La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

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Troisième album solo pour Thom Yorke

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Le leader de Radiohead a écrit et produit l'album en compagnie du fidèle collaborateur Nigel Godrich. Cette œuvre sera doublée d’un court métrage réalisé par Paul Thomas Anderson qui sortira sur Netflix et dans certains cinémas IMAX.

Les compos ont été écrites par Thom après une longue période de panne d’inspiration liée à l’angoisse.

Tracklisting

    Traffic
    Last I Heard (…He Was Circling The Drain)
    Twist
    Dawn Chorus
    I Am A Very Rude Person
    Not The News
    The Axe
    Impossible Knots
    Runwayaway

Le bonus track « (Ladies & Gentlemen, Thank You for Coming) » ne sera disponible que sur le vinyle.

http://anima.technology

!!! compte frapper un grand coup !

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Le huitième opus de !!! paraîtra ce 30 août 2019. Enregistré au cours de l'année écoulée dans l'appartement de la chanteuse Nic Offer à Brooklyn, le groupe a voulu suivre les traces de « Shake The Shudder » en 2017, explorant plus en avant la musique dance.

En attendant, l’emblématique groupe dance-punk de New York City nous propose son nouveau single, « Serbia Drums». Et il est en écoute ici

 

Fausse alerte pour Two Door cinema Club

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« False alarm », c’est le titre du nouvel elpee de Two Door Cinema Club qui est paru ce 21 juin 2019. Extrait de cet elpee, « Once » fait l’objet d’un clip vidéo, plus à écouter qu’à voir, et il est disponible ici

Cet LP recèle dix pistes et autant de satires, qui traitent des problèmes sociaux et environnementaux rencontrés en 2019 à travers le prisme d'une expression sonore décalée, empruntant et modifiant simultanément des éléments de la pop, du disco, du rock, du funk et de la soul de demain. Enregistré lors de sessions entre Londres et Los Angeles sous la houlette le producteur Jacknife Lee (U2, REM, The Killers), il s’inscrit parfaitement dans la lignée de l’électro/pop bien dans l’air du temps…

Trop de tension chez The Mystery Lights

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« Too much tension », c’est le titre du deuxième elpee de The Mystery Lights paru ce 10 mai 2019. Cet album a été enregistré dans le studio House of Soul, temple de l’analogique, afin de canaliser avec brio leur formidable tension scénique, alliance désinhibée de punk angulaire et de soul moite. Un peu comme si Prince se serait adjoint la section rythmique des Strokes.

La formation se produira dans toute la France cet automne :

14 septembre : ORLÉANS - Festival Hop Pop Hop
9 octobre : ANGERS - Joker's Pub
10 octobre : LILLE – L'Aéronef
11 octobre : ROUEN – Le 106
12 octobre : NANTES – Stéréolux
14 octobre : RENNES – UBU
15 octobre : PARIS - La Maroquinerie
23 octobre : BELFORT (90) – La Poudrière

Et dans en Belgique, dans le cadre du festival Leffigeleuren, ce 13 septembre, ainsi qu’au Botanique de Bruxelles le 17 octobre.

Pour découvir la vidéo du titre maître de cet LP, c’est ici

 

Wilco

Il ne manquait plus que Ken Stringfellow rejoigne Wilco sur les planches… et on aurait pu marquer le concert d’une pierre blanche…

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Après être passé deux jours de suite, à l'Ancienne Belgique de Bruxelles, ces 12 et 13 juin, Wilco se produisait à l'Aéronef de Lille, ce mardi 19 du même mois. Au cours des deux dernières années, le différents musicos se sont consacrés à leurs projets parallèles, et tout particulièrement Tweedy qui non seulement a gravé trois elpees solo, mais également accompli une tournée en solitaire. On attend, impatiemment, la sortie d'un nouvel opus de la formation pour cet automne ; cependant, ce soir, la setlist ne proposera pas de morceaux inédits, mais une sélection de compos puisée au sein de sa large discographie...

Il revenait à Ken Stringfellow d’ouvrir le bal. Pas un néophyte, car non seulement c’est un membre des Posies, mais il a apporté sa collaboration à REM, aussi bien sur disque qu’en tournée, participé à la reformation de Big Star, et bossé en compagnie de tas de bands ou d’artistes, dont Neil Young, Mercury Rev, Thom Yorke, John Paul Jones, Patti Smith, Damien Jurado, Nada Surf ou encore Mudhoney. Responsable de plus de 200 albums à ce jour, si on tient compte des différents projets auxquels il a participé, il compte également une carrière solo. C’est donc en solitaire, qu’il grimpe sur le podium de l’Aéronef. Armé de sa gratte ou assis derrière son piano, qu’il joue un peu à la manière d’Elton John, il chante d’une voix bien timbrée et en général haut-perchée. Minimalistes, ses compos sont bien construites. Mais il y manque un groupe ou au moins un musicien (NDR : un compagnon de cordes ?) pour le soutenir afin de donner la pleine mesure de son talent. La chanteuse Holly vient bien le rejoindre à mi-parcours. Elle a une voix veloutée, mais les harmonies vocales souffrent d’un certain déséquilibre, probablement dû à des balances imparfaites. N’empêche ce Stringfellow a démontré qu’il n’était pas né de la dernière pluie… et les applaudissements recueillis auprès de l’auditoire le confirme…

Pas de décor sur l'estrade, comme lors des concerts exécutés à l'AB, en octobre 2016, mais simplement les musicos, leur matos et le light show. Devant une foule estimée à plus ou moins 800 âmes, dont de nombreux néerlandophones.

Jeff Tweedy n'a physiquement pas changé ; barbu, il porte toujours des lunettes et est coiffé de son inséparable stetson. En outre, Zen, il fédère littéralement son équipe. Seul le claviériste affiche un nouveau look. Il est également chaussé de grosses lunettes et s’est enfoncé une casquette sur le crâne, un couvre-chef probablement récupéré dans la garde-robe de son arrière-grand-père.

Le concert s'ouvre par la ballade "You are my face", une chanson, qui met déjà en exergue les superbes harmonies vocales échangées entre Tweedy, le bassiste Pat Sansone et le multi-instrumentiste John Stiratt...  Subtilement tapissée de claviers vintage, elle s'électrifie alors progressivement. Mélancoliques, les premiers morceaux sont d'ailleurs amorcés sous cette forme, Jeff alternant entre gratte acoustique et électrique –geste qu'il va répéter toute la soirée, sauf pour la valse ivre "Humingbird" (ce piano !), une chanson cabaret au cours de laquelle il se concentre exclusivement sur son micro– alors que Nels en change carrément et pratiquement pour chaque titre. Après le tango "How to flight loneliness", le remesque "Box full of letters" agrège superbement mélodie et électricité. La setlist nous réserve deux titres country & western issus de l’album « Mermaid avenue », fruit de la collaboration entre Wilco et Billy Bragg, et dont les textes sont signés feu Woodie Guthrie. Tout d’abord "California stars", une plage infiltrée de claviers rognés, comme chez le Band de Dylan, au cours de laquelle Nels est passé à la pedal steel et Pat au banjo. Et ce dernier ne le lâche pas pour le suivant, "Hesitating beauty". Groovy, complexe et fiévreux, "Bull Black Nova" libère une intensité déchirée entre la prog et l’alt rock de dEUS. Une intensité que prolonge le morceau atmosphérico-psychédélique "Laminated cat", une compo de Loose Fur, projet annexe de Tweedy. Climat qu'on retrouve encore sur "Born alive", un morceau au cours duquel Nels traite sa gratte à la slide, alors que Glenn Kotche se déchaîne sur ses fûts. Mais également tout au long du crazyhorsien "At least that’s what you said". D'une voix écorchée, proche de Mark Oliver Everett (Eels), Jeff interprète le tendre et romantique "Reservations". La synergie bringuebalante entre les trois grattes rappelle les Eagles tout au long d'"Impossible Germany", Nels en profitant pour nous servir un solo digne de Carlos Santana. Et le public de ponctuer son envol d'une énorme acclamation. D’ailleurs à partir de cet instant, ses exercices de style vont déclencher un même enthousiasme au sein de la fosse et inciter Jeff à soulever son chapeau en le désignant de la main. Toujours aussi humble, Cline s’incline devant la foule, en joignant les mains, pour la remercier. Le combo n'en oublie pas le groovy (cette basse !) et beatlenesque "Someone to lose", qu'on a envie de fredonner avec Tweedy. Avant de clore le set par l'americana "The late greats", il remercie l’auditoire, en français…

Le premier rappel s'ouvre par "Misunderstood". La voix de Jeff est légèrement vocodée (NDR : pas vraiment indispensable), mais les drums y sont particulièrement percutants, la compo virant au rock'n’roll en changeant carrément de tempo au milieu de parcours, tout comme lors d’"I got you (at the end of the century)". C'est par une formidable ovation que s'achève "Random Name generator", un titre entraînant, contagieux et groovy", suivi de "Red eyed and blue", moment choisi par Jeff pour siffloter.

Nels entame la ballade "Jesus, etc." à la pedal steel. Et après le très pop "Heavy metal drummer", le concert s'achève par "I'm the man who loves you", une compo teintée de blues au cours de laquelle les harmonies vocales et les 3 grattes électriques vont s'en donner à cœur joie…  

On n’en n’oubliera pas pour autant les traits d’humour de Jeff et puis la capacité de Wilco à donner un coup de fraîcheur à chaque compo interprétée, que ce soit un standard ou une plage moins connue. Bref, un des meilleurs concerts de l’année pour votre serviteur… même si on aurait aimé voir Ken Stringfellow rejoindre le sextuor sur les planches, pour une cover, par exemple, histoire de marquer d’une pierre blanche, cette superbe soirée…

(Voir aussi notre section photos ici)

Setlist

You Are My Face, I Am Trying to Break Your Heart, War on War, I'll Fight, You and I, Handshake Drugs, Hummingbird, How to Fight Loneliness, Box Full of Letters, California Stars (Billy Bragg & Wilco cover), Hesitating Beauty (Billy Bragg & Wilco cover), Bull Black Nova, Laminated Cat (Loose Fur cover), Reservations, Impossible Germany, Someone to Lose, Born Alone, At Least That's What You Said, The Late Greats.

Encore 1 : Misunderstood, Random Name Generator, Red-Eyed and Blue, I Got You (At the End of the Century)

Encore 2 : Jesus, Etc., Heavy Metal Drummer, I'm the Man Who Loves You

(Organisation : Aéronef)

35007

Especially for you

Ces six Hollandais (Eindhoven) explorent un monde parallèle à Ozric Tentacles. Psychédélique ? Ambient ? Techno ? Le tout à la fois, probablement ! Mais plutôt que d'épouser un profil post Gong, 35007 palpite au rythme des spasmes hypnotiques, épileptiques du ‘krautrock’ de Can. Sans quoi, on y retrouve l'essence même du psychédélisme. Depuis le Floyd en passant par Soft Machine, Spacemen 3 et The Orb. Mais aussi au gré des expérimentations ‘ambient’. Pensez à Brian Eno et puis surtout à Robert Fripp lorsqu'il s'est intéressé aux collages et aux boucles (les Frippertonics). Enfin, la solution manifeste méthodiquement des accès de fièvre métalliques, industriels, probablement inoculés par Nine Inch Nails. Un excellent album, spécialement conçu pour les années 90…

 

Solbakken

Zure Botoa

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Parfois rock, parfois noisy, parfois Pixies, parfois Wedding Present ou parfois Blonde Redhead (‘et donc parfois Sonic Youth ?’ me demande-t-on). Mais pas seulement. L'ensemble représente toujours plus que la somme des parties. Mais ce " Zure Botoa " ne se livre pas facilement. Et c'est peut-être là son handicap. Qui prend aujourd'hui encore du temps pour découvrir des cd's chez un disquaire ou sur Internet ? Alors pour ceux qu'une seule écoute ne suffirait pas voici un petit jeu : essayez de le dénicher, écoutez-le une première fois. Ne l'achetez pas de suite. A moins que ce ne soit déjà fait. Dans ce cas, revenez-y quelques jours plus tard. Même système. Jusqu'au jour où ça vous paraîtra évident. Certains me diront qu'ils ont mieux à faire. Peut-être. Ou alors voilà peut-être une des utilités de Napster, pour ne citer que ce site. Pas de titres à conseiller, tous ont suffisamment d'intérêt pour mériter un téléchargement.

 

Sebadoh

Act surprised

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« Act surprised » constitue le 9eme elpee de Sebadoh et fait suite à « Defend yourself », gravé en 2013. Sur cet opus découpé en 15 plages, le trio est en toute grande forme. L’écriture et le chant sont équitablement partagés entre Lou Barlow et Jason Loewestein, des lyrics qui abordent des sujets aussi divers que l’angoisse face à l’évolution de la société, la dépendance aux drogues dures, l’humanisme et le regret quand ils ne tentent pas d’apporter une réponse aux véritables tourments causés par la politique dans le monde.

Musicalement, la formation affiche une remarquable cohésion pour nous livrer des titres qui oscillent entre la pop, le pop/rock, le rock et le grunge. Un grunge revitalisé, comme sur l’épatant et ténébreux « Vacation », malgré une petite envolée crazyhorsienne, « Get surprised », l’entraînant « Stunned » ou encore « Battery ». Pop, à l’instar de l’allègre « See-saw », de l’hymnique « Fool », de l’élégant « Sunshine » ou encore de « Belief », une chanson qui semble tourmentée par l’esprit du « Blowin’ in the wind » de Dylan. Mais surtout chargés d’intensité, comme sur les morceaux grunge, mais également lors de l’entrée en matière « Phantom », une plage punchy, chargée de groove, au cours de laquelle le batteur, Bob d’Ammico étale toute l’amplitude de son drumming. Puis bien sûr tout au long de « Leap year », dont le titre est répété inlassablement comme un slogan, alors que les éclats de gratte libèrent toute leur acidité. Des cordes qui scintillent de mille feux pendant l’incisif « Follow the breath ». Le long playing nous réserve deux ballades mid tempo plus complexes. Tout d’abord « Celebrate the void », un titre caractérisé par des changements de tempo, puis « Reykjavik », dont la voix rappelle quelque part, celle de Peter Gabriel. Bref un chouette album qui devrait plaire aux mélomanes raffolant de pop/rock bien électrique et mélodique…

-M-

Lettre infinie

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Le chiffre 13 est un peu mis à toutes les sauces tout au long du nouvel elpee de Matthieu Chedid. Outre la typographie –qui représente la treizième lettre de l’alphabet latin– s’est offert un double luxe : 13 titres et un ‘M’ qui apparaît 13 fois sur l’artwork.

Si en numérologie, cette symbolique signifie la fin de quelque chose et le commencement d’autre chose, le hasard fait bien ces choses puisque c’est le sujet qui est traité tout au long de ce 6ème LP studio. Un disque sur lequel on retrouve la patte de Thomas Bangalter, la moitié de Daft Punk...

Hormis sur l’un ou l’autre morceau, comme pour "Alchimiste" et "Grand petit con", les riffs et solos de gratte tonitruants sont moins présents, et laissent davantage de place aux textes à la fois subtils, profonds et espiègles, à l’instar de "Passions éphémères", "Bonheurs intemporels" et "Révolutions intérieures".

Nouveauté également, la présence de sa fille Billie qui fait bien plus que poser sa voix sur la (presque) totalité des compos, son timbre épousant à merveille celui du paternel. Une jolie ballade en guise de déclamation d’amour lui est même dédiée en clôture. A coup sûr, les Chedid aiment travailler en famille puisque la mère de la petite s’était essayée sur les premiers disques de sa moitié.

Même Happy, le chat a apporté sa collaboration, son ronronnement ouvrant une « Thérapie » d’une grandiloquence cérébrale où son nom est scandé tout au long de l’interprétation.

Après vingt ans de carrière, sa « Lettre infinie » signe là non pas, à proprement parler, une révolution, mais une lecture intéressante de ce qu’il a pu nous proposer jusqu’alors.

Si la pièce maîtresse de ce disque repose sur une constante : proposer un produit finement abouti tant dans les textes que les arrangements, les moyens d’y parvenir sont intellectuellement plus perspicaces et réfléchis. Davantage de raffinement que d’apparat donc !

Lors de son expérimentation, le fils de Louis s’est fixé une ligne de conduite en créant une atmosphère dans laquelle il se sent bien ; un peu comme si l’éternel ado avait décidé tout à coup qu’il était temps de grandir, à l’instar de « L’autre paradis » ou encore « L.O.Ï.C.A. » (sa compagne), dont la ligne mélodique est tracée par le piano et la clarinette…

Bref, si le disque n’oublie pas ses fondamentaux, il incite au voyage, et en adressant un clin d’œil à l’Afrique, « Massaï » nous le rappelle.

Guided By Voices

Zeppelin over China

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Robert Pollard ne fait jamais les choses à moitié. Il vient donc de graver un double album studio réunissant la bagatelle de 32 morceaux en 75 minutes. Auteur de plus de 100 elpees à ce jour (NDR : le 26eme pour GBV), si on tient compte de l’ensemble de ses projets, il aurait ralenti la cadence. Ce qui ne va pas l’empêcher de publier un nouvel opus, en février 2020, dont il a déjà choisi le titre, « Street party ».

Mais penchons-nous sur « Zeppelin over China ». Tout d’abord et c’est une constante, la voix sinusoïdale de Bob évoque toujours autant celle de Roger Daltrey, mais sans grimper aussi haut dans les octaves. D’ailleurs quelques plages (l’enlevé « Wrong turn on » et l’hymnique « My future in Barcelona », au cours duquel son esprit tordu imagine sa retraite lointaine) rappellent carrément le « Tommy » du Who. Mais pas seulement. Faut dire qu’en 32 pistes, il y a de quoi varier les plaisirs. Plusieurs plages sont enrichies d’arrangements de cordes et même de cuivres (la valse lente « Vertiginous Rafts »), des arrangements qui communiquent alors souvent un profil prog à l’expression sonore ; et c’est particulièrement flagrant tout au long de « The hearing department » ainsi que « Question of the test ». Et puis d’autres baignent dans le groove metal yankee (Prong ?), comme « Blurring the contacts », « Holy rhythm » et même « Carapace », dont le riff rythmique et hypnotique semble emprunté au « You really got me » des Kinks. Précision, le line up implique deux ou trois sixcordistes, selon les morceaux. Punk, « Where have you been all my life » est attaqué dans l’esprit… d’Ed Kuepper, alors que le légèrement psyché « Cold cold hands » réserve des harmonies vocales hantées par David Byrne. Interprété au piano, et enrichi d’arrangements de cordes, « Enough is never at the end », nous entraîne dans le cabaret tandis que « Jam Warsong » adopte le rythme du boogie bolanesque. On épinglera encore des titres semi-acoustiques et des compos plus pop, dont celle qui bénéficie d’une superbe mélodie, « Everything thrilling ». Enfin, c’est Travis Harrison qui s’est chargé de la mise en forme et tout particulièrement de ces fameux arrangements de cordes, apportant à la musique fondamentalement lo-fi de Guided By Voices, une dimension plus majestueuse…

Royal Trux

White Stuff

Écrit par

Royal Trux a donc opéré son retour sur disque. Et c’est une surprise ! « White Stuff » constitue son onzième opus. 18 longues années après avoir quitté les chemins escarpés de l’indie rock, le mythique et sulfureux duo réunissant Neil Hagerty et Jennifer Herrema allait-il conserver cette morgue inégalable, suite à une série interminable de scandales liés à la drogue et autres excès en tout genre. Le groupe/couple se serait déjà séparé depuis lors… Difficile de faire plus rock’n’roll que Royal Trux mais qu’en est-il de sa musique qui était à l’époque un irrésistible mix –étonnement mélodique– de blues poisseux et d’effluves psyché-grunge ? Le côté hymnique des compositions je-m’en-foutiste demeure intact (« Year of the Dog ») tout comme les accès de guitare crasses (« Suburban Junky Lady ») et les accents bluesy déviants (« Purple Audacity #2 »). Leurs voix s’entrelacent avec une coolitude jamais démentie. Rien n’a réellement changé du côté de Royal Trux si l’on excepte l’étonnante incartade hip-hop opérée en compagnie de Kool Keith sur « Shows & Tags »… C’est une certitude, The Kills leur doivent tout ! Un comeback plus qu’honorable…

Cherry Glazerr

Stuffed & ready

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Clementine Creevy a encore fait le ménage dans son groupe, puisqu’après le remplacement de       Sean Redman en 2015, et Hannah Uribe, l’année suivante, c’est au tour de la claviériste, Sasami Ashworth, de se faire la malle. C’est donc sous la forme d’un trio guitare/basse/batterie que le quatrième elpee a donc été enregistré. Un invité quand même : Delicate Steve, qui vient donner un bon coup de gratte sur « That’s not my real life ». Musardant quelque part entre les univers de Hole, Blood Red Shoes et des Breeders, le garage/punk/pop de Cherry Glazer est bien électrique (cordes tour à tour chatoyantes, tintinnabulantes, grésillantes, atmosphériques, turbulentes ou frénétiques), même si la mise en forme est nettement plus sophistiquée que sur l’album « Apocalipstick ». Le drumming est subtil mais efficace, les harmonies vocales sont limpides et soignées, alors que la voix de Clementine évoque souvent celle de Mylène Farmer, sauf sans doute sur « Stupid fish », où on a l’impression qu’elle pousse des miaulements. Percutants et sujets à polémique, les lyrics traitent aussi bien de questions politiques, sociales que personnelles, à l’instar de « Wasted man », une compo qui fustige la misogynie, fruit d’une masculinité toxique…

How To Dress Well

The Anteroom

Écrit par

En dix années, Tom Krell est parvenu à se réserver une place au soleil au sein du paysage electronic/r’n’b américain et à récolter les faveurs de la presse. Pourtant, il faut bien avouer que la discographie de l’Américain est inégale. Ainsi, on se souviendra que son dernier album, davantage orienté vers la pop, avait été loin de faire l’unanimité. On espérait donc un retour aux sources pour son cinquième opus, “The Anteroom”.

Et How to Dress Well comble nos espérances, puisqu’il vient de graver un de ses meilleures elpees à ce jour. Tom Krell y développe une musique électronique aux rythmes complexes. Plusieurs écoutes sont d’ailleurs nécessaires avant d’appréhender cette expression sonore faussement minimaliste qui baigne au cœur d’une atmosphère austère. Il y a bien quelques titres plus rythmés, mais en général ils ne sont guère propices à faire danser toute la nuit. Bref, tout au long du cinquième opus de H.T.D.W., Krell dévoile résolument une facette mélancolique de sa musique à travers sa splendide voix aux accents r’n’b.

Beechwood

Trash Glamour

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« Trash Glamour » constitue le premier opus de Beechwood. Gravé en 2014 sur une cassette et alors disponible via téléchargement, il vient d’être réédité sur un compact disc, dont l’artwork de la pochette est signé par l’artiste Polina Skoch. Au cours de l’été qui a précédé les sessions, Gordon Lawrence et Isa Tineo ont écouté quasiment en boucle le « Raw Power » des Stooges et « Exile on main street » des Rolling Stones. Une mise en condition qui inévitablement va influencer l’enregistrement de cet essai –immortalisé dans une cave– à l’aide d’un seul micro, tout au long duquel ils ont été accompagnés d’amis et de filles et ont consommé des drogues et de l’alcool. A l’époque, Sid Simmons, le bassiste, ne faisait pas encore partie de l’aventure…

Bref, si on reconnaît bien la patte de Beechwood, les conditions d’enregistrement rudimentaires rendent l’ensemble un peu monocorde. D’autant plus que la plupart des compos sont sculptées dans un rock’n’roll/garage groovy, âpre et corrosif. Outre les références susvisées, le spectre des Troggs rôde tout au long de « (I’m your) other man » et de Kurt Cobain sur « Run away », un morceau qui aurait pu paraître sur une compile de démos consacrée à Nirvana, après le décès du mythique guitariste. Deux plages augurent déjà les albums « Inside the flesh hotel » et surtout « Songs from the land of nod », le tendre « Milk » et le lo-fi « Beach blonde », une compo à la jolie mélodie, signée par Isa Tineo. Enfin, le noisy « Don’t walk away » lorgne vaguement vers Jesus & Mary Chain…

Roky Erickson

Décès de Roky Erickson : You’re gonna miss (me) us…

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Roky Erickson est décédé ce 31 mai à 71 ans. Il restera pour l'éternité l'un des pionniers du psychédélisme. Né à Dallas, ce Texan avait fondé The 13th Floor Elevators, en 1965. Il venait juste de fêter ses 18 printemps. Son premier album, "The psychedelic sounds of the 13th Floor Elevators", paraît en 1966, un disque qui va se révéler fondamental, dans l’histoire de la musique psychédélique mais également du garage, à l’instar du single "You're gonna miss me", paru à cette époque, une compo devenue une référence pour tous les bands de ce style ! Après quatre elpees, Roky commence à sombrer dans la maladie mentale, suite à l’abus de drogues hallucinogènes. Nous sommes alors en 1969, Roky doit déjà être interné en hôpital psychiatrique. Il y séjournera à plusieurs reprises et pour des périodes plus ou moins longues.  

Il refait surface épisodiquement et notamment en 1980, en montant Roky Erickson and the Aliens, période au cours de laquelle il va signer de superbes chansons comme "I walked with a zombie" ou "Cold night for the Alligators", puis sous le patronyme de Roky Erickson and the Explosives.

Il allait ensuite ne plus apparaitre que sporadiquement, et en général à l’initiative d’artistes qui le reconnaissaient comme référence majeure. Résident à Austin, il comptait parmi ses meilleurs amis, son concitoyen Billy Gibbons, le leader de Z.Z Top!

RIP

Wilco

Définitivement, un des meilleurs groupes contemporains d’americana…

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Deux ans après être passé deux jours de suite à l’Ancienne Belgique, la mythique formation chicagoan était de retour dans la capitale, et de nouveau pour deux dates d’affilée (les 12 et 13 juin), des concerts décrétés sold out depuis déjà plusieurs mois. Faut dire que vu la qualité de ses prestations, le groupe continue d’attirer la foule. En 2017, les musicos se sont consacrés à leurs projets parallèles ; Jeff Tweedy a d’ailleurs publié un album solo. Wilco sortira son nouvel opus cet automne, un disque qui fera suite aux excellents « Star Wars » (2015) et « Schmilco » (2016).

Ce jeudi, l’Ancienne Belgique est pleine à craquer, une salle réunissant une majorité de quadragénaires. Un public composé, cependant, aussi bien de fidèles qui suivent le band depuis ses débuts entamés milieu des 90’s, d’aficionados de Tweedy, dont la carrière a débuté début des 80’s, de nostalgiques d’Uncle Tupelo, d’admirateurs du guitariste soliste Nels Cline que de récents convertis…  

Il est 20h30 lorsque les lumières s’éteignent. Le décor est d’une grande sobriété puisque seuls les musiciens et leur matos trônent sur scène. Jeff Tweedy recouvre ses cheveux grisonnants de son légendaire chapeau de cowboy. Il est entouré de cinq musiciens dont le guitariste Nels Cline et le batteur Glenn Kotche.

Et c’est parti pour deux heures de musique chargée d’intensité. Jeff est en grande forme. Il est visiblement heureux d’être sur les planches et partage son plaisir. Wilco pioche dans son imposante discographie. On a droit en tout à une bonne vingtaine de morceaux dont “Hell is Chrome”, “Impossible Germany”, “Heavy Metal Drummer” ou encore “Random Name Generator”. Les six musiciens alternent morceaux plus rock et acoustiques. Nels nous réserve, bien sûr, quelques solos d’anthologie, dont il a le secret. Très pro, le band maîtrise d’autant mieux son sujet que le son à l’AB est parfait. Le public semble conquis et de nombreux spectateurs le manifestent bruyamment.

Après une telle prestation, on ne peut que s’incliner face à un groupe qui constitue un des meilleurs représentants contemporains du country/folk/rock yankee, également baptisé americana. Et la foule qui a assisté à ce remarquable set ne pourra que confirmer ce point de vue…

(Organisation : Live Nation)

Voir également les photos du cocnert accordé à l'Aéronef de Lille, ce 18 juin, ici

Leuze En Folie 2019 : mercredi 30 avril

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‘Leuze en folie’ c’est d’abord LA fête de l’année qu’attendent tous les Leuzois ! Depuis plus de 25 ans, habitants du centre-ville et des villages se rassemblent le 30 avril (veille du 1er mai, jour férié) pour profiter d’une grande fête populaire et d’une braderie sur la Grand Place et ses alentours. Et c’est dans ce cadre qu’un festival musical est organisé par l’association les Jeunes Leuzois Actifs-JLA. La foule flâne parmi les échoppes et s’arrête de temps en temps pour assister aux concerts. Il y a même des saltimbanques, des échassiers, des cracheurs de feu et des graffeurs qui participent aux festivités…

Le premier groupe qui grimpe sur le podium n’est pas musical, mais une troupe de danseurs baptisée Orpheo Teamdanceforever. En bas collants noirs, des jeunes exécutent des superbes chorégraphies sur des rythmes latinos, r’n’b, funk ou disco. Un défilé qui va durer près de 45 minutes…

Les histoires sérieuses commencent par Des Bruits et Du vent, une formation tournaisienne qui appartient au collectif ‘La Fanfare Toi-Même’. Cinq multi-instrumentistes (Justin et Martin Desmet, Pierre Roekens, Thibaut et Florian Fauquet) qui se partagent ukulélé, basse, guitare à 5 cordes, percussions, accordéon et cuivres. Ils passent d’un instrument à l’autre avec une facilité déconcertante et chantent tour à tour dans la langue de Shakespeare ou de Molière. Etonnant, bien que composant son propre répertoire, le groupe pratique une musique qui oscille entre folk, rock et world, musique du monde très susceptible de nous entraîner, tour à tour, dans les Balkans, le Brésil ou encore l’Afrique, depuis la côte Ouest jusqu’à Madagascar. Et les titres font mouche, car les spectateurs dansent et chantent. Vraiment une chouette découverte !

Circus Café est un combo qui s’est formé à la faveur des nuits bruxelloises. Finaliste de l’édition 2016 du concours ‘L’Envol des Cités’, il implique le chanteur/guitariste Anthony Circus, alias Antoine Petit, le sixcordiste Steven Mayence, le bassiste Bastien Scutnaire et le préposé aux synthés Jackson Fiasco, aka Martin de Gennes. Fondé en 2014, le quatuor est responsable d’une pop hétérogène, brute, enivrante, fruitée et tonique, née des différentes influences des musicos, des influences qui oscillent de Guns N’Roses aux Wombats, en passant par Justice et Red Hot Chili Peppers.

Le set s’ouvre par « Gran Canaria », un morceau qui trempe dans l’électro/funk. L’absence de drums est compensée par les samples des synthés ; ce qui n’empêche pas la section rythmique de se révéler consistante. Mais si la voix est puissante, ce sont les interventions de la basse et de la guitare qui font la différence. La première est souvent jouée en slapping alors que la seconde, distincte et percutante, emprunte tour à tour des sonorités latines à Carlos Santana voire Diego Higueras ou funkysantes à Nile Rodgers. Une musique très excitante qui a incité bon nombre de spectateurs à remuer le bas des reins… comme sur un dancefloor…

Setlist : « Gran Canaria », « She’s Seen Heaven », « Burning Man », « Santiago », « Magdalena », « Monsters Inside Us », « Lose Your Senses »

Il n’y a pas grand-monde sur la Place devant le podium lors du soundcheck de Juicy. Votre serviteur y assiste. Faut dire qu’il est devenu accro au r&b des deux filles. Elles lui ont même avoué qu’elles égaient des ‘Miss Catastrophe’. On en reparlera. Et notamment lors d’une interview qu’elles ont eu la gentillesse d’accorder à Musiczine et qui sera publié d’ici quelques semaines.

Malgré les problèmes techniques rencontrés –micro pour Julie Rens et gratte pour Sasha Vonk– la prestation va se révéler convaincante. Chaque concert de Juicy est différent. Que ce soit à travers la chorégraphie, les mimiques, les costumes et même l’interactivité. C’est une constante chez les Bruxelloises…

Dès les premiers accords de « LTGL », la foule rapplique sur la place. Faut dire que même électroniques, des sirènes qui retentissent ont de quoi interpeler ! Les filles ont enfilé des fringues de couleur noire à capuche. Elles se plantent face à la toile de fond, dos au public, les bras en l’air, sous un éclairage de teinte bleue. Mais à cet instant, la nuit n’est pas encore tombée. Et ce n’est qu’au fil du concert que le light show produira son incidence. Elles enchaînent par « Mouldy Beauty », morceau propice aux contorsions. Elles se consacrent toutes les deux aux synthés, samplers et vocaux. Sasha se réserve cependant la guitare et Julie, la boîte à rythmes. Ce qui ne les empêche pas de troquer leurs instruments. Elles amorcent « Mouldy Beauty » en mode dubstep, mais light ! Elles se tortillent maintenant sensuellement, comme des geishas. Même les mains ondulent sur les instrus. Ce qui émoustille le public. Le moment est alors idéal pour communiquer avec cette foule et faire monter en pression. Sasha est passée maître dans cet exercice de style. Julie se plante derrière son synthé et active le MPD. Le tandem nous propose une version plutôt paisible de « Seed & Ride ». Pas de guests ce soir, elles assument seules le show. Ce qui n’est pas un problème, car elles sont complices, presque fusionnelles. Elles pourraient être frangines… Après un bref conciliabule, elles attaquent « La Boulette », le morceau préféré de votre serviteur. Julie le pointe du doigt et le dédicace au fan ‘number one’. Sympa ! Très rythmée et entraînante, cette compo met une belle ambiance dans la fosse. D’ailleurs, et c’est une bonne habitude, Juicy est parvenu à faire danser la foule. Le duo se produira dans la plupart des festivals d’été : Couleur Café, Les Francos de Spa, Ronquières, Dour et Solidarités à Namur.

Entre le set de Juicy et celui de Gustave Brass band, on va assister à un joli feu d’artifice… ponctuant cette édition 2019 particulièrement réussie…

Setlist : « LTGL », « Mouldy Beauty », « Seed & Ride », « Hard Nut To Crack », « Didn’t Knock », « What You Can’t Confess », « Over My Shoulder », « La Boulette », « GHB », « Mama Told Me », « See Me Now », « Count Our Fingers Twice ».

(Organisation : Les Jeunes Leuzois Actifs)

DJ Pourri And kardel + Gustave Brass Band + Juicy + Circus Café + Des Bruits Et Du Vent + Orpheo Teamdanceforever

Tullie Brae

Revelation

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Tullie Brae baigne dans la musique depuis qu'elle est haute comme trois pommes. Fille d'un pasteur, dont la famille vivait près des champs de coton et des marais louisianais, elle fréquente l'église dès son plus jeune âge pour y chanter le gospel. Vu ses dispositions musicales naturelles, elle joue de différents instruments, dont le piano, les percussions, la basse et la guitare ; puis elle finit par diriger la chorale. Au fil du temps, Tullie élargit son spectre musical ; ainsi, après le gospel, elle se passionne pour le blues, la soul et même le rock, surtout à travers son énergie.

Les sessions d’enregistrement de cet elpee se sont déroulées au sein de plusieurs studios de Memphis. Elle a ainsi pu bénéficier de la participation de la crème des musiciens locaux, dont le guitariste Jeff Jensen qui assure aussi la production. Miss Brae signe ici dix compos aux textes consistants. 

Après une introduction à l'orgue et au cordes, Tully donne de la voix, une voix puissante, tel un cri, une menace même. Imprimé sur un tempo flemmard, ce blues nous réserve un duel entre les cordes de Jensen et la cigar box de la maîtresse de cérémonie. "Seven bridges" trempe dans le gospel. Le vocal de Tullie affronte les chœurs, alors que l’ensemble frémit aux interventions fragiles des percus, avant que la guitare en slide ne s'échappe de ce climat passionnel. Blues flemmard, "Mississippi rain" se distingue par sa mélodie, une compo à la voix chargée de feeling et tapissée des claviers chaleureux, au cours de laquelle les cordes de Jeff s'envolent. "Break these chains" constitue le sommet de cet opus. Lourd, le climat nous entraîne dans le delta. Le bruit des chaînes sert de percus. Et puis la voix éclate face aux sanglots soufflés par l'harmo de Brandon Santini. Tout aussi remarquable et écrasant, "Devil in Deville" nous conduit, quelque part, dans les collines du Nord du Mississippi, à la rencontre du diable. Canalisé par une solide ligne rythmique, la compo favorise les envolées aux sonorités si métalliques dispensées par la cigar box de Miss Brae. Très jolie ballade bluesy, "Ain't no good" macère au sein d'une atmosphère sombre et menaçante ; Jeff choisit alors ce moment pour nous réserver le meilleur solo de l'album. Et le reste de l'elpee ne souffre d'aucune faiblesse. Remarquable !

The 44s

Twist the knife

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Issue de Los Angeles, The Forty Fours est une formation fondée en 2007. Au départ, elle était drivée par l'harmoniciste d'origine japonaise, Tex Nakamura, et le chanteur/guitariste Johnny Main. Depuis le départ du premier cité, Johnny se réserve le leadership.

"Twist the knife” fait suite à "On the 13th", un opus qui remonte déjà à quatre longues années. Entretemps, le batteur originel, JR Lozano, a cédé le relais à Gary Ferguson, et Eric Von Herzen se charge de la musique à bouche, un musicien qui drive également son propre band, The Atomic Kings. Le bassiste Mike Hightower est cependant, toujours au poste.

Instrumental, "Cuttin' deep" ouvre les hostilités, une compo signée par le band. Un r&b attaqué dans l’esprit de Harpo, qui bénéficie du concours d’un invité de luxe. En l’occurrence le gratteur californien Junior Watson. Et sa présence bonifie l’ensemble. En outre, bonne nouvelle, ce guitariste exceptionnel participe à la quasi-totalité des plages du long playing. A contrario, on regrettera la carence en compos personnelles. D’ailleurs, les sept plages chantées sont toutes des reprises. Dont "Sugar you", un titre écrit et interprété par Richard Berry en 1957. Watson s’éclate sur ses cordes tout au long de ce r&b old school. Le "Howlin'" de Howlin' Wolf (of course) est imprimé sur un tempo assez alerte. La voix forcée de Main adopte celle, rauque et ravagée, du géant du blues, alors que Van Herzen souffle dans son harmo à la manière de James Cotton. Blues lent, "Champagne and reefer" est issu du répertoire de Muddy Waters. La voix est aussi ravagée que celle de Wolf, alors que Van Herzen se réserve de nouveau une brillante intervention. Le "Too many drivers" de Lightnin' Hopkins se distingue par son rythme explosif, mais également par le déchaînement de Watson sur ses cordes, vite rejoint par son collègue souffleur. Dans un autre style, la version du "Rosie" de Doyle Bramhall II (NDR : il a longtemps milité au sein du backing groupe d’Eric Clapton), est imprimée sur un tempo répétitif, une piste caractérisée par un seul envol ; en l’occurrence celui de Johnny Main, particulièrement élaboré, créatif et surtout très réussi. En outre, l’intervention finale de Van Herzen est un réel bonheur et rappelle le regretté Lester Butler, une légende qui nous a quittés voici déjà 21 ans. Blues lent, "Helsinki blues" est signé par l’harmoniciste James Harman (NDR : issu de Los Angeles, ce vétéran est également un de leurs potes). Ce morceau permet encore aux deux solistes de briller de mille feux. Et cet LP ‘artisanal’ s’achève par le "44's Shuffle" de T-Bone Walker, un final sont The 44s s’acquitte avec passion et brio…

Ally Venable

Texas Honey

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Ally Venable est issue de Kilgore, dans le Texas. Un patelin sis pas très loin de la Louisiane. Cette disciple du blues/rock contemporain a commencé à chanter à l'église. Un début de parcours courant, outre-Atlantique. Au cours des dernières années, elle a collectionné les citations locales : meilleure guitariste, meilleur blues band et meilleur album ! Son backing group se résume à une section rythmique réunissant le bassiste Bobby Wallace et le batteur Elijah Owings. Avant de graver "Texas Honey", elle avait déjà publié "No glass shoes", en 2016, et "Puppet show", l'an dernier. A l'instar d'autres jeunes talents féminins, Ally a été signée par le label allemand Ruf. Quant à la production, elle a été confiée au talentueux blues rocker texan Mike Zito. Bien qu'elle soit à peine âgée de 20 printemps, elle signe la majorité de son répertoire.

Des riffs bien ancrés dans le blues/rock amorcent l'elpee. La voix d'Ally est empreinte de douceur. Privilégiant la slide, ses interventions aux cordes sont subtiles. "Broken" révèle son potentiel vocal qui recèle une réserve de puissance évidente. Elle construit progressivement son envol qui finit par faire mouche. Carré et rageur, le titre maître flaire bon le Texas. Véhiculant des accents dramatiques, "Blind to bad love" met bien en exergue l'amplitude vocale d'Ally. Dans le même registre, l'excellent "Come and take it" bénéficie du concours de d'Eric Gales (NDR :  ce blues rocker compte déjà 18 albums à son actif). Les deux musicos se partagent les vocaux et les envols, en toute complicité. La cover dynamique du "Love struck baby" de feu Stevie Ray Vaughan n'est pas vraiment une surprise. La gratte rythmique en slide de Mike Zito alimente l'épopée southern vécue par "One sided misunderstanding". Puissant, le riff de "White flag" évoque le "I love rock'n'roll" de Joan Jett. Une compo qui conjugue une belle dose de panache et de réalisme. "Running after you" concède une dernière chance à Ally d'étaler sa technique en slide ! Et de bonne facture, cet LP s'achève in "Careless love", une piste dont la rythmique est implacable...

Joost De Lange

Lonesome Wolf

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Drivé, vous vous en doutez, par Joost De Lange, ce power trio fondé il y a une dizaine d’années est issu d’Anvers. Il implique également le drummer Ramses Donvil et le bassiste Mitchell Goor. Son blues/rock classieux s’inspire de légendes comme Jimi Hendrix, Rory Gallagher ou Stevie Ray Vaughan. Joost est natif de Middelburg, en Zélande, et s'il aime le blues, il revendique aussi sa passion pour le hard rock. Son premier elpee, "Outlaw" remonte à 2010. "Lonesome wolf" constitue son sixième et fait suite à "Live in Antwerp", paru en 2017. Les onze plages sont signées Joost ! Et la musique baigne bien au cœur d’un hard rockin' blues qui ne manque pas de détermination, il faut l'avouer !

Dès les premières plages, on en est d’ailleurs totalement convaincus. La construction est solide et puissante, le sens mélodique soigné et la section rythmique très soudée. "Drifting away" et "Best shot" en sont de belles illustrations. Joost est un gratteur doué, inspiré, dont le rock flirte quelquefois avec le métal. Plusieurs plages affichent ouvertement les références aux mythiques guitaristes disparus du blues rock. Et tout d’abord à Stevie Ray Vaughan sur l’indolent "The river", quand le maître retravaille le classique du blues "Tin Pan Alley" ; cependant, confessons-le, Joost ne possède par la voix du Texan disparu ! Et puis "Lonesome wolf", une piste caractérisée par sa rythmique implacable et sa guitare conquérante. Toujours bien blues, "Dreams" se distingue par son envol de cordes tout en finesse. Le rock refait surface en fin de parcours. Et notamment tout au long de "Soul on fire" et lors de la finale "The Rambler", des morceaux qui lorgnent carrément vers Deep Purple. Enfin si la plage pop/rock "I'll be waitin" ne manque pas de charme, "Rock'n'roll radio" porte bien son titre, une compo accrocheuse rappelant le célèbre trio texan, Z.Z. Top. Ambiance!

Joost De Lange Band