La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

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Abel Caine

Acoustique, mais pas trop…

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Le Salon de Silly en mode club, c’est quoi ? Le bistrot qui sert de salle de concert. Ce soir, il va se dérouler devant 70 personnes. Calé sur un tabouret haut, on sirote son verre et on déguste la musique. Mais si on souhaite avoir une vue d’ensemble, il faut monter sur ce tabouret. En tête d’affiche Abel Caine. Soit la bande aux frangins Chainis. Qui vient de sortir son premier album, « Miracles », un opus autoproduit.

Les supporting act est assuré par Ladylo. L’ingé-son du Salon jouit d’une excellente notoriété. En bref, quand il est derrière les manettes, le son est nickel. Certains groupes ou artistes optent pour leur mixeur personnel. Comme cette formation bruxelloise qui assure la première partie. Pas vraiment à la hauteur. On n’entend presque pas la voix du chanteur. Un peu plus lorsque l’instrumentation fléchit. A revoir dans d’autres conditions…

Changement de matos pour Abel Caine. Les frères Chainis sont d’excellents musicos. Greg se charge de la basse, Micka, de la guitare. Quand ils ne se consacrent pas aux claviers. Le line up est complété par le chanteur/gratteur Milann Lafontaine (NDR : c’est le fiston du compositeur de « Cœur de Loup) et Gorgo. Généreusement tatoué, ce dernier est préposé aux synthés, à la batterie électronique et à l’human beatbox. Milann prévient que le concert sera acoustique. Pas de drummer ce soir. Pourtant, sorte d’électro/funk/soul, la musique est particulièrement dynamique et irrésistiblement dansante…

Dès le morceau d’entrée, « Mash Up », Gorgo étale tout son talent de human beatbox. Le son est excellent. Pas comme au festival de Seneffe, où il était bien trop puissant. Si « Teardrop  Eyes » est flamboyant, « Lights On » est taillé pour le dancefloor. Et vu le manque de peuple présent, il y a de la place pour s’exprimer. Le band attaque « Diamonds », la cover de Rihanna. La version met le feu à la salle. Viscéral, « East West » baigne carrément dans l’électro. Gorgo y excelle de nouveau dans son exercice de human beat box. Sculpté dans le funk, « Cut Lines » est un morceau balisé par la basse et dynamisé par des percus grisantes. Inévitablement on ne peut s’empêcher de penser à Nile Rodgers et Bernard Edwards. La basse claque et la guitare est rythmique.

Electro/pop, « Electric  Purple » est contaminé par le funk et la soul. Epatant ! Le titre figurait déjà sur l’Ep. Il a été remis au goût du jour. Quelques boubourses éméchés invitent Milann à se dévêtir. Il les remet en place, non sans une pointe d’humour. De quoi calmer ces imbibés. « Busy P » et « One Night Stand » clôturent les 60 minutes du show. Et en rappel, Abel Caine va nous réserver « Radiation », un funk incendiaire…

(Organisation : Silly Concerts ASBL)

Roger Hodgson

Une impression de déjà vu… et entendu…

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Roger Hodgson et Rick Davies étaient les leaders de Supertramp, une formation responsable d’une dizaine d’albums (NDR : dont les incontournables « Crime Of The Century » et « Even In The Quietest Moments ») de rock dit progressif. Roger Hogdson est sans conteste l’un des auteurs/compositeurs les plus doués de sa génération. La voix légendaire de tous les hits de Supertramp a notamment chanté́, écrit et composé « Give a Little Bit », « The Logical Song », « Dreamer », « Take the Long Way Home », « Breakfast in America », « It’s Raining Again », « School » et « Fool’s Overture » Des compositions devenues intemporelles ; et certaines, des tubes, encore diffusés aujourd’hui en radio. En outre, au cours de son existence, le groupe a vendu plus de 60 millions de disques. Un véritable phénomène mondial !

Pas de supporting act ce soir. Mais il fallait quand même débourser 50€, outre son sésame, si on souhait assister au soundcheck et y poser pour une photo en compagnie de l’artiste, avant qu’il ne la dédicace. Ah, ce marketing !

Le retour de Roger Hodgson constitue toujours un évènement particulier. L'artiste est très apprécié par le public noir-jaune-rouge et il lui rend bien, en ‘live’. Chaque fois qu’il se produit en Belgique, c’est sold out ! D’autant plus qu’il aime, tout particulièrement, se produire au Cirque Royal. Il le déclare dès qu’il grimpe sur le podium. Il est alors précisément 20h15. Il sait également qu’il bénéficie d’une fanbase plus que conséquente. Et il le signalera à plusieurs reprises. Roger est un artiste attachant, sympathique et d’une simplicité déconcertante. Sur le podium, le décor est sobre. On y retrouve les habituelles plantes vertes placées dans le dos des musiciens (NDR : à force d’être trimballées aux quatre coins de la planète, elles ne doivent d’ailleurs plus être très fraîches) ! L’éclairage est subtil et se focalise sur les artistes. Hodgson chante et se consacre tour à tour aux claviers, au piano (à queue), à la gratte acoustique ou électrique. Il est épaulé par quatre fidèles partenaires : le multi-instrumentiste Aaron Macdonald (saxophone, mélodica, fifre, flûte traversière, harmonica, synthétiseur etc.), le drummer Bryan Head, le bassiste David J Carpenter et le préposé aux synthés Kevin Adamson.

Le show est partagé en deux parties séparées d’un entracte de 15 minutes. Et la setlist réunit la plupart des hits de Supertramp. Qui a dit nostalgie ?

Le premier acte s’ouvre par « Take The Long Way Home », un extrait de l'elpee « Breakfast in America », paru en 1979. Si le light show privilégie alors les teintes bleues et roses, un faisceau de couleur blanche se focalise sur Aaron, lorsqu’il souffle dans son harmonica. Pour cette chanson, Roger siège derrière ses claviers. Son intervention aux ivoires est épatante. Une excellente entrée en matière. Résultat des courses : il est déjà longuement et chaleureusement applaudi par l’auditoire. A plus de 67 piges, il assure encore. Et malgré le temps, limpide, sa voix est restée intacte.

Le concert embraie par « School », un des titres phares de l'album « Crime Of The Century » ; et déjà la machine tourne à plein régime. Le leader a ainsi rapidement mis le public, son public, en poche…

Roger s’installe derrière le piano à queue pour « Lover In The Winds ». Moment propice au recueillement. A cet instant on a l’impression que l’auditoire boit les paroles du maître de cérémonie. Il revient vers son clavier placé à l’avant-scène pour « Breakfast in America », une pièce maîtresse. Les oreilles sont en extase ! Cette chanson a traversé les décennies sans perdre de son intensité. Et Aaron s’y révèle magistral aux cuivres.

Entre deux pièces, l'Américain d'adoption s'efforce de causer en français et ne manque pas de glisser quelques blagues pour détendre l’atmosphère. C'est ainsi, qu'en prélude à « Breakfast In America », Roger raconte que, lorsqu'il vivait en Angleterre, il rêvait de la Californie, tout simplement. « Hide In Your Shell » figure sur « Crime Of The Century », ce fameux long playing paru en 1974. Le véritable départ de la carrière de Supertramp. Cette compo évoque les thèmes du repli sur soi et de la folie.

Plus pop et caractérisé par ces claviers symphoniques en couches, « Puppet Dance » rappelle quelque part le Barclay James Harvest.

En 2000, Hodgson gravait l’elpee « Open The Door », dont il nous propose « Along Came Mary ». Il prétend que c’est la première fois qu’il la joue en live. C’est faux, il l’a déjà jouée, deux ans plus tôt, au même endroit. Mais la chanson a été revue et corrigée. En fait, on se demande, quand même, si on n’a pas déjà vécu un même spectacle. « A Soapbox Opera » (« Crisis? What Crisis? ») est vraiment excellent. Mais il y manque, quand même, un orchestre philharmonique. Et la première partie s’achève par « The Logical Song », moment choisi par Roger pour revenir aux claviers. Il emporte sa tasse et annonce un break de 15 minutes… 

Second acte. Dès le retour du band, la foule applaudit chaleureusement. Puis, le combo attaque deux extraits de « Breakfast In America ». Tout d’abord, « Child Of Vision » ; puis l’étrange et tendre « Lord Is It Mine », au cours duquel Roger siège derrière son piano. « Death And A Zoo » (« Open The Door ») est une plage construite comme un opéra rock. Si la mélodie est soignée, l’instrumentation est plutôt emphatique. Du Pink Floyd à la sauce Hodgson ! Le célèbre « Event In The Quietest Moments » n’est pas oublié; et après les inévitables tubes « Only Because Of You », « Had A Dream et « Dreamer », le concert se termine par l’incontournable « Fool's Overture », au cours duquel Roger est littéralement divin aux ivoires. Mais j’ai de plus en plus l’impression de regarder le même film, pour la deuxième fois…

En rappel on aura droit à « Two Of Us » et « Give A Little Bit ». Une petite dernière pour la route ? C’est ce qu’il nous déclare en introduction de cet avant-dernier titre. Il n'est que 22h30. Car il concède encore « It's Raining Again ». Pas de parapluie, cette fois-ci ouvert, au premier rang, comme en 2015, mais près de la sortie. Il ne sera pourtant pas cette fois, nécessaire de l’ouvrir, dès qu’on mettra le nez dehors. Heureusement, sans quoi, cette sensation de ‘déjà vu’ aurait été vraiment inquiétante. Pas vraiment envie de faire un voyage spatio-temporel…

(Organisation : AA Productions SPRL + Next- Step)

Setlist :

Première partie : « Take The Long Way Home », « School », « Lovers In The Wind », « Breakfast In America », « Hide In Your Shell », « Puppet Dance », « Along Come Mary », « A Soapbox Opera », « The Logical Song »

Deuxième partie : « Child Of Vision », « Lord Is It Mine », « Death And A Zoo », « Event In The Quietest Moments », « Only Because Of You », « Had A Dream», « Dreamer », « Fool’s Overture

Rappel : « Two Of Us », « Give A Little Bit », « It’S Raining Again »

Finir l'été avec The War On Drugs

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La fin des vacances d'été peut parfois être compliquée à encaisser. Ca sonne un peu la fin des réjouissances. The War On Drugs a donc pensé à tout et sortira son nouvel album le 25 août. "A Deeper Understanding" sera donc leur quatrième opus et succède à "Lost in the dream". Il est emmené par le single "Holding On" .
Ils seront en concert le 4 novembre à Forest National pour défendre sur scène ce nouveau-né.

Des places à gagner pour le concert d'An Pierlé

An Pierlé est de retour avec Cluster, deuxième album du diptyque qu'elle consacre à l'orgue. Voir notre chronique ici. L'artiste sera à l'affiche du Festival Musiq'3 le 30 juin à 20h à l'Abbaye de La Cambre. An Pierlé sublime l’orgue et dépoussière l’image qu’on a de lui. La grandeur brutale et la magnificence de l’instrument pousse la chanteuse pop-rock dans ses derniers retranchements vocaux et dans des aigus éclatants. Une musique passionnée et sensuelle, aux émotions communicatives. Les voûtes de l’église de l’Abbaye de la Cambre lui constitueront un écrin exceptionnel.

Musiczine vous offre 2 x 1 places pour ce concert exceptionnel: participez ici.

Pour découvrir l'interview que nous avons réalisée il y a quelques mois, c'est ici.

Pour écouter l'émission spéciale de WAVES consacrée à An Pierlé, c'est ici.

Valparaiso emporté par des "Marées hautes"

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Valparaiso est un collectif parisien regroupant les voix et la poésie de Phoebe Killdeer,  Rosemary Standley, Julia Lanoë, Shannon Wright, Howe Gelb, Josh Haden et Marc Huyghens. Avec la participation de Dominique A., ils proposent un nouveau single. Leurs "Marées hautes" est le premier extrait de l'album "Broken Homeland" qui sortira le 22 septembre prochain. Le clip tout en noir et blanc appuye sur les émotions que laisse échapper la chanson. Et fait assez particulier, le titre est également proposé en anglais .

C'est "La saison" de Gaël Faure

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Aujourd'hui âgé de 30 ans, Gaël Faure revient de voyages qui ont gonflé sa créativité et sa sensibilité. De ces errances autour du globe est né un nouvel album qui sortira à l'automne prochain. Il en propose un premier morceau "La Saison" . Ce titre est inspiré d'une rencontre avec le peuple Tamang, une communauté vivant au plus près de la nature dans les hauts plateaux de l'Himalaya, sans eau courante et bravant tous les dangers le temps d'une saison pour rejoidnre la rivière. Avec le réalisateur Renaud Letang, Gaël Faure a réussi à créer une alchimie entre des folks songs sensuelles et des harmonies aériennes.

"Pourvu" que Renaud ait vu juste

Écrit par

Gauvain Sers, c'est la révélation de Renaud, c'est celui qui assure ses premières parties. Et les titres des chansons du jeune artiste de 26 ans laissent déjà apparaître des similitudes avec son aîné. Entre humour, tendresse et révolte, Gauvain a su s'inspirer du sens de l'humanité des plus anciens. Son album "Pourvu" sort ce 9 juin et le titre éponyme a déjà son clip.

Liste des chansons:

1. Pourvu
2. Dans la bagnole de mon père
3. Mon rameau
4. Dans mes poches
5. Hénin-Beaumont
6. Un clodo sur toute la ligne
7. Le ventre du bus 96
8. Quand elle appelle sa mère
9. Sur son tracteur
10. Entre République et Nation
11. Comme chez Leprest
12. Le poulet du dimanche
13. Comme si c'était hier
14. Mon fils est parti au djihad

Thunder

Rit it up

Écrit par

Thunder est une formation insulaire dont les musicos sont issus de Londres et Brighton. Fondée il y a déjà 27 ans, son line up implique aujourd’hui le chanteur Danny Bowes, le bassiste Chris Childs, le batteur Gary James ainsi que les guitaristes Luke Morley et Ben Matthews. "Rip it up" constitue son onzième elpee ; il fait suite à "Wonder days", paru en 2015. Bowes et Morley forment l’épicentre de Thunder. Ces deux fers de lance sont aussi les principaux compositeurs.

Le band pratique un hard rock bien construit, plutôt accessible, réminiscent des 70’s. Et c’est dans cet esprit que "No one gets out alive" ouvre le long playing. Une plage découpée dans des riffs de gratte. Qui rappellent "The Jean Genie" de David Bowie sur le titre maître, un morceau particulièrement mélodieux. "She likes the cocaine" se distingue par les répliques vocales féminines de Lynne Jackaman. Tramée dans les cordes acoustiques, "Right from the start" est une ballade séduisante, enrichie par une excellente intervention vocale. Les deux guitares s’imposent tout au long de "Heartbreak Hurricane". "In another life" adopte un ton bluesy. La voix de Bowes se détache idéalement au sein de ce climat paisible, hanté par les Scorpions. Une atmosphère qu’on retrouve sur "Tumbling down", même si l’intro lorgne plutôt vers Pete Townsend! Et c’est par une autre ballade, intitulée "There's always a loser", que s’achève cet opus...

 

Billy Price

Alive and strange

Écrit par

De son véritable nom William Pollack, Billy Price est un chanteur de soul qui jouit d’une solide notoriété. Il vit à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Il y a déjà 40 ans qu’il roule sa bosse. A l’origine, il militait, comme chanteur, au sein du backing groupe de feu Roy Buchanan, un guitariste prestigieux. Son dernier opus, "This time for real" remonte à 2015. Pour la circonstance, il avait reçu la collaboration du chanteur soul de couleur noire, Otis Clay, décédé depuis, soit en janvier 2016.

"Alive and strange" a été immortalisé au Club Café, chez lui, à Pittsburgh. Il y a bénéficié du concours de son backing group, renforcé par la présence de cuivres et de choristes. La grande majorité des plages sont des reprises. 

"It ain't a juke joint without the blues" ouvre la plaque. Soul, la voix de Billy est pure et douce. Le saxophone ténor d'Eric DeFade s'envole, suivi par la guitare de Steve Delach. Et cet excellent gratteur est vraiment inspiré ! La voix de Price est toujours aussi magique sur "Lifestyles of the poor and unknown", une ballade écrite par l'un des créateurs du son Stax, William Bell. C’est au cœur d’un climat fiévreux, contaminé par le r&b à coloration Stax, que l’équipe nous réserve les meilleurs moments du concert. A l’instar de "Something strange", abordé dans l’esprit de Sam and Dave, ainsi que du "What have I done wrong" de Magic Sam, une piste qui nous réserve un envol du saxophoniste ténor et puis surtout de Delach, sur ses cordes. Plus funk, "Never get enough" et l'excellent "Lickin' stick" sont hantés par James Brown. On épinglera encore "This time I'm gone for good", un hit de Bobby Bland. Ce soul/blues lent est illuminé par le honky saxophone de DeFade. Et puis le "R.M. Blues" de Roy Milton. Une jam épatante au cours duquel Joe Herndon à la trompette, Jim Britton à l’orgue, Matt Ferrero aux saxophones et Steve aux cordes, semblent particulièrement inspirés, chaque musico, profitant de sa présentation pour tirer son épingle du jeu…

 

Orango

The Mules of Nana

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Orango est un trio norvégien fondé au début de ce millénaire. Il réunit le guitariste Helge Kanck, le bassiste Hallvard Gaardlos et le drummer Trond Slake. Les trois musicos participent aux vocaux. Son rock est chargé d'éléments blues, folk et soul. "Orango" constitue déjà son sixième elpee.

Des percussions amorcent "Heartland" ; mais rapidement la gratte communique une tonalité blues à la piste. La voix passe bien la rampe. En outre, excellent gratteur, il est capable de ficeler un bon solo. Une ligne de basse écrasante sert de rampe de lancement à "The Honeymoon song", un hard rockin' blues sans concession, mais bien construit. "Tides are breaking" poursuit dans la même optique, mais se distingue par des changements de tempo, opérant ponctuellement des retours au calme. Mais Orango est au sommet de son art quand il propose des ballades lentes aux accents country/folk/rock ; et tout particulièrement à travers des harmonies vocales dignes de Crosby, Stills & Nash. Car ils ont tous de belles voix. Ce qui nous réserve quelques perles comme "Give me hundred", et surtout les deux dernières plages "Born to roll" et "Ghost riders" ; ce dernier titre est d’ailleurs chanté avec tant de délicatesse et au cœur d’une musicalité remarquable. Le trio n’en néglige pas pour autant le rock plus musclé, à l’instar de "Head on down", une piste qui marche sur les traces du southern rock et de l’enlevé "Hazy chain of Mountains", hanté par Jimi Hendrix… 

    

Adrianna Marie

Kingdom of swing

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Tout à fait charmante, Adrianna Marie est originaire de l’Etat de Nouvelle-Angleterre, sur la côte est des USA. Dès sa tendre jeunesse, elle baigne dans la musique. Faut dire que ses parents étaient musiciens. Elle écoute ainsi tout particulièrement le Kingston Trio, Louis Jordan et Memphis Minnie. Et commence à chanter. Elle prend d’ailleurs des cours de chant et étudie la musique. A 17 ans, elle émigre à l'Ouest des States ; en Californie très exactement. Sa voix est déjà marquée par le folk, le blues et le jazz. Elle y rencontre de remarquables gratteurs locaux comme L.A Jones ou Andy Marx. Dès 2012, elle réalise une démo éponyme pour Delta Groove. Elle y reçoit la collaboration de John Marx, Bill Stuve, David Kida, Rand Chortkoff, Fred Kaplan et Ron Dziubla. Puis deux Eps : "Spellcaster" et "Can't change it". En 2013, elle participe à l'enregistrement de l'album "Double Dynamite" des Mannish Boys, disque qui paraît également chez Delta Groove. En 2014, elle réalise son premier elpee, "Double crossing blues", en compagnie de son groupe, les Groovecutters, impliquant notamment L.A Jones et Honey Piazza.

Richard Rosenblatt, le boss du label Vizztone, lui a donc proposé d’entrer en studio pour concocter un long playing en compagnie de musiciens notoires, dont ceux du Roomful of Blues. Soit Al Copley, l'un des fondateurs du combo, au piano. Et puis, les Roomful horns, c'est-à-dire, la section de cuivres au grand complet. Sans oublier des invités de marque, tels que le fidèle guitariste LA Jones, le bassiste Kedar Roy, le drummer Brian Fahey (Paladins), l’harmoniciste Bob Corritore, le gratteur Junior Watson (ex-Mighty Flyers et Canned Heat). Sans oublier Duke Robillard, un autre membre fondateur de Roomful of Blues, qui assure également la production. Et toute cette équipe forme le Roomful of All-Stars…

Dès l’ouverture, on est plongés dans un univers teinté de jazz, blues et swing. Adrianna chante d’une voix sensuelle ce titre maître, face à un backing group exceptionnel. La trompette de Doug Woolverton et les cordes de LA Jones tirent déjà leur épingle du jeu. "3 am blues" et "Baby I got you" baignent au sein d’un même climat rencontré au sein des clubs et des cabarets… d'une autre époque. La section rythmique, et particulièrement Cedar Roy sur sa lourde contrebasse, consolide la structure de ce swing éclatant. Tout comme pour "Mood Indigo" de Duke Ellington ainsi que "Memphis Boogie". Rythmé, "Sidecar Mama" constitue une des meilleures plages de l’opus. Les Roomful Horns sont à la fête. Les saxophones, le piano et la guitare prennent leur envol. Autre moment fort, "Gimme a Roomful". La voix est corrosive. Le grand Duke Robillard est préposé aux cordes. Et la reprise du "One sweet letter" de Joe Liggins, un r&b dansant ainsi que le "T-Bone Boogie" de T-Bone Walker, au cours duquel LA Jones est au somment de son art, sont également superbes. Ce dernier accompagne, en outre, Adrianna au vocaux. Blues fin de soirée, "The blues are brewin'" est un tube signé par Billie Holiday, en 1946. La finale, le "Blues after hours" de Pee Wee Crayton, est instrumentale. L'incomparable Junior Watson se consacre aux cordes tout au long du "Jump with you baby" de BB King, du jump californien. Chicago blues à coloration South Side, le "Drive me daddy" d’Helen Humes (NDR : une chanteuse de blues et de jazz) met en exergue l'harmonica de Bob Corritore et la slide de LA Jones qui sonne comme celle de Muddy Waters…

 

Josy & The Pony vs The Poneymen

Hippodrome Club

Écrit par

Ben évidemment, vu le titre de l’album, celui de plusieurs compos et le patronyme du groupe, on ne peut qu’espérer gagner au tiercé. Et dans l’ordre ! Bref, cette formation chevauche une forme de poulain nourri au surf (le son de la guitare !), garage (l’orgue vintage !), yé-yé (le ton allègre !), punk (à la Lio) et à la new wave (à cause des envolées dansantes à la B52’s). Josy (ou Josette, selon) possède un timbre vocal qui navigue quelque part entre Brigitte Bardot et France Gall. Tiens curieux, « Let’s beer ? OK Pony ! », malgré des accents parfois noisy (NDR : qu’on retrouve lors du long final instrumental, « Xtra Smooth Liquid) », invite une voix masculine gainsbourgeoise (NDR : celle de Barako Bahamas). Les lyrics ne parlent pas seulement de chevaux, mais aussi d’écologie et de mauvais traitement infligés aux animaux. Dommage que cette voix soit trop souvent noyée sous l’instrumentation. Et pourtant, la prod est signée par Jacopo Andreani (L'enfance Rouge, Ovo, Le Singe Blanc) et Maxime Mathieu. Pas mal du tout quand même !

 

Hexenschuss

Gobbledegook

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Hexenschuss est un mot allemand qui se traduit par lombalgie. Mais en le prononçant, ainsi que le titre de l’album, on ne peut s’empêcher de penser au bruit provoqué par l’expulsion de l’eau ingurgitée, après une longue immersion en apnée…

Réunissant Gil Luz (NDR : qui a notamment bossé en compagnie de Malka Spiegel) et Assi Weltz, Hexenschuss enrichit sa formule drums/synthés de samples (notamment de guitare), programmations, soundscapes, boucles et percussions électroniques, pour créer une musique expérimentale, répétitive, perturbante, radicale, pulsante mais captivante, qui doit autant au krautrock, à l’indus, au post rock, au post punk qu’à l’electro. Un peu comme si Faust, le Wire originel et Nine Inch Nails avaient décidé de bosser –sérieusement– ensemble. Tout en éliminant les vocaux.

Bref, instrumentales, ces 13 pistes instrumentales tournent comme des boucles infernales qui déferlent au sein d’un univers dark, mais propice à la transe. Surprenant !

 

Foreign Diplomats

Princess Flash

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Mis en forme par Brian Deck, le producteur de Modest Mouse, Counting Crows, Iron And Wine et des Shins, « Princess flash » a donc mis plus d’un an pour traverser l’Atlantique. Il est paru officiellement en octobre 20105 ! Un premier elpee qui fait suite à un Ep, publié en 2013. Foreign Diplomats est un quintet québecquois, issu de Laurentides, très exactement. Si sa musique est à la fois pop, dansante, allègre, mélodieuse et parfois hymnique, elle véhicule des textes sombres. Mais elle se colore de tonalités différentes en fonction des morceaux : électro, disco, rock, funk, jazz, etc. Un peu dans l’esprit d’Arcade Fire, mais en moins majestueux. L’originalité procède cependant du recours aux cuivres, sur certaines compos. Et si ce disque tient parfaitement la route, il n’est quand même pas révolutionnaire… Normal quand on est diplomate en matière d’affaires étrangères…

 

Samantha Fish

Chills & Fever

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Agée d'à peine 28 ans, Samantha Fish est une jeune femme particulièrement séduisante. Née à Kansas City, dans le Missouri, elle compte déjà une belle carrière comme chanteuse, guitariste et compositrice. Son univers de prédilection ? Le blues/rock ! Il y a quelques années, elle a signé chez le label allemand Ruf, pour lequel elle a déjà publié trois albums solos, "Runaway" en 2011, "Black wind howlin'" en 2013 et "Wild heart" en 2015. Début de cette année, elle a tourné en Europe en proposant un répertoire énergique, taillé dans le rockin' blues, s’autorisant même des moments de bravoure, réminiscents de Jimi Hendrix.

Ce "Chills & Fever" adopte un registre radicalement différent, intégrant des éléments de soul, r&b, country et americana. Les sessions se sont déroulées à Detroit, au studio The 45 Factory, sis non loin de la Motor City, en compagnie de musiciens locaux. Tout d’abord le guitariste rythmique Joe Mazzola, le bassiste Steve Nawara et le drummer Kenny Tudrick, soit des ex-membres de The Detroit Cobras. Mais aussi le claviériste Bob Mervak ainsi qu’une section de cuivres néo-orléanaise constituée du trompettiste Mark Levron et du saxophoniste Travis Blotsky. Et pour enregistrer cet elpee, Samantha s’est réincarnée en chanteuse de musique soul/pop des années 50 et 60. Pourtant, même si on ne comprend pas trop la soudaine reconversion (temporaire?) de Miss Fish, il faut confesser que cet opus découpé en 14 reprises, tient parfaitement la route…

La cover du "He did it" de Jackie DeShannon, un morceau de pop rock'n'roll vintage, est une belle réussite. Les Ronettes l’avaient traduite en tube, dès 1965. Savoureux, "Chills & Fever" trempe dans le r&b. La rythmique est légèrement ska et la guitare, bien allumée. Piano électrique et sax baryton participent activement à la texture de l’expression sonore. Barbara Lewis a décroché un hit, en 1963, en gravant "Hello stranger", une ballade soul/pop atmosphérique. Samantha se concentre sur son chant. Swamp r&b bien nerveux, "It's your voodoo working" est une chanson que Charles Sheffield avait publiée sur le légendaire label Excello, en 1961. Caractérisé par ses envols de gratte très rythmiques, "You can't go" est un excellent r&b. Tout comme "Little baby", mais dans un registre davantage Tamla Motown. Les derniers titres de ce long playing sont certainement les plus intéressants. A l’instar du blues/rock "Crow Jane", une composition du légendaire Skip James, remise au goût du jour. Littéralement dévastatrices, les sonorités de guitare sont manifestement contemporaines.

La version cd recèle deux bonus tracks. Tout d’abord le "Somebody's always trying" de Ted Taylor, un titre paru en 1964. Samantha chante passionnément ce r&b aux accents pop, dans l’esprit d’un Ray Charles au sommet de son art. Ce qui ne l’empêche pas de libérer frénétiquement ses cordes. Et puis "I'll come running over", une chanson que le célèbre producteur anglais Bert Berns avait écrite pour Lulu, de son véritable nom Marie McDonald McLaughlin, en 1965. Et la nouvelle version aurait pu figurer au catalogue du label Stax.

 

Collapse

The Sleep in me

Écrit par

La musique de Collapse est instrumentale et navigue à la croisée des chemins, du métal du post rock et de la prog. Des références ? Mogwai, Opeth, Porcupine Tree, Archive. « The sleep in me » constitue le troisième album de ce quatuor grenoblois qui réunit un batteur, un guitariste, un bassiste et un claviériste. Une œuvre qui propose sept longues plages plus climatiques et mélancoliques que vraiment cinématographiques (NDR : ce que revendique pourtant la formation). Les contes fantastiques d’Edgar Allan Poe et de Maupassant hanteraient ces titres inquiétants qui s’inspirent également des effets violents de la parasomnie (NDR : un trouble du sommeil). Le mastering de cet opus a été réalisé aux studios Abbey Road. Le son est nickel, les arrangements raffinés et les différents musicos talentueux. Mais pour apprécier 50 minutes ce type de musique instrumental, il faut vraiment être un inconditionnel. A quand une nouvelle révolution punk ?

 

Boogie Patrol

Man on fire

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Fondé en 20017, ce quintet est issu de l'ouest du Canada. Pratiquant une forme de cocktail entre blues, rock'n soul et funk, il a acquis une solide notoriété, pour son énergie débordante, sur les planches. Le line up implique le chanteur/harmoniciste Dan Shinnan (NDR : c’est également le leader !), le bassiste Nigel Hase, le drummer Emmet VanEtten ainsi que les gratteurs Chad Holtzman et Yuji Ihara (NDR : il est de nationalité japonaise !) A l’actif de ce band, trois elpees : "Groove on or bug out", paru fin 2009, "I try and I try and I don't know what to do", en 2011, et enfin, "Alive", en février 2016.

En ouverture, "Players Blues" est tapissé par un véritable mur de cuivres. Une densité sonore qui évoque le style Chicago. Eraillée, pour ne pas dire ravagée, la voix de Shinnan traverse rapidement ce rempart. Qui laisse s’infiltrer l'orgue de Marc Arnould. Le premier billet de sortie est accordé à une guitare dont les sonorités acérées, évoquent inévitablement Carlos Santana. "Whole lotta gravy" élève le tempo. Un funky boogie au cours duquel les chœurs des musicos épaulent la voix du leader, pendant le refrain. Talonnée par l’harmonica, la guitare finit par s'incruster et surtout prendre son envol. Des cuivres marchent sur les traces de riffs bien rythmiques en intro de "Foolish mind", une plage qui ne manque pas de charme. Bien enlevé, "Shaker down below" est sculpté dans du funky blues. L’harmo se libère des cuivres. Graveleuse, la voix semble hantée par feu Joe Cocker. Shinnan se déchaîne sur son harmo tout au long du boogie ravageur, "Easy to see". Puis il se réincarne en James Brown pour attaquer "Get one on ya". Cet LP s’achève comme il a commencé. Un mur de cuivres amorce "Man on fire", avant de céder le relais aux guitares… allumées.

 

Big Time Bossmen

Working on a plan

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Le Big Time Bossmen est une formation belge qui pratique du roots rock. Pourtant, à l’origine, sa musique baignait exclusivement dans le rockabilly. Au fil du temps, elle a donc évoluée. Issu de Wetteren, ce groupe réunit David Bauwens (chant, sèche), Piet Vercauteren (guitares), Bruno Dierick (basse) et Rien Gees (batterie). Et signe les douze des treize compositions de cet opus.

Une seule reprise, celle du "5-10-15 hours" de la chanteuse Ruth Brown. La version originale remonte à 1952, et l’adaptation est excellente. En ouverture, "Make my way" rappelle l’époque rockabilly du combo. Mais encore "Wouldn't that be great", morceau au cours duquel Piet Vercauteren brille aux cordes, le titre maître, et "The effect I have on women", une piste davantage roots, qui met en exergue le violon de Dirk Naessens. Les Bossmen sont également à l’aise dans l’univers du swamp rock. A l’instar de "Baby what's wrong", une plage tapissée par l’orgue Hammond de Pieter Akkermans, mais aux accents Creedence. Ainsi que de "Sneaky messaround", un morceau qui creuse dans la même veine. Le long playing recèle également des compos plus enlevées, proches du boogie. Le puissant "The last fuck", caractérisé par des cordes caustiques et la finale "Take no prisoners", en sont de belles illustrations. Ballade roots, "Wolfman" est de toute beauté. La voix est impeccable. Les sonorités métalliques et réverbérées de la guitare et celles de la slide (Dirk Lekenne, un disciple de Ry Cooder, s’y consacre) font alors vraiment la différence. Infiltré par l’orgue Hammond, "Bartender" adopte un profil swamp r&b à la Slim Harpo ; et Piet Vercauteren signe ici sa plus brillante sortie…

 

Watermelon Slim

Golden Boy

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Bill Homans, alias Watermelon Slim, est originaire de Boston. Ce vétéran de la guerre du Vietnam foule les planches depuis plus de quarante années. Il puise ses racines musicales, essentiellement dans le delta du Mississippi. Le dobro, la slide et l’harmonica sont ses instruments de prédilection. De l’Oklahoma à l’Oregon, l'artiste a beaucoup voyagé ; mais depuis 5 ans, il s’est établi au centre névralgique du delta blues, Clarksdale, dans le Mississippi. Il avait publié l’excellent "Bull Goose Rooster", en 2015. Les sessions d’enregistrement de ce "Golden Boy" se sont déroulées au Canada, à Winnipeg très exactement. Bill y a reçu le concours de nombreux amis musiciens. L’elpee recèle dix plages, dont sept compositions personnelles et trois reprises !

Taillé dans les riffs de gratte bien électriques, "Pickup my guidon" ouvre la plaque. Un Delta blues au cours duquel, épaulée par des chœurs, la voix est relativement ravagée. Le piano de Jeremy Rusu est le premier à sortir de sa réserve, bientôt rejoint par la slide. "You're going to need somebody on your bond" est une compo signée Blind Willie Johnson. Un country/blues acoustique, particulièrement roots, que chante le leader, d’une voix grave, en s’accompagnant au dobro. Des sonorités spatiales étranges introduisent le lugubre "WBCN", fruit d’un cocktail entre country et folk celtique. Les percussions de Joanna Miller s’intègrent impeccablement au sein de cette texture sonore tramée par les ivoires et l’accordéon. Un chant tribal, de nature amérindienne, amorce le puissant "Wolf City". Singulièrement amplifiées, les cordes sont soutenues par les percus… tribales. Slim et des chœurs masculins interprètent "Barrett's Privateers", a capella. Imprimé sur un mid tempo, "Mean streets" est un boogie dépouillé. La voix est talonnée par la slide. Les percus de Miss Collins sont sommaires. Big Dave McLean souffle dans son harmo. Country/roots, "Cabbage town" est une très belle chanson caractérisée par le dialogue établi entre la voix extrêmement grave et les chœurs. Minimaliste, l’instrumentation se résume au piano, à l’harmonica et à la mandoline. Watermelon Slim et Scott Nolan coproduisent l’opus. Ce dernier se consacre aux percus, à la guitare et assure les backing vocals sur "Winners of us all", une composition issue de sa plume, alors que Rusu se réserve la clarinette. Très roots, cet LP intimiste se conclut par "Dark Genius", une autre fort belle composition, illuminée par cette slide si bien maîtrisée.

 

Pierce Brothers

Un kangourou poursuivi par un cow-boy…

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Soirée ‘kangourou’ à l’AB, ce mercredi 7 juin. Au programme, en supporting act, Coby Grant ; et en tête d’affiche, les jumeaux Pierce. Les frères Pierce sont issus de Brisbane, mais c’est à Melbourne qu’ils ont fait leurs débuts artistiques. Dans la rue. Ils reconnaissent pour influences majeures John Butler Trio et Mumford and Sons. Ces multi-instrumentistes privilégient, en outre, le DIY. Ce qui ne les a pas empêché de vendre plus de 50 000 copies de leur premier Ep, sur une structure indépendante. Depuis, ils ont signé sur un label major…

Le supporting act est assuré par une plantureuse blonde aux cheveux longs. Simplement vêtue d'une robe à fleurs, Coby Grant est armée d’une gratte semi-acoustique. Elle est seule en grimpant sur l’estrade. Suave et sucrée, sa voix évoque celle d’Alanis Morissette. Sa musique nous entraîne au cœur du grand bush australien. Elle va puiser au sein de ses deux elpees, « I Was Young », paru en 2014, et « Is In Full Colour », en 2012, pour opérer ce périple. Pas de nouvelles compos prévues dans sa set list. Coby signale qu'elle va interpréter quelques chansons d'amour. Elles seront tendres et agréables à l’écoute. D’ailleurs, en une demi-heure, elle va charmer la foule –qui enfle, au fil des minutes– recueillant de chaleureux applaudissements…

Place ensuite aux Pierce Brothers. Jack se consacre aux percus (tom basse, tambour africain, cymbales), mais aussi au didgeridoo (instrument à vent aborigène) ainsi qu’à l’harmonica. Pat se réserve la guitare, qu’elle soit sèche, électrique ou semi-acoustique. Et imprime le tempo à l’aide d’une grosse caisse, en appuyant sur une pédale, posée devant son pied gauche. Le tandem va nous présenter de larges extraits de « The Records Were Ours », un Ep huit titres sorti en mai dernier.

Dès son entrée en scène, la fratrie est vivement acclamée. Faut dire que la diaspora australienne a débarqué en nombre. Et elle va mettre de l’ambiance, pendant ce concert. En 2015, le tandem avait assuré le supporting act d’autres compatriotes, The Cat Empire, dans la grande salle de l’AB. Et il avait fait belle impression, malgré la bronchite de Jack. Qui se soir, confesse avoir une petite extinction de voix. Décidément !

Jack salue le public, en français, en anglais et en néerlandais. Le set s’ouvre par « It's My Fault ». Pat excelle à la sèche. Jack le soutient aux backing vocaux et frappe ses mains sur les bords de la guitare. Il est vraiment hanté par les percus, mais nous balance déjà un aperçu de ses aptitudes à l’harmo. Il souffle ensuite dans son didgeridoo. Tiens, Marcus Mumford assiste au spectacle, dans la salle. Et paradoxalement, à cet instant, la musique des frangins me fait plutôt penser à celle de… Mumford and Sons voire de The Lumineers… Jack cogne ses baguettes, tour à tour sur son tom basse ou sur la caisse en bois de la guitare de son frangin.

Après ces 4 minutes de folie pure, le duo attaque « Amsterdam », une compo écrite en hommage à cette ville où il est particulièrement populaire. Les percus sont généreuses, la gratte est incisive. « Follow Me Into The Dark » vous pénètre en douceur et en profondeur (NDR : comme le signalerait si bien Arno). Le public reprend en chœur les onomatopées du  refrain…

« Black Dog » nous entraîne de l’autre côté de l’Atlantique. Dans les grandes plaines, plus précisément. Jack souffle dans son harmonica alors que Pat se concentre sur sa gratte lors de ce titre aux accents country/americana. Chaque fois que Jack met la gomme aux percus, l’intensité et la température montent d’un cran. Alors, chaud boulette, le public frappe des pieds et dans les mains. Pendant « Overdose », Jack cumule micro et percussions. Il tapote à nouveau ses baguettes sur le bord de la gratte de son frère. Mais énergique, ce morceau de folk adopte un profil davantage yankee (NDR : pensez au boss !) qu’antipodal. Jack pique la sèche de son frère pour aborder le plus paisible « Blind Boy Run ». Ce dernier n’a plus qu’une alternative : récupérer une six cordes électrique. A cet instant, l’expression sonore baigne au sein d’un americana classieux. Véritable bête de scène, Jack s’approche du bord de l’estrade et tape du pied, pour mettre l’ambiance. Tout le public réagit au quart de tour. Jack vient se mêler au public et il martèle les baffles en bord d’estrade.

Pat a conservé sa gratte électrique pour « Take A Shot ». Jack reprend son harmonica. Pour aborder « Self Portrait », Pat s’assied afin de se focaliser sur la semi-acoustique. Jack ne tient plus en place. Et ses interventions au didgeridoo font mouche. Il passe ensuite aux percus africaines et vient ensuite aider son frère en appliquant ses doigts sur le manche de sa gratte. A cet instant, on a l’impression de voir un kangourou poursuivi par un cow-boy. Et « Genevieve » (NDR : c’est leur frangine) est du même style. Si les harmonies vocales sont savoureuses, la compo vous incite surtout à esquisser un pas de danse.

« Golden Times » constitue le sommet du spectacle. Pat est à la sèche. Jack empoigne son didgeridoo et colle l'harmo devant la bouche de son frère. Tonnerre d'applaudissements dans l’auditoire ! Jack martèle le plancher à l’aide de ses baguettes. Et avant de souffler derechef dans son didgeridoo, il replace l’harmo devant les lèvres de Pat. Le show se termine par « Brother ».

Pas la peine d’insister, il y aura un rappel. Au cours duquel le duo va nous réserver « The Records Were Ours », le titre maître du nouvel Ep. Et puis en final, « Flying Home ». Sculpté dans la country, il nous invite à retraverser les grandes plaines de l’Ouest…

Pierce Brothers se produira en concert ce 6 août à Floreffe, dans le cadre du festival Esperanzah, et le lendemain, à Bruxelles, dans celui du BSF.

(Organisation: Ancienne Belgique)

Tinez Roots Club

Have you heard?!

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Fondé fin 2008, Tinez Roots Club est un quatuor réunissant des musiciens belges et hollandais. Martijn ‘Tinez’ van Toor en est le leader. Il se consacre au saxophone ténor et au chant. Avant d’enregistrer ce "Have you heard?! ", le groupe avait déjà publié "Something you got", en 2009, suivi de "Almost nasty", l'année suivante. Mais Tinez décide de s’accorder une parenthèse, en 2014 pour, entre autres, participer à l’aventure de Little Steve & The Big Beat. Et en 2016, il remonte son Roots Club, qui implique désormais Evert Hoedt (saxophone baryton), Rob Geboers (orgue Hammond) et Andreas Robbie Carree (drums). Cette formation est notoire pour sa musique particulièrement dynamique, vivifiante. Une expression sonore essentiellement instrumentale alimentée par le r&b, le swing ainsi que le rock'n'roll ; et destinée à la danse. Chez ce combo, pas de guitare, ni de basse! Van Toor signe les treize plages du long playing.

Dès "JL Boogie", l’orgue Hammond est parfaitement intégré et assure les parties de basse. Soliste principal, Tinez ne tient déjà plus en place, lorsqu’il souffle dans son saxophone ténor. Tout comme pour "Please tell me" et "This cat". Passé l’intro indolente de "Have you heard", les percussions prennent le relais et nous entraînent dans le monde du gospel, alors que les saxophones et la trompette de Pier Borkent opèrent des interventions de haute volée. "Ant eater" est imprimé sur un mid tempo et se distingue par les sorties successives des solistes : ténor, baryton et claviers. "Goin' to the church" met une nouvelle fois en exergue les qualités de Rob Geboers à l'orgue. Plus rock'n'roll, "Rock baby rock" et "We're gonna rock" sont charges de swing et jump. Van Toor se consacre au micro pour deux plages, le r&b "Cast away your spell" et le superbe blues lent, "So hard to love you". Et cet opus de bonne facture s’achève par le jazz/blues flemmard, "Indeed I do", une compo qui baigne au sein d’une ambiance nightclubienne. Entretenue par les cuivres elle incite à rejoindre les couples enlacés, sur la piste de danse...