La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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Des nuits de plus en plus secrètes !

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Cela fait maintenant seize ans que le plus belge des festivals français cultive sa différence et son impertinence.

Ces 28, 29 et 30 juillet, les festivaliers feront de Aulnoye-Aymeries, (petit village à la frontière française, à 35 km de Mons) leur terrain de jeu.

Une expérience déambulatoire et déroutante, où chacun compose son programme au gré des envies et au hasard des rencontres.

L'essentiel de sa programmation de cette année :

JULIEN DORE - TALE OF US - MIND AGAINST - YUKSEK - CAMILLE - DANIEL AVERY - ROMEO ELVIS - FISHBACH FRÀNÇOIS AND THE ATLAS MOUNTAINS - INNA DE YARD - JAMES DARLE - BLOW SINKANE - AZUR - MATHIEU BOOGAERTS- S-CREW (le projet de Nekfeu) - JACQUES - APPARAT - PARCELS...

Plus d'infos sur : www.lesnuitssecretes.com .

 

Des Beach Boys ... suisses !

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Formé en 2013, les quatre esprits torturés de Magic & Naked cherchent un sens valable à leurs vies.

En 2015, la bande enchaine les concerts en Suisse, Europe et USA et sort un premier album éponyme sur Casbah Records. Une ode pop amoureuse et lunaire enregistrée par The Pussywarmers.

Puis le groupe se paye la chance et l'audace d’une session d’enregistrement dans les beaux studios bretons Kerwax. "Human Expression est né.

Il sortira avec Le Pop Club Records et Echo Orange en septembre 2017. Taxés de « Beach Boys suisses » par les Inrockuptibles, et se revendiquant volontiers comme les petits-enfants spirituels de JJ Cale, Magic & Naked joue de la shuggie pop musique.

Un idéal moelleux qui laisse rêveur.

Un extrait à découvrir ici .

L'arbre qui se cache derrière la fôret !

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99 Trees est un duo composé du multi-instrumentiste Axel Concato et de la chanteuse d'origine danoise Pia Blixen.

Ils puisent leur inspiration dans leur amour commun pour la pop des années 60, le glam rock des années 70 et le rock indépendant des années 80 jusqu'à nos jours.

Leur premier Ep ' 21st Century ' est un recueil de chansons joyeuses et pleines de vie aux mélodies irrésistibles.

Le premier clip « Broken », à découvrir ici .

Adieu Alice Cooper ...

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Adieu Gary Cooper, nouvelle signature Casbah Records, sort son second album « Outsiders ». Il seront en concert sur paris le 13 et 14 juillet pour le festival su Supersonic « Restons Sérieux » 

Le groupe propose une "Bashung-wave effrénée sur laquelle on ne sait plus s'il faut rire jaune ou chialer et raconte sa lose post-moderne dans un clip néo-chaplinesque angoissant qui ferait presque passer "Shining" pour une comédie romantique.

Une chanson qui devrait en toute logique donner envie aux jeunes chômeurs et allocataire du RSA de se « mettre en marche ».

Pour découvrir l’univers déjanté de ce band, cliquez ici .

Une "Clementine" pure jus !

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Après avoir connu un succès fortement mérité avec un premier album prometteur, Benjamin Clementine dévoilera un second opus intitulé « I Tell A Fly ».

L’artiste se produira :

-         le 06 novembre 2017 à Bordeaux au Théâtre Fémina

-         le 07 novembre 2017 au Grand Rex à Paris ;

-         le 09 novembre au Théâtre Sébastopol à Lille.

Un extrait de ce qui semble déjà être une réussite peut-être entendu ici (Phantom Of Aleppoville).

 

Main Square 2017 : dimanche 2 juillet

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Troisième journée du Main Square. L’affiche va privilégier la quintessence du pop/rock ainsi que le blues/rock caustique. Et si toutes les formations programmées ont tenu leurs promesses, Radiohead a constitué, ce qu’on peut appeler la cerise sur le gâteau…

Mark Lanegan Band. Main Stage. 15:30 - 16:30

Mark Lanegan est un pilier du rock alternatif. Son aura est impressionnante. Et pour cause, il a participé activement au mouvement grunge, en militant au sein de Mad Season et puis Screaming Trees, à la même époque que Nirvana et Pearl Jam, sans pour autant récolter le même succès. Son premier groupe, The Jury, impliquait d’ailleurs Kris Nosolevic, le futur drummer de Nirvana. Il participé aux sessions d’enregistrements d’une centaine d’albums, dont ceux de Queens Of The Stone Age (on peut notamment entendre sa voix caverneuse, rocailleuse, hantée, sur « This Lullaby », une plage qui figure sur l’elpee « Lullabies To Paralyse »). Il a fondé Gutter Twins en compagnie du vocaliste, Greg Dulli, dès 2003. Bref, depuis le début des eighties, il est omniprésent. Les musicos de son backing group sont talentueux et classieux. Et Lanegan s’accroche à son micro nonchalamment, comme une véritable rock star qui a tout vécu. Bref, cette journée s’ouvre bien sous le signe du rock’n’roll. Entre chaque morceau, Mark remercie la foule massée devant lui. Et le MLB va nous livrer un set tout en subtilité et élégance…

Seasick Steve. Main Stage. 17:00 - 18:00

Pour suivre Mark Lanegan, qui de mieux qu’un authentique bluesman ? En l’occurrence Seasick Steve. Son pseudo, il le doit à un ami, qui avait constaté qu’il ne pouvait pas monter sur un bateau sans éprouver le mal de mer. Il s’est produit dans le métro parisien, fréquenté Janis Joplin et recruté –à une certaine époque– le futur drummer de Led Zeppelin, John Paul Jones, dans son groupe. Il raconte sa vie à travers ses chansons, des histoires au cours desquelles ses guitares ont aussi un rôle à jouer. Il n’oublie pas, non plus, de remercier son staff pour son aide précieuse ainsi que l’attitude du public si cher à son cœur qui n’a rien à envier à celui des plus jeunes. Son blues/rock contemporain nous entraîne au cœur d’une odyssée rock’n’roll où ne comptent que les riffs et les breaks percutants. En outre, l’artiste ne manque pas d’humour tout en communiquant sa bonne humeur. Au cours du show, il va ainsi inviter une femme à grimper sur l’estrade, pour lui dédier une chanson d’amour, intimant l’auditoire, sur le ton de la plaisanterie, de se taire, afin de les laisser tous deux profiter de cet instant intemporel. A l’issue de ce morceau, il l’embrasse et lui dédicace un vinyle. Et le concert de reprendre sous sa forme énergique. La foule va encore être surprise, lorsqu’il va entamer une expérience absurde, en jouant de la guitare sur les cymbales du drummer. Bref, il est tout de même impressionnant de voir ce qu’on peut réaliser à l’aide d’une batterie, d’une planche à lessiver, d’un manche à balai et de trois cordes…

Naive New Beaters. Green Room. 19:15 - 20:15

Naive New Beaters est un prototype des nouveau groupes 2.0, un peu high-tech, qui surfent sur la vague dite ‘tendance’. Les Parisiens ont d’abord un projet musical. Ils se produisent en public et enregistrent des albums. Mais pas seulement. Ils ont réalisé un film, tourné en Chine, consacré à la cuisine exotique. Ils créent donc, bien évidemment, leurs propres clips. Mais plus étonnant, ils brassent leur propre bière… Biberonné au rock, au rap, à l'électro, mais aussi au disco, le band est aujourd’hui responsable d’une musique funky, qui ressemble à un exercice de style complexe mais délicieusement approprié. Son show est à la fois déjanté, absurde et surtout drôle. La formation a entamé une nouvelle tournée, au printemps 2017, et Le Main Square en est, en quelque sorte, son couronnement. Pour ce soir, le trio bénéficie du concours d’une drummeuse et d’une bassiste. Ils sont tous vêtus de combinaisons de couleur bleu foncé, sur lesquelles sont représentées des mains. Leurs accoutrements sont aussi insolites que la manière de s’approprier la scène. Et pour cause, ils enchaînent les mouvements de danse improbables et les tirades saugrenues. Et pourtant, le spectacle séduit ; l’auditoire se mêlant à ce délire artistique stylisé. La set list alterne titres récents et morceaux plus connus. Ce qui explique sans toute pourquoi, tout au long de l’heure prévue, le combo est parvenu à entrer en osmose avec la foule, pour ce spectacle dédié à une caricature de la facétie, parfaitement planifiée et maîtrisée. Un moment de détente absorbé par les yeux et les oreilles de l’auditoire. Avant que le band suivant, appelé à prendre la relève sur la Main Stage, ne déterre –sauvagement– la hache de guerre…

Savages. Main Stage. 20:00 - 21:00

C'est-à-dire Savages. Britannique, ce quatuor féminin est drivé par la chanteuse/actrice française Camille Berthomier, alias Jenny Beth. Responsable de deux opus à ce jour, Savages porte bien son patronyme. A cause de ses prestations ‘live’ jugées féroces, dévastatrices et agressives, mais en même temps élégantes et séduisantes. Si ce groupe féminin est considéré comme l’héritier naturel de Siouxsie & The Banshees, à cause de son aura vénéneuse et intrigante, sa prestance et sa gouaille évoquent plutôt PJ Harvey. Vêtues de noir, les quatre filles affichent une dégaine raffinée et glaciale, redéfinissant le post punk à grands coups de talons aiguilles, de riffs acérés et de compos incandescentes, dans un esprit plus féminin que féministe. A l’issue d’une intro électro préenregistrée, reproduisant le son d’une piste de vinyle bloquée sur le même sillon, les filles montent sur le podium. Et leur aura est impressionnante. Jenny Beth intimide même du regard la foule. Elle semble même la défier. Ce sont les premiers signes de l’orage sonore qui va éclater. Les cordes de guitare sont stridulantes, mais parfaitement maîtrisées, la ligne de basse est précise et solide, le drumming est puissant et la voix de la leader corrosive. De quoi nous réserver un set à l’éclat particulier, au beau milieu de tous ces combos majoritairement masculins, qui se relaient au cours de la journée. Suivant un même rituel, Jenny Beth achève le show debout sur la foule, portée à bouts de bras par les festivaliers, comme si elle était devenue une statue érigée au combat pour les droits de la femme…  

Thylacine. Green Room. 20:45 - 21:45

Le Thylacine est un mammifère baptisé également loup marsupial, loup de Tasmanie ou encore tigre de Tasmanie. Son espèce serait éteinte depuis quelques décennies. C’est aussi le patronyme choisi par un duo électro angevin, impliquant le beatmaker William Rezé et son amie, issue des Beaux-Arts, Camille Després. Elle se charge des vocaux. La formation est tout autant capable de dispenser une électro soyeuse, qu’aventurière ; mais également de conférer à l’expression sonore des accents puissants et interstellaires. A l’instar du premier opus, enregistré dans le transsibérien au cours d'un voyage créatif. Lui est au départ saxophoniste. Il a découvert la musique électronique en la pratiquant. Elaborée, chaleureuse, entraînante et chatoyante à la fois, elle entraîne le mélomane au cœur de paysages intérieurs et extérieurs. Et le périple est magnifique. Pourtant, le projet est méconnu. En outre, la foule s’est déjà ruée vers la Main Stage, afin de se réserver une place de choix, pour vivre le concert de Radiohead. Aussi, il y a peu de monde devant la Green Room, pour assister à ce concert. Paisible, « Home » ouvre le set ; un morceau au cours duquel William se réserve un solo au saxophone. Le ton est donné. Il sera empreint de grâce. Et pourtant, inconsciemment, au sein de l’auditoire, les corps se mettent à remuer, bercés par les litanies électroniques lancinantes… mais aussi parfois percutantes. La formation ne va pas négliger les excellents titres de son long playing, à l’instar de « Poly, Piany Pianino » ou encore « Train », cette fameuse plage qui s’inspire de ce voyage au cours duquel les musicos ont emprunté le Transsibérien (NDR : on entend même le bruit du convoi sur les rails). Le son est nickel, l’instrumentation précise et les esprits sont propulsés dans leurs rêves visionnaires… Thylacine constitue certainement un des nouveaux moteurs de la musique électronique ; et ses évolutions futures sont à suivre plus qu’attentivement. Que du bonheur !  

Radiohead. Main Stage. 21:45 - 00:15

Radiohead est considéré comme une légende vivante, dans l’univers de la musique rock. Véritable référence, il continue de l’influencer. Et d’une manière toujours aussi conséquente. Par son souci constant de l’expérimentation. Fondé en 1985, le band d'Oxford a toujours été en avance sur son temps, en se remettant constamment en question ; et il est également parvenu à synthétiser ses propres références, qu’elles soient issues du rock, de la pop, du prog, du jazz, de l’électro, de la new wave ou même de la noisy. Et la liste est loin d’être exhaustive. Ce qui ne l’a pas empêché de rencontrer un succès certain. Et pas seulement grâce à l’un ou l’autre single, mais aussi ses nombreux albums, qui ont atteint, pour la plupart, le faîte des charts, quelques semaines après leur sortie. Sans oublier ses concerts, reflet d’un perfectionnisme qui n’a guère d’égal sur la scène contemporaine. Ce qui lui a permis de séduire plusieurs générations de mélomanes, même si les mauvaise langues lui ont reproché une démarche un peu trop intello. Ce soir, le combo se fait désirer. Les musicos débarquent donc en accusant un retard d’une dizaine de minutes. Et les premiers accords de « Daydreaming » sont accueillis sous les acclamations de la foule. Qui va bénéficier, d’un set de deux heures et demie. Plusieurs morceaux issus de « OK Computer » commencent à défiler. Et les applaudissements redoublent d’intensité lorsque le band attaque des titres notoires. A l’instar de « Let Down, Exit Music (For A Film) ». Ou encore, lors du premier rappel, l’incontournable « No Surprises ». Une prestation qui sera parachevée par l’inévitable « Paranoïd Androïd ». Si les musicos affichent une présence impressionnante sur les planches, le spectacle est doublé d’un spectacle visuel. Des écrans sont placés de chaque côté du podium et une gigantesque toile ovale est disposée en arc de cercle, derrière la formation. Y défilent soit des images du live (le set proprement dit, les prestations individuelles sur leur instrument, les gros plans focalisés sur leurs visages ou leurs membres qui s’agitent) ou des projections psychédéliques ; parfois en surimpression. Un set irréprochable. Comme d’habitude, serait-on tenté d’ajouter…

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Main Square)

 

 

Open’er 2017 : samedi 1er juillet

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L’Open’er se déroule à la même période que le festival Werchter. Et c’est un constat, il réunit une partie des mêmes têtes d’affiches. Mais la comparaison s’arrête là. Car tant l’hygiène que la surface de l’emplacement (NDR : verdoyants, ses 75 hectares couvrent une partie de l’aérodrome) permettent de se sentir à l’aise, malgré la foule, et de pouvoir respirer. Même lors du dernier jour de l’événement, en général le plus fréquenté. Aussi la rapidité pour rejoindre le site est impressionnante. Des navettes de transports en commun sont prévues, depuis la gare. Celles du RER son programmées toutes les 10 minutes ; et des bus circulent en continu. Y compris pour le retour. Côté météo, l’endroit est autrement exposé aux intempéries. La pluie tombe sans relâche depuis ce matin, poussée par le vent glacial de la mer Baltique. Dans ces conditions, difficile de rester longtemps sur place et un zapping entre scènes s’impose.

C’est sans doute ce temps qui incite la foule à se réfugier sous la Tent stage, où va se produire Tyga. Casquette bien vissée sur la tête, tatoué jusqu’au bout des doigts et arborant des chaînes en or, le rappeur américain est un parfait stéréotype du genre. Pas de grande surprise cependant pour ce set accordé dans la lignée de Drake ou autre Chris Brown.

La bonne surprise viendra de l’Alter stage où est programmé Benjamin Booker. Il a été bombardé ‘White stripe à lui tout seul’. Une épithète guère usurpée puisque Jack White, qui en est fan, l’a déjà embarqué en première partie de sa tournée. Et après avoir fait salle comble à la Rotonde du Botanique, on est en droit de voir ce qu’il a dans le ventre, lors d’un festival. Flanqué d’une blonde à la basse et d’un gratteur à la coupe afro, le Floridien dispense un rock/garage parfois bien brut de décoffrage. Une musique qu’il teinte parfois de blues, de boogie woogie ou même de glam, réveillant au plus profond de notre esprit, les fantômes de T Rex et de Chuck Berry.

The XX embraie pour une prestation d’une bonne heure, qui va faire bien pâle figure, par rapport à son prédécesseur. Les basses redondantes et les voix du duo, Romy et Jamie, deviennent rapidement soporifiques. Il est loin le temps de « Coexist », une œuvre parue en 2012 et qualifiée de magique, par de nombreux médias ; un opus qui avait suscité un énorme engouement pour la tournée qui avait suivi sa sortie…

La suite n’est guère plus réjouissante. Pourtant, Dua Lipa a le vent en poupe, en Angleterre. Une certaine presse la considère déjà comme la future Amy Winehouse voire Adèle, alors qu’elle n’a que 21 printemps. Et il est vrai que son timbre vocal est impressionnant. Mais elle n’a aucune présence sur les planches. Figée derrière son micro, elle est immuablement statique. De quoi lasser rapidement…

Lorde vient de fêter ses 20 ans. Néo-zélandaise, elle a entamé sa carrière très jeune et publié un premier elpee (NDR : sorti chez Universal), alors qu’elle en avait 17. Ce qui lui a permis de truster les récompenses aux ‘Brit awards’, l’année suivante. Elle a le bon goût de choisir en intro le « Running up that hill » de Kate Bush. Elle est cependant nettement moins prude que la célèbre Britannique. En dentelles, sa tenue laisse transparaître des sous-vêtements particulièrement sexy. Elle ne prend pas de risques en entamant son set par ses tubes « Tennis courts » et « Magnets ». Davantage electro/disco, la suite privilégie les plages de son dernier opus, « Melodrama », qui porte mal son titre. Dans un style qui oscille entre Lykke Li, Bjork et Florence Welch, elle s’autorise de jolies envolées vocales qui démontrent déjà une belle maîtrise, malgré son âge…

Mais c’est avec l’envie de terminer par une touche plus rock que votre serviteur rejoint la fin du set de Kevin Morby. Après avoir milité chez Woods et The Babies, ce songwriter a embrassé une carrière solo, il y a trois ans, et a publié autant d’album au cours de cette période. Il n’est pas sans rappeler Kurt Vile voire les Allah-las pour la touche folk désinvolte. Auteur d’une prestation quatre étoiles, ce natif du Missouri, va clore sa prestation par son single « Dorothy » et le rythmé « The ballad of Arlo Jones », dans un style proche de DIIV. De quoi oublier l’accumulation de fatigue et la sensation de froid éprouvée durant ce festival, pour le quitter les oreilles remplies de bonnes vibrations…

(Organisation : Open’er)

 

Main Square 2017 : samedi 1er juillet

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Cette deuxième journée était sans doute la plus électronique du festival ; ce qui a permis à des jeunes artistes comme Talisco, Kungs ou Jain, de tirer leur épingle du jeu, mais également à des ténors comme Major Lazer et Die Antwoord de confirmer leur potentiel. Mais c’est surtout dans le style pop/rock que la surprise est venue, grâce au set déjanté de Cage The Elephant.

Talisco. Main Stage.  17:00 - 18 :00

Talisco nous vient tout droit de Bordeaux. Son folk/rock est musclé par l’électro ; mais les mélodies sont aussi entêtantes que dansantes. A son actif, un Ep, gravé en 2013, et deux albums, dont le dernier, « Capitol Vision », est paru début de cette année. Et manifestement,  Jérôme Amandi est toujours aussi fasciné par l’Amérique, ses compos constituant autant de road trips ensoleillés. S’improvisant conteur et cinéaste indépendant de la chanson, Talisco construit de somptueux paysages au sein desquels il éveille les sens, comme la caresse du soleil sur la peau, le vent dans les cheveux et la joie dans les cœurs. Une chose est sûre, sa musique incite le public à danser et à reprendre en chœur les refrains entonnés par Jérôme Amandi. C’est tout à fait flagrant lors des morceaux les plus connus, et notamment ceux qui ont servi de spot publicitaire ou de générique. Et comme l’enthousiasme des musicos est contagieux, l’auditoire a entamé de la plus belle manière, une journée qui allait devenir exceptionnelle…

Cage The Elephant. Main Stage. 18:30 – 19:30

Les frères Shultz et quelques potes ont fondé Cage The Elephant, à Bowling Green (NDR : c’est dans le Kentucky) en 2006, mais se sont installé à Londres, dès 2008 ; soit juste avant la sortie du premier elpee. Le combo puise ses influences fondamentales dans le rock classique, le blues et le funk. Vêtu d’une chemise de couleur rouge sang, d’un pantalon noir et chaussé de boots dorés à paillettes, Matt Shultz (NDR : c’est le leader) mène la danse et invite l’auditoire, contaminé par son énergie dévastatrice, à le suivre. Pas étonnant que certains médias estiment qu’il s’agit presque, d’une réincarnation de Mick Jagger. Depuis la sortie de son dernier opus, « Tell Me I'm Pretty », la musique a pris une coloration davantage indé. Oscillant entre southern rock frénétique et britpop. Faut dire que c’est Dan Auerbach, le leader des Black Keys, qui s’est chargé de la mise en forme de cet LP, un disque qui a permis au band de décrocher le ‘Grammy Award’ du meilleur album rock pour l’année 2017. Pour en revenir à la prestation de Cage The Elephant, on doit admettre qu’elle a laissé le public pantois, rappelant en même temps, ce à quoi pouvait ressembler un concert de ce style, au cours des 60’s voire des 70’s…

Jain. Main Stage. 20:00 - 21:00

 Jeanne Louis Galice et toulousaine. Agée de 25 ans à peine elle a choisi pour nom d’artiste, Jain. Elle puise ses sources musicales dans son enfance vécue à travers l'Afrique, en suivant le parcours de son père, guidé par ses activités professionnelles. Elle constitue une des bonnes surprises électro/pop pour l’année 2016. Dotée d’une identité visuelle et musicale particulièrement efficace, elle est capable de séduire tout type de public à l’aide de ses tubes entêtants et percutants. On se surprend même parfois à fredonner des morceaux comme « Come » ou « Makeba », récemment récupérés par la publicité. Le passage par le Main Square Festival était ainsi pour la jeune artiste le moyen de confirmer sa présence électrique sur scène. On pourra sans doute lui reprocher d’avoir sans doute voulu appliquer les mêmes codes que ceux utilisés en ‘live’, en voulant rester très proche, voire trop, du public et en attachant davantage d’importance à l’explication de son itinéraire qu’à la pratique de son art. Mais heureusement, le spectacle est quand même au rendez-vous. Sa voix au timbre si particulier continue de charmer. Et elle peut s’appuyer sur un backing group solide. De quoi contribuer à créer une très bonne ambiance. Pari réussi !

Die Antwoord. Main Stage. 21:30 – 22:45

Die Antwoord (NDR : la réponse, en afrikaans) est parvenu installer Le Cap et l'Afrique du Sud sur la carte de la musique. Inclassable, décapante et sauvage, celle du band est coulée dans le moule d’un modernisme certain. Cependant, elle est très susceptible de choquer les oreilles et même les yeux d’un public non averti. Elle agrège le rap alternatif, la rave et la ‘zef’ (NDR : issue de la culture locale, elle mêle trash, tradition et modernité) ; et sa transposition en ‘live’ est éminemment spectaculaire. Monumentale, même. La présence du combo en France est plutôt rare. Aussi, ce show accordé à Arras est une quasi-exclusivité. Bilan, Die Antwoord est aussi dérangeant sur les planches qu’à travers ses vidéos sulfureuses, dont plusieurs ont d’ailleurs été prohibées. Sur l’estrade, les musicos sont de véritables mutants. Piloté par la voix rauque du rappeur et co-leader Ninja ainsi que de celle, cristalline et suraiguë, de Yolandi Visser, le spectacle est insolite, complètement absurde. Interprétés dans un cocktail déroutant entre afrikaans et anglais, les textes sont véhiculés par une expression sonore particulièrement puissante, blindée par des accès de basses à faire vibrer les corps. Véritables transformistes, les deux leaders changent de tenues, entre chaque titre, préludant chaque fois, un morceau plus dingue que le précédent. Le show est donc manifestement au rendez-vous. On se prend une fameuse claque. Et ce même avant que la formation n’attaque des tubes tels que « Baby’s On Fire » ou « I Fink U Freaky ». En prenant un peu de recul, on pense inévitablement aux précédentes interdictions qui ont frappé les moins de 18 ans, pour assister aux concerts de Die Antwoord ; mais également à l’éventuelle réceptivité des festivaliers, à ce type de discours. L’inquiétude est cependant de courte durée et laisse heureusement vite place à une nouvelle idée. C’est un live à voir au moins une fois dans sa vie…

Kungs. Green Room. 22:35 - 23:35

Jeune DJ toulonnais, Valentin Brunel, a choisi Kungs, comme pseudo. Au cours des derniers mois, il a conquis les charts grâce, notamment, à « This Girl », fruit de la remasterisation électro d’un titre signé par le groupe australien Cookin’ on 3 Burners, et deux autres extraits de « Layers », son premier elpee, « Don’t you know » et « I feel so bad ». Le tout en 2016 ! Il a ainsi, en peu de temps, réussi à décrocher l'un des plus gros succès de l'année en matière de musique électronique dansante. Bénéficiant d’une communication visuelle conséquente, traduite par ses clips, il cartonne sur Youtube en y cumulant les millions de vues. Nommé aux Victoires de la Musique et invité au non moins célèbre festival de Coachella, Kungs est considéré comme le jeune DJ qui monte, à l’instar des réalisations du jeune beatmaker Petit Biscuit. Au cours de son ‘live’, il a proposé des remixes de classiques populaires publiés au cours du nouveau millénaire, des standards issus de la musique électronique et pop, afin de réunir un max de peuple et de le faire danser. De temps à autre, il y a glissé des plages extraites de son album, afin d’éviter que la foule ne finisse par se lasser. Le Dj jouit d’une excellente technique et d’une maîtrise impressionnante. Bref, on a vécu un excellent moment de partage entre amis ; de quoi bien préparer le terrain pour Major Lazer qui se produit dans la foulée, sur la Main Stage…

Major Lazer. Main Stage. 23:25 - 00:45

Diplo est considéré comme un des meilleurs Djs au monde. Producteur et compositeur au service de la crème de la pop urbaine mondiale, il avait, au départ, monté Major Lazer comme un projet parallèle, en s’inspirant de la culture jamaïcaine, un peu, en guise de récréation. Mais « Watch Out For This » et « Lean On » vont devenir des hits planétaires imparables ; et le projet va se transformer en véritable groupe. A temps plein et dont le succès potentiel devient considérable. Pour concocter son quatrième long playing, le band a reçu –comme d’habitude– de nombreux guests. Et des grosses pointures ! Major Lazer est une machine destinée à faire danser, annihilant toute fonction cérébrale pour laisser le corps décider de la suite des événements. L’annonce de l’arrivée imminente du combo provoque déjà une véritable ovation. Sa réputation le précède, comme sa montée sur les planches. L’ambiance est donc déjà torride, alors que le set n’a même pas encore commencé. Et dès les premiers accords, les festivaliers commencent à se déhancher. Il ne faut même pas attendre les tubes pour que la machine à fumée soit déclenchée et les canons à confettis arrosent l’auditoire. On entend quelques notes de « Watch Out For This »… fausse alerte, c’est une ruse ! La foule est déchaînée et n’attend plus que le moment au cours duquel il pourra laisser éclater son euphorie. En fin de show, le groupe invite l’auditoire à suivre ses instructions. Message reçu 5 sur 5 ! D’abord bondir tous en même temps, puis se précipiter en courant à gauche et enfin à droite. La liesse est à son comble lors du dernier titre, « Lean On », au cours duquel le band en profite pour remercier le public français. En revêtant les vareuses de l’équipe de France de football et en agitant un gigantesque drapeau aux couleurs tricolores. Et le show de s’achever, avec un certain soulagement, davantage réclamé par les muscles endoloris que par une réelle envie de voir clore une des plus belles prestations accordées sur la Main Stage.

Bref, un bilan plus que positif pour cette deuxième journée du festival, placée sous le signe de l’électro, au cours de laquelle on a assisté à un concert extrême, savouré ceux de formations intemporelles et vécu des expériences intenses. Autant pour le corps que pour l’esprit. Sans oublier les découvertes pour les uns et les redécouvertes pour les autres…

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation Main Square)

 

The Breath Of Life

Under The Falling Stars

The Breath of Life est un groupe belge articulé autour de la voix d'Isabelle Dekeyser. Il est de retour après 5 ans d’absence et nous propose un LP qui s’inscrit parfaitement dans le prolongement d'une carrière déjà bien fournie. Formé à Gembloux, il y a presque 30 ans, le combo pratique une darkwave gothique aux accents lyriques. Et il faut le signaler : c'est une des rares formations dont le rayonnement dépasse les frontières de la Belgique.

« Under The Falling Stars » marque le retour de Philippe Mauroy, un des musiciens fondateurs de TBoL. Vu qu'il est, comme Didier Czepczyk, guitariste et bassiste, les deux compères ont joué aux chaises musicales ; et, cette fois, c'est Philippe qui s’est consacré à la guitare et Didier, à la basse. La production est assurée par Gilles Martin (Tuxedomoon, Malaria, Wire, Minimal Compact, Indochine), qui a travaillé pour le band sur ses 5 premiers elpees.

On retrouve ici à nouveau –et avec grand plaisir– ce qui a fait le succès de The Breath of Life : des compositions ciselées, une voix éthérée et ensorcelante, des guitares délicates, une basse groovy, des vagues vaporeuses de synthétiseurs et, ça et là, quelques superbes arabesques au violon. 

Le style oscille entre celui de Monica Richards (Faith And The Muse), Kate Bush, Liv Kristine ou encore Cocteau Twins. Le single/promo track, « Crime Passionnel », est sans nul doute, le morceau le plus accrocheur, rehaussé par un refrain superbement onirique. Dans « The Magic of Dreams » et « Hide » on décèle une touche de Trip-Hop, qui n'est pas sans évoquer Massive Attack ou Portishead. « Stolen Dreams » se distingue par ses lignes de guitares cristallines. Sur certaines plages, et surtout « Black Out », le violon électrique et les harmonies lorgnent même un peu du côté de la musique progressive d'un Kansas voire d’un UK. Des références de qualité, du moins aux yeux (et aux oreilles) de votre serviteur ! Quant à « A New Reality », c'est une composition d'une élégance folle. Une intro hypnotique, un développement lent et captivant, qui débouche sur un final étonnant dominé par une rythmique électronique et des guitares abrasives. Sublime !

Seule petite ombre au tableau en tous points positifs, on épinglera quelques petites faiblesses au niveau de l'écriture et de la prononciation dans la langue de Shakespeare (l'accent tonique !), mais au final, c'est aussi ce qui fait le charme des chanteurs et chanteuses francophones ; ce qu’on appelle le ‘charme français’ !

« Under The Falling Stars » est un superbe album. Nul doute qu'il insufflera un nouveau souffle dans la carrière, exemplaire, de ce quintet wallon vraiment attachant.

Pour commander l’album en format vinyle, CD et/ou digital: rendez-vous chez Wool-e-Discs, ici 

 

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Transmissio

Imaginez la rencontre entre Jean-Michel Jarre (époque Oxygène) et Dominique A et vous devriez obtenir une expression sonore comparable à celle qui figure sur « Transmissio », un double concept album. Elle est signée n, un projet derrière lequel se cache Jean-François Hue, un musicien établi à Ans.

Le chant est intimiste et les paroles, poétiques, presque naïves. Lors des passages plus rythmés, on pense à Guerre Froide, le projet français de wave / minimal synth (souvenez-vous de « Demain Berlin »). L'ombre de Gérard Manset plane, en outre, sur quelques plages. 

Les compositions sont longues, en forme de progressions répétitives. La programmation de la boîte à rythmes et des synthétiseurs est très subtile et particulièrement élaborée. Les atmosphères sont délicates et romantiques. De l'ensemble, il émane une fragilité et une douceur qui envoûtent le mélomane. Et il se laisse alors transporter, en douceur...

C'est comme une invitation à un voyage onirique en bord de mer, guidé par le reflux des vagues et le scintillement du soleil couchant.

En dire plus serait un crime : au lecteur de découvrir par lui-même le charme discret et hypnotique de ce disque manifestement original...

Jean-François Hue a pris en charge la composition, la réalisation et le graphisme. Mixé au studio Climax à Liège, l’opus a reçu le concours de Philippe Libois.

Pour voir le teaser, c’est ici 

Pour commander le double CD, il faut écrire à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

 

Un Broken Social Scene du tonnerre!

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"Hug Of Thunder", c’est le titre du très attendu nouvel album de Broken Social Scene, qui paraîtra ce 7 juillet. Un disque annoncé panoramique, expansif, épique et intimiste à la fois.

Pour écouter le titre maître de cet opus, c’est ici

Track listing:

1. Sol Luna
2. Halfway Home
3. Protest Song
4. Skyline
5. Stay Happy
6. Vanity Pail Kids
7. Hug Of Thunder
8. Towers and Masons
9. Victim Lover
10. Please Take Me With You
11. Gonna Get Better
12. Mouth Guards of the Apocalypse

http://brokensocialscene.ca/

 

Le Chris Robinson Brotherhood marche sur la tête, et les pieds nus !

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Le Chris Robinson Brotherhood publiera son nouvel opus, ce 21 juillet. Intitulé « Barefoot in the Head », cet elpee creuse à la fois dans le blues, la country, le rock, le psychédélisme, l’americana, le funk, le folk 60’s et même le glam. Le groupe californien emmené par l’ex-Black Crowes, Chris Robinson, a même bénéficié, sur "Glow", inspiré du psyché anglais, du célèbre sarodiste Alam Khan pour concocter un morceau particulièrement orignal…

Pour découvrir la vidéo de « Behold the seer », c’est ici

 

 

 

 

Snapped Ankles se cache derrière les arbres…

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Snapped Ankles est une formation britannique qui pratique (ça rime !) une cocktail expérimental d’art wave, de krautrock et de post punk. Intitulé “Come play the trees”, son album, « Come play the trees », paraîtra ce 29 septembre 2017.

En attendant, deux videos sont disponibles

"I want my minutes back", voir ici  

"Jonny Guitar calling gosta Berlin", voir  

https://snappedankles.bandcamp.com/

http://snappedankles.com/

 

Open’er 2017 : vendredi 30 juin

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La troisième journée est la plus chargée au niveau programmation. Un regret quand même, que l’Alter stage ne serve plus et qu’aux artistes polonais. Et exclusivement ! Dommage, car dans le passé, on avait pu y applaudir les prestations d’ambassadeurs de la scène alternative, comme Swans, Kurt Vile ou encore Thurston Moore. La Main et la Tent stage sont réservés aux grosses pointures.

Après The Last Shadow Puppets, FFS ou encore Giraffe Tongue Orchestra, Prophets of Rage est considéré aujourd’hui comme le supergroupe incontournable. Et pour cause, il réunit le guitariste Tom Morello, le bassiste Tim Commerford et le batteur Brad Wilk, soit les ¾ de Rage Against The Machine, les Dj Lord et le MC Chuck D., issus de Public Enemy, ainsi que le leader de Cypress Hill, B-Real. Le collectif déboule sur l’estrade, le poing levé, alors que les sirènes retentissent. Le team va nous réserver plusieurs tubes signés par les trois formations susvisées, mais également le classique de House of Pain, « Jump around ». Sans oublier de rendre un hommage à feu Chris Cornell, à travers le « Like a stone » d’Audioslave. Si la voix de Chuck D a quelques ratés, lorsqu’il la conjugue en harmonie avec B-Real, le résultat est bien plus concluant. Mais c’est Tom Morello qui joue le chef d’orchestre de toute cette équipe. Difficile de croire que le natif d’Harlem a plus de 53 balais. Il bondit sur les planches tout en alignant ses riffs comme de véritables uppercuts. Seul Flea était parvenu, un an plus tôt, à mettre tout le monde d’accord, dans le cadre de ce festival…  

Préado, votre serviteur était fan de Michaël Jackson. Mais peut-on le comparer à The Weeknd ? La question mérite d’être posée. Car en grimpant sur l’estrade, Abel Tesfaye semble manifestement s’en inspirer. Inévitablement, on ne peut que penser aux clips de The King of Pop, tournés à l’époque de « Thriller ». Que ce soit la bande son en intro, le light show ou les effets techniques. Sans oublier la voix du Canadien, dont le timbre n’est pas sans rappeler l’époque « Off the wall » (NDR : sans doute la meilleure !) Et les tubes vont rapidement s’enchaîner. Depuis « Starboy » en ouverture (NDR : mais malheureusement pour les yeux, sans assister à un défilé de lingerie ‘Victoria Secrets’), « Wicked games », le planétaire « Can’t feel my face », le ‘Daft-punkien’ « I feel it coming » et le plus intimiste « The hills », en outro. Un final vécu comme une véritable déferlante de hits. Mais bon ici s’arrêtent les comparaisons, car si Tesfaye est charismatique, semble aussi perfectionniste, et négocie parfaitement ses sorties médiatiques et ses contrats publicitaires (Apple, H&M, …), il lui manque encore cette aura et surtout ce pas de danse (moonwalk) que Bambi était capable de dessiner en live, comme lors de ses shows accordés sur la plaine de Werchter…  

Autre podium autre style. Quatuor féminin, Warpaint est accueilli à bras ouverts et sous les cris stridents des festivaliers. Pas étonnant, lorsqu’on sait que la drummeuse, Stella Mozgawa, est d’origine polonaise. Et au sein d’un pays aussi patriotique, pour ne pas dire nationaliste, ce type de réaction est inévitable. D’habitude très discrète sur les planches, elle va s’autoriser quelques déclarations entre les titres. De quoi épater l’auditoire. Mais le concert va souffrir de moments plus faibles. Les frontwomen Theresa et Emily affichent des mines fatiguées. Et il faut attendre la fin de parcours, au cours duquel le combo va nous réserver « Love is to die » et « New song », pour voir enfin, les filles se lâcher. M’enfin, globalement, la prestation est demeurée agréable à l’écoute… et surtout à regarder, tant elles affichent un charme certain...  

Les infra-basses assourdissantes résonnent au loin. Pas de doute le trio allemand Moderat a entamé son set. Particulièrement puissants, les faisceaux lumineux transforment cette gigantesque plaine en dancefloor. De quoi réjouir les clubbers les plus enthousiastes, mais pas trop votre serviteur qui rejoint doucement ses pénates, vu l’heure avancée de la nuit…

(Organisation : Open’er)

 

Main Square 2017 : vendredi 30 juin

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La première journée de l’édition 2017 du Main Square ressemble fort à un laboratoire, au sein duquel de nombreuses expérimentations vont être tentées, notamment, par System Of A Down, Soulwax et Vitalic. Une affiche qui risque donc fort de nous réserver pas mal de surprises… 

Biffy Clyro. Main Stage. 20:45 - 21:45

Le show de Biffy Clyro est prévu pour une bonne heure. Il va nous y proposer ses classiques, ainsi que des compos issues de son dernier opus, paru il y a tout juste un an. Non seulement le patronyme du combo est insolite, mais l’accoutrement l’est tout autant. Simon Neil et James Johnson ont enfilé des pantalons de pyjama. Celui du chanteur/guitariste est de couleur rose. Et du bassiste, est décoré de motifs partagés entre carreaux gris et blancs. Dès l’ouverture, « Wolves of Winter », extrait d’« Ellipsis », la tension électrique est maximale. A cause de la gratte, mais également de la ligne de basse. Issu de Kilmarnock, le trio assure, très souvent, le supporting act de Muse. Ce qui explique sans doute pourquoi, au fil du temps, les musicos sont devenus de véritables bêtes de scène. Faut dire aussi que le combo compte déjà sept elpees studios et deux ‘live’, à son actif. Comme lors de sont set accordé au Stade de France, le band, que les fans accueillent aux cris de ‘Mon the Biff’, a enchanté l’auditoire, en exécutant un post rock alternatif, mais aux accents romantiques. (Setlist : “Wolves of Winter, “Living Is A Problem Because Everything Dies Biblical”, “Howl”, “That Golden Rule”, “Black Chandelier”, “Bubbles”, “Re-arrange”, “Different People”, “Mountains”, “9/15ths”, “Animal Style”, “Many Of Horror”, “Stingin’ Belle”)

System Of A Down. Main Stage. 22:25 – 23:55

Né sur les cendres de Soil, System of a Down est né en 1994. Et ce band californien, dont les membres sont d’origine arménienne, est considéré comme une icône du néo-hard rock, depuis 1998. Les textes sont engagés et de nombreuses compos évoquent le génocide dont ont été victimes leurs compatriotes. On pourrait d’ailleurs comparer les lyrics à ceux de Zack de la Rocha, même si les cibles sont différentes. En outre, la musique est aussi écrasante et élaborée que celle de Rage Against The Machine (NDR : progressive ?) ; le combo n’hésitant pas à se servir d’instruments insolites comme l'oud, la cithare ou la guitare à 12 cordes. De quoi insuffler un autre souffle à la scène métallique contemporaine. Après avoir pris une pause en 2006, le combo a repris son bâton de pèlerin, dès 2010. De quoi assouvir la nostalgie de ses nombreux aficionados. Ce qui explique l’engouement suscité à chacune de ses apparitions ! Dès les premiers accords dispensés par la gratte de Daron Malakian, le public est aux anges. Il est secoué par l’émotion, en retrouvant la voix si familière du chanteur Serj Takian. D’autant plus que les classiques commencent à défiler. A l’instar de « Violent Pornography », « Chop Suey » ou encore « Sugar ». Les pogos et le headbanging s’invitent naturellement. Amusant, mais les fans s’évertuent à reproduire le phrasé vocal de Serj Takian, un exercice quasi-impossible à accomplir. Faut dire que la vélocité de diction du leader de SOAD est stupéfiante. Sans pour autant négliger le sens mélodique des chansons. Bref, grâce à System Of A Down, le Main Square a vécu un événement néo métal que sa programmation n’était jamais parvenue à vivre au cœur de son festival. De quoi lancer les hostilités pour les deux prochaines journées…

Soulwax. Green Room. 23:40 – 00:40

Soulwax est considéré comme un véritable OVNI dans l’univers de la musique. A cause de son mélange alternatif entre électronique et rock. C’est aussi le projet des frères Dewaele, mieux connus comme les piliers de 2ManyDjs. Stephen et David mènent ainsi deux carrières en parallèle tout en composant albums et B.O. pour le cinéma. Ainsi, en 2016, les frangins ont signé la musique du long métrage ‘Belgica’. Et au printemps 2017, ils ont publié l’opus « From Dewe », engendrant dans la foulée la création d’un nouveau show, sobrement baptisé ‘Soulwax Transient Program For Drums And Machinery’. Un spectacle aussi percutant que puissant, puisqu’il implique le concours de trois batteurs ! Qui vont mettre littéralement le feu. Sous leur impulsion, les morceaux vont inciter la fosse à se mouvoir en rythme. Tous les musicos sont vêtus de blanc. La fratrie Dewaele se charge des claviers ainsi que des pads électroniques et pose circonstanciellement ses voix dans le mix. Les trois drummers sont enfermés dans des cubes ; ceux installés de chaque côté du podium se font face et le troisième, est planté en arrière plan, devant l’auditoire. Le line up implique également un bassiste en un autre claviériste. L’expression sonore et le light show nous renvoient aux prémisses de la musique électronique ; une approche brute de décoffrage qui a manifestement conquis l’auditoire, même si la setlist a essentiellement réuni des morceaux issus du dernier long playing. Visuellement, on épinglera encore une l’image de la pochette du dernier LP –une tête !– qui s’élève au fond de la scène et telle une boule à facettes commence à tournoyer, apportant une perspective cosmique à la prestation du groupe…

Vitalic. Main Stage. 00:35 – 01:35

Vitalic c’est le bébé de Pascal Arbez-Nicolas. Il a étudié la musique en Bourgogne ; mais c’est en assistant à un concert de Daft Punk, qu’il commence à appréhender la musique différemment. Ses premiers pas dans l’électro sont plutôt impénétrables. Il monte différents projets et finit par opter pour celui de Vitalic. Il bosse alors sur des remixes, enregistre et entame des tournées internationales. Son dernier album, « Voyager », est paru début de cette année. Il nous entraîne au sein d’un périple oscillant entre électro futuriste et disco cosmique, sis aux frontières de l’imaginaire. Bien que les sonorités glaciales puissent crisper, leur reproduction en ‘live’ procure un cocktail détonnant qui incite à danser, tout en oubliant tout ce qui vous entoure. L’armature lumineuse, placée au-dessus de la tête de l’artiste, crée une symbiose avec la musique et transforme l’artiste en parfait maître de l’univers qu’il affiche sous les yeux et réserve aux oreilles des festivaliers. Tout au long de son set, on retrouve une sensibilité si particulière que reflète si bien l’excellent « Second Lives ». Ce qui devrait inciter les mélomanes à se replonger sur ses précédents essais.

La première journée du Main Square a tenu toutes ses promesses. Elle a aussi réveillé, en notre for intérieur, des souvenirs, mais également permis d’ouvrir la porte aux univers des autres. Une première journée éprouvante, mais que les artistes et groupes ont eu le bon goût de magistralement magnifier…

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Main Square)

 

An Pierlé

Une 'dark pop' mystique, hypnotique et sombre, mais illuminée par une intense beauté…

C'est dans le cadre du festival ‘Musiq'3’ qu'An Pierlé se produisait ce soir, au sein de l'église de l'Abbaye de La Cambre ; et vu le succès des réservations, les organisateurs avaient prévu deux concerts successifs : un à 20h et l’autre à partir de 22h. Nombreux sont en effet les mélomanes qui, comme votre serviteur, sont tombés sous le charme de l'artiste flamande. Son diptyque « Arches / Cluster » a séduit un nouveau public qui apprécie les compositions au cours desquelles les grandes orgues sont mise en exergue au sein d’atmosphères mystiques…

C'est au cœur d’édifices religieux qu'An Pierlé a choisi d’accorder les concerts de la présente tournée. Non seulement les lieux y sont propices mais surtout, elle peut se servir des orgues, qui alimentent ses dernières compositions. A la Cambre, comme d’habitude, le podium a été dressé à l'entrée de l'église, en dessous du jubé.

A 20 heures précises, An Pierlé apparaît au jubé. Il fait encore jour et sa silhouette gracile se détache devant les orgues et les vitraux qui brillent de milles couleurs. Elle entame « I Feel For The Child », la première plage de « Arches ». Quelques claquements de doigts, le son des orgues et la voix nous transportent d'emblée dans une autre dimension. L'artiste est habillée d'une robe beige, recouverte d'un châle noir. Autour de ses yeux, son maquillage est souligné de paillettes qui scintillent au gré des faisceaux de lumière. Mais on assiste déjà à un des moments les plus forts de la soirée : le break incrusté au milieu de la chanson. Il est d'une intensité et d'une puissance incroyables. ‘And you drown yourself in silence...’ Enfin, la chanson se termine comme elle a commencée, en douceur, a capella.

L’auditoire, qui occupe complètement l'église, est déjà conquis. Dans la foulée, An Pierlé entame « Road To Nowhere », un premier extrait de « Cluster ». A la fin de la compo, elle descend du jubé pour rejoindre ses comparses sur le podium. On reconnaît son partenaire à la scène comme à la ville, Koen Gisen (guitare, saxophone, percussions). Les harmonies vocales conjuguées par les deux choristes, Loesje Maieu et Kaat Hellings, sont d'une étonnante délicatesse, et leurs interventions aux claviers et aux percussions, particulièrement subtiles. Enfin, Karel De Wilde, l'organiste, est présenté par l'artiste gantoise comme le 'prince de la musique baroque' et un excellent organiste, 'quand il ne mange pas trop de biscuits'...

Après cette petite blague, typique de l'humour de la belle, place à « Golden Dawn », le premier 'single' extrait de Cluster. L'interprétation est superbe. Sublime, le refrain vous saute au cou et vous enlace sans jamais plus vous lâcher : ‘The Golden Dawn is on its way. We dream... Keep dreamin' on...’ C'est lent, voluptueux et tout simplement beau. On en veut aux radios nationales de ne pas diffuser ce titre en boucle, car c'est un véritable hit potentiel, dans la veine du répertoire de Hooverphonic, Agnès Obel, SX ou encore Lana Del Rey.

« Huntifix » creuse encore plus dans le sillon émotionnel. Le saxophone de Koen Gisen et les notes d’ivoires apportent ça et là des couleurs plus 'free jazz'. La composition virevolte lentement, telle une danse sensuelle et on a l’impression de vivre un tête-à-tête virtuel auprès de la belle An : ‘Do you want to undress me, Do you really want to see, Would you like to caress me, Do you want me entirely…’

S'ensuit le superbe « Birds Love Wires », une des plus belles compositions signée par Mrs Pierlé, au cours de ces deux dernières années. Elle nous a d'ailleurs confié qu’il s’agissait de sa chanson préférée dans son répertoire. Elle la présente en évoquant les oiseaux sur les fils de téléphone, une image qui est en voie de disparition à cause des réseaux mobiles. Lors de notre entrevue, elle avait ajouté que la métaphore évoque également la vision de femmes martyrisées dans les pays où elles sont privées de leurs droits fondamentaux.

Pendant « There Is No Time », on se souvient de l'anecdote vécue lors du concert à Laeken, il y a quelques semaines, au cours de laquelle l’artiste avait invité quelques spectateurs à monter sur le podium afin de participer au tournage d'une vidéo. Aujourd'hui, pas de 'happening' : il est vrai que le temps est compté.

La dernière partie du show se déroule dans la perspective d'une montée en puissance. Par manque de temps, « Bedroom Dust » a été enlevé de la setlist et le groupe aligne l'imposant « Sovereign », avant de refermer le set sur le très sombre « Dragon JM ». Sur les visages des spectateurs, on lit l'émerveillement et quelques secondes après les dernières notes, ils se lèvent comme un seul homme pour acclamer le quintet. 

Après avoir chanté une pub pour faire la promo de ses deux albums (encore un moment cocasse), An Pierlé prend congé de l’auditoire sur l'épique « Changing Tides ». Un tambour martial y guide la composition dans une farandole enivrante, qui débouche sur un final époustouflant à trois voix.

On regrette bien sûr de n'avoir pas pu entendre la reprise de « Such A Shame », le classique de Talk Talk, qui fait, en général, partie des rappels. Mais ne boudons pas notre plaisir : le concert a duré près d'une heure et demie et nous a, à nouveau, propulsés au septième ciel.

Pas de doute : grâce à ses deux derniers longs formats et sa tournée des églises, An Pierlé a brillamment réussi un tournant majeur dans sa carrière. Elle a gagné en maturité, en profondeur et a touché une corde sensible dans le coeur de son public. Elle a trouvé sa place, lovée entre Kate Bush, Talk Talk, Dead Can Dance, Messiaen, Hooverphonic et Portishead. Sa 'dark pop' mystique, hypnotique et sombre est illuminée par une intense beauté.

Pour lire l'interview d'An Pierlé, c'est ici

Setlist:

Feel for the Child
Road To Nowhere
Vibra
Golden Dawn
Huntifix
Birds Love Wires
It's Like
Monkey
We Gravitate
There Is No Time
Sovereign
Dragon JM

Rappel:

Changing Tides

(Organisation: Musiq'3)

Photos : G. Lécrivain (Voir aussi notre section ici)

Soviet Soviet

Endless

Écrit par

Soviet Soviet est un trio italien qui pratique un post punk dans l’esprit d’Interpol voire des Editors, à leurs débuts. Différence, la voix est plus claire et aurait pu naître d’un croisement entre celles de Peter Murphy (Bauhaus), Neil Tennant (Pet Shop Boys) et Stan Ridgway (Wall of Voodoo). « Endless » constitue son second elpee, un disque dont les compos ont été rôdées lors des tournées. Les cordes de guitare sont tintinnabulantes, gémissantes, piaillantes et celles de la basse, cotonneuses, graveleuses ou grondantes. Le drumming est efficace. Le tempo est en général soutenu, parfois même tempétueux. Il y a un zeste d’électronique et circonstanciellement, la présence d’une boîte à rythmes. Mais bon, si cet elpee devrait plaire aux aficionados de post punk à coloration ‘dark’, on ne peut pas dire qu’il soit particulièrement original…

 

Oozing Wound

Whatever Forever

Écrit par

Oozing Wound est un trio chicagoan qui pratique un metal agrégeant proto-punk, hardcore, stoner, doom, drone, thrash et noise. A son actif, trois albums et un split LP, partagé en compagnie de Black Pus. « Whatever Forever » constitue donc son troisième et propose 10 pistes qui tiennent parfaitement la route. Seul bémol, le chant. Pourquoi hurler ses paroles ? Pour être dans l’air du temps ? Dommage, car l’expression sonore est le plus souvent mélodique et évite les soli nombrilistes afin de privilégier des tableaux climatiques, développés dans l’esprit d’un Prong. « Weather teamer » pourrait même servir de B.O. à un thriller hitchcockien. Et l’épique « Tachycardia » ainsi que le belliqueux « Sky creep » adoptent un profil sembable. Tout comme « Mercury in retrograde virus », dont les lignes de cordes sont tracées, un peu comme chez Swans. Des cordes qui deviennent même bringuebalantes sur le nihiliste « Diver ». Un feeling qui envahit également le meilleur titre de l’elpee, « Everyhting sucks and my life is a lie ». Il s’ouvre sur un tempo martial avant de se transformer en véritable hymne. Ecrasé par ses riffs en boucle, « Rambo 5 (Pre-Emptive Strike) » aurait pu naître d’une rencontre entre Mastodon et Suicidal Tendencies. L’instrumental « You Owe Me, Iommi » adresse un clin d’œil au célèbre gratteur de Black Sabbath (NDR : non, non, il ne lui doit rien, ce serait plutôt le contraire), alors que les sonorités de guitare lorgnent plutôt vers Metallica. Il y a bien longtemps que votre serviteur n’avait plus autant flashé sur un groupe de métal… même si la voix a sans doute de quoi le contrarier…

 

Modern English

Take me to the trees

Écrit par

Fondé en 1979, Modern English a publié, début des eighties, trois albums incontournables : « Mesh & Lace » en 1981, « After the Snow » en 1982 et « Ricochet Days » en 1984. Le groupe s’est séparé et s’est reformé à deux reprises, la dernière fois, en 2010. Faut dire qu’à l’issue de ces trois opus, il a voulu séduire le grand public, un peu comme Duran Duran ; mais malgré le succès récolté par son single « I’ve melt with you », paru en 1982, sa tentative sera vouée à l’échec. C’est d’ailleurs à cette époque que votre serviteur avait eu l’opportunité d’assister à un de ses concerts –exceptionnel, par ailleurs– dans une salle de gymnastique, à Zedelgem.

Bref, le band est de retour, et du line up initial, il ne manque plus que le drummer. Les 4/5 du band est donc réuni ! Et il vient de graver un nouvel LP, « Take me to the trees ». Un disque qui tient parfaitement la route, même si la voix de Robbie Grey semble avoir perdu de sa superbe. Plus déclamatoire que dans le passé, elle est même très souvent overdubbée. Quant à la musique, elle n’a jamais été aussi proche de celle de Wire, circa « A bell is a cup ». Plusieurs compos véhiculent des messages politiquement engagés, à l’instar du morceau qui ouvre la plaque, « You’re corrupt », qui s’attaque aux multinationales et au néo-libéralisme. Un peu dans l’esprit de « Dance of Devotion », paru 35 ans plus tôt. Ou encore sur « Dark cloud », une piste qui évoque le temps qui passe et les valeurs qui s’effilochent. Des textes qui sont truffés de métaphores. Mais paradoxalement, seul « Flood of light » opère un retour aux sources. Caractérisée par des sonorités de gratte cristallines, cette plage ténébreuse monte progressivement en crescendo. Si « Sweet revenge » agrège krautrock et psychédélisme, la plupart des autres morceaux émargent le plus souvent au post punk. Même l’accrocheur « Trees », dont l’intro emprunte la rythmique du « Heroes » de Bowie. Caractérisé par ses arabesques guitaristiques et son synthé vintage, « Moonbeam » est imprimé sur un tempo new wave. Et dépouillé, « Come out of your hole » baigne au sein d’un climat semi-ambient, semi-sauvage. Un retour plus ou moins réussi, mais qui demande confirmation… car il nécessite chez la formation, une profonde remise en question, si elle ne veut pas être rapidement taxée de ‘has been’…

 

Itasca

Open to chance

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Itasca, c’est un comté sis dans l’Etat du Minnesota, aux States. C’est également le pseudo choisi par la chanteuse/guitariste/pianiste Kayla Cohen pour son projet. « Open to chance » constitue le premier elpee au cours duquel elle a reçu le concours d’un groupe. La musique d’Itasca baigne dans le country/folk réminiscent de la fin des 60’s et du début des 70’s. On songe tour à tour à Joni Mitchell, Suzanne Vega ou Judy Collins, même si la voix de Kayla évoque plutôt celle de Vashti Bunyan voire de Sibylle Baier. Et lorsque la Californienne (NDR : elle est issue de Los Angeles) siège derrière le piano, c’est plutôt à Cat Power qu’on se met à penser. Quoiqu’il en soit, fragiles, paisibles (pour la plupart), introspectives, mélancoliques, bucoliques (NDR : surtout « Just for tomorrow », une piste enrichie par des interventions de violon et de flûte), les compos réveillent en mon fors intérieur, un certain ‘hippie dream’. Notamment celles où elle joue subtilement de la sèche en picking ; des chansons régulièrement traversées par des gémissements de pedal steel. En écoutant cet opus, on s’imagine couché dans l’herbe, lors d’un été chaud, à regarder les nuages qui défilent dans le ciel…

 

Homeshake

Fresh air

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C’est en 2013 que Peter Sagar (NDR : pas Sagan!) a décidé de quitter la tournée de Mac DeMarco, pour embrasser une carrière solo. Il a alors choisi le pseudo de Homeshake. Il publie alors successivement deux elpees, « In he shower » en 2014 et « Midnight snack », l’année suivante. « Fresh air » constitue donc son troisième opus. Découpé en 14 pistes, il baigne au sein d’une forme de néo-soul qui se nourrit aussi bien de pop, de soul, de r&b, de funk, de trip hop que d’électro. En général, les compos sont plutôt cool, flemmardes, sensuelles, introspectives, climatiques et mélancoliques, des compos sur lesquelles, le Canadien vient poser son falsetto. Un peu comme un Michael Jackson sous xanax. Parfois le synthé libère les mêmes sonorités de tuba/basson échangées entre les terriens et les extraterrestres, dans le film de Steven Spielberg, ‘Rencontre du 3ème type ». On n’en oublierait presque ce zeste de guitare et de basse qui apporte une coloration lo fi à l’ensemble. Sans quoi après avoir tenté d’écouter un semblable long playing, rien de tel qu’un bon bol d’air frais…