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Dour Festival 2017 : vendredi 14 juillet

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Ce vendredi, place aux groupes rock qui ont acquis une certaine notoriété. Surtout en soirée, vu la présence de Two Door Cinema Club, Circa Waves ou encore The Kills. Puis, Pendulum devrait clôturer la fête, jusqu’aux petites heures du matin ; surtout si on est pris dans la tourmente du drum&bass. La journée sera très longue, car le premier concert intéressant commence à 14h30 et l’extinction des feux et des lumières est prévue pour 4h. On chausse ses grosses godasses et on y va !

Direction la fournaise du Labo pour entamer les hostilités. Mountain Bike est venu présenter son deuxième album, devant une foule encore un peu dans le gaz. Excentriques, les musicos grimpent sur l’estrade coiffés de perruques. Les pauvres vont devoir s’en débarrasser rapidement, tellement on suffoque sous ce chapiteau. Et en ce tout début d’après-midi, la chaleur est insupportable. Etienne et son band ont choisi leurs plus belles compos, fruit d’un mélange entre rock/garage un peu malsain, célébré sur leur premier elpee, et pop plus élaborée, proposée sur le second, un disque publié au printemps dernier. Ajoutez à la recette, une bonne dose d’énergie et le résultat est parfait pour enfin vous revigorer. C’est le deuxième passage à Dour du quatuor franco-belge ; et il est toujours aussi convaincant !

All Them Witches est programmé à la Caverne. La musique de cette formation américaine oscille entre psyché/rock aux réminiscences sixties et post rock. Le son est dense. Le public semble apprécier et certains festivaliers osent un pogo. La démarche est encore timide, mais elle a le mérite d’exister. D’ailleurs, lors de morceaux plus atmosphériques, quelques audacieux se lancent dans le crowdsurfing, grâce à la bienveillance de spectateurs toujours très attentifs aux bonnes trajectoires de ces courageux amateurs de sensations fortes.

Pas le temps de voir la fin du set, cependant, car il est temps de mettre le cap sur la Main Stage pour assister au set d’Anne-Marie. C’est une des étoiles montantes de la scène britannique ; et bien pop, les titres font littéralement mouche. D’autant plus que cette ancienne championne du monde de Shōtōkan-ryū (NDR : un art martial, qui appartient au karaté-do), ne manque pas de charme…

Circa Waves nous attend dans la Caverne. A l’instar de Temples, le band liverpuldien a brillamment réussi l’épreuve du deuxième album. Une bonne raison pour figurer à l’affiche du Glastonbury, fin juin. Celles et ceux qui apprécient Arctic Monkeys ne sont pas en terre inconnue. Car le band pratique un rock bien british, à la fois puissant et mélodique. Et ce style, votre serviteur aime… Dès les premiers riffs de gratte, la fosse est en effervescence. Les pogos éclatent dans la bonne humeur et la solidarité. Suivant la tradition, quoi ! Mais c’est évidemment lors du morceau final, en l’occurrence l’incontournable « T-Shirt Weather », que l’explosion se produit. Le chanteur demande aux festivaliers de grimper sur les épaules de ses voisins. Et y parvenir, au milieu des mouvements de foule, ce n’est pas du tout évident. Mais rapidement, les audacieux reviennent sur le plancher des vaches, pour savourer la fin de cet excellent concert…  

Dans la foulée, place à une des têtes d’affiche du festival : The Kills. En 16 ans d’existence, le duo anglo-américain a acquis une fameuse expérience. Alisson Mosshart a toujours autant de charme. Sa voix est fiévreuse, alors que la musique est plutôt ténébreuse et glaciale. Et c’est ce contraste saisissant entre passion et réserve qui finit par exercer une forme de fascination. Les compos sont mélodieuses mais puissantes. Riffs appuyés et envolées lyriques se succèdent. Un regret, l’absence de « Future Starts Slow », un de leurs tubes, dans la set list. Vraiment dommage…

Crystal Castles débarque alors dans la foulée. Les deux premiers long playings de ce duo électro avaient reçu un accueil plus que favorable auprès de la critique. Malheureusement, suite au départ de la chanteuse, Alice Glass, la nouvelle paire éprouve toutes les difficultés à trouver la bonne formule. Sur les planches, Edith Frances, la remplaçante, fait pâle figure. Elle semble complètement perdue et pas dans son état normal. Pas sûr qu’elle carbure à l’eau claire. Bien que soutenu par un groupe, le tandem va nous accorder un set à la limite de la décence. Même que privilégiant les lumières claires, le light show agresse gratuitement l’auditoire. Il est à craindre que Crystal Castles ne retrouve plus jamais son lustre d’antan…  

La soirée s’achève par le set électro de Wilkinson, qui pour la circonstance s’est déplacé en compagnie de son groupe. Avant celui, drum&bass, de Pendulum. Il est 4 heures du mat’, et il est temps de penser à prendre un peu de repos. Encore 45 minutes (!) de marche, et on pourra retrouver notre tente. D’autant plus que ce samedi, une nouvelle journée bien remplie nous attend encore. De toute manière, à Dour, le sommeil n’est que de très courte durée…

(Organisation : Dour festival)

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Alice Spapen, une merveille !

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Après s’être produite régulièrement en solo, Alice Spapen participe à The Voice saison 1, à l’âge de 17 ans.

Suite à ce moment marquant elle perfectionne son chant au jazz studio d’Anvers où elle rencontre Arthur, guitariste.

Leur complicité est immédiate et les mène à créer le groupe "Call me Lia".

Parallèlement, Alice décide de se lancer dans un projet acoustique plus personnel en français, mais toujours avec Arthur, et avec le soutien d’un violoncelliste sur scène.

Le trio nous plonge dans un univers intimiste et féérique, parfois drôle, parfois mélancolique, emmené par la douce voix aérienne d’Alice. A découvrir dans un premier EP, « Lueur », et un clip, « Coup bas » en cliquant ici .

Cette année, elle participera au Francofolies de Spa avec son projet personnel de chansons françaises, Alice Spa. Une session acoustique émouvante a d'ailleurs été enregistrée (disponible ici) .

La "Fin du Monde" est proche !

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Avec son nouveau clip « La Fin Du Monde » , titre extrait de son dernier album ii3, iNA-iCH exprime l’espoir d’un nouveau monde face à la folie des hommes.

A découvrir ici .

« A l'image de Mademoiselle K, une Nina Hagen contemporaine. » MARIANNE
« Indomptable et survoltée, une écorchée vive que rien n’arrête. »OUI FM
« Un chant de révolte agressif mais positif pour réveiller la lumière en chacun de nous. » FRANCOFANS
« Un album singulier où la musique semble être le sang qui frappe les tempes, avec une tendance à une certaine tension artérielle. » LYLO
« Kim-Thuy Nguyen est une Muriel Moreno sous extasy ou une Shirley Manson électrocutée. » SOUL KITCHEN
« Autant de titres forts et véritablement addictifs. » LONGUEUR D’ONDES
« Un mélange d’esthétisme et d’art à l’image de la chanteuse, exprime la fureur et le combat. » NOUVELLE VAGUE

 

 

Roule, roule ...

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Obsédés par leurs deux roues qu’ils emmènent un peu partout dans leurs pérégrinations et voyages, les Helvètes semblent dans ce clip complètement dopé à l’adrénaline que leur procure cette course folle.

Duck Duck Grey Duck sortira son prochain album à l’automne. Et si ce disque nomade, élaboré sur les routes, s’annonce plus sombre et spectral, le band nous en délivre ici un single bien punchy et coloré.

Vibrez donc ici sur l’hymne groovy de l’été 'Ride My Bike'.

 

Que "Justice" soit faite !

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Une bombe d'esthétisme... On ne peut pas mieux résumer le nouveau clip du duo électro-pop RIVE du titre « Justice » (à découvrir ici ) tiré de leur tout premier EP, Vermillon (distribution Sony Music).

Un patchwork d'images d'archive et de références détournées au grès des animations et qui offrent une autre réalité, une nouvelle lecture.

Un résultat poétique et détonnant où on se laisse emporter par les images d'une beauté rare.

RIVE EN CONCERT:

20/07/2017 : Francofolies de Spa
9/08/2017 : Brussels Summer Festival
25/08/2017 : Bucolique Festival - Ferrières
26/08/2017 : Août en éclats - Soignies
26/08/2017 : Festival Les Solidarités - Namur
21/09/2017 : Nuits du Soir (Le Botanique) - Bruxelles

Dour festival 2017 : jeudi 13 juillet

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Le réveil est très ‘matinal’ pour un festival (NDR : ça rime !) Faut dire que la journée est plus qu’intéressante ; et dès le début d’après-midi. Il y aura d’abord Animal Youth et puis surtout Lemon Twigs, Iddles ainsi que Temples. Quand on débarque un peu après 13h, il n’y pas grand monde sur la Plaine de la Machine à feu. Mais qu’importe, le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt… enfin, presque… Comme quoi regarder ‘loin’, c’est regarder ‘tôt’…

Ainsi à 13h20, Animal Youth ouvre le bal, au sein de la Caverne. La formation drivée par Guy Tournai pratique une musique dite ‘shoegaze’ ; mais en l’enrichissant de quelques touches post/punk, elle prend une autre dimension. Le combo belge est venu plaider la cause de son premier elpee, et il le défend plutôt bien. Le set s’achève par une version plus longue de « You Don’t Know Love », véritable tube en puissance. Dommage que la prestation n’ait duré qu’à peine plus d’une demi heure…

Prochain arrêt à la Petite Maison dans la Prairie, juste en face, pour assister au set de Lemon Twigs. Le duo new-yorkais a vraiment surpris tout son monde, lors de la sortie de son premier opus, en 2016. Ces gamins semblent vivre dans une faille spatio-temporelle tellement leur musique est contaminée par les 60’s et les 70’s. Les musicos affichent un dynamisme incroyable et une maîtrise instrumentale hors du commun, échangeant même plusieurs fois de rôle. Impressionnant ! Les tubes potentiels défilent tout au long de ce show bourré d’énergie. Une des premières grosses découvertes du festival !

Iddles va ensuite nous démontrer que Bristol est vraiment une ville qui se nourrit de musique. La formation anglaise pratique un punk ‘old school’. Véritable fanatique, le chanteur possède une voix puissante. Et quand il ne se sert pas du micro, il crache… Le band vient de publier un premier LP, unanimement acclamé par la critique, outre-Manche. Et s’il se distingue par ses compos solides, il est constitué de musiciens charismatiques qui aiment faire le show. A l’instar des deux guitaristes qui finiront par se lancer dans le crowdsurfing. Mais avant le son, c’est le fun qui prime pour les bad boys bristoliens. Ils possèdent l’art de la mise en scène ; aucun doute là-dessus. Et le public est réceptif. Une nouvelle bonne surprise pour cette édition 2017 !

Petite pause pain saucisse avant de se diriger vers la Caverne, où Temples va se produire. Et tout comme pour Lemon Twigs, le quatuor insulaire va nous proposer un voyage dans le temps. Leurs compos puisent leurs racines dans la musique britannique des seventies, et tout particulièrement chez Pink Floyd et ELO. Le combo a passé brillamment l’épreuve –souvent très délicate– du second long playing. Il est même meilleur que le premier. Dès l’entame du set, les morceaux s’enchaînent naturellement. Qu’ils soient extraits du premier ou du deuxième opus. Mais si « Keep In The Dark » (« Sun Structures »), passe parfaitement la rampe, ce sont surtout les compositions issues de « Volcano » qui enthousiasment la foule. A l’instar de « Mystery of Pop » et « Certainty » qui font forte impression. Mais le sommet de la prestation nous viendra, bel et bien, d’un titre plus ancien. En l’occurrence « Mesmerise », pourtant sans grand éclat sous sa version studio. Mais en live, elle est incroyable ! En fin de parcours, l’auditoire, connaisseur, reprend les paroles en chœur, durant de longues minutes. Et tant qu’il n’arrête pas, le groupe continue à jouer. Une situation qui va se prolonger pendant une bonne dizaine de minutes. Le chanteur n’en revient d’ailleurs toujours pas. Il ne s’attendait certainement pas à un tel accueil en Belgique. Ces jambes se plient et aucun doute, les larmes perlent de ces yeux. L’émotion est réelle et non simulée. Un moment de partage exceptionnel ! Et à l’issue du spectacle, cet air va trotter encore et encore pendant de longues heures, dans les têtes… Une énorme claque ! Manifestement, le groupe s’est considérablement bonifié depuis son passage à Tourcoing, en mars dernier. Pour le déloger de sa place de meilleur concert du festival, les autres concurrents vont certainement devoir courir…

The Strypes est donc venu défendre son nouvel album. Et, au cours de l’après-midi, il n’était pas rare de croiser un aficionado, vêtu d’un t-shirt à l’effigie du band. Sa ‘fan base’ est manifestement conséquente. Le rock/garage du combo est plaisant, mais en outre, il ne manque pas de charme. Les musicos ont acquis de l’expérience depuis leur dernier passage à Dour. Malheureusement, il faut regretter l’absence de prise de risques. Tout est un peu trop prévisible. Hormis, sans doute, la reprise du « Psycho Killer » de Talking Heads. Le petit grain de folie qu’on n’attendait plus. Bref, The Strypes aurait tout intérêt à se lâcher davantage, s’il veut passer à la vitesse supérieure…

L’heure de l’électro a sonné ! Et Todd Terje y connaît un rayon dans ce domaine. Le Norvégien a le don de composer des titres qui entretiennent la bonne humeur. Son positivisme contraste avec la nuit d’encre qui baigne la plaine. Les jeux de lumières sont superbes, et tout particulièrement, tout au long de son tube « Dolorean Dynamite ».

Un bon set avant de se diriger, le sourire aux lèvres, vers la tente, après un détour –il est 3 heures du mat’, quand même– par l’incroyable scène Elektropedia, qui accueille alors le drum&bass de Chase and Status. La foule est tellement dense qu’on peut à peine apercevoir le podium. Peu importe, nous nous posons quelques minutes avant de rentrer à la ‘maison’. Le festival est encore long et il est nécessaire de se reposer un peu. Même si dans le camping de Dour, cette notion de repos est toute relative…

(Organisation : Dour Festival)

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Dour Festival 2017 : mercredi 12 juillet

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C’est reparti pour cinq jours de folie sur la plaine de la Machine à Feu. Vers 13h, le pass est récupéré, et direction ‘parking’. Après avoir accompli un détour de près d’une demi-heure pour atteindre cette aire, il faudra encore faire la file pendant près d’une heure avant de pénétrer dans l’espace de stationnement. Décidemment, le parking sera bel et bien au centre des débats, lors de cette édition 2017. Pour le pire malheureusement. Et ce n’est pas fini, car il faudra encore patienter près de 45 minutes avant de commencer à planter la tente. La nouvelle configuration n’est pas idéale du tout…

Bref, après avoir pris un bref apéro, bien mérité, cap vers la Machine à feu. Aujourd’hui, ce sont deux pointures du rap francophone qui vont se succéder de 20h45 à 22h45. VALD ouvre la voie sur la Main Stage. C’est la deuxième fois d’affilée qu’on le retrouve à l’affiche ; et à nouveau, il va réussir à convaincre ses fans. Tout le monde est frais le premier jour, c’est peut-être plus facile de secouer le public ; mais quand même… L’ambiance est déjà excellente et donne le ton pour le reste du festival. Sous un ciel bleu, le petit gars enchaîne ses titres avant de céder la parole à son pote Damso.

Il faut simplement se rendre en face, devant le podium de la Jupiler Boombox. Et l’ambiance monte encore d’un cran. Le chapiteau est surpeuplé. Le public, survolté. Le Bruxellois est une des étoiles montantes en Belgique, et ses punchlines ont même traversé les frontières. « Bruxelles Vie » et « Débrouillard » sont évidemment deux moments forts du show. En outre, même si c’était plus que prévisible, le public s’enflamme lorsque son ami VALD le rejoint sur l’estrade pour interpréter « Vitrine », une chanson issue de leur collaboration. Un concert de qualité, sans aucun doute !

M.I.A débarque alors sur la Main Stage. La Sri lankaise est très attendue… Mais elle va décevoir. Son set sera sans âme et téléguidé de A à Z, jusqu’au rappel, « Paper Planes ». Les réactions sont unanimes ou presque : on vient d’assister à un des plus mauvais concerts du festival. Les organisateurs doivent s’en mordre les doigts, surtout que la jolie brune ne doit pas se déplacer pour trois bières et un pain saucisse…

La soirée s’achève à 2h, après le set d’un gars venu tout droit de Bristol : Vandal. Le co-fondateur du célèbre Soundsystem Kaotik propose de la techno pimentée par quelques touches Reggae et Rave Music. De qui terminer ce mercredi (jeudi ?) sur une note plus positive…  

Le premier jour à Dour constitue toujours une forme d’amuse-gueule. Il permet aux festivaliers de s’installer en début d’après-midi, de se réunir autour d’une bière avant de profiter de quelques concerts le soir. Un début en douceur qui sera suivi par quatre jours de folie. C’est parti !

(Organisation : Dour festival)

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Cactus 2017 : dimanche 9 juillet

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Le soleil sera toujours au rendez-vous tout au long de cette troisième journée du festival. Et si elle semble la plus intéressante, il y a moins de monde que les deux jours précédents. On y croise de nombreux enfants, souvent grimés, qui vont à la chasse aux gobelets vides, afin de les échanger contre un tee-shirt à l’effigie de l’événement. On croise même l’un ou l’autre édile politique, au sein de la foule. Bref, l’ambiance est on ne peut plus conviviale.

Et notre journée commence par The Temper Trap, un groupe australien établi à Londres. Le quatuor pratique une sorte de britpop, fortement influencée par Coldplay et U2. Même que le guitariste soliste semble parfois hanté par The Edge. Les compos sont, en général hymniques, et parfois contagieuses. Et puis le chanteur, Dougy Mandagi, possède une voix puissante, dans un registre proche de Ian Astbury (Cult). Parfois, et c’est plus intéressant, l’expression sonore se révèle plus élaborée, presque prog, moment choisi par le batteur pour démontrer toute l’amplitude de son drumming. On aura même droit à un instrumental terriblement excitant, réminiscent du « Papa's got a brand new pigbag » de Pigbag voire de la house mancunienne pratiquée par A Certain Ratio, à une certaine époque, mais sans les cuivres. Et le set de s’achever par l’euphorisant « Sweet Disposition »… et en effet, sans casser la baraque, ce concert nous a mis dans de bonnes dispositions pour la suite de la journée…

Local Natives a davantage mis l’accent sur le r&b et l’electronica, tout au long de son dernier opus. Mais lors de ce set, le groupe californien a eu le bon goût de ne pas négliger les guitares, pour autant. Il y en a moins, mais il y en a encore. Bien sûr, sa musique est de plus en plus alimentée par les claviers, à l’instar de nombreux groupes contemporains, qui squattent les stations radiophoniques. Mais, d’abord le tempo est toujours bien soutenu (NDR : ce drummer l’imprime à une cadence infernale) et puis les harmonies vocales sont absolument superbes, limpides, parfois réminiscentes des Beach Boys. Quant à l’expression sonore, elle navigue plutôt entre Fleet Foxes et Talking Heads, une sorte de pop West Coast aventureuse qui a véritablement brillé tout au long de « Wide Eyes » et « Airplanes ». En finale, le quintet californien nous a réservé un titre d’abord lancinant, mais dont l’intensité va monter en crescendo, un peu comme chez Sonic Youth. Et dans ce registre, c’est le pied !

La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un concert de Sophia, c’était en 2004, au Grand Mix de Tourcoing. Soit à l’époque de la sortie de l’album, « People are like Seasons ». En 2006, Robin Proper-Sheppard avait également accordé une interview à votre serviteur, soit avant la publication de l’elpee, « Technology won't save us ». Depuis, le groupe a publié deux autres long playings, dont « As We Make Our Way (Unknown Harbours) », l’an dernier. Paradoxalement, la set list va privilégier plusieurs plages issues de « Fixed waters », un opus gravé en 1996 ! A l’instar de « So slow », « Are you happy now » ou « When you’re said ». Mais aussi, des compos qui figurent sur ses autres long playings, dont bien sûr, son dernier. Outre Robin, partagé entre la gratte électrique et la sèche, le line up implique deux autres guitaristes, dont l’un d’entre eux est le plus souvent assis, et double régulièrement aux claviers, un bassiste et un drummer. La frappe de ce dernier est étonnante. Elle est percutante, mais faussement lente, pour bien épouser le rythme des compos. Le début de set est plus ou moins paisible. Robin y privilégie la guitare acoustique ; mais progressivement les morceaux se chargent d’intensité, même les ballade lancinantes, aux sonorités bringuebalantes, tintinnabulantes, pour atteindre leur summum, lors des deux derniers morceaux, et tout particulièrement l’incontournable « The River song » (NDR : ce titre figure sur l’album « The Infinite Circle », paru en 1998) dans un déluge d’électricité psychédélique. Les musicos sont alors en transe, et dans l’esprit de votre serviteur, le spectre d’Echo & The Bunnymen du tout début des eighties, se met curieusement à planer. Le sommet du festival Cactus, pour l’édition 2017 !   

Maarteen Devoldere, le chanteur/compositeur de Balthazar a donc décidé de monter un projet parallèle, Warhaus, auquel participe Sylvie Kreusch, également chanteuse chez Soldier’s Heart. En live, le line up est renforcé par Jasper Maekelberg, qui milite au sein de Faces on TV, et du batteur de Balthazar, Michiel Balcaen. Sylvie est montée sur une petite estrade. Elle porte une tenue légère, à travers laquelle elle laisse transparaître des dessous sexy ; mais que recouvre un manteau de couleur rouge… largement ouvert. La musique proposée est plutôt atypique, un peu comme si elle était née de la rencontre entre celle de Nick Cave et de Serge Gainsbourg. Maarteen chante d’une voix très particulière, joue de la guitare, du melodica ou de la trompette. La voix de Sylvie est plutôt sensuelle. Le band déstructure les rythmes africains tout au long de « Love’s a stranger » et « The Good lie ». « Memory » évoque davantage Balthazar. Mais, non, le public a beau s’enthousiasmer, votre serviteur a du mal à accrocher. C’est trop kitsch à son goût. Un point positif à souligner quand même, l’originalité du light show ; et pour cause en arrière-plan, sur d’immenses panneaux, sont disposés des carrés renversés qui laissent percer des faisceaux lumineux, majoritairement dans les tons rouge orangés et qui forment parfois des étoiles.

Explosions in The Sky est aujourd’hui considéré comme l’archétype du groupe post rock. Parce qu’il en manifeste toutes les qualités, mais aussi les défauts. Par rapport au style menaçant de Mogwai ou richement texturé de Godspeed You Black Emperor, celui du band texan peut se révéler épique et majestueux, mais aussi souffrir de nombreux clichés. Bref, on reproche surtout au quintet, un manque d’évolution. Pourtant, sur l’estrade, les 5 musicos se démènent comme de beaux diables. Le plus souvent sous l’impulsion des 3 guitares. Perso, j’estime que ce type de musique gagnerait en se servant de projections. L’absence de chanteur limite toute attitude charismatique. Alors pourquoi ne pas y avoir recours, en rendant l’expression sonre encore plus visionnaire ? Sans quoi, le set s’est révélé de bonne facture, sans le moindre accroc, et s’est achevé dans un tourbillon apocalyptique, sous les lights, dont les stroboscopes, de plus en plus aveuglants…

Goose est issu de Courtrai. Son style ? L’électro/rock. Il a publié son dernier elpee, « What you need », l’an dernier. Mélodique, son style lorgne à la fois vers Depeche Mode et Bonzai. Mais sa musique est avant tout dansante. Programmé en finale du festival, le quatuor a ainsi littéralement mis le feu au Minnewaterpark qui s’est rapidement transformé en immense piste de danse, inondée par un light show éblouissant, dans tous les sens du terme. Les milliers de festivaliers ont ainsi fait la fête, levant les mains en l’air dans un même élan, et personne n’a eu envie de quitter le site, avant la fin du show…

(Organisation : Cactus)

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(Merci à Nick)


LaSemo 2017 : dimanche 9 juillet

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En ce dernier jour du LaSemo, les conditions estivales demeurent. Il devrait pleuvoir seulement en toute fin de nuit. Une aubaine pour les organisateurs !
La plaine est un peu plus clairsemée que la veille. Est-ce une faute de goût dans la programmation ?
Quand on croise les quelques festivaliers rencontrés les jours précédents, on remarque qu’ils ont tous des yeux gonflés et que leur peau tire sur le jaune. La fatigue commence à opérer !
Le site est d’une propreté à faire pâlir un Dour Festival. Faut dire que les bénévoles travaillent d’arrache-pied afin de l’entretenir. Et le public est fort différent, plus propre, plus familial, plus respectueux aussi ! Si ici, le peuple recherche avant tout un moment de détente, dans le second cas, c’est nettement le côté découverte et festif qui prime.
Votre serviteur est nettement moins tenté par le menu proposé aujourd’hui ! Faute avouée est à moitié pardonnée.

Un nom m’attire particulièrement : celui de Barcella. Je ne sais trop pourquoi, mais je me dirige vers la petite scène où un bon millier de personnes sont rassemblées.

Très impressionnant, le gaillard est vêtu d’une chemise longue en flanelle, et coiffé d’un bonnet en laine. Il en a du courage, alors que le soleil frappe durement sur Enghien. Il perle de sueur tout comme les festivaliers d’ailleurs (NDR : mais eux ne portent que le minimum syndical).

Homme de scène, il a décroché plusieurs prix émérites : championnats de France de Slam Poésie, prix Jacques Brel de Vesoul, récompense auprès de l'académie Charles Cros, pour son spectacle ‘Charabia’, etc.

Très à l’aise sur l’estrade, il jouit d’une longue expérience, puisqu’il a notamment assuré le supporting act de Jacques Higelin, Francis Cabrel, Sanseverino, Cali, Tryo, Zebda ou encore Thomas Dutronc.

Mathieu Ladevèze, à l’état civil, est un amoureux de la langue de Voltaire. Il aime le mot, le détourne de son contexte, l’utilise comme matière première, le façonne, l’envie, l’élève, le fait grandir, trie le bon grain de l’ivraie, avant qu’il ne renaisse dans chacun de ses textes, sur une musique dont la poésie moderne colle parfaitement à la chanson française.

Une évidence ! La seule. Il propose un ‘live’ où n’ont droit de cité que l’humour et la joie de vivre. Le gaillard rend festif ses propos, les malmènes, les triture, les enjolive parfois sans tomber dans la mièvrerie. Les seuls maîtres mots : bonheur et onirisme !

Cataloguer cet artiste de bouffon serait lui faire honte. C’est plus que ça. Bien plus ! Toujours en recherche d’exigence et d’inédit, sa conception musicale est concise et précise, entourant des jeux de mots percutants et réfléchis, tout au long d’un flow soutenu par des textes rageurs et affûtés, qu’il dispense en manifestant une autodérision majeure et éphémère.

Son énergie est contagieuse. Il passera d’ailleurs la moitié du concert sur le toit du piano d’un de ses musicos. Faut croire que le matos est solide. Ce type est vraiment déjanté.

Moment fort du spectacle, lorsque dans un élan de courage, il adresse un message au public féminin venu en masse. Lors d’un discours éloquent, il rend hommage aux… salopes. 

Mais pas misogyne pour un sou (selon ses propres dires), il sous-entend par là, les maladies, les catastrophes, etc. Bref, toutes ces saloperies qui nous empoisonnent la vie et qu’il qualifie ainsi…

Le public, pris au jeu, scande de plus en plus fort, cette expression rendue vulgaire aux oreilles des plus jeunes, présents eux aussi. Alors, pour faire passe la pilule (le politiquement correct est de mise), il insiste pour la transformer en ‘escalope’. C’est plus doux, certes, mais l’essence même a perdu de son intensité et de sa crédibilité…

Après une heure d’une jolie parenthèse inattendue, à bâbord toute ! A une centaine de mètres de là, se déroule un spectacle tout public. Intitulé ‘Voyage en bordure du bout du monde’, il narre les aventures du philosophe Sophocle.

Curieux, je prends place au milieu d’une ribambelle d’enfants bouches bées. Nous nous retrouvons tous au cœur d’une histoire qui traite de clowneries, tragédies et magies noires. Plutôt sympa comme expérience !

Entrons ensuite à l’intérieur du château. C’est un vieux bâtiment et il y fait bien frais ! Un showcase y est à nouveau organisé ! Surprise, c’est à nouveau Barcella qui s’y produit.

Que faire ? Je décide de rester ! L’air est frais et une hôtesse vient apporter aux convives une coupe de champagne. Comment refuser ?

L’angulaire est quelque peu différente. D’un concert accordé devant un millier de personnes, le gars se retrouve prostré face à un petit parterre réunissant à peine trente convives triés sur le volet.

Le set est davantage acoustique, le drummer n’a emporté qu’une grosse caisse, une caisse claire, un charley et une paire de balais. Chauve, le claviériste se sert d’un synthé moins sophistiqué. Pas question de s’y poser !

Mathieu en profite alors pour entamer un tour de chant, privilégiant les compos non abordées précédemment et celles qui ont fait le succès festif que l’on connaît.

L’énergie est forcément plus contenue ici, l’environnement affiche ses limites ! Mais, de nouveau, ce concert est de très bonne facture.

Virage à 180 degrés en compagnie de Soviet Suprem. La peur de prendre dix ans au goulag m’incite à me diriger, tout droit, vers la petite scène. Pas le choix ! Autant dire que je suis entre le marteau… et la faucille (faux cils ?)…

Mais qui sont-ils ? Des soldats de l’ex-URSS ? A en décevoir certains, il s’agit tout simplement d’un groupe s'appropriant un style de musique faussement originaire des pays de l'Union soviétique, mêlant surtout influences balkaniques, militaro-punk et électro. Le tout, chanté dans la langue de Molière.

Mais que veulent-ils ? Déclencher la révolution chez ses sympathisants ? Peut-être ! En tous cas, parfois surnommés les ‘Beastie Boys des Balkans’, Sylvester Staline (alias R.wan, chanteur du groupe Java), John Lénine (alias Toma Feterman, chanteur de La Caravane Passe) rejoints par DJ Croute Chef, ne souhaitent ni plus, ni moins, insuffler chez les quelques léthargiques encore statiques qu’une sacrée dose de sons tonitruants et mettre le feu… au rideau de fer !

Les personnages, créés de toute pièce, prônent le rassemblement des peuples amateurs de musiques festives et la révolution du dancefloor par une relecture des musiques du monde à travers un prisme soviétique sur fond d’accents politiques déjantés. Vous comprenez toujours ? Tant mieux, parce que votre serviteur, lui s’y perd un peu…

Au final, alors que presque trente ans nous séparent de la chute du Mur de Berlin, les codes de la guerre froide sont encore bien présents ! Résultat des courses, ce cocktail a failli faire… Führer !

On n’est plus dans le second degré, mais dans le trentième ! Ames sensibles, s’abstenir donc !

Votre chroniqueur prend maintenant le temps d’une pause bien méritée et s’assied dans l’herbe du ‘Jardin Fleuri’ afin d’y contempler un spectacle de funambule. Suspendues à un fil en acier, les Filles Du Renard Pale défient gracieusement les lois de l’apesanteur, entre poésie et légèreté.

Une bonne quinzaine de minutes plus tard, re-direction la petite scène pour y entendre les Fatals Picards.

Issus de Paris (et non du Nord de la France, comme leur patronyme pourrait le laisser penser), ils prodiguent un savant mélange entre ska et variétés. Autant le dire, c’est kitsch à souhait ! Du spectacle au ras des pâquerettes même…

De quoi mourir d’ennui ! Même leur titre phare, « Bernard Lavilliers », pourtant décapant, ne parvient pas à susciter, en mon for intérieur, un soupçon d’adrénaline. Les bâillements s’éternisent à s’en décrocher la mâchoire. Il est temps de changer d’air !

J’en profite alors pour faire le plein de calories auprès d’un stand vietnamien.

Pas facile pour un artiste de revenir sur le devant médiatique lorsque, pur produit marketing issu de l’industrie musicale, on a connu un succès aussi fulgurant qu’inattendu.

C’est le cas de Saule ! Sa déferlante « Dusty Men », qui l’associe à Charlie Winston, compte plus 100 000 singles vendus et 10 millions de vues sur Youtube !

Mais, c’est mal connaître le Montois d’origine ! Loin de ses collaborations opérées en compagnie de Franco Dragone, Dominique A, Charlie Winston, Benoît Mariage, Sacha Toorop ou encore Samuel Tilman, il vient défendre au LaSemo les couleurs d’un nouvel album, fraîchement sorti...

Intitulé « L’embellie » et mis en forme par l’Américain Mark Plati (David Bowie, The Cure, Alain Bashung et les Rita Mitsouko, entre autres), ce disque est fondé, comme son nom l’indique, sur un positivisme éclairé, un embryon de renaissance.

A 20 heures pétantes, il débarque, entouré de quelques musiciens ! Une prestation sans surprise, entre chansons accrocheuses (« Comme »), belles rythmiques (« Respire ») et titres plus intimistes et profonds (« Delove Song »).

Saule est un amoureux de la sémantique et est doté d’une capacité pour écrire de jolies chansons dans la langue de Molière.

Généreux, exubérant, passionné et persévérant, il dépassera ses limites et sa timidité naturelle sur les planches pour le grand bien du parterre lui aussi… passionné !

Babylon Circus clôture cette dixième édition. Une nouvelle page de l’histoire musicale se tourne ! Comme dit l’adage, toutes les bonnes choses ont une fin !

De nombreux bénévoles sont déjà affairés à démonter une partie du matos, comme la petite scène, les décors, etc.

Le site est nettement plus clairsemé à cette heure par rapport à la veille. Faut dire que le lendemain, c’est un jour ouvré. Qui dit juillet, ne rime pas forcément avec congé !

Formé en 1995 à Lyon, le combo s’est forgé peu à peu une réputation solide qui l’a emmené à découvrir au gré des tournées pas moins de 35 pays différents. 

Objectivement, le travail de créativité est abouti. Les cuivres font la part belle aux compositions, parfois très en retrait par rapport aux guitares. C’est intelligemment construit !

Rock alternatif et chanson française se conjuguent au milieu d'un ska sorti de nulle part. Le groupe a traduit cette diversité en force.

Mais, BC s’y perd un peu au final. Les sonorités laissent percevoir un sentiment de déjà entendu et réentendu, comme s’il s’essayait encore dans un style avant de l’épouser définitivement.

Poussive, la prestation dispensée éveille à peine quelques applaudissements parmi l’auditoire. Seuls les fans insulaires restent éveillés.

Autant y aller tout de go, votre serviteur n’a pas du tout été convaincu par ce qui devait être l’apothéose de la soirée.

Frustrant de terminer sur une fausse note n’est-ce pas ?

(Organisation : LaSemo)

Cactus 2017 : samedi 8 juillet

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Deuxième jour du festival Cactus. Et au sein de la programmation, on épinglera surtout les concerts de Steve Winwood et en finale, de Kaiser Chiefs. Pour ce dernier on se demande quand même de quelle nature sera son show, depuis que le principal compositeur et drummer, Nick Hodgson, a quitté la formation, en 2012…

Coely Mbueno est anversoise. Elle est surnommée la Beyoncé belge. Son hip hop est du goût du public. Elle reçoit le concours du rappeur Dutch Norris pour « Don’t care », incite la foule à frapper dans les mains lors d’un exercice de beatbox et transforme à sa sauce le « Could you bel loved » de Bob Marley…

Etabli à Los Angeles, Rhye est un projet réunissant le chanteur canadien Milosh (NDR : qui joue aussi parfois de la six cordes ou frappe sur un tambour) et le multi-instrumentiste danois Robin Hannibal. Sur les planches, outre le leader, on remarque la présence d’un violoniste, d’une préposée à la double basse (NDR : instrument qui sert à la fois de contrebasse et de violoncelle), ainsi que d’un batteur, un claviériste et un gratteur. Michael chante d’une voix haut perchée des compos dont les textes sont empreints de sensualité, voire à connotation sexuelle, et qui mêlent r&b, jazz, néo-classique et électronica. Mais surprise, on a beau chercher, où donc se cache Robin Hannibal ? Soit il est absent, soit il a complètement changé de look. Pas de trace, en tout cas, d’un musicien aux cheveux longs qui touche à des tas d’instruments, comme la guitare, le violon ou le cor. Pas grave, le public semble complètement indifférent à cette prestation. Et pourtant, le groupe essaie, vaille que vaille, de le sortir de sa torpeur, probablement causée par le soleil de midi. Sans succès. M’enfin, un tel show serait bien plus adapté en salle ; ténébreuse et voluptueuse, la musique de ce combo exigeant, sans doute, une ambiance davantage intimiste…

La transition a donc été brutale, en compagnie de Millionaire. A sa tête, on retrouve Tim Vanhamel, qui a notamment milité chez Evil Superstars et dEUS, mais aussi reçu le concours de Josh Homme (le leader de Eagles of Death Metal), lors des sessions d’enregistrement de son second elpee, « Paradisiac ». Tim monte sur l’estrade en exhibant un cactus… dans un pot, quand même. Il le pose sur les planches et se prosterne devant lui. Enfin, il empoigne une sorte de ‘cigar box’ et se lance dans un long solo. A l’issue du premier morceau, il crie ‘hello’ et on lui apporte une guitare plus conventionnelle, alors que son backing group le rejoint. Soit un bassiste, un drummer et deux autres gratteurs, dont l’un d’eux se consacre circonstanciellement aux claviers. Et le set de se révéler particulièrement électrique. Vu la manière de trafiquer sa voix ainsi que le nombreux breaks dans les compos, on ne peut s’empêcher de penser à Jon Spencer & The Blues Explosion (« I'm Not Who You Think You Are », « Sciensing »). L’interaction entre les différents gratteurs est remarquable. Le set nous réserve cependant encore une compo mid tempo mélodieuse, romantique, interprétée dans l’esprit de The Veils, un tordu « I’m on high », qui pourrait figurer au répertoire de Triggerfinger, et s’achève par « Champagne », un stoner d’excellente facture, qui met un terme à un set qui l’a été tout autant…

Le vétéran de service pour l’édition 2017 du Cactus sera Steve Winwood , une légende vivante qui a joué, notamment, en compagnie de Jimi Hendrix, Klaus Shulze et des tas de bluesmen (NDR : dont B.B. King, Bo Diddley, Chuck Berry, Eddie Boyd, Howlin' Wolf, John Lee Hooker, Muddy Waters, Otis Spann, Sonny Boy Williamson II et T-Bone Walker), sévi chez le Spencer Davis Group et Traffic, sans oublier fondé le super groupe Blind Faith, en compagnie d’Eric Clapton et de Ginger Baker. Et il n’a jamais cessé de bosser comme musicien de studio. Le nombre de long playings auxquels il a participé, est vraiment impressionnant ! Il fêtera ses 70 balais l’an prochain, et manifestement il respire la forme. Il a emporté son orgue Hammond et lorsqu’il cède sa place au multi-instrumentiste (percus, saxophone ténor ou alto, flûte, etc.) c’est pour jouer de la guitare. Et franchement, vu son toucher de cordes, on se rend compte qu’il a côtoyé Clapton. Outre son relais, il est soutenu par un percussionniste, installé au milieu de l’estrade, un guitariste (NDR : qui porte un drôle de chapeau) et dont le manche de gratte est sectionné, un drummer (NDR : placé à droite, il se sert d’un matos bien achalandé) et un bassiste. La présence d’un percussionniste et d’un drummer va communiquer une coloration latino à la majeure partie du répertoire. Parfois, le spectre de Santana se met même à planer. Très caractéristique, la voix de Steve est intacte. Et le personnage reste humble. Il fait son job. La prestation s’ouvre par la cover du « I’m a man » de Bo Diddley, une compo que le Chicago Transit Authority avait magnifiée en 1969 ! La set list va nous réserver des classiques pour la plupart délicieusement rognés par les claviers, mais aussi des standards au cours desquels il se réserve la six cordes, comme sur « Can’t find my way home  », qu’il interprète remarquablement en picking ou le blues/rock imparable « Had to cry ». Il n’en n’oublie, bien sûr, pas l’éternel « Gimme some lovin’ ». Bref, un chouette moment, même si on aurait aimé savourer davantage de titres issus du répertoire de Blind Faith et de Traffic. L’ovation est méritée, et c’est bras dessus, bras dessous, que le quintet salue la foule.

Jamie Lidell est un chanteur britannique de néo soul. Son influence majeure, c’est Stevie Wonder. Et pourtant, ce soir, il est soutenu par un group de rock. « Multiply » ouvre les hostilités, un titre qui a servi de générique à la série télévisée, ‘Grey's Anatomy’. L’artiste se produisait la veille dans le cadre du North Sea Jazz Festival, et il faut croire que l’air de la mer du Nord lui fait le plus grand bien, car il a accordé un set particulièrement solide, comme le souligne si bien sa chanson, « A little bit of feel good »…

Il revenait donc à Kaiser Chiefs de clôturer la soirée du samedi. Et la formation va se fendre d’un excellent show, en passant quasi-exclusivement ses tubes en revue. Depuis « Everyday I love you less and less » à « Coming home », sans doute le titre le plus probant composé par le band, au cours des 5 dernières années, en passant par « Ruffians on parade » (woohoo !), au cours duquel Wilson est monté sur les drums, « Na na na na na », « Modern way », « Ruby », la cover du « Ever fallen in love » des Buzzcocks, « Never miss a beat », « Angry mob », au cours duquel Wilson va inviter la foule à reprendre le refrain en chœur, et sans doute la meilleure chanson jamais écrite par la formation insulaire, « I predict a riot »...

(Organisation : Cactus)

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(Merci à Nick)

LaSemo 2017 : samedi 8 juillet

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Seconde journée du LaSemo. Il fait toujours aussi chaud ! Il est pourtant 18 heures lorsque les pieds de votre serviteur foulent la plaine du Château d’Enghien.
Les moustiques profitent de cette profusion de bras nus pour vous attaquer et vous piquer, sans crier gare. Outre la protection contre les rayons du soleil, il est judicieux de se badigeonner la peau de produits adéquats pour éviter ou soigner les démangeaisons.
Les couacs de la veille semblent avoir été solutionnés ; on peut maintenant recharger ses pépètes sans trop de difficultés. Les appareils fonctionnent correctement ! Ouf !
Votre serviteur en profite pour approvisionner son bracelet électronique, placé au poignet, pas à la cheville, quand même !
L’affiche est encore superbe. Et déjà un choix cornélien se pose. Finalement, la décision est prise. Ce sera le régional de l'étape, en l’occurrence le sympathique rebelle Cédric Gervy, la candide et ‘freluquette’ Bini (la grosse surprise de la journée) ainsi que la bande à Alex Callier et Raymond Geerts, Hooverphonic.
Jean-Jean (l’animateur phare) rappelle constamment qu’il serait sage que les parents négligents évitent de paumer consciemment leurs enfants, pour profiter du spectacle.
C’est fou le nombre de bambins esseulés et apeurés que l’on croise ! Alors qu’il suffirait de se rendre aux stands appropriés pour leur réserver une nominette sur laquelle figurerait un numéro de téléphone utile. La parenthèse est close.

Pas de temps à perdre ! On entend au loin une voix qui semble familière. Celle de Cédric Gervy.

Un habitué des lieux. Sur les dix éditions, il s’est produit à neuf reprises. C’est dire s’il est apprécié !

Un LaSemo sans Gervy, c’est comme si vous mangiez des frites sans sel ! Quelque chose de complètement inconcevable dans le plat pays…

Votre serviteur apprécie cet artiste. Un personnage particulièrement humain, disponible et d’une sincérité à toute épreuve. Sans langue de bois, il s’est livré à un sympathique jeu de questions/réponses, il y a deux ans. Une interview touchante !

D’habitude, il écume les scènes en solo. Il s’est lancé, pendant quelques années, au sein d’un projet collectif : Cedric (et les) Gervy, impliquant Mr Chapeau, le gratteur RenRadio et le drummer Tyler Von Durden. Courant 2009, ce dernier a été remplacé par The Robot.

Balayant d’un revers de la main cette quasi-étape obligée de starification, il a préféré mettre un terme à cette collaboration afin de poursuivre en solitaire la propagation de sa bonne humeur. Le titre « Putain, j’ai failli être connu » est éloquent à ce sujet.

Oh, surprise, aujourd’hui, il est flanqué de ses comparses d’autrefois. Le spectacle risque d’être à la hauteur de cet anniversaire. Dix ans, ce n’est pas rien quand même !

D’emblée, il affirme qu’il serait heureux d’être encore là dans une décennie. Nous aussi l’ami !

Il s’adresse aux plus jeunes et leur demande s’ils sont heureux d’être en congé, parce lui l’est depuis quelques jours (il est prof de néerlandais). Natuurlijk !

Son fil conducteur, c’est le calembour. Mais pas que ! Parce que le leitmotiv va bien au-delà.

Chacune de ses chansons véhicule des messages forts et pertinents. Les thématiques sont souvent dénuées de tout stéréotype et bien éloignées de ce fameux ‘compromis à la Belge’

Gervy, chanteur sérieux, mais ne s’y prenant pas trop ?

Il dépeint les problèmes sociétaux à travaux des thématiques choisies en fonction du moment (la crise, l’addiction aux jeux, …) Mais, ne dites surtout pas que c’est un chanteur engagé !

Détail intéressant, l’auditoire est composé d’une pyramide des âges très large. De jeunes enfants accompagnent leurs parents. C’est dire la popularité de ce mec. Tout a fait justifiée d’ailleurs…

Lui, ce n’est pas du sang qui coule dans ses veines, mais un savant mélange de bonne humeur et de joie de vivre.

Autant dire que ses concerts sont synonymes de franche rigolade. C’est une thérapie contre la morosité ambiante à lui tout seul. Faudrait même que la sécurité sociale rembourse chacune de ses prestations tant il fait du bien à l’âme. On en ressort complètement soulagé. La larme à l’œil même, tant les fous rires sont légion…

Ses plus gros titres ont été scandés par un parterre en transe : « George est content », « Que c’est chiant le reggae », …

Direction maintenant le Château, pour y assister au showcase privé de Bini. Je ne connais pas. Autant découvrir.

Certains festivaliers confondent la jeune fille avec un quasi-homonyme baptisée Bibie (la black ronde qui chantait « Tout simplement » en 1985). Ce n’est pas dans le même registre ! Elle n’a pas la même carrure, non plus…

La sécurité à l’entrée accomplit parfaitement son travail. Il faut montrer patte blanche si l’on veut accéder au précieux sésame. Par ces temps anxiogènes qui courent, c’est rassurant !

Du haut de ses dix-huit printemps, la demoiselle pose des mots en français sur des accords universels, histoire d’emballer des morceaux tout fous et un peu foutraques.

Elle est accompagnée du padre. Et en pyjama s’il vous plaît ! Tenue normale pour une gamine de cet âge ? Le show s’annonce très second degré, en tout cas…

Mais, il en faut plus pour la déstabiliser ! Elle s’accroupit, prend une feuille de papier et griffonne les titres qu’elle va interpréter !

Et votre serviteur ne s’est pas trompé ! Elle s’excuse presque d’être là et baragouine quelques mots. Elle ignorait même, jusqu’à il y a peu qu’elle devait assurer un mini concert d’une demi-heure…

Elle en a même oublié son capodastre (système utilisé pour transposer le manche de guitare). Heureusement que papa pense à tout, n’est ce pas ?

D’un pas décidé, il s’exécute machinalement. Habitué de ces turpitudes ? Ca peut parfois servir un père, s’exclame t-elle, hilare.

Le public réunit une bonne vingtaine d’âmes qui vivent ! Pas mal se sont assis sur le sol joliment vitrifié, tout en sirotant la coupe de champagne offerte par la maison. Sympa la vie de châtelain !

Sèche à la main, lunettes rondes trop grandes pour elle et cul posé sur une vieille chaise en bois, elle commence à fredonner les premières notes d’une prestation qui restera iconoclaste.

La voix est fluette, son timbre fébrile. Presque inaudible. Faut dire que la gonzesse travaille sans micro.

Ses histoires, sont les siennes, elles lui appartiennent. Elle s’amuse à déclamer ses déceptions amoureuses. A les détourner, à les chantourner, à la chantonner, tout en légèreté.

Ses textes sont à la fois tristes et rigolos. On se surprend à sourire au détour d’une larme. Ou pleurer, au détour d’un sourire. C’est sûr, ‘elle n’aime pas les gens qui font du yoga’ !

Malgré son petit mètre soixante, on devient tout petit devant Bini et sa comparse Sandy (NDR : entendez par là, sa six cordes qu’elle alterne avec un ukulélé aussi grand qu’elle).

Puis, la donzelle surprend l’auditoire en fredonnant une kyrielle de tubes (« Let it be », « Somenone like you », etc., …) durant trois bonnes minutes sur un ton monocorde. Suffit de pincer deux cordes pour faire une chanson, dit-elle, en affichant un large sourire. Oui, mais faut du talent ma chérie ! Le tien par exemple…

Après une pause dînatoire bien méritée, prise au détour d’un stand bouffe, votre serviteur se dirige vers ce qui clôturera cette seconde journée de festival, à savoir Hooverphonic.

Fondé en 1995 par Alex Callier (basse, programmations et production) et Raymond Geerts (guitares), le groupe belge reste l’une des formations les plus populaires du pays.

Celui aussi qui a connu le plus de défections parmi ses chanteuses ! A commencer par Liesje Sadonius qui participera à l’enregistrement d’un premier album encensé par la presse en 1996, « A New Stereophonic Sound Spectacula ».

L’année suivante, Geike Arnaert lui succède sur « Blue Wonder Power Milk ». Mais, elle quitte le groupe pour voler de ses propres ailes, un an après la réalisation du septième opus, « The President of the LSD Golf Club ».

En 2010, c’est Noémie Wolfs qui rejoint l’équipe. Détail croustillant, elle ne possède pas d’expérience musicale et n’a suivi aucun cours de solfège.

Le groupe se concentre alors sur la réalisation de « The Night Before ». En 2013, elle participe à l’enregistrement de « Reflection », le dixième du genre.

Un an plus tard, la formation prend le parti de revisiter son propre répertoire à l’aide d’un orchestre symphonique, « Hooverphonic With Orchestra ».

C’est justement sous cette angulaire intrigante et rafraîchissante que le groupe va articuler son show.

Ils sont dix-sept sur l’estrade. Enfin, dix-huit si on compte la personne qui se charge du langage des signes. La partie symphonique est disposée au centre et les musicos sont répartis autour.

Si les cordes apportent un côté ouaté, voire glamour, l’instrumentation électrique transgresse discrètement cette courbe ascendante.

Le set offre une relecture de vingt années de tubes récents ou anciens (« Boomerang », « Gravity », « Ether », « Angels Never Dies », etc.).

Les vocalises sont assurées par les voix distinctes et intrigantes de Pieter Peirsman (qui se charge également de la gratte électrique) ainsi que de Kimberly Dhondt et Nina Sampermans. Ces dernières ont opté pour l’extrême gauche du podium. Ces différents timbres vont communiquer une identité spécifique à chaque chanson.

Un des moments forts de ce live, voire de cette édition toute entière, viendra de la prestation de Mister Peirsman, lors de la reprise de « Vinegar and Salt ». Foi de festivalier, jamais un timbre de voix ne m’a procuré autant d’émotions.

Ou encore, cette participation massive et fédératrice du public en entonnant ses ‘la-la-la’ sur « Hiding In A Song ».

Alex Callier échange régulièrement auprès de ses fans dans un français approximatif. Il s’autorise même à balancer quelques blagues. C’est dire !

Au total, une heure trente de chansons emblématiques proches des versions originales ou en s’y éloignant, mais issues d’un répertoire riche et varié.

Un set sobre, efficace et élégant. Que demande le peuple ?

Encore une soirée placée sous de bons auspices. Un petit détour à l’espace guinguette, histoire de se dégourdir le popotin ? Peut-être demain…

(Organisation : LaSemo)

 

Sleater-Kinney

Live in Paris

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Après 10 longues années de retraite, le trio de punk/garage féministe Sleater-Kinney (fer de lance du mouvement Riot Grrrl) a donc décidé de reprendre du service. Soit depuis 2015. Et c’est une bonne nouvelle. Corin Tucker, Carrie Brownstein (les deux membres fondatrices) et Janet Weiss (NDR : cette quatrième drummeuse dans l'histoire du groupe a débarqué en 1996) ont donc d’abord publié un huitième album, intitulé "No Cities to Love", un disque unanimement acclamé par la critique. Dans la foulée, la formation est partie en tournée européenne ; et, c'est à l'issue de celle-ci que le combo a décidé de sortir le premier ‘live’ de son parcours, en immortalisant son set accordé à la Cigale de Paris, en mars 2015.

Tout au long de ce concert, on retrouve la fougue punk et l’énergie du band originaire d'Olympia (NDR : c’est dans l'Etat de Washington). Sur les 26 titres interprétés lors de cette soirée, Sleater-Kinney n'a décidé d'en garder que la moitié. Aussi, certains morceaux ont été intervertis. La première partie propose ainsi des compos issues de son dernier elpee, dont « Price Tag », « No Cities to Love » et « A New Wave ». La seconde celles extraites des précédents long playings, et notamment « I Wanna Be Joey Ramone » ainsi que « Dig Me Out ».

Finalement, "Live in Paris" constitue une sorte de ‘Best Of’ pour Sleater-Kinney, et en même temps une belle opportunité si vous souhaitez découvrir cette formation devenue mythique.

 

Amanda Palmer & Edward Ka-Spel

I can spin a rainbow

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Ex-Dresen Dolls, Amanda Palmer a donc réussi à convaincre Edward Ka-Spel, le leader du mythique Legendary Pink Dots, mais aussi son idole, d’enregistrer un album en sa compagnie. Intitulé « I can spin a rainbow », il met en exergue les voix des deux artistes, des voix le plus souvent intimistes, chuchotées, presque en spoken word, un peu dans l’esprit conversationnel de l’elpee « Confessions of Dr dream and other stories » de feus Nico et Kevin Ayers ; même si de nature gothique, l’expression sonore est tramée par des arrangements électroniques fluides produits par des synthés. Ce sont finalement, les interventions de violoncelle, de violon et de piano qui communiquent de la variation aux compos. Parfois aussi des chœurs (samplés ?) et des bruitages, dont une boîte à musique. Ce vaudeville gothique est alimenté par des textes tout à tour sombres, impertinents, menaçants, dramatiques, ironiques et parfois même terrifiants (« The Jack of hands »).

En fait on est davantage en présence d’un projet art-rock que d’un opus réunissant des chansons. Il est d’ailleurs conseillé de l’écouter en méditant, pour l’apprécier à sa juste valeur. Et malgré sa langueur monotone, le long playing recèle quelques plages de toute beauté, dont « Rainbow’s end », une compo mélancolique, belle à pleurer, qui pourrait servir de B.O. (NDR : mais sans les paroles) à un film romantique du style ‘Le grand Meaulnes’…

 

Jens Lekman

Life Will See You Now

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L’univers du crooner de poche ‘Made in Sweden’ Jens Lekman est bien trop méconnu si on devait le comparer à l’aune de l’étendue de son talent, un talent qu’il étale avec une classe décalée depuis « Night Falls Over Kortedala » et « Oh You’re So Silent Jens »…

« Life Will See You Now », son 4ème  elpee, vise cette fois délibérément nos jambes à l’aide de ses beats quasi-disco, ses clappements de mains, ses mélodies radieuses qui jurent par rapport à la belle mélancolie de ses précédentes œuvres. Sa voix et ses mélodies singulières sont toujours bien présentes, mais les sonorités sont neuves pour le natif de Göteborg. A l’ultime limite du kitsch, Jens Lekman ose les touches électro cheap (« Hotwire the Ferris Wheel », auquel participe Tracey Horn d’Everything But the Girl), de bossa nova (« Wedding in Finistère »), de Nothern Soul (« To Know Your Mission ») ou de steel-drum euphorisant (« What’s that Perfume that You Wear ») pour construire des petites vignettes pop principalement dédiées au sentiment amoureux, tout en abordant des textes finement ciselés qui ne manquent pas d’humour. Le petit frère doué de Jonathan Richman dévoile ici une nouvelle facette de son écriture protéiforme…

 

High Hi

Hindrance

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High Hi est un issu de Tervuren, au Nord de la Belgique. Il réunit la chanteuse/guitariste Anne-Sophie Ooghe, le drummer/chanteur Dieter Beerten et le bassiste Koen Weverbergh. Le trio avait atteint la finale du Rock Rally, organisé par Humo, en 2014.

On ne rencontre que peu (voire quasi-pas) de commentaires, sur la toile, dans la langue de Molière, pour ce combo qui vient de publier son premier elpee, « Indrance ». Ce groupe puise essentiellement ses sources au sein des eighties. Que ce soit la new ou la cold wave, le post punk, le shoegaze, la noisy ou la pop. Tout à tour on pense à Blondie (« No idea »), Cure (« Immune to the weather »), mais surtout à Cocteau Twins (NDR : flagrant tout au long de l’éthéré « Fear of snow »). Encore que les puristes évoqueront plutôt Chapterhouse voire Sad Lovers & Giants. A cause de ces sonorités de guitare limpides, atmosphériques, ténébreuses ou cristallines.

Sous un angle contemporain, la voix d’Anne-Sophie est proche de celle de Gun Overbye (Lola Colt), sur l’offensif « Vultures » et la ballade mid tempo « Obvious », une plage qui finit par s’emballer avant de recouvrer sa cadence initiale. Plusieurs pistes adoptent d’ailleurs ce mid tempo, à l’instar de « Raise », une autre ballade qui aurait pu figurer au répertoire des Cranberries. Et si la basse est jouée à la manière d’une guitare (NDR : dans l’esprit de Simon Gallup, tout au long de ce fameux « Immune to the weather »), les mélodies glissent naturellement vers la pop, un peu comme si le groupe voulait brouiller les pistes. Nouvelle ballade, mais contagieuse, « Magnify » est carrément hymnique, alors que certains refrains sont abordés collectivement, à la manière d’Arcade Fire. Un premier opus encourageant pour ce combo qui ne manque pas de talent, mais dont on attend cependant qu’il digère toutes ses références, afin de se forger sa propre identité…

 

Fischer-Z

Building bridges

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Quarante années déjà que John Watts roule sa bosse dans l’univers de la musique. Le leader de Fischer Z a cependant mis son groupe, entre parenthèses, à deux reprises, pour embrasser une carrière solo ou pour défendre un projet baptisé The Cry. Le groupe est donc bien de retour depuis 2014, mais il ne reste plus que John à la barre. Enfin, pas tout à fait, puisque pour enregistrer « Building bridges », il a reçu le concours de James Bush aux drums, aux percus et à la coproduction, ainsi que de deux choristes. Il assure donc le reste de l’instrumentation.

Dès ses débuts, le natif de Frimley (NDR : c’est en Grande-Bretagne) a toujours cherché à faire passer des messages sociopolitiques dans sa poésie. Ses singles « Perfect day » et « The worker » en sont certainement les plus significatifs. Tout au long de ce nouvel opus, il aborde des sujets comme le trafic des êtres humains, la guerre, la corruption, les scandales bancaires ainsi que les questions relatives aux migrations mondiales. Notamment. Et le tout en remettant la guitare au centre du jeu de quilles. Bref, hormis le folk allègre « Row boys row », il y a de l’électricité dans l’air sur les 10 autres plages de cet opus. Depuis le funk/punk cuivré « Damascus disco » à la valse « There’s a wildenress here », un titre au cours duquel son discours, parachuté en milieu de parcours, est abordé à la manière du « Popular » de Nada Surf, en passant par le post punk spasmodique « Wild wild wild wild », le plus pop « So close », dont le riff central semble calqué sur le « You really got me » des Kinks, du punk pur et dur « Shrink », du sauvage et groovy « Easy money », très proche de Guided By Voices, vindicative, la voix de Watts empruntant les inflexions de Robert Pollard et enfin du syncopé « Invite me to your party ». Bref un retour gagnant pour Fischcr-Z qui se produira dans le cadre du W-Festival, ce dimanche 20 août, entouré d’un line up constitué de jeunes musicos.

 

The Cubical

Blood moon

Écrit par

Issu de Liverpool, The Cubical nous propose son quatrième elpee. Et quand on sait que le band est issu de Liverpool, il faut reconnaître que son style est plutôt surprenant.

En fait, il est fondamentalement garage/blues. La voix du chanteur, Dan Wilson, est particulièrement écorchée, pour ne pas dire ravagée. Le plus souvent, elle est même proche de celle de feu Don Van Vliet, le leader du mythique Captain Beefheart. Cependant, suivant les compos, la formation a le bon goût de s’abreuver à d’autres sources. Découpé en 9 plages, cet opus en est une parfaite illustration.

Faut dire que lors des sessions d’enregistrement, le combo a reçu le concours du trompettiste Martin Smith et du saxophoniste Simon James, des musiciens qui dans le passé, ont apporté leur collaboration, notamment, à Gorky’s Zygotic Mynci, Super Furry Animal et The Coral. Puis de la vocaliste de jazz, Amanda Bronx. Et enfin de la violoncelliste Siofra Ward…

Le long playing s’ouvre par « All ain’t well », un morceau sinistre, presque vaudou, déchiré par le violoncelle, comme chez le mythique et défunt Crime & The City Solution. Et il s’achève par « Shipwrecked 737 », une piste basique qui vous incite inconsciemment à taper du pied. Si la structure rappelle inconsciemment le « Gloria » du Them, les envolées de guitare semblent empruntées aux Stones. Une réaction qui sera aussi instinctive sur les soigneusement cuivrés et entraînants « I want money » et « Conman 512 ». Cette dernière piste, spécifiquement garage/blues, dans la lignée des long playings précédents, nous entraîne au sein d’un univers à la fois sordide et délabré. Probablement celui au sein duquel vivent certains exclus de la vie sociale. Mais le plus étrange, c’est ce riff central qui rappelle le fameux « That’s all I want », une chanson signée par Berry Gordy et Janie Bradford, mais popularisée par les Beatles, en 1962. Vous voyez le rapprochement entre les deux compos ? Bref, quand même, l’honneur de Liverpool est sauf !

Parmi les titres les plus contaminés par le blues, on épinglera « Believe it when I love you », encore une plage cuivrée, mais hantée par le « Who do you love » de Bo Diddley. Puis l’élégant « In the darkest corners », une compo qui aurait pu figurer au répertoire des Doors, même si ici, elle est privée de claviers rognés.

Tout au long du sombre et hanté « Blood moon », la voix de Wilson devient carrément démoniaque… Plus élaboré, « In your eyes » baigne dans la mélancolie douce/amère. La mélodie est fragile et ce sont les bourdonnements rythmiques qui construisent les crescendos, alors que le lyrisme est entretenu par les interventions du violoncelle.

Et enfin, titre le plus long de cet LP (NDR : 7’ quand même), « Whilst Judas sleeps » est à la fois déchiqueté par les cordes de guitares et bercé par le violoncelle, alors que la voix se fait chevrotante, frémissante. Une plage tourmentée et belle à la fois, abordée dans l’esprit du « Bitter Sweet Symphony » de The Verve…

Epatant !

 

The Arbor Labor Union

I hear you

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The Arbor Labor Union est un quatuor issu d’Atlanta, en Georgie. « I hear you » constitue apparemment son second elpee. Et pour le mettre en forme, il a reçu le concours de Randall Dunn (Earth, sun O)))), Thurston Moore et Black Mountain. On comprend ainsi mieux pourquoi cet opus est particulièrement électrique. Certains medias ont même qualifié la musique du combo de southern rock mutant. Les plages sont, en général, longues et dépassent même parfois les 7 minutes. Le plus intéressant procède des guitares duales, dont les sonorités peuvent se révéler tantôt discordantes, carillonnantes, nerveuses ou lancinantes. Un peu comme si Lungfish, The Brian Jonestown Massacre et Sonic Youth décidaient de faire un bœuf. Le tempo est assez répétitif, mais vu les textures des grattes, ce n’est pas vraiment dérangeant. Malheureusement, les compos souffrent du vocal de Bo Orr, dont les intonations sont assez proches de Mark E. Smith. Mais n’est pas le leader de The Fall qui veut. Si bien qu’au fil du long playing, la voix finit par agacer. Et si on respire quelque peu lors du morceau instrumental motorik « Babel », on est en droit de regretter que le band yankee ne dispose pas d’un autre vocaliste. Les compos prendraient alors une toute autre dimension…

 

Son Volt

Notes of blue

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Avant de fonder Son Volt, Jay Farrar et Mike Heidorn militaient au sein d’Uncle Tupelo, en compagnie du futur Wilco, Jeff Tweedy. Mike a définitivement quitté le groupe en 2005, et si le combo a vécu une parenthèse au cours de la première moitié du millénaire, pause au cours de laquelle Farrar a tenté une aventure en solitaire, Son Volt vient quand même de publier son huitième elpee studio.

Farrar a avoué que cet opus avait été largement influencé par le folk de Nick Drake ainsi que le blues de Skip James et de Mississippi Fred McDowell. Et tout particulièrement leur style en picking et en slide à la guitare. « Notes of blue » se nourrit donc de ces références. Mais pas seulement. Ainsi les deux premières plages du long playing semblent plutôt hantées par Neil Young. D’abord le plus americana « Promise the world », impeccablement abordé dans l’esprit de « Harvest moon », la pedal steel rougeoyant aussi douloureusement qu’efficacement. Puis, « Back against the wall », un morceau mid tempo offensif, bien électrique, traversé d’impulsions crazyhorsiennes. Une électricité qui alimente de nombreuses pistes de blues. Très souvent à la manière de John Lee Hooker. Comme sur « Sinking down », même si elle est entrecoupée de séquences americana. La voix de Farrar adopte un timbre particulièrement graveleux tout au long du dépouillé « Midnight », de l’aride « Static » ou encore du furieux et débridé « Cherokee St ». Et un tremolo imprévisible sur le lugubre et acoustique « The storm », une compo qui lorgne insidieusement vers Mark Kozelek. Cette voix devient singulièrement fragile sur « Cairo and southern », une plage jouée en picking. Et le spectre du leader de Sun Kil Moon se remet à planer. Menaçant, de mauvais augure, Enfin, « Threads and steel » est interprété en spoken word, à la manière de Johnny Cash. Un superbe album !

 

Pierre Henry

Pierre Henry a poussé son dernier soupir…

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Pierre Henry, un des pionniers de la musique ‘concrète’, est décédé ce 5 juillet, à l’âge de 89 ans. Si Pierre Schaeffer et Stockhausen sont considérés comme les fondateurs de ce style musical, Pierre Henry l’a rendu davantage populaire, à travers ses expérimentations sur les bruits et les sons, qu’ils soient étranges ou familiers (en écoute ici « Variations pour une porte et un soupir ») ou en tirant parti du résultat de nouvelles techniques, comme celle baptisée ‘piano préparé’, en insérant divers objets entre les cordes et la caisse de l’instrument. Ces recherches, menées en compagnie de Michel Colombier, vont les inciter à composer ensemble, « La Symphonie pour un homme seul », en 1950, et surtout la célèbre "Messe pour le temps présent", dans le cadre d'une collaboration avec le chorégraphe Maurice Béjart. En 1967. C’était la première, ce ne sera pas la dernière (NDR : de nombreux autres chorégraphes, dont George Balanchine, Merce Cunningham et Maguy Marin vont également puiser au sein du répertoire de Pierre Henry). Extrait de cette bande sonore, « Psyché rock » (NDR : en écoute ) deviendra un énorme hit, et servira de générique pour un spot publicitaire ainsi que la série TV américaine, ‘Futurama’ . En fait, ce morceau est lui-même une version bien personnelle de « Louie Louie », une chanson signée par Richard Berry, en 1956. Jean-Michel Jarre considère le Parisien comme un des ses maîtres. De nombreuses de ses compos ont été remixées par des artistes électro ou techno comme Colcut, Funki Porcini, Fatboy Slim, Saint Germain et Dimitri from Paris. Enfin, il avait également apporté sa collaboration à Spooky Tooth, pour l’album « Cermony », en 1969. Pas une grande réussite, mais pour l’époque, le pari était audacieux.

L’artiste compte plus d’une cinquantaine d’œuvres à son actif. A la fois ‘métaphysique et humaine, truffée de bruits divers produits par des objets du quotidien et des stridulations singulières, la musique de Pierre Henry était censée stimuler l'imagination, comme lors d’une séance de ‘cinéma en chambre’ ou au sein d’un atelier de ‘peinture’…

RIP

 

Cactus 2017 : vendredi 7 juillet

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Il s’agit déjà de la 36ème édition du festival Cactus, un festival familial, sans stress, qui a bénéficié, tout au long de ce week-end, d’une météo idéale, soit ensoleillée sans pour autant se révéler caniculaire, même si la température était particulièrement fraîche, le vendredi soir. Excellente initiative, le kiosque info a été installé en bord de site, ce qui libère de l’espace et permet ainsi à la foule de se rendre aux stands ‘food’ et de sortir du Minnewaterpark, plus rapidement…

Il y a déjà bien du monde pour accueillir l’Anversois Amir Fouad, aka Tamino. Sur les planches, cet auteur-compositeur-interprète –habillé chic– est soutenu par Tom Pintens (NDR : au cours des nineties, il a notamment bossé en compagnie de Stef Kamil Carlens), aux claviers et Ruben Vanhoutte, aux drums. La tessiture vocale de Tamino est très large. Il peut monter ou descendre facilement dans les octaves. Il ne compte qu’un Ep à son actif, mais en ‘live’, il parvient à donner une autre dimension à ses compos, et tout particulièrement son single « Habibi » ainsi que « Cigars »…

Het Zesde Metal, c’est le projet de Wannes Capelle, un natif de Wevelgem. Ce chanteur/compositeur/interprète/guitariste (NDLR : également acteur de théâtre) est responsable de titres engagés, sociopolitiques pour la plupart. Au sein du backing group, milite encore Tom Pintens. Il se charge des claviers. Le band monte sur l’estrade au son d’une B.O. d’Ennio Morricone. Wantje n’est pas avare de déclarations entre les morceaux. Mais en  néerlandais… Il a enregistré « Calais », pour dénoncer le problème des réfugiés qui veulent se rendre en Angleterre, mais en même temps, il marque son opposition au traitement de la question, par la gauche flamande. Pendant « Dag zonder schoenen », il invite la foule a lancer ses chaussures. Et le public s’exécute. Le sommet du concert sera atteint lors de son mash-up entre « Where is my mind » des Pixies et le « Boze wolven » de Gorki, suivi par son incontournable « Ploegsteert »…

Le répertoire de Michael Kiwanuka est souvent indolent, davantage propice à la glandouille du dimanche matin, qu’à booster son énergie. C’est sans doute la raison pour laquelle, son début de concert s’est révélé bien plus percutant que dans le passé. Et instrumental, son premier titre se singularise par un solo de gratte ‘floydien’. Inattendu ! Et vraiment chouette. La suite est même bien entraînante, son backing group, impliquant 5 musicos, se chargeant d’entretenir le groove. Les points culminants de son set seront atteints, en milieu de parcours, lors du funky « Black man in a white world », caractérisé par des lignes de basse à la James Brown, ainsi que tout au long de très joli « Home again ». Puis –chassez le caractère et il renvient au galop– Kinawuka va en revenir à une majorité de morceaux plus lents, au cours desquels les bavardages dans l’auditoire vont finir par couvrir le volume sonore du concert… 

The Verve avait, sans doute, bien plus de potentiel qu’Oasis à son origine ; mais son aventure s’est fracassée sur l’autel de la drogue, de l’alcool et de la dépression. Pourtant, le frontman, Richard Ashcroft, a rebondi en entamant une carrière solo plus que solide. On se souvient qu’en 2005, il avait ainsi accordé un concert étincelant à l’AB. La suite sera moins bien brillante…

Richard Aschroft est donc programmé comme semi tête d’affiche, au festival Cactus. Quand il monte sur l’estrade, on est frappé par sa silhouette : il est maigre comme un clou, a la boule à zéro, est chaussé de lunette noires, et semble avoir pris un fameux coup de vieux. On dirait presque Joe Starr. Il est flanqué d’un drummer, d’un bassiste et d’un gratteur. Ce dernier est sans doute un disciple du nombrilisme. Dès qu’il en a l’occasion, il en remet une, deux voire trois couches. Des soli qui nuisent manifestement à la subtilité des compos. Tout comme les bandes préenregistrées, qui reproduisent claviers et section de cordes. En outre, en début de parcours, la voix de Richard –régulièrement préposé à la sèche ou à la rythmique– n’est pas au top. « Out of my body » est rallongé inutilement. Hymnique, « This is how it feels » a un goût de Cranberries. « Space and time » manque d’âme, malgré l’envolée psyché. Et puis progressivement le charme recommence à opérer. « Sonnet », « Lucky man », « Love is noise », « Break the night with colour » ainsi que le plus optimiste « Music is power » retrouvent des couleurs. Et paradoxalement, c’est quand les morceaux adoptent le profil de la big music, même si elles sont enrichies de cordes préenregistrées, et surtout privés des exercices de style intempestifs du gratteur, que les compos se mettent à décoller. Comme lors de l’inévitable « Bitter sweet symphony », un final qui va faire vibrer notre fors intérieur…

Roisin Murphy n’a pas trop convaincu. Pourtant, son spectacle, impliquant notamment marionnettes, costumes multifonctionnels, masques et boas, a de quoi séduire visuellement. Mais ses 40 premières minutes, tramées sur une forme de mid tempo étrange, souffrent du vocal trop peu mis en exergue, pour ne pas dire noyé dans l’ensemble. La dernière demi-heure sera plus intéressante, grâce des beats hypnotiques injectés au remix de « Sing it back », au « Forever more » de Moloko et surtout à « Jealousy ». Et tout bon Dj sait que lorsque le public commence seulement à danser au cours des 30 dernières minutes de son set, il restera sur sa faim…

(Organisation : Cactus)

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(Merci à Nick)