Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

logo_musiczine

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de sincérité et d’émotions brutes. Entre coups de cœur, coups de gueule et coups de blues, il continue de chanter la vie comme personne, avec cet amour immuable pour sa…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26653 Items)

Lucy and The Birds

Lucy and The Birds (Ep)

Écrit par

Lucy And The Birds, c’est le nouveau projet d’Elke Bruyneel, l’ex-vocaliste du défunt Delavega, formation qui a rencontré un certain succès dans les années 2000. Son nouveau backing group, The Birds, réunit le claviériste Van Caenegem, le drummer Steven Cassiers et  le bassiste Steven Van Loy. Elke a toujours une superbe voix ; et elle nous le démontre à nouveau tout au long des six titres de cet Ep. Une voix capable de toucher au sublime, à l’instar de Norah Jones, Lora Groeseneken, Laura Mvula, Rickie Lee Jones ou Mélanie De Biaso.

Et pourtant, cet organe est trafiqué par un vocodeur sur le premier morceau de ce disque, « Strongest Girl ». Avant de reprendre tout son éclat naturellement clair et cristallin, sur le deuxième titre, une compo jazz/soul à la mélodie accrocheuse. Le timbre d’Elke me fait même parfois penser à Lara Chedraoui, la vocaliste d'Intergalactic Lovers ; mais aussi à Billie Holiday voire Nina Simone sur le plus swinguant « Golden Sounds ». Percus, cymbales, clochettes et ivoires entretiennent cette atmosphère feutrée. Une ambiance reproduite sur « Missing », mais en plus énergique.

Lucy et sa troupe se produiront ce 2 octobre à Gand, le 9 du même mois au Centre Culturel d'Herzelle, le 11 décembre au Centre Culturel de Zottegem et le 20 mi 2016 au Centre Culturel de Grammont.

Les Innocents

Mandarine

Écrit par

2015 marque donc le retour des Innocents. Petit historique. Le groupe s’est formé en 1982, à Paris. Le chanteur/guitariste Jean-Pierre Nataf en est le fondateur. Il choisit pour patronyme Les Innocents, en hommage à The Clash, dont il était fan. Quelques jours avant d’opter pour ce nom, la formation insulaire avait accordé un concert surprise au club One Hundred de Londres, sous le pseudo 'The Innocents'. Les Innocents décrochent un premier succès en 1987, grâce au single « Jodie ». Le combo va graver 4 elpees entre 1989 et 1997 : « Cent Mètres Au Paradis » en 1989, « Fous A Lier» en 1992, « Post-Partum » en 1995 et un éponyme en 1995. Ce dernier est bien accueilli par les médias. Mais les ventes ne décollent pas et stagnent même à 30 000 exemplaires.

Le départ de Christophe Urbain et l'annulation de la tournée prévue pour 1996 précipitent la séparation du groupe. Nous sommes alors en 1999. En 2004, après la sortie du premier album solo de JP Nataf, « Plus de sucre », Nataf reprend contact avec Urbain. Ce dernier réapparaît à ses côtés sur scène et collabore à la confection du deuxième opus de Nataf, « Clair », qui paraît en 2009. En 2013, le duo décide de repartir en duo sous le patronyme Les Innocents. Il publie un single intitulé « Les Philharmonies Martiennes », en mars 2015, prélude à un nouvel opus, « Mandarine » qui sort en juin, soit 16 longues années ans après « Meilleurs Souvenirs », une compilation de singles. Il recèle quelques tubes intemporels : « L'Autre Finistère », « Colore » ou encore « Un Homme Extraordinaire »…

Publié en single, « Les Philharmonies Martiennes » est donc le prélude à la sortie du nouvel LP. Un retour aux sources pour le duo, même s’il a décidé de saupoudrer discrètement sa pop sucrée d’un soupçon d’électro.

« Love Qui Peut » se distingue par sa mélodie allumée. Elle devient irrésistible sur « Les Souvenirs Devant Nous », dans un registre digne de Souchon et Voulzy. Un duo qui hante également le plus paisible « Sherpa ». « Harry Nilsson » nous entraîne au cœur de la Cité des Milles lumières, Paris. « Petite Voix » évoque leur jeunesse. Presque une chanson de Noël avant l’heure. Le titre maître est doux et suave. Comme une mandarine qui pousse au soleil. Les « Floués du Banjo » sont transportés par l’envol parfaitement ciselé… non pas du banjo, mais d’une sèche ; une plage très différente de l’ensemble… « J'ai couru » adopte un profil plus rock. « Erretegia » est interprété dans la langue de Shakespeare. On y entend des pépiements d’oiseaux. Serait-ce un clin d’œil au « Black bird » des Fab Four ? On imagine même le parfum des fleurs qui envahit le paysage sonore. « Oublier Waterloo » véhicule un message ; enfin, on le suppose. Car il n’est pas évident de faire avaler cette pilule aux habitants de l'Hexagone...

Des mélodies simples mais efficaces, des textes bien torchés, une rythmique percutante, des cordes de gratte acoustiques élégantes, un zeste de claviers voire d’électro et des harmonies vocales généreuses et raffinées. Une parfaite synthèse de « Mandarine », l’album qui scelle le comeback des Innocents… A consommer sans modération.

Ils se produiront au Botanique de Bruxelles ce 1er novembre ; mais c’est complet depuis bien longtemps. Ils sont également programmés au Reflektor de Liège ce 26 novembre. Et puis, ils écumeront tout l'Hexagone jusque l’an prochain…

Jaill

Brain Cream

Écrit par

C’est avec une joie non dissimulée que votre serviteur se plonge dans « Brain Cream », le nouvel album de Jaill dont il a adoré les deux précédents, délicieusement ‘jemenfoutistes’ et marqués par le plus pur esprit ‘slacker’, autrefois si cher à Pavement et réhabilité plus récemment par ce diable de Mac DeMarco… Depuis Milwaukee, ce trio yankee, totalement remanié (NDR : seul Vincent Kircher –dont la voix nasillarde est tellement caractéristique, rappelant même étonnamment celle de l’ex-Supergrass Gaz McCoombes– figure toujours au générique), propose un rock louvoyant entre garage et pop, malgré des lyrics qui détonnent ; il sont d’ailleurs le plus souvent auto dépréciatifs (« Change Reaction »). Dans sa prison définitivement dorée, Jaill jongle donc entre les styles : depuis le surf rock (« Picking My Bones ») à la pop 60’s (« Just a Lovely Day »), en passant par le rock psyché (« Slides and Slips ») ; et il a bien raison de ne pas choisir ! Malheureusement, nos loustics oublient parfois les mélodies imparables qui faisaient la force de « Traps ». Mais rien que pour le charmant et foutraque « Draggin’ », Jaill reste cette sucrerie sur laquelle on continuera à se ruer à la moindre envie de savourer des mélodies onctueuses… Cet elpee ne changera pas votre vie mais la rendra définitivement plus belle pour quelques minutes ! Une crème tonifiante pour le cerveau en quelque sorte…

 

The Holydrug Couple

Moonlust

Écrit par

Parfois la musique d’un groupe est le parfait reflet de son patronyme. Et c’est assurément le cas pour The Holydrug Couple ; qui, pour faire bref, est un duo responsable d’une musique opiacée et diablement psyché ! Ives Sepulveda et Manuel Parra sont issus de Santiago, au Chili. « Moonlust », leur troisième album propose une musique basée balisée par des claviers vintage. Plutôt sombre, elle est hantée par une âme indéniablement soul. Dispensés en nappes, ces claviers intègrent voix filtrées et basses rebondies, afin de livrer des plages que ne renieraient pas un Tame Impala en plein decrescendo. Les Chiliens ‘chillent’ entre pastilles mélodiques dans l’esprit de MGMT (« Lights or Night »), instrus planantes (« French Movie Theme ») ou réminiscentes d’Air (« If I Could Find You (Eternity) »)… The Holydrug Couple a définitivement la tête ailleurs ; loin, très loin dans les nuages enfumés par les seventies…

 

Smoky Greenwell

Live at the Old U.S. Mint

Écrit par

Smoky Greenwell est né dans le Michigan en 1971. Il a beaucoup bourlingué avant de se fixer assez longuement à Nashville, la Music City. C'est là qu'il se produit au sein du Blues Co-Op, en compagnie du guitariste Warren Haynes, devenu aujourd'hui leader de Govt Mule. Il apporte aussi sa collaboration au chanteur/producteur Johnny Neel (NDR : c’est également un ex-claviériste de l’Allman Brothers Band). En 1981, il s’établit définitivement à New Orleans. Greenwell est harmoniciste. A ce jour, il compte neuf albums à son actif dont les quatre premiers avaient été produits à Nashville, par son ami Johnny Neel. Smoky tient une boutique dans le fameux French Market Store de la Nouvelle Orléans. Il y vend des Cds et des T-Shirts. Ce nouvel opus a été enregistré live au Old U.S. Mint Performing Arts center. A New Orleans bien sûr! Il est attribué au Smokey Greenwell's New Orleans Blues Jam ; mais en réalité, il s’agit du backing band de Greenwell, soutenu par quelques invités! 

La jam démarre assez naturellement par une séance d'échauffement instrumentale, "Smoke Alarm". Elle met déjà en exergue le jeu et le souffle du leader. Il chante alors son blues lent "My own blues Club". Son guitariste, Jack Kolb, l’épaule. Smoky était le patron d’un club de blues avant que l'ouragan Katrina ne le dévaste ! Les musiciens attaquent le thème notoire du "Peter Gunn" d’Henry Mancini, une compo écrite il y a plus de cinquante ans! Smoky s’illustre ici sur le saxophone ténor. Le tempo s’élève pour "Power of now". Une nouvelle opportunité laissée aux solistes pour tirer leur épingle du jeu ; et parmi eux, un second guitariste invité, Mark Pentone (NDR : il drive également un combo de blues, rock et funk, baptisé The Pentones). Les musicos interprètent alors deux compositions signées Pentone. Et la gratte est très en verve sur les deux pistes enlevées "Jodie" et "I earned the right to sing the blues". Swamp blues, "Between Iraq and a hard place" est imprimé sur un tempo cool à la Jimmy Reed. Issu de la plume de Mighty Joe Young (NDR : un natif de la Louisiane qui a accompli sa carrière à Chicago),"Need a friend" est un funky blues. L'imposante silhouette de Bruce ‘Sunpie' Barnes’ se profile sur les planches. Ce musicien de couleur noire est un grand spécialiste du zydeco. Il a bien entendu emporté son accordéon et chante son "Love's gone", une plage séduisante au cours de laquelle son instrument, le saxophone de Greenwell et la gratte de Pentone ont tout le loisir de prendre leur envol. Sunpie dirige ses Louisiana Sunspots. Il a également ramené son piano à bretelles pour embrayer par une nouvelle séance de zydeco, pour aborder "Leroy's shuffle". Smoky a récupéré son harmo pour rivaliser avec l’accordéon de Sunpie. Cette jam s’achève par un boogie participatif, "Back to the boogie", un instrumental au cours duquel les solistes peuvent à nouveau se libérer…

 

Jay Gordon

Woodchoppers Ball

Écrit par

Jay Gordon est originaire de Charlotte, en Caroline du Nord. Il a longtemps vécu à Chicago avant de s'établir à Los Angeles. Dans les nineties. Il y monte le Jay Gordon Blues Band. Il milite également au sein du backing band du notoire Philip Walker, un bluesman local de couleur noire. Il drive ensuite ses Penetrators avant de s’appuyer sur le Blues Venom. Jay est possédé par sa guitare. Son style est plutôt sauvage. Il puise ses principales sources d’inspiration chez Jimi Hendrix, Buddy Guy, Johnny Winter et Stevie Ray Vaughan. Le Blues Venom, c’est une section rythmique réunissant le bassiste Sharon Butcher et le batteur Rick Daly. Le trio a enregistré cet opus au studio Ardent de Rich Wenzel, à Torrance, dans la banlieue de Los Angeles, en compagnie de quelques invités.

La guitare crache ses flammes dès les premières mesures de "The Stinger". Jay n'est heureux que lorsqu'il libère ses cordes. Sa voix est aussi féroce que celle de Johnny Winter. Rich Wenzel se consacre à l'orgue. Concocté sur mesure par notre guerrier du blues, "Hobo Hilton" est un blues lent au cours duquel la guitare, frétillante, vorace, occupe tous les espaces disponibles. Boogie dévastateur, "Chainsaw boogie" est introduit par une tronçonneuse. Jay chante en compagnie de sa bassiste Sharon, alors que la slide est constamment en dérapage contrôlé. Mr Gordon ne laisse guère le temps de souffler. "Stranger blues" est imprimé sur un tempo soutenu. Les cordes sont toujours maltraitées. A l'agonie, jamais apaisées, elles gémissent. Sharon Butcher chante le "Voodoo woman" de Koko Taylor. Rageuse, sa voix doit affronter les banderilles assénées par l'insatiable slide. Jay empoigne sa sèche pour attaquer le "Travelling riverside blues" de Robert Johnson. Sa voix est agressive, mais le jeu de cordes est complexe et expressif. Alors que nos oreilles commencent à s’acclimater à cette frénésie, il nous balance alors toute une série de blues lents. "Pain", tout d’abord. Au cours duquel il ne peut cacher son bonheur d’établir un dialogue constant entre l’homme et son instrument. Puis "Message to Collins", un exercice de style instrumental aux accents dramatiques, fort proche de Jimi Hendrix. "Drippin blues" une piste bien travaillée. Il y maîtrise parfaitement son instrument avec une habileté démoniaque. L’excellent "Pure grain alcohol". Le titre maître. D’une durée de plus de 9'. Wenzel s’y consacre à l'orgue Hammond et Mario Ramirez souffle dans son harmo (NDR : c’est le plus jeune frère du regretté Richie Valens, rocker décédé en 1959, dans l'accident d'avion dont avait été victime –notamment– Buddy Holly). Et enfin lors de la finale, "Original sin", moment choisi pour explorer toutes les facettes du blues. "Woodchoppers Ball" devrait ravir les aficionados du blues anglais des années glorieuses.

 

David Gogo

Vicksburg Call

Écrit par

Canadien, David Gogo est un chanteur/guitariste de blues. A 16 ans, il monte son premier groupe, The Persuaders. Ses débuts discographiques remontent à 1994. Il publie alors un elpee éponyme sur le label EMI. David a multiplié les nominations dans les Awards canadiens. Il a d'ailleurs décroché deux Maple Blues Awards comme ‘Guitariste de l'année’ en 2002 et 2004. "Vicksburg call" constitue déjà son quatorzième opus. Pour la circonstance, il est soutenu par Bill Hicks aux drums, Marisha Devoin à la basse acoustique et Rick Hopkins à l’orgue Hammond.

"Cuts me to the bone" s’ouvre par un riff puissant. La voix de David colle parfaitement au genre. Caractérisée par un envol royal de la slide, cette plage déménage. Shuffle brûlant, "Fooling myself" bénéficie du concours d’un invité de marque ; en l’occurrence le gratteur de Savoy Brown, Kim Simmonds. Il décoche un solo de bravoure dans son style facilement identifiable. La cover du "The Loner" de Neil Young figurait sur son premier elpee, paru en 1968. Un rockin' blues bien construit au cours duquel la guitare s’avère aventureuse. Shawn Hall (NDR : la moitié du duo canadien The Harpoonist and The Axe Murderer) souffle dans son harmo tout au long de "There's hole", une ballade roots acoustique. La voix s'impose face à l'orgue Hammond de Rich Hopkins sur "Jet set", un blues rock lent aux accents dramatiques signé Stephen Stills (époque Manassas). De toute bonne facture, "What's not to like?" campe un blues rock illuminé par la slide. Fort jolie ballade, "Our last goodbye" se signale par des interventions de gratte soignées et mélodieuses. Le titre maître est tout aussi brillant. Une piste bien charpentée qui autorise un envol déterminé sur les cordes. "Coulda Shoulda Woulda" est sculpté dans le pur rock'n'roll. D’excellente facture, cet LP s’achève par "Why", une ballade lente à la ligne mélodique consistante, écrite par Annie Lennox.

 

Foals

What Went Down

Écrit par

Si vous ne connaissez pas Foals, je vous invite à vous intéresser à la discographie de ce band insulaire. Et pour cause, « Antidotes », son premier essai, mérite assurément de figurer dans la catégorie des albums rock indispensables publiés depuis le début de ce millénaire. La suite est un peu moins convaincante, même si quelques pépites se cachent sur « Total Life Forever » et « Holy Fire ». La découverte de ces trois elpees est donc assez indispensable avant d’attaquer « What Went Down ».

En fait, pour apprécier le quatrième LP des gars d’Oxford, il faut savoir d’où ils viennent et comprendre leur évolution musicale. Car si elle est fracassante sur « What Went Down », elle reflète finalement assez mal le parcours de Foals.

Les guitares math rock qui caractérisaient autant le groupe à ses débuts sont maintenant remplacées par un son plus brut, plus puissant. Et ce sur la plupart des titres. Il n’y a bien que sur « Birch Tree » que nous retrouvons cette signature si particulière. Au fil de sa discographie, Yannis Philippakis semble prendre conscience qu’il a finalement une voix intéressante et en profite pour la mettre davantage en valeur sur certains morceaux. Le problème c’est qu’en général, les instruments finissent par s’effacer pour laisser un ensemble ennuyeux et carrément plat. « Give It Up » est probablement la chanson au cours de laquelle Yannis chante le mieux, tout album confondu. Oui mais c’est également une des plus lassantes du groupe… « London Thunder » est plus aboutie mais elle manque également de cette folie ‘foalsesque’. Yannis a déclaré qu’il ne pourrait plus jamais écrire un  titre complètement dingue comme « Cassius » ; et c’est bien dommage parce que c’est exactement ce qui manque à « What Went Down ».

A la lecture de ces premières lignes, vous imaginez sans doute que cet elpee est un échec. Ce n’est pas le cas. Parce que s’il a ses défauts, il révèle également une nouvelle facette du band. Et il ne faut pas longtemps avant d’être plongé au sein de l’oeuvre ! Dés le titre maître, on prend une claque. Foals se déchaîne et relance complètement la machine après un « Holy Fire » bien trop mollasson. Une des deux perles embraie ensuite. « Mountain At My Gates » peut compter sur sa construction en crescendo et son incroyable pont final, pour régaler le mélomane. Dommage que ce morceau ne dure pas plus d’une minute, car il aurait pu devenir la meilleure chanson de l’année. Et c’est en fin de parcours que figure la seconde. « A Knife On The Ocean » constitue un parfaite compo de clôture. Durant près de sept minutes, on est plongé dans un monde empreint de mélancolie, voire de nostalgie. Finalement, le parfait équilibre entre la profondeur de l’expression sonore et la voix de Yannis est atteint. Le refrain en est la preuve incontestable. « A Knife On The Ocean » devrait servir de référence au combo pour le futur. Varié, « Snake Oil » concède une touche blues/rock alors que le refrain de « Lonely Hunter » est immédiat.

Finalement, Foals vient de graver un très bon album, de meilleure facture que les deux précédents, sans pour autant atteindre la qualité d’« Antidotes ». Si l’absence presque totale des sonorités math rock est regrettable, on peut néanmoins être satisfait des risques pris par le groupe et de son évolution. Chaque long playing de Foals est différent et plus mature. En affichant un tel potentiel, Foals devrait nous réserver encore bien des surprises, dans le futur. Et on ne va pas s’en plaindre !

 

Andra Faye & Scott Ballantine

Coulda woulda shoulda

Écrit par

Andra Faye est originaire d'Indianapolis. Dans sa jeunesse, elle apprend le violon, puis, plus tard, la mandoline, à l'écoute du spécialiste blues de cet instrument, Yank Rachell. En 1992, elle rejoint le trio féminin de blues acoustique, Saffire – The Uppity Blues women, et y retrouve Ann Rabson et Gaye Adegbalola. Le line up s’enrichit ensuite d’un bassiste. Aujourd'hui, Saffire a réduit ses activités, alors qu’Andra poursuit divers projets dont un trio de blues acoustique baptisé Andra Faye and The Mighty Good Men et un autre combo répondant au nom d’Andra Faye and the Rays, en compagnie du claviériste Charlie Chessman et du gratteur Scott Ballantine. Ce dernier est un passionné de jazz, blues, rock et country.

Le duo avait déjà gravé un premier opus en 2013, "Laying down our blues". Et la suite de leur collaboration est opérée sous un format acoustique. Les sessions ont été réalisées en deux séances, au sein de deux studios, à Indianapolis.

Andra a une très belle voix, élégante, naturellement puissante. Elle domine l'ouverture, "Walkin' home to you". Elle assure la basse, le principal support rythmique, et accorde déjà une sortie éblouissante sur son violon. Les cordes acoustiques de Scott sont d'une grande fraîcheur. Andra passe ensuite à la mandoline, dont elle joue autoritairement et se consacre au micro pour "Crackheaded man", une plage signée par son partenaire. Plus rythmé, "It's a new day" est un blues plus classique que Miss Faye chante passionnément, secondée par Scott. Et les échanges exécutés entre la guitare et la mandoline sont de haute facture. Sans surprise, "Take it slow" est un blues lent (NDR : il a été écrit par Liz Pennock, une chanteuse/pianiste floridienne de blues). Les cordes acoustiques dispensées par Ballantine sont très belles. Le couple file la parfaite harmonie sur "Blues for a crappy day". Et les échanges réalisés entre la six cordes et le violon sont tout aussi brillants. "Too much butt" libère un swing naturel. Rythmé, le titre maître rocke. Le duo chante à l’unisson cette compo qui procure d'excellentes vibrations. Ballade traditionnelle, "Standing in the need of prayer" met en exergue la voix de Ballantine. Celle d'Andra domine "Workin' Mama is gone", un excellent blues au cours duquel se conjuguent guitare et mandoline. La reprise dépouillée du "Feels like rain" de John Hiatt se distingue par son exercice vocal plutôt remarquable. Séduisant, cet opus s’achève par  "Clyde", une ballade illuminée par la mandoline de Miss Faye.

 

Déluge

Aether

Écrit par

Un premier pied dans l’eau, puis le second, une lente immersion jusqu’à la taille, puis jusqu’aux épaules, seule la tête est à présent hors de l’eau. Un dernier regard appuyé vers l’horizon ténébreux avant d’entamer une longue apnée, qui se prolongera pendant un peu moins d’une heure, secourue par de brèves respirations. Tel pourrait être le pitch d’ « Aether », premier album studio des Français de Déluge. Rien que par son titre, « Avalanche », le premier morceau de cet opus annonce la couleur : une grêle de doubles pédales accompagnée d’une lourde guitare viennent directement vous écraser. Sans aucun avertissement au préalable, vous êtes directement rincés. De la tête aux pieds. Le rythme ralentit quelque peu avant que la vague ne revienne à l’assaut, emportant avec elle la voix hurlée au timbre Hardcore de Maxime Febvet, vocaliste du groupe. Les Acteurs de l’Ombre, label du band, présente ici une fois de plus une formation qui ne craint pas de mélanger les substances dans le compost, pour finalement parvenir à une solution dense : une base de Black Metal atmosphérique martelée au fer rouge par d’intenses lignes vocales tirées du registre Hardcore.

Tout au long de ce disque, Déluge prend soin d’instaurer une ambiance de fin du monde, où l’élément eau, qu’il provienne du ciel ou de la terre, aurait décidé d’avoir finalement le dessus sur l’espèce humaine. Une bataille perdue d’avance, où il ne restera plus à l’homme qu’à compter les heures avant de se faire liquéfier. ‘Alors étanchez vos soifs tant qu’il est encore temps, De l’autre, de vaincre et d’illusion, Alors abreuvez-vous, De cette pluie d’Ego’ . Menaçant, « Avalanche » sort vainqueur. Tel un tsunami, Déluge lance à intervalles réguliers  des vagues destructrices. Neuf en tout ! Elles emportent tout sur leurs passages, avant de contempler de manière lancinante les dégâts qu’elles ont causés. Une lutte impossible à gagner mais où une mince marge d’espoir est néanmoins laissée à l’espèce, sournoisement, afin d’éteindre petit à petit ce feu de vie et de conclure par « Bruine » : ‘Tout est pourri, que reste-t-il de sain ? Rien’.

Vous l’avez compris, ce premier LP est riche à plus d’un titre. Outre sa construction atypique, le quintet accueille sur sa troisième composition, « Mélas|Khōlé », l’artiste Stéphane Paut, mieux connu sous le pseudonyme de ‘Neige’ responsable du projet solo Alcest. Mais « Aether » est également surprenant par sa présentation. A l’opposé de l’image-type du CD de Black Metal, cette première offensive des Français propose un digipack aux couleurs bleu-outremer, blanc et or, des teintes qui ne sont pas sans rappeler des motifs typiquement helléniques. L’intérieur de l’LP s’ouvre en deux volets et offre à l’auditeur les paroles des morceaux, apport à ne pas négliger si on désire pleinement s’immerger dans l’ambiance de l’oeuvre.

Autant ne pas passer par quatre chemins : Déluge met ici la barre très haute et offre un vent de fraîcheur dans le milieu, où parfois certaines recettes ont tendance à être trop utilisées jusqu’à la nausée. Les Français entretiennent une ambiance lourde, détaillée et dévastatrice, sans pour autant en oublier la face violente et rentre-dedans. Autrement dit : un minutieux équilibre entre une face atmosphérique qu’on pourrait croire tirée d’une B.O. et une rage qu’on aurait canalisée trop longtemps avant qu’elle ne déferle tel un indomptable torrent. Une claque !

Dalannah & Owen

Been around a while

Écrit par

Etabli à Vancouver, au Canada, Dalannah et Owen forment un étrange duo de blues. Dalannah Gail Bowen est afro-canadienne ; mais du sang cherokee coule dans ses veines. Agée de 69 ans, elle chante le blues, le jazz et le gospel depuis plus de 40 ans. Bassiste, Owen Owen jouit d’une expérience aussi longue. La paire a atteint la finale de l'International Blues Challenge de Memphis, en janvier dernier. Elle vient de graver son premier opus, "Been around a while". Mais le plus remarquable procède de son art à faire des prodiges en se limitant à une voix et une basse à sept cordes. Et le résultat est vraiment original. L’elpee recèle onze plages, dont cinq issues de leur plume.

Sans surprise, la basse d'Owen ouvre le bal. Elle est rapidement rejointe par la voix de Dalannah, une voix qui vous flanque des frissons partout. Il est très rare qu’un tel instrument domine un album de blues ; mais sept cordes permettent de s’aventurer davantage dans les aigus. Une très belle entrée en matière. Articulant parfaitement ses mots, Miss Bowen domine le classique "Early in the morning". Très puissante, sa voix est à la fois expressive et harmonieuse. Ce qui n’empêche pas la basse de prendre un nouvel envol, en tirant parti du re-recording. Une partie est jouée suivant les codes de l’instru, mais elle sert de tremplin aux interventions les plus subtiles. On n’a pas le temps de s'ennuyer, car les compositions sont variées. Les quatre cordes prennent un nouveau billet de sortie sur "That ain't it", alors que notre Cherokee maîtrise parfaitement sa voix ; une voix qu’on sent très proche de vous, tout au long de "Blues, Mother of Sin". Si la plupart des plages sont lentes et dépouillées, le rythme n’est pas négligé. A l’instar d’"Already gone", une plage très réussie. "Queen Bee" est une piste empreinte d’une grande mélancolie, presque au bord du désespoir. Un désespoir formulé sous forme de conte sur la reprise du "Inner City blues" de Marvin Gaye ; la voix travaillée, participative accentuant ce sentiment. Sur "Heaven's right here", on a l’impression d’entendre trois basses au même moment. Le couple s’attaque alors à deux canons du blues, le "Come on in my kitchen" de Robert Johnson et le "Walkin' blues" de Son House. Owen y exprime toute sa totale sensibilité sur ses quatre cordes. Et la cover du "Why I sing the blues" de BB King mérite également une attention particulière. Une œuvre vraiment originale !

Billy The Kid

I can't change

Écrit par

Billy The Kid & the Regulators est un groupe de funk et de R&B issu de Pittsburgh, en Pennsylvanie. Il est drivé par le chanteur/guitariste Billy Evanochko. Le combo a terminé troisième, lors de la finale de l'International Blues Challenge de Memphis, en 2014. Son premier elpee, "She got a hold on me", remonte à 2012. Pour enregistre cet opus, Billy est soutenu par son backing group, réunissant les guitaristes Jon Vallecorsa et James Dougherty, le drummer Brian Edwards, le bassiste Arnold Stagger et le claviériste Ublai Bay. Damon Fowler, un bluesman floridien signé chez Blind Pig assure la mise en forme du deuxième opus de cette formation.

Une section de cuivres et la choriste Yolanda Barber introduisent "I can't change". Transique, particulièrement expansive, largement amplifiée, la guitare de Billy opère sa première sortie. Les sonorités de l’orgue baignent "Ain't gotta prove nothing", un morceau sculpté dans du funk pur et dur. La voix du leader épouse parfaitement le rythme, alors que les cordes s’autorisent un nouvel envol. Et elle vraiment impeccable tout au long de "What are we waiting for", une ballade R&B empreinte de charme, cuivrée et parcourue par la slide de James Dougherty. Une des meilleurs compos du long playing. La voix de Billy est savoureusement éraillée et la gratte lumineuse, tout au long de l’excellent "Story of the blues". Un régal ! Who" déménage littéralement. La six cordes est inspirée. Le talentueux Jason Ricci souffle dans son harmo. L'orgue de Bay et la slide de Billy enrichissent judicieusement l’ensemble. "That darn cat" est une autre piste sculptée dans le funk. Les musicos prennent leur pied dans une ambiance réminiscente de Little Feat. "Slender man blues" est issu de la plume de Dave McKenzie, un excellent blues lent au cours duquel Ublai Bay double piano et orgue. Si Miss Barber se fond dans les chœurs, les cuivres s’immiscent discrètement et efficacement dans l’ensemble, alors que Billy nous réserve une autre sortie brillante sur ses cordes. Soutenus par Jason Ricci à l'harmonica et le brillant Sean Carney à la guitare, les Regulators attaquent le "Can't stand to see you go" de Jimmy Reed. "Saturday night" emprunte un style très proche du soul boogie. Ricci ose un solo complexe et détonant. Encouragé par les interventions vocales de Yolanda, Sean Carney et Damon Fowler rivalisent avec Billy et James Dougherty sur leurs grattes. Epatant, cet LP s’achève par une adaptation acoustique du "Me and the devil blues" de Robert Johnson…

 

Beautiful Badness

Many Years (Ep)

Écrit par

“Many Years” constitue le deuxième Ep de Beautiful Badness. Un disque qui a bénéficié d’une excellente mise en forme. Et pour cause, Koen Gisen, le mari d'An Pierlé s’est chargé de produire deux de ses plages. La pochette est soignée, ce qui ne gâte rien. Elle est illustrée par une colonne vertébrale entourée de branches et de fleurs, tel un fruit mûr qui ne demande qu'à être croqué. Ce pilier est assuré par un professeur de chant. Son nom ? Gabriel Sesboué. Pas étonnant dès lors qu’il soit capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements. Aussi bien dans les graves que les aigus. Il est soutenu par Olivier Delescaille à la gratte acoustique et électrique, Gilles Servais aux drums et Antoine Guenet aux claviers. Sans oublier une petite nouvelle qui vient d'intégrer le groupe, Raphaëlle Germser, préposée à la basse et au violon. Elle apporte une touche féminine à un ensemble, exclusivement mâle jusqu’alors. Le combo doit manifestement puiser ses influences chez Queen, Jeff Buckley et Radiohead. C’est indéniable. Il avait publié son premier Ep (7 titres) en 2013. Et avait reçu une excellente critique tant de la presse que du public. Ce qui lui avait permis d’assurer le supporting act pour Stereo Grand, Kodaline, Perry Rose, Fuel Fandango et BirdPen. Grâce aux internautes, ce second Ep est paru chez KissKissBangBang. L'objectif a même été plus qu’atteint, puisqu’il a passé la barre des 150%.

Le début de « Manys Years » baigne au sein de chœurs atmosphériques. L’instrumentation est léchée. Haut perchée, la voix est céleste. Les percus sont emphatiques. La mélodie est balisée par les ivoires et les arrangements de cordes. Le spectre de Freddie Mercury plane...

« A Sunny Morning », c’est le single qui a précédé la sortie de cet Ep. Pas de piano en ouverture, mais un harmonium. Et à nouveau les chœurs enrichissent l’ensemble.

Le piano est cependant de retour pour « I Will Hunt You Down ». La voix de Gab est lyrique. Les orchestrations semblent empruntées à la musique classique.

« It's Hard To Do It » propose un duel entre ivoires agressives et chant. Il est à la limite de la rupture, mais finalement Gabriel le maîtrise parfaitement.

« Goodbye » encore un ballet piano/voix aérien classieux. Fermez les yeux, le voyage vers le Taj Mahal peut commencer.

Beautiful Badness se produira en concert le 15 octobre 2015, à la Rotonde du Botanique, dans le cadre de la release party consacrée à la sortie de cet Ep...

Avec le soleil sortant de sa bouche

Zubbedust!

Écrit par

Avec le soleil sortant de sa bouche (ALSSDSB) est un patronyme, ma foi, très original. Mais avant tout, c’est un collectif de musicos émanant du pays des caribous. Il réunit des membres issus de différentes formations, formule que le mythique label montréalais propose depuis pas mal de temps. ALSSDSB est donc une formation à géométrie variable qui existe depuis 2011. Jean-Sébastien Truchy (Fly Pan Am) et Sebastien Fournier en forment la charnière centrale. Et "Zubberdust!" constitue leur premier album.

Cet LP est divisé en deux longues pistes (« Face à l’instant » et « Super pastiche fantastique »), chacune découpée en plusieurs parties. Hormis la présence de quelques chœurs circonstanciels, l’expression sonore du combo est essentiellement instrumentale. Elle oscille entre post et math-rock. A contrario de ses compagnons de label, le combo canadien ne sombre ni dans le climat dépressif, ni dans le rock progressif. Tout au long de cet elpee, l’atmosphère est d’ailleurs radieuse voire enjouée. Les rythmiques sont presque dansantes et les tonalités des guitares ne sont pas noyées sous des tonnes d'effets. En outre, l’ensemble est judicieusement saupoudré d’électronique. Le résultat est particulièrement efficace. Pas besoin d’enchaîner les écoutes pour dompter « Zubberdust ! », la musique de ce band canadien vient à nous sans se faire prier. On ne va donc pas s’en priver.   

 

L’heure au premier bilan pour Liveeurope

Écrit par

Liveeurope, la plateforme pour la musique live, qui réunit 13 salles de concerts européennes dans le but de soutenir leurs efforts visant à programmer des artistes émergents internationaux, a présenté ses premiers résultats annuels officiels à la conférence du Reeperbahn Festival, à Hambourg.

Les résultats de la saison 2015 de Liveurope ont dépassé les attentes, avec un total de 559 artistes européens émergents programmés, soit une hausse de 23 % par rapport à la saison 2014. En moyenne, les salles de concert ont programmé des musiciens de 12 nationalités différentes, avec un total de 32 pays représentés.

Parmi tous les groupes européens émergents programmés dans les salles participantes, un peu moins de 30 % sont originaires du Royaume-Uni, 10 % d’Allemagne, 8 % de France, 7 % de Belgique, 7 % du Danemark et 4 % de Suède.

Preuve du potentiel exceptionnel présent en Europe. Le but de la plateforme est de continuer à encourager les salles de concerts afin d’avoir la programmation la plus complète possible.

Jason Lytle + Troy Von Balthazar = Elliott Smith

Écrit par

En mai dernier, Jason Lytle (Grandaddy) et Troy Von Balthazar (Chokebore) se retrouvaient au studio 105 de la Maison de la Radio aux côtés d'un orchestre de chambre, le Color Bars Experience.

Ensemble, ils ont redonné vie aux chansons de l'album « Figure 8 » d'Elliott Smith le temps d'une soirée immortalisée lors de l'émission Label Pop.

http://microcultures.us2.list-manage.com/track/click?u=b875b91d3960f51100425e59e&id=a66b20066f&e=782dbac87e

 

Doug Hream Blunt, nouvelle perle Luakabop !

Écrit par

Doug Hream Blunt a appris à jouer de la musique à l'âge de 35 ans, en prenant des cours du soir à San Francisco, fin des années 80, dans une classe créée par un professeur local et son épouse au sein du home-studio, aménagé dans leur garage !

Quelques années plus tard, Doug compose et presse lui-même un album intitulé « Gentle Persuasion ».

Les autres étudiants de son cycle deviennent ses musiciens, tandis que son professeur se charge des ambiances et sa femme de la basse?

Aujourd'hui, Doug commence à faire parler de lui !

Parmi ses admirateurs figurent Ariel Pink, Dam-Funk, David Byrne et Jamie Lidell. En outre, il a également une influence directe sur la musique de Dean Blunt, qui n'a pas seulement emprunté son nom, mais a aussi suivi les pas artistiques de Doug.

Tout comme pour William Onyeabor, le label New Yorkais Luaka Bop a décidé de ressortir l'album de Doug Hream afin que ce disque puisse toucher un public plus conséquent.

‘Adorable !’- David Byrne

‘Génial !’ Jamie Lidell

‘'J’adore ce mec !’- Dam Funk

‘ Dingue. Le rois du solo de guitare !!!’ - Devendra Banhart

Beautiful Badness

Hanté par Bocelli et Mercury…

Écrit par

Par un dimanche ensoleillé, votre serviteur se rend chez Dominique Fronville. Il a généreusement prêté sa propriété pour un spectacle ‘Cerises’. Un concert de 60 minutes, en appartement. La propriété est vaste, les musiciens occupent la terrasse. Tout au plus 40 spectateurs sont installés dans le jardin. Cinq mètres séparent les artistes du public. Une proximité qui rend le spectacle plus feutré et intimiste. Frédéric Bulté (http://soireescerises.over-blog.com/) est le responsable de cette judicieuse initiative.

L'entrée est gratuite. Il suffit de s'inscrire par e-mail, d’apporter sa chaise, sa bonne humeur, son sourire, ses boissons et un billet pour le chapeau qui circulera après le spectacle et constituera le cachet des artistes. Une formule, ma foi, qui tient parfaitement la route...

Franco-bruxellois, Beautiful Badness est drivé par Gabriel Sesboué. Prof de chant, il se consacre tout naturellement aux vocaux. Il est soutenu par Olivier Delescaille à la gratte acoustique et électrique, Gilles Servais aux drums (NDR : il est assis sur un cajon !) et Antoine Guenet aux claviers. Sans oublier une petite nouvelle qui vient d'intégrer le groupe, Raphaëlle Germser, préposée à la basse et au violon. Elle apporte une touche féminine à un ensemble, exclusivement mâle jusqu’alors.

Beautiful Badness profite de l'occasion pour tester les nouveaux morceaux de l'Ep « Many Years ». La sortie de ce disque est prévue le jour de la ‘Release Party’ ; soit le 15 octobre 2015, à la Rotonde du Botanique. En outre, la formation assurera le supporting act de la tournée de Birdpen (NDR : le projet solo de Dave Penny, le chanteur d'Archive). Après avoir salué son auditoire, recueillant ainsi les premiers applaudissements, les musicos se plantent derrière leurs instrus et Gabriel le micro. Curieux, ce dernier n’a pas ôté ses chaussures et ses chaussettes, comme lors de son set accordé en première partie de Fuel Fandango. Faut dire que ce jour là, il avait été victime d’un racket ‘shoes and socks’ (NDR : très rock’n’roll, cette expression !)

« Elder's Choir », le premier morceau, est attaqué sous forme de polyphonie vocale. Seuls quelques accords de piano soutiennent Gabriel. Un départ tout en douceur. « I Will Hunt You Down » est un nouveau titre. Les ivoires balisent l’ensemble. La voix de Gab est emphatique avant qu’elle ne monte dans les aigus. La mélodie accroche instantanément. La sèche s’emballe. Manifestement, les orchestrations s’inspirent de la musique symphonique.

Pour « It's Hard To Do It », Gab empoigne sa sèche. Il est à nouveau épaulé par le piano. « Wasting Your Time » c’est le titre maître du premier Ep. La voix de Gabriel s’envole à la manière de Freddie Mercury. Les grattes s’emballent. S’il n’y avait la musique, on pourrait entendre les moustiques et les libellules voler.

Pas de « Slipping Away » électrifié, mais unplugged. Ce qui permet, à nouveau, de bien mettre en exergue les vocaux de Gabriel qu’il utilise comme un instrument. Il se désaltère et met son micro très près de ses lèvres, un peu comme s’il allait déguster un glace. Et sa voix vous fait fondre, comme si elle restait au soleil. Il aborde alors « Run », un hit qui a permis au combo de se faire connaître. Cajon et ivoires, sont au diapason. Raphaëlle est particulièrement efficace à la basse. Gabriel siège derrière les claviers et déverse son miel sonore dans vos oreilles. Derrière ses lunettes, Gilles ferme les yeux et semble apprécier le moment. L’auditoire aussi. Place ensuite à la deuxième chanson proposée sous le format piano/voix : « The Time ». Un format au sein duquel Gabriel excelle également.

Après avoir fait un peu de promo pour le merchandising et le show programmé à la Rotonde, le combo embraie par « A Sunny Morning », le single qui a précédé le second Ep, paru en janvier 2015. Presque a capella, la compo est magique. Gabriel reprend sa gratte. Raphaëlle troque sa basse contre le violon. Antoine est préposé au banjo. Pas de cuivres cependant pour ce classieux « Many Years », un morceau vraiment épatant (NDR : un single potentiel !) Le timbre de Gabriel remonte dans les aigus sur « Tonight », une superbe chanson. On se croirait à l'opéra (NDR : le spectre d’Andréa Bocelli plane).

En finale du rappel, Beautiful Badness nous réserve une remarquable version du « We Will Rock You » de Queen (NDR : c’est rituel !) ; et à cet instant c’est le fantôme de Freddie qui se met à rôder…

Pendant ce concert, j’ai parfois eu l’impression de me retrouver au sein du chœur d’une chapelle ; à moins que ne soit au Théâtre Royal de La Monnaie.

Alors imaginez, le chapeau était rempli de pas mal de billets bleus, après avoir passé par les mains des spectateurs. Preuve que le set était excellent.

(Organisation : Les Soirées Cerises - Frédéric Bulté)

Dernier chapitre pour les Bootleg Series de Bob Dylan

Écrit par

Le dernier chapitre des « Bob Dylan Bootleg Series » met en lumière les sessions studio légendaires pendant lesquelles « Bringing It All Back Home », « Highway 61 Revisited » et « Blonde On Blonde » ont été produits. Les fans de l’Américain pourront ainsi découvrir le processus de création de l’artiste.

La version Deluxe (6CD’s) réunit des chansons inédites, des maquettes, des pistes de répétitions ainsi que différentes versions de hits familiers lors de leur création respective.

Une édition collector de 18 CD’s sera disponible exclusivement sur le site BobDylan.com. Elle sera limitée dans le monde entier à un pressage de seulement 5 000 exemplaires.

La sortie est prévue pour le 5 novembre prochain.

Christine & The Queens

Une véritable performance musicale, visuelle, théâtrale et chorégraphique…

Écrit par

Votre serviteur débarque pour la première fois au Zénith de Lille. Une salle à taille humaine,  malgré sa capacité de 7 000 places. Un endroit très accessible à atteindre en voiture. Tout  comme le parking. Comme conseillé par le rédacteur en chef néerlandophone, je stationne  mon véhicule sous le Grand Palais, situé à moins de 5 minutes, à pied. La rumeur colporte que le public français est froid. Nos amis et cousins nordistes sont bien loin de l’être ; ils sont même sympas et chaleureux. Lorsque vous vous adressez à un voisin, dans l’arène, il vous répond gentiment : ‘T'es Belge, toi, t'as un accent’.

Ghost Culture aka John Greenwood assure le supporting act. Il porte de longs cheveux et se  produit seul sur l’estrade. Il se sert d’un laptop, de machines, d’une boîte à rythmes et de  synthés. Insulaire, cet artiste vient de publier en 2015, un album éponyme, «  Ghost Culture  », dont il va nous  proposer quelques extraits. Sa voix me fait penser à celle de Gary Numan, le chanteur charismatique de Tubeway Army, un personnage qui avait fait des ravages au sein des clubs électro et dancehall, pendant les années 80. Les beats sont parfois spasmodiques, comme chez Orchestral Manoeuvres In The Dark (OMD). Ou précis et métronomiques. A l’instar de Metroland voire Kraftwerk. Une chose est sûre, la scène berlinoise hante sa musique. Le retour parmi les premiers rangs est conséquent. Même que certains aficionados commencent à mettre le souk. Bref, un artiste à suivre de près.

Christine and The Queens, c’est le pseudo d’Héloïse Létissier. Elle est née en 1988, à Nantes.  En 2014, son premier opus, « Chaleur Humaine », rencontre un succès certain. Il a été enregistré sous la houlette d'Ash Workman (Metronomy, Klaxons, Summer  Camp) et est nominé à cinq reprises, lors des Victoires de la Musique 2015. Elle y décroche 2  récompenses, dont celle de l'artiste/interprète féminine de l'année.

Et il faut reconnaître qu’elle en a parcouru du chemin, depuis 18 mois. Au fil des concerts, elle se produit au sein de salles de plus en plus grandes. Elle avait accordé un show  remarquable à l'Orangerie du Botanique, puis un autre exceptionnel au Cirque Royal. Elle  opère une tournée des ‘Zénith’ dans l'Hexagone qui transitera par Forest National le 2 octobre  prochain.

Christine affiche un look androgyne à la Bowie et porte un costume de scène de couleur noire  et de coupe masculine. Elle est accompagnée par 4 danseurs et trois musicos, dont un préposé aux synthés, un autre à la boîte à rythmes et un gratteur qui se charge également des backing vocaux. L'intégralité du concert sera filmée.

Le set s’ouvre par « Starshipper ». Des lumières bleues se focalisent sur les danseurs –qui se  contorsionnent– et Christine, dont les déhanchements sont endiablés. Le light show émane  également du plancher, entre les trois musiciens. La fin de la chanson est accueillie par un  tonnerre d'applaudissements. Christine salue le public de Lille et déclare qu’il s’agit d’un  grand début de concert. Manifestement ravie, elle s'adresse toujours à lui, en utilisant la seconde personne du singulier. Son 'Tu' est renversant.

Des beats électro dynamisent « Half Ladies ». Sur l’écran, en arrière plan, elle apparaît tout  de blanc vêtue. Elle exécute alors des pas de danse inspirés par Michaël Jackson (NDR : les  mauvaises langues diraient Fred Astaire…) Le décor change ; enfin surtout l'écran. Il devient  rouge et est entouré de 14 néons jaunes et verticaux. Flanquée de deux danseurs, elle opère un  petit retour sur l'estrade rétro­éclairée, destiné à accomplir un autre petit pas de danse sur «  Science Fiction ». Lorsqu’elle revient au bord du podium, elle est talonnée par deux des  danseurs, le troisième demeurant en retrait. Elle interprète ensuite trois morceaux dans la  langue de Shakespeare : « Save And Holy », « Here » et « No Harm Is Done ». Très yankee,  ce dernier déchire, mais ne figure pas sur le long playing. Deux rangées de néons bleus  éclairent la diva qui passe et repasse, entourée de ses danseurs. Le show est magique,  fabuleux même.

La voix masculine enrichit le « Pump Up The Jam » de Technotronic et « Short Dick Man »  (NDR : une compo signée par 20 Fingers). Il s’agit de celle du rappeur américain Tunji Ige. Et  le résultat est terriblement dansant. Il incite même les spectateurs dans la fosse à se remuer le  popotin et le bas des reins.

Avant d’attaquer « Christine », elle confesse que ce prénom, elle l’a choisi pour le ‘live’. Et  elle s’adresse alors à l’auditoire en lui demandant : ‘Et toi public, nomme­toi !’ Dans une  belle cacophonie, les spectateurs crient donc le leur. Alors imaginez 7 000 personnes en  même temps. Complètement fou ! Mais également le résultat d’une belle communion entre  l'artiste et le public. Des néons tour à tour rouges, bleus ou oranges descendent du ou montent  vers le plafond, suivant les morceaux. Ils magnifient le spectacle.

Pendant le « Who Is Hit » de Michael Jackson, les lumières éclairent Christine par l'arrière. Sa  chorégraphie s’en inspire encore et toujours. (NDR : c’est quand même une fan !) En poussant  le bouchon, on pourrait même affirmer que l’élève a surpassé le maître. Elle et ses danseurs  sont omniprésents sur l’estrade.

Lorsqu’elle aborde « Intranquilité » et « Ugly­Pretty », elle s’assied sur les planches, au milieu des fumigènes. Pendant « Chaleur Humaine », titre maître de son LP, elle empoigne un  bouquet de fleurs et parcourt la fosse à la rencontre de son public, tout en continuant à chanter. Elle le remercie et lance une vanne : ‘Vous n'avez qu'à suivre le bouquet et ce que tout le monde fait’. Un moment fort qui marque la fin du concert en compagnie de quelqu’un qu'elle apprécie et décide de baptiser « Saint Claude ». Habillée d'une veste immense, elle adapte brillamment le « Paradis Perdus » de Christophe. Fin du spectacle…

Enfin, pas tout à fait, car un rappel est accordé. Avant d’aborder « The Loving Cup », elle  déclare penser à Beyoncé, Rihanna et Elton John. Et d’achever les 90 minutes de show par le  splendide « Nuit 17 à 52 ».

Chaque nouveau concert de la diva est une véritable performance musicale, visuelle, théâtrale et chorégraphique. Un spectacle à l’américaine, réglé comme du papier à musique, qui s’appuie sur un light show impressionnant. Héloïse, les stades t'ouvrent les bras, car ton public  t'adore…

(Organisation : Vérone Production + Corida)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

 

 

Rome

Croisière en eaux trop paisibles…

Écrit par

On rencontre peu de comptes-rendus de concerts qui se sont déroulés dans la Zone, sur Musiczine.  Et pourtant, située outre-Meuse, cette salle détient probablement le record de longévité de la région, puisqu'elle affiche bientôt 25 années au compteur sous sa forme globale actuelle. Et peut-être que parmi vous, certain(e)s se souviennent de ses débuts pour y avoir passé des soirées tumultueuses au son de groupes qui s'y produisaient dans un registre alors majoritairement punk/hc/crust ou du style.

Depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et la programmation s'y est bien élargie au gré des collectifs extérieurs qui y contribuent. Ainsi peut-on maintenant y voir de temps à autre des formations qu'on aurait plus difficilement imaginé s'y produire à l'époque –encore que si le collectif les Fruits de la Passion vous rappelle quelque chose... – telles que Rome, ce quatuor luxembourgeois apparemment déjà culte bien que découvert tout récemment par votre serviteur.

C'est en effet à la faveur d'un mix déniché sur Youtube que je suis tombé sous le charme de ce projet mené par Jérôme Reuter et dont les influences assez larges embrassent aussi bien le néo folk (cher aux bands tels que Death in June et consorts) qu'une certaine cold wave romantique (NDR : pensez à And Also The Trees) ou encore le spleen que l'on peut retrouver chez des artistes comme Tindersticks. Mais si ces références valent pour les enregistrements studio du groupe qui sont légion –8 albums et une flopée de singles et Ep's en une dizaine d'années– en ce qui concerne le live, la donne est sensiblement différente.

En tout cas j'ai eu du mal à retrouver la richesse de l'univers musical dans lequel m'avait plongé l'écoute de ce mix probablement constitué d'extraits judicieusement sélectionnés de leurs différentes œuvres, le quartet ayant choisi (pour ce set en tout cas) de se concentrer sur des morceaux plutôt pop-rock acoustique à tendance sombre.

Sous un format basse/batterie/clavier/guitare/chant, le combo va donc égrener un répertoire de compositions calmes et léchées qu’on qualifiera de ballades maritimes, à défaut de mieux! Ayant patiemment attendu que le concert décolle un peu, j'ai fini par décrocher et suivre l'action d'un peu plus loin...

Et il m'a bien semblé que les événements suivaient leur cours sans que les vagues ne gagnent en ampleur ni que le tangage s'intensifie ; ces matelots n’ayant probablement pas pris le risque de vous donner le mal de mer et encore moins mettre leur embarcation en péril.

Vous l'avez compris, je n'ai pas ressenti le grand frisson durant cette traversée en eau douce assurée de main de maître par un équipage très pro et rôdé à la tâche, mais manquant tout de même un peu de ressac et de surprises. Le public en revanche –composé de fidèles initiés rassemblés près de la scène– n'a pas davantage boudé son plaisir un instant, applaudissant avec enthousiasme et régularité et demandant moult rappels. Peut-être aurait-il fallu être de ceux-là pour partager la passion qui m'a manqué durant ce spectacle ?

(Organisation: Jungle Booking & Theme La Zone)