La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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The Lemonheads

Varshons II

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Figure culte de la scène indie des années 90, statut décroché lors de la sortie de son premier elpee, « It’s A Shame About Ray », Evan Dando (seul membre permanent depuis les débuts de Lemonheads) avait un peu disparu des radars, malgré la reformation de son band, en 2005… « Varshons II » fait suite à « Varshons », un LP paru en 2009, également consacré à des reprises. Essentiellement downtempo et acoustique, cette série de relectures navigue allègrement entre le folk de Lucinda Williams (« Abandoned ») et le répertoire de Paul Westerberg, en passant par le punk de The Eyes (« TAQN ») et même le reggae, à l’instar d’« Unfamiliar », un morceau signé par le très méconnu GiveGoods. Le géant (1m92 tout de même !) vétéran américain ose même s’attaquer à Nick Cave (« Straight to You ») ! Dans son style et avec style, Evan Dando nous réserve une belle collection de covers maîtrisée et plaisante, pas si anecdotique qu’il n’y paraît et qui devrait plaire aux nostalgiques des sonorités issues des 90’s et instituées, notamment, par Dinosaur Jr…

Carla Dal Forno

Un merveilleux voyage onirique…

Carla dal Forno est chanteuse, compositrice et multi-instrumentiste. De nationalité australienne elle vit pour l’instant à Berlin. Révélée à l’automne 2016 par son album « You Know What It’s Like », sorti sur le label label Blackest Ever Black, elle propose une musique inclassable, un ‘omni’ (objet musical non-identifié) naviguant entre psychedelic folk, new-wave, trip-hop et lo-fi. Ce soir, l'artiste est venue présenter son deuxième elpee, « Look Up Sharp », paru sur son propre label, Kallista. Grâce à son atmosphère intimiste, La Rotonde du Bota constitue l'écrin idéal pour cette musique à la beauté fragile.

Mais avant de découvrir Carla, les programmateurs du Botanique nous réservent, une fois de plus, une belle surprise. En l’occurrence Daisy Darkpark qui ouvre le bal. Comme pour entretenir le mystère, on ne dispose d'aucune information sur le projet. On sait juste qu’il est belge. Sur le podium, seule derrière la table où sont alignées ses machines, une jeune chanteuse et musicienne développe ses ambiances sombres et ses beats hypnotiques. Le style est original : une musique dark-ambient, électronique et expérimentale, sur laquelle l'artiste vient placer des phrases tantôt parlées, tantôt chantées, le tout entrecoupé de petits cris façon Björk. On est emporté au sein d’un univers sonore post-industriel, rappelant ‘Blade Runner’, que célèbre une prêtresse mutante aux cheveux noirs bouclés, lovée dans une tunique deux-pièces blanche et futuriste. Le dernier morceau du set se détache clairement : plus mélodique, il évoque un Dead Can Dance post-apocalyptique. Complètement tripant ! Après le concert, nous avons pu rencontrer l'artiste et glaner quelques informations. Derrière Daisy Darkpark se cache, en fait, une jeune musicienne et artiste louvaniste, Femke. Elle n'a pas encore gravé de disque, se limitant jusqu'à présent à quelques publications sur Soundcloud mais elle prépare un premier album, dont elle a joué une partie des tracks lors du concert. Le dernier titre de sa setlist, « Felsic Vein » est épatant ! Une composition inspirée par un site majestueux qu'elle a visité en Chine et a provoqué chez elle une révélation quasi-chamanique. Il n'en faut pas plus pour attiser notre intérêt. On attend donc impatiemment ce premier release ! En tout cas, on a eu une belle révélation et, de surcroît, vécu une rencontre avec une artiste unique, hyperdouée et terriblement attachante. 

Toujours un peu perchés grâce à Daisy Darkpark, nous sommes dans l'état idéal pour nous plonger dans la musique vaporeuse de Carla Dal Forno. Accompagnée d'un seul musicien, un ‘synth-wizard’, l'artiste australienne pénètre discrètement sur le podium et tout, dans son look et son attitude, respire la simplicité. Habillée d'un pantalon et d'un pull noirs, elle apparaît comme dans ses clips : belle, douce, timide et mystérieuse. Arborant un sourire un peu mélancolique, elle entame son set par « Don't Follow Me » et le très beau « What You Gonna Do Now ? ». Par rapport à ses précédentes prestations en Belgique, l'interprétation en 'live' de ses morceaux est beaucoup plus fidèle aux versions originales. On regrette seulement la présence trop envahissante, par moments, des effets sonores produits par les synthés modulaires, qui flirtent par trop avec Monsieur Larsen. On remarque également quelques problèmes de justesse, surtout lorsque la chanteuse s'accompagne à la basse. Mais hormis ces petits détails, le spectacle est captivant et d’une grande beauté. Les références sont multiples : The Cure, période « Faith », Virginia Astley, Brian Eno, Tropic of Cancer, Dead Can Dance, Anika, Bat For Lashes, Soko ou Angel Olsen. On est fasciné par la beauté de « No Trace » et, surtout, « So Much Better », que la chanteuse ponctue par un ‘Shout out to my ex !’ très explicite... La setlist nous réserve deux reprises, « Blue Morning » de The Kiwi Animal et « Lay Me Down » de Renée. Mais ce sont surtout « Clusters » et « Took A Long Time » qui provoquent le plus de réactions au cœur d’un public resté jusque-là très silencieux. Sur ces compos envoûtantes, Carla se déhanche lentement, en affichant cette sensualité discrète qui la singularise. Un pur moment de bonheur... qui est malheureusement de courte durée car 45 minutes seulement après être montée sur les planches, la belle nous abandonne lâchement. Et l'absence de rappel s'ajoute alors à ce sentiment de trop peu. Mais ne dit-on pas qu'il vaut mieux un concert court et prenant qu'une longue prestation sans couleurs ? Ne boudons pas notre plaisir et remercions Carla Dal Forno pour ce merveilleux voyage onirique.

(Organisation : Botanique)

Photo : Samual Davidson

TR/ST

TR/ST, c'est loin d’être TRiSTe...

TR/ST, à ne pas confondre avec le groupe français Trust, est un projet créé en 2009 par Robert Hiley (alias Robert Alfons) et Maya Postepski (alors drummeuse au sein d'Austra). Sur son premier album –un éponyme– le duo canadien tissait une electro sombre et sensuelle. Le deuxième opus, « Joyland », coïncide avec le départ de Maya Postepski, désormais orpheline d'Austra et active en solo sous le patronyme de Princess Century. Cette année, Alfons opère son grand retour pour présenter « The Destroyer 1 et 2 », un elpee diptyque résolument sombre et mélancolique. Maya Postepski y fait son come-back, participant à la composition et à la production de plusieurs tracks. Quel plaisir de retrouver la machine à sudation infernale toujours habitée par le même leitmotiv : la danse. Ayant, par le passé, essuyé les planches du DNA, de l'AB Club et du Brass, TR/ST revient ce soir à Bruxelles par la grande porte. Et c'est une salle de l'Orangerie quasi-complète qui est prête à l'accueillir chaleureusement. 

En lever de rideau, la première partie nous réserve d'emblée une très belle découverte : Ela Minus. De son véritable nom Gabriela Jimeno , cette jeune Colombienne établie aux USA, est une véritable magicienne des synthés. Et pour cause, elle les assemble elle-même. Excusez du peu ! Après une longue introduction instrumentale, elle entre dans le vif du sujet. Electro minimaliste, très 'groovy', sa musique évolue quelque part entre celles d'Austra, de Marie Davidson et de The Knife/Fever Ray ; et elle va littéralement fasciner l’auditoire du Bota. Récemment signée par Domino, le label qui héberge Austra, la belle va publier son premier LP l'année prochaine. Retenez son nom !

La température monte immédiatement d'un cran lorsque Robert Alfons apparaît sur les planches. Affichant un look longiligne et félin, adoptant des poses lascives et dévoilant un beau minois, ce musicien est devenu une icône de la communauté LGBT, qui est présente en masse ce soir. Dès les premières notes de « Candy Wall », on comprend que le concert va être très chaud. Musicalement, TR/ST occupe une place à part : c'est de la synthpop très mélodique mais avec une dimension dance, clubbing très prononcée. On pense évidemment à Austra et à Crystal Castles, également issus de Toronto, mais la comparaison peut également inclure les Pet Shop Boys, voire même Coldplay (le morceau « The Destroyer »). « Dressed For Space », extrait du premier long playing, convainc également grâce à sa pulsation disco irrésistible. Pendant « Grouch », le beau Robert tombe sa veste en vinyle et passe à la vitesse supérieure. Visiblement très en forme, il virevolte tel un lapin en rut et sa voix miaule délicieusement. Sur le podium, il est flanqué d'une claviériste, qui semble surtout chargée de vérifier que les séquences préprogrammées soient exécutées correctement par les machines, et d'une batteuse, efficace mais loin d'avoir la finesse technique et l'aura de l'incomparable Maya. Résidente à Bruxelles, cette dernière n'est malheureusement pas présente ce soir, eu égard à ses engagements avec Peaches, à Berlin.

Après la plage titulaire du dernier album, TR/ST entame ensuite une irrésistible montée en puissance, grâce à une version alternative de « Iris » et, surtout, à deux bombes atomiques : « Shoom » et « Bulbform ». La tension est à son comble et Alfons prend congé de la foule, à l'issue d'un « Peer Pressure » émouvant.

Trois titres seront dispensés lors de l’encore : tout d'abord « Unbleached », qui a été déplacé vers le rappel par rapport à la setlist prévue et, pour clore en beauté, « Colossal », une compo qui porte bien son nom ainsi que le petit bijou : « Sulk », qui achève la prestation, et surtout les fans épuisés par 80 minutes de danse non-stop.

Oui, on peut le dire : TR/ST, c'est loin d’être TriSTe… enfin, mention spéciale aux deux ingénieurs du son de la soirée : Elsa Grelot et Guy Tournay.

(Organisation : Botanique)

Photo : @petrafcollins

Sigrid

Une véritable bombe énergétique

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Sigrid Solbakk Raabe a choisi pour nom de scène Sigrid. Agée aujourd’hui de 22 printemps, cette jolie Norvégienne a décroché deux énormes hits, en 2017, grâce à ses singles « Don't Kill My Vibe » et « Strangers ». En janvier 2018, elle a remporté le prix ‘The Sound of’ de la BBC. En outre, à ce jour, elle a publié deux Eps (« Don’t Kill My Vibe » en 2017 et « Raw » en 2018) et un premier elpee, « Sucker punch », en mars dernier.

C’est la cinquième fois en deux ans que Sigrid se produit en Belgique. Et au fil des concerts, le public est de plus en plus nombreux. Ce soir, la salle est d’ailleurs presque sold out.

Ider assure le supporting act. Issu du Nord de Londres, ce duo est soutenu en ‘live’ par un batteur. Féminine, la paire réunit Megan Markwick et Lily Somerville, qui se consacrent aux claviers et aux guitares. Le drumming est à la fois technique et métronomique. La musique baigne au sein d’une forme d’électro/pop contemplative enrichie par les harmonies vocales dépouillées, atmosphériques et mélancoliques échangées par les filles. La formation va nous proposer des extraits de son dernier elpee, « Emotional Education, paru en juillet 2019. Au fil du temps, ces superbes harmonies et ces arrangements soignés deviennent de plus en plus captivants. A un tel point que lorsque le set, de trop courte durée, s’achève, on reste sur sa faim. Le band se produira ce 1er février 2020 au Trix à Anvers.  

Setlist : « King Ruby », « Whole Life », « Swim», « Body Love/NSOM », « Saddest Generation », « Wu Baby », « Mirror ».

Une estrade à 2 étages supporte un matos conséquent. Sigrid est vêtue, tout simplement et comme son public –surtout féminin– issu de la même génération :  jeans, baskets et tee-shirt de couleur blanche. Elle est soutenue par un préposé aux pads électroniques, deux gratteurs, dont un double aux claviers et une choriste à la voix puissante et haut-perchée. 

Dans la fosse on remarque la présence de nombreux drapeaux norvégiens. Particulièrement interactive, Sigrid interpelle son public, tant celui des premiers rangs que des deux balcons ou du reste de la salle. Et il est également participatif, reprenant les refrains en chœur. Elle va ainsi enfiler dix-huit titres d’une manière naturelle en ne s’accordant que très peu de temps de répit entre les différentes chansons. Une véritable bombe énergétique ! D’ailleurs, romantique, « In vain » s’achève de manière explosive. Pendant « Plot Twist », elle parcourt la scène de long en large. Mouvement qu’elle va répéter tout au long du concert. Résultat, la majorité du temps, la foule danse. Bénéficiant d’un light show très efficace, Sigrid est parvenue littéralement à mettre l’auditoire dans sa poche. Mais c’est aux deux-tiers du parcours que l’émotion atteindra son comble, lors de deux morceaux qu’elle va chanter seule en s’accompagnant aux claviers. Elle manque son intro de « Dynamite » ; ce qui rend finalement l’artiste humaine. En outre, elle remplit l’auditoire d’ambiance positive tout au long de « Home to you ». Pas de rappel ! En quittant les planches, Sigrid semblait ravie. Et le public aussi...

Setlist : « Mine Right Now », « In Vain », « Schedules », « Plot Twist », « Raw », « Sight Of You »  « Don’t Kill My Vibe », « Level Up », « High Five », Fake Friends », « Business Dinners », « Sucker Sunch », « Dynamite », « Home  To You », « Basic », « Never Mine », « Strangers », « Don’t Feel Like Crying ». 

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Nation)

La Grande Sophie

Cet instant

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« Cet instant » constitue une œuvre tout simplement magique et magnifique à la fois ; et elle devrait assurément combler les aficionados de la Grande Sophie. Mais également les autres mélomanes…

Pour ce huitième opus, Miss Huriaux emprunte une emphase incantatoire où le temps reste l’axe central (« Une vie », « Hier », « Nous étions »). Celui qui passe, ronge, (s)’explique. Elle dépeint des instants de vie dans lesquels chacun y trouvera son compte. L’écoute dématérialise la conscience humaine et aborde une réflexion à laquelle on ne peut rester indifférent.

Tout va vite, beaucoup trop vite. Si l’exercice est à considérer comme un polaroïd de notre époque irrémédiablement brouillée, la dame n’en explore pas pour autant les travers nostalgiques.

Elle aborde cette thématique avec une neutralité toute relative et un positivisme qui sent bon la joie de vivre. Ses compositions, si elles peuvent être consensuelles, se posent sur des rythmes qui peuvent également se révéler aussi sacrément endiablés (« Missive », « Tu ne me reconnais pas »).

La prise de risque est évidente et à cinquante berges, la demoiselle livre là un bel hommage à cette notion clé dans l’existence humaine. Un essai qui lui va à ravir et dont elle devrait s’inspirer encore.

D’autant plus que c’est au piano que les morceaux ont été composés et construits, alors que la guitare reste son instrument de prédilection.

Et même si l’approche des arrangements s’avère contemporaine, ses chansons conservent une authenticité quasi-candide.

Enfin, cette voix à la fois personnelle et passe-partout fait d’elle l’artiste très populaire qu’elle est devenue.

Cette Sophie a vraiment tout d’une grande !

Squid

Town Centre (Ep)

Écrit par

Premier Ep pour Squid, un quintet issu de Brighton drivé par le chanteur/drummer Ollie Judge. Son style ? Capricieux ou joyeux, mais aussi envoûtant et frénétique, voire atmosphérique et tentaculaire (?!?!?), puisant ses sources aussi bien dans le post punk, le jazz, la soul que le funk blanc. Découpé en quatre plages et produit par Dan Carey (Black Midi, Fontaine D.C.), ce disque s’ouvre par un titre instrumental, atmosphérique, vaporeux même, limité aux cordes, percus, effets de distorsion et traversé par une intervention à la trompette. Une trompette utilisée dans un style free jazz réminiscent de Miles Davies. Ou alors de Steven Brown (Tuxedo Moon), à l’instar de « Match bet », une compo davantage propulsive que chante Ollie d’une voix presque déclamatoire, parfois frénétique (NDR : le tout compensé par des harmonies vocales paisibles), évoquant tour à tour feu Mark E. Smith (The Fall), David Byrne (Talking Heads) ou encore Fred Schneider (B52’s). Tout comme sur le plus dansant « The Cleaner », un morceau plutôt disco/funk. Et ce cuivre traverse également « Rodeo », une piste au climat oriental presque cinématique que rejoint un violon grinçant et qu’imprime une boîte à rythmes digne d’un bontempi vintage. On attend l’album avec impatience…

Stephan Eicher

Homeless Songs

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L’année 2019 a été prolifique pour Eicher. D’abord, il a publié « Hüh ! », un album consacré aux reprises de ses chansons sous un angle audacieux. Ensuite, il a gravé un huitième exercice original, sobrement intitulé « Homeless Songs ».

C’est donc un Stephan plein de peps que l’on retrouve aujourd’hui, laissant loin derrière lui les problèmes juridiques qu’il a rencontrés avec sa maison de disques. Sans oublier les ennuis de santé auxquels il a dû faire face.

Il y a 7 longues années que l’artiste n’avait plus publié d’elpee réunissant de nouvelles compos. Des compos qui figurent sur cet essai aux allures libres et sauvages…

Empreint d’une pointe de mélancolie, les chansons embrassent une large palette d’émotions sur un laps de temps parfois très court, à l’instar de « Broken » (43 secondes seulement) ou très long (plus de 6 minutes pour « Niene dehei »). Des morceaux qui adoptent tour à tour un profil folk, dépouillé ou au contraire savamment orchestré (« Wie Einem Der Gewissheit Hat »).

L’artiste bernois jongle une nouvelle fois entre les idiomes –anglais, suisse ou allemand– qu’il maîtrise à merveille en y apportant cette petite pointe d’accent fébrile qui le rend unique et très attachant.

Son comparse de toujours, Philippe Djian, lui offre à nouveau fois cette plume particulière qui sublime cette voix grave, chaude et éraillée reconnaissable entre toutes.

L’artwork représente une femme que l’on devine plus que l’on ne distingue. « Homeless Songs » en est l’allégorie. Il faut du temps pour en cerner tous les charmes avant de l’apprivoiser.

Proche de la soixantaine, Stephan respecte la ligne artistique qu’il s’est fixée depuis quelque temps. Son LP ne recèle pas de morceaux nécessairement ‘tubesques’ (si l’on excepte « La fête est finie » en compagnie d’Axelle Red et Miossec qui pourrait faire l’effet d’une bombe), mais s’écoute comme s’il avait été posé dans un écrin de velours.

Enfin, il semble avoir retrouvé une certaine sérénité et va pouvoir maintenant réellement déjeuner en paix…

Jeanne Cherhal

L’An 40

Écrit par

Alors qu’elle affiche à peine 41 balais, Jeanne Cherhal compte pourtant à son actif deux décennies d’une carrière très riche.

Pour ce passage à la quarantaine, l’artiste a senti le besoin de s’exprimer sur le prisme de sa vie en réalisant un album de chanson française dont la source d’inspiration a été puisée à la fois dans la Drôme, en Auvergne ou même à la Réunion.

« L’An 40 », sixième du nom, est la résultante d’un patchwork posé sur un lit de piano/voix à la cambrure poétique au cours duquel les arrangements subtils et royalement orchestrés épousent une tessiture de voix addictive et apaisante.

Enregistrées entre Paris et Los Angeles, les compositions décrivent le temps qui passe et sont joyeusement, circonstanciellement et judicieusement colorées de cuivres ou d’une chorale gospel (« Racines d’or »).

Entre la naissance (César relate sa césarienne) et la mort (un hommage vibrant à Jacques Higelin), il n’y a qu’un pas que Cherhal ose pourtant franchir pour se concentrer sur les émotions en s’émancipant même sans fausse pudeur lors d’un « Soixante-neuf » qui évoque une pratique sexuelle sans la moindre équivoque.

Jeanne a décidemment plusieurs cordes à son arc !

The Mountain Goats

In League with Dragons

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Hormis la voix nasillarde si reconnaissable et particulière de son chanteur Jeff Darnielle, il est parfois difficile de suivre The Mountain Goats, car sa musique part un peu dans tous les sens… et ce depuis ses débuts discographiques, en 1994. Entre un magnifique album consacré au catch (« Beat the Champ »), un autre à la culture gothique (« Goth ») ou encore dédié à sa ville de Portland (« We Shall All Be Healed »), cette formation a décidé de s’inspirer des légendes de ‘Donjons & Dragons’ pour enregistrer son 17ème elpee, en osant une comparaison entre les sorciers déchus et les athlètes rincés (« Doc Gooden ») ou les rockeurs vidés (Ozzy Osbourne sur « Passiac 1975 ») après avoir accompli de longues carrières… Rien que ça ! Libre comme jamais, le groupe s’offre, en outre, Owen Pallett pour orchestrer ses morceaux d’obédience country-folk. Pour un résultat assez bluffant. Entre les immédiats « Done Bleeding » et « Passaic 1975 », on épinglera néanmoins les interventions de pedal steel sur « Younger » et les magnifiques chœurs de « Clemency for the Wizard King ». The Mountain Goats n’avait plus affiché une telle forme depuis longtemps !

Mes Souliers Sont Rouges

Ce qui nous lie

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Une chose est certaine, après avoir écouté un album de Mes souliers sont rouges, pas question de broyer du noir !

Née en 1991, la formation originaire de Caen s’est autorisé quelques parenthèses. A l’origine branchée sur la musique traditionnelle française et plus particulièrement normande, elle s’est ensuite orientée vers la variété hexagonale, avant de revenir aux fondamentaux.

 « Ce qui nous lie », 7ème du nom, n’échappe pas à cette règle intangible. Faire d’un disque une parabole de chansons à la fois drôles et intransigeantes.

Parce que le secret de la formation procède de sa recherche de compos hautement symboliques tout en conservant une certaine indépendance vis-à-vis des styles.

Après avoir écoulé 250 000 albums et accordé 75 dates de concerts qui ont accueilli au moins 120 000 personnes, les joyeux drilles caennais revendiquent aujourd’hui tantôt une filiation québécoise ou irlandaise. Cependant, ils n’en oublient pas pour autant leur culture profonde en se servant d’une syntaxe qui sent bon la fraîcheur des marées et la bise poétique surannée.

Grâce à des chansons allègres imprimées sur des rythmes frénétiques, ces drôles de godasses narguent les côtes maritimes et affichent une diversité où se mélangent avec enthousiasme, guitares, violons, accordéons et flûtes enchanteresses.

Finalement, composer une musique colorée, inspirée, mais surtout qui se reflète dans un arc-en-ciel de bonheur, c’est ce que ce combo fait de mieux…

Laurent Voulzy explore les méandres des églises et des cathédrales !

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J’aime aller dans les églises et les cathédrales, surtout quand il y a peu de monde, ou même personne, dans ce silence habité, où les bruits de l’extérieur qu’on entend parfois semblent irréels.

On franchit le porche, et on est hors du temps, entre ciel et terre.

Plantés là, au milieu des villes et des villages parfois depuis des siècles, l’église est un vaisseau spatial. Y jouer, et y chanter est un bonheur, et le lieu n’est pas neutre, car ses murs, voûtes, vitraux, piliers nous imposent leur résonance, et sont des partenaires avec qui il faut compter.

Au moment où je travaille sur une pièce musicale et chantée autour de Jeanne d’Arc, le calendrier fait bien les choses… Laurent Voulzy

Le live enregistré au Mont Saint-Michel sortira le 6 décembre prochain.

https://www.laurentvoulzy.com/

La musique en images…

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Le 22 novembre 2019, sortira chez médiapop éditions un recueil de portraits photographiques d’une cinquantaine de musiciens issus de la scène indépendante des trente dernières années (Etienne Daho, Yo La Tengo, Sonic Youth, Pavement, Suede, The Bad Seeds, Dominique A…)

Cet ouvrage a été imaginé comme un carnet ouvert où les musiciens répondent et s’expriment librement à travers des textes ou dessins.

Philippe Katerine, Lætitia Sadier, Bernard Butler, Frànçois & the Atlas Mountains, Elliott Murphy, Calypso Valois ou encore Chloé Mons ont rédigé des textes ou conçu des dessins pour accompagner leurs images.

Un ouvrage que Delphine Ghosarossian, photographe indépendante pour différents supports : Le monde, Libération, Les échos week-end, se propose de partager avec vous.

https://delphineghosarossian.bigcartel.com/product/faces-of-sound-rendez-vous-photographiques

Mathias Malzieu fort comme un chêne…

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Le premier single extrait du futur album de Dionysos, « Surprisier », s’intitule « Le chêne ». Ce titre marque un retour au pop rock énergique qui a fait la marque de fabrique du groupe. Le texte poétique de Mathias fait référence aux personnages de son dernier livre « Une Sirène à Paris » sur le thème de la naissance.

Surprisiers, ceux dont l’imagination est si puissante qu’elle peut changer le monde, du moins le leur, ce qui constitue un excellent début. Telle est la ligne de conduite du nouvel album de Dionysos.

Une sirène, Paris sous les eaux, un chêne sous la neige, un chat prénommé Johnny Cash, un crooner de salle de bain, un livre magique. Des vinyles. Du rock’n’roll. Beaucoup de rock’n’roll. Une histoire. De l’amour. Beaucoup d’amour.

Le 28 Février, Mathias Malzieu et son groupe Dionysos révèleront la magie des « Surprisier » à travers un nouvel opus qui vous embarquera en voyage à bord de la péniche magnifique du Flowerburger.

Découvrez le clip « Le chêne » ici 

Un double album pour Coldplay…

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Coldplay Publiera son huitième album studio, « Everyday Life », ce 22 novembre. D’une dure de 53 minutes, il comprend deux parties baptisées 'Sunrise' et 'Sunset'.

« Everyday Life » a été produit par The Dream Team et bénéficie de featurings, dont ceux de Stromae, Femi Kuti, Tiwa Savage et Jacob Collier.

Le groupe a déjà dévoilé deux nouveaux titres « Orphans », à découvrir ici et « Arabesque », .

Pour le visuel de l’album, Coldplay a retrouvé dans ses archives une photo datant de 1919. On y voit le groupe auquel appartenait l’arrière-grand-père du guitariste Jonny Buckland.

 

 

Quand Jean-Marc Sauvagnargues, le batteur des Fatals Picards nous réserve une belle surprise !

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Quand le batteur des Fatals Picards, le groupe de rock le plus drôle de l'hexagone, nous prouve que l'on peut cogner aussi fort sur sa batterie tout en chantant avec douceur.

Il nous révèle alors cette passion pour la bossa nova et nous entraîne dans sa Saudade aux côtés de Tom Jobim, Joao Gilberto, Vinicius de Moraes...

Sur les traces d'Henri Salvador, Jean-Marc & A Banda nous proposent 8 tubes incontournables et 3 compositions originales, sans aucune concession, 11 plages qui figurent sur un album brut et organique

Ce n'est pas du jazz, pas de la world, mais des compos juste comme le souhaitaient les pères fondateurs de la bossa ; c’est-à-dire, des chansons populaires.

Le clip de « La rua Madureira » est à découvrir ici

Une gonzesse en cavale…

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1971, dans une chambre poussiéreuse du Chelsea Hôtel, derrière un écran de nicotine, Patti Smith et Sam Shepard grattent des morceaux de papier qui deviendront bientôt la sulfureuse pièce « Cowboy Mouth ».

Au centre de cette histoire de motels et de guitares électrisantes, le personnage de Cavale surgit, éblouit, comme l’évidence d’un coup de foudre.

En 2019, Cavale renaît en amazone des temps modernes et frappe à coups de pop puissante et assumée.

Cavale termine son 1er EP, écrit et produit par la force de son instinct, de son travail acharné et de sa détermination.

Ce dernier essai a été enregistré et réalisé à Londres, par Jules Appolinaire (Findlay, Sophie & the Giants, Suki Waterhouse, Wanton Bishop...)

C’est avec une énergie éclatante qu’elle nous invite à plonger dans ses titres sauvages, engagés, et dans ce que l’indie-pop a de plus savoureux.

Cavale c’est l’aventure d’un affranchissement, d’un combat mené la tête haute et le sourire au coin de l’œil.

Le clip est disponible ici

 

Les nouvelles aventures d’An Pierlé…

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Vingt ans déjà que la chanteuse-pianiste belge baigne au sein d’un univers alternatif et décalé fait d’harmonies pop-rock mélodieuses et délicates.

Après quelques musiques de séries, films, théâtres et prestations à l’orgue, An Pierlé poursuit ses aventures créatives et jette son dévolu sur le Jazz avec un nouveau quartet créé pour la circonstance…

En 2017, les deux jeunes et talentueux jazzmen Hendrik Lasure & Casper Van de Velde (SCHNTZL, Bombataz) sont venus enregistrer leur premier album éponyme (et acclamé par la critique) sous la houlette du producteur Koen Gisen (le mari d’An) au Studio La Patrie de Gand.

Les fréquentes rencontres dans la cuisine où An Pier leur préparait les repas, les a poussés à jouer de la musique ensemble. Dans la plus simple tradition du jazz, cette collaboration a été baptisée à juste titre An Pierlé Quartet.

Les compositions de Pierlé sont délibérément laissées ouvertes pour laisser assez de place à l’expérimentation et à l’improvisation, mais sont aussi solides, grâce à une réelle constance et aux phrasés des mélodies.

Peu à peu, le quartet compose de plus en plus, à la recherche d’une tension entre chansons pré-composées et à celle –de manière ludique mais sérieuse– de musique aventureuse, réinventant sans cesse des chansons dans l’instant tout en osant leur faire prendre une nouvelle direction.

C’est un travail en perpétuelle construction transi d’un amour pour les belles mélodies et les grooves psychédéliques.

Le quatuor a produit "Sylvia", l'émission théâtrale et cinématographique de Fabrice Murgia acclamée par la critique, grâce à un son jazzy et sphérique, parfois plus violent.

Issu de cet opus, « Imaginary Summer » est disponible ici 

Jeremy Walch recharge ses batteries!

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Tout au long de "Battery", Jeremy Walch explore l’énergie de la vie, celle contenue dans une relation amoureuse ou encore de la vie sur terre.

C’est une ode à l’énergie, à tout ce qui vit et qui ne dure pas toujours, tout ce qui est sur batterie. Une lyrics vidéo composée d'images d'archives dans un esprit très ‘DIY’ accompagne le titre.

"Battery" constitue le troisième extrait de « Scarlet », le premier elpee solo de Jeremy Walch, sorti en avril dernier.

Entièrement composé et écrit sur la route, au cours d'un road trip en Australie, l'album réunit 10 titres, explorant les pensées et les ambiances vécues par l'artiste au cours de son périple, quelque part entre les plages, les routes et la folle excitation des villes australiennes traversées à toute allure avec un van baptisé Chippy...

Découvrez l’univers de Jeremy Walch à travers ce clip ici 

Le combat de Roméo Elvis contre les drogues…

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« Chocolat », le titre maître du deuxième LP de Romeo Elvis communique à sa façon un message préventif contre la consommation de drogues.

Réalisé par Toni Truand (aussi réalisateur du clip « Malade »), la vidéo met en scène Roméo dans une chocolaterie fantastique à l’image de Willy Wonka dans le film ‘Charlie et la Chocolaterie’. Le clip est toujours dispo ici

En maître des lieux, Roméo accueille donc les jeunes visiteurs en leur interdisant fermement de goûter aux chocolats. Évidemment, les enfants réussissent à manger quelques tablettes en douce…

Les barres de chocolat filmées dans la vidéo existent bel et bien. Roméo a en effet collaboré avec la chocolaterie liégeoise Galler pour confectionner ces gourmandises exclusives distribuées lors des concerts de l’artiste.

Le disque a été certifié or en France et en Belgique ! En novembre, le rappeur entamera une série de concerts pour son Chocolat Tour. Il se produira notamment le 26 mars 2020 à l’AccorHotels Arena (Paris).

Emel Mathlouthie, un savant mélange de cultures…

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Tunisienne de naissance et New-yorkaise d’adoption, Emel Mathlouthi à publié l'album "Everywhere We Looked Was Burning", ce 27 septembre dernier.

La majorité des titres sont interprétés en anglais, une langue qui s'est imposée à elle quand elle s’est installée à New York, où elle a découvert la poésie très imagée de Rainer Maria Rilke et T.S Elliott et a repensé à la place importante prise par le rock et le folk durant son adolescence. Elle loue une maison à Woodstock et commence à écrire en s’inspirant de la nature ainsi que de la beauté et des luttes de notre époque.

Pour ce nouvel opus, elle a reçu le concours d’une pléiade de producteurs, dont Steve Moore (Zombi), (LowerDens), Chris Tabron (Beyoncé, Common, The Strokes) et Marta Salogni (the xx, Björk, Frank Ocean) …

L’exemple le plus frappant de ce processus est peut-être le morceau « Merrouh » : un des rares titres en arabe tunisien sur l’elpee s’achevant dans une tempête rythmique générée à partir de samples reproduisant bourrasques, vagues et crépitements de feu.

Issu de cet LP, le clip de « Rescuer » est disponible ici

Les mômes et les enfants d’abord !

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Renaud a enregistré un album sur le thème de l’enfance, un thème cher à Renaud, mais qui devrait également parler aux adultes…

Douze chansons inédites écrites par Renaud et illustrées par ZEP.

Ce nouvel opus paraîtra ce 29 novembre 2019.

https://www.renaud-lesite.fr/