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The Kentucky Headhunters

Meet me in Bluesland

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The Kentucky Headhunters est un très ancien groupe. A l'origine, il pratiquait du country rock, voire du southern rock. Et répondait au patronyme d’Itchy Brother, impliquant les frères Richard et Fred Young, le premier préposé à la guitare rythmique et au chant, le second aux drums. Le combo est alors complété par le gratteur Greg Martin et le bassiste Anthony Kenney. En 1986, les frangins Phelps incorporent la formation. Ricky Lee au vocaux ainsi qu’à l’harmo et Doug à la basse. Ce dernier pour remplacer Kenney. Ils y resteront jusque 1992. Mais fait marquant, c’est lors de leur arrivée que le band change de nom et opte pour celui de Kentucky Headhunters. Il y aura encore d’autres modifications de line up au cours de leur aventure. Ainis, Doug Phelps est revenu en 1996, mais pour se consacrer à la rythmique et au chant.

Malgré sa carrière particulièrement longue, le groupe n’affiche pas de discographie abondante. Une dizaine d’albums studio en tout. Le dernier, "Dixie Lullabies", remonte déjà à 2011.

Johnny Johnson était déjà une légende de son vivant. Le magazine ‘Rolling Stone’ le qualifiait de ‘Greatest sideman in rock'n'roll’, pour son rôle de pianiste derrière Chuck Berry. Né en 1924, il fonde son groupe à St Louis, dans le Missouri, dès 1952. Et recrute l'année suivante, un jeune chanteur, guitariste et compositeur répondant au nom de Chuck Berry. Le début d'une grande aventure ! Le 25 janvier 2003, Johnson accompagne les Rolling Stones, sur scène, à Houston, au Texas. Le lendemain, il s'envole pour le Kentucky où il est attendu par ses amis du Kentucky Headhunters. Il avait déjà apporté sa collaboration en 1993, lors de la confection de l’elpee "That'll rock". Durant trois jours, ils s'enferment dans un studio et enregistrent de nombreux titres. Malheureusement, le légendaire pianiste décède en 2005 et le fruit de ces sessions reste dans les cartons. Et c’est Alligator, le célèbre label chicagoan de blues, qui exhume ces bandes et décide de les envoyer au mixing. Nous sommes alors en 2015. En résulte ce superbe opus intitulé "Meet me in Bluesland".

Traditionnelles, les onze plages de cette œuvre baignent au sein d’un climat propice au blues et au rock'n'roll. C'est-à-dire réminiscent de Jimmy Johnson et Chuck Berry. Dont une cover du "Little Queenie" de ce dernier. Les vocaux sont partagés entre Richard Young et Doug Phelps.

Le long playing s’ouvre en force par "Stumblin". Le tempo évoque les Stones. Les grattes évoluent toutes en rythme, alors que très caractéristiques, les ivoires de Mr Johnson balisent l’ensemble. Bien rythmé, d’une grande pureté, "Walking the Wolf" s’inspire de Howlin' Wolf et d’Elmore James. Johnny est insatiable au piano et Greg Martin se réserve la slide. "Little Queenie" rend hommage au vétéran du rock'n'roll, Chuck Berry. Jimmy interprète d’une voix grave et profonde, un autre blues limpide, "She's got to have it". "Party in Heaven" est un rock'n'roll aux accents country. Richard chante passionnément le blues lent "Meet me in  Bluesland". "King Rooster" libère un fameux shuffle! Indolent, "Shufflin' back to Memphis" campe un excellent Memphis blues. Une seule plage instrumentale, "Fast train". Bien imprégnée par l'esprit de Chuck Berry, elle met en exergue l’immense talent de Jimmy Johnson. Dominé par la slide et les ivoires, "Superman blues" est un dernier blues qui clôt l’LP. Une des meilleures plaques blues de l'année!   

Ben Granfelt

Live 20th Anniversary Tour (2cd + dvd)

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Ben Franfelt est un guitariste finlandais. Agé de 52 balais, il s’est déjà investi au sein d’une multitude de projets ; et notamment Gringos Locos, Leningrad Cowboys, Guitar Slingers et, plus près de nous, en compagnie du célèbre rock band anglais, Wishbone Ash, aux côtés du gratteur notoire, Andy Powell. Depuis 1993, Ben drive également son Ben Granfelt Band. En 2013, il a célébré le vingtième anniversaire d’existence de son groupe. Mais également le 30ème comme musicien professionnel ainsi que le 40ème comme guitariste. Excusez du peu ! Une occasion pour immortaliser ces événements sur un double cd et un dvd. En ‘live’. Quand ? En septembre 2014. Où ? Au Earth Music Hall de Wetter, en Allemagne. Le line up implique deux gratteurs (Ben et Marko Karhu), un bassiste (John Viherva) et un drummer (Risto Rikala). Grantfeld signe la majorité du répertoire. 

D’une durée de deux heures ce concert s’ouvre par une version magistrale du "Baker street" de Gerry Rafferty. Tout est parfaitement en place. Les grattes sont complémentaires. La voix de Ben passe bien la rampe. Le rock de BGB est à la fois classique, clair et toujours mélodieux. On y décèle cependant des traces de jazz. De blues aussi. Un peu dans l’esprit de Snowy White. A l’instar des bluesy "Bright lights and dreams", "Can't wait another day" et "Melodic relief". Marko Karhu, le second sixcordiste, jouit d’une liberté de mouvement. Le spectre de Wishbone Ash plane ainsi sur de petites perles comme "Dead in the water", "Turning point", "Faith, hope & love" ainsi que le remuant "Almighty blues". Peu de reprises lors du set, mais elles sont toutes excellentes. Outre le "Baker Street", elles sont consacrées au "Cocaine" de JJ Cale, lors d’un traitement accéléré ainsi qu’au "Breathe" de Pink Floyd, une plage issue de leur elpee "The dark side of the Moon". "Because we can" se distingue par ses subtilités instrumentales et ses changements de rythme complexes. "Get up and go" est une piste entraînante qui accroche instantanément. Et l’opus de s’achever par l’épatant "Going home". Deux bonus tracks. Soit des versions alternatives. Une de "Breathe" et une autre, bouleversante, de "Going home".

 

Diagrams

Chromatics

Écrit par

Echappé de façon presque incompréhensible des fabuleux Tunng –dont il était une des co-têtes pensantes– en 2012, Sam Genders s’était ensuite lancé dans une nouvelle aventure sous le patronyme de Diagrams. « Chromatic » constitue la seconde sortie de ce projet ; et il fait suite à l’excellent « Black Light ». Cette transition se traduit-elle par une volonté de passer du côté obscur vers la lumière, voire la couleur ? Non, en vérité, pas de réel changement au programme… L’univers de Diagrams est toujours aussi proche de celui de Tunng. Les sonorités acoustiques sont légèrement teintées de touches électroniques. Et le tout est bercé au cœur d’une mélancolie douce. Un folk qui se révèle à la fois pastoral (« Just a Hair’s Breadth ») et contemporain (« Chromatics »). Si le folktronica de Diagrams semble parfois un brin plus austère que celui de Tunng, Sam continue d’y torcher des mélodies aussi subtiles et enivrantes (« Good Morning Song », « Dirty Broken Bliss »)…

 

Canned Heat

Songs from the Road

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Groupe légendaire, Canned Heat figure parmi les meilleurs groupes de boogie sur cette planète. Et ce crédit ne date pas d’hier ! D’ailleurs le combo célèbre, en 2015, ses cinquante années d'existence. La formation a été fondée à Los Angeles, par deux collectionneurs invétérés de vieux blues, Bob Hite et Alan Wilson. A l’époque, Stu Brotman se chargeait de la basse. Les gratteurs et batteurs vont défiler au sein du line up ; mais finalement ce sont Henri Vestine et Frank Cook qui vont s’y coller. Dès 1966, le quintet enregistre un elpee, sous la houlette de Johnny Otis. Il ne sortira qu'en 1970, sous le titre de "Vintage Heat". En mars 1967, Larry Taylor remplace Brotman à la basse. 1967. Le 17 juin, la formation se produit dans le cadre du premier grand festival, le Monterey Pop. En juillet 1967, elle grave officiellement son premier opus. Il est éponyme. Le 1er décembre 1967, Adolfo Fito de la Parra remplace Cook, derrière les fûts. L’année suivante, Canned Heat publie "Boogie with Canned Heat", sur lequel figure le hit "On the road again". Le succès est au rendez-vous ! Si De la Parra est toujours au poste, devenant au fil du temps le moteur et le leader du boogie band, il faut reconnaître que le destin s’est acharné sur les autres musicos. Ainsi, de grandes figures comme Alan Wilson, Bob Hite et Henri Vestine se sont éteintes. Et pourtant, ceux qui les ont remplacés ou qui se sont succédés, tout au long de l’histoire du Canned Heat se sont, la plupart du temps, révélés talentueux.  

Cette année, le label Ruf a donc décidé de publier un nouveau chapitre des "Songs from the Road", dans le cadre de leur ‘50 Years Anniversary Tour’. Soit un coffret réunissant un cd et un dvd. Fito de la Parra est bien entendu au poste, mais également son prédécesseur, le remarquable bassiste Larry Taylor. John Paulus est préposé à la gratte, Dale Spalding au chant et à l'harmonica.

Le cd est découpé en 14 plages, le dvd en recèle deux de plus : "I'm her man" et "Have a good time". Le concert s’ouvre par le classique "On the road again". Spalding souffle dans l’harmo et Fito se charge du micro ; et toute évidence, c’est lui qui possède la voix la plus frêle et la plus proche d'Alan Wilson. Mais il ne convainc pas sur cette plage. Tout comme sur l’incontournable "Going up the country". A contrario, Spalding chante impeccablement le "Time was" de Wilson, dans une autre version. John Paulus pète la forme sur sa six cordes. "I'm her man" est également extrait du long playing paru en 1969, "Hallelujah". CH passe au jump style. Larry se réserve les vocaux tout au long de  "Don't know where she went". Mais aussi la gratte ; comme sur l'instrumental "Nighthawk", alors que John Paulus excelle à la basse. "So sad" est une piste issue de "Future Blues". La guitare y tire son épingle du jeu. Et Spalding la sienne, à l’harmo, sur les savoureux instrumentaux  "Oaxaca" et "Cristo Redentor", un vieux traditionnel que Charlie Musselwhite avait popularisé. D’ailleurs, il adopte un style proche du vieux Charlie. Larry Taylor chante encore "Amphetamine Annie", un titre qui figurait sur "Boogie with Canned Heat", alors que John Paulus a pris le rôle de Vestine. Taylor se consacre au bottleneck sur l’exquise cover du célèbre 'Rollin'and tumblin'" et le tube "Let's work together". Et tout bon concert de Canned Heat s’achève par un long boogie. Pour la circonstance, "Euro Boogie", un morceau de plus d'un quart d'heure. En route pour le 60ème !

 

Brad Wilson

Blues Thunder

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Issu de Los Angeles, Brad Wilson est chanteur/guitariste. Son style ? Le blues rock. Sa discographie personnelle est importante et son écriture prolifique. Son dernier opus, "Hand on the wheel",  s'était très bien vendu. L’artiste jouit d’une excellente réputation en ‘live’, surtout lorsqu’il est flanqué de son backing band. Qui implique aujourd’hui le bassiste Brian Beal, le drummer Amrik Sandhule, le claviériste Kirk Nelson, et l’harmoniciste Tumbleweed Mooney.

Les douze compos de "Blues Thunder" sont signées par Wilson. Il possède un son de gratte très caractéristique. Et elle s’éclate dès les premières mesures de la ballade "Is it any wonder". Limpide, sa ligne de conduite est mélodieuse et les arrangements sont discrets mais efficaces. Plus rythmé, "Change it up" libère davantage de groove. L'orgue s’est bien infiltré, le refrain est repris en chœur par les musicos ; mais c’est bien la six cordes qui tire son épingle du jeu. La voix de Wilson est naturellement puissante et autoritaire. Tendre ballade, "Blue shadows" concède des accents jazzyfiants. Les interventions au piano acoustique sont savoureuses. La voix est claire et empreinte de passion. Les sonorités de cordes sont largement amplifiées et évoquent celles de Gary Moore, lorsqu’il s’abandonne dans la délicatesse. Tombleweed Mooney souffle dans son harmo –et il est convaincant– tout au long de "Step by step", une piste franchement plus blues, au sein de laquelle Brad injecte un max d’énergie. Le titre maître est offensif ; un rockin' blues au rythme accrocheur, malgré les accès de guitare métalliques et frénétiques. "Let's go barefootin' it" est imprimé sur le Bo Diddley beat. Amrik brille au percus. Orgue et harmo se complètent à la perfection. Une des meilleures plages de l'opus ! Brad chante un peu à la manière de Bruce Springsteen –et c’est un compliment !– tout au long de la très jolie ballade roots, "My faith has been broken", un superbe morceau auquel l'orgue communique une chaleur intense. Autre ballade, blues dans l’inspiration et quasi pop dans son approche, "Cool runnin'" adresse un clin d'œil à Gregg Allman. A cause des sonorités aux accents sudistes ; et puis de la voix, ici très proche de celle du natif de Nashville. "Home" trempe dans l’americana. Les sèches ouvrent la piste dans la quiétude, avant d’emprunter un tempo soutenu. Chargé de jump et de swing, "Black coffee at sunrise" émarge au rockabilly, un titre balisé par cette voix naturellement impérieuse. Excellent ! Blues lent, "Sugar sweet" est sans doute la compo la plus complexe. Tant à cause des vocaux que de l’instrumentation ; et notamment de cette gratte particulièrement tourmentée. Une dernière ballade pour la route : "Never again". Majestueuse, bénéficiant d’arrangements soignés, elle révèle une guitare bien plus aventureuse, au cœur d’une mise en forme irréprochable… 

 

St Germain a le vrai blues

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Le musicien nantais St Germain a annoncé la sortie de son nouvel album intitulé «  Real Blues » le 9 octobre prochain. Quinze ans après « Tourist », c’est donc le retour du jazzman qui jouera devant une Ancienne Belgique déjà complète en novembre. Le premier single « Real Blues » est en écoute ici.

Tracklisting :

1.Real Blues   

2.Sittin' Here  

3.Hanky-Panky          

4.Voilà           

5.Family Tree

6.How Dare You        

7.Mary L.       

8.Forget Me Not         

C'mon Tigre rugit à nouveau

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Le mystérieux groupe C’mon Tigre a publié un film animé très particulier dans lequel on découvre une chanson un peu malsaine et interpellante. Une expérience visuelle et auditive assez intéressante néanmoins.

Vous pouvez visionner le clip ici.

Téléphone se remasterise complètement

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Warner Music France lancera le 20 novembre prochain une vaste campagne de rééditions du catalogue du groupe Téléphone.

Intitulée simplement « Au cœur de Téléphone », elle proposera leurs 5 albums studio en version remasterisée, un tout nouveau Best-Of  (disponible en versions 2CD et 3CD) et 2 intégrales (une de 10 CD, l’autre de 11 vinyles) incluant de nombreux inédits et raretés. Un « must have » pour tous les fans du groupe mythique.

Rick Ross surprend tout le monde !

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Alors qu’il se faisait plutôt discret cette année, du moins au niveau musical, Rick Ross vient littéralement de faire trembler le milieu du Hip-Hop avec l’annonce de la sortie imminente d’un nouvel album !
 
Le Boss de Miami a publié dans la nuit de dimanche à lundi sur ses réseaux sociaux un nouvel extrait intitulé Foreclosures, titre produit par l’excellent collectif J.U.S.T.I.C.E. League. Dans la foulée, Rozay a également annoncé que son prochain album Black Dollar sortira ce jeudi 3 septembre. Un projet qui ferra donc suite aux excellents Mastermind et Hood Billionnaire sortis tous les deux en 2014.
 
Si nous ne savons encore rien sur le tracklisting et les possibles featurings du 8ième album de Rick Ross, ce dernier a depuis lors publié un nouvel extrait sur son SoundCloud : le titre Money Dance en featuring avec le chanteur The Dream et produit par Jake One.
Avec cette annonce, Rick Ross compte bien se remettre sur le devant de la scène Hip-Hop pour cette fin d’année…

Scène sur Sambre 2015 : dimanche 30 août

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La troisième et dernière journée du festival des Barges va se dérouler sous un soleil de plomb. Parmi celles et ceux qui risquent de faire la différence, on épinglera Nicola Testa, nouvelle sensation électro/pop de l’année 2015. Et puis deux belles découvertes ; en l’occurrence Mochelan et Atomic Spliff qui ont, par ailleurs, accordé une interview à Musiczine. Des Liégeois, qui marchent sur les traces des R'tardataires…

De son véritable nom Simon Délecosse, Mochélan est un peu le régional de l'étape. Un rappeur carolo qui s’est intéressé au hip hop au beau milieu des nineties. Il en a essayé toutes les disciplines ; mais peu doué pour la danse, il a opté pour le théâtre et surtout l’écriture. Et bien sûr le slam. Et dans ce domaine, il est particulièrement doué. Le tremplin 'L'Envol Des Cités' lui décerne une récompense en 2010. On lui confie la réalisation du documentaire ‘Passeur de Culture', en 2013. Il décroche un rôle dans la pièce ‘Né Poumons Noir’, jouée au Théâtre de L'Ancre, la même année. Il devient animateur ‘Jeune Public’ dans le cadre de la tournée des Jeunesses Musicales, en 2014. Côté discographique, il a publié un Ep 4 titres, intitulé « Versus », en 2013 et un elpee baptisé « Image A La Pluie », l’an dernier.

Sur les planches, il est accompagné du drummer Alix Pilot, du bassiste Gabriel Govea Ramos et du claviériste Rémon Jr. Dans le style, il me fait parfois penser au talentueux MAKYzard ; encore un artiste issu du pays noir. A l’aide de 4 ou 5 mots sollicités auprès du public, il est capable de torcher une chanson. Il arpente l’estrade de long en large, tout en débitant sa prose. Nonobstant le peu de spectateurs, il parvient à les impliquer dans son show. A travers sa poésie, il nous confesse son amour pour sa ville, souvent décriée, mais qu'il aime par-dessus tout. Mais il nous parle également de la vie quotidienne. Et son discours fait véritablement mouche…

Place ensuite à Atomic Spliff, composé de Stoneman & Daddy Cookiz, deux MC’s plutôt sympathiques. Votre serviteur avait assisté à un spectacle des R’tardataires, au Bota, au cours duquel Daddy Cookiz avait apporté son concours. Fallait s’en douter, le band nous vient de la cité ardente. Ce qui ne l’empêche pas de s’exporter outre-Quiévrain. Stoneman est coiffé de dreadlocks impressionnantes. Elles lui tombent aux chevilles. Un artiste multiculturel, puisqu’il est également sculpteur et dessinateur. La paire est soutenue par un quatuor : le bassiste Boris Valley Colledos, le drummer Renaud Baivier, le claviériste Brieu Di Maria et le guitariste Kevin Maclot.

En 2014, le duo était parvenu à se hisser en finale du fameux ‘Rototom Contest’, à Londres. Ce qui va lui permettre de se produire dans le cadre du festival de Dour, mais également d’assurer les supporting act pour DJ Vadim, Mad Professor, Macka B, Solo Banton, Warrior King ou Joseph Cotton (UK) et assurer des featurings ; tout particulièrement pour Les R'tardataires. En outre, le tandem a gagné le concours 'L'Envol des Cités' ; ce qui lui a permis d'enregistrer un premier album. Intitulé « Ras Attack », il a bien été reçu par la critique. Et il va nous en proposer de larges extraits. Le reggae d’Atomic Spliff est baigné par le soleil de Kingston. D’ailleurs, pour concocter cet opus, il a bénéficié de la participation d’artistes jamaïcains ; en l’occurrence Joseph Cotton et P.Nyne. Quant à la musique, elle oscille du reggae très roots au raggamuffin, en passant par le dancehall et le rub-a-dub.

Les musicos ne sont peut-être pas encore aguerris, mais ils ont la banane et s’éclatent sur les planches. Les paroles défilent à un rythme effréné. Ils débarqueraient de la planète Ras pour y communiquer leurs bonnes vibrations. Les deux MC’s entament un duel de mots et de phrases truffées de calembours. Un peu comme chez les R'tardataires. Probablement des demi-frères. Bref, le set est excitant, et difficile de ne pas remuer les guiboles, les hanches, les bras et la tête, à l’écoute de leur musique…

Pas de Nicola Testa, de Saint André et de Keen'V ; des interviews attendent votre serviteur.

Marseillais d’adoption, Soprano, aka Saïd M'Roumbaba, est d’origine comorienne. Et il est fier de ses origines. Mais aussi de ce qu’il incarne aujourd’hui. Un type qui dégage de la sympathie. De petite taille, affable, respectueux, il a toujours le sourire aux lèvres. Un artiste qui cherche à communiquer sa passion aux fans. Bref, un personnage à taille humaine qui devient, ‘live’, une véritable bête de scène. C’est sans doute pourquoi, il est devenu une grosse pointure. Soucieux de la condition humaine, il aide –comme il peut– ses frères africains, en finançant la construction d'écoles ou la rénovation d’hôpitaux. Vu son amour du prochain, il mériterait le titre de Messie des temps modernes….

Après avoir rencontré un succès certain au sein de son groupe Psy 4 De La Rime, Soprano décide, quelques années plus tard, de se lancer dans une carrière solo. Mais il n’a pas pour autant abandonné le band, car son projet individuel il le mène en parallèle. D’ailleurs la formation devrait bientôt publier un nouvel opus. Il a, en outre, fondé son propre label, Street Skillz, afin de permettre à d’autres artistes de s’exprimer. A ce jour, il a gravé quatre LPs : « Puisqu'Il Faut Vivre» en 2007, « La Colombe » en 2010, « Le Corbeau » en 2011 et « Cosmopolitanie » en 2014. Des disques qui lui ont valu plusieurs disques d'or ou de platine.

Soprano aime le monde du cirque. On s’en rend compte en observant le décor qui meuble le podium. Chaque musico a le visage grimé de blanc, un trait noir lui soulignant les yeux. Une balle rouge enfoncée sur le nez, Soprano débarque le dernier sur l’estrade, sous un tonnerre d'applaudissements. Il entame son show par le hit « Clown », un extrait du dernier long playing, « Cosmopolitanie ». Haut perchée, sa voix est à la fois délicate et mélodieuse. Vu le monde sur le site, votre serviteur est planté assez loin de la scène. « Millionnaire » est un morceau aux lyrics qui interpellent : ‘Riche de ton sourire, riche de la victoire sur ton cancer, l'amour rend millionnaire’. Si le ton est parfois agressif, voire vengeur et son art à manier la phrase et le verbe déconcertant, sa musique demeure accessible. A l’instar de Christine and The Queens, Soprano a dû, au cours de sa prime jeunesse, manifester une certaine admiration pour Michael Jackson. Et sa chorégraphie en est certainement une belle démonstration. Un concert remarquable !

Il est temps de reprendre la route pour retrouver mes pénates. Demain, debout à 6 heures !

Henri PFR + Soprano + Keen'V + Saint André + Nicola Testa + Atomic Spliff + Mochelan

(Organisation : Scène sur Sambre)

Deerhunter sans frontières...

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Deerhunter est enfin de retour ! Les fantastiques Américains sortiront « Fading Frontier », enregistré dans leur ville d’Atlanta, le 16 octobre.

Un premier extrait « Snakeskin » est déjà disponible avant leur concert au Botanique de Bruxelles, le 21 novembre prochain. Et c’est ici

http://deerhuntermusic.com/

 

Ne pas tuer le projet dans L’Oeuf !

Écrit par

Le duo lillois L’Oeuf vient de publier un troisième Ep. Il s’intitule « Parvin ».

Eponyme, le premier titre trempe dans l’ambient et véhicule un texte réaliste déclamé en persan.

Le second « Wooden Men » est un blues minimaliste froid et industriel.

Le tout est en download gratuit ! Et c’est ici

 

 

 

White Manna

Pan

Écrit par

White Manna est un quartet californien. Issu d’Arcata, très exactement. Le titre de son opus s’inspire soit du dieu grec de la nature (NDR : curieux, cette ville d’un peu plus de 17 000 habitants est une des rares aux States a être dirigée par des élus verts) ou d’un Fast Food historique (NDR : réputé pour ses Hamburgers dans le New Jersey, il s’est ouvert en 1939). Vu les textes abordés dans ses compos, la première explication semble la plus plausible puisqu’ils traitent de leur environnement.

Il s’agit déjà de son 4ème elpee. Et sa musique est sculptée dans un psyché space rock réminiscent du « Silver Machine » de Hawkwind (NDR : le titre maître, le long instrumental « E shra » et la piste carrément cosmique « Beta travellers »). Parfois imprimée sur un tempo plus lent (« Dune II »). Ou alors davantage féroce, dans l’esprit du « Raw power » des Stooges. A l’instar de « Evil », la meilleure plage de l’opus. Légèrement réverbérés, les vocaux ondoient comme sur une mer houleuse. Le groove est impressionnant. La section rythmique hypnotique. Tectoniques, les grattes grondent ; et circonstanciellemnet explosent après une montée en intensité progressive. Un filet ‘vintage’, vient parfois teinter le climat de garage. L’LP est enrichi de deux bonus tracks. Tout d’abord l’obsessionnel « Slow dust », puis la cover du « Master of the universe » de Hawkwind, qui figurait justement sur l’incontournable « Silver machine ». Et il faut avouer que la version tient parfaitement la route. Si vous avez la nostalgie de cette époque, vous pouvez foncer tête baissée…

 

Ryley Walker

Primrose green

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Derrière cette pochette vintage, voire surannée, se cache un jeune songwriter de 26 ans à peine, répondant au nom de Ryley Walker. Ce dernier a toujours voué un culte aux chanteurs folk d’antan. Pensez notamment à Nick Drake ou encore à Tim Buckley. On comprend dès lors ce penchant pour les ‘artworks’ d’une autre époque.

Sur ce second album, paru chez Dead Oceans (The Tallest Man on Earth, Phopohorescent, Destroyer, Bowerbird, …), le natif d’Illinois veut réveiller les fantômes du folk/jazz issus des 60’s. Sa voix est haut perchée (quelque part entre Tim Buckley et Jason Molina), mais il parvient parfaitement à la maîtriser. Excellent gratteur, il est soutenu par un solide backing group. Cet opus ne suscite jamais l’ennui. Un morceau comme « Summer Dress » est excellent ; en outre il permet à ce jeune Américain de démontrer toute l’étendue de son talent. D’ailleurs, il brille tant sur les plages les plus électriques qu’exclusivement acoustiques (« Hide in the Roses »). Mais le plus épatant procède de l’originalité de ses compos. Bref, le challenge est réussi ! A l’heure actuelle, il est bien difficile de dénicher des artistes de cette trempe. Aussi bien les nostalgiques que les amateurs de folk ou de jazz (ou des deux) risquent fort de trouver leur bonheur à l’écoute de ce « Primrose Green ».

 

Vincent Liben

[Animalé]

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« [Animalé] » constitue le deuxième opus solo de Vincent Liben, si on ne tient pas compte de sa version réenregistrée, destinée à la France et enrichie de 4 nouveaux titres. Ce qui lui permettra d’y décrocher le prestigieux prix ‘Charles Cros’, en 2012.

Vincent Liben, c’est également le leader de Mud Flow –formation qu’il a mise entre parenthèses (ou entre crochets selon) pour se consacrer à sa carrière individuelle– un groupe fondé fin des nineties, en compagnie duquel il a publié quatre elpees.

Mais venons-en à cet « [Animalé] ». Un disque découpé en 10 titres, dont le dernier, « Sur un fil », aurait pu servir de bande sonore pour un film. Ou figurer dans le répertoire de Yann Tiersen. Sans quoi, l’œuvre baigne au sein d’un climat ‘gainsbourgien’. A cause de ce piano qui balise la plupart des compos. Puis des arrangements de cordes. Et enfin de sa voix, qui campe un hybride entre le grand Serge et Yves Simon.

L’LP s’ouvre par le titre maître, une compo de 7’ qui s’ébroue sur un instru, avant de virer progressivement à la ritournelle, entrecoupée d’accents jazzyfiants. Le long playing nous réserve quelques duos. « L’ennui » et « Vert ébène », plage plus allègre interprétée en compagnie de Sisza. Et « Les Cévennes », de Berry. Traitant de l’homosexualité, cette piste est soutenue par une section de cordes, le Sun*Sun*Sun Orkestra. Tout comme la ballade mid tempo, « Ta colère ». Une valse ? « Le refuge », bercée par un accordéon. Une rumba ? « Lila », une chanson d’amour. Et une plage claustrophobe : « Sous les draps ». Balisée par la synergie piano/drums, elle évoque plutôt Indochine. Y compris les inflexions vocales, empruntées pour la circonstance à Nicola Sirkis. Car en général, sa voix campe un compromis entre Gainsbarre, Yves Simon et Biolay.

Une œuvre de toute bonne facture, mais particulièrement mélancolique. Et pour cause, les chansons ont été écrites alors que Vincent était alité, après avoir contracté l’hépatite C. En outre, sa copine s’était tirée (NDR : elle est revenue depuis). Ce qui explique cet épanchement de spleen.

King Khan

Bad News Boys

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Que peut-on attendre d’un duo dont le patronyme est plus que surprenant et qui s’affiche masqué ? A premier abord, on pourrait s’attendre à un croisement entre les doux dingues de Bonaparte et ceux encore plus dérangés de The Fat White Family… Après avoir écouté ce « Bad News Boys », il faudra nuancer cette première impression, même si on peut confirmer leur attitude déjantée. Il s’agit du 4ème elpee de cette formation montréalaise (qui annonce ses splits avec une étonnante régularité). Et il est résolument garage. Entre Punk et Doo-Wop, Mark Sultan (aka ‘BBQ’) et Blacksnake (aka ‘King Khan’) balancent donc, avec une énergie brute, des pépites mélodiques (« Killing the Wolfman »), résolument lo-fi mais abordables, à l’instar de feu Jay Reatard. Abordant des sujets aussi variés que les snacks ou les zombies, les acolytes passent de la quasi-pop (« Kiss My Sister’s First »), au R’n’B déviant (« Ocean of Love »), en opérant un crochet par la ballade croonée (« Buy Bye Bhai ») et le punk hardcore (« D.F.O. », « Diarrhea, fuck off »). Tout en affichant une attitude de sale gosse et éprouvant  une inébranlable dévotion à l’esprit rock’n’roll si cher aux Cramps... Imaginez un peu The Platters version caniveau et vous aurez une excellente idée du contenu de « Bad News Boys ». ‘Bonne nouvelle, les garçons’, The King Khan & BBQ Show est de retour et ce ne sont pas des potes aux Black Lips pour des prunes…

 

David Allred

Midstory

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Ce Californien est né près de Sacramento. Très jeune, il se passionne pour la trompette et s’intéresse au jazz. Notamment à Chet Baker. Mais sa curiosité le pousse à expérimenter d’autres instruments, comme la guitare, la contrebasse, le piano, etc. Vers 20 ans, il commence à écrire ses propres compos et enregistre de nombreux albums (NDR : parfois 1 par mois), qu’il poste sur la toile en téléchargement libre. Peter Broderick le repère et prend contact avec lui. En 2013, David décide alors d’émigrer à Portland, alors que Peter revient dans son Oregon natal. La rencontre est alors inévitable, et le duo commence à bosser ensemble. L’un et l’autre collaborant aux elpees de l’autre. Finalement Allred publie son premier cd physique, « Midstory ». Et son ami est toujours de la partie. Première constatation, les harmonies vocales sont absolument superbes. Pensez à The Beta Band. A cappella, l’intro (« Don’t you wish ») et le final (« When times flies ») sont époustouflants. Dignes des Beach Boys. La voix de David trahit cependant des inflexions celtiques. Mais l’instrumentation est tour à tour riche ou dépouillée. Dans un style qui oscille de la pop à l’électro, en passant par le folk (ces arpèges en picking !), le psyché, la lo fi et le jazz. Le spectre de Gorky’s Zygotic Mynci et de Robert Wyatt parviennent même parfois à s’incruster dans l’ensemble. Rafraîchissant !

 

Aerial

Put it this way in headlines

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Le troisième opus d’Aerial a été réédité sous la forme d’un double vinyle par le label allemand Oscarson. Et il faut admettre que les feuillets internes au digipack sont remarquables. Paru en 2009, il s’agit du 3ème LP de la formation suédoise, soit avant son split, suite au départ de son leader et chanteur/guitariste Sebastian Arnström, parti fonder Simian Ghost.

D’après la bio, le band puisait ses influences d’abord chez Godspeed You ! Black Emperor et Mogwai. Sans doute du côté des doigts de pieds. Quand même sur l’une ou l’autre compo plus atmosphérique et instrumentale. Car il y a une ou des voix. De superbes harmonies vocales, d’ailleurs. Limpides, éthérées, abordées un peu dans l’esprit de Belle & Sebastian voire d’Arab Strap. Le groupe est cependant –et c’est manifeste– hanté par Pavement. On ne le discerne qu’au fil du sillon. Vu son titre, c’est évident sur l’allègre « Malkmus in the middle ». Mais d’un point de vue musical, indubitable, tout au long de « Guitar ode to a sunny afternoon », une plage de 10’50 qui lorgne également vers Sonic Youth. Probablement la plus intéressante. Pas que le reste manque d’accroche, même si ces pistes sont beaucoup plus pop que rock, y compris les plus noisy (« Gently stunned », « Vacant dreamers ») ou slowcore. Imaginez, hymnique, la mélodie de « He looked at the sky and mumbled » aurait pu figurer au répertoire de Sting. Enfin, en général, l’expression sonore est subrepticement saupoudrée d’accès de samples ou de synthés. Ce qui la rend un peu trop lisse à mon goût. C’est sans doute pourquoi l’aventure du combo a pris fin…

 

The Rolling Stones

From The Vault – The Marquee Club – Live in 1971 (cd + dvd)

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Le 23 juin 1971, The Rolling Stones accorde un set au Marquee de Londres, devant un parterre trié sur le volet. Dans l’auditoire figurent notamment Eric Clapton et Jimmy Page. La formation est venue présenter son futur elpee, « Sticky fingers », qui sortira 3 semaines plus tard. Sur les planches, outre Mick Jagger, Keith Richards, Charlie Watts et Bill Wyman, on retrouve le fameux guitariste Mick Taylor (NDR : il a milité au sein du groupe de mai 69 à décembre 74). Et le backing group a également une fière allure, puisqu’il réunit le pianiste Ian Stewart, le claviériste Nicky Hopkins ainsi que la section de cuivres constituée de feu Bobby Keys et Jim Price. Mick est vêtu d’une sorte de boléro qui lui arrive au milieu du torse et Richards, barbe de trois jours, semble tombé du lit.

De « Sticky fingers », les Stones nous réservent « Dead Flowers » (au cous duquel Mick et Keith chantent en duo), « I got the blues » (NDR : un titre que le combo ne voudra plus jouer en ‘live’ pendant 28 ans !), « Bitch » et « Brown sugar ». Dans la setlist figurent également l’incontournable « (I can’t get no) satisfaction », « Live with me », le « Let it rock » de Chuck Berry et « Midnight ramble » (9’ quand même !).

Cinq bonus tracks : 2 x 2 prises alternatives d’« I got the blues » et « Bitch », dont la première est précédée d’un épisode de soundcheck amusant, ainsi que le « Brown sugar » interprété dans le cadre du Top of the pops’, au cours duquel Mick Jagger avait enfilé un costard rose. Rose comme sa casquette d’ailleurs. Ce morceau ne figure pas dans la version audio.

On épinglera l’authenticité du son des Stones. Apre, sauvage, sensuel, percutant il a été remixé par Bob Clearmountain qui est parvenu à préserver son authenticité. Les images sont de très bonne qualité et le digipack est enrichi d’un livret de 16 pages, dont les notes ont été réalisées par Richard Havers. Un témoignage ‘live’ des Rolling Stones, alors au sommet de leur art !

The Who

Live at Shea stadium 1982 (Dvd)

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Les 12 et 13 octobre 1982, The Who accorde deux shows au Shea stadium de New York, dans le cadre d’une tournée d’adieu (NDR : ce sera surtout celle du drummer Kenny Jones, qui remplaçait alors feu Keith Moon, car le band se reformera en 1989, pour éponger les dettes du bassiste, John Entwistle), mais également pour promotionner leur dernier album, « It’s hard ». Deux heures de spectacle par concert, dont le second est filmé dans son intégralité. C’est ce qui figure sur ce Dvd. Plus cinq bonus. Immortalisés la veille. Dont l’hymne de toute une génération mod, « My generation », « A man is a man » et « 5.15 ».

La setlist inclut les inévitables classiques ; depuis « Substitue » à « See me feel me », en passant par « I can’t explain », « Baba O’Riley, « Who are you », « Pinball wizard », « See me feel me », « Won’t get fool again » et en finale la reprise d’Eddy Cochran, « Summertime blues », ainsi que celles des Beatles, « I saw her standing there » et « Twist and shout » (NDR : des hommages rendus aux Fab Four qui s’étaient produits au même endroit en 1965 !) Mais également des titres rarement entendus, comme « Sister disco » et The quiet one » de John Entwistle. Toujours aussi stoïque sur les planches. Alors qu’affichant un look à la Flock of Seagulls, Roger Daltrey (NDR : sa chevelure bouffante !) et Pete Townshend (NSR : un pantalon à rayures !) se chargent de faire le show. Le premier, dont la voix n’a cependant plus le même rayonnement, est toujours aussi habile pour jongler avec ou faire tournoyer son micro, alors que le deuxième continue de nous accorder ses moulinets du bras si caractéristiques. Si le nouveau batteur, Kenny Jones (NDR : un ex-Small Faces), tient la route, il n’a pas le dynamisme et l’explosivité de Moon. Et puis pas facile de remplacer une section rythmique considérée comme une des meilleures de tous les temps.

« Live at Shea stadium 1982 » nous offre une prestation de qualité du Who, des images et un son impeccables. De quoi faire de ce Dvd un excellent témoignage de son parcours… Et pour information, c’était The Clash qui avait assuré le supporting act…

 

Scène sur Sambre 2015 : samedi 29 août

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Deuxième jour du festival des Barges à Scène sur Sambre. Un événement qui se déroule près de l'Abbaye d'Aulne et dont l’affiche particulièrement intéressante est aussi très dansante. C’est presque sold out aujourd’hui. Il ne manque que quelques centaines de spectateurs…

CasaNoé, un combo carolo ouvre le bal. Les festivaliers commencent à arriver, mais le fan club est bien au rendez-vous. Ce quatuor réunit Olivier Furnémont (guitare, chant), Xavier Dawant (basse), Matthieu Bruyndonckx (claviers, chant) et Yann Dumont (drums). Un line up renforcé, pour la circonstance, par une section de cuivres constituée de Nathalie Yernaux (trompette), Clément Monaux (euphonium) et J-Marco Lurquinafaso (sax ténor).

Pas toujours facile d’ouvrir un festival, mais le band va s’en sortir à merveille. Interprétés dans la langue de Voltaire, les lyrics –très second degré– traitent de la vie de tous les jours, des guerres, de l'écologie, de la mondialisation, de rêves utopiques ou encore des êtres humains. Des thèmes réalistes, qu’il truffe de calembours. Pop/rock, sa musique est teintée de folk et surtout de reggae blanc. Les cuivres apportent, bien évidemment, une autre dimension aux compos. Des instruments qui bottent votre serviteur, quand ils sont bien intégrés dans un ensemble. Et c’est le cas cet après-midi. L’expression sonore est cependant empreinte d’une grande quiétude et s’écoute presque religieusement…

Place ensuite à Sarah Carlier. Cet été, elle a écumé de nombreux festival, au cours desquels elle a récolté un franc succès. Elle a d’ailleurs tout pour elle : la jeunesse, la beauté, le sourire et surtout le talent.

Christophe Delire # Cap'tain Hublot la présente en signalant qu’il l’adore, mais que sa musique doit s’apprécier en mode sitting. L’auditoire acquiesce. Mais il ne semble pas tellement réceptif à sa musique, sans doute pas encore réveillé des prolongations vécues la veille…  

Le set démarre avec un peu de retard sur l’horaire. Le son est parfait. Le fidèle bassiste, Thierry Rombaux (militant au sein du backing group de BJ Scott), s’installe à droite du podium, entre Sarah et le batteur, David Donnat (Suarez). Kofi Sadjo, le claviériste, se plante derrière le paternel de Sarah, préposé à la six cordes. Il est armé d’une nouvelle gratte de couleur blanche. Mrs Carlier se réserve, bien sûr, le chant et la guitare semi-acoustique.

Suivant un même rituel, après avoir adressé un regard complice à son père, placé à sa gauche, elle entame les hostilités par « Dreams » et « My Counsellor ». Vu l’apathie de l’auditoire, Sarah semble éprouver d’énormes difficultés à établir une interactivité. Quoique mollasson, l’audience applaudit généreusement. Pas de cover du « All Along The Watchtower » de Dylan. Etonnant et pas très judicieux…  

Les sonorités dispensées par la gratte de Sylvain son funkysantes. Trempées dans la soul, les compos ne manquent pas de groove. Habituellement, pendant « My Dear », Kofi, l'imposant claviériste, se lance dans une danse africaine. Vu le peu de réactivité de la foule, il n'insiste pas. Bien que funky/soul, « Tenderness » baigne au sein d’une forme de sérénité. Et pourtant, sur les planches, ce titre déménage. Et le concert de s’achever par « Save My Soul », une chanson co-écrite par Sarah et sa maman. Elle se produira en set acoustique le vendredi 25 septembre à Horrues, au Café 'Le Terroir'. Qu’on se le dise !  

Sur l’estrade, le Collectif Métissé implique une ribambelle de musicos. Dans la fosse, la foule remue et danse. Une très bonne interactivité s’est établie entre elle et eux. Perso, leur show ne me botte pas du tout. Franchement, leur répertoire aurait mieux sa place lors d’une foire ou d’une ducasse boudin/frites/compote. Voire lors du bal gratuit du 14 juillet, outre-Quiévrain. Maintenant si vous aimez les reprises en mode karaoké, c’est votre droit… Mais honnêtement, le collectif n’a pas sa place à Scène sur Sambre.

Retour aux choses sérieuses en compagnie des Wampas. Didier Chappedelaine en est le leader. Cet ex-électricien à la RATP se consacre au chant et à la guitare. Des grattes que se réservent également Tony Truant et Eric Starczan. Le line up est complété par le bassiste Jean-Michel Lejoux et le drummer Nicolas Schauer. Intitulé « Les Wampas Font La Gueule », leur dernier elpee est paru en 2014.

Tiens, le combo semble bien plus en forme que 2 mois plus tôt, dans le cadre du La Semo, à Enghien. Le concert débute par « Comme Un Punk En Hiver ». Le son est correct, sans plus. Ce qui n’est déjà pas mal pour cet ensemble hexagonal. Mais leur prestation ‘live’ libère une énergie phénoménale. Didier est une véritable bête de scène. Pas besoin de piles ‘Duracell’, il est partout : à gauche, à droite, près des barrières, sur les baffles et surtout dans la foule. Manifestement, il va à la rencontre de son auditoire. S’il disposait d’un micro sans fil, sûr qu’il irait rejoindre les spectateurs au bout du site. Quand il chante « C'est l'amour », il s'époumone pour mettre l’ambiance ; mais le public est toujours aussi mollasson. Hormis les premiers rangs, quand même. Normal, puisqu’il s’agit des aficionados. Caractérisé par son rythme endiablé, « Manu Chao » est aussi excitant. Et miracle, les spectateurs commencent à réagir. Heureusement, il était temps. Il aborde une chanson consacrée à la ville de Charleroi. Le show est loufoque, décalé et même imprévisible. La musique campe un cocktail de punk et de rock'n'roll. Et les lyrics sont interprétés dans sa langue natale. Pari gagné pour les Wampas ; mais que l’accouchement au sein de l’auditoire a été douloureux…

Il y a de plus en plus de peuple sur la plaine. Normal, Bastian Baker va monter sur l’estrade. Cet Helvète est un véritable extra-terrestre, dans le monde musical. Ce soir, il est flanqué d’un backing group réunissant deux gratteurs, un bassiste, une claviériste (NDR : également préposée aux chœurs) et un drummer. Il y a une communication chaleureuse entre le Lausannois et la foule. Et finalement, elle lui rend 1 000 fois plus. Une future mariée brandit un écriteau pour lui demander un bisou. Il décline poliment l'invitation, car son coeur est déjà pris. Bastian aligne ses standards: « Lucky », « I'D Sing For You », « Tomorrow May Not Be Better » et surtout l’épatante cover du « Hallelujah » de Léonard Cohen. Fruit d’un mélange de pop, de rock et de folk, sa musique concède des relents country et americana. Le public connaît les refrains et les fredonne en compagnie de l’artiste. Bastian se décide à prendre un bain de foule. Il grimpe sur les montants métalliques protégeant les tables de sonorisation, à la manière du chanteur de Kaiser Chiefs, Ricky Wilson...

Le concert terminé, Cap'tain Hublot nous accorde un petit aparté au cours duquel il nous présente l'équipe de football carolorégienne. Sur le podium, les 'Zébres' balancent des ballons dans la fosse, avant d’y descendre pour aller les dédicacer.

La plaine est  noire de monde. La tête d’affiche du jour est attendue à 22h30. En l’occurrence Sean Paul Ryan Francis Enriques, aka Sean Paul.

Réservée au dancehall, sa musique s’inspire naturellement du reggae. Au cours de sa carrière, il a publié six albums: « Stage One » (2000), « Dutty Rock » (2002), « The Trinity » (2005), « Imperial Blaze » (2009), « Tomahawk Technique » (2011) et « Full Frequency » (2014). À ce jour, il a vendu plus de 10 millions de disques à travers le monde.

Flanqué de son backing group et de deux fantastiques danseuses, il va réussir à mettre le feu dans l’auditoire, grâce à ses brûlots dansants découpés dans le ragga…

Un second MC précède le débarquement de la star jamaïquaine. Il va l’épauler au chant tout au long du set. Par leurs déhanchements hyper sensuels, les danseuses vont parvenir à faire grimper la température sur l’estrade et dans la plaine, de quelques degrés. « So Fine », « Get Busy », « Give It Up To Me » et « Got 2 Luv U », issu de l’elpee « Tomahawk Technique », sont prévus dans la set list. Votre serviteur est comblé, ce sont les titres qu'il préfère. L'artiste a parfaitement intégré l'art de la com’. Entre lui et les spectateurs, elle est permanente. Certains sont à la fois conquis et ravis de cette situation. D’autres le découvrent et apprécient. Les artifices pyrotechniques, les confettis et les jeux de lumières collent parfaitement au show et bien sûr, à la musique. Quinze ans déjà que Sean Paul assure sur les planches.

« Turn It Up » clôt brillamment le set. Entièrement satisfait par ce concert, je préfère ne pas jouer les prolongations et rentre au bercail. Suivant les échos récoltés le lendemain, le set de Djaikovski feat. TK Wonder and MC Wasp était particulièrement festif et réussi. Mais qui veut aller loin ménage sa monture…

Djaikovski Feat TK Wonder And MC Wasp + Sean Paul + Bastian Baker +  Les Wampas + Collectif Métissé + Sarah Carlier + CasaNoé

(Organisation Scène sur Sambre)