La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Brad Stivers

Took you long enough

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Brad Stivers est né en Californie. Il apprend d’abord à jouer du trombone et du saxophone. Mais lorsque sa famille s'installe dans l'état de Washington, il tombe sous le charme de la guitare et commence à écouter des bluesmen, et tout particulièrement BB King, Stevie Ray Vaughan et Joe Louis Walker. Il file alors dans le Colorado où il fonde, en 2014, son premier groupe, Bad Brad & The Fat Cats. Il représente son état à l'International Blues Challenge de Memphis où il atteint la finale. Il se fixe enfin à Austin, au Texas, où il vit toujours. Ce qui lui permet de fréquenter les meilleurs clubs locaux comme le Continental Club et l’Antones. Après avoir publié son premier elpee solo, "American Music", il signe chez Vizztone, label pour lequel il grave ce nouvel opus, en mai dernier. 

Rock'n'roll pur, court, direct et efficace, "2,000 miles" ouvre la plaque. Brad possède une très bonne voix, mais comme si elle sortait tout droit d’un juke-box, au cours des 60’s. Traduit en succès par Ray Charles, en 1966, le nerveux "You're just about to lose your clown" en est un nouvel exemple. La section rythmique structure la trame. La voix s’emporte. Invité, Mark Wilson prend son envol au saxophone avant de céder le relais aux cordes du leader. Qui sont omniprésentes tout au long du rockabilly bien dynamique "Put it down". La voix de Brad est bien mise en relief tout au long du funky r&b "Took you long enough". Légèrement rocailleuse elle évolue au sein d’un registre étonnant. En outre, elle dialogue avec les courtes séries de notes dispensées par les cordes. "Here we go again" est une autre compo qui figurait au répertoire de Ray Charles. Une ballade subtilement dépouillée, attaquée en formule trio. Brad et Miss Emily Gimble se partagent les vocaux. Cette dernière se consacre au piano et Eric Przygocki, à la contrebasse. A l’instar du morceau précédent, la suite se révèle un peu plus paisible. En 1971, le soulman O.V Wright publiait "Nickel and a nail". Roy Buchanan a repris ce titre en 1985. Brad et Malford Milligan nous en proposent une nouvelle version qui se distingue par des interventions remarquables, à l'orgue Hammond, du producteur texan Bukka Allen. Ce qui n’empêche pas Stivers de prendre un bel envol sur ses cordes. Un sommet de cet opus! "One night of sin" est issu de la plume du néo-orléanais Dani Bartholomew, une compo reprise par Joe Cocker. Adorable, d’une simplicité et d’une efficacité déconcertantes, la nouvelle adaptation est instrumentale. "Can't wait" campe un shuffle solide et explosif. Très texan aussi. Et bien dans l’esprit du regretté concitoyen d'Austin, Stevie Ray Vaughan. "Save me" est un slow blues de référence. Chargée de reverb, la gratte produit un effet dramatique saisissant, alors que la voix colle parfaitement au morceau. Le long playing s’achève par une cover du notoire "Cold sweat" de James Brown, en version instrumentale. La section rythmique trace la ligne de conduite funk et la guitare est une dernière fois mise en exergue...

 

Sin Fang

Spaceland

Écrit par

Sindri Mar Sigfusson, aka Sin Fang, propose son quatrième opus pour le compte de l’honorable label Morr Music. Teintée de folk et d’électro, la pop de chambre est passée avantageusement sous les doigts magiques d’Alex Somers, producteur de Sigur Rós… et compagnon de Jonsi, chanteur du band islandais, qui participe également à l’aventure (« Candyland »). Il n’est pas le seul, car Soley (NDR : qui milite chez Seabear… une formation fondée par Sin Fang, en 2003 ; le monde est décidément bien étroit sur l’île aux geysers…) ainsi que la Norvégienne Farao, ont également apporté leurs concours. 

« Spaceland » nous plonge au cœur d’un univers électronique à travers ses vignettes électro/pop uptempo (« Candyland », « Not Ready for Your Love ») ou atmosphériques (« Down »), qui nous réservent une belle collection de bips et beats, mais également de jolies mélodies, et qu’enveloppe la voix cotonneuse de Sin Fang. Les sessions se sont déroulées tantôt sous la chaleur de Los Angeles ou dans le froid de Reykjavik. Ce qui peut expliquer l’ambivalence de l’œuvre naviguant furtivement entre mélancolie et allégresse. L’Islande est définitivement une terre inépuisable de talents…

 

Gina Sicilia

Tug of War

Écrit par

Originaire d’Italie, Gina Sicilia est née du côté de Philadelphie. Jeune et charmante (NDR : elle affiche 32 printemps), elle chante et excelle à la composition. Elle a commencé à enregistrer dès 2006. Elle s’est établie, depuis 2013, à Nashville. "Tug of war" (NDR : traduisez ‘Bras de fer’) constitue son 7ème essai. Les deux derniers, "The Alabama Sessions", paru en 2014, et "Sunset Avenue", en 2016, se limitaient à 5 titres. Elle vient donc de publier un nouvel opus, même s’il inclut les titres qui figuraient sur les Eps, un elpee pour lequel elle a reçu le concours de Glenn Barratt et Dave Darling, à la mise en forme.

Le long playing s’ouvre par quatre nouveaux morceaux. Tout d’abord "I don't want to be in love", une piste co-écrite par Dave Darling. Et elle ne manque pas de charme. La voix est bien mise en exergue. L’instrumentation tient parfaitement la route ; et tout particulièrement la guitare de Zach Zunis. Darling se consacre à la basse et assure les répliques vocales. "Damaging me" est un titre plus pop. Walter Runge y dispense une intro à l’orgue dont les sonorités évoquent certaines compos de Tom Petty. Jennings en profite pour dispenser un solo expressif et de toute beauté sur les cordes. La voix de Gina est chargée de passion tout au long de la ballade country "He called me baby". Et c’est Joel Bryant (NDR : apparemment, ce dernier est décédé depuis la sortie de ce long playing) qui siège derrière l’orgue pour cette ancienne compo signée Harlan Howard. Empreinte de douceur et de mélancolie, "I'll stand up" est une superbe ballade, au cours de laquelle Gina manifeste tout son courage et sa détresse dans son combat... Les interventions à l'orgue d'Arlen Victor et les cordes acoustiques de Dave Darling sont respectueuses de la version originale. Plus rythmé, "Heaven" baigne dans l’allégresse. "All my loving" est une chanson qui figurait sur l’album des Fab four, gravé en 1963, "With the Beatles". L’adaptation est superbe. Lente, traduite en ballade, Gina se l’est carrément réappropriée. Sa voix est tout à fait saisissante. Elle vit cette plage face aux cordes de Darling. Et les morceaux qui figuraient déjà sur les deux Eps précédents sont tous d’excellente facture. A l’instar du plus acoustique "Never gonna end" et de la tendre ballade country "I cried", morceaux au cours desquels elle épanche une forme de mal être ainsi que son désespoir, alors que Charlene Holloway se consacre aux chœurs. Dans le même esprit, autre plage empreinte de douceur, "They never pay me" constitue un des sommets de l’elpee. Jennings y signe une excellente intervention, chargée de feeling. "Abandoned" en est un autre. Elle y parle d’amour, un sentiment qu’elle exprime d’une voix franche et déterminée, devant l'orgue de Walter Runge et les cordes de son soliste ! En fin, elle adapte le "Tell him" de Bert Berns, un hit popularisé par les Exciters, en 1962.

Nick Schnebelen

Live in Kansas City

Écrit par

Ce chanteur/guitariste est issu de Kansas City. Il avait déjà rencontré du succès, lors de son aventure vécue au sein du Trampled Under Foots, un groupe familial qui impliquait sa sœur Daniele et son frère Chris. Le band avait d’ailleurs remporté l'International Blues Challenge de Memphis, en 2008, et décroché deux Blues Music Awards, en 2014. Après la séparation de TUF, Nick monte alors son propre band. L’an dernier, il avait publié "Live at Knuckelheads – Vol 1", un album qui préludait la sortie d’une suite. Sous-titrée "Live at Knuckleheads Saloon December 3 2016", elle est parue en avril dernier. Le Knuckleheads Saloon est une salle de concert, sise à Kansas City, dans le Missouri, qui peut accueillir 600 personnes, mais qui jouit d’une solide réputation dans l’univers du blues. Depuis l'an dernier, le line up du band a changé. La chanteuse est partie et le bassiste a été remplacé par Adam Hagerman. Cliff Moore est cependant toujours préposé aux drums. 

Blues lent classieux, "Fool" ouvre le set. Naturellement autoritaire, la voix de Nick passe aisément la rampe. Mais c’est avant tout un remarquable soliste. Il incarne à merveille le power blues trio qui laisse au guitar hero les commandes! Légèrement soul, "Pay in my mind" est imprimé sur un mid tempo ; un morceau ponctué par une sortie remarquable des cordes. Une nouvelle démonstration de technique évoluée émerge de l'arrangement aventureux pratiqué sur "Herbert Harper's Free press news", une compo qui figurait sur l’opus anachronique de Muddy Waters, "Electric Mud", paru en 1967. Il était considéré, à l'époque, comme l’œuvre psychédélique du grand bluesman. Signé par la famille Schnebelen, "You call that love" s’inspire du Westside de Chicago, un remarquable blues lent caractérisé par les accords de gratte parfaitement maîtrisés, tout en retenue, afin d’en concevoir de nouveaux, tout aussi créatifs. Les percussions de Moore introduisent "Bad woman blues", une plage qui nous entraîne dans le Delta et au cours de laquelle la slide s’autorise une intervention remarquée. Produit et composé par Tony Braunagel, ce titre figurait sur "Wrong side of the blues", un LP gravé par TUF. Passé à la slide, Nick se déchaîne. Il nous réserve une version fulgurante et implacable du "Mean Town Blues" de Johnny Winter, manifestant la même rage vocale que l'albinos texan. A nouveau issu du répertoire de TUF, le boogie offensif "Johnny Cheat" se charge d’intensité et devient carrément incandescent. "Bad disposition" opère un retour au blues lent chargé d’accents dramatiques, hendrixiens… Plus paisible, "School night" baigne au sein d’une ambiance swing jazz nightclubbienne. Un climat qu’on retrouve lors de la finale instrumentale "Conformity Blues", et dont l’approche est digne des prestigieux solistes de l’Allman Brothers Band, Duane Allman et Dicky Betts. Epatant!

 

Scampi

Waiting for this Sound (Ep)

Écrit par

Suite à la tragique disparition de son bassiste, ce trio français à l’étrange patronyme a été réduit à un duo. Et ce crustacé mélomane a décidé de traverser l’Atlantique pour enregistrer son nouvel et second Ep. A Los Angeles pour être plus précis. Scampi est influencé par le trip hop, et tout particulièrement, Massive Attack et surtout Morcheeba. Mais également par  CocoRosie. A cause des sonorités produites par le ukulélé et le guzheng. Peu connu sous nos latitudes, cet instrument à cordes chinois appartient à la famille des cithares (NDR : Gû Zheng signifie ‘ancienne cithare’ d’après mon ami Wiki). En outre les voix rappellent manifestement celles des sœurs Cassidy. Si certains morceaux se révèlent tendres (« Get an Idea »), d’autres adoptent un ton plus énergique (« Waiting for this Sound ») ; mais en général, les plages privilégient le format pop (« Leave it Out »), parfois au sein d’un climat  légèrement ‘dark’ (« Magic House »). En conclusion, cet LP ne manque pas de charme…

 

Jim Roberts

Beneath the Blood Moon

Écrit par

Chanteur, guitariste et compositeur, Jim Roberts est établi à Los Angeles. C'est un passionné des racines américaines, particulièrement celles issues du sud profond. Il privilégie la slide et les cigar boxes, ces étonnantes guitares dont la caisse de résonance est fabriquée à l’aide de boîtes à cigares. Son backing group, The Resonants, se limite à une section rythmique. Mike Harvey se charge de la batterie. Rick Hollander et Tony Jack Grigsby se relaient à la basse. Jim avait publié son dernier elpee, "Devil dirt road", en 2014, sous le patronyme de Jack Roberts Harvey Band. Ce nouvel opus a été enregistré à L.A., en compagnie de ses Resonants et de quelques invités dont l’ex-Phantom Blues Band, Mike Finnigan.

Le titre maître ouvre l’elpee. Tapissé par l’orgue Hammond de Mike Finnigan, dont les sonorités sont instantanément reconnaissables, ce titre roots est balayé par les interventions de la slide. Une slide que se réserve Grant Cihlar (The Other Mules) sur "Dog done bit my baby". Et elle apporte un soutien décisif à la cigar box tout au long de cette piste imprimée sur un tempo irrésistible, alors que la voix de Jim transpire de vécu. Le meilleur morceau du long playing ! Des bruitages spécifiques évoquent la Louisiane. "Bayou Beau" nous y entraîne. L’intro est à la fois belle, lourde et étouffante, avant que les percus de Mike Harvey n’accélèrent le rythme. Ce qui n’empêche pas la guitare de conserver son sens mélodique. Ballade mélancolique, "May all your regrets be small" s’enfonce encore davantage dans le Sud. L’accordéon de Nathan Rivera y exhale un parfum tex mex. La slide épouse des sonorités de steel guitare. "Gold train blues" entame une phase Southern Blues. La voix est grave et puissante. L’orgue Hammond et la slide s’autorisent un flirt, avant qu’elle ne prenne son envol pour atteindre les cimes. Pour la dernière fois, l'orgue de Finnigan amorce une compo. En l’occurrence "Red lips and high heels". Sudiste et solennelle, elle est rapidement rejointe par la cigar box, avant de virer au boogie, lorsque débarquent les ivoires. "Southern hospitality" opère un retour en Louisiane. Bien balisée par la section rythmique, la slide se révèle omniprésente. De bonne facture, cet opus s’achève par l’élégant "Dark down in the Delta", une plage qui baigne –bien évidemment– dans le delta, et dont la slide et la cigar box libèrent des sonorités qui ne manquent pas de charme. Caractérisé par le traitement de la gratte au bottleneck et les interventions à l’harmonica de Felix Flanagan, "The hell hound's due" adresse un clin d'œil au légendaire Robert Johnson. Roberts vient de tourner en Europe, et notamment à travers l’hexagone, en compagnie du guitariste français Jeff Toto Blues, au sein d’un duo baptisé Dobrothersblues Duo. La paire a également publié un elpee en 2016, "Live in Chambezon".

 

Republica Ideal de Acapulco

Mirage (Ep)

Écrit par

Republica Ideal de Acapulco est un nouveau projet monté par Nicolas Repac (Arthur H) et Yaite Ramos. Un duo ambitieux qui promet un voyage musical dans le temps, au cœur des 50’s, à travers les Caraïbes et l’Amérique latine.

Quelque part entre salsa, mambo, cumbia, boléro, cha-cha-cha, world, et lounge, l’expression sonore vous transporte sur les plages de La Havane dès le single « Atomic Lover. Une compo qu’on pourrait qualifier de torride. La voix de la flûtiste et chanteuse Yaité Ramos est à la fois sensuelle et groovy, tout en irradiant le morceau des rayons flamboyants du soleil couchant (NDR : Yaité Ramos est la fille de Jesús Ramos, tromboniste chez Buena Vista Social Club et Afro-Cuban All Stars). Bénéficiant du concours de Minino Garay, la composition est caractérisée par la présence de cuivres et de percussions de haut vol. 

Au plus profond de la forêt équatoriale, nous sommes subjugués par les chants d’oiseaux de « Blue Anacunda ».« Mirage » vous incite à siroter votre cocktail au bord de la piscine. Une grosse bouffée d’oxygène qui nettoie les neurones surchargés et vous garantit des vacances perpétuelles.

Il faut bouger son popotin et se réveiller. « Beso De Fuego » achève ce périple chargé de promesses sur le dancefloor. Avant que les lumières feutrées ne s’éteignent dans l’attente d’un futur album prometteur…

 

Polly O'Keary

Black Crow Callin'

Écrit par

Chanteuse et bassiste, Polly O'Keary s’est établie du côté de Seattle, dans l'état de Washington, non loin des côtes de l'Océan Pacifique. Elle a déjà remporté de nombreux prix dans les sociétés de blues locales, comme vocaliste et compositrice. Elle est à la tête d’un trio, The Rythm Method, qui implique Tommy Cook –son époux– à la batterie et David Miller à la guitare. Miss O'Keary compte déjà plusieurs opus à son actif, dont le dernier "Compass », enregistré en compagnie de son backing group, est paru en 2014.

Dès les premiers accords, il appert que Polly est une chanteuse à voix. Elle conduit "Hard hearted world", sur un tempo vivace, soutenue par les ivoires d'Eric Robert (Vicci Martinez Band), alors que David Miller s’autorise une superbe sortie, à la manière d'Albert Collins. Un climat qu’on retrouve sur "A man who can stand", mais sous la forme d’une ballade rock/r&b qui ne manque pas de charme. Norm Bellas siège derrière l'orgue Hammond pour "Red light", un blues/rock nerveux, mais bien construit, au cours duquel les cordes adoptent un profil davantage hard. Cependant, ce que le team préfère, c’est de toute évidence le blues lent plutôt dépouillé et aux accents dramatiques. A l’instar du titre maître, qui bénéficie du concours de Jim McLaughlin à l’harmo (NDR : il jouit d’une excellente notoriété à Seattle). Néanmoins, la voix affiche ici ses limites : elle n’est pas assez expressive. Une carence dont souffre encore la finale "I am the one", malgré le pouvoir de séduction exercé par la gratte, une piste lente qui adopte un certain sens de la tragédie. Pourtant, tout au long de "Reconciled", elle se révèle davantage chaleureuse et passionnée, soutenue alors par deux autres vocalistes et l'orgue Hammond. Et ardente, la guitare continue de s'épanouir tout en préservant sa ligne de conduite mélodique. Des cordes hargneuses, trafiquées et ravagées envahissent "Yours to love", un r&b saignant et cuivré par le Powerhouse Horns. Qui alimentent une nouvelle fois "Plan B". "I don't understand" est un autre bon r&b, mais enrichi de chœurs. Davantage dansant, il met bien en évidence le rôle de la basse. Ballade plutôt lente, "One life" adopte une rythmique légèrement reggae, se distinguant encore par un envol brillant de David sur ses cordes réverbérées…

 

Coco Montoya

Hard truth

Écrit par

Ce chanteur/guitariste californien vient de fêter ses 65 balais. Il peut se targuer d’une longue carrière. Il a milité chez les Bluesbreakers de John Mayall, durant plus de dix ans. Il a ensuite embrassé une carrière personnelle, ponctuée d'une dizaine d'albums. "Hard truth" a été enregistré au Ultratone de Burbank, sous la houlette de Tony Braunagel. Et bien entendu, tous les musicos de la bande à Braunagel ont participé aux sessions : Mike Finnigan aux claviers ainsi que Johnny Lee Schell à la guitare rythmique. Sans oublier, Tony à la batterie.

"Before the bullets fly" est une composition signée Warren Haynes (Gov't Mule, Allman Brothers Band). Coco se sent comme un poisson dans l’eau tout au long de cette cover. Il étale déjà toute sa technique tellement proche de celle d'Albert Collins, et bénéficie du soutien de Mike Finnigan à l’orgue Hammond. Une parfaite entrée en matière! "I want to shout about it" est issu de la plume de Ronnie Earl. Coco chante d’une voix naturellement puissante, ce soul/blues imprimé sur un tempo enlevé qui tire parti, à nouveau, de cette parfaite dualité entre la guitare et l'orgue. Braunagel balise de son drumming, "Lost in the bottle", un blues/rock nerveux et énergique, au cours duquel on assiste à un duel de haut vol entre la six cordes de Montoya et la slide de Lee Roy Parnell (NDR : établi à Nahsville, ce Texan est un artiste notoire dans l’univers du roots). "Old habits are hard to break" a été composé par John Hiatt et Miss Marshall Chapman. Blues, la version est subtilement rythmée et se distingue par une nouvelle envolée magique de Montoya. "Devil don't sleep" évolue sur un rythme indolent. Sombre, le climat est entretenu par les roulements lugubres de Braunagel, alors que la gratte de Coco et la slide de Johnny Lee Schell entrent en dialogue. "Where can a man go from here?" constitue le meilleur blues lent du long playing. Les interventions à l'orgue Hammond sont chaleureuses. La voix de Coco est chargée de feeling et de passion. Enchanteresses, ses cordes adoptent toutes les ficelles du style. "I'll find someone who will" est plus funky et dansant, une piste dont le refrain est repris en chœur par les deux choristes, Teresa James et Deb Ryder. Un genre qu’il apprécie également. Il attaque "The moon is full", une compo issue de la plume de Gwen Collins (NDR : c’est la veuve d'Albert) qui figurait sur "Showdown!", un opus sorti en 1985, auquel avait participé Robert Cray, Johnny Copeland et Albert Collins. Coco et Billy Watts conjugue leurs cordes, avec bonheur, tout au long de "Hard as hell", un rock’in blues au cours duquel Finnigan se révèle impérial à l'orgue...

 

Janiva Magness

Blue again

Écrit par

Américaine, Janiva Magness chante le blues et la soul. Et malgré ses 60 ans, elle ne manque ni de charme, d’allure ou de présence. Au fil de sa carrière, elle a accumulé une fameuse expérience. Mini album partagé en 6 pistes, "Blue again" en revient au blues, une musique qu’elle considère comme vraie et basique. Dave Darling en assure, de nouveau, la mise en forme. Et lors des sessions, elle a pu compter sur le concours du réputé Zach Zunis et de l’ex-Eulogies (NDR : un groupe rock issu de Los Angeles) Garrett Deloian, aux grattes.

"I can tell" démarre en force. Adaptée par des tas d'artistes, dont Dr Feelgood et les Fabulous Thunderbirds, cette piste figurait également au répertoire de Do Diddley. Janis la chante d’un timbre profond qui transpire de vécu. Invité, Kid Ramos se charge de la six cordes, et le résultat est épatant ! Blues lent, "I love you more than you'll ever know" est issu de la plume d'Al Kooper. Cette compo date de l’époque où il militait chez Blood, Sweat and Tears. Arlan Schierbaum la tapisse de son orgue, alors que particulièrement affûtée, la guitare de Zunis est empreinte d’une grande sensibilité. Signée Etta James, "If I can't have you" est une ballade blues au cours de laquelle la voix de Javina et celle de Sugaray Rayford (NDR : chanteur chez le band californien The Mannish Boys, ce Texan possède un baryton littéralement magique) se conjuguent, alors que Zach Zunis se réserve une sortie impériale sur ses cordes. Très jump, le "Tired of walking" d'Eddie Hinton est imprimé sur un tempo enlevé. Tout est parfaitement en place. Les interventions de gratte sont alertes. Janiva peut sortir ses griffes ! "Buck" figurait au répertoire de Nina Simone. La version est davantage roots, paisible même. Miss Magness est épaulée par son époux, T.J Norton, à l’harmonica. Le "Pack it up" de Freddie King clôt cet opus. Un r&b légèrement funky qui colle parfaitement au timbre de la native de Detroit, bien épaulée par la le va et vient incessant opéré par la guitare de Zunis. Excellent!

 

The Jamwalkers

Almost Free (Ep)

Écrit par

Ce trio français a été fondé en 2013 par Fabien Guidi, un guitariste/chanteur/compositeur âgé de 23 printemps. Le line up du band implique le drummer Julien Hubert et le bassiste Pierre-Yves Ternoise. Avant de publier cet Ep, le combo avait gravé un premier opus. Baptisé "The story of Sharky Jones", sa pochette était illustrée par la photo du légendaire Robert Johnson, mais dont la tête avait été remplacée par un crâne.

Le drumming de Julien précède une intervention de gratte aux accents métalliques inspirée par le Delta. Elle s’épanouit et meurt au cœur de la section rythmique parfaitement soudée. La voix est grave, lugubre, fantomatique. L’atmosphère devient sombre et angoissante. La basse reste collée aux cordes. On se sent littéralement absorbé. Ce psycho delta blues est vraiment classieux ! Ce tourment se poursuit tout au long "Deadly life". La rythmique est invasive. Les riffs de gratte sont versatiles et perçants. La guitare Resonator ouvre la voie à "Almost free", une piste qui se révèle rapidement le théâtre de ce mal-être persistant. La joie de vivre ne semble pas appartenir au monde musical de Jamwalkers. Des cordes acoustiques sereines introduisent "If I were" ; mais cette douceur apparente se transforme ensuite en une rage de vivre nerveuse. La technique affichée par Guidi, sur son manche, est à la fois excellente et irrésistible. Après une longue intro, "Hate blues" entame une transe psychédélique impitoyable qui s'étend sur plus de 7'. La voix s’avère toujours aussi ténébreuse. Tout au long de ce blues de la haine et de l'impossible, les petits envols des cordes demeurent pourtant accrocheurs et mélodieux. Impressionnant !

 

The Harpoonist & The Axe Murderer

Apocalipstick

Écrit par

Après avoir publié le très prometteur elpee "A real fine mess", en 2014, le duo de Vancouver nous propose son second, "Apocalipstick". Pour l’enregistrer, le chanteur/harmoniciste Shawn Hall, alias The Harpoonist, et Matthew Rogers, aka The Axe Murderer, préposé à la guitare, à la basse et aux synthés, ont reçu le concours de quelques musicos, dont le producteur John Raham, aux drums et percussions. Originale, la musique se caractérise par ses arrangements complexes, ses recherches sur les sonorités et un travail constant sur les voix. Faut dire que pour la circonstance, Shawn est entouré par pas moins de sept autres vocalistes. Le résultat est plutôt coloré, à l’instar de l’illustration de la pochette, qui reproduit des lèvres multicolores. Coloré voire psychédélique, car le climat est propice à l’aventure et au voyage. Bien sûr, l’opus n’est pas englouti sous un flot de guitares acides, mais balayé par une folie orchestrale sonore…

D'ailleurs, des tonalités chiadées, dispensées par les synthés de Matthew, ouvrent la voie à "Get ready", une piste dont la rythmique bien marquée rappelle le Bo Diddley beat. John Raman déverse de solides percus. Une rythmique qui se révèle bien nerveuse sur "Nancy", un morceau dominé par l'ensemble vocal. Et si les sonorités de la guitare sont découpées au rasoir, le refrain adopte un profil accrocheur, pop même. Un riff rythmique appuyé balise "Forever fool". La voix de Harpoonist s’y révèle autoritaire. Des cordes réverbérées introduisent "I'm back", un blues contemporain, caractérisé par des harmonies vocales élaborées. Mr Hall chante nerveusement "Pretty please", un rock singulier au cours duquel harmonica débridé et percus sont à l’offensive. Et d’une voix pure, "Treat me kind", une jolie ballade roots enrobée de chœurs et découpée dans les cordes acoustiques. L’opus nous réserve encore toute une série de brèves compos complexes et bien fignolées qui explorent judicieusement les parties vocales. A l’instar de l’allègre "Marianne". Souligné par les brefs jaillissements d’harmo, la voix s’impose sur "Father's son", un morceau au cours duquel la guitare trafiquée de Matthew prend son billet de sortie, en entraînant dans son élan les claviers de Geoff Hilhorst. La finale est excellente. Le chant slalome entre percussions et synthés, à la rencontre des autres voix. Mystérieuse et éclatante, cette aventure psychédélique est décidément peu ordinaire !

 

Godboogie

Play Music & Dance

Écrit par

Godboogie est un super groupe torontois de blues/rock. Il est drivé par Jerome Godboo, un des tous meilleurs harmonicistes canadiens. Il s’est entouré de musiciens brillants. Eric Schenkman (Spin Doctors) se consacre à la guitare baritone. Shawn Kellerman (NDR : on ne compte plus les expériences vécues par ce vétéran qui milite actuellement au sein du backing groupe de Lucky Peterson), également à la gratte et à la basse. Gary Craig (Blackie and the Rodeo Kings), aux drums. La discographie de Jerome est conséquente. Il a ainsi publié onze albums personnels, dont le dernier "Sanctuary City", avait déjà été bénéficié de la participation d’Eric et de Gary. Godboo assure l'essentiel des parties vocales. C’est également le principal compositeur. Enfin, l’opus est sous-titré "13 Upbeat Blues Funk hits!".

Le titre maître ouvre les hostilités. Il nous entraîne en Louisiane. A cause des percus, et tout particulièrement du frottoir ; mais également des interventions de Jerome qui double accordéon et harmonica. La guitare est percutante et mordante, tout au long du blues classique et particulièrement rythmé "Honey badger". "Wounded" nous emmène au cœur du Chicago Westside. Très rythmique, le riff de gratte est attaqué à la manière de Magic Sam. Les solistes sont à la fête et leurs interventions sont débridées ; que ce soit l’harmonica ou la six cordes. "It's a party" lorgne vers le funk. La voix est nerveuse face au dialogue opéré entre l'harmonica et la guitare, plutôt déjantée. Le style de Jerome est à la fois original et créatif. Il rappelle tantôt l’hyper doué Jason Ricci ou alors John Popper, le forntman de Blues Taveler. La piste se distingue par ses changements de tempo. Elle vire d’ailleurs à une jam propice au déchaînement de cordes pendant plus de 7'. Le long playing recèle deux autres jams. Tout d’abord, "Sign of the times", un blues lent frénétique et dévastateur ; puis en finale, l’épique "Tigers, horses,kings & queens", une compo qui monte progressivement en puissance, afin de favoriser des envolées d'envergure, relativement ravagées ou passées à la moulinette, dans l’esprit d’un Jimi Hendrix. Excellent blues, "Kitty" est imprimé sur un mid tempo. La rythmique est hypnotique. Le guitariste se fend d’un remarquable solo qui vous pénètre, littéralement. Le spectre de Howlin' Wolf rôde. Les solistes sont à nouveau à la fête tout au long du plus rock "So far away", une plage qui déménage. Plus roots, exotique même, "Dragon King" facilite de nouveaux envols. Séduisante, la voix de Jereome est soutenue par celle de Schenkman. Pistes indolentes et atmosphériques, "The way to Heaven" et "Call on my love" nous plongent au cœur d’une ambiance cool, donc paisible…

Darcy

Tigre

Écrit par

Après avoir poussé « Le chant de la colère », en première partie de divers groupes, dont Mass Hysteria, Darcy propose son premier album. Intitulé « Tigre », il aligne douze titres qui ne resteront certainement pas gravés dans l’histoire de la chanson. Tout commence par une « Armageddon ». Un morceau qui pourrait sortir des débuts de BB Brunes, mais en plus criard. Les hurlements sont très énervés, mais au final, ne racontent pas grand-chose. Aligner les vulgarités ne sert pas forcément un texte susceptible d’envoyer du lourd. Bien au contraire, Darcy prouve par ces déroutes langagières, sa faiblesse à coucher sur le papier ses idées révoltées. Il vomit presque parfois ses lyrics, en oubliant que chanter, c’est aussi communiquer de l’émotion à celui qui les écoute. Pour mettre des tripes dans une chanson, il ne suffit pas de se casser à la voix en braillant. On trouve parfois l’un ou l’autre rythme sympathique comme sur « Mitraillette ». Mais l’ensemble reste bien fade. La fin de parcours adoucit quelque peu la sévère note accordée à cet LP. Grâce à son aspect mélancolique et plus doux, « La Janais » fait du bien, permet de respirer dans ce disque où l’excès est roi. Mais pour l’écriture, on dirait presque un ersatz de Damien Saez. Reste encore potentiellement « Paris » qui mérite une écoute, bien que le sujet ne soit pas franchement capital…

 

Cymbals Eat Guitars

Pretty Years

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Cymbals Eat Guitars est une formation issue de New York. De Staten Island (NDR : c’est une île !), plus précisément. Et progressivement, elle est parvenue à construite une œuvre solide et cohérente dénuée de toute faute de goût majeure… ‘Cymbals Eat Guitars’ sont des mots prononcés par un autre illustre habitant de la Grosse Pomme, Lou Reed, pour décrire la musique du Velvet Underground.

Plus influencé par le rock des 90’s que par le band underground mythique, la bande à Joseph d’Agostino propose donc son quatrième elpee, un disque qui a reçu le concours de John Congleton (The War on Drugs, Swans, St. Vincent) à la mise en forme. Zigzagant entre continuité sonique et nouveaux horizons sonores, « Pretty Years » recèle des plages nourries aux guitares shoegaze et grunge, dans un esprit souvent ‘slacker’. A l’instar du précédent elpee, « Lose », et tout particulièrement de la piste d’entrée « Finally » ainsi que sur « 4th of July, Philadelphia (Sandy) »). Néanmoins, le gang yankee n’en a pas pour autant oublié les salves punk réminiscentes de Titus Andronicus (« Beam »), mais aussi des pistes plus mélodiques tels que le plus groovy « Wish », une compo dont les interventions de saxophone à coloration eighties sont portées par la voix élastique du leader tout en lorgnant vers Modest Mouse. Enfin, de cet LP, on épinglera encore la ballade électrique « Dancing Days ». Nuancées et joliment référencées, ces « Pretty Years » (les années 90 ?) s’achèvent en feu d’artifice sonique, par le monumental « Shrine ». Une œuvre convaincante de bout en bout…

 

Robert Cray

Robert Cray & Hi Rhythm

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Chanteur de blues, soul et r&b, Robert Cray est un artiste notoire et talentueux. Agé de 64 balais, il a entamé sa carrière en 1980. Pour enregistrer cet opus, il s’est rendu à Memphis, au Royal Studios, où il a bénéficié du concours de son ami Steve Jordan, pour la mise en forme. Steve est un illustre drummer (Stevie Wonder, Blues Brothers) et un célèbre producteur (Bob Dylan, Neil Young, BB King). Pour mettre en boîte cet opus de Memphis soul, Robert a bénéficié de la collaboration de Hi Rhythm, un combo qui implique les frères Charles et Leroy Hodges, respectivement organiste/pianiste et bassiste, ainsi que le claviériste Archie ‘Hubbie’ Turner…

"The same love that made me laugh" est un titre signé Bill Withers. Magique, la voix colle parfaitement à ce morceau de soul. Tout comme les accords de grattes, particulièrement accrocheurs. Il embraie par le funky r&b "You must believe in yourself", épaulé par les Royal Horns ; et sa gratte est véritablement insatiable. Robert reprend "I don't care" et "Honey bad", deux compos de r&b classieux signées Sir Mack Rice (NDR : ce gentleman de la soul a longtemps apporté sa collaboration au label Stax ; et tout particulièrement à des artistes comme Wilson Pickett et Eddie Floyd. Et deux morceaux issus de la plume du Louisianais Tony Joe White, qui rehausse l’adaptation de sa présence. En se réservant la guitare sur le nerveux, ravagé et hypnotique "Don't steal my love". Mais en plus, l’harmonica tout au long de la superbe ballade "Aspen, Colorado". Cray se consacre au micro pour trois de ses compositions. D’abord, "Just how low", un blues parfaitement structuré à l’instrumentation impeccablement huilée. Puis la ballade soul "You had my heart", une plage sentimentale au cours de laquelle les interventions dispensées par Robert à la gratte se révèlent empreintes d’une grande sensibilité. Et puis le tendre "The way we are". Enfin, il exécute, mais en deux parties "I'm with you", un titre écrit en 1960 par le guitariste et principal compositeur du groupe vocal doowop, The 5 Royales…

 

Alex Cameron

Jumping the Shark

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Trois ans, c’est le temps qui a fallu au premier elpee d’Alex Cameron pour passer d’un hémisphère à l’autre. Cependant, tout au long de cette période, cet Australien a tellement rencontré d’imprévus, qu’au fil du temps, ces contretemps se sont mués en avantages…

Avant 2013, le natif de Sydney milite au sein d’un banal groupe électro. Mais c’est au cours de cette année qu’il décide de se lancer en solo. Il met en ligne ses compos et accorde plusieurs concerts. Après avoir publié un premier elpee, uniquement distribué en Australie, il a l’opportunité de tourner en Europe. Lors d’un concert à Paris, les musicos de Foxygen le remarquent et lui proposent de les accompagner lors de leur périple aux States. Au cours de celui-ci, Cameron est loin de passer inaperçu ; aussi le label Secretly Canadian lui propose de rééditer son album. Un concours de circonstance qui permet ainsi de découvrir cet excellent « Jumping the Shark ».

Partagé en huit pistes, cet opus se limite à 30 minutes. Les textes de ses chansons relatent les échecs du personnage auquel il donne vie. Un fil rouge qui peut finir par se révéler pathétique. La synth pop est minimaliste. Alex pose simplement sa voix sur des lignes de claviers, et rythme l’ensemble à l’aide d’une boîte à rythmes. Malgré cet apparent dépouillement, certaines plages se distinguent par une approche mélodique imparable. A l’instar des convulsifs « Happy Ending » et « Real Bad Looking ». Ou adoptent un profil austère. « Gone South » en est certainement le plus bel exemple.

S’il a fallu attendre trois longues années avant de voir débarquer ce premier long playing sur le Vieux Continent, on ne devrait plus patienter aussi longtemps pour connaître une suite, puisque l’Australien se produira en concert, au Botanique, ce 27 novembre, afin de défendre un second LP, dont la sortie est prévue pour cette année… 

 

Gary Cain

Twangadelic Bluesophunk

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Canadien, Gary Cain est chanteur/guitariste. Il est soutenu par une section rythmique, en l’occurrence le bassiste Tom Nagy, spécialiste dans l’unvivers du jazz, et le drummer Donnie McDougall. Les trois musicos sont diplômés du réputé Humber College de Toronto. Gary avait publié un Ep solo intitulé "The Holborn Sessions", avant que le trio ne grave ce "Twangadelic Bluesophunk". Cain signe les dix plages. Vu le titre de cet elpee, on imagine que la formation est responsable d’une expression sonore originale…

Et, en effet, dès "Live wire", les sonorités de gratte sont aventureuses, fouillées, complexes même, et comblent bien chaque espace, alors que la section rythmique doit s'adapter afin de suivre cette rapidité d'exécution. "Pipes and spoons" est un rock/blues plus classique. La voix se détache bien de l’ensemble. Et lorsqu’un créneau funk s’ouvre, Gary Cain se déchaîne sur sa gratte. Il adopte la technique du pickin’ (NDR : une pratique courante dans l’univers de la country) tout au long de "Thought I heard you say", un morceau de bravoure propice à la créativité. Etonnant ! Exercice de style instrumental, "Twang strut" se distingue par ces effets ‘twang’, produits pas la vibration des cordes, et tout particulièrement celles des guitares Fender. La vitesse d'exécution demeure impressionnante dans le style surf/country avant de virer à l’exotisme du reggae. Rockin' boogie, "Got me where you want me" enchaîne les riffs rythmiques, un peu dans l’esprit de ZZ Top. En accélération constante, les cordes sont en verve. Et se convertissent au métal sur le funk/blues "Last dance", une piste imprimée sur un mid tempo. Le spectre de Jimi Hendrix hante "Girl's too rich". Les accords sont nerveux, plaqués, saignants et adoptent une démarche rythmique en crescendo. Ballade instrumentale, "Faith healer" clôt cet opus. Un blues mélodique, au cours duquel, Gary injecte une bonne dose de réverb dans les cordes…

                       

Ben Lukas Boysen

Spells

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Né en 1981, Ben Lukas Boysen est tombé, dès le plus jeune âge, dans la marmite à la musique. Pas étonnant, quand on sait que sa mère était chanteuse d’opéra. A partir de sept ans, il commence déjà à apprendre la guitare et le piano. S’il vit de son métier depuis quelque temps, il lui a cependant fallu tout un temps avant de publier des œuvres, sous son propre nom. Auparavant, l’Allemand (NDR : établi aujourd’hui à Berlin) composait des bandes son pour la publicité. Il a également gravé plusieurs elpees électro sous le patronyme Hecq. Son premier elpee solo, « Gravity », est paru en 2013. A l’instar du premier, « Spells », son second, est paru sur le label Erased Tapes.

A l’instar de la majorité des artistes hébergés par cette écurie, Ben Lukas Boysen crée des pièces de musique classique au clavier (NDR : programmé pour reproduire le son du piano), sur lesquelles il vient poser des tonalités électroniques. Un concept assez proche d’Olafur Arnalds voire de Nils Frahm. Pas étonnant, d’ailleurs, de retrouver ce dernier au mixing. Mais pour enrichir son expression sonore, il a invité plusieurs musiciens. Dont Achim Farber (drums), Anton Peisakhov (violoncelle) et Lara Somogyi (harpe), qui apportent leur concours suivant les morceaux.

L’opus ne se limite cependant pas au néo-classique. Contemplative « The Veil » baigne dans l’ambient. « Golden Times 1 » est construit en long crescendo. Et tout au long de « Nocturne 4 », la batterie n’hésite pas hausser le rythme. Bref, malgré le style, « Spells » ne suscite jamais l’ennui. Bref, c’est une certitude, Erased Tapes a signé artiste talentueux…

 

Blonde Redhead

Masculin Feminin

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« Masculin Féminin », dernier essai de Blonde Redhead, n’est pas vraiment un nouvel album. En fait il s’agit d’un coffret qui compile des singles, des démos, des enregistrements radios ainsi que les deux premiers elpees du band new-yorkais, l’éponyme et « La Mila Violenta ». Parus respectivement en 1994 et 1995, ces deux long playings, parus sur Smells Like Records, le label de Steve Shelley (NDR : c’est le drummer de feu Sonic Youth), sont épuisés depuis belle lurette. 

A l’écoute de la plupart des morceaux, on comprend bien pourquoi le trio (à l’époque le line up était encore constitué d’un quatuor) a été comparé, pendant de longues années à Sonic Youth. La voix de Kazu Makino rappelle clairement celle de Kim Gordon. La guitare d’Amadeo Pace évoque les triturations noisy de Thurston Moore. Et enfin, ce rock ne perd jamais le sens de la mélodie. L’une des grandes qualités de Sonic Youth. La musique de Blonde Redhead est alors essentiellement noise/rock. Elle n’a pas encore été épurée. Et on n’y recèle pas encore de prédisposition pour la dream pop.

Ces rééditions enrichies d’inédits est donc une aubaine si vous souhaitez (re)découvrir les prémices de Blonde Redhead, un combo qui deviendra culte. En outre, a contrario de bon nombre de recueils de ce type, le son ne souffre de (quasiment) aucun raté…

 

Elvin Bishop

Elvin Bishop's Big Fun Trio

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Ce vétéran est au service du blues depuis plus d’un demi-siècle. Un véritable passionné ! Il fêtera bientôt ses 75 ans. Né en Californie, il a grandi dans l'Oklahoma avant de rallier Chicago, dès 1960. En 63, il rencontre l'harmoniciste Paul Butterfield, qu'il rejoint vite au sein du légendaire Paul Butterfield Blues Band, premier célèbre groupe de blues blanc. Il y restera cinq ans et côtoiera l'extraordinaire guitariste Michael Bloomfield. Elvin embrasse ensuite une carrière solo, toujours d’actualité en 2017. Il est sous contrat auprès du célèbre label chicagoan, Alligator. Récemment, il a organisé une jam dans son studio, en compagnie de deux autres musiciens. En l’occurrence le pianiste/guitariste Bob Welsh (NDR : membre du backing group d’Elvin Bishop, il a fréquenté de grosses pointures du blues californien comme Mark Hummel et Rick Estrin, notamment). Mais également le chanteur/percussionniste Willy Jordan. Enthousiasmé par cette réunion, Bishop décide d’attribuer un patronyme à ce projet : le Big Fun Trio. Et puis d’immortaliser cette rencontre à travers un album. Des sessions qui se sont déroulées au sein d’un studio californien…           

Baignant dans la bonne humeur, "Keep On Rollin'" ouvre la plaque. Entraînant, le piano roadhouse de Welch imprime le tempo. Willy se consacre aux percussions. Et tout particulièrement en se servant d’un cajon (NDR : d'origine sud-américaine, cet instrument ressemble à une boîte carrée sur laquelle on doit s’asseoir pour la tambouriner à l’aide des mains). Elvin et Willy chantent en duo. Et à tue-tête le remuant "Honey Babe", que le mythique Lightnin' Hopkins avait composé en 1948. Ils partagent un plaisir évident à conjuguer leurs voix. Bishop démontre qu'il n'a rien perdu de son talent de gratteur. Welch assure la partie de basse sur sa guitare. Shuffle percutant, "It's you, baby" est issu de la plume du pianiste chicagoan, Sunnyland Slim. Les ivoires dominent le sujet ; et Kim Wilson en personne vient souffler dans son harmo. Il s’y révèle époustouflant ! Bishop est au micro pour une adaptation authentique du "Ace in the hole", titre maître de ce long playing, gravé en 1995. Delta blues classique, "Delta lowdown" est une excellente piste. Rafraîchissante aussi. Le piano de Welch roule. Rick Estrin (NDR : c’est le leader des Nightcats) est éclatant à l'harmonica. Et Charlie Musselwhite l’est tout autant tout au long de "100 years of the blues", un autre grand moment de l’opus. Cinquante ans qu’ils se connaissent ! Ce qui explique le titre de ce morceau dont émane une émotion bien naturelle. Le Big Fun Trio est capable de hausser proprement le rythme. A l’instar de la cover allègre du "Let the four winds blow" de Fats Domino. Et les excellentes vibrations néo-orléanaises sont entretenues par Bob Welsh. Un climat au sein duquel baigne également "That's what I'm talkin' about", un compo du trio cuisinée à l’aide de produits locaux : gumbo, crawfish et soul food ! La reprise du célèbre "It's all over now" de Bobby Womack n'est pas piquée des vers. Et l’adaptation est finalement assez proche de celle proposée par les Rolling Stones, en 1964. Superbe!