La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Sharon Jones & The Dap-Kings, version estivale…

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Le 30 octobre prochain sortira la nouvelle collection d’été, « It’s A Holiday Soul Party », entièrement consacrée aux vacances, composée par Sharon Jones and The Dap-Kings !

Une bonne manière de prolonger l’été entre reprises et morceaux originaux…

It’s A Holiday Soul Party – Track Listing

01 – 8 Days (Of Hanukkah)
02 – Ain’t No Chimneys In The Projects
03 – White Christmas
04 – Just Another Christmas Song
05 – Silent Night
06 – Big Bulbs
07 – Please Come Home For Christmas
08 – Funky Little Drummer Boy
09 – Silver Bells
10 – World Of Love
11 – God Rest Ye Merry Gents

Un ‘best of’ pour Starsailor...

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Le premier ‘best of’ de Starsailor sortira le 18 septembre prochain.

Depuis ses débuts en 2003, le groupe insulaire a vendu plus de 3 millions d’albums et sorti des hits britpop tels que « Good Souls », « Silence is Easy » ou encore « Alcoholic ».

Tracklisting:

1. Good Souls
2. Silence is Easy
3.  Alcoholic
4. Give Up The Ghost (NEW TRACK)
5. In
The Crossfire
6. Poor Misguided Fool
7. Four To The Floor
8. This Time
9. Fever
10. Born Again
11. Lullaby
12. Keep Us Together
13. Way To Fall
14. All The Plans
15. Hold On (NEW TRACK)
16.  Tell Me It’s Not Over
17. Tie Up My Hands
18. Fidelity
19. Four To the Floor (Thin White Duke Mix) (BONUS TRACK)

Stearica

Fertile

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Inconnu chez nous, Stearica n’en demeure pas moins un groupe expérimenté et jouissant d’une certaine notoriété. Sur la scène underground italienne tout d’abord (le trio est originaire de Torino) mais aussi à l’étranger. Pour preuve, le combo a déjà eu l’occasion de se produire dans le cadre du Villette Sonique ou encore lors du prestigieux Primavera Sound. En outre, pour concocter ce deuxième elpee, il a reçu le concours de grosses pointures, dont Scott McCloud (Girls Against Boys) au vocaux sur « Amreeka », le saxophoniste Colin Stetson tout au long de « Shah Mat » ou encore Ryan Patterson (Coliseum) également au chant pour « Nur ».

Cette réputation, le trio transalpin la mérite assurément. Car les morceaux de ce « Fertile » sont sculptés dans un post-indus-rock original, puissant et énergique, mais également mélodique. Pour être plus précis, on pourrait situer leur expression sonore, quelque part entre Maserati, From Monument to Masses ou encore 65dayofstatics. Pas étonnant dès lors que ces trois formations figurent sur le même label que Stearica.

Une excellente découverte qu’on espère bientôt se produire en concert, dans les parages… 

 

Kepler

Attic Salt

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Cet elpee est la réédition d’un opus paru en 2005. Pour la circonstance, il a été enrichi d’un inédit. Issu d’Ottawa, ce combo a sévi de 1997 à 2006 ; mais lorsque le drummer, Jeremy Gara, a quitté le navire pour rejoindre Arcade Fire, la formation a commencé à battre de l’aile, avant de se séparer. En sondant la toile, on relève de nombreux articles qui leur attribuent un profil slowcore, abordé dans l’esprit de Low voire de Codeine. A première écoute, on pourrait admettre ce point de vue ; mais en approfondissant le sujet, il appert que la musique de cet ensemble canadien lorgne plutôt vers le sadcore. Celui d’American Music Club voire de Red House Painters, en particulier. En moins électrique mais sous une forme aussi énigmatique ; encore que l’LP recèle quelques plages plus rock, à l’instar de « Thourougbred gin », alors plus proche d’un Wilco. Même la voix de Samir Khan est susceptible d’évoquer Jeff Tweedy (NDR : ou alors Mark Oliver Everett, sans le timbre écorché). Imprimé sur un mid tempo « My other » est un titre à la fois spasmodique et mélancolique, bercé par une pedal steel. L’allègre « The national epithet » est carrément uptempo. Et enfin baignant dans la soul syncopée, « You must admit » est stimulé par des drums souples et infiltré par un filet de clavier vintage. Mais en général, le spectre d’A.M.C. plane sur le feeling mélodique et puis sur les chœurs vaporeux si caractéristiques. Et de ce long playing, j’épinglerai encore trois morceaux particulièrement intenses. D’abord le titre d’ouverture. Hanté par des accords de piano de mauvais augure, « Broken bottles blackened hearts » se distingue par ses interventions de grattes scintillantes, et son feedback en crescendo. L’épique « The bedside manner », une piste enrichie par un mellotron. Et le bonus track, « Untrue », dont les cordes de guitare stridulantes, gémissantes, tapissent judicieusement et subtilement l’arrière-plan. Un excellent album dont l’esthétisme se retrouve même à travers le remarquable design de la pochette (NDR : c’est un vinyle !).

 

Fufanu

Adjust to the light

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Fufanu est un quintet islandais. Dont le chanteur (Kaktus) n’est autre que le fils d’Einar Einarsson, ex-membre des Sugarcubes, formation qui a permis à Björk de donner un coup de boost à sa carrière. Le groupe a déjà assuré le supporting act de Damon Albarn et des Vaccines. En outre, Brian Eno est tombé sous le charme de leur musique. De belles références pour commencer…

« Adjust to the light » constitue son premier Ep. Quatre titres, dont une version ‘edit’ pour la promo, de « Will we last », une compo bien post punk. Les guitares sont tranchantes et la basse est syncopée tout au long de cette mélopée lugubre, presque symphonique (Bauhaus ?) Du post punk qui évoque aussi et surtout Joy Division. Surtout lorsque l’atmosphère est  sombre, ténébreuse. Balisé par une ligne de synthé pulsante, « The hours » lorgne vers House of Love. A cause de ses accords de grattes limpides. Et puis de la voix du chanteur, dont le timbre est susceptible de rappeler Guy Chadwick, alors que ses intonations semblent plutôt empruntées à Peter Garrett (Midnight Oil). Et si « Blinking » aurait pu figurer au répertoire de The Sound, « City lights », plus électro, évoque davantage les débuts de New Order. A suivre de très près, c’est une certitude ! Pas pour rien qu’il figurait à l’affiche du dernier Rock Werchter…

 

Mac DeMarco

Another One

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Nouvelle égérie du cool et de la sphère indie-rock mondiale, sorte de version 2.0. du Beck des années 90, le Canadien Mac DeMarco dévoile sa nouvelle livraison succédant au magnifique « Salad Days », sobrement intitulée… « Another One ». Limitée à seulement 8 morceaux, consacrés au thème de l’Amour –dont « My House By the Water », à l’outro instrumentale très ‘laidback’– elle devrait lui permettre de donner de l’amplitude à ses concerts, lors de son interminable tournée. Attention, Mac ne bouleverse pas pour au tant son univers de ‘slacker’, mais lui apporte de subtiles retouches… Le Canadien et le génial Connan Mockasin se sont apparemment liés d’amitié. Si bien qu’on retrouve ces sonorités si spécifiques au Néo-zélandais –qu’on pourrait qualifier d’‘aquatique’- dans son expression sonore. Et tout particulièrement tout au long de « A Heart Like Hers ». Manifestant une aisance bluffante et se distinguant par son jeu de guitare si particulier, il parvient à torcher des mini tubes folk (« The Way You’d Love Her ») aux mélodies imparables (« Just Pull Me Down »). De quoi vous filer une fameuse dose de bonne humeur. Si sa longueur de l’œuvre colle davantage à un Ep qu’à un LP, il faut reconnaître que cet « Another One » s’avère une belle réussite de bout en bout… Espérons que le New-yorkais d’adoption puisse parvenir à conserver sa simplicité, le jour où le succès lui ouvrira les bras, un succès qui serait d’ailleurs amplement mérité, et qu’il commence à engranger au fil du temps. Dommage que sa nouvelle tournée ne transite pas par chez nous, car ses concerts sont, paraît-il, de véritables happenings propices au délire…

 

Death & Vanilla

To where the wild things are…

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Issu de Malmö, en Suède, Death & Vanilla est un trio (NDR : au départ un duo) réunissant Marleen Nilsson, Anders Anders et Magnus Bodin. Et « To where the wild things are…” constitue son deuxième elpee. Rétro-baroque, sa musique oscille entre la dream pop, la lo fi, le psyché soft, le krautrock, l’électro et la musique de film. Des références ? Elle sont nombreuses et oscillent de Broadcast à Stereolab, en passant par Scott Walker, Steve Reich, Sun Ra, les Zombies, le Floyd circa Syd Barrett, Ennio Morricone, Slowdive, Mazzy Star et le Mercury Rev du début de ce millénaire. Les musicos se servent d’une multitude d’instruments, comme des moogs, de l’orgue (vintage), du mellotron, du vibraphone, du dulcimer, du xylophone, du piano, de la basse, des guitares (acoustique et électrique) et des synthés. La voix de Marleen est enjôleuse, éthérée, pour ne pas dire stratosphérique, parfois disposées en couches par le procédé de l’overdubbing, même si lors des sessions d’enregistrement, le band n’a eu recours qu’à un seul micro. Le climat de l’opus est à la fois paisible, languide, cotonneux et énigmatique. Douces-amères, les mélodies sont propices au spleen, sentiment accentué par des lyrics ténébreux, composés dans l’esprit d’un Nick Cave.

Partagé en 10 pistes, l’LP s’ouvre par l’incantatoire « Necessary distortions », un morceau imprimé sur un beat métronomique, tapissé par un clavier cosmique poussiéreux et parcouru d’accords de gratte en strates. Du krautrock réminiscent de Can. Un style qu’on retrouve sur « The Hidden reverse », mais élégiaque, mystique, spectral, il lorgne davantage vers Tangerine Dream. Et le long playing de s’achever par un instrumental, « Something unknown you need to know », une symphonie épique, cinématique, qui tourne en boucle, un peu comme une boîte à musique, quoique changeant, au fil du parcours de ritournelle. Le reste de l’elpee propose des compos frémissantes, alimentées par des oscillations sonores. Que ce soit à travers des berceuses, des plages pastorales, sombres, mystiques, hypnotiques ou visionnaires. Une invitation à laisser vagabonder votre esprit au gré des pistes tracées par Death & Vanilla…

 

CélénaSophia

A l’Aventure

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Non, Céléna-Sophia n’est pas un autre patronyme bien dans l’air du temps, mais celui d’un duo réunissant deux sœurs issues de Chapelle-lez-Herlaimont : Céléna au chant et Sophia aux chœurs. Les deux frangines se partagent, en outre, une multitude d’instruments tels que le banjo, la mandoline, la guitare et le xylophone. Enthousiastes, elles ont décidé de se lancer dans l’aventure musicale en gravant « A l’Aventure », un premier Ep 5 titres paru sur Team4Action, le label de Noa Moon. Leur courte bio décrit parfaitement leur univers sonore : entre Fauve pour la rage toute adolescente (le titre maître), Mumford & Sons pour son côté folk/rock bien assumé et Louise Attaque pour le climat au sein duquel « Dis-le Moi Plus Fort » baigne. On devrait encore entendre parler de Céléna-Sophia dans un futur proche… 

 

Best Friends

Hot reckless, Totally insane

Écrit par

Best Friends est un quatuor insulaire qui nous vient de Sheffield ; et « Hot reckless, totally insane » constitue son premier album. Après avoir observé la pochette et en abordant le premier titre, « Fake spirit », on imagine que sa musique trempe dans le psychédélisme à la Spiritualized. Trente secondes plus tard, le ton change, et l’expression sonore passe au pop/rock typiquement insulaire. Un titre bien enlevé, au cours duquel les tonalités de gratte évoquent Johnny Marr époque Smiths. Et ce style, qui baigne l’essentiel de cet opus, est le plus souvent teinté de garage (« If you think too much your brain will fall out » et ses guitares à la Electric Prunes). Parfois imprimé sur un mid tempo. A l’instar de « Cold shapes », dont les refrains euphorisants (chœurs hymniques et envolées shoegaze) lorgnent à la fois vers les Libertines et Slowdive. Les cordes sont savoureusement discordantes tout au long de « Dr Mario » (The Dodos ?). Et tour à tour tintinnabulantes ou croustillantes sur le speed funk « Baba vanga ». Ou encore ‘cornemuses’ (Big Country ?) sur « Shred til you’re dead », dont le refrain pourrait se siffloter sous la douche. Et l’elpee de s’achever par « Orange juice », un titre qui rend hommage à Edwyn Collins, une hymne sincère et tonique. Enfin, si le chanteur (Lewis Charman) n’a pas une voix exceptionnelle, juvénile, elle colle parfaitement au genre. Quant aux mélodies, particulièrement contagieuses, elles s’inscrivent dans la lignée d’Arctic Monkeys, Palma Violets et bien sûr des Libertines. Une bonne surprise !

 

Yawns

Lucid dream / Where nobody knows my name (45trs)

Écrit par

Finaliste du Humo's Rock Rally en 2014, Yawns est un quatuor campinois responsable de ce 45trs. Deux pistes : « Lucid dream » et « Where nobody knows my name » qui trempent dans une forme de néo psychédélisme réminiscent de Spiritualized. Surtout à cause de cette rythmique métronomique et des accès de gratte spatiaux. Encore que les harmonies vocales réverbérées, sinusoïdales, s’inspirent manifestement des Beatles circa « Magical Mystery tour ». Difficile d’en dire davantage. Lors de la sortie d’un Ep ou d’un premier album, l’analyse devrait être plus pertinente…




Stray Dogs (Belgium)

Wasteland

Écrit par

Stray Dogs est le projet d’un duo de producteurs belges réunissant Koenraad Ecker et Frederik Meulyzer. Leur expression sonore s’inspire de l’électronique, du dub ainsi que de la musique contemporaine classique et expérimentale. Pour y parvenir, ils se servent de machines et de synthés analogiques, mais également d’un violoncelle, de la guitare acoustique et électrique, ainsi que d’un éventail particulièrement large de percus. Sans oublier quelques vocaux torturés. Des sessions qui se sont déroulées au sein d’une église désacralisée à Anvers. La presse (très) spécialisée estime qu’elle pratique du drumming rituel (NDR : pourquoi pas ?) Ténébreux, les morceaux de ce disque baignent forcément au sein d’un climat indus, notamment à cause de la désintégration des orchestrations. Propices à la méditation, ils ne s’adressent pas au mélomane lambda. Même les inconditionnels d’Einstürzende Neubauten risquent la prise de tête…

Et pour être complet, sachez que Legoman a apporté sa collaboration à une performance audiovisuelle de l’LP.

 

Cédric Gervy

Sans langue de bois…

Écrit par

C’est dans le cadre verdoyant du LaSemo que Cédric Gervy a accordé une interview à Musiczine. Un personnage particulièrement humain, disponible et d’une sincérité à toute épreuve. Sans langue de bois, il se livre au jeu des questions/réponses pour notre plus grand bonheur.

Les thèmes de tes chansons sont souvent dénués de tout stéréotypes et bien éloignés de ce fameux ‘compromis à la Belge’. N’est-il pas trop difficile de s’exprimer sous cette forme, où tout doit être politiquement correct ?

C’est une très bonne question ! Effectivement, je crains que mon discours puisse écorcher certaines âmes susceptibles. J’aborde des sujets qui peuvent effectivement parfois heurter la sensibilité des uns et des autres. La religion est un bon exemple ! L’exercice de style consiste à oser exprimer des propos virulents sur un ton sympathique. Je ne tiens pas à me mettre à dos qui que ce soit. Et ne suis pas davantage un donneur de leçons. On peut me contredire. Je n’ai pas la prétention d’avoir raison sur tout ! Au final, mes textes reflètent assez bien ce que je suis.

Te considères-tu comme un chanteur engagé ?

C’est une formule un peu bizarre parce que j’ai l’impression qu’elle renvoie aux manifestations socialistes. A mes débuts, mes textes n’étaient pas du tout engagés ! Ils se contentaient d’aligner des jeux de mots ‘en rafale’. A l’image de ce que peut proposer Sttellla. J’alterne des sujets légers et puis contestataires. Un artiste comme Renaud m’influence pas mal ! Je ne manifeste pas, mais les chansons me permettent, il est vrai, de mettre en exergue les travers de la société.

Comment appréhender tes albums ? Comme une récréation, une blague potache ou un cri du cœur ?

Il n’existe pas, à vrai dire, de grosse production autour de mes disques. C’est du ‘fait maison’. Ils sont réalisés chez des amis et les arrangements ne nécessitent pas la location d’un studio pendant plusieurs semaines. Lorsque les pistes sont pressées, je suis soulagé ! Il y a évidemment du potache. Lorsque j’ai enregistré cet album, le 22 novembre 2013, j’avais une opinion particulière sur un tas de choses. Sur scène, je risque de nuancer le propos en fonction des fluctuations de l’actualité. Certaines thématiques doivent être réactualisées parce qu’elles sont tout simplement devenues obsolètes ou sans intérêt.

Les textes abordent très souvent des sujets négatifs comme la crise, le divorce, l’addiction au jeu, … Combien en as-tu rédigés de positifs ?

Figure-toi que ma petite femme m’a dit un jour d’écrire des textes positifs ! J’ai donc accompli le chemin inverse en compilant un journal de bonnes nouvelles. Aujourd’hui, le concert débutera dans ce climat ! J’y aborde tout ce dont j’ai envie ! Il s’agit d’une pure utopie, j’en suis conscient. Et lorsqu’on l’écoute, on se rend compte que la vie serait bien plus agréable, si ces idées pouvaient se concrétiser… Ces textes ne sont pas les plus faciles à écrire ; surtout, si mentalement, tu n’es pas dans cette dynamique. Certains chanteurs y parviennent ! Mon créneau est de pointer du doigt les travers de la vie, en y ajoutant une pointe d’humour. J’aime aussi développer des thèmes plus abstraits. La Playstation, par exemple ! Je n’y aborde pas l’addiction aux jeux, mais cette compo est un tremplin à calembours. Parfois, je suis plus ‘terre à terre’. Ainsi, celui du divorce me plaît parce qu’il est universel. Il touche tellement de monde aujourd’hui. Ce qui est intéressant dans ce métier, c’est cette faculté dont on dispose pour émouvoir, puis déclencher le rire l’instant d’après.

Comment se déroule le processus d’écriture ? Pars-tu d’un sujet en particulier ou préfères-tu noter en vrac toutes les idées qui te passent par la tête pour les réunir ensuite dans un but précis ?

Le processus varie ! Parfois, j’ai une idée claire et le texte s’articule autour de celle-ci. J’y travaille constamment jusqu’à l’obtention d’un produit fini. Quelquefois, des tas de petites idées me traversent l’esprit. Je les note et lorsque j’ai suffisamment de matière, je compose une chanson. La question est de savoir si les gens ont besoin d’entendre dans une seule et même chanson, une thématique précise ou une kyrielle d’informations tous azimuts… Ont-il envie d’un morceau qui se consacre exclusivement aux problèmes rencontrés par la Grèce ? Sur le fric dans le foot ? Je pense qu’il vaut mieux en parler une fois ou deux et puis passer à autre chose, le message en sera d’autant mieux compris.

Les fans insulaires ont certainement remarqué que tu adaptes le titre « Bonne année quand même », en fonction de l’actualité. Lors d’un spectacle, tu as ajouté, entre autres trouvailles : ‘Paraît que même en Tunisie, dans les musées, on s’éclate’. Ce n’est pas un peu audacieux ?

Il serait évidemment malsain de le chanter devant une victime de ces horribles événements ! Charlie Hebdo est un bon exemple. Pendant vingt-quatre heures, on a subi l’onde de choc. Tout le monde a broyé du noir. On ne voyait que du sang. Et puis, les premières blagues sont apparues. Je crois qu’un sujet, même grave, doit continuer d’exister. Il suffit de lui donner la dose d’humour nécessaire pour que la pilule passe mieux. Sinon, on ne pourra plus parler de rien ! Le monde va déjà tellement mal, vu tout ce qui s’y passe. Aussi, si tu restes dans le noir, on te vend la corde afin de t’y pendre ! Je me souviens d’un jour où j’interprétais un texte abordant la religion. Une vieille dame est venue me sermonner arguant du fait que je n’avais rien compris. Je me suis excusé de l’avoir choquée, tout en assumant parfaitement mes propos, d’autant plus que les personnes qui m’entouraient, abondaient dans mon sens. Tu ne peux pas le changer en fonction du public cible. Je n’aime ni les compromis, ni la langue de bois. Donc, je dis les choses telles que je les perçois. Si mes propos ne plaisent pas, les censeurs sont libres de penser ce qu’ils veulent.

A propos, combien de versions existe-t-il de cette chanson ?

Depuis qu’elle a été créée, il doit y avoir, à mon avis, approximativement 180 ! Je ne la modifie évidemment pas complètement, à chaque concert. Seulement quelques phrases en fonction de l’actualité du moment. Le reste est pertinent et doit, de facto, le rester ! Prends un gars comme Jean-Luc Delarue. J’en parle sur ce morceau. Aujourd’hui encore, tout le monde s’en souvient ! Ce gars était un ‘golden boy’ à qui tout a réussi. Puis, quasi du jour au lendemain, il meurt à la suite de sa consommation de saloperies.

Si tu devais en interpréter là une, à brûle-pourpoint, quels sont les éléments sur lesquels tu insisterais ?

Aujourd’hui est une journée particulière ! Je suis hyper content d’être ici ! Je connais plein de monde. Tout est mis en œuvre afin que chacun soit installé dans les meilleures conditions qui soient. Je suis sur un nuage rose en quelque sorte. Si je devais en composer une, là maintenant, elle serait forcément positive. Mais, spontanément, rien ne me vient en tête.

Exerces-tu une autocensure dans ton écriture ?

Oui, évidemment ! Dans un texte, j’avais glissé ‘Fils de pute !’. Mais, cette expression est tellement moche que je l’ai remplacée par « Fils de P*** ! ».

Un blanc a substitué le mot…

Je n’aime pas l’idée que quelqu’un puisse se sentir blessé par ce genre de propos ! C’est la raison pour laquelle, j’essaie, dans la mesure du possible, de faire très attention à ce que je dis. Je ne supporterais pas qu’un enfant de dix ans écoute des grossièretés ! Tu sais, j’ai parfois assisté à des concerts de rap ; et j’ai été effaré par le verbiage… J’appartiens à cette catégorie de gens qui restent convaincus que l’on peut faire passer des idées revendicatives sans pour autant avoir recours aux insultes… Ce sont les fautes d’orthographe de la langue en quelque sorte !

Lorsqu’on écoute « Putain, j’ai failli être connu », on a l’impression que le star-système t’effraie alors qu’il fait partie du jeu finalement ?

Ce n’est pas qu’il m’effraie… A ma toute petite échelle, j’ai écumé certaines grosses scènes lorsque j’étais en formule groupe. Je me suis rendu compte, assez rapidement, que le côté surfait du métier ne me convenait pas. Je préfère, de loin, côtoyer la population et me payer une pita dégueulasse à l’aide de mes propres deniers, plutôt que de m’isoler et de prendre le repas qui est offert aux artistes par l’organisateur. Certains ont besoin de ce service. Moi pas ! Dans ce métier, on est également confronté à l’aspect ‘langue de pute’. Comme dans la publicité, la télévision ou encore le journalisme d’ailleurs. Je ne suis pas chanteur professionnel ! Mais professeur dans le secondaire. Il faut relativiser ! Ce sont des attitudes qui ne me plaisaient pas tellement et je pense ne pas avoir les épaules suffisamment larges pour supporter ce fardeau. J’aime mon approche artisanale ! Je n’ai pas besoin de roadies pour transporter mon matos. Se produire seul te préserve de tout cette logistique ; tu ne stresses pas, parce l’ingé son est en retard, etc. Ce sont des événements que j’ai vécus, à l’époque, dans le groupe… Un jour, j’ai tout arrêté parce que je voulais redevenir moi, c'est-à-dire un gars dans une formule épurée où je me sentais bien… Les compliments me sont directement destinés et dès que quelque chose ne va pas, c’est pour ma gueule…

Impossible donc de te revoir sur les planches en formule collective ?

Je m’entends très bien avec mon ancien band ! On s’est revu récemment lors de l’anniversaire de la Maison des Jeunes grâce à laquelle nous avons accompli nos premiers pas. Je joue quand même au sein d’une formation, mais les chansons sont écrites en anglais, sous un format qui n’a absolument rien à voir avec ce que je réalise actuellement. J’aime reprendre ma guitare électrique pour en extraire de petits effets. J’ai changé de direction le jour où les gens qui venaient me voir me confiaient que le son était tellement fort qu’ils ne percevaient même plus les paroles. J’ai donc repris ma gratte acoustique. La musique ne doit pas être que festive ! J’aime également qu’on entende le message véhiculé. La formule solo m’offre beaucoup de liberté : je m’arrête quand je veux, je peux casser une corde sans devoir stopper le concert. Je peux devenir un peu sournois. Je peux changer l’ordre de la set list… Dans une de celles-ci, quand je chante ‘J’y suis allé, j’en suis revenu’, c’est pour dénoncer ces travers. Je ne crache pas dans la soupe non plus ! Je respecte mes anciens collaborateurs. Mais, je me suis senti au bord du gouffre et j’avais trop à perdre en m’y jetant. C’était la porte ouverte aux excès en tout genre. Il y avait sans doute plus de pognon à récolter, mais je n’étais pas taillé pour cette aventure. Je m’en suis rendu compte. D’ailleurs, mon entourage me signalait que je changeais de comportement. Que je commençais à devenir arrogant… et j’ai préféré arrêter avant que la désillusion n’aille trop loin.

Que penses-tu de l’étiquette de ‘chanteur sérieux’, mais ne s’y prenant pas trop ?

Si ce n’est pas chanteur chiant, je veux bien (rire). Quand j’ai commencé on me comparait à  Sttella, Les Gauff’, et quelques autres du genre… Je les adore. J’étais aussi très fan de Renaud. Aujourd’hui, je me produis entre Bénabar et les Wampas. Finalement, c’est une chouette synthèse de mon profil. Je suis capable de proposer des trucs très rock’n’roll, comme les Wampas, puis d’aborder des sujets qui suscitent la réflexion. Si tout le monde s’y retrouve, j’ai tout gagné ! On m’a déjà signifié que je faisais du Krol en chanson. J’estime que c’est un très joli compliment. Le jour où je le rencontre, j’en serai très heureux. 

Penses-tu que ton concept pourrait s’exporter au-delà de nos frontières ou alors doit-on considérer la belgitude comme un concept figé et totalement insoluble ?

Perso, je me sens très belge et je crois avoir un petit côté ‘Renard et les raisins’. Je ne parviens pas à percer en France parce que je n’ai pas la structure adéquate. J’y ai joué à quelques reprises quand même ! A chaque fois, je devais adapter mes chansons. Je ne pouvais pas parler de Michel Daerden, parce qu’il est complètement méconnu là-bas. Je devais le remplacer par un politicien français. Il y a même des mots qu’il fallait changer ! Par exemple, outre-Quiévrain, on ne dit pas ‘torchon’, mais ‘serviette’, en caricaturant à peine. J’ai adoré ce public, car il est très réceptif. Je crois que l’on profite aussi d’un vent favorable qui souffle sur la Belgique, phénomène très bien incarné par Poelvoorde ou Geluck, par exemple. On a passé le cap des bonnes vieilles blagues belges pourries. Mon pays est un vivier de personnalités ! J’adore en parler ; et notamment de celles et ceux qui font l’actualité, comme Bart de Wever... De partager les même avis, car ce entourage à lu les mêmes journaux ou regardé les mêmes infos télévisées que moi ! Encore une fois, je ne suis pas chanteur professionnel et je n’ai pas l’occasion d’écumer, pendant des semaines, baluchon sur le dos, les salles de l’Hexagone. Je le ressens d’ailleurs un peu comme une frustration ! J’adorerais que l’on m’y invite ainsi qu’en Suisse ou au Canada où j’ai déjà participé aux trois Francos, grâce à celles de Spa. C’était une expérience fabuleuse. Mais j’ai été tout aussi heureux de me produire à Angre (NDR : petit village dans les Honnelles) et dans tous ces petits lieux bien sympathiques aussi. C’est mon terreau. Tu y croises des connaissances, des futurs amis, des anciens élèves qui ont bien grandi, … J’aime cette proximité ! C’est la raison pour laquelle je ne travaille avec aucune structure

De qui te sens-tu proche artistiquement ?

J’adore des artistes comme Souchon, Gainsbourg, Brel, Brassens, Renaud, Goldman, … J’aime aussi des artistes belges moins connus et en compagnie desquels j’ai assuré certaines premières parties. Ma culture est plutôt pop/rock, mais aussi métal. On ne l’entend peut-être pas à premier abord, car ma musique a un aspect plutôt ‘boy scout’ ; mais dans les paroles, cette référence est plus perceptible, parce que je m’en inspire. Par contre, je ne m’inscris absolument pas dans la veine de la world music… je ne la maîtrise pas du tout ! En outre, je reste aussi sensible à la scène contemporaine ! Je peux flasher sur une chanson, un texte ou encore une voix ! J’aimais par exemple un gars comme Bashung. Mais, je n’ai pas apprécié l’ensemble de sa carrière. Pareil pour Thiéfaine. On décèle des horreurs chez tout le monde, en fin de compte ! On ne peut pas aimer la totalité de la carrière d’un artiste ou d’un groupe au final… ou alors il n’y a qu’un seul album, ce qui arrive parfois (rires).

La symbolique de la fête nationale belge évoque-t-elle encore un sentiment particulier chez toi ?

A vrai dire, je n’ai pas beaucoup d’estime pour tout ce qui gravite autour de la royauté. C’est beaucoup de pognon et de tensions pour pas grand-chose ! Elle cimente aussi ce combat flamand/wallon. Je me sens très belge. J’adore le plat pays, malgré ses aberrations et contradictions, et jamais je n’irai vivre ailleurs. La Belgique possède un côté surréaliste qui n’existe nulle part ailleurs ! En France, tu ne retrouves pas ce second degré… Je ne suis pas un grand voyageur, donc il est difficile de porter un regard critique sur ce qui se passe dans d’autres contrées… J’espère que cette nation vivra encore longtemps ! J’essaie de la défendre comme je peux et si mes petits concerts parviennent à réveiller certaines consciences, tant mieux ! Je ne participe pas pour autant au Te Deum (rire). Le côté festif du 21 juillet me réjouit, comme la plupart des Belges.

Demandes-tu encore à tes élèves, quels sont ceux issus de parents divorcés ?

Absolument ! Ce qui me permet de mieux les connaître ! Parfois, tu marches sur des œufs, parce que certains enfants ont perdu leurs parents. J’en ai régulièrement en classe ; et lorsque je vois leur visage se décomposer, j’en comprends les raisons… A sein de mon école, les relations vont au-delà du rapport purement scolaire. Certains élèves me font parfois des confidences. J’ai un côté ‘grand frère’ qui me flatte énormément. C’est quasi le seul métier où tu peux avoir ce genre de rapports. Je côtoie des étudiants deux fois plus jeunes que moi. Mes parents n’étaient pas divorcés ! Aujourd’hui, un couple sur trois se sépare ! J’ai presque envie de dire que, dans certaines situations, c’est mieux ! Je connais des couples recomposés qui s’aiment nettement plus que lors de leur relation précédente…

 

Brussels Summer Festival 2015 : mercredi 19 août

C’est par la ‘Mobistar Urban Night’ que le Brussels Summer Festival ouvre sa prestigieuse scène de la Place des Palais, pour cette édition 2015. Il s’agit d’un concept tout à fait neuf, puisque si les artistes hip hop étaient souvent programmés le même jour et au même endroit, dans le passé, il n’était admis qu’aux ‘pass’ 10 jours. Ce sont donc les puristes du hip-hop (NDR : à l’instar de votre serviteur) qui sont satisfaits ; puisque aujourd’hui, la Place des Palais est accessible via un ticket spécifique. Et puis, cette ‘Urban Night’ célèbre la collaboration entre le BSF et Skinfama, tourneur de ce genre musical en Belgique. Au programme, il n’y aura que du rap français : Bigflo & Oli, Disiz et Black M.

C’est à 18h00 que le premier des trois sets débute. Bigflo et Oli sont deux jeunes (22 et 20 ans) frères originaires de Toulouse. Après avoir publié un premier Ep (« Le Trac ») en 2014, ils ont sorti, mai dernier, un premier opus intitulé « La Cour des Grands ». Une première qui a rencontré un certain succès auprès du public. Les deux frangins sont flanqués de leur DJ et d’un musicien alternant le violoncelle et la basse. Si l’affluence n’est pas encore très conséquente, au départ, les deux rappeurs vont néanmoins assurer le show en proposant plusieurs plages de leur premier LP. Une prestation très convaincante au cours de laquelle les deux artistes vont étaler tout leur talent de rappeurs et de musiciens (trompette et synthé) tant au niveau des textes que de leur flow, tout en soignant la proximité avec leur auditoire. Après avoir passé une heure sur les planches, Bigflo & Oli ponctuent leur prestation par les incontournables « Comme d’hab » et « Gangsta », morceau prônant totalement l’inverse ; et l’achèvent par « Nous aussi ». Après avoir récolté un franc succès lors de leurs shows accordés au Couleur Café, Ardentes et Francofolies de Spa, le tandem a confirmé, dans le cadre de ce BSF, qu’il est bien entré dans la ‘Cour des Grands’.

Place donc à Disiz qui a gravé récemment son 10ème elpee solo, « Rap Machine ». Malgré 20 années de carrière dans le milieu du Hip-Hop, son set n’a guère convaincu l’auditoire. Si on peut reprocher au rappeur d’être un peu brouillon, n’interprétant que quelques couplets de chacun de ses morceaux, on ne peut totalement pas lui en vouloir, vu qu’il s’agissait de la 1ère date de sa nouvelle tournée. Même si quelques compos plus festives comme « Bête de Bombe 6 », « Oto Moto », « Auto-dance » ou « Kamikaze » sont parvenus à rebooster quelque peu l’ambiance, ce n’est pas un public conquis à son répertoire que Disiz a trouvé devant lui. Toujours à sa décharge, assez jeune la foule était surtout venue pour assister au show de Black M, la tête d’affiche. Il existe donc un écart important entre la musique proposé par Bigflo & Oli et Black M d’un côté et celle de Disiz de l’autre. On espère le revoir prochainement dans de meilleures conditions.

C’est devant une Place des Palais ‘full’ que le show de Black M (NDR : il milite au sein de Sexion d’Assault) va conclure la première édition de cette ‘Urban Night’. Il dispose d’énormément de moyens pour défendre en ‘live’ son 1er LP solo, « Les Yeux Plus Gros Que Le Monde », paru l’année dernière. Mais de solo il n’en est pas question lors d’un concert de Black M, puisqu’il est accompagné de DJ HCUE, d’Abou Debeing (NDR : membre du label Wati-B), de deux bassistes, d’un batteur et de plusieurs danseurs/danseuses issus du TN Crew (également impliqués chez Wati-B). Il y a donc énormément de monde sur l’estrade. L’image de la pochette du dernier opus de l’artiste est projetée en arrière-plan ; et une série de murs de lumières viennent compléter le décor. Impressionnant ! Tout au long du show, Black M n’aura pas besoin de forcer son talent pour mettre l’ambiance au sein d’un auditoire essentiellement acquis à sa cause. Ses principaux hits, assez nombreux, sont repris par une quasi-majorité des spectateurs, tout comme lors du medley de ses couplets parus sur les deux derniers projets de la Sexion d’Assaut. Fort proche de son public en partageant casquettes à l’effigie du Wati-B et invitant certains aficionados sur les planches, il s’éclipse tout de même un moment, pour laisser un peu d’espace à The Shin Sekaï (Du Wati-B aussi), afin qu’il puisse interpréter quelques uns de ses titres. Au bout d’une heure et demie, Black M annonce qu’il bosse actuellement sur son deuxième long playing studio. Puis fait ses adieux à une assistance belge plus que ravie, sur son plus gros tube, « Sur Ma Route ».  

Cette première de l’‘Urban Night’ est donc une réussite totale pour les organisateurs. La foule est venue en masse, surtout pour Black M ; mais il faut bien l’avouer, cette affluence est également due au beau temps. Néanmoins, il est dommage que lors des festivals, le hip-hop soit souvent isolé des autres styles musicaux. S’y produisent, en général, 3 voire 4 artistes du genre, bien souvent programmés sur un même podium, au cours de la seule journée. Enfin, même si l’affiche était très bonne dans l’ensemble, on peut regretter qu’aucun artiste belge n’y soit invité… Partie remise peut-être pour une future édition !

T.H.

Bigflo & Oli + Disiz + Black M

(Organisation Brussels Summer Festival)

 

 

C'est le septième jour (?!?!?), le ciel est couvert ; néanmoins le temps est clément. C'est l'ouverture de la grande scène, Place des Palais, pour la 'Mobistar Urban Night' (voir ci-dessus). Au Mont des Arts, une régionale de l'étape, Sarah Carlier, est chargée de chauffer l’ambiance. S’y produiront ensuite Rivière Noire et Jali. Dans la Madeleine, une belle affiche nous attend également : Sabino Orsino et Jacques Duvall, Benjamin Schoos, le phénomène canadien Klô Pelgag et en clôture, Soviet Suprem, une formation complètement déjantée issue de l'Hexagone. Une belle soirée en perspective. Il y en aura pour tous les goûts.

Sarah Carlier écume, pour l’instant, de nombreux festivals, en Belgique. Elle y récolte un franc succès. Elle a tout pour elle : la jeunesse, la beauté, le sourire et surtout le talent. Sarah est venue défendre son dernier opus, « SMS ». Un album ‘fait maison' qui recèle de véritables perles. Et elle est soutenue par son paternel, à la guitare.

Le fidèle bassiste, Thierry Rombaux (NDR : il milite également au sein du backing group de BJ Scott), s’installe à gauche du podium, entre Sarah et le batteur. Kofi Sadjo, le claviériste se plante derrière le patriarche. Sarah se réserve, bien sûr, le chant en s’accompagnant à la gratte semi-acoustique. Après avoir adressé un regard complice à son père, placé à sa droite, Sarah empoigne sa six cordes et attaque successivement « Dreams » et « My Counsellor ». Elle se présente juste après avoir interprété ces deux morceaux. En général trempées dans la soul, ses compos ne manquent pas de groove. Une cover de Bob Dylan : « All Along The Watchtower » (« SMS »). Manifestement, les musicos prennent leur pied tout au long de cette reprise. Carlier senior et le drummer s’autorisent même quelques exercices d’impro…

David est membre de Suarez et assure un remplacement. Et derrière ses fûts, il ne se débrouille pas trop mal. « Big Girl » aurait pu figurer au répertoire de Mika. « My Dear » est le moment choisi pour inviter le claviériste a exécuter la traditionnelle danse africaine. Et le joyeux luron ne se fait pas prier pour l’accomplir. Teinté de funk, « Tenderness » est un titre bien soul et plus paisible. Et pourtant, sur les planches, ça déménage. Et le spectacle de s’achever par le titre maître de son dernier elpee, « Save My Soul », une chanson coécrite par Sarah et sa maman.

Elle se produira sans le cadre du festival des Barges, à Scène sur Sambre et au café ‘Le terroir’, à Horrues, le 25 septembre, lors s’un showcase qui s’annonce bien sympathique.

Direction salle de la Madeleine pour le concert de Klô Pelgag, une extra-terrestre de la scène canadienne. Klô est actuellement en phase ascensionnelle. Vu son parcours, elle ne devrait plus longtemps écumer les petites salles. Mais les grandes ! Elle débarque directement de son Québec natal pour ce concert, et elle accuse le coup du décalage horaire. Elle repart ce soir juste après le spectacle, pour Bordeaux. D’ailleurs elle va parcourir en concerts, l'Hexagone de long en large, jusqu'au 18 octobre, avant de repartir pour un nouveau périple, sur sa terre natale, qui s’achèvera en apothéose, à Montréal le 12 décembre de cette année. Un calendrier chargé pour cette artiste. C'est la troisième fois qu’elle joue en Belgique. Elle avait ainsi participé aux 'Vitrines des Francos’, au Théâtre des Découvertes, en 2014.

Sur le podium, Klô est soutenue par Fany Fresard (violon), Lana Tomlin (violon alto), Elyzabeth Burrowes (violoncelle), Philippe Leduc (contrebasse et trombonne) et le drummer Charles Duquette.

Philippe se présente en slip noir, qu’il a enfilé sur des bas roses. La section de cordes (un trio) est coiffée de casquettes. En faisant ses valises, Klô a certainement oublié son squelette, à Montréal. Assise derrière ses claviers, elle s’adresse aux premiers rangs en leur demandant si le public est en cage ou elle, derrière les barreaux. Fou rire général. Son talent allie énergie, folie, audace et créativité. Une fameuse personnalité capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements. Et dans la langue de Voltaire, avec un accent canadien, qui ne manque pas de charme. Elle nous parle de Pierrot le Fou (‘Au Clair de la brume, j'ai pris ta photo’). Paroles qui introduisent « Les Corbeaux », une chanson sombre aux paroles surprenantes. Les cordes constituent un élément majeur dans l’expression sonore de Klô. Tout comme le sens mélodique et les harmonies vocales. A contrario du set accordé à la Rotonde du Botanique, en janvier dernier, ni le batteur, ni le contrebassiste, ne s’autorisent le moindre numéro personnel. Lorsque l’auditoire applaudit, amusée, Mrs Pelgag déclare : 'merci pour les mains'. De la set list, on épinglera surtout « Les maladies Du Coeur », « Comme Des Rames » (une chanson consacrée aux célibataires), « Le Dermatologue», « Nicaragua », « La Fleur Des Fleurs » (un titre qui éveille les consciences au cancer) et « Rayon X ». Nonobstant l’un ou l’autre festivalier sceptique, l’heure de prestation semble avoir plu au nombreux public.

Après le changement de matos, Soviet Suprem va grimper, à son tour, sur l’estrade. Issue d’outre-Quiévrain, ce band nous entraîne dans un ‘balkanican dream’. Les lyrics sont inspirés par les clichés du bolchevisme. Et puis rien que le pseudo des leaders, Sylvester Staline et  John Lenine, vous donnent une idée de leur état d’esprit. Malheureusement, une interview m’attend en coulisses. De retour dans la salle, le combo est encore occupé de mettre le souk ; mais c’est déjà le dernier morceau. Dès lors, difficile d’en dire davantage…

Sarah Carlier + Klô Pelgag

D.D.

(Organisation : Brussels Summer Festival)

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“M3LL155X” se prononce ‘Melissa’ pour FKA Twigs!

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FKA Twigs vient de publier un nouvel Ep. Intitulé « M3LL155X », il propose 5 titres audio et 1 vidéo conceptuelle, en quatre actes, traitant de la douleur, la créativité naissante et la libération sexuelle. Figure notamment dans le casting de cette vidéo, Michèle Lamy. Et pour voir la série de clips, c’est ici 

Tracklisting

01 Figure 8
02 I'm Your Doll
03 In
Time
04 Glass & Patron
05 Mothercreep

 

Ibrahim Maalouf, deux albums, un extrait !

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Ibrahim Maalouf reviendra en septembre avec deux albums très personnels ; ils sortent le le même jour, soit le 25, et rendent hommage aux femmes.

« Red & Black Light » est une ode à la femme contemporaine et à son rôle fondamental dans l’espoir d’un avenir meilleur. Axé sur une esthétique très actuelle, électro, voire pop, cet opus recèle des compositions d'Ibrahim Maalouf et une reprise de Beyoncé.

« Kalthoum », quant à lui, célèbre les femmes qui ont bouleversé le cours de l’histoire, et en particulier une figure emblématique, véritable monument de l’histoire du peuple arabe, Oum Kalthoum. Ibrahim Maalouf y ‘transcrit’ à l’aide du pianiste Frank Woeste, dans un jazz métissé et innovateur, l’un des plus grands succès de la diva égyptienne : « Alf Leila Wa Leila » (« Les Mille et une Nuits »).

https://youtu.be/9vBoRGdn17I

Brussels Summer Festival : lundi 17 août

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Le quatrième jour du BSF, votre serviteur a décidé de le vivre dans la salle de la Madeleine. Et on a tout intérêt à arriver tôt, si on souhaite se réserver une place de choix. Une bonne raison pour débarquer dès l'ouverture des portes. C’est la troisième fois que j’y mets les pieds. Pour une question de sécurité, la capacité de la salle a été limitée à 800 personnes. Le concert est sold out. La présence de Benjamin Clémentine y est certainement pour quelque chose. L’acoustique est excellente, je l’avais déjà signalé. Mais le podium n’est pas suffisamment surélevé. A dix mètres de l’estrade, vous n’y voyez que dalle. Surtout les personnes de petite taille. Faudrait peut-être autoriser les échasses. Car même au fond de la salle, derrière la table de mixage, un endroit que je privilégie régulièrement, c’est pareil. Et pourtant je mesure 1m80 ! Aucun espace spécifique n’est réservé aux photographes. Bien le bonjour pour prendre des clichés intéressants. La ventilation est inexistante. Conclusion, la chaleur ambiante est étouffante. A l’entrée, les détenteurs d’un 'pass' 10 jours doivent patienter plus de 90 minutes, car les tickets 'singles' sont prioritaires. Bref, le mécontentement est général. Il n’est pas possible d’acheter des vouchers dans la salle. S’il vous en manque un, vous êtes invités à aller vous le procurer à ‘Outsiplou les bains de pieds’. Pas la peine d’insister, le règlement, c’est le règlement. Et tant pis pour le festivalier lambda, il n’avait qu’à prévoir… Si vous ne souhaitez pas perdre votre emplacement, vous avez intérêt à y rester. Quitte à crever de soif. Ou alors, abandonnant votre position privilégiée, vous décidez de ne plus rien consommer sur place et de vous ravitailler auprès des commerces de proximité. Bénéfice net tant pour vous que pour le détaillant. Manifestement, un problème d'organisation à résoudre pour le BSF.

Quand je débarque, il y a déjà du monde pour accueillir Celena-Sophia, un duo féminin belge. Mwouais, leur expression sonore ne va pas au-delà de la variété. Leur atout ? La jeunesse ! Mais il faut reconnaître qu’elles ont encore du pain sur la planche, avant d’atteindre le niveau d’Alice On The Roof. Après quelques titres, je préfère m’éclipser. Pour aller me procurer une boisson rafraîchissante. Notamment !

Changement radical de style et de style en compagnie de Kris Dane. Il a déjà pas mal roulé sa bosse. En 1990, il intègre dEUS, comme batteur et pianiste. Il n’a alors que 17 printemps. Et en 2004, il rejoint Ghinzu pour se consacrer à la guitare. Il s’était produit en supporting act de Melody Gardot au Cirque Royal, il y a quelques mois ; et seul, armé de sa gratte acoustique, j'avais été séduit par la prestation de ce cow-boy des temps modernes. Kris est un véritable songwriter dans la lignée des Johnny Cash, Bob Dylan, Neil Young, Léonard Cohen et Tom Waits. Il marche sur les traces de Tom Van Laer (Admiral Freebee), mais dans son propre style.

Aujourd’hui, il se produit en mode électrique. Il a cependant fallu jouer des coudes pour approcher le podium. Surprise, juste à ma gauche, GrandGeorge est venu prendre la température des lieux. Il y joue dans 2 jours. Très sympa ce gars.

Le dernier elpee de Kris, « Rose Of Jericho est paru en 2014. Il boucle ainsi une trilogie entamée par « Songs Of Crime And Passion » et poursuivie par « Rise And Down Of The Black Stallion ». Ce troisième opus a été enregistré à New York, sous la houlette de Chris Elliot, à qui l'on doit les arrangements de cordes pour le long playing « Back To Black », d'Amy Winehouse.

La voix de Kris est puissante, adaptée au blues. Grave, elle me fait penser tour à tour à Springsteen ou à Léonard Cohen. Le drummer s’est installé à l'extrême gauche. Et juste à côté de lui, le bassiste. Chris est planté à l’avant-plan. A sa droite, il y a une choriste et une section de cordes réunissant un violoniste et un violoncelliste. Deux barbus coiffés d’une casquette.  

Il y a du brouhaha dans la salle. Ce qui incommode et même agace Kris. Discrètement, il fait comprendre que ce bruit le déconcentre et qu’il aimerait le silence. Si tu es exclusivement venu applaudir Clémentine, tu fais l'impasse et laisses les mélomanes apprécier. Dane n’est pas venu mettre l’ambiance avant la prestation de la tête d’affiche. Sa musique est douce et intimiste. Elle nécessite le respect et le recueillement. Un peu dans l’esprit de Milow. Pas mal de cow-boys rêvent de grandes plaines qui s’étendraient au Nord de la Belgique… « Golden Rain » est une compo extraite du dernier LP. Elle sera interprétée à deux reprises. Personne n’en redemande, mais on apprécie. Et finalement, grâce au concours des instruments à cordes, le concert est remarquable. Manifestement, cet artiste est pétri de talent…

Benjamin Clémentine avait marqué les esprits au cours de l'émission diffusée sur la BBC, ‘Later With Jools Holland’. Il est un peu considéré comme un extra-terrestre sur la scène britannique. A cause de sa voix et de son physique. Et puis de l’univers sonore énigmatique qu’il parvient à créer, en puisant aussi bien dans le blues, le jazz, la soul que le folk. Il a publié un premier album. Intitulé « At Least For Now », je vous le conseille vivement.

Changement de matos. Votre serviteur est parvenu à se glisser à deux mètres du piano (NDR : un yamaha !), derrière lequel Benjamin va siéger. Anglais, cet artiste s’est produit dans la rue et le métro parisien avant qu’on ne lui tende une perche. Aujourd’hui, il déchaîne les passions. Sensible au moindre bruit susceptible de le perturber, il est littéralement hanté par sa musique qu’il vit intensément. Son piano a queue est peu éclairé ; de quoi ajouter au mystère. Il s’est installé de profil. On pourrait presque lui toucher le dos. Il joue pieds nus.

Il entame son set en solo, par « This Hand » et  « Cornerstone  ». Son long pardessus bleu allonge sa silhouette, la fumée qui l'enveloppe le rend un peu surnaturel ; mais déjà, sa voix est envoûtante. Tour à tour tendre ou sauvage, elle vous flanque des frissons partout. Sa capacité à franchir les octaves est impressionnante. Ses doigts parcourent instinctivement les ivoires. Après ces deux morceaux, vous êtes déjà sur les genoux alors que vous suffoquez dans votre boîte à sardines, sans huile ! Trois musicos sont venus le rejoindre : un drummer, un claviériste et une violoncelliste. Et ils sont talentueux.

Vu la chaleur ambiante, je commence à souffrir de crampes. Désolé, mais je dois prendre l’air. Et après avoir prix une bonne bouffée d’oxygène, je reviens dans la fournaise. Moment au cours duquel il a entamé son « Condolence  ». Les ivoires et sa voix vous transportent dans  une autre dimension. Les titres défilent et vous laissent pantois. Avant que ce concert d’anthologie ne s’achève par « The Times »…

Il revient à l'Ancienne Belgique ce 9 décembre. A bon entendeur…

Benjamin Clémentine + Kris Dane + Celena-Sophia

(Organisation : Brussels Summer Festival)

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Sziget Festival 2015 : dimanche 16 août

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Dernier jour pour profiter de l’ambiance de ce festival hors du commun. Il y a même un salon de piercing et de tatouage sur l’île. Peu scrupuleux, certains tatoueurs dessinent des ‘Sziget 2015’ à la chaîne (true story !)
Avant de commencer le marathon concerts de la journée, détour par la ‘Design Zone’. On peut y admirer des défilés de mode mais aussi rencontrer des artistes hongrois qui exposent leurs créations dans un mini-village de la mode.

Il n’est pas encore 18 heures, et je me dirige doucement vers la Main Stage pour assister au concert de Rudimental. C’est une véritable bande de copains qui débarque sur l’estrade. Le line up réunit un véritable collectif (batterie, guitare, saxophone, trompette, DJ…), des chanteurs et choristes! On en prend plein les yeux et les oreilles. Une véritable performance ‘live’. Ce qui rend leurs tubes (« Feel The Love », « Waiting All Night »,…) beaucoup plus authentiques. Ils dégagent tous une énergie contagieuse. Une belle façon de démarrer la journée…

Il faut faire la file pour le spectacle ‘Fuerza Bruta’, show théâtral qui a déjà parcouru le monde. Ils n’accordent que quatre représentations par jour et c’est toujours la cohue pour y entrer. Manque de chance, la séance pour laquelle nous avons patienté est annulée ! Impossible donc d’en dire plus…

Le temps de trouver de quoi manger, nous allons attendre le début de Fauve. Une fois de plus, c’est un concert franco-français. Le public entonne même trois fois « La Marseillaise » avant l’arrivée du groupe. On peut déjà apercevoir sur le podium, des tas de vieilles télévisions qui serviront de décor. Elles sont disséminées parmi les instruments. Fauve entame son set par « Sous les arcades ». Ici encore, c’est un groupe qui déborde d’énergie. Tant les musiciens que le chanteur sautent dans tous les sens du début à la fin. A la fin de leur premier morceau, ils commencent à se présenter en anglais, expliquant que c’est la première fois qu’ils jouent devant un public qui n’est pas issu de la Francophonie (s’ils savaient…) C’est à ce moment qu’un fort contingent de personnes commence à crier ‘en français !’ Vraiment honteux ! La formation réalise vite que les non francophones sont en très petite minorité. Ils continuent de jouer quelques chansons. Les paroles sont toujours aussi fortes mais l’interprétation ‘live’ laisse beaucoup plus de place aux mélodies et aux instruments que dans leurs albums. Une fois de plus, le vocaliste prend la parole pour demander à la foule ‘Qui ne parle pas français ?’ Quelques personnes lui répondent. Ils sont sincèrement touchés par la présence d’un public hétéroclite et international. Ce qui est impressionnant chez Fauve c’est leur ‘normalitude’. Les musicos sont émus et impressionnés par leur propre succès, c’est vraiment touchant. Un véritable coup de cœur. Le concert continue toujours sur le même schéma : musique énergique, paroles émouvantes et décor superbe.

On quitte Fauve avant la fin pour arriver à temps au fameux ‘End Show’ de Martin Garrix. Le très jeune (19 ans) Hollandais débarque seul sur cette immense scène. Toujours très humble, il n’hésite pas à remercier le public en expliquant qu’être au Sziget pour lui ‘c’est la concrétisation d’un rêve’. On se demande bien à quoi on peut s’attendre pour ce final dont les organisateurs ont déjà vanté les mérites. Après un gros quart d’heure, 20 000 bâtons lumineux sont distribués. Le résultat, comme vous pouvez l’imaginer, est absolument magique. On ne sait déjà plus où donner de la tête. Martin Garrix, comme Avicii et Major Lazer avant lui, va faire danser les festivaliers au son de tous les tubes entendus cette année avant d’attaquer son incontournable « Animals ». Il annonce bientôt la fin de sa performance et sa dernière chanson est rythmée par… un immense feu d’artifice ! Un final grandiose et magnifique. Tout le monde continue de danser la tête levée vers le ciel pour admirer le spectacle.

Une fois terminé, la foule commence à se disperser. Il ne faut pas dix minutes avant que la pluie ne commence à tomber. A croire que les éléments attendaient la fin du spectacle eux aussi… Bien sûr il en faudra plus pour décourager les festivaliers en ce dernier jour, mais malheureusement, la fête va prendre fin plus vite que prévu. Ce n’est en effet pas que de la pluie mais un violent orage qui se prépare. Les éclairs commencent à se multiplier, déchirant la nuit juste au dessus de nos yeux. Le vent se lève et c’est littéralement le ciel qui nous tombe sur la tête. La Main Stage est digne d’une vision d’apocalypse : les gobelets vides volent au vent, tout le monde court dans tous les sens. Le pire ; c’est que les immenses panneaux qui, durant une semaine, ont affiché des images de fête diffusent maintenant des signaux ‘attention orage’. En outre, ils commencent à bouger dangereusement face au vent. Evidemment, la seule issue possible de l’île est le pont de l’entrée principale. Jusqu’aux campings et à cette sortie, c’est l’embouteillage permanent. Le temps se calme une première fois pour reprendre de plus belle une demi-heure plus tard. Les organisateurs ont dû prévoir le coup car des messages sont diffusés via les baffles proches des grands axes annonçant, dans toutes les langues, que le programme risque d’être fortement perturbé et demandent aux festivaliers de rester prudents.

C’est soulagée que j’arrive à m’extirper de la foule pour rentrer péniblement jusqu’au centre-ville. On apprendra ce lundi après-midi qu’un campeur (dans une zone non délimitée) est malheureusement décédé écrasé par un arbre durant la nuit. Une triste fin pour cette semaine passée au paradis. 

Mais n’en oublions pas tous les bons moments pour autant. Attendez donc l’‘aftermovie’ qui, comme d’habitude, fera rêver le monde entier. Il s’agit d’une expérience et d’un lieu unique au monde. Sachez que l’île fait aussi fantasmer les artistes et on le voit : ils se donnent tous à 200%. Alors si l’envie vous prend de vous rendre au fabuleux Sziget, n’hésitez plus et emmenez quelques amis à Budapest en août prochain ; croyez-moi vous ne serez pas déçus.

(Organisation Sziget)

Brussels Summer Festival 2015 : dimanche 16 août

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C’est la quatrième journée du Brussels Summer Festival, plus communément baptisé BSF. Y en a marre de la flotte ! (NDR : marre… de la flotte…) Direction Mont Des Arts pour assister au set d’un groupe belge, Gonzo. Une formation née en Wallifornie profonde.

Chez Gonzo, il n’y a pas de leader, mais cinq zigotos capables de mettre une super ambiance, tout en vous incitant à remuer le popotin et les gambettes. Le line up implique un géant répondant au prénom de Baptiste. Lalieu. Sans Jean. Aka Saule, il se produit, en général, avec ou sans les Pleureurs. La tête bien sur les épaules, la langue pas toujours en poche, il est issu de la Cité du Doudou. Charlie est son meilleur pote. Il chante dans la langue de Voltaire ou de Shakespeare. Il se consacre aussi bien à la gratte électrique qu’acoustique. Les deux amis s’étaient partagé l’interprétation de « Dusty Man ».

Les quatre autres acolytes ne sont pas pour autant des inconnus. Vincent Lontie (NDR : évadé des Bikinians et de Fùgù Mango, il prépare un nouveau projet), Geoffrey Heyne (AMute), Simon Beriaux (Hibou, Le Yeti, Claire Louise) et enfin Nicolas Vandeweyer (Eleven). Trois membres du line up participent aux vocaux. Quand ils chantent en harmonie, ils y mettent tout leur cœur. Et la bonne humeur manifestée par le combo est communicative.  

Place donc au Muppet Show. Enfin pas tout à fait, puisque Peggy et Annie Sue ne se chargent pas des chœurs, Kermit pas davantage des cuivres et Animal ne siège pas davantage derrière les fûts. M’enfin, l’atmosphère est comparable. Gonzo est venu défendre son Ep 5 titres.

« Galaxy Gonzo » ouvre le show. Les 4/5 du band font face au drummer, avant de revenir au bord de l’estrade, en ligne. Les musicos se lâchent. Energique, leur rock est susceptible de se colorer de punk, de ska, de garage, de grunge, de hip hop, de country (NDR : à la sauce Lalieu) et de pop, mais aussi d’adopter des rythmes africains. « Clean » est hanté par les Ramones. Une envie irrésistible de vous remuer les fesses et le bas des reins vous envahit. Après « In My Shop », le combo adresse un clin d’œil aux States en attaquant « Lump », une habile reprise de The Presidents Of The USA. C’est du punk à la sauce belge. D’ailleurs Baptiste précise qu’il s’agit de la fête aux nineties. Et rappelle même à l’ordre les festivaliers un peu mous du genou, qui glandent, en préparant leur joint… Manifestement, il n’a rien perdu de sa verve.

Il empoigne sa sèche et entame « Shake », un morceau sculpté dans le bluegrass. Une longue farandole se forme et Mr. Bio prend un malin plaisir à la faire changer régulièrement de direction. C’est le moment –judicieux– choisi par un sixième larron pour apporter son concours au violon.

Place ensuite à « Girls », une chanson destinée aux meufs. Elles sont invitées sur l’estrade pour jouer aux pom-pom girls. Il y en a de tous les âges : des jeunes, des vieilles, des jolies, des minces, des potelées, etc. Hilarant ! Grimper sur le podium était finalement facile, en redescendre –pour certaines– sera une autre paire de manches. On se croirait à la 'Fête de la Bière de Jurbise'. Mais celle réservée aux mecs, « Gay », plaît beaucoup moins aux mâles…

Une reprise de Rage Against The Machine : « Killing In The Name ». Geoffrey, le drummer, est sollicité pour chanter « Mr Woodman ». Timide, tergiverse quelque peu avant de se décider à se consacrer au micro. Il emprunte les lunettes de Vincent et entame son show. La dérision est au pouvoir. A cet égard, il faut reconnaître que la formation prend son pied. L’auditoire aussi.

« Loosers » achève le set. Vincent prend un bain de foule suivi par Baptiste. Gonzo a écumé la plupart des festivals d'étés. Et ce n'est pas fini. Il se produira à Namur, dans le cadre du Festival des Libertés et lors des Nuits du Soir, aussi bien au Botanique qu’à l'Alhambra. Un album est en préparation.

Nicola Testa est programmé à La Madeleine. Dans la salle, la chaleur est insupportable. Il y a trop de monde. Et puis, je le revois dans une semaine, dans de meilleures conditions. Pas trop en forme je préfère m’éclipser et rentrer au bercail… 

Gonzo + Nicola Testa

(Organisation : Brussels Summer Festival)

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Confus, Lemmy confond Overkill avec Ace of Spades

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Le 26 juin dernier, Motörhead était sur scène en Angleterre, à l’occasion du Glastonbury Festival. Après une heure de show, le set prend petit à petit fin et les musiciens lancent leur mythique morceau de fermeture ‘Overkill’… à l’exception de Lemmy qui se met à continuer à chanter les lyrics du précédent titre, ‘The Ace of Spades’. Il faudra attendre quelques minutes pour que le vocaliste se rende compte qu’il s’est planté et qu’il se remette à chanter, comme si de rien n’était, les paroles correctes du morceau (visible en vidéo en cliquant ici ).

« Ca a été comme un blocage mental », expliquera-t-il plus tard au journal anglais The Guardian. « J’ai chanté ces morceaux tellement de fois… Cela m’était déjà arrivé à notre dernier concert (NDR : le 23 juin, au Luxembourg). C’était terrible et je m’étais juré de ne plus jamais le refaire… et cela m’est à nouveau arrivé », conclut-il.

 Il n’est devenu un secret pour personne que Lemmy Killmister n’est malheureusement plus que l’ombre de lui-même depuis 2013, année où il a dû subir une opération du cœur. S’en sont suivis des problèmes d’hématomes ainsi qu'au niveau gastrique, ayant obligé le band à annuler plusieurs tournées au cours de ces deux dernières années. Résolument moins porté sur la cigarette (il ne serait plus qu’à un paquet par semaine), il a également trouvé une "alternative" au niveau de la boisson afin de tempérer ses problèmes de diabète : la Vodka orange remplace désormais le Jack Coca… « Je préfère le jus d’orange à présent… le Coca peut aller se faire voir ! », a-t-il précisé. L’homme fort de Motörhead a également insisté sur le fait qu’il ne quittera pas la scène tant qu’il pourra encore s'y traîner sans béquilles. « Et puis même si je dois m'en servir, je viendrai encore. Je suis apparemment indestructible », a-t-il conclu.

Quoi qu’il en soit, le trio sortira le 28 août prochain son 22ème album studio, intitulé « Bad Magic ».

Sziget Festival 2015 : samedi 15 août

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Le Sziget existe depuis 1993. Dès sa création, il a pris place dans un cadre pour le moins exceptionnel : une île au milieu du Danube. Celle d’Obuda, située à quelques centaines de mètres seulement du fameux parlement hongrois et des imposants ponts qui relient les deux parties de la ville. En plein cœur de Budapest, donc !
Au fur et à mesure des années, l’évènement est devenu incontournable. ‘L’île de la Liberté’ a accueilli l’an dernier pas moins de 415 000 festivaliers. Il est même considéré comme le plus grand festival d’Europe. Pour son édition 2014, il a décroché, une fois de plus, le titre de ‘Meilleur Grand Festival Européen’, octroyé par les ‘Festival Awards’ aux Pays-Bas.

Samedi 15 août. La journée commence par une rencontre avec le groupe Lohaus, dont je vous ai déjà parlé hier. Il s’agit de Thomas, Dries et Emiel, qui ont respectivement 22, 20 et 21 ans. Tous trois originaires de Geel, ils ont fondé Lohaus il y a seulement un an et ont gagné, face à une myriade d’autres groupes, un concours leur permettant d’accéder à l’‘Europe Stage’ du Sziget, scène qui souhaite promouvoir des jeunes musiciens venus de toute l’Europe. En cette période de seconde session d’examens, c’est à trois qu’ils ont pris la route de Budapest en emportant tout leur matériel pour vivre leur premier concert à l’étranger. Une véritable aventure pour les trois amis qui ont évidemment bien fêté l’événement après leur show. Tous très chaleureux, ils sont conscients de la chance qu’ils ont eu et espèrent que cette opportunité leur ouvrira d’autres portes à l’avenir. Pour décrire leur musique on pourrait dire : expérimentale et sensorielle. Selon eux, leur public est plutôt ‘urbain et nocturne’. C’est ensemble qu’ils composent leurs morceaux. Malheureusement, un seul de leurs titres est disponible sur Internet, « Overwhelm », déjà écouté presque 30 000 fois. Problème qu’ils comptent résoudre rapidement, et au plus tard l’année prochaine, afin de se faire connaître un peu plus facilement. Il vous faudra donc aller les voir lors d’un de leurs nombreux ‘live’ si vous voulez découvrir leurs productions ou espérer qu’un autre festival leur donne une chance de se produire en Belgique, l’an prochain. Une belle découverte tant sur le plan humain que musical.

Il est l’heure maintenant d’aller voir un des groupes les plus attendus du week-end : Major Lazer. Le collectif arrive sur le podium mené par son leader et célèbre producteur : Diplo. Walsh Fire et Jillionaire l’accompagnent. Les trois sont à tour de rôle DJ ou MC’s. Ils sont soutenus par quatre danseuses. Il ne faut pas trente secondes avant que l’un d’eux ne se jette dans la foule, encouragé par les autres membres. Suite à quoi, ils distribuent goodies, t-shirts, faux billets et j’en passe. Il est difficile de décrire cette heure trente passée en leur compagnie. Car en effet, il faut ici parler de show et non de concert. Un show à l’américaine. Les danseuses légèrement vêtues (et c’est un euphémisme) se pavanent durant cinq minutes seules sur l’estrade et ce durant chaque morceau. Quand les trois MC’s/DJ sont de la partie, ils font danser et chanter le public pendant qu’ils se donnent eux aussi en spectacle. Diplo va, par exemple, se jeter dans la foule, enfermé dans une bulle géante. Les moments au cours desquels ils ont passé leurs propres morceaux (« Lean On », « Watch Out For This », « Powerful » ou encore « Get Free ») son rares, et quand ils sont interprétés, ce n’est pas dans leur intégralité. Le reste du temps, la prestation s’est avérée vraiment chaotique. Un peu comme si c’était un ‘mashup’ de tous les hits de l’année. Sur le coup, la prestation de ce collectif, que j’attendais impatiemment, m’a déçue. Au final, elle a permis de comprendre que leurs albums studio étaient totalement différents de ce ‘live’ qu’il faut voir, à mon humble avis, comme un spectacle et non un moment musical.

C’est au tour de Kings of Leon de prendre place pour leur premier Sziget. Le groupe de rock composé de frères et d’un cousin ensorcelle rapidement la plaine et la voix du chanteur, reconnaissable entre mille, résonne dans toutes les têtes. Leurs morceaux sont plutôt calmes et mélancoliques. La foule est très détendue, comparée à tous les autres soirs.

Direction ensuite vers le ‘Colosseum’, un podium difficile à rejoindre, en cette fin de soirée, vu le monde présent sur le site. Comme hier, la journée est sold out ; on compte donc 90 000 personnes sur l’île. Mais notre patience a été récompensée par le caractère extraordinaire de cette scène. Il s’agit, comme son nom l’indique, d’une version miniature du Colisée, réalisé tout en palettes de bois. C’est magique ! Une petite tente abrite les platines au centre de l’arène. Nous profitons du décor en écoutant la fin de Sikztah, responsable d’une techno hongroise. Avant l’arrivée de Vitalic, ce sont tous les Français exilés au Sziget qui débarquent au Colosseum. Tout le monde ou presque parle la langue de Molière ; et nombreux sont ceux qui ont emporté le drapeau tricolore.

Juste le temps pour le Hongrois de prendre congé de l’auditoire et c’est Vitalic qui prend le contrôle de l’arène pour un ‘live’ mémorable. Et l’heure passée en sa compagnie a vraiment été chouette. La qualité du son est pour le moins exceptionnelle. En effet, une fois à l’intérieur, les baffles propulsent le son tous azimuts et vous vous retrouvez encerclé par sa musique. Le point négatif ? Si vous n’êtes pas prêts à braver la foule pour vous retrouver à l’intérieur du cercle, vous n’entendez que très mal à l’extérieur. Tout le monde danse collé/serré au rythme de l’électro. Une heure plus  tard, c’est déjà fini malheureusement. On reste sur sa faim !

Nero va jouer sous l’énorme tente de l’‘A38’. Pour la circonstance, elle est bondée. Les deux DJ apparaissent perchés à deux mètres de haut derrière un énorme mur lumineux. Dès le début, leur chanteuse Alana Watson se place devant ce mur, éclairée par un projecteur. Elle est tout de blanc vêtue, et rejoint le duo, chaque fois qu’elle pose sa voix sur un morceau. Il est très surprenant de la voir danser et chanter, habillée comme une diva blonde platine accompagnant les morceaux dubstep du tandem. Après avoir entendu « Promises », marquant la fin de la première moitié du set, je décide de m’éclipser…

Une bonne nuit de sommeil est nécessaire pour s’attaquer dignement à la dernière journée de festival ce dimanche.

(Organisation Sziget)

 

 

 

Brussels Summer Festival 2015 : samedi 15 août

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L’édition 2015 du BSF en est à son deuxième jour. Et il tombe des hallebardes. En outre, vu l’aménagement du nouveau piétonnier, le stationnement est devenu un cauchemar. Les concerts se déroulent à deux endroits différents. La Madeleine accueille Sonnfjord, Natas Love You, Mud Flow ; et le Mont des Arts, Elvis Black Stars, Moriarty, Cats On Trees. Victime d’un petit refroidissement et vu le temps, votre serviteur opte pour La Madeleine.
Cette salle a remplacé le Magic Mirrors, dont la capacité était limitée à 300 âmes. Il s’agit d’un ancien casino réaménagé. Encore que fin des 60’s et au cours des années 70, y étaient déjà programmés des spectacles musicaux. Par la suite, elle s’est surtout distinguée par son bal du nouvel an réservé aux fonctionnaires. L’architecture est magnifique et le confort acoustique est impeccable.

Votre serviteur débarque pendant la prestation de Sonnfjord, un combo originaire de Braine-L'Alleud. A sa tête, la vocaliste Maria-Laetitia Mattern. Elle est cependant soutenue par son frère Aurelio (Paon, Lucy Lucy) aux claviers, François de Moffarts (Lucy Lucy) à la basse et au chant, le second gratteur Jérome Van den Bril ainsi que le drummer Fabio Zamagni (Noa Moon).

Il y a déjà bien du peuple qui assiste au spectacle. La formation brabançonne n’est pas du style à mettre le souk, mais propose une musique empreinte de délicatesse. Maria-Laetitia possède une jolie voix (NDR : son timbre est susceptible d’évoquer tour à tour Gabrielle Aplin, Noa Moon, Claire Louise, et lorsqu’il devient un peu plus graveleux, Ann Arbor), et s’applique sur sa sèche. Entre elle et les premiers rangs de l’auditoire le courant passe 5 sur 5.

Le set s’ouvre par « Pocket Love  ». « Seagull » est un extrait du premier Ep (NDR: il est découpé en 6 titres) « Up The Wooden Hills ». L’intro propage des éclats de gratte surf bien réverbérés. Nonobstant les quelques accès de synthé, la compo baigne plutôt dans la country. Et plus folk, « Alpinist » s’emballe. De la set list, j’épinglerai encore un excellent « Carry On » et en finale, « Joke », qui incite les spectateurs à sauter sur place…

Je risque de mettre le nez dehors. La pluie a cessé. Donc cap sur le Mont des Arts. Après la 'fouille' imposée à l'entrée, je retourne auprès de la statue d’Albert 1er équestre. Moriarty va bientôt prendre possession de la scène ; une formation que m’a chaudement recommandé Fred Cerise, l’organisateur des concerts en appartement. Et vu que la country, l'americana et le bluegrass me bottent, je ne risque pas d’être déçu. Au sein du line up de ce sextet franco-américain, milite un harmoniciste, un instrument qui –bien joué– me flanque la chair de poule. Sur les planches, on remarque la présence d’un dobro, d’un tambourin, d’une contrebasse, d’une guitare et d’une basse…

Vêtue d’une longue robe, Rosemary Standley se charge du chant. Sa voix est un peu rocailleuse. Le drummer se produit en mode percu, sans grosse caisse. Le claviériste dispose d’un orgue à soufflets (NDR : un peu comme chez Lola Colt et le backing group d’Anna Calvi). Et les sonorités dispensées par cet instrument sont envoûtantes. Un des musiciens signale qu’il s’agit bien de la quinzième fois que le band visite la capitale de l'Europe. Pourtant, pour votre serviteur, c’est une découverte. De cet excellent set, je retiendrai surtout la brillante et très personnelle cover du « Moonshiner » de Bob Dylan. Et puis, la sympathie qui émane des musicos…

La flotte semble avoir définitivement épargné les festivaliers, mais le soleil n’a pas pour autant décidé de faire son apparition. Cats on Trees va bientôt embrayer. Fusionnel, ne manquant pas de charme, ce duo toulousain réunit la claviériste Nina Goern et le drummer Yohan Hennequin. Ils sont aujourd’hui épaulés par un quatuor à cordes (trois violonistes et une violoncelliste). Ce qui apporte une autre dimension à leur musique. Trois grappes d'étoiles de différentes dimensions servent au light show. Les instruments (fûts, percus, piano) ainsi que les pieds de micros sont agrémentés de leds. Le timbre de Nina est bien clair, irrésistible même, et évoque celui de Béatrice Martin (Cœur de Pirate).

Yohan cogne métronomiquement ses fûts (NDR : normal, puisqu’il vient de l’univers du métal) pendant que Nina mène la danse. On sent son approche du show bien plus naturelle. Elle manifeste une belle interactivité avec son auditoire. Ce qui lui permet de le manœuvrer, sans la moindre difficulté. « Sirens Call » met tout le monde d'accord. L’audience est aux anges ! Il y a trois ans, lorsque le duo s’était produit dans le cadre du festival Poulpaphone de Boulogne-Sur Mer, c’était déjà mon coup de cœur…

Une interview était prévue à l’issue du spectacle. Mais les musicos ont tous disparus dans la nature. Ce sera pour une prochaine fois…

Une deuxième journée très intéressante, malgré le temps maussade…

Sonnfjord +  Moriarty +  Cats On Trees

(Organisation: Brussels Summer Festival)

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