, il incarne bien le rôle de ‘guitar hero’ issu des 80’s. La précision de son toucher de guitare est légendaire, entraînant le mélomane dans un univers où le sens du détail prime. Ce qui lui a valu de se forger une fanbase particulièrement fidèle, tout au long de ses 40 ans de carrière. Et ce soir, il va se produire devant une salle comble.

Avant de débarquer sur les planches, Mark Knopfler est précédé par son backing group, en l’occurrence, le multi-instrumentiste Guy Fletche, Mike McGoldrick à la flûte, au fifre et au sifflet, Graeme Blevins au saxophone et à la clarinette, John McCusker au violon et à l’oud, Ian Thomas aux drums, Danny Cummings aux percus, Glenn Worf à la basse, Tom Walsh à la trompette, Jim Cox au piano et Richard Benett à la 6 cordes. Si Mark privilégie sa splendide guitare Fender Stratocaster de couleur rouge, il va changer de gratte après chaque compo et parfois même au beau milieu d’un même morceau. 

C’est sous un light show sobrement bleuté que le band attaque « Why Aye Man », une compo propice à l’envoûtement, abordée dans l’esprit de feu JJ Cale. Le répertoire balaie aussi bien le folk yankee que celtique, le bluegrass, le r&b, le swing, la country, le swing ou encore le jazz ; sans oublier le prog/rock subtilement intégré au cœur de l’instrumentation. Le team nous réserve quand même un rock’n’roll percutant : « Corned Beef City »…

Au cours du set, on a eu l’impression que Mark était fatigué, se concentrant davantage sur les paroles de ses chansons que sur ses cordes. Il faudra attendre « Once Upon A Time In The West » pour qu’il étale tout son talent de guitariste, une virtuosité qu’il n’a pas suffisamment mise en exergue au cours du show… Faut dire que les musicos de son backing group se sont servis d’une bonne cinquantaine d’instruments différents, une situation qui a rendu l’atmosphère plutôt théâtrale et presque symphonique. Du dernier opus, on n’aura droit qu’à « My Bacon Roll » et « Matchstick Man ». Knopfler a évoqué alternativement la tradition du music-hall britannique (« Heart Full of Holes »), des pubs irlandais (« Done With Bonaparte ») ainsi que des marais et savanes latino-américains de la Patagonie (« Postcards From Paraguay ») ; mais il a failli également nous jeter dans les bras de Morphée lors de sa version un peu trop soporifique de « Romeo and Juliet »…

Heureusement, le rappel va nous réserver les moments d’émotion les plus intenses du concert, à travers les titres les plus notoires, comme « Money For Nothing » ou « Brothers In Arms », même si on regrettera l’absence de classiques tels que « Sultans Of Swing » et « Telegraph Road ».

Un concert un peu trop pépère d’un artiste qui avait surtout hâte de retrouver ses pantoufles…

Setlist : « Why Aye Man », « Corned Beef City », « Sailing To Philadelphia », « Once Upon A Time In The West », « Romeo And Juliet », « My Bacon Roll », « Matchstick Man », « Done With Bonaparte », « Heart Full Of Holes », « She's Gone », « Your Latest Trick », « Postcards From Paraguay », « On Every Street », « Speedway At Nazareth ».

Rappel 1 : « Money For Nothing »

Rappel 2 : « Brothers In Arms » 

Rappel 3 : « Going Home : Theme From Local Hero »

(Organisation : Live Nation)

Rock Zottegem 2019 : samedi 6 juillet

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‘Nothing ever happens in this town’ chantait Michiel Libberecht alias Mooneye sous le chapiteau de Rock Zottegem ce samedi après-midi. Une chose est sûre, il ne s’agit pas de la bourgade flandrienne qui accueille depuis un quart de siècle le gratin de la pop et du rock début juillet. Têtes d’affiche de la deuxième journée de l’édition 2019 : Tears For Fears, Live et Interpol…

Le lancement des festivités a donc été confié à l’un des trois récents lauréats de De Nieuwe Lichting, l’émission organisée par Studio Brussel destinée à découvrir de nouveaux talents. Pour vous donner une idée de la qualité du casting, Tout Va Bien, Tamino, Sons et Portland en sont notamment sortis auréolés ces dernières années. Si Mooneye est le pseudo du leader, ce n’est qu’entouré de ses musiciens qu’il donne la pleine mesure de son talent. On s’engouffre ainsi dans l’univers de Radiohead, même si la voix est parfois proche de celle de Jasper Steverlinck. Néanmoins, malgré trois guitares en action, les compositions manquent encore de rugosité. Mais par rapport aux Nuits du Bota en support de Piroshka, elles ont déjà gagné en puissance.

Changement radical de style en compagnie de Boef, l’hyper populaire rappeur néerlandais qui va régaler les premiers rangs pendant trente bonnes minutes. Ce soir, il est soutenu par une DJette mais aussi un type dont on se demande toujours l’utilité, immobile à côté de la console. Quoi qu’il en soit, l’anorak rouge vif, les lunettes de soleil, les baskets à paillettes et l’attitude de frimeur du MC constituent le complément visuel idéal à son flow guttural soutenu.  Musicalement, l’environnement électro-ragga-oriental devrait faire un malheur au stand des auto-scooteurs.

La planète pop avait ensuite rendez-vous avec Walk Off The Earth, un combo canadien qui a sans doute besoin de deux semi-remorques, rien que pour transporter son matériel. Ne tenant pas en place une seconde, les sept musiciens s’échangent en effet une tripotée d’instruments (certains uniques, extravagants ou fabriqués sur mesure) qui bien souvent virevoltent dans les airs. À charge pour les roadies de les rattraper tout en ne perdant pas de vue la mise en place du titre suivant. Millimétré et hyper professionnel, le show confère un univers propre à chaque composition, laissant presque sa teneur au second plan. Facile –à l’instar du medley associant aussi bien « Stand By Me » que « Shape Of You » ou « No Scrubs »– mais redoutablement efficace…

Les choses sérieuses vont toutefois commencer juste avant 20h par Tears For Fears. Roland Orzabal (chevelu, barbu et dodu) et Curt Smith (bronzé, fit et à la diction impeccable) ont enterré la hache de guerre et enfin publié un album ensemble, il y a une bonne dizaine d’années. Un album confidentiel dont ils ne vont pas jouer un seul morceau... Les seuls titres postérieurs à 1989 se limiteront ainsi à « Break It Down Again » (extrait d’« Elemental », enregistré à l’époque par Roland en solitaire) et… une cover de Radiohead que les gaillards d’Oxford ne chantent même plus (« Creep »). Sans compter l’intro du concert signée Lorde et sa version du « Everybody Wants To Rule The World » dispensée en début de set…

De toutes façons, les spectateurs sont venus pour les hits et ils allaient être servis. Des efficaces « Change » et « Mad World » à « Head Over Heel » en passant par les travaillés « Advice For The Young At Heart » et « Sowing The Seeds Of Love », ils vont déballer. On leur reprochera peut-être de délivrer des versions un peu trop conformes aux originales en s’appuyant sur un synthé Roland (!) vintage. Mais ces mêmes spectateurs restent de marbre tout au long de l’obscur « Suffer The Children » et du jazzy complexe « Badman’s Song » sur lesquels leur choriste (un genre de Kate Bush endimanchée arborant un chemisier blanc à frou-frou), dont la voix va véritablement impressionner… Et le show de s’achever sans surprise par un « Shout » au titre judicieux.

Setlist : Everybody wants to rule the world, Sowing the seeds of love, Pale shelter, Break it down again, Advice for the young at heart, Creep, Change, Mad world, Memories fade, Suffer the children, Badman’s song, Head over heels, Shout.

L’idylle entre Live et le public néerlandophone remonte à l’époque de « Throwing Copper », l’album qui a rendu le groupe emmené par le charismatique Ed Kowalczyk incontournable dans le paysage musical US. A l’époque, la formation a vendu plusieurs millions d’exemplaires et des singles comme « All Over You » et « Selling The Drama », les deux premiers titres interprétés ce soir, ont inondé les ondes. Il ne faut d’ailleurs pas deux accords pour voir les spectateurs en transe, à l’instar d’un soir de 2001 au Pukkelpop où le groupe avait débarqué en tant que ‘surprise act’ sur la Main Stage.

Durant tout le set, les vocalistes vont hurler les paroles à tue-tête, transformant par moments Rock Zottegem en karaoké géant. Chemise déboutonnée jusqu’au nombril et transpirant abondamment, le souriant leader profite du moment, n’hésitant pas à rejoindre le front stage de temps à autre. Ici aussi, c’est la partie nostalgie qui est mise en avant, le groupe se cantonnant aux hits proprets des années 90, dont « They Stood Up For Love », numéro un au nord du pays et « The Dolphin’s Cry ». Pas la moindre trace d’un nouveau titre malgré un Ep publié l’an dernier. Au contraire, deux covers dispensables (« Losing My Religion » de R.E.M. et « Paint It, Black » des Rolling Stones) complèteront une setlist que l’on aurait souhaitée plus ambitieuse…

Setlist : All over you, Selling the drama, Losing my religion, They stood up for love, The dolphin’s cry, Paint it, black, Lakini’s juice, I alone, White, discussion, Run to the water, Lightning crashes

Après un passage à vide vécu au tournant de la décennie, suite au départ du bassiste Carlos Dengler, et dans la foulée, publiant un décevant album éponyme, les gaillards d’Interpol ont repris du poil de la bête. En engageant deux musiciens de tournée (un claviériste et un bassiste) tout d’abord. Puis en enregistrant « El Pintor » en 2014 et « Marauder » l’an dernier, deux elpees inspirés, entrecoupés par la célébration du quinzième anniversaire de l’essentiel « Turn On The Bright Lights ». C’est donc un groupe en pleine possession de ses moyens qui monte sur les planches ce samedi soir.

En entamant le set pied au plancher par « C’mere », le band place d’emblée la barre à un niveau élevé… qu’il va maintenir contre vents et marées. Sapés comme des princes (mention à l’intenable guitariste Daniel Kessler qui se produit en col et cravate aussi bien qu’à Paul Banks, lunettes de soleil et barbe naissante), les musicos vont ainsi prendre le public à la gorge et maintenir cette étreinte presque jusqu’à l’étouffement. Sombre à souhait, l’environnement glacial, jeux de lumières compris, sied à merveille à des compositions que le combo prend un malin plaisir à accélérer (« Say Hello To The Angels », « Evil », « The Rover »). Un peu comme s’il avait décidé de caser un set complet en soixante-cinq minutes.

Finalement, en restant fidèles à leurs convictions, les New Yorkais ont réussi là où tous les autres groupes de la journée ont échoué, essentiellement par manque d’audace. Spontanéité, sobriété et nouveauté (« Fine Mess », extrait d’un Ep publié tout récemment) sont au rendez-vous. Ajoutez-y des versions poignantes de « Public Pervert » et « All The Rage Back Home », des titres omis lors de leur passage à Forest National en novembre dernier (« The Heinrich Manoeuver » et « Take You On A Cruise ») ainsi qu’un son nettement plus limpide et on ne doit pas chercher beaucoup plus loin l’apothéose de cette édition 2019 du Rock Zottegem.

Setlist : C’mere, If you really love nothing, Public pervert, The heinrich maneuver, Say hello to the angels, Take you on a cruise, Fine mess, Evil, Nyc, All the rage back home, Rest my chemistry, The rover, Slow hands, Not even jail, Obstacle 1, Roland

(Organisation : Rock Zottegem)

Mooneye + Boef + Walk Off The Earth + Tears For Fears + Live + Interpol

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Rock Zottegem 2019 : vendredi 5 Juillet

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Le festival de Zottegem mérite de conserver son épithète Rock. En effet, de nombreux autres festivals, comme celui des Ardentes (NDR : qui se déroule ce même week-end), ne programment quasiment plus que des artistes rap, r’n’b, ou des djs, englobés dans la musique dite ‘urbaine’. Mais heureusement pour les fans de guitares, l’affiche de ce soir va nous régaler. Et particulièrement lors du show de Midnight Oil, une formation australienne qui se produit rarement en Belgique…

Alors que le festival n’est situé qu’à 40 km de son point de départ, votre serviteur va connaître un parcours plutôt difficile. Faut dire que Bruxelles accueille le Tour de France et rencontre, aujourd’hui, de multiples incidents techniques, dans les tunnels de son ring. Faudra donc s’armer de patience, en espérant ne pas trop louper de concerts…

En débarquant, l’accueil est toujours aussi familier, bon-enfant, sympathique et personnalisé. Des caractéristiques à souligner…

Flogging Molly va rapidement rendre le sourire et l’énergie nécessaires, après cette étape laborieuse. Le septuor californien connaît la recette depuis vingt ans pour enflammer les grandes salles et festivals. Et il ne l’a pas perdue. Raison pour laquelle, sans doute, son show accordé à l’Ancienne Belgique, en janvier dernier, était sold out. Son punk-rock celtique aux racines irlandaises navigue quelque part à la croisée des chemins de Dropkick Murphys, Pogues et Dubliners, dont il reprend le fameux « Seven drunken nights ». Très vite le single « Drunken Lullabies » déclenche des pogos sur une bonne quinzaine de rangs, face au podium. Et quelques slams embraient ; ce qui complique le travail des photographes et de la sécurité en front stage. Dave King a l’art de mettre son public en poche. Rouquin, il distribue des bières ou complimente des fans pour leurs t-shirts, et notamment l’un d’entre eux qui arbore l’effigie de Bad Religion et un autre de Johnny Cash. Son épouse, Bridget Regan, se charge du violon ou de l’emblématique tin whistle. Chaque sonorité émise par cette flûte irlandaise vous incite à taper du pied, et tout particulièrement lors de la ballade « If I Ever Leave This World Alive ». On est rapidement plongés au sein d’une ambiance de grand pub ou de fest noz bretonne ; attaqué tambour battant, « Seven Deadly Sins », constituant le point d’orgue du set. Bien sûr, la prestation concède quelques moments plus faibles, notamment lorsque le bassiste décide de se consacrer au micro ; ce qui ne nuit pas pour autant à l’ambiance générale. On épinglera encore le light show ; et tout particulièrement lorsque les faisceaux lumineux de couleur verte se focalisent sur la foule occupée de danser, accentuant cette impression d’être plongé au sein d’une fête irlandaise. 

Il y a autant de monde à l’extérieur qu’à l’intérieur du chapiteau recouvrant la scène principale. Il faut dire que le soleil est généreux. Une marque de vodka qui sponsorise le festival a planté un château gonflable où jeunes, et moins jeunes, peuvent se défier.

Une petite scène est réservée aux Djs, une estrade sur laquelle va notamment se produire le Gantois Maxim Lany, qui s’est illustré en publiant l’album « Renaissance », paru sur le label Armada. Cependant, on est loin de l’atmosphère jeune et déjantée qui sévit au sein des festivals dit ‘branchés’…

A peine le temps de se rafraîchir, et Midnight Oil entame son show. Faut dire qu’entre deux artistes ou groupes, il ne faut que 20 minutes d’attente. Les fans du band aussie attendent ce moment depuis longtemps. Il faut d’ailleurs remonter à 1988, au Vooruit, et 1990, à Torhout/Werchter, pour trouver trace de sa présence en Belgique. En 1993, il participait encore à un mini-festival, au stade Grimonprez-Jooris, à Lille. Au cours des dernières années, il a de nouveau opéré quelques escales, en France, mais rien pour le pays des moules/frites. ‘It has been so long time’ clame Peter Garrett, à plusieurs reprises, pendant le concert. Qui commence en force par “Dead Heart ». La foule scande l’intro en chœur. Rob Hirst imprime énergiquement le tempo (NDR : il sera d’ailleurs soutenu tout au long du set) sur ses fûts. Peter s’avance lentement vers le micro. Du haut de ses 1m93, il est toujours aussi charismatique. Sa voix et son énergie sont demeurées intactes, malgré ses 66 balais. Les compositions non plus n’ont pas pris une ride, chaque musicien y participant activement, le saxophoniste apportant, en outre, une petite touche jazzyfiante. Des messages citoyens sont affichés sur un calicot en fond de scène, mais écrits en petits caractères, ils ne sont guère lisibles. On regrettera d’ailleurs le peu de déclarations émises par le leader, pourtant réputé pour son engagement politique. Il va simplement se contenter de lancer une petite pique à l’égard des USA sur « Blue sky mine », mais également rendre un hommage aux aborigènes (qu’il a défendu à travers les lyrics des morceaux de son album, « Diesel and dust »), avant d’aborder son tube « Beds are burning », dont le public reprend en chœur le ‘How do we sleep while our beds are burning ?’ du refrain, à haute voix. Un hymne australien inoxydable ! En fin de parcours le band nous livre encore un très punk « Forgotten years », avant de vider les lieux sous l’ovation générale de l’auditoire...

Setlist : « The Dead Heart », « Redneck Wonderland »,« King of the Mountain », « Truganini », « Blue Sky Mine », « Whoah » ,« My Country », « Short Memory », « Kosciusko », « Only the Strong», « Put Down That Weapon », « Beds Are Burning », « Forgotten Years »

Formation batave, Heideroosjes jouit d’une certaine notoriété au Nord du pays. Mais son punk un peu bourrin ne recueille pas les faveurs de votre serviteur.

Au cours de la nuit, le come-back (encore un) de Limp Bizkit avait vraiment de quoi réjouir la galerie. Mais en privilégiant les covers, alors qu’il compte sept elpee dans sa discographie, il a manqué sa cible. En outre, la fatigue commence à ronger les organismes. Et en rejoignant ses pénates, votre serviteur se ménage quelque peu pour le lendemain…

(Organisation : Rock Zottegem)

Flogging Molly + Maxim Lany + Midnight Oil + Heideroosjes + Lim Bizkit

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Cactus Festival 2019 : samedi 6 juillet

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L’édition 2019 du festival Cactus est une parfaite réussite en matière de fréquentation, puisque le festival a été décrété ‘sold out’, les trois jours. Si mes souvenirs sont bons, cette situation ne s’était jamais produite. Qu’importe, le soleil est au rendez-vous, mais on ne sera pas trop accablé par la chaleur quand même. Il va d’ailleurs pleuvoir entre 19 et 20 heures. Et puis il y a ces arbres qui vous permettent de vous protéger du soleil quand il tape trop fort. Un festival familial, convivial qui se déroule toujours au cœur du Minnewaterpark de Bruges.

Finaliste du Humo’s rock Rally, en 2012, Reena Riot a gravé son premier elpee, « Nix », l’an dernier. Drivée par la chanteuse Naomi Sijmons, la formation implique également des musiciens belges expérimentés. En l’occurrence le guitariste Jan Myny, le bassiste Alan Gevaert (dEUS, Chantal Acda, Trixie Whitley), le drummer Bernd Coene (Tiny Legs Tim) et le claviériste Thomas Werbrouck (Krankland, Little Trouble Kids). Si le band reconnaît le blues comme influence majeure, sa musique se distingue par ses lignes de guitare fragmentaires, déchirantes et mélodiques, alors que celles de la basse fédèrent l’ensemble. Enfin, lumineuse, la voix de Naomi Sjimons évoque parfois celle de Rachel Davies (Esben And The Witch)…

Programmer Rolling Blackouts Coastal Fever à 13h40, c’est un peu tôt dans la journée, et le peuple commence seulement à débarquer lorsque le quintet australien monte sur les planches. En juin 2018, le band avait accordé un remarquable concert à l’AB Club, avant de revenir dans le cadre du Pukkelpop. Presque une année vient de s’écouler et il est donc de retour sur le sol belge. Enfin, sur les planches du Cactus. Et le groupe n’a rien perdu de sa superbe, grâce à ces trois grattes qui échafaudent la musique sur un tempo bien enlevé. Des grattes bringuebalantes, tintinnabulantes qui se superposent et s’appuient sur une section rythmique basse/batterie, imparable. Ces deux musicos semblent constamment en osmose, le bassiste jouant souvent dos au public, face au drummer. Et puis on retrouve ces trois voix qui modulent les mélodies, des voix qui se succèdent ou se conjuguent en harmonie. La setlist va nous réserver les deux morceaux du nouveau single, « Read my mind », un titre qui s’adresse aux politiciens responsables ainsi que l’hymnique « In the capital », mais aussi 6 plages de l’album « Hope drums » et enfin 8 compos plus anciennes gravées sur des singles ou Eps. Cependant, le plus passionnant procède de cette capacité à développer les compos, en les sortant de leur carcan studio. On en aurait voulu davantage, mais à cette heure, difficile de jouer les prolongations. Juste après le set, Frank Keany et Joe White, sont venus à notre rencontre pour expliquer que le nouvel LP ne paraîtra que l’an prochain, au plus tôt. Le band est actuellement en tournée européenne ; aussi, s’il passe près de chez vous et que vous aimez les groupes à guitares, dans l’esprit du label Flying Nun, ne les manquez surtout pas.

Setlist : ‘Clean Slate’, ‘Julie’s place’, ‘Hammer’, ‘Sick Bug’, ‘Read my mind’, ‘In the capital’, ‘A/C Man’, ‘Bellarine’, ‘Exclusive grave’, ‘Sisters Jeans’, ‘Talking Straight’, ‘Mainland’, ‘Fountain’, ‘French Press’

La plaine est bien remplie lorsque Omar Souleyman grimpe sur l’estrade. Ce chanteur/poète syrien s’est exilé en Turquie, dès 2011, suite aux intenses combats, nés de la guerre civile. Habillé d’une djellaba de couleur blanche, coiffé d’une shemagh à carreaux rouges et chaussé de lunettes fumées, il est soutenu par un bidouilleur qui se sert de samples et d’une boîte à rythmes. Omar chante dans sa langue natale, mais le commun des mortels ne comprend pas un mot. Ce ne serait pas trop grave, si la musique respectait parfaitement la tradition du Moyen-Orient, en se servant de véritables instruments comme l’oud, la darbouka, le mendir, le zurna, le qanun et on en passe (NDR : et pourquoi pas le violon), ainsi que de vocalistes féminines qui poussent des youyous. Mais toutes les sonorités se limitent à des échantillonnages sans âme, imprimés sur du ‘tchack tchack boum’. Une grosse partie de la foule semble apprécier et danse sur cet ersatz de world, alors qu’Omar frappe des mains en cadence, mais sans trop se fatiguer. N’en jetez plus, la coupe est pleine…

Après une brève annonce de la présentatrice Kirsten Lemaire, Nic Balthazar, Michael Pas et un groupe de jeunes sont montés sur le podium pour transmettre un message à la foule, en lui demandant si elle acceptait de contribuer à un grand scoop. Elle a donc été invitée à participer à un ‘Clap for climate’ en faveur de Youth For Climate, l'organisation environnementale d'Anuna De Wever and co. L’événement fera l’objet d’un clip vidéo. Curieux de savoir quand il sera diffusé à la TV et de voir quelle incidence il pourra avoir sur la société.

La presse spécialisée belge est dithyrambique à l’égard de Whispering Sons, une formation limbourgeoise établie à Bruxelles, responsable d’un post punk ténébreux qui aurait certainement eu sa place au cours des eighties. Un combo qui a publié un excellent LP, en octobre dernier, « Image ». Chemisier blanc sur pantalon beige, qui contraste avec les vêtements de couleur noire des autres musicos, Fenne Kuppens, la chanteuse, ne tient pas en place tout au long du set. Elle s’agite même comme si elle était possédée. Si certaines sonorités de guitare semblent empruntées à Danse Society, le spectre de Sisters of Mercy plane régulièrement, la voix de Fenne semblant refouler sa colère, campant même le pendant féminin de celle d’Andrew Eldritch. L’ensemble ne manque certainement pas d’allure et les musicos remplissent parfaitement leur rôle, mais ils ne sortent que trop rarement d’une structure un peu trop linéaire au goût de votre serviteur. L’objectif est sans doute de préserver un climat sombre au set ; mais lors d’un festival, il est beaucoup plus difficile d’y entraîner un auditoire aux goûts éclectiques…    

Après s’être séparé pendant 16 longues années, Dead Man Ray s’est reformé. Il a publié un Ep puis, en avril dernier, un album elpee baptisé « Over ». Et dans la foulée, il est parti en tournée. Le line up réunit le guitariste Elko Blijweert, cheveux longs, casquette de base-ball enfoncée sur le crâne, qu’il enlève lorsqu’il se déchaîne sur ses cordes, le drummer Karel De Backer, deux claviéristes, dont Wouter Van Belle au moog et Herman Houbrechts, qui se charge probablement des parties de basse, le chanteur/guitariste Dann Stuyven et le gratteur Rudy Trouvé. Ex-dEUS et Kiss My Jazz, ce dernier s’installe sur la droite de biais, assis devant une sorte de petit clavier. Il se lève de temps à autre pour nous servir l’un ou l’autre commentaire, le plus souvent humoristique, mais surtout se charge de tous les petits bruitages, fonction qui reflète parfaitement son goût pour l’improvisation. Et il fume cigarette sur cigarette tout au long du set allumant même son briquet, comme lors des célébrations de masse, lors d’un titre plus hymnique. A contrario l’humour de Daan semble plus tôt cynique : il déclare ainsi : ‘Cela fait environ 20 ans que nous sommes venus ici et nous sommes heureux d’y être. Donc, pour notre prochain passage, nous attendons encore 20 ans…’ Entre mélodies romantiques et montées en crescendo chargées d’intensité électrique, les compos glissent parfois dans la discordance, une discordance cependant bien maîtrisée. Quant à la voix de baryton de Daan, elle se pose en toutes circonstances, parfois découpée par syllabes, rappelant souvent celle de Matt Berninger (The National), alors que de temps à autre, Karel assure les backing vocaux… en falsetto. Une prestation solide, chaleureusement applaudie par le public…   

Chan Marshall, alias Cat Power, embraie. Vêtue d’une longue robe noire, elle est soutenue par deux multi-instrumentistes. Une guitariste/drummeuse (Alianna Kalaba), aux traits asiatiques, et un bassiste/claviériste (Erik Paparazzi). Chan entame son set par « He turns down ». Elle a une superbe voix, chargée de feeling, qui rappelle Sinead O’Connor, mais cette voix semble si fragile. D’ailleurs, par prudence, elle avale quelques gorgées de thé, entre les morceaux. Il se met soudain à pleuvoir, pluie qui ne cessera plus jusqu’à la fin de son concert. Et elle s’en excuse. Elle chante aussi en se servant de deux micros, qu’elle tient en mains. Parfois on a l’impression qu’elle manque d’assurance ; ce qui rend son concert encore plus émouvant…

Une des têtes d’affiche de ce Festival Cactus était incontestablement Joe Jackson. Et il va le démontrer. Un décor en forme de rideaux en velours, comme au théâtre, est tiré en arrière-plan. Lumineux, il va régulièrement changer de couleur. Joe Jackson grimpe sur l’estrade, salue la foule et s’installe derrière son piano Roland AD-800. Elégant dans son costume bleu ciel, pâle, les cheveux blonds et luisants, il a le visage gonflé au botox. Bien qu’âgé de 65 balais, son talent est intact. En outre, il est soutenu par trois fameux musiciens. Tout d’abord son fidèle bassiste Graham Maby qui l’accompagne depuis plus de 40 ans, puis le batteur Doug Yowell et enfin le guitariste Teddy Kumpel, costard mauve et casquette bleue, cravate verte et souliers rouges à paillettes. Le set s’ouvre par « One more time » et va nous réserver de nombreux hits puisés au sein de sa large discographie, dont les refrains sont chantés –parfois en chœur– par les spectateurs, mais également des extraits de « Fool », son dernier opus, qui traite de la comédie et de la tragédie ; notamment le titre maître, qui passe en revue hip hop et rythmes latinos. Sans oublier la cover du « Rain » des Beatles. Ses interventions au piano qui oscillent entre jazz, classique, pop, rock et soul sont lumineuses. Un virtuose des ivoires ! Sa voix, oscillant du rocker cynique au crooner sophistiqué, est excellente. Et son backing group, irréprochable. Il souffle de la clavinet sur le ska/reggae « Sunday papers », en reproduisant quelques notes du « Gangsters » des Specials. A la fin de « Ode to joy », le groupe fait un arrêt sur image pendant 30’. Epatant ! Ce qui va valoir au quatuor une fameuse salve d’applaudissements de la part l’auditoire. Mérité, au vu également du solo de batterie exécuté par Doug, qui a alors démontré toute l’amplitude de son drumming.  Et après le plus punk « I am a man », reflet d’une époque où il était souvent en colère, Jackson et son le band vont nous accorder en rappel, l’incontournable « Steppin’ out »… Un remarquable concert !     

Setlist : ‘One More Time’, ‘Is She Really Going Out With Him?’, ‘Fabulously Absolute’, ‘Strange Land’, ‘Another World’, ‘Real Men’, ‘Rain’ (The Beatles cover), ‘Invisible Man’, ‘It's Different for Girls’, ‘Fool’, ‘Sunday Papers’, ‘You Can't Get What You Want (Till You Know What You Want)’, ‘Ode to Joy’, ‘I'm the Man’, ‘Steppin' Out’

Il revenait à Bloc Party de clôturer la soirée. Pas évident après un set tel que celui de Joe Jackson. Finalement on a eu droit à une prestation en dents de scie. La voix de Kele Okereke semblait manquer de maîtrise. Et était-ce une bonne idée de rejouer l’intégralité de son premier album, « Silent alarm », son magnum opus paru en 2005 ? Probablement pas ! Si les fans de la première heure ont chanté et apprécié, le set n’a pas répondu aux attentes. Kele a bien essayé de communiquer avec la foule, mais sans succès. Il chantait parfois trop doucement, ne finissant pas ses phrases et s'éloignait souvent trop vite de son micro, à tel point que certaines paroles n'étaient même plus perceptibles. Dommage, mais manifestement, au fil du temps ce Bloc Party s’est effrité…

A demain…

(Organisation : Cactus, Bruges)

Reena Riot + Rolling Blackouts Coastal Fever + Omar Souleyman + Whispering Sons + Dead Man Ray + Cat Power + Joe Jackson + Bloc Party

(Voir aussi notre section photos ici)

Cactus Festival 2019 : vendredi 5 juillet

Vendredi soir, vers 16 heures, les premiers spectateurs arrivent devant le Minnewaterpark et s'assoient tranquillement à l'entrée. Ils sont clairement impatients de pénétrer sur le site et regardent autour d’eux en affichant un bel enthousiasme. La musique résonne déjà dans les enceintes. On sera bientôt plongé dans l'atmosphère unique du Cactus. Une vingtaine de minutes plus tard, les écluses s’ouvrent sur le parc...

Votre serviteur décide d'aller explorer le coin ; et ce qui le frappe de suite, ce sont les magnifiques et uniques sculptures qui décorent le secteur dans un bel ensemble de chaleur et d'intimité. Il y a également de nombreux stands de nourriture, la piste de danse annexe et même un kiosque baptisé ‘Win For Life’. Cependant, le choix est rapide. Pas trop le temps de s’attarder au stand de la Loterie Nationale ; il est temps de partir à la découverte des nombreux groupes ou artistes qui vont se produire sur le podium…

Et puis à 17 heures Kirsten Lemaire, la présentatrice, monte sur l’estrade pour donner le coup d’envoi officiel de l’édition 2019 du festival Cactus…

On n’imagine pas le stress que doit vivre un artiste ou groupe qui ouvre un festival. Cette mission est dévolue à Eliza Doolittle et son équipe. D’origine londonienne, elle s’est lancée dans la musique très jeune. Mais elle a diamétralement changé de cap, l’an dernier, lors de la sortie de son dernier opus, « A Real Romantic ». Un disque publié en 2018 qui recèle de nombreuses compos baignant au sein d’un r&b teinté de jazz et dont elle va nous en proposer de larges extraits. Sur les planches, elle semble peu sûre d’elle, mais aussi un peu trop statique. Si "Was Looking" constitue le meilleur moment de son set, il faut avouer qu’il nous a laissés sur notre faim….

Faces on TV, c’est le projet de Jasper Maekelberg. Il s’est forgé sa notoriété comme producteur en bossant, notamment, pour Warhola, Tsar B, Soldier’s Heart et Jef Neve. Dès le début du concert, la formation libère une belle énergie à travers des compos allègres, souples et dansantes. Lorsque sa pop devient davantage psychédélique, on pense parfois à Balthazar, même si le style est totalement différent. Jasper chante, se sert de percus espiègles et souffle également dans un harmonica. Il prend même un bain de foule, lors du troisième titre. Bref, une prestation propice à la bonne humeur, dont on retiendra surtout les backing vocaux remarquables assurés par Dienne Bogaerts. Sans elle, le band n’aurait sans doute pas la même saveur. Elle pourrait d’ailleurs facilement se lancer dans un projet solo…

Par rapport à sa prestation accordée au festival, en 2013, Stefanie Callebaut semblait beaucoup plus confiante. Et pourtant, l’auditoire s’est montré bien moins enthousiaste. Une raison ? Des compos récentes qui ont dominé la setlist. D’ailleurs, le public est davantage séduit par son ancien répertoire. Parce que les nouveaux morceaux constituent une forme d’extension des anciennes. Donc, rien de neuf à l’horizon. Même que parfois, la voix de Stefanie rappelle celle de Lou Rhodes (Lamb). Un concert bien trop monotone pour convaincre…

Dix secondes, il n’a pas fallu plus de 10 secondes, pour que Goose fasse exploser la plaine du Minnewaterpark. Boosté par un light-show impressionnant, gavé de lasers et stroboscopes, le set a mis le souk au sein de la foule, qui manifestement avait envie de faire la fête. L’électro-rock hyper puissant, nourri aux guitares, percussions et synthés a littéralement fait mouche. Il y a bien eu un problème technique, rencontré par le bassiste, mais d’un bout à l’autre du show, Goose n’a montré aucun signe de faiblesse tout en parvenant à placer la barre très haut. Rester immobile était inconcevable, et la plupart des chansons ont été reprises à haute voix par les spectateurs. A la fin du concert, une question m’a traversé à l’esprit : Oscar & The Wolf était-il capable de faire mieux ?

Pour accueillir Oscar & The Wolf, le podium est bordé de grands draps blancs. Immaculés, même. Dès que le backing group monte sur l’estrade, une énorme ovation émane de la foule. Après une courte intro, Max Colombie débarque à son tour. Tant les titres les plus anciens, à l’instar de "Undress", issu de l’elpee  "Entity", que les nouveaux, dont "So Real", "Breathing" et "Runaway", qui figurent sur l’album "Infinity", sont interprétés sur un tempo soutenu. Les musicos sont particulièrement complices et Max ne manque pas d’esquisser ses rituels mouvements de danse. Un spectacle sexy, sensuel et propice au lâcher-prise, bien soutenu par un jeu de lumières tout aussi épatant que celui de Goose. Et cerise sur le gâteau, des canons vont propulser des confettis, pour couronner le show…  

(Organisation Cactus, Bruges)

Eliza + Faces on TV + SX + Goose + Oscar & The Wolf

(Voir aussi notre section photos ici)

Le Mystère Des Voix Bulgares

Innocent voices

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C'est en 1950 qu’un jeune assistant de direction d'une compagnie française d'import-export tombe sous le charme de la folk music issue de l'Europe de l'Est. Son nom, Marcel Cellier. Quelques mois plus tard il y retourne pour immortaliser les timbres magiques des instruments et des voix albanaises et bulgares. De nombreuses radios européennes portent un intérêt certain à ses expériences, et Cellier décroche plusieurs awards internationaux. Mais c'est en sélectionnant les plus belles voix de différentes chorales bulgares qu'il aborde son profil le plus ambitieux: celui du Mystère des voix Bulgares. Feu Frank Zappa et Peter Gabriel en étaient de fervents admirateurs, Kate Bush les avait invités pour enregistrer sur un de ses albums. Mais il faudra attendre le début des eighties, et l'avènement de la new wave, pour que ce phénomène devienne plus populaire. L'an dernier, les frères Volker, musiciens techno belges et adeptes de la house de Chicago, ont obtenu le feu vert de Cellier pour remixer des extraits des trois premiers albums du groupe, question de leur donner une dimension plus moderne. A vous de juger!

 

Solex

Amsterdam Showdown King Street Throwdown !

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Selon leur roman photos (disponible sur le Myspace de Solex), c’est au cours de l’année 2006 qu’Elisabeth Esselink, aka Solex, se rend dans sa boutique de vinyles favorite à la recherche de quelques morceaux à sampler. Fortuitement, la Dj amstellodamoise tombe sur un vieux 33 tours de Boss Hog. Le blues-rock du groupe new-yorkais, dont Jon Spencer (celui du Jon Spencer Blues Explosion) et sa femme Martina Cristina sont les deux figures emblématiques, frappe directement l’esprit de la Batave. Sans hésitation, elle décroche son téléphone afin d’exposer ses plans à Jon Spencer. Apparemment excité par l’idée, le vieux rocker répond par l’affirmative et propose que sa compagne l’accompagne dans l’aventure. Vous avez donc l’explication de cette association contre nature entre une simple Dj et un mythe du punk/blues yankee.

Une question me taraudait quand même l’esprit, une interrogation mêlée de crainte, mais également excitation : ‘quel serait le résultat de cette rencontre improbable ?’ Pas facile à imaginer ! Or à l’issue d’une première écoute, mes appréhensions ont été balayées. Car le résultat de cette expérience tient bien la route. Il est même parfois épatant. Solex imprime très souvent le rythme aux compos. Un tempo tour à tour funkysant (« Bon Bon ») ou soul (« Aapie »), mais qui progressivement vous imprègne pour en devenir hypnotique. Mr. Spencer apporte bien sûr toute son expérience à cette collaboration ; et nous réserve une petite perle intitulée « R Is For Ring-A-Ding », au cours de laquelle blues et funk se conjuguent sur une ligne de parole. Notre Néerlandaise a certainement dû en être soufflée. Et cerise sur le gâteau, Cristina Martinez vient régulièrement poser son timbre sensuel, sur les compos. Des moments particulièrement savoureux ! Alternant les climats, cet elpee privilégie les plages énergiques. Pas le temps donc de s’endormir, sur cette plaque.

Bref, Solex a réussi un pari particulièrement périlleux. Et Jon spencer, n’est bien sûr pas étranger à cette performance. Vivement une prochaine collaboration. Qui soit aussi surprenante. C’est tout ce qu’on souhaite !

Neil Young

Psychedelic Pills

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Après avoir commis un elpee consacré à des traditionnels américains (« Americana »), Neil Young et son illustre Crazy Horse ont donc décidé de graver une œuvre bien électrique. Le Loner et le trio Talbot/Molina/Sampedro nous ont même réservé un double elpee. Huit titres pour près de 90 minutes ! Et pour les fans du Canadien, c’est exactement l’album qu’ils attendent depuis longtemps. Oh, tout n’est pas parfait, mais on a droit à une bonne dose de grattes rugissantes, crépitantes, déchiquetées, expansives ; déchirées par la voix gémissante de Neil et soutenues par des chœurs hymniques. Classique ! Mais prenons un peu la peine d’analyser cette œuvre.

Elle s’ouvre par « Driftin’ back », une piste de 27’ qui s’ouvre par un léger grattage acoustique, avant de se lancer dans une jam électrique sinueuse et un peu gratuite. Le genre de compo qui ferait un malheur sur les planches. Sur disque, ça fait un peu bois de rallonge… « Ramada Inn » dure 16’50. Chargée de feeling, c’est une des meilleures plages de l’elpee. Quant aux lyrics, ils traitent de la vie commune qu’il partage avec son épouse, Peg. De leur amour. Des bons et moins bons moments rencontrés dans leur couple. Du refuge qu’ils ont parfois cherché dans la boisson, pour surmonter les difficultés de l’existence. Le troisième plus long morceau s’étale sur 16’20. Empreint de nostalgie, il s’intitule « Walk like a giant ». En fait, il revient sur le rêve hippie. Cette génération ‘Woodstock’ qui allait sauver le monde. Mais dont l’objectif n’a jamais été atteint. Une plage épique caractérisée par des sifflotements guillerets et surtout contagieux. A tel point qu’au bout de quelques minutes on se met instinctivement à siffloter avec lui. Le titre maître bénéficie de deux versions. Particulièrement soumise à la distorsion, la première me fait penser à Hawkwind. Mais en plus light. La seconde figure en morceau caché. Plus percutante, elle lorgne quelque part vers « Cinnnamon girl ». Sur « Twisted road », Neil nous parle encore de son passé. De Dylan, du Band et de Grateful Dead. Ses idoles. Passé qu’il évoque également sur « Born in Ontario », compo americana au cours de laquelle, il nous réserve un arrangement d’orgue dont il a le secret. Ballade sentimentale semi-acoustique, « For the love of man » est dédié à son fils handicapé. Et sur cet opus, figure un titre absolument remarquable, « She’s always dacing ». Le tempo est offensif. La mélodie irrésistible. Les chœurs magiques. Les ‘six cordes’ croisent le fer. Certains médias l’ont déjà comparé à « Like a hurricane ». Votre serviteur pense plutôt à l’album « Everybody knows this is nowhere », et à « Cowgirl in the sand », en particulier. Une chose est sûre, en écoutant cette compo, on ferme les yeux, et des frissons vous traversent l’âme…

 

Neil Young

Year of the horse

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On se souvient encore des deux fabuleux sets que Neil a accordés en Belgique. L'an dernier, tout d'abord, à Torhout, en compagnie de son inévitable Crazy Horse. Et puis surtout en 95, dans le cadre du 10ème anniversaire du Pukkelpop, flanqué des musiciens de Pearl Jam. Il devrait, à nouveau nous revenir en automne prochain, pour un concert, prévu, à l'origine, en juin dernier. Neil avait alors dû annuler sa tournée européenne, après s'être ouvert la main, en voulant ouvrir un sandwich. En attendant, on se contentera de ce double album enregistré en public. Pas de standards issus de son répertoire, mais uniquement des compositions extraites de ses deux derniers albums, ainsi que quatre titres destinés à sonoriser un documentaire cinématographique de Jim Jarmusch : " Barstool blues ", " Big time ", " Sedan delivery " et " Slip away ". Bien sûr, ici dans des versions ‘live’. On reprochera peut-être à ce " Year of the horse ", la longueur, parfois excessive des morceaux. Mais dans l'ensemble, ce double elpee ne manque pas d'allure...

 

Neil Young

Paradox

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« Paradox » constitue la bande originale du film du même nom, réalisé par la compagne de Neil Young, l’actrice Darryl Hannah. Un western tourné dans les Rocheuses, au Canada et aux States, au cours duquel le Canadien et les musiciens de Promise of The Real jouent le rôle de cow-boys plongés dans une aventure futuriste et surtout farfelue.

Il s’agit cependant du troisième LP pour lequel le Canadien a reçu le concours de cette formation, au sein de laquelle figurent les fils de Willie Nelson. Sur les 21 plages de ce long playing, figurent de nombreux interludes, parfois de quelques secondes, qui ont également servi à la B.O. de ce moyen métrage (NDR : 1h13). L’opus alterne morceaux acoustiques et électriques. Il y a même un extrait de 46’, réservé au « Happy together » des Turtles, chanté quasi-a cappella, si on ne tient pas compte des sifflotements et des quelques accords de banjo. D’ailleurs, de nombreux titres semblent avoir été enregistrés atour d’un feu de camp.

On va donc ce pencher sur la quintessence de cet opus. Côté ‘unplugged’, on épinglera une version épurée de « Show me », une plage issue de « Peace trail », qui aurait pu figurer sur l’album « Harvest ». Puis le titre maître de cet opus susvisé, interprété à l’orgue à soufflets. Tout comme le crépusculaire « Pocahontas ». Lukas, le fils de Willie, se consacre au micro sur quelques morceaux, dont le blues « How long » et « Diggin’ in the dirt » composé par Neil et les deux fistons du légendaire octogénaire. Face électrique, l’elpee recèle une adaptation de « Cowgirl in the sand » (« Everybody knows this is nowhere ») rebaptisée pour la circonstance « Cowgirl jam ». Dix minutes instrumentales, chargées d’intensité crazyhorsienne. Dommage, que la voix du Canadien soit totalement absente. Puis deux pistes imprimées sur un tempo tribal, amérindien, soit « Hey » et encore un blues intitulé « Running to the silver eagle ».

Bref, en tirant dans toutes le directions, Neil et sa bande n’ont blessé personne. C’était du cinéma ! D’ailleurs en final, caractérisé par sa jolie mélodie et ses arrangements à la Walt Disney, « Tumblewood » pourrait servir à la bande originale d’un dessin animé pour enfants. Un autre paradoxe !

 

W-Fest 2019: la grand-messe de la new-wave

Le décompte a commencé! C'est dans 6 petites semaines qu'aura lieu le W-Festival (W-Fest)! L’édition 2019 ne se déroulera plus à Amougies, mais à l’Expo de Waregem, pour une programmation qui se sera toujours focalisée sur la new-wave, la cold-wave, la darkwave, la synthpop et l’EBM. A l’affiche se produiront, notamment, le 15 août, The Blow Monkeys, Cassandra Complex, Echo & The Bunnymen et The Stranglers, le 16 août, Nik Kershaw, Tony Hadley, Siglo XX, Howard Jones et Allez Allez, le 17 août Lene Lovich Band, Human League, Killing Joke et Nitzer Ebb, et enfin, le 18 août, China Crisis, Jimmy Sommerville, Red Zebra et New Model Army.

Pour consulter la programmation complète et pour commander vos tickets: http://www.w-festival.com

Ici New Model Army !

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Au sein du line up originel de New Model Army, il ne reste plus que le chanteur, guitariste et harmoniciste Justin Sullivan. Mais malgré les nombreux changements de musicos, le combo compte toujours une importante cohorte d’aficionados. Son nouvel elpee, « From here », sortira ce 23 août.  En attendant, il nous révèle un premier extrait, "End of days", paru en single et doublé d’une vidéo, ici

“From Here” a été enregistré début de cette année sur la petite île norvégienne de Giske au sein du studio Ocean Sound et reflète l'isolement spectaculaire de cet environnement, mais transmet de profonds messages sur le monde dans lequel nous vivons.

Pour Moon Duo, la danse est au cœur d’un vaste réseau qui relie le corps aux étoiles…

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« Stars Are The Light », c’est le titre du septième album de Moon Duo, un opus dont les compos évoquent l’expérience humaine à travers l’amour, le changement, l’incompréhension, les luttes internes, la joie, la misère, l’aliénation, la discorde et l’harmonie, interprétées comme des danses, à la fois avec les autres existences et la danse éternelle du cosmos.

Sonic Boom (Spacemen 3, Spectrum) s’est chargé du mixage de cette œuvre influencée par le disco, un style que le groupe considère avant tout comme une musique de danse sans fin des corps dans la nature.

Pour écouter « Stars of the light”, le titre maître de cet LP, c’est ici

 

L’histoire se répète pour Brittany Howard

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Chanteuse et guitariste principale chez Alabama Shakes, Britanny Howard publiera son premier album solo, « Jaime », le 20 septembre. En attendant le titre « History Repeats » est disponible ici. Lors des sessions d’enregistrement, elle notamment reçu le concours du bassiste Zab Cockrell d'Alabama Shakes, du claviériste de jazz Robert Glasper et du batteur Nate Smith. En recherche de créativité, l’artiste a déclaré : ‘Pour moi, il n'y a pas de temps libre ; je suis une personne créative et j'ai besoin de créer ou je me sens juste bizarre, pas complètement humaine…’

Tracklisting

    History Repeats
    He Loves Me
    Georgia
    Stay High
    Tomorrow
    Short and Sweet
    13th Century Metal
    Baby
    Goat Head
    Presence
    Run To Me

Dr John

Dr John vient de signer son propre acte de décès…

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Malcolm John Rebennack, alias Dr John, encore surnommé the Night Tripper, est décédé d'une crise cardiaque ce 6 juin. Il était âgé de 77 ans. Il était déjà entré dans la légende de son vivant. Il avait débuté comme guitariste mais après s’être blessé à l’index, suite à une bagarre, il s’était recyclé aux claviers. C’est donc comme pianiste qu’il va devenir une figure marquante de la cité musicale de la Nouvelle-Orléans.

Vers 13 ans, Rebennack avait rencontré le professeur Longhair. Impressionné par le look flamboyant et le style musical du professeur, il commence à jouer avec lui et entame sa carrière comme musicien professionnel

Il était profondément imprégné de sa Louisiane natale dont il avait cultivé les styles musicaux, le blues, le jazz, le funk, le zydeco, le boogie woogie, sans oublier la culture vaudou et la célébration du Mardi Gras. Il avait une voix de fausset rauque, très caractéristique.   

Au cours de sa longue carrière il a exploré diverses facettes du rock’n’roll, et en particulier le psychédélisme. Il avait aussi souvent rencontré des problèmes à cause de l'usage de stupéfiants. Une période sise entre la fin des sixties et le début des seventies, durant laquelle, il avait gravé ses premiers albums, devenus légendaires, comme "Gris Gris", "Remedies" ou encore "Sun, Moon & Herbs". Il atteindra le sommet de son art à travers les opus "Gumbo", en 1972, et "In the right place", en 1973, un disque qui recèle son énorme hit "Right place, wrong time".

Il laisse une importante discographie, à la fois comme musicien, compositeur et producteur. Dr John avait été intronisé au Rock'n'roll Hall of Fame.

RIP